‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 191 sur 457 · I OR PE EE · texte numérisé non relu

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Khanat de Boukhara. Ces! le plus riche, le plus peuplé et le plus puissant. Il comprend les plus belles contrées du Turkestan; mais sa partie cultivée occupe à peine le dixième de sa surface qui consiste en vastes déserts.

BouruarA, grande ville, bâtie au milieu d’une plaine très bien cultivée.et traversée par un grand canal dérivé du Zer-Afchan, est la capitale de cet état, et la résidence or: dinaire du khan. Peu de villes répondent plus mal que Boukhara à l'impression agréable produite par son extérieur; car, à l'exception des bains, des mosquées et des médressés, on ne voit que des maisons en terre de couleur grisâtre, entassées sans ordre et formant des rues étroites, tortneuses, sales et tracées au hasard. Gés maisons ; qui ont leurs façades sur des cours, n’offrent du côté des rues que des murs uniformes, sans fenêtres, sans rien qui puisse fixer l'attention ou récréer les regards des passans. Un mur en terre, de 4 toises de haut, flanqué de tours rondes avec des bastions, environne cette ville. La population de Boukhara paraîl s'élever au-dessus de 80,000 âmes; dans ce nombre près des trois

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quarts vu près de 60,000 sont Tadjiks; le reste se compose d'Ouzbeks qui sont la nation dominante; de Juifs, qui sont ici plus nombreux que dans aucune antre ville de l’Asie- Centrale; de Turks, d'Afghans, de Kalmouks et d’autres peuples beaucoup moins nombreux. L'édifice le plus remarquable de Boukhara est l'4r# ou le palais du khan ; on ledit bäti dans le 1x° siècle; il est sur une éminence et entouré d’un mur , haut de ro toises; il n'a qu'une seule porte d'entrée. On doit citer immédiatement après le minaret de Mirghharab, regardé comme le monument le plus beau sous le rapport de l'architecture; il ressemble à une grande colonne, Viennent ensuite quelques-unes des 360 mosquées que compte Boukhara et plusieurs des 60 médressés (collèges) construites ordinairement vis-à-vis les mosquées ; celle de Kokaltach est regardée comme la plus grande; sa partie nommée Æ/nassar-Eltchi a été bâtie aux frais de Catherine II. Enfin le caravanserail d’ Abdullah. Djansaraï qui est le plus grand édifice de ce genre; et dans les environs immédiats de Boukhara le médressé, le couvent et le cimetière de Tcheharbekr, réputé le plus bel édifice de cette métropole. Boukhara a un grand nombre de fabriques et de manufactures et son commerce est très étendu , étant pour ainsi dire le rendez-vous de toutes les nations commerçantes de l'Asie. On doit ajouter que, quoique cette ville ne soit plus ce qu’elle était sous la dynastie des Samanides (de 896 à 998), elle est encore un des principaux foyers de lumières pour tous les peuples mahométans, qui envoient de l'extrémité de l'Asie leurs enfans étudier dans ses écoles célèbres la théologie mahométane et la médecine; M. de Meyendorf porte le nombre des étudians et des écoliers de cette ville à environ 10,000. Les autres villes du khanat les plus importantes sont : SAMARKAND OU SAMARCANDE, sur le Kouwan, grande ville, autrefois florissante et capitale du vaste empire de Tamerlan. On sait que ce conquérant voulant la rendre la première ville du monde, y amena de toutes les contrées de l’Asie les artisans les plus habiles avec les objets les plus précieux. Clavijo, qui la visita à cette époque, porte leur nombre à 150,000 et dit qu’elle n’était pas plus grande que Séville, mais beaucoup plus peuplée et avait des faubourgs immenses avec de grands jardins #t des vignobles. Quoique très déchue de sa grande splendeur elle est encore très importante par ses fabriques de papier de soie, par ses étoffes de soie et de « ‘on, par son commerce et par ses écoles mahométanes, rivales de celles de Boukhara. ‘w “echerche en vain jusqu'aux traces de l'observatoire d'Oloug-bey, on y admire : y, tombeau de Timour; il est en jaspe. Un voyageur récent n’accorde qu'environ Lux nabitans à cette ancienne métropole du Turkestan. Kancar ou Naxuones, non isa du Karchi, ville industrieuse et commerçante à laquelle on donne 40,000 âmes. Kara-rouL , près de l'embouchure du Zer-Afchaz dans le lac de Kara-koul ; on estime sa population à 30,000 âmes. Viennent ensuite : Tcnanacnarcur, OurATErEu, elc., etc.

Khanat de Chersebz, enclavé davs le territoire de celui de Boukhara, dont il a été détaché en 1751. C’est un des plus peuplés et des plus fertiles. Cuensesz ou Caeuni-s#82, est la résidence du khan.

