‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 228 sur 457 · TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE L'AFRIQUE

PIERRES PRÉCIEUSES (à l'exception du diamant , qu’on n’a pas encore trouvé nulle part en Afrique). Migritie, Angola, Bihé, Cassange, Muchingi, Pays des Molouas. Afrique Oltomane, Égypte, dans la chaine Arabique. Madagascar,

On. Nigritie, Bouré, Kamalia dans le Mandingue, Wasaw, Dankara, Haoussa, Wangaro, Bambouk, Akim , etc., etc. Région de l’Afrique-Orientale, Abuta. Région du Nil, Qamàmyl, les contrées le long du Babr-el-Abiad , Abyssinie, etc.

AnGsnr. Région de l Afrique-Orientale, Chicova. Nigritie, le plateau de Timbo , Baghermeh.

Cuivre. Nigritie, Pays des Molouas, Borgo ou Dar-Saley, Dar-Four, etc. 4frique-Orientale, Pays des Cazembes, des Movizas, des Maquinis, Butua, Zumbo, Inhambane. 4/rique- Australe, Pays des Hottentots. Région du Nil, Fertit, Kordofan, etc. Région du Maghreb, empire de Maroc, etc. 1

Proms. Région du Maghreb, Alger, etc.

Fer: Migritie, Bambouk, plateau de Timbo , Kailie, Dentilia, Angola, Laugo, Benguela, Pays des Molouas, Sala, Ouassoulo, Beré, Mandara , Calanna , etc. Région de l'Afrique- Australe, Pays des Maquinis. Région de l’Afrique- Orientale, Pays des Cazembes. Madagascar, Pays des Ovas. Région du Maghret, Alger, etc. Région du Nil, Abyssinie.

Sec. Région du Maghreb, empire de Maroc, Tagaza , Aroan, Bilma, etc. Région du Nil, plateau de Baylur, Kordofan, Sennaar, etc., etc. Migritie, Quisama, Angola, Benguela, Saley ou Vadaï, Dar-Four, etc. Archipel du Cap-Vert, îles Maio, Bonavista, Sal. Archipel des Canaries, ile Canaria. Madagascar.

VÉGÉTAUX. Les notions que nous possédons sur la géographie des plantes de l’Afrique sont bornées en ce sens qu’on ne connaît de cette partie du monde que les rivages des mers qui en baignent presque tout le vaste contour. L'intérieur est pour einsi dire entièrement inconnu, car aucun voyageur n’a parlé en vrai botaniste des plantes qui y croissent naturellement. Muis les renseignemens fournis par M. Desfontaines sur la flore Atlantique, par les ouvrages de Forskahl et de M. Delile sur celle d'Egypte, par M. Viviani sur les plantes de la Cyrénaïque, quelques matériaux dus au zèle ct à l’intrépidité des célèbres voyageurs Salt, Caillaud, Oudney Denham et Clapperton, suffisent pour nous former une idée précise de la végétation de l’Afrique-Centrale. De plus, quelques autres contrées ont été spécialement étudiées, soit parce qu’elles sont les sièges d'opulentes colonies, soit que le hasard y ait conduit des botanistes éclairés. Ainsi le Cap-de-Bonne-Espérance a été visité par une foule de naturalistes qui en ont fait suffisamment connaître les singulières productions végétales; le Sénégal l’a été par Adanson , et récemment par MM. Leprieur et Perrottet, le Congo par Ch. Smith, Sierra-Leone par Smeathmann, la Côte-d'Or par Afzelius, la Guinée par Thonning, les royaumes d'Oware et de Benin par Palisot-Beauvois, les îles de Madagascar, de France et de Bourbon par Commerson, du Petit-Thouars, Bory-Saint-Vincent, Bojer, etc.

Les côtes de Barbarie offrent les plus grands rapports quant à leurs vegétaux avec celles de la Péninsule espagnole. Séparées par le faible espace du détroit de Gibraltar, elles semblent être continues et reproduire les mêmes êtres, Ainsi, l'on observe une singu-

TERRE mener

lière analogie entre la Flore d'Alger et celle de l'Andalousie et de Valence en Espagne, Les oliviers , les orangers, le chamærops humilis, le ricin arborescent , le dattier y croissent également bien. Une chaleur un peu plus forte dans cette partie de l'Afrique favorise le développement de quelques formes inconnues à l'Europe australe , mais ces formes ne sont que spécifiquement différentes, ou bien rarement elles diffèrent assez pour constituer des geures distincts de ceux qui croissent en Europe. Les plantes de la Cyrénaïque ont aussi de grandes ressemblances avec ces dernières ; elles forment le passage des espèces atlantiques aux espèces égyptiennes, et déjà on y rencontre quelques-uns de ces genres qui semblent propres à la zone torride. Le sisyphus lotus est si abondant en cette contrée que les peuples anciens se nourrissaient exclusivement de son fruit et avaient reçu, pour cette raison, le nom de Lotophages.

L'Egypte présente un grand nombre de plantes particulières et tellement caractéristi. ques, que leur simple aspect, maigre et rabougri, suffit pour en faire reconnaître la patrie, C'est dans la Haute-Egypte que croissent en abondance ces nombreuses espèces de cassia dont les feuilles de quelques-unes (C. obovata et acutifolia) forment, sous le nom de sene, une branche de commerce si considérable. Indépendamment du dattier et du chamærops, on y rencontre aussi une espèce remarquable de palmier, que M. Delile a figuré sous le nom de palmier Doüm (cucifera thebaica). Plusieurs plantes aquatiques tapissent le Nil de leurs larges feuilles et élèvent gracieusement leurs fleurs au-dessus des eaux; telles sont les nÿmphœa lotus et cœrulea, que l'on reconnaît dans les emblèmes hiéroglyphiques des anciens monumens; mais le ne/umbium speciosum, figuré également dans les monumens égyptiens, a disparu des eaux de ce fleuve. Le fruit désigné par Théophraste et d'anciens auteurs, sous le nom de persea, est fourni par une plante que MM. de Sacy et Delile pensent être le balanites Ægyptiaca, petit arbre épineux qui couvre les parties sablonneuses, non-seulement de l'Egypte, mais encore d'une grande partie de l’Afrique-Centrale, et qui se retrouve abondamment au Sénégal. Si l'on passe en revue les plantes rapportées de l’Abyssinie par M. Salt, on trouve que sa végétation n’a pas encore le caractère de celle qui domine eutre les tropiques. Elle offre cependant quelques rapports avec celles de la côte de Mozambique et du Cap-de-Bonne-Espérance. C'est dans ce pays que Bruce a trouvé une espèce de protea, et M. Salt un pelargonium, genres que l’on sait être particuliers au Cap-de-Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Hollande. Le café croît naturellement sur la côte africaine de la mer Rouge près du Bab-el-Mandeb aussi bien qu’en Arabie, Les plantes de la Haute-Egypte et des contrées plus avancées dans l'intérieur des terres, ressemblent au contraire beaucoup à celles de la côte ouest d'Afrique.

Aucun pays n’offre dans ses végétaux une physionomie aussi singulière que le Cap-de- Bonne-Espérance. C'est là que vivent en nombreuses sociétés les erica, les protea, les pelargonium, les mesembryanthemum, les ixia, les stapelia, etc., etc. Ces genres sont constitués par une multitude d'espèces toutes rassemblées vers la pointe australe d’Afrique, à l'exception d'une ou deux qui s'avancent jusque sur les côtes septentrivnales et ressemblent à des déserteurs éloignés de leurs régimens. M. de Candolle a signalé l’analogie des productions végétales du Cap avec celles de la Terre de Diémen qui occupe une position Es AE un à-peu-près semblable, c'est-à-dire qui est également située à l'extrémité sud

un grand continent. Les plantes de l'Afrique équinoxiale se ressemblent beaucoup entre elles sur une grande étendue des côtes occidentales. Ainsi, il y a une grande uniformité de végétation depuis la rivière du Sénégal, par le 16° degré de latitude nord, jusqu'au Congo, par le 6° degré de latitude sud, Parmi les arbres on ÿ remarque l'adansonia digitata où baobab, ce colosse du règne végétal qui existe également en Nubie, le ombax Pentandrum, l'elais guineensis , elc. Ces végétaux remarquables sont répandus sur une étendue très considérable de la côte. Le sterculia acuminata, arbre dont les graines connues des indigènes sous le nom de cola , ont, dit-on, la propriété de rendre potable les eaux les plus infectes, existe sur les côtes de Guinée et de Sierra-Leone ; enfin l’arona senegalensis et le chrysobolanus icaco sont encore des arbres utiles qui sé trouvent sur les bords des rivières depuis le Sénégal jusqu'au Congo. Grâces aux laborieuses investigations de MM. Perrottet et Leprieur nous possédons des renseignemens fort importans sur les végétaux de la Sénégambie publiés dans la flore de cette contrée. On est étonné d'y rencontrer non-seulement les espèces qui croissent dans les régions de l'Afrique analogues par

de Valence en Espagne, ent , le dattier y croissent : de l'Afrique favorise Je , mais ces formes ne sont assez pour constituer des Ja Cyrénaïque ont aussi assage des espèces atlan- -uns de ces genres qui lant en cette contrée que avaient reçu, pour cette

le climat à la Sénégambie, comme la Haute-Egypte, l'Arabie, etc.; mais encore des plautes que l'on croyait particulières à la Malaisie (Archipel-Ludien) , à Madagascar et à l'Amérique-Méridionale, Cependant il est essentiel de remarquer que ces rapports de végélation n'ont lieu qu'entre les contrées caractérisées par une chaleur excessive accompagnée d'humidité, comme les bords de la Gambie et de la Casamance. Quant aux localités sablonneuses et arides du Sénégal proprement dit, elles fournissent des productions végétales semblables à celle de l'Egypte et de l'Arabie, Les plantes alimentaires cultivées par les naturels de la côte ouest d'Afrique sont : le mais (zea mais), la cassave (jatropha manihot L.) ; deux sortes de légumes dont l'un est le cytisus cajan L., l'autre une espèce de haricot (dolichos) et l'arachis hypogea. Les meilleurs arbres à fruits de la contrée sont : le éananier {musa sapientum), le papayer (carica papaya), les limoniers et vrangers , le tamarinier, V'elais guineensis qui fournit l'huile de Palme, et le raphia vinifera qui donne ainsi que l'elais et une espèce de corypha, le fameux vin de palmier. Quelques auteurs pensent que la plupart de ces plantes sont d'origine étrangère à l'Afrique, Ainsi, M. Robert Brown assigue une origne américaine au maïs, à la cassave, à l'ananas, au papayer et au tabac, tandis qu’il pense que le bananier , le limonier et l’oranger , Le tamarinier et la canne à sucre ont été importés d'Asie. L'intérieur de l'Afrique équinoxiale n’est pas connu des botanistes. La petite quantité de plantes publiées dans la Flore d'Oware et de Bénin ne peut donner une idée exacte de la végétation de ces vastes contrées, Cependant, si on les compare avec celles du Congo, du Sénégal et de la Haute- Egypte, on trouve entre elles des relations frappantes et qui pronvent clairement, ce nous semble, cette loi universelle : que les mêmes causes climatériques donnent naissance aux mêmes productions végétales, sans qu'il soit nécessaire d'en supposer la transmigration d'un pays dans un autre, Il nous reste à dire un mot sur la flore des iles principales que l’on considère comme dépendantes de l'Afrique. Les Canaries présentent une transition très remarquable des plantes européennes ou plutôt méditerranéennes aux plantes équinoxiales. Les formes européennes y dominent encore, mais les espèces ont déjà la vigueur qui caractérise les végélaux de la zone torride, ou en d'autres termes, on y trouve des espèces arborescentes de genres qui ont chez nous leurs espèces herbacées. Le catalogue des plantes de l'ile de Saiute-Hélène, dressé par M. Roxburgh en 1813, présente un grand nombre de plantes dont les unes sont américaines et les autres africaines , ce qui résulte de la position géographique de cette ile ; mais elle offre ceci de remarquable, qu'elle nourrit encore un plus grand nombre de plantes d'Europe , malgré son immense distance de cette partie du monde. Dans les iles de Madagascar , de France et de Rourbon, intermédiaires entre le Continent de l'Afrique et l'archipel Indien , croissent des végétaux indigènes de ces deux vastes régions. Madagascar offre dans sa partie occidentale les plantes de la côte d'Afrique, et celles des Indes dans la partie qui regarde lorient. Cette ile, ainsi que celles de Bourbon et de France, renferment un grand nombre de plantes qui leur semblent particulières, peut-être par la raison que les localités semblables de l'Inde ne sont pas bien connues. C'est à Madagascar que le nepenthes distillatoria, entre autres végétaux singuliers, a été observé pour la première fois. Des espèces très voisines ont été rencontrées dans les Indes Orientales. Le nombre des orchidées est si grand dans les trois grandes îles de l'Afrique australe, que M. Du Petit Thouars a publié un ouvrage spécial sur cette seule famille. Il en est de mème des fougères qui abondent dans ces iles et que le colonel Bory-Saint- Vincent a fait conuaître dans le Species de Willdenow , ou qui sont inédites dans son vaste et magnifique herbier.

ANIMAUX. Réunie physiquement à l'Asie par l’isthme de Suez, l'Afrique à quelques animaux près qui sont communs à ces deux continens, offre une physionomie zoologique tout aussi distincte que si elle en était séparée par une distance égale à un diamètre du globe. Ces animaux, africano-asiatiques plutôt qu'asiatico-africains, ne s'étendent guère que dans la presqu'île Arabique, si semblable géologiquement à l’Afrique boréale, tandis que tous les autres points ont une création spéciale. Toutefois c'est ainsi qu'on doit généraliser la dispersion des êtres sur ce vaste continent.

et tellement caractéristi.

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mer needed tenanmune Dans toute l'Afrique-Centrale et Boréale errent le lion, la panthère, l'autruche, les chacals, les gazelles et des antilopes, dont pas une ne se retrouve au sud de l'autre tropique, où sont accumulées tant d'espèces. Partout ces antilopes sont la pâture des lions et de toutes les autres espèces de ce genre , ainsi que des chacals, des hyènes et des pythons, Le chameau à une bosse, dont les caravanes peuplent aujourd’hui le Sahara et donne au désert sa physionomie nomade , ne fut introduit à l'ouest du Nil qu'après le 11° siècle, Mais au-delà du Sahara, dès que commence l'influence humide des grands fleuves de la Sénégambie et du Soudan , apparaît une création dont les êtres ne franchirent jamais les limites du désert, Là vivent, en étendant leurs voyages jusqu’au Cap-de-Bonne-Espé. rance, les é/éphans africains à grandes défenses et aux dents molaires marquées de lo. sanges, ces rhinocéros à deux cornes, bien connus dans les spectacles de Rome, l'immense girafe, l'hippopotame informe, Entre les deux tropiques se trouvent ces espèces va riées de cynocéphales, dont pas une seule n'habita jamais l'Egypte , et dont trois y avaient des autels; culte qui par conséquent ne put commencer que dans le pays de ces singes, Les uns à visages points n'habitent que les Guinées, les autres la pointe australe du Con. tinent, d'autres enfin depuis le Sennaar jusqu'en Cafrerie. Dans les bassins du Nil supérieur et de ses afflueus vivent deux espèces de ce feanec décrit et figuré par Bruce et qu'on avait cru être très récemment un ga/ago, Ses immenses oreilles surpassant les deux tiers de la longueur de son corps de chien l’éloignent beaucoup de la forme d'un quadrumane, Figuré sur les monumens de la Basse-Egypte avec les cynocéphales, le scarabé sacré et les antilopes du mème pays, le fennec y constate l'origine éthyopique du peuple ui éleva ces mouumens. Dans cette dernière zone qui longe la côte de Zanguebar le uffle du Cap parcourt les mêmes forèts que l'éléphant; enfin , au-delà du tropique austral vivent ces nombreuses espèces d’antilopes, réparties chacune dans un site qu’elles ne quittent jamais, depuis les roseaux des rivages jusqu'aux pointes aiguës des rochers. Ces antilopes se pressent sur cette extrémité de l'Afrique comme pour la dédommager de n'avoir pas une seule espèce de cerf. Là vivent aussi dans les mêmes cantons ces zèbres connus des Romains et ces quacchas si semblables aux zèbres, que l’on prit d'abord ces deux animaux pour les deux sexes de la même espèce, Ce phacochère à corps de cochon, à dent machelière d’éléphant et dont la face hérissée de quatre protubérances l’a fait nommer aussi sanglier à masque. Ce sanglier éthiopique à long grouin, dont les figures se voient sur la mosaïque de Palestrine, et qui a deux paires de côtes de plus que notre sanglier et à qui l’on vient de rendre son ancien nom de koyropotame. Enfin parmi les reptiles de ce continent citons les crocodiles, le succhos et le Khamses honorés des Égyptiens et différens peut-être des crocodiles du Niger et du Sénégal. Ces monitor, ces tupinambis, ces oaméléons, dont d’autres espèces ne se retrouvent plus qu’en Espagne et aux Moluques. Madagascar a comme l'Afrique sa création à elle. Aucun de ses mammifères non importés ne lui est peut-être commun avec ce Continent : tels sont ces makis à quatre mains; cet aye-aye rongeur pourvu de mains et qui n’en habite que la côte occidentale; ces tenrecs insectivores en rémplacement des pangolins de l'Asie et de l'Afrique, et des fourmiliers de l'Amérique dont Madagascar n'a pas un seul. Les espèces d'oiseaux propres à l’Afrique ont une grande analogie, sur les confins des diverses régions qui entourent cette vaste contrée, avec ceux de l'Europe et de l'Asie. Puis la variété du sol apporte des influences secondaires et nouvelles sur chacune des Éd zones qui en partagent la surface. Ainsi, la Région du Nil et les rivages qui bordent a Méditerranée ont des espèces analogues à celles de l’Arabie, de la Perse et de l'Espagne. Les sables déserts de l'Afrique-Centrale sont la patrie d’espèces accommodées aux solitudes. tandis que l’extrémité méridionale affecte un type entièrement neuf et caractéristique dans les oiseaux qu’elle nourrit. Madagascar enfin, qui , avec les iles Maurice et de Bourbon dépend du système de terre africain , a une création toute spécifique, bien que par ses caractères elle soit entièrement africaine. Quant aux îles de l’Océan-Atlantique, telles que Sainte-Hélène, l'Ascension , les îles du Cap-Vert, elles sont habitées par quelques espèces qui proviennent des côtes voisines, L'oiseau le plus voisin des quadrupèdes par ses formes, l'autruche , qu’Aristote a dit avec tant de raison partim avis, partim quadrupes, ne quitte point la zone équatoriale et les déserts de toute l'Afrique. Elle est remplacée en Amérique par le nandu, ct

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panthère, V'autruche, \es re au sud de l'autre tropit la pâture des lions et de s hyènes et des Prthons.

hui le Sahara et donne Nil qu'après le 11° siècle, des grands fleuves de la ne franchirent jamais les au Cap-de-Bonne-Espé.

nolaires marquées de lopectacles de Rome, l'imetrouvent ces especes vate , et dont trois y avaient ans le pays de ces singes, a pointe australe du Cons les bassins du Nil supéfiguré par Bruce et qu'on s surpassant les deux tiers e la forme d'un quadrucynocéphales, le scarabé ine éthyopique du peuple la côte de Zanguebar le , au-delà du tropique aucune dans un site qu’elles vintes aiguës des rochers.

mme pour la dédommager mêmes cantons ces zèbres , que l'on prit d'abord ces ochère à corps de cochon, tre protubérances l’a fait grouin, dont les figures le côtes de plus que notre ropotame. Enfin parmi les hamses honorés des Égypral. Ces monitor, ces tupiplus qu’en Espagne et aux ucun de ses mammifères els sont ces malis à quatre que la côte occidentale; sie et de l'Afrique, et des

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commodées aux solitudes.

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truche , qu'Aristote a dit te point la zone équatoérique par le nandu, et

dans la Polynésie par les casoars, C'est le chameau emplumé du désert, c'est avec la ga elle, l'objet des mille contes des Arabes et des nègres. Le messager où le secrétaire, singulier oiseau de proie qui vit de reptiles, qu'il sait combattre avec adresse et dévorer sans danger, habite le territoire du cap de Honne-Espérance. Peu de régions du globe sont aussi peuplées d'oiseaux de me de toutes sortes que l'Afrique. Les animaux qui y pullulent fournissent par leurs débris à tous les rapaces uue proie abondante et facile, Aussi les grands vautours qui s'alimeutent de charognes, ces griffons, ce hideux chincou, cet oricou à pendeloques charnues, guettent sans cesse la chute de quelque animal et se précipitent sur son cadavre qu'ils dépècent en quelques instans, et des espèces pius petites, les percuoptères, viennent s'adjoindre aux convives de ces banquets. Quelques aigles sout réparties dans tous les pays de l'Afrique et sur le bord des eaux douces ou des mers, et là pêchent les pygargues, ou aigles qui vivent de poissons. Tels sont surtout et au premier rang le blagre et le vocifér. Les autres rapaces diurnes sont des circaëtes , des éperviers , des vautours, et notamment le gymnogène de Madagascar , le milan parasite, les couhiehs de l'Egypte, le naucler de Riocourt, des buses, des buzards et des faucons. Quant aux oiseaux de proie que la lumière du jour blesse , chaque petite tribu est à-peu-près représentée sur ce Continent, Enfin comme les insectes y pullulent, les pies-grièches qu'on à à juste raison nommé les faucons entomophages , s'y trouvent en essaims aussi nombreux que variés. De même que l'Amérique et l'Asie, la zone chaude de Ja Région du Cap à des couroucous , singuliers oiseaux à plumage d'un rare éclat. Mais là seulement se trouvent ces musophages et ces touracos à vestitures non moins splendides. La nombreuse famille des coucous est très riche en espèces dans cette partie du monde. Elle nourrit les chalcites où coucous cuivrés, les indicateurs célèbres par ce qu'en a raconté Levaillant , des coucals dont le pouce est ariné d'un ongle acéré; mais ce n’est qu'à Madagascar qu’on rencontre les vouroudrious et les couas ou les taitsous. Les pogonias, les barbus , les barbions sont africains. De nomBreux ca/aos et entre autres celui d'Abyssinie, qui vit de charognes, y remplacent les toucans d'Amérique; et quant aux oiseaux de ce dernier genre on trouve leur représentant à Madagascar dans l'euricère, Les perroquets pullulent dans les contrées boisées de l'Afrique chaude. C’est du Sénégal que provient la perruche à collier ; c'est du Congo, de la Guinée que nous arrive le jaco gris, si habile à imiter l’homme, et c'est dans les champs de Teffs que s’abattent par bandes criardes les innombrables perruches-moineaux. Yes pics , les alcyons , les engoulevents, les hirondelles y comptent des espèces variées, les soui-mangas y remplacent les colibris du Nouveau- Monde, et les Auppes, les épimaques de l'Asie. Les corbeaux , les choucas, les rolliers, les rolles y ont des individus très remarquables. 11 en est de même des guépiers, des échenil. leurs, des bagadais, des manikups, des drongos, des moucherolles, des merles, des traquets, des srlvies, des martins, des pique-bœufs, des alouettes, ete., etc. Mais nous citerons principalement de tous ces genres une espèce de corbeau à beë très puissant, le corbivau , et les merles à plumage bronzé et comme passé au feu.

Cependant dans cette série d'espèces si étonnantes par le nombre des individus, aucune famille n'en fournit davantage, sans contredit, que celle des moineaux. À partir des tisserins, qui lient cette tribu aux troupiales de l'Amérique, et qui sont les plus habiles ouvriers qui existent pour lisser les fils qu’ils emploient dans la construction de leurs nids, on compte les moineaux, quels que scicrt les petits genres dans lesquels on a essayé de les grouper, par millions d'individus et ::: *enlaines d'espèces. C’est ainsi que les veuves aux longues queues, les oryx à la livrée de ieu: les senégalis de toutes les couleurs, bleus, rouges, piquetés, noirs, etc. ; semblent des papillons destinés à émailler, par leur vive coloration , les chardons en maturité dont ils mangent les graines, Ces oiseaux se trouvent donc accommodés à un sol qui produit en grande quantité les semences alimentaires, telles que les millets, les couscous, les panies, etc. Ainsi donc les veuves, les vrais moineaux, les jacarinis, les bengalis, les gros-becs, les phytotomes, les bouvreuils ÿ comptent de nombreuses espèces, Mais le genre coliou est exclusif au Cap, et on y retrouve aussi une jolie mésange.

Des colombes animent les diverses contrées de l'Afrique, entre autres le pigeon vert ou waalia de Bruce, si répandu en Abyssinie ; mais les gallinacées de grande taille ÿ sont rares. L'Afrique ne nourrit guère en effet que quelques gros oiseaux de basse-cour originaires de l'Inde, et la seule race qui lui soit propre et qui soit naturalisée en Amérique

aujourd'hui est celle des pintades ou poules de Numidie, dont ou connait quatre espèce. à chair d'une rare délicatesse ; toutelois, les sables stériles de cette partie du monde , ana. logues par leur stérilité aux steps des plateaux de l'Asie, sont la patrie adoptive des perdrix, des francolins , des gangas et de quelques espèces de turnix, oiseaux essentiel. lement pulvérulateurs. C'est encore dans ces océans mouvans nommés déserts que se plai. sent des échassiers coureurs , tels que les outardes , ces grues aux longues jambes, ces ma. rabous aux plumes délicates et légères, ces anthropoïdes ou grues des Baléares qui singent les gestes de l'homme, Quant aux rivages des mers ou aux bords des fleuves , ils pullulent de ces oiseaux riverains qui semblent répandus sous toutes les zones échauflées, tels que pluviers, chevaliers, barges, etc. a des vanneaux à lambeaux charnus, des burr. hins, des ibis jadis révérés dans le culte égyptien, et surtout l'ombrette à plumage tabac d'Espagne , des spatules , des cigognes, des anostomes, des tantales, des ædicnèmes , des giaroles , y comptent des espèces qui lui sont exclusivement propres , et ce n'est que sur les rivages de la mer Rouge que vivent les dromes au plumage mi-partie noir et blanc,

L'Alrique nourrit aussi des oiseaux palmipèdes qui lui sont propres, tels sont les an. hinga; et des espèces qui sont répandues suivant les latitudes dans d’autres parties du monde, telles que grèbes , sterues, cormorans, pélicans, rhyncops, pétrels, albatrosses, canards et oies, Les grands palmipèdes marins et antarctiques se réfugient principalement sur l'extrémité australe de ce continent. Jadis vivait aux îles Maurice et de Bourbon un graud oiseau, depuis long-temps éteint , et qu'on nommait le dronte ; ses débris seuls attestent une existence qui fait lacune dans la grande chaine des êtres.

Les reptiles ne sont point aussi multipliés en Afrique qu'en Asie et en Amérique. Ce. pendant c'est dans le Nil, c'est dans le Sénégal et le Niger que se tiennent ces puissans

crocodiles jadis vénérés par les Egyptiens. Des serpens venimeux , entre autres le céraste .

cornu, sont rénandus dans le territoire du Cap, des lézards variés, des geckos, des batraciens en petit nambre sont classés dans nos catalogues comme propres à ce continent, et d'immenses tortues franches, ressources précieuses des navigateurs, fréquentent les ati: rages et les iluts volcaniques de l'Océan-Atlantique.

Les poissons africains sont encore très mal connus. Ceux des eaux douces de l'Egypte, étudiés par le savant Geoffroy-Saint-Hilaire, sont parfaitement décrits. C'est là que se rencoutrent ce gigantesque et singulier bichir, ces coffres , ces pimélodes nombreux et variés. Les poissons de la mer Rouge, étudiés par Rüppell et figurés dans son grand ouvrage, res semblent par leurs formes à la plupart des poissons saxatiles des mers chaudes d'Asie, et la plupart se rencontrent même Los les archipels de la Sonde, excepté quelques petits genres particuliers, Les cètes occidentales d'Afrique, baignées par l'Océan-Atlantique, nourrissent les poissons des zones chaudes, tandis que les pays bordés par la Méditerranée partagent ceux des côtes d'Espagne et de France. Enfin les mers australes qu'arrètent les rivages du cap de Bonne-Espérance produisent les espèces confinées dans toutes les latitudes antarctiques placées au sud des trois grands caps. Les poissons de la côte orientale, entre les tropiques, sont ceux de l’Océan-Indien.

Il en est de même des mollusques, à part les terrestres dont les espèces varient suivant les régions ; les coquillages marins de la zone équatoriale sont analogues, sur la côte orieutale, à ceux de l'Océan-Iudien, Toutefois, de belles espèces nouvelles se rencontrent chaque jour à Madagascar , et celles des côtes du Sénégal décrites par Adanson, bien que pe nombreuses, ont été mieux étudiées depuis. Dans les eaux douces du Nil vivent ces belles

uitres découvertes par M. Cailliaud et nommée éthéries, Les mollusques des rivages de la Méditerranée, ont de l’analogie avec ceux de l'Italie ou de la Sardaigne, et c'est encore par essaims que navigue sur cette mer l’ancien murex à pourpre des Romains , qui n'est pas autre que la janthine , si riche en couleur pourprée et violette. Sur les rochers du cap sont en grand nombre des patelles, des oscabrions , et sur les rivages de la mer Rouge si bien étudiés par M. Savigny, des milliers de doris, d'aplysies, etc.

Les insectes d'Afrique, bien qu'ils aient été l’objet de plusieurs ouvrages, et entre autres de celui de Beauvois, sont si variés, si nombreux en espèces qu'il serait impossible de nommer même les plus intéressantes sans dresser un long catalogue, Ils varient en genres

suivant les lieux, les limites géographiques, et par conséquent sont entièrement soumis à l'influence du climat.

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és, des geckos, des hatra propres à ce continent, el urs, fréquentent les atté.

s eaux douces de l'Egypte, lécrits. C'est là que se renélodes nombreux et variés.

ns son grand ouvrage, resmers chaudes d'Asie, et la epté quelques petits genres

n-Atlantique, nourrissent la Méditerranée partagent les qu’arrètent les rivages

ns toutes les latitudes ana côte orientale, entre les

les espèces varient suivant alogues, sur la côte oriennouvelles se rencontrent s par Adanson, bien que ces du Nil vivent ces belles llusques des rivages de la ardaigne, et c'est encore re des Romains , qui n'est te. Sur les rochers du cap ivages de la mer Rouge si te.

ouvrages, et entre autres nil serait impossible de gue, Ils varient en genres sont entièrement soumis

pu

Parmi les zoophytes , de brillantes actinies, des polypes de toutes formes , des madrvores en ceignent les côtes, Sur les rivages de l'Afrique dans la Méditerranée se pêche le vrai corail, si recherché pour les bijoux de fantaisie dans tout l'Orient. La mer Rouge est hérissée de ces corr"x si intéressaus pour le naturaliste, mais si redoutables pour le navigateur,

GÉOGRAPHIE POLITI QUE

SUPERFIOIE. La surface de l'Afrique peut étre évaluée en nombres ronds à 8,500,000 milles carrés,

POPULATION. Il paraît probable que la population absolue de V'Afrique s'élève à 60,000,000 d'âmes. Divisant ce nombre par 8,500,000 et négligeant les fractions, on aura 7, quotient , qui représente la popula tion relative de l'Afrique. Maintenant si on voulait comparer cette grande division du globe avec les autres parties du monde, on trouverait que l'Afrique occupe le troisième rang sous le triple rapport de la surface, de la population absolue et de Ja population relative, comme nos lecteurs peuvent s’en convaincre en jetant ui coup-d'œil sur le tableau que nous avons donné à la page 47. .

ETHNOGRAPHIE. L'Afrique est habitée par un grand nombre de nations , dont les langues ont été le sujet de plusieurs importantes recherches daus ces dernières années. Sans entrer dans des détails qui seraient déplacés dans cet ouvrage , nous nous bornerons à mentionner dans chacune des grandes régions entre lesquelles nous avons partagé cette partie du monde, les peuples principaux, en les classant d’après les différentes langues qu'ils parlent. L'Atlas ethnographique duGlobe est notre guide. Nous devons à l’obligeance de M. Douville la communication de quelques faits nouveaux, qui nous ont servi à remplir une partie des lacunes que l'imperfection de l'ethnographie nous avait obligé à luisser subsister danscetouvrage.

TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AFRIQUE D'APRÈS LES LANGUES.

la RÉGION DU NIL offre les familles ou souches suivantes :

l'amine ÉGyeTrenne : les Coptes, qui sont les descendans des anciens Égyptiens. Depuis l'introduction de l’islamisme eu Egypte leur langue a été peu-à-peu remplacée par l'arabe jusqu'a ce qu'elle se soit entièrement éteinte vers le milieu du xvri° siècle. Les Coptes sont maintenant très peu nombreux et, sous le rapport linguistique, ils doivent être re gardés comme des Arabes et comme une branche de la famille ÉPAiHane.

Famiere Nuntenne : les Nouba et les Kenouz (Kenous) dans la Nubie. Plusieurs milliers de Kenouz vivent dans les principales villes de l'Egypte, où ils sont counus sous les uoms impropres de Barbary, Berbers ou Barabra. Ce sont les traits de ce peuple que,

selon M. Champollion et antres savans, on rencontre dans les monumens qui représentent les anciens Egyptiens.

Famizre TRoGLoDYTIQUE : les Bichariens, les Hadendoa, les Hammnadeh, les Amarer, etc.; les Adarebs, dont les Bartoum paraissent être la tribu la moins civilisée , mais en même temps la plus puissante; les 4babdés, confondus à tort avec les Arabes bédouins. Tous ces peuples occupent la partie de la Nubie située à l’est du Nil.

Fauizze Scatno-DankaLt : les Schiho (Shiho) proprement dits, ils habitent près du passage d'Assouali, et les Æazorta , près de celui de Taranta dans l’Abyssinie; les Danakil , peuple nomade qui erre le long de la côte depuis le Bab-el-Mandeb jusqu'à Arkiko ; on regarde les Dumhoeta comme sa tribu la plus puissante ; les Adaïel, ils occupent le pays situé entre le Bab-el-Mandeb et les euvirons de Zeylu,

Les Carcouxs Aailonns) , Connus aussi sous les noms de Vouba ou Fongi, le long du haut Bahr-el-Abiad, et dans le royaume de Sennaar, dont ils étaient la nation dominante

avant la récente invasion des Ottomans. Les TouereTr-Acow, daus le centre de l'Abyssinic ; ils sont braves, et bons cavaliers

Les Foyarens, qui forment la masse principale de la population du Dar-Four, La REGION DE L'ATLAS n'offre qu'une seule famille , à laquelle appartiennent tous ceux de ses habitans qu'on peut regarder comme indigènes ; c'est la FAMILLE ATLANTIQUE : les Amazig, dits improprement Berber ou Berebber, et nommés aussi Schila (Shulub), Qobayl or à L ete, ; ils ge rt les hautes vallées de l'Atlas et une partie dés plaines dans l'empire de Maroc, le ci-devant état d'Alger et dans celui de Tunis; ils sont partagés en beaucoup de tribus, dont plusieurs sont entièrement indépendantes, Les Touaryk (T'uaricks), nation nombreuse ct guerrière répandue sur toute la partie moyenne d Salara ; les Tibbos, qui occupent presque toute la partie orientale du Sahara; les habitans de Syouah et d'Audjelah ; les Chellouhs (Shelluhs , daus la partie méridionale de l'empire de Maroc, où ils vivent presque tous régis par des chefs indépendans, La RÉGION DES NÈGRES ou la NIGRITIE présente les familles ou souches suivantes Les Vozors ou lorors , qui ont lu réputation d'être les plus beaux et les plus noirs de tou, les Nègres; ils possèdent les royaumes de Bourb-lolof, de Cayor et de Baol, ct ils for. ment la masse principale de la population de ceux de Bondou , du Bas-Yani et de Salum, Famize ManDiNGo : les Mandingo, nation puissante , assez policée et assez industrieuse, eatre les mains de laquelle se trouve presque tout le commerce de l'or et de l'ivoire, et qui faisait naguère presque tout celui des csclaves. Outre le vaste territoire entre la Gambie ot le Geba et le Pays côtier arrosé par le Kissi (Kissee) , les Mandingo possèdent dans la Sénégambic les royaumes de Bambouk, de Kasson, de Kaarta, de Barra, de Kollar, de Badibou, du Haut-Yani, du Ouili ou Woulli, le Deutilia et le Kabou 3 dans la partie occidentale de la Nigritic-Centrale (le Soudan-Occideutal de nos cartes), les Ca andingo sont la nation la plus nombreuse du ci-devant empire de Bambara, dont ils e étaient le peuple dominant avant son partage; ils possèdent aussi le Kankan, le Samba. tikilia, le Time ct autres pays. Les Sousou, nation assez civilisée, qui occupe la côte de la Nigritie-Occidentale (Sénégambie ) comprise entre le Rio Nunez et le Kissi, ainsi que d'autres parties de cette contrée, | Les Fouraus ou F£tLaran, dits aussi Foulans , Fellans, Poules, ete., nation très nombreuse ettrès puissante, répandue dans presque tous les états de la Nigritie-Occidentale (Séné. grmbie), où elle possède le Fouta-Toro ; le royaume de Bondou , le Fouta-Djalo (loutajalon), le Fouladou ct le Brouko ; duns la Nigritie-Centrale (le Soudan de nos cartes), elle occupe le Ouasselon, le Sangara et autres contrées, ainsi que le vaste empire des Fellans ou Follatah sur lequel règne Bello. . Les DyaLoNKés, qui forment une partie considérable de la population du Fouta-Djalo (Fouta-Diallon), du Kouronia , du Baleya, du Firia, du os , du Soulimana , du Bouré Les Kissouns, dans le royaume de Tombouctou, dans la Nigritie-Centrale (Soudan). Les Kazannas, dans le royaume de Kalanna, dans la Nigritie-Centrale. Faminte Haoussa : les Haousses qui composent la masse principale de la population di, provinces de Cachenah, Gouber, Kano, Doury et autres du Haoussa, vaste contrée qui forme le noyau de l'empire de Fellans ou Fellatah. Les YanR1SANT, qui sont la nation dominante dans le vaste royaume de Yarriba. Les Mawnanas, dans le royaume de Mandara, dans la Nigritie-Centrale (Soudan). Les Bacusameus ct les Mossas, qui sont les nations dominantes des deux royaums de Baghermeh et de Mobba dans lu Nigritic-Centrale (Soudan). | FamiLce BoRNoOUANz : les Bornouans , qui forment la masse pianpels de la population du Bornou proprement dit, et de quelques autres districts aujourd'hui séparés de l'empire de Bornou.

Les Timmanies, établis depuis l'embouchure du Grand-Scarcie jusqu'au cap Shilling; c'est sur leur territoire que se trouve la colonie anglaise de Sierra -Leone. ; Les Douiram, au sud-est des précédens, le long de la côte jusqu'aux frontières du royaume de Cap-Monte, et répandus très avant dans l’intérieur et sur les îles voisines | FAMILLE AUHANTIE : les Achantis (Ashuntees), nation dominante dans l'empire d’Achanti, et les peuples établis dans la plupart des royaumes qui en sont tributaires ou vassaux. FamiLze Dacoumna : les Dagoumbas dans le royaume de Dagoumba (Dagwumba), vassal de l'empire d’Achantie.

Les AkkRAS ou Inkrans, dans le royaume de ce nom ; ils sont tributaires des Achantics. Les KeRRAPtES (Kerrapces) , nation assez nombreuse, partagée entre plusieurs petits états Presque tous tributaires des Achantics, ; FaMiLre ARDRaAn : les Dahomeys, dans le royaume de Dahomey proprement dit, dont ils sont la nation dominante; les Judahs, dans le royaume de Judah, tributaire de celui de Dahomey ; les Ardrahs, dans le royaume d’Ardrah, tributaire de celui de Yarriba:

les Benins, dans la plus grande partie du vaste royaume de Beniu, dont ils sont la nation dominante,

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Fami Kavuri les or 4 (Kaylees) et les Gungoumes, dans les royaumes de Kayli et de Gungoume dans l'intérieur de la côte de Gabon.

Faumruse Coxco : les habitans du Congo proprement dit, du Sogno (Sonho), du Cacongo , du Loango, du Mayumba , de l'Oando, ete., qui parlent différens dialectes de la langue congo: les habitans du Ho, du Cancobella et du Sala, dont la langue est un mélange de l’abounda et de la congo ; M, Douville nous représente le Sala comme un der plus puissans états de cette partie de l'Afrique ; nous ajouterons qu'il correspond à l'Ansico et au Micoco des anciens voyageurs et de nos cartes. Les Molouas , dont le vaste royaume nous paraît être la puissance indigène prépondérante de toute l'Afrique au sud de l'équateur ; les habitans du Moucangama, du Muchingi, du Humé, du Cassange, du Cutato, du Ginga, du Holo-ho, dn Baïlundo, du Bihé et ceux du royaume d due soumis aux Por tugais ; tous ces peuples parlent des dialectes de la langue abounda, M. Douville regarde les Molouas comme la souche de cette grande branche de la famille Congo ; il les range avec les Bihé au premier rang parmi les Nègres par leur intelligence et leur industrie.

Famrese DenGuera : les habitans du Benguela , saumis aux Portugais ; ceux du Quisama , du Libolo, dun Quigné, du Nano, du Humbé, du Monganguela et autres pays ; ces pou ges selon M. Douville, parlent des dialectes ou des langues qui appartiennent à cette

amie,

La RÉGION DE L'AFRIQUE-AUSTRALE offre les familles ou souches suivantes :

Famisce Carre: les Moussas, les Tambouhi et les Mamboukki, dans ia Cafrerie Maritime; les Betjouanas subdivisés en Briquas, Tammahas, Barrolongs , les Macquinis , les Morolongs et les Gokas, dans la Cafrerie Intérieure,

Fomce Horrentore : les Coranas, les Gonaaquas, les Namaaquas, les Dammaras et autres peuples, qui sont les Hottentots proprement dits; ils demeurent dans la colonie du Cap-de-Bonne-Espérance et dans la Hottentotie-Indépendante, Les Saabs dits communément Bosjemanns ; c'est le peuple le plus sauvage et Le plus abruti de l'Afrique Australe ; ilerre sur les frontières septentrionales de la colonie du Cap.

La RÉGION DE L'AFRIQUE-ORIENTALE offre les familles ou souches suivantes, dont plusieurs cependant snpartiennent aussi, par la position du vaste territoire qu’elles oc= cupent, à la Région du Nil, comme les Galla, et à la Région des Nègres, comme les Nineanaï et les Gingiros.

Fame Monomorara : les Mongas, qui demeurent aux environs de Sena, dans l'Afrique Orientale Portugaise ; les Bororo, entre Sena et Tetez les Movisas ; les Maravi, qui sont actuellement la nafion la plus puissante du ci-devant empire du Monomotapa. Les Macouas, peuple nèg'e très puissant, qui vit à l’ouest de Mozambique, le long de la côte de ce nom et dans l'intérieur ; il paraît s'étendre au nord jusqu'aux environs de Melinde, et au sud jusqu'à l'embouchure du Zambèze. Les Monjous, une des nations nègres les plus aides; ils virent dans l’intérieur à côté des Macou:. méridionaux, Les Sowaiel on Sowauli, nation nègre très puissante, répandue le long de la côte depuis Magadocho (Magadoxo) jusque vis-à-vis Mombaza,

Famtute GaLra : les Galla, nation nombreuse, puissante ct célèbre par ses incursions et ses conquêtes ; c’est aujourd’hui le peuple dominant dans une grande partie du cidevant empire d'Abyssinie; les Galla paraissent occuper aussi tout le pays qui s'étend depuisles limites méridionales de l’Abyssinie jusqu'aux frontières occidentales des états situés le long de la côte entre Melinde et Magadocho, Les Mouzimbos où Zimbes, appelés aussi Maroucæ, mation nomade qui paraît errer sur les vastes espaces arrosés par le cours supposé du Zelbi (Zebee); elle a acquis une funeste célébrité par ses terribles incursions faites vers la fin du xvi* siècle ct poussées jusqu’à Melinde et à Quiloa.

Les Somauuts, le long de la côte d’'Aden et répandus dans l'intérieur du grand triangle qui forme cette partie de l'Afrique, et dont le cap Gardafui peut ètre regardé comme le sommet,

Les GiNGrros qui habitent le royaume de Gingiro, que d’anciennes relations placent an sud des montagnes de l'Abyssinie et sur les rives du Zebi,

Les NiNEANAï qui occupent le pays de Bomba, visité dernièrement par M. Douville. Cette identité de nom, combinée avec la position que lui assigne ce voyageur, nous paraissent être des motifs assez forts pour nous engager à regarder ce pays comme identique an Mani-emougi, sur lequel les plus célèbres géographes n'ont proposé jusqu'à présent que des doutes ou des conjectures. C’est le Mohenemugi de Battel et le pays des Viemiemay de Dapper.

Outre ces al qu’on peut regarder comme indigènes de cette partie du monde, l'Afrique en possède plusieurs autres qui, à différentes époques, s’y sont établis, et dont quelquesuns sont devenus même très nombreux et puissaus. C’est ainsi que les peuples de l’Abys-

sinie qui parlent les langues gheez ou tigré dans le royaume de Tigré, et amhara, dans

les royaumes d'Amhara, d'Aukober, d'Angote, dans la province de Lasta et autres,

eme nanas appartiennent incontestablement à la sonche SÉMITIQUE et paraissent s’y être fixés bien avant les temps historiques. Les Arabes à une époque très ancienne, et plns tard, pen. dant les grandes conquêtes des premiers successeurs de Mahomet, envabirent la Région da Nil et cells du Maghreb (Sahara-Atlas) et de là se répandirent dans la Nigritie (Soudan), où on les trouve en grand nombre; dans la suite des temps, ils sont parvenus à intro. duire exclusivement leur langue dans plusieurs contrées, telles que l'Egypte, une grande partie de la Nubie, surtout le long du Nil dans les pays de Chendy, de Damer, de Scheygya, etc., dans toutes les villes des États Barbaresques, dans une grande Partie des campagues qui les environnent et dans la partie occidentale du Sahara ; cette vation s'est aussi établie dans quelques états de la Nigritie-Occidentale (Séné,ambie) et dus plusieurs états de la Nigritie-Centrale (Soudan), tels que le Dar-Four, le Mobha, le Fa ghermeh, l'empire de Bornou et même de l'empire des Fellans; on rencontre encore Arabes sur presque toute la Côte-Orientale, dans les îles qui en sont voisines, dans le groupe des Comores et sur la côte occidentale de la grande île de Madagascar. Plus tard les Osmanlis, qui appartiennent à la soucue asiatique TunQUE, se sont établis comme nation dominante dans la partie inférieure de la Région du Nil et dan: les ré. gences d’Alger, de Tunis et de Tripoli dans la Région du Maghreb.

Les Madecasses ou Malgaches , qui forment la grande masse de la population de l'ile de Madagascar ; ils appartiennent incontestablement à la grande soucHe MALATE que now verrons répandue d'un bout à l’autre de l'Océanie; mais leur arrivée dans cette ile est antérieure aux temps historiques. Nous indiquerons ailleurs les principaux peuples entre lesquels cette nombreuse nation est partagée.

L'Europe, depuis les Grecs et les Romains, et ensuite à l'époque des grandes découverte gcographiques et depuis Jors jusqu'à nos jours, a fourni beaucoup de ses habitans à l'Afrique : les Portugais, les Espagnols et les Franca’ qui appartiennent à la soucue Gréco-Larine; et les Anglais, les Hollandais, les Danois et les Anglo- Américains qui sont compris dans la FauiLrE GRRMANIQUE, sont les seuls peuples européens ou d'ori. gine européenne qui possèdent des établissemens en Afrique.

RELIGION, Le Féricmisme est la religion du plus grand nombre des habitans de l'Afrique, puisque c’est la religion que professent encore presque tous les Nègres, que peuplades de la famille Atlantique et presque tous les indigènes de Madagascar. Ces nations abruties, qui voient dans les objets les plus communs qui les environnent des sujets de leur adoration, paraissent généralement admettre un Lor et un mauvais principe ; ils ont des jours heureux et malheureux; levrs prêtres sont des jongleurs adroits qui prétendent préserver les hommes et les animaux de l'influence des mauvais esprits. Quelques-uns de ces peuples ont un fétiche national et suprême : les Ouidah ou Widah , par exemple, adorent le serpent; un ordre de prêtres et des jeunes filles sont destinés à servir ce monstre dans une espèce de temple, où il est somptueusement nourri. Les féroces Bissagos adorent le coq ; les Benin, qui regardent leur propre ombre comme un fétiche, ont pour idole principale, outre leur roi, un lézard. Le fétiche principal des Achanties est le JSleuwve Tando, celui des habitans du Dankas, le feuve Cobi, tandis que le Rto-Foita ou Adirray (Adieri) l'est des habitans d’Odentie. Dans l’'Akkra la ïéne ; à Dixcove ct Anamabou , l'alligator; à Ussue, le chakal, et par tout l’Achantie, le vautour, sont adorés comme des divinités. L'iguana est le grand fétiche des Bonny et le requin celui des Calabars, tandis que celui des Dahomey est tantôt un léopard et tantôt une panthére , auxquels on immole tous les ans des victimes humaïnes. Les nègres , qui habitent près des cataractes de la Bousempra sur la côte d'Or, révèrent ces cascades comme leur idole suprême, et les Agows, qui demeurent près des sources du Nil en Abyssinie, sacrifient depuis un temps immémorial au génie de ce fleuve. Les récits du Maure Sydy Hamed nous représentent les habitans de Wassenah adorant la lune, ainsi que plusieurs peuplades de la Nubie et d’autres contrées de la Région du Nil et de l'Afrique-Intérieure ; ceux des environs

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du cap Mesurado en Guinée adorent le soleil, Des arbres , des pierres, la lune et quelques astres sont les objets du culte des féroces et puissans Galla. Quelquefois les Nègres se font des idoles à facc humaine , et le capitaine Tuckey et le docteur Smith furent surpris de voir ces idoles avoir, sur les bords du Zaïre dans l'intérieur de l'Afrique, des figures européennes et ressembler aux Egyptiens, ou plutôt aux antiques figures des Etrusques. Les Betjouanas ont une espèce de pontife qui est la personne la plus importante après le roi. À Dagoumba il y a un oracle très renommé, ce qui rend cette ville de la Guinée-Intérieure l’entrepôt d’un grand commerce. Les Jagas de Battel qui, d'après ce que nous avons dit ailleurs, étaient purement des nations appartenantes à la famille congo, commandées par des chefs portant le titre de Jagas , avaient un grand-prêtre qu'ils nommaient Chitome ; ils le révéraient comme les Kalmuks et les Tibetains adorent le Dalaï-lama; ce pontife demeurait dans un pays réputé saint, et près d’un temple, où l’on entretenait toujours un feu sacré avec le plus grand soin. La religion du royaume de Magadocho paraît être un mélange de mahométisme et de paganisme. L'idolätrie, mélée avec quelques notions sur des bons et des mauvais anges empruntées aux Arabes, paraît lormer les différentes croyances religieuses de peuples de Madagascar. A Noki, dans le Loango , on voit un mélange monstrueux de christianisme et de fétichisme. Nous ajouterons ici quelques faits curieux que nous devons à l'obligeance de M. Douville. Selon ce voyageur les Cassange, les Molouas, les Muchingi, les Moucangama et autres peuples de la Nigritie-Australe réunissent, comme tant d’autres nations de la Nigritie-Centrale, aux superstitions de l’idolâtrie l'horrible pratique des sacrifices humains » et ce qui est encore plus extraordinaire, quoique très hospitaliers et d’un caractère doux, ces peuples sont anthropophages. Cette bizarrerie atroce est chez eux la conséquence d’une croyance religieuse. Nous avons vu à la page 694 qu'une superstition à-peu-près semblable engage les Bhinderwas à tuer et à dévorer leurs parens malades ou les vieillards infirmes ; nous verrons plus loin que chez les Battas, une des nations les plus policées de l'Océanie, l’anthropophagie est recommandée par leur code criminel. A quels horribles travers d'esprit n’est pas exposé l’homme lorsqu'il est abandonné à lui-même ! Chez les peuples du Congo que nous venons de nommer , les sacrifices humains, dit M. Douville, n’ont lieu qu’à l’occasion de l'avènement au pouvoir d’un souverain ou de quelque grande maladie épidémique. La victime est toujours choisie hors du pays et autant que possible à une grande distance du lieu du sacrifice ; elle doit être un jeune homme ou une jeune fille, et doit ignorer le sort qui l'attend jusqu’au moment d’être immolée. La peine de mort attend irrévocablement celui qui le lui révèlerait. Dans l'intervalle on en prend le plus grand soin et on tâche même de l'engraisser par tous les moyens possibles. Le moment fatal arrivé, on la tue subitement au milieu de la plus grande solennité et en présence du roi, des nobles et de tout le peuple convoqué dans ce but. Son corps est ordinairement coupé en quatre parties et grillé immédiatement pour être distribué aux assistans selon leur rang, et mangé sur-le-champ.

La Rez1GION ManomëTanr est après l’idolâtrie celle qui compte le plus grand nombre de disciples. Elie est dominante dans tous les grands états de la Région du Maghreb ; dans la meilleure portion de la Région du Nil, c’est-

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892 ABRÉCGÉ DE GÉOGRAPHIE.

à-dire l'Egypte, la plus grande partie de la Nubieet dans la, odytique, quoique dis cette dernière contrée les Ababdès soient de inshométans peu rigides, et que les Danakil n'aient ni prêtres ni mosquées. L'Islamisme est aussi la religion que professent les habitans de plusieurs états de la Côte-Orientale; et une grande partie de la population de l'empire de Bornou, du Dar-Four, du Mobba, du Baghermeh, de l'empire des Fellans ou Fellatah, des royaumes de Ten-Boktoue (Tombouctou), du Bas- Bambara, du Pays des Dirimans et autres contrées de la Nigritie-Centrale (Soudan). Les Foulahs du Fouta-Toro et du Fouta-Djalo, presque tous les Mandingo et les Sousous sont non-seulement mahométans, mais le sont même avec beaucoup de fanatisme. Les Mandingo ont propagé l'islamisme jusqu’à Sierra-Leone d’un côté, et de l’autre jusqu’à Dahomey. Il faut cependant faire remarquer que les Mandingo du Dentilia sont encore idolätres, ainsi que la grande masse des habitans des pays où ils ne sont que la nation dominante; et que les Foulahs du Ouasselo (Ouassellon) et du Sangarari sont encore païens. La plupart des habitans du royaume de Cayor dans la Sénégambie professent l'islamisme, tandis que la famille royale est encore édoldtre ; d'un autre côté la masse de la population du royaume de Dagoumba (Degwumba) adure les fétiches, maïs le roi et les principaux personnages de sa cour suivent les préceptes du Coran; enfin, un petit temple en pierres, qui peut-être existe non loin du lac Djébon (Dibbie) dans la Nigritie-Centrale (Soudan), remplace pour une partie des mahométaus de l'Afrique le fameux pélerinage de la Mecque. Le CHRISTIANISME compte un assez grand nombre de croyans, mais ils sont partagés entre différentes églises. Appartiennent à l'Eglise Grecque ou Orientale tous les Coptes où Monophysites de l'Abyssinie, où ils forment la grande masse de la population et presque tous les 80,000 individus Coptes qui, selon M. Scholz, vivent actuellement dans l'Egypte. Mais nous rappellerons que le christianisme des Abyssins est mêlé à beau coup de pratiques et de superstitions, restes du paganisme. Le serpent est chez eux en grande vénération, et selon Pearce, celui qui tue un de ces reptiles sacrés est puni de mort. Vient ensuite l'Eglise Catholique, à laquelle sont attachés les habitans de l'Afrique-Espagnole, un nombre assez considérable de ceux qui vivent dans l’Afrique-Portugaise et Française, et quelques Coptes en Egypte. Appartiennent aux Eglises Luthérienne ct Calviniste, une partie de ceux qui demeurent dans les colonies Anglaises, Danoises, Hollandaises et Anglo-Américaines de l'Afrique.

Les Jupaïsme est professé par un grand nombre d’Israélites répandus dans les ‘Etats Barbaresques , l’Afrique-Ottomane et l'Abyssinie. Le Macisme compte quelques Guébres établis à Mosambique, où ils font les plus importantes affaires commerciales. GOUVERNEMENT. Toutes les formes de gouvernement avec leurs nuances différentes se trouvent en Afrique. Le petit état arabe de Damer, dans la Nubie, offre une théocratie monarchique ; le Fouta-Toro et le Fouta-Djalo (Fouta-Dialon), dans la Nigritie-Occidentale (Sénégambice), des théocraties oligarchiques ; et le nouveau royaume de Sous, dans la région du Maghreb, une oligarchie féodale. Nous ajoutcrons que l'islamisme adopté par les populations noires les pousse à renverser leurs monarchies absolues et guerrières, pour leur substituer des gourernemens

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theocratiques avec des formes oligarchiques. L'empire de Bornou présente la singularité d’un scheikh guerrier, qui est le véritable souverain, et d'un sultan, qui jouit des honneurs attachés au trône, mais dont l’autorité est nulle; c’est à-peu-près ce que nous avons vu au Japon. Le gouvcrnement de Maroc, de Benin, du Yarriba, du Bourb-lolof, de Bondou, du Dar-Four, de l’empire des Fellans et d’un grand nombre d’autres pays est despotique. Le royaume de Dahomey gémit même sous un despotisme comme on en trouve peu d'exemples sur le globe; tous les premier-nés mâles appartiennent au roi, qui les fait élever publiquement; ce monarque a même le monopole de toutes les femmes de son royaume , et chaque nègre qui veut se marier doit lui payer 20,000 cauris pour recevoir une épouse. Le roi de Moropua est peut-être le plus absolu de tous les monarques de la terre, puisqu'il prescrit à ses sujets même le temps pendant lequel ils doivent s'amuser. Plusieurs souverains de la Guinée et celui de Gingiro dans l’Afrique-Orientale exercent sur leurs sujets le pouvoir le plus absolu; pour satisfaire leur cupidité, ils envoient leurs satellites voler des hommes dans les habitations qu’il leur plaît de choisir, et livrent eusuite ces infortunés aux marchands en échange des objets qu'ils veulent acheter. Les peuples de l’Abyssinie , les Ovas (Hovas), les Antancayÿes , les Seclaves et autres de race malaisienne, à Madagascar , gémissent sous le double joug du despotisme et du régime féodal. Dans cette île, comme dans la Polynésie, le droit de tuer certains animaux et de manger certaines viandes est réservé aux classes supérieures. Nous rappellerons même que les Guanches des Canaries étaient jadis opprimés par le gouvernement féodal le plus tyrannique; leurs achimenceys ou nobles étaient Les seuls qui eussent le droit de posséder des terres.

Le sultan du Mobba ou Saley, dans la Nigritie-Centrale (Soudan), et celui d’Anjouan, dans l’archipel de Madagascar, ne jouissent que d’une autorité très bornée, Dans le Bambouk et en beaucoup d’endroits le long des côtes de la Guinée, les principaux chefs des villages forment, à côté d'un monarque électif, des aristocraties turbulentes et désastreuses. Le puissant royaume d’Achanti offre une monarchie mélangée d’aristocratie , dont le pouvoir suprême réside entre les mains d’un roi, de quatre chefs et de l'assemblée des capitaines. Le gouvernement de Sennaar avant les derniers évènemens était absolu , quoiqu’un conseil des grands de l’état eût le droit de déposer le roi et même le condamner à mort. Le gouvernement des Mandingo du plateau de la Sénégambie est républicain, tandis que dans leurs colonies 1l est aréstocratique, et dans leurs pays conquis il est monarchique limité par un conseil de vieillards. Les Sousous forment une sorte de confédération républicaine , remarquable par le pourrah, association secrète, semblable au tribunal vehmique du moyen âge, et destiné à maintenir l’ordre et la justice; cette singulière institution ressemble beaucoup au belli-paaro des Sokkos. Les florissantes villes de Cavally et de Lahou , sur la côte de l’Ivoire , celle de Bonny sur la côte des Esclaves et le Pays des Camerones, sont des républiques oligarchiques. La grande famille des peuples cafres est régie en général par un gouvernement monarchique modéré; chaque tribu a ordinairement son chef héréditaire. Plusieurs tribus des Chillah {Shillahs), qui vivent dans l'empire de Maroc et dans l’état d’Alger, sont régies par des roitelets dont l'autorité est très bornée. Le gouvernement des différentes tribus qui errent dans la Troglo+

ns la odytique, ent dus snhometans osquées. L'Islamisme plusieurs états de la de l'empire de Borl'empire des Fellans bouctou ), du Basde la Nigritie-Cen- Fouta-Djalo, presque mahométans, mais le go ont propagé l'islajusqu’à Dahomey. Il 1 Dentilia sont encore es pays où ils ne sont asselo (Ouassellon) et bitans du royaume de tandis que la famille e de la population du es, maïs le roi et les ptes du Coran; enfin, on loin du lac Djébon ce pour une partie des a Mecque, bre de croyans, mais rtiennent à l'Eglise hysites de l'Abyssinie, resque tous les 80,000 lement dans l'Egypte.

yssins est mêlé à beau paganisme. Le serpent e, celui qui tue un de Eglise Catholique, Espagnole, un nombre ue-Portugaise et Franent aux Eglises Luqui demeurent dans les Anglo-Américaines de

re d’Israélites répandus et l’Abyssinie.

à Mosambique, où ils

puvernement avec leurs it état arabe de Damer, >; le Fouta-Toro et le identale (Sénégambie), me de Sous, dans la réajoutcrons que l'islae à renverser leurs motuer des gourernemens

dytique est patriarcal , comme celui des Arabes Bédouins et de la plupart des tribus maures du Désert. Le Borgou forme une espèce de comfédération de petits rois, dont celui de Boussa est le chefprincipal ; cela ne les empéche pas de se faire quelquefois la guerre entre eux. Les nations noires de l’île de Madagascar , tels que les Antavarts, les Bestimesseras, les Antaximes, les Ambanivoules, etc., forment en quelque sorte des républiques , où l’'autorité suprême réside, dans les cabares où assemblées publiques ; les conquêtes de Radam: ont modifié cette forme de gouvernement dans les territoires qu’il a réunis à son royaume , et qui sont maintenant gouvernés par sa veuve. Les Etats Barbaresques présentent sous différentes formes toutes les nuances du despotisme et de l’anarchie militaire. Les Quaquas, qui demeurent à l’est du cap Lahou dans la Guinée, sont divisés en castes comme les Hindous et les anciens Egyptiens. Tandis que les Arabes d'Egypte sont très attachés à la distinction des rangs transmise par leurs ancêtres, les Turks et les Mamelouks, que le vice-roi d'Egypte a détruits depuis quelques années, n’estiment que les qualités personnelles; la même opposition se retrouve parmi les Maures et autres peuples qui n’admettent aucune distinction fondée sur la naissance, et païini les Abyssins, les Malais de Madagascar et autres nations, chez qui la naissance donne les plus grands privilèges à certaines classes. Nous verrons dans la description de l'Egypte le gouvernement que Mohamed-Ali vient de donner à ce pays classique.

Les observations sur le gouvernement des peuples de la Nigritie-Méridionale que nous devons à l’obligeance de M. Douville sont trop neuves et trop piquantes pour ne pas trouver place dans cet article. Tous les principaux peuples de cette vaste contrée ont un gouvernement monarchique plus ou moins remarquable par ses formes. Le souverain gouverne d'après des lois fixes, mais il est lui-même sous le joug de ces lois, parce que les grands de l’état peuvent convoquer le peuple en assemblée générale, pour le déposer s’il y manque. Chez les Dembos , comme chez plusieurs autres peuples de cette partie de l’Afrique , la roblesse est la récompense de certaines actions déterminées. La couronne est héréditaire , mais avec restriction : si l'héritier a commis quelque action avérée, qui le rende indigne de gouverner, les deux premiers nobles , qui ont le titre de censeurs et dont le pouvoir est très grand, peuvent convoquer le peuple en assemblée générale; celle-ci juge l'affaire à la majorité des voix, et si le crime est prouvé, elle prononce la déchéance et choisit à la majorité un autre successeur. Le choix tombe ordinairement sur l'individu dont le

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mérite est le plus éclatant. Dans cet état ainsi que dans plusieurs autres, les B le peuple paie un tribut si modique, qu’il ne suffit pas à la subsistance celle: de la famille et de la cour du souverain. Plusieurs de ses femmes sont qui s obligées de se méler au reste du peuple pour cultiver quelque coin de ques terre. D'ailleurs, celles des nobles travaillent pour subvenir à l'entretien et or de leurs maris, qui, dit ce voyageur, n’ont acquis avec le titre de no- Cons blesse, ni le droit de vexer le peuple , ni la possession des terres qui ap- d'ore partiennent au souverain; celui-ci les distribue à chacun selon l’étendue pierr qi peut en cultiver. Dans le gouvernement de presque tous ces pays le ct

roit d'élection appartient au peuple ; chez presque tous, la souveraineté bles, est intronisée dans la personne de celui qui en est reconnu le plus digne. parti

INDUSTRIE. Quoique les nations les plus policées de l'Afrique soient veme

bien loin «'égaler celles de l'Asie sous le rapport de l’industrie , elles ne sont pas en général aussi abruties qu’on le croit communément, Les Ovas de Madagascar paraissent être le peuple le plus industrieux non-seulement de cette grande île, mais aussi de toute l'Afrique, l'Egypte et les états Barbaresques seuls exceptés; ils travaillent les métaux presque aussi bien que les Européens, et contrefont avec la plus grande facilité la plupart des objets de fabrique étrangère qu’on leur montre; ils font des étoffes très belles et d’une longue durée, et ces toiles de calin qui sont si estimées. Les habitans des principales villes de l'Egypte et des états Barbaresques, des royaumes d’Ardrah, de Dagoumba, des empires d’Achanti, de Bornou et autres états exercent plusieurs métiers et excellent dans la fabrication de plusieurs étoffes et dans la préparation des peaux; le district de Tafilet et plusieurs villes de l'empire de Maroc, ainsi que le Kachenah dans l'empire des Felans (Foulans), sont renommés par la beauté de leurs maroquins et par la préparation des peaux. Depuis quelques années surtout, les filatures de coton de Damiette, Mansourah, Mahallet-el-Kebir, Fouah, Benelasul, Mitcamer, etc., dans la Basse-Egypte ont acquis une grande importance. A l’île de Zerbi, dans l’état de Tunis, on fait des étoffes de laine, de lin et des châles, qui sont recherchés dans tout le nord de l'Afrique. Les Nègres sont en général mauvais chasseurs, excellens pécheurs , assez bons forgerons et habiles orfèvres ; ils savent donner à l’acier une bonne trempe et réduire le fil d'or à une extrème finesse. Les Foulahs ou Foulans et les Sousous ‘fondent le fer et l'argent , travaillent très habilement le bois et la peau, et tissent des étoffes. Chez les Bamboukains, les Eyos (Eyéos), les Kaylis (Kaylees), les Bornouans, les Baghermch et plusieurs autres peuples, l’art du tisserand est porté à un certain degré de perfection. Les habitans de Loggoun dans l'empire de Bornou fabriquent les toiles de coton les plus belles et du tissu le plus serré de tout ce vaste état. L'orfèvrerie de tout l’Achanti, du Dagoumba, de Chendy, de Djinie, de Tombouctou et d’autres contrées et villes de l’intérieur de l'Afrique jouissent d’une grande célébrité sur tout ce continent; leur travail est d’un fini admirable et ressemble aux ouvrages de filigrane. Les Betjouanas sont assez bons forgerons, armuriers, potiers et sculpteurs ; les Maquinis, qui appartiennent à la même souche, sont encore plus avancés; ils travaillent le fer, le cuivre et l’ivoire. On dit que les habitans de Haoussa fabriquent eux-mêmes leurs fusils. Les Mayomba dans le royaume de Loango, les Molouas, les Bororos, les Maravi et autres nations de l’Afrique-Transquatoriale, exploitent des mines de cuivre qu'ils savent travailler. Les Molouas, les Bihé, les Holo-ho et autres peuples de la Nigritie-Méridiouale, excellent surtout dans la fabrication des pagnes, des nattes et des corbeilles qui sont exportées dans tout l’intérieur de cette partie de l'Afrique. Quelques tribus des Maures du Sahara sont d’assez bons tisserands , armuriers et orfèvres. Les habitans d’Ouidah dans la Guinée, et les Molouas dans le Congo, savent même tailler les pierres fines pour en faire des pendans d'oreilles, des bracelets, etc. On dit qu’à Bornou il y a des graveurs en pierres fines et en cachets.

COMMERCE. Malgré les obstacles que le manque de fleuves navigables, les montagnes et les déserts opposent au commerce en Afrique, cette partie du monde n’en offre pas moins dès la plus haute antiquité un mouvement commercial intérieur très vaste, et qui forme un des traits les plus

ns et de la plupart ce de confédération ela ne les empêche ions noires de l’île as, les Antaximes, publiques , où l’auubliques ; les connent dans les terrinant gouvernés par entes formes toutes Les Quaquas, qui t divisés en castes ue les Arabes d'Esmise par leurs anl'Egypte a détruits sonnelles; la méme les qui n’admettent Abyssins, les Maance donne les plus is la description de e donner à ce pays

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les Auvergnats, les Tyroliens, les Gallegos, les habitans du Frioul, du pays de Foulda et autres montagnards actifs et laborieux.

Les villes les plus importantes de l'Afrique sous le rapport du commerce sont : Fez, Maroc, Mogador et Tanger, dans l'empire de Maroc ; Alger, maintenant dans l’Afrique-Française; Tunis et Tripoli, dans les états de ce nom; Mourzouk et Gadamés, dans l’état de Tripoli; le Caire, Alexandrie, Chendy, Damer, Sennanr, Souakin, Cosseir et Massouah , dans l’Afrique-Ottomane; 4dowa, dans l’Abyssinie; 4wgornou et Bornou, dans l'empire de Bornou; Xano, Sackatou et Kachenah, dans l'empire des Felans ; Aouffa , dans le Nyffé; Coummassie, Grand-Bassan , Cap-Lahou, Yandy, etc., dans l'empire d’Achanti; Tombouctou, Djinie, Sego, Sansanding, Kankan, etc., dans la Nigritie-Centrale-Occidentale; Bonny, Calabar , etc., dans la Guinée ; Cassange, Yanvo, Bihé, Baïlundo, Missel, Holo-ho, etc., dans l’intérieur, et Cabinda, Ambriz, etc., etc., sur la côte de la Nigritie-Méridionale (Congo); Saint-Louis (Séuégal), et Saint- Denis (ile Bourbon), dans l’Afrique-Française ; Free- Town, Cap-Corse, Le Cap et Port-Louis (ie de France), dans l’Afrique-Anglaise; Orotava et Santa-Cruz , dans l'Afrique-Espagnole; Funchal, Praya, Saint-Paul de Loanda, Bengucla, Mozambique, etc., dans l'Afrique-Portugaise ; £lmina, dans l’Afrique-Hollandaise; Christiansbourg , dans l'Afrique-Danoise ; Berbera , dans le Pays des Somaulis; Tamatave, Foulepointe , etc., dans l'île Madagascar.

Les : aarchandises les plus recherchées dans l'intérieur de l'Afrique sont : les pistolets, les fusils, les sabres; les verroteries de Venise, dont on importe encore des quantités incroyables ; les étoffes grossières en laine, les soicries, la poterie, le cuivre jaune , les cotonnades imprimées, les mousselines rayées, le papier à écrire, le corail, les rasoirs, le sel, les parfums et les épices. Les principales mmponrarions dans les autres pays de cette partie du monde, outre presque tous les articles sus-mentionnés, sont : étoffes de l'Inde, châles , eau-de-vie, rhum , quincaillerie et en général un grand nombre d'articles des fabriques européennes. Les principaux articles d’exponrarion sont : poudre d’or, ivoire, riz, froment, gomme, poivre, plumes d’autruche, peaux non préparées, cuirs, maroquins , coton, indigo, dattes, séné, cire, aloé, cuivre, natron, sel, vin de Madère, des Canaries et du Cap, urzelle et plusieurs articles coloniaux des îles possédées par les Européens. Nous regrettons d’avoir encore à ajouter à ces articles celui des esclaves, qui avant l'abolition de la traite était la branche principale du commerce de l'Afrique, et qui, malgré toutes les défenses et les croisières, continue encore et se fait sur les côtes occidentale et orientale avec la plus grande activité; selon M. Gräberg, ce commerce infâme s’est même ouvert un nouveau débouché sur la Méditerranée par le port de Tripoli. Quant au commerce des esclaves qui a lieu par terre, non-seulement il continue toujours, mais il paraît même qu'il est devenu plus considérable depuis que celui qui se faisait par mer souffre des entraves. Plusieurs princes mahométans , tels que le scheikh de Bornou, les sultans de Baghermeh et de Dar-Four, ainsi que plusieurs autres ne sc font aucun scrupule d'attaquer les villages des nègres idolâtres pour en faire des esclaves et les vendre; cette chasse aux hommes est ce qu'ils appellent une ghazée, du mot arabe qui signifie guerre contre les infidèles ; mais ce qui est encôre plus horrible, c’est de voir les chrétiens

» est, jusqu’à un cers de l'Afrique. Sans ce continent, et des déjà mentionnés, il ans : les Serakhalés ie), où depuis longligence ; les Somauproduits de l’Abysrique avec ceux de rticulière comme on ans la Troglodytique resque tout le comt tributaires des Cales de l’intérieur du is, établis parmi les nt à ceux des Bohé- , ainsi que d’autres ne et le cap Palmas, e commerce ou bien péens, comme aussi ; (Kensi) faire dans rope les Savoyards,

nb innésshe né.

d’Abyssinie courir, eux aussi, sur les malheureux Changalla pour avoir rene des esclaves. qu'e L'Afrique qui vit s'élever sur ses côtes la superbe Carthage, la première l'AM puissance maritime de l’Ancien-Monde ; l'Afrique, qui vit ses ports rem- Ben plis de flottes nombreuses, qui lui assuraient la souveraineté des mers, be et dont plusieurs expéditions devaient découvrir de nouvelles contrées et pou ouvrir de nouveaux débouchés à son commerce; l'Afrique n'offre main- que tenant aucun peuple qui mérite le nom de puissance maritime. Les Afri- doll cains les plus civilisés ignorent à- peu-près la construction des vaisseaux, ces!

et les despotes barbaresques et le pacha d'Egypte doivent à des ingénieurs européens presque tous les bâtimens de guerre 4 possèdent. Les Bis-

sagos , les Bonny et quelque autre peuplade de la Nigritie-Maritime, les au féroces corsaires de l'extrémité septentrionale de Madagascar , sont, avec l'Af les Somaulis , les seuls Africains qui contaissent un peu la navigation; trie encore , à l’exception de ces derniers, qui sont de paisibles marchands, avol ce n'est que pour exercer la piraterie que ces peuples construisent quel- sem ques grands canots. Ceux des Bonny sont les plus forts ; ils peuvent porter em

140 hommes et ont souvent un canon de gros calibre monté sur l'avant. Fe Les corsaires qui vivent dans les îles du lac Tchad ou de la mer de Bornou L dans la Nigritie-Centrale (Soudan), ne sont pour ainsi dire navigateurs qu . que pour être les pirates de l’Afrique-Intérieure. a Parmi les différentes monnaies qui ont cours en Afrique, le sel, le tébbar nu et les cauris méritent de fixer notre attention; la première parce qu’elle l'anc nous rappelle l'enfance des sociétés et du commerce ; les deux autres par celle les grandes différences qu’elles offrent sous le rapport de la valeur qu'on Jui di leur accorde dans cette partie du monde, comparée avec celle qu'elles foyer ont dans les autres. Le tibbar ou la poudre d'or, Sons la plus grande partie pren se recueille dans la Nigritie-Centrale (Soudan), a cours sans exception ss dans presque toute l'Afrique, où dans les endroits les plus abondans en ie or, par exemple à Sansanding, la valeur de ce métal est à celle de l'ar- “fade gent comme à 1/2 à 1, tandis qu’au Japon elle est comme 12 à 1 et en nin, Europe comme 15 à 1. Le manque de mines de se/ dans plusieurs pays Cass de l'intérieur de l'Afrique, et la difficulté du transport de cet article si etau nécessaire à l’homme, en élève tellement le prix, que le sel y sert de mon- avoit aie dans un grand nombre de contrées. Dans le pays des Mandingo, par L, dé exemple, un morceau de sel, long de à pieds et 1/2, large de : Bied a de L pouces et épais de 2 pouces vaut, selon Mango-Park, 1 jusqu’à 2 livres voys sterling ou de 25 à 5o francs; dans le Dar-Kulla, selon Browne, 12 les E livres de sel équivalent à un esclave de quatorze ans; selon M. Salt, au peur marché d’Antalow dans le Tigré, à à 3 livres de sel ont la valeur d’un Kacl trentième de dollar; plus loin cette valeur auyinente à proportion de la Aral distance, jusqu’à ce que le sel y est changé, selon Alvarez, contre un quel poids égal d’or. Dans l’intérieur de la Nigritie-Méridionale (Congo), se- “ee lon M. Douville, un morceau de sel coupé en forme quadrangulaire et soil long de 8 à 9 pouces pesant environ 4 onces vaut de 2 à 3 francs. Les ÿ. cauris , dont la valeur est tout-à-fait arbitraire et qui remplacent le billon sint sur les bords du Gange, dans le Haut-Tibet et dans le royaume de Kaboul, sont la monnaie la plus commune dans la Nigritie-Centrale (Soudan et Guinée) et sur le plateau de la Sénégambie ; mais elles paraissent n’avoir

elles thag plus de cours dans la Nigritie-Méridionale, où M. Douville ne les a jamais

les E les 1

DESCRIPTION DE L'AFRIQUE. 839 mp mme teheniitemennemmmmemaneneanremn ve rencontrées dans les transactions commerciales. Ces jolies petites coquilles qu'on péche dans les parages des îles Maldives, ont dans l'intérieur de l'Afrique une valeur presque dix fois plus grande qu'elles n’en ont au Bengale ; dans cette dernière contrée 2,400 cauris équivalent à 1 shilling ou 25 sous de France, tandis qu'à Kachenah et à Sego il n'en faut que 250 pour représenter la même valeur. On doit ajouter que la principale monnaie courante de l’Abyssinie consiste en pièces de coton de la valeur d’un dollar : quand il s’agit de sommes moins considérables, on coupe ces pitces dans la proportion convenable.

ÉTAT SOCIAL DES AFRICAINS. Nous empruntons à notre 7Zableau Physique, Moral et Politique des cinq parties du Monde les fragmens suivans; ils offrent quelques-uns des traits principaux de la civilisation de FAIR: Réunis aux faits que nous avons exposés en parlant de l'industrie, du commerce, du gouvernement, de la religion et à ceux que nous avons intercalés dans les articles de la topographie, ils forment un ensemble qui nous paraît assez complet pour donner au lecteur le moyen de comparer sous cet important point de vue les peuples de l'Afrique avec ceux des autres parties du monde,

L'Afrique présente plusieurs grands foyers de civilisation indigène et quelques autres qu'elle doit à l'Europe et à l'Asie. Le premier et le plus ancien ; comme aussi le plus important, se trouve dans la Région du Nil. Là, avant les temps historiques, on voit les Egyptiens et les habitans de Méroë cultiver les sciences et les arts, dont il nous reste de siimposans monumens répandus le long du Nil et de l'Astaboras et dans les oasis voisines ; l'ancienne civilisation des plateaux d'Axum et de Gondar parait être une émanation de celle de Méroë, tandis que l’état social de la Basse-Nubie et de la Moyenne, ainsi que ce- Jui des oasis qui entourent l'Egypte paraissent être dûs à des colonies égyptiennes, Les autres foyers de civilisation indigène , qu'on trouve dans la Nigritie, ne méritent pas moins que le premier de fixer l'attention des philosophes. Le caractère particulier qu'offre l'état social rmi les Foulahs et les Sousous sur le plateau de la Sénégambie; les progrès faits par es Ardrahs et leurs voisins avant l'invasion des Dahomeyÿs, progrès qui les avaient élevés jusqu’à l'invention d'une sorte d'écriture qu'on pourrait comparer aux quippos des Pé- ‘ruviens ; la civilisation imparfaite qu’on observe che les habitans du Dahomey, du Benin, du Dagoumba et autres peuples dé la Guinée; celle des Molouas, des Bihé, des Cassange dans le Congo, des Movizas dans le Monomotapa, des Betjuanas, des Maquinis et autres dans l'Afrique Australe , donnent lieu de croire que ces peuples , qui paraissent avoir été exempts de toute influence-étrangère, ont suivi une direction particulière daus le développement de leurs facultés intellectuels, et n’ont avancé que très lentement vers la civilisation. Chez les Achantis, les plus puis sans et les plus policés de tous les peuples de la Guinée, on a remarqué des traditions, plusieurs usages et quelques lois, que le voyageur Bowdich crut pouvoir attribuer à d'anciennes liaisons avec les Carthaginois et les Egyptiens. Mais, selon nous, cette observation pourrait être appliquée à plusieurs autres peuples nègres de l'Afrique-Intérieure, Les habitans de Tombouctou, de Bornou, de Kachenah, de Haoussa et d’autres contrées de l'Afrique-Intérieure paraissent devoir aux Arabes, sinon tout, du moins en grande partie, l'état imparfait de civilisation dans lequel on nous les représente. Quant aux peuples anciens et modernes de la grande famille Berbere ou Atlantique, successivement en contact avec les Phéniciens , les Garthaginois, les Grecs et les Romains, et ensuite avec les Arabes, il est tout naturel de croire, que c'est à ces peuples qu’ils doivent les faibles progrès qu'ils ont faits dans la civilisation.

A ces deux espèces de civilisation indigène aous devons en ajouter deux autres qui sont étrangères à l’Afrique, où depuis les temps historiques et à quatre époques successives elles ont été importées par deux nations européennes et deux nations asiatiques. Les Carthaginois et plus tard les Arabes appartiennent à la famille Sémitique; les Grecs et ensuite les Romains sout compris dans la famille Greco-Latine, Mais les Carthaginois, les Grecs et les Romaius n'étendirent pas leur influence au-delà de la Région du Maghreb (Sahara-

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RER PERL RER résine aie Atlas) et de celle du Nil. Ce ne fut même qu'à partir du 14° siècle de notre ère, que le christianisme, faisant toujours de nouveaux progrès, s'établit sur les versans de l'Atlas, en Nubie, et dans l'Abyssinie où il domine encore en partie. Trois siècles après, les Arabes, animés de l'esprit de prosélytisme et de conquête, le coran d'une main et le glaive de l'autre, parcoururent toute la Région du Maghreb et toute la Côte-Orientale jusque au-delà de Sofala, en introduisant partout l'islamisme et l'imparfaite civilisation qui l'accompagne, Plus tard et successivement le zèle et la persévérance des missionnaires mahométans por. tèrent la religion de Mahomet bien au-delà du Djoliba et de la Gambie et parvinrent mème en plusieurs endroits à toucher l'Atlantique sans avoir encore pu franchir les hautes montagnes qui vers l'intérieur s'étendent au sud de la Région du Nil. On peut dire sans exagération que, jusqu’à ces derniers temps, c'est la langue arabe qui en Afrique a été presque le seul véhicule des connaissances et de la civilisation. Tous les Arabes du Désert apprennent fs à lire et à écrire; ils ont même une sorte d'enseignement mutuel pour instruire leurs enfans, ti Les écoles arabes du Caire, de Merawe, Dainer et du Dar-Four, dans la Région du Nil, celles mur du Bornou, du Borgou, du Baghermeh et autres pays de la Nigritie-Centrale (Soudan); E celles de Maroc, de Fez, d'Alger , de Tunis, etc., dans la Barbarie, sont les foyers principaux des connaissances répandues dans l'Afrique par cette nation , tandis que les écoles des Mandingo, des Foulahs, es Zolofs et des Sousous mahométans dans la Nigritie-Occidentale et Centrale (Sénégambie et Soudan), sont d'autres foyers de l'instruction importée sur ce Continent par ses partisans les plus zélés. On doit avouer que de même qu'en Asie les apôtres du bouddhisme, se répandant à-la-fois en Tartarie, au Tibet et ailleurs, cou tribuérent à adoucir les mœurs des peuples les plus intraitables, de même eu Afrique c'est aux missionnaires musulmans que l'humanité est redevable de l'abolition de l'anthropaphagie et des sacrifices humains chez plusieurs nations africaines. Ces véritables bienfaits, réunis aux imparfaites connaissances dans les arts les plus indispensables à la vie, qu'ils répandirent parmi ces peuples, contrastent douloureusement avec la conduite de certains princes mahométans et avec celle des peuples étrangers à la race nègre. Condamnée par les uus et par les autres à l'esclavage dès la plus haute antiquité, celte race malheureuse a été la victime de la double traite intérieure et maritime. Les résultats de ce commerce abominable furent la multiplication des guerres intestines et la démoralisation complète d'une race d'hommes susceptibles autant que les autres d'un grand perfectionnement social. Il est juste cependant de signaler les nobles efforts faits dans ces derniers temps par quelques philauthropes européens pour expier en quelque sorte tant de crimes. Dès l'année 1987 le vertueux Isert fonda la première colonie de nègres libres dans le pays d’Aquapim , sous les auspices du gouvernement danois, et introduisit pour la première fois parmi les nègres la charrue européenne, Flint, son successeur , en fonda une seconde plus près d’Akkrab , et l'on vit sa vertueuse sœur enseigner aux négresses à filer le coton, et une multitude d'autres travaux de femmes. Toute l'Europe a retenti des noms illustres des Granville, des Sharp, des Wadstrôm , des Afzelius, des Winterbottom , des Beaver, des Watt, qui eurent le mérite de fonder en 1787 la colonie des nègres libres à Sierra-Leone , et de l'éloquence des Wilberforce, des Clarkson et des Buxton, qui défendirent avec taut de chaleur la cause de la liberté des nègres. Après avoir surmonté mille obstacles, ces philanthropes eurent la consolation de voir leurs efforts généreux courounés d’un assez grand succès, malgré les obstacles opposés par un des climats les plus délétères que l’on connaisse, et ceux qu'apporta la continuation de la traite des nègres. Free-Town s'éleva sur les bords de la Sierra-Leone, et ses écoles et ses ateliers, peuplés par des centaines d'écoliers et d'apprentis nègres, devinrent un foyer d'instruction pour les Africains des pays limitrophes. Gloucester-Tuwn , Regent-Town , Thornton et autres petites villes s'élevèrent successivement dans ce cantan naguère inhospitalier , et devinrent avec Free-Town, au milieu des nègres abrutis , le siège d’un commerce assez florissant et d'une civilisation européenne. L'influence de ces établissemens se fit sentir bien loin , et de nouvelles colonies libres s'élevèrgnt en différens endroits ; les écoles de Kingstown près du cap Mesurado, d'Anamaboë, de Cap-Corse (Cape-Coast), d'Akkrah , de Dixcove, etc., furent ouvertes aux nègres libres depuis Sierra-Leone jusqu'aux frontières du Dahomey, Nous signalerons dans la description de l'Egypte tout ce que cette contrée classique doit de u0s jours à l'Europe. Nous verrons dans la description de la Nigritie les nobles efforts

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faits par la société philanthropique formée dernièrement au-delà de l'Atlantique; la florissante colonie de Liberia lui doit son existence et l'Afrique un nouveau foyer de civilisation. Plus bas, dans le pays des Hottentots, les intéressantes colonies de Griquatsw n et d'Hardeastle devinrent aussi un autre foyer d'instruction pour les nombreuses peuplades qui habitent le plateau de l'extrémité de l'Afrique-Australe, Les Français ne restérent pas indifférens à ces mouvemens philanthropiques de leurs rivaux , et les écoles de Gorée et de Saint-Louis, fondées depuis 1815 dans la Sénégambie , offrent déjà aux enfans des nègres limitrophes et des contrées de l’intérieur les premiers principes des sciences et des arts, Ils ne se sont pas bornés là ; M. Drovetti, ancien consul de France en Egypte, voulant mettre pour ainsi dire la barbarie et la civilisation en présence, a acheté quelques Ethiopiens , et les a envoyés à ses frais à Paris, pour qu'ils y fussent élevés ds les sciences d'Europe et ramenés plus tard dans leur patrie. Quelles ne doivent pas être les conséquences de tant d'efforts dirigés vers un but si noble!

Sans répéter ici la longue série des peuples abrutis qui conservent encore l'horrible pese de l’anthropophagie et les superstitions atroces que nous avons mentionnées aileurs, qu’il nous soit permis de rappeler quelques usages bebere, dont nous aurons malheureusement à signaler les analogues chez quelques nations de l'Amérique et de l'Océanie. L'exposition des enfans est permise aux guerriers galla. Les Madecasses noient impitoyablement tous les enfans qui naissent avec quelques vices de conformation , et toutes les femmes des Mamelouks, naguère dominateurs d l'Égypte, qui pouvaient se priver de l'avantage de devenir mères, le faisaient sans même y attacher l'idée du crime. Dans plusieurs royaumes de la Nigritie, à l'avènement de chaque roi, les veuves de son prédécesseur se tuent les unes les autres jusqu’à ce que le nouveau monarque mette un terme au massacre ; dans ces mêmes états, on mêle le sang humain à l'argile pour construire des temples en l'honneur des monarques. Parmi le plus grand nombre des nations des côtes de la Guinée, il est d'usage que les plus riches particuliers fassent, au moins une fois dans leur vie , des sacrifices humains expiatoires aux mânes de leurs pères. Dans ces occasions , qui sont toujours des époques de réjouissances publiques pour ces peuples féroces, on ceint quelquefois, par un raffinement de barbarie, le front des malheureuses victimes de tiges épineuses, qu'on enfonce bien avant dans les chairs, et, dans cet état, on les promène jaillissantes de sang par toute la ville, au milieu des cris et des insultes d'une populace effrénée jusqu'au lieu où elles doivent être immolées. Le roi de Lagos envoie de temps à autre uu homme masqué et bien armé, qui passe pour le diable, parcourir toutes les rues de la ville et tuer tous ceux qu'une chance fatale amène sur son passage ; dans la même ville, après l'équinoxe du printemps, on empale vivante une jeune fille pour se rendre propice la déesse qui préside à la saison pluvieuse. Des atrocités analogues se pratiquent dans plusieurs autres villes de la Nigritie, Des milliers de nègres périssent tous les ans sur le tombeau de leurs rois qui ordinairement s'y font suivre par plusieurs de leurs femmes immolées sur la tombe. Le chef électif des Fantee doit, dans certaines circonstances, se faire amputer le bras gauche pour témoigner son dévoñment au peuple, qui lui accorde ensuite une ayitorité illimitée. La veuve hottentote qui veut se remarier est obligée de se faire couper une phalange d’un doigt ; et chez ce même peuple un magicien ou jongleur sanctifie l'union des nouveaux époux en les aspergesnt de son urine.

On peut dire que presque tous les Africains sont polygames; du moins les nègres le sont tous; ét cet usage, si contraire à la nature, n’est nulle part poussé si loin que chez cette race, La polygamie la plus effrénée règne au Congo, où l'influence de la religion catholique n’a pu l'éteindre; seulement elle est parvenue à y faire défendre les unions incestueuses; et quoique la religion la défende en Abyssinie, les lois, selon Pearce, l'y autorisent ; les empereurs mêmes y sont polygames. Chez les habitans du Dar-Four, l'union entre les deux sexes est illimitée, et tandis que les Koussas, les Betjouanas et presque tous les peuples de l’Afrique-Australe sont polygames et ont les mœurs les plus relâchées , les Hottentots sont monogames, et ont en horreur l'inceste et l’adultère. Les femmes, chez un grand nombre de nations africaines, comme partout où la civilisation n'a pas rendu à la compagne de l'homme la considération qui lui est due, sont chargées de tous les travaux. Chez les Sousous, elles exploitent les mines de fer; chez les Cafres, ce sont elles qui sont chargées de la construction de la cabane et des autres occupations les

e de notre ère, que le les versans de l'Atlas, ècles après, les Arahes, ain et le glaive de l'aurientale jusque au-delà tion qui l'accompagne, aires mahométans por.

bie et parvinrent inème anchir les hautes mon- Dn peut dire sans exan Afrique a été presque s du Désert apprennent rinstruire leurs enfans, a Région du Nil, celles tie-Centrale (Soudan); e, sont les foyers prinn , tandis que les écoles dans la Nigritie-Occi- » l'instruction importée e de même qu'en Asie Tibet et ailleurs, con:

: même en Afrique c'est ition de l'anthropaphaes véritables bienfaits, nsables à la vie, qu'ils la conduite de certains nègre. Condamnée par celte race malheureuse ultats de ce commerce émoralisation complète rand perfectionnement ans ces derniers temps te tant de crimes.

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plus pénibles ; il en est de mème chez les peuples du Congo et de presque tous les pays le ct de la Nigritie, Néanmoins leur sort en Afrique est incomparablement meilleur qu'il n’est pose

en plusieurs parties de l'Asie et parmi le plus grand nombre des peuples sauvages de

, FA ñ cour l'Amérique, 11 y a même plusieurs contrées où les femmes sont entièrement égales à

hommes, Chez divers peuples nègres elles sont admises à l'ordre de la prètrise, ce qui à Le lieu avec beaucoup de cérémonies et après de longues épreuves. Dans plusieurs pays du source Congo, c'est la mére qui anoblit et non pas le père; là, les princesses ont le pouvoir de BLAN ps pour mari qui elles veulent et de le répudier à volonté pour appeler un autre à le De ‘honneur de leur couche, Dans presque tous les étuts de Madagascar, la succession au à gau trône a lieu par ordre de primogéniture sans distinction de sexe, ce qui fait qu'on y voit de 1 souvent régner des femmes, comme on en a vu des exemples de nos jours dans l'ile de Ma- pale. dagascar , à Bombetoc, à Teintingue et chez les Ovas, dont le trône est occupé par la veuve la N

du célèbre Radama. régioi l'Egy

DIVISION. L'état encore si imparfait de la géographie de cette partie Karn du monde ne permet pas de la partager en ph re régions géographiques l'emp bien distinctes, et le grand nombre de ses divisions politiques et les Nils grandes incertitudes dont ces dernières sont affectées, ôtent la possibilité Roset au géographe compilateur de prendre celles-ci pour base de ses descrip- et qu

extrèl prend Atba impo

tions. Ces motifs nous ont engagé à partager provisoirement toute l'Afrique en cinq grandes régions que nous proposons de nommer : Région du Nil, Région du Maghreb où du Sahara-Atlas, Région des Nègres ou Nigritie,

Région de l'Afrique-Australe , et Région de l'Afrique Orientale ou du Zam- com beze. Nous avons ajouté une sixième division pour y réunir toutes les le gra possessions des puissances étrangères éparses sur ce