Khanat de Hissar, au sud de ceux de Ramid et de Boukhara. C’est un des plus puissans et le plus riche de tous après ceux de Boukbara et de Khokand. Hissan , à quelques milles de la rive gauche du Saridjouï ou Kafer-nihan, en est la capitale; on lui accorde 3,000 maisons. Deinaou est la seconde ville du khanat.

Khanat d'Ankoï, vers la frontière méridionale et au nord-ouest de Balkh. Axroï, ville qu'on dit contenir 4,000 maisons, en est la capitale.

Khanat de Meïmamebh, au sud d'Ankoï. Mximamen ou Msimexp, ville d’environ 1,000 maisons, en est la capitale.

Khanat de Balkh, au sud-est d’Ankcï, autrefois très puissant, et maintenant un des plus faibles et des moins étendus. Baxw , une des villes les plus ancienues de l'Asie, jadis des plus grandes et des plus populeuses , mais dont la population est aujourd'hui réduite , à ce qu’on dit, à environ 10,000 habitans; elle possède encore quelques manufactures et fait un commerce assez étendu. Balkh fut dès la plus haute antiquité la capitale d'un royaume qui se forma sur les bords de l'Oxus, et devint plus tard, sous le nom de Bactra; la résidence des rois de la Bactriane. Balkh rivalisait alors avec Ninive, Babylone et Seleucie, servant d'intermédiaire pour les communications qui avaient lieu entre la Chine et l'Inde d’une part, et les pays riverains de la mer Gaspienne , de la mer Noire et de la mer Méditerranée. Sa position sur l'Oxus, fleuve qui paraît avoir été jadis en

nt à l’agriculture; plusemblent à des jardins, sentent encore comme t aussi multipliés que rbard-Véuitien. L'édurens de subsistance des

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ès bien cultivée.et traversée cet état, et la résidence or hara à l'impression agréable mosquées et des médressés, assées sans ordre et formant aisons ; qui ont leurs façades formes, sans fenêtres, sans assans. Un mur en terre, de vironne cette ville, La popuans ce nombre près des trois

communication avec la mer Caspienne , favorisait singulièrement les entreprises de ses ioarchands. 11 parait que de plus cette ville donna naissance à Zoroastre, et que dans ses taurs s'éleva le premier temple érigé au culte du feu, Tout ports à croire que dans ces temps reculés Balkh était un foyer de civilisation, l'entrepôt du commerce de l’Asie Cen. trale, l'anneau qui uuissait les peuples de l'Orient avec ceux de l'Occident.

Khanat de Khoulm. C'est le plus puissant de tous ceux du Turkestan mtri. dional. Il s'éteud depuis l'Hindou-koh jusqu'à l'Amou, et il parait exercer une grande influence politique sur le khanat de Kouudouz, Kaouzx, sur le Xhoulm, grande ville, à laquelle M. Elphinstone accorde 8,000 maisons, est la capitale de cet état, dont le sou. verain prend le titre d'atabik.

Khanat de Koundouz, à l'est du précédent ; les dernières notices le représentent comme vassal de celui de Khoulm. Kouxpouz, au milieu d'une plaine très peuplée et très bien cultivée en est la capitale; ou dit qu'elle est plus grande que Khoulm.

Khanat de Talikhan. Tazctman, sur le Furkhar, est le siège de khan, qui, à la tête de ses belliqueux Ouzbeks, fait souvent des incursions sur le territoire de ses voisins.

Nous rappellerons que les six derniers khanats, que nous venons de nommer, étaient il y a quelques années vassaux du royaume de Kaboul.

Khanat de Badakbhchan, à l'est de celui de Talikhun. C'est un des plus riches et des plus puissans. Babaxucaax, l'ancienne capitale , est une grande;ville, sur le Kokcha ; actuellement le khan réside à F£izapap, ville de médiocre étendue, située sur la mème rivière. Dans ses environs se trouvent de riches mines de rubis.

Khanat de Dervazeh, au nord du précédent, Denvazeu, sur le Dervazeh, est le siège du khan, qui prétend descendre d’Alexandre-le-Grand; prétention qui est reconnue, à ce qu’on dit, par les princes voisins.

Khanat de Koulab, au nord de celui de Badakhchan. Kouzas , ville à laquelle M. de Meyendorf accorde 3,000 maisons, en est la capitale.

Khanat d'Abi-Gherm, situé au nord du précédent. Anr-cuenm est la résidence du khan, souvent en guerre avec celui de Hissar.

Khanat de Ramid, à l'ouest du précédent. Rami, ville assez considérable, en est la capitale.

Pays de Ghaltcha, nommé aussi Karateghin. Il est habité par des mont:gnärds pauvres et agriculteurs, qui professent le mahométisme et qui paraissent être gouvernés par plusieurs chefs. Maroua et Icnau semblent être leurs villes principales,

Le Kaferistan, qui, eu égard à sa position, devrait former partie de l'Inde puisqu'il appartient à la partie supérieure du bassin de l'Indus. Ses habitans sont idolâtres, ce qui lui a valu le nom sous lequel il est connu, et qui signifie le pays des infidèles. Ces montagnards, connus aussi sous le nom de Siak-pouchi, et remarquables par leur beauté et par leurs usages, sont partagés en plusieurs tribus indépendantes, régies par leurs chefs respectifs. Kamotchi, gros village de 5oo maisons, paraît être le lieu le plus considérable de ce peuple intéressant,

Khanat de Khokand. C'est le deuxième état du Turkestan pour la population et le troisième pour l'étendue. Depuis 1805 il a réuni le khauat de Tachkend, et depuis 1815 celui de Turkestan, Knoxanp cu Kuoruax, située sur un petit affluent et à quelques milles de la rive gauche du Sir-Daria est la capitale, C'est une ville industrieuse et commerçante, qu'on dit être aussi grande que Boukhara; peut-être sa population s’élève-t-elle à 60,oou âmes. Le château du khan est sa seule fortification. Les trois bazars en pierre, les vastes écuries du khan, bâties en briques, sont, avec son chateau et quelques mosquées, les édilices les plus remarquables. Toutes les maisons sont eu terre. Les autres villes du khanat les plus importantes sont : Marcnazan et Knopsenp , qui selon MM. de Meyendorf et Nazarov sont aussi grandes que Khokand. Kodjand est situé sur le Sir-Daria, ainsi que Ouraroura, qu'on dit être grande et très peuplée. T'acakenD, sur des canaux dérivés du Tchirtehik, ville marchande, mais peu industrieuse, jadis capitale du khanat de ce nom; on lui accorde au moins 3,000 maisons. Tunxesrax, jadis florissante lorsqu'elle était la ‘apitale du khanat de ce nom; on dit qu’elle ne contient aujourd'hui qu'un millier de maisons en terre.

Le Pays des Kirghiz de la grande Horde, qui parait occuper nne grande rartie du Turkestan moyen et septentrional depuis les environs de la mer d'Aral et de la mer Caspienne (vers Mang-kichlak) jusqu'au lac Issi-koul , dans l'empire Chinois. Ils se nomment eux-mêmes Xaissak où Kasak, et la plupart sont de redoutables voleurs. lis n'ont point de chef suprême: ils sont sous la dépendance de divers sultans, dont quelques-uns se mettent tantôt sous la protection de la Russie, tantôt sous celle de la Chine, afin d'eu obtenir des présens. Leur vaste territoire est traversé par le Sara-sou et le Tchout, il paraît que la tribu des Ousoun , qui erre dans les environs du Sara-sou , est la plus puissante parmi celles qui habitent vers l'Ouest, tandis que celles des Tchongbag et des Bourout-Occidentaux se distiuguent parmi celles qui errent vers l'Est,

Khkanat de Khiva, Cest le plus étendu de tout le Turkestan, mais presque toute sa surface est occupée par des déserts, C'est à Mohammed Rahim, père du sultan actue!, que cet état est redevable de sa puissance. Ce prince, aussi heureux qu'entreprenant, est parvenu à soumettre plusieurs hordes de Turkomans et à se faire reconnaître cemme suzerain par les Karakalpaks et les Araliens, Kuiva, sur un canal dérivé de l'Amou-Daria, au milieu d’un territoire fertile, en est la capitale; on lui accorde 3,000 maisons. C'est le plus grand marché d'esclaves de tout le Turkestan. Les aûtres villes les plus remarquables sont : NouverLe-OuneuenDs, sur un canal dérivé de l’'Amou-Daria ; ou lui accorde 1,500 maisons, et on la regarde comme la ville la plus commerçante de tout le Khanat. Kownar, sur la rive gauche de l'Amou-Daria ; c'est le chef-lieu de la tribu Ja plus nombreuse des Aralieus, qui, suivant l'habitude d’autres hordes nomades, l'habitent pendant l'hiver et l'abandonnent pendant l'été.

Le Fays des Karakalpak, le long du Sir-Daria, habité par des tribus de ce nom , nomades en été et sédentaires en hiver, et une partie du Pays des Turkomans, sont vassaux du khan de Khiva, et n'offrent aucune localité assez remarquable pour être mentionnée dans cet Abrégé.

Pays des Turkomans, compris entre la mer Caspienne, la mer d’Aral, le khanat de Khiva proprement dit, et de Khorassan. Il est partagé entre uu grand nombre de tribus dont le gouvernement est entièrement démocratique, La parlie qui avoisine la baie de Mang-kichlak paraît avoir été conquise dernièrement par des tribus des Kirghiz de lu Grande-Horde : la plus grande partie du territoire qui s'étend vers le Sud et surtout les environs de la baie de Balkan doivent être regardés comme compris dans le khanat de Khiva. Le reste paraît conserver encore son indépendance.

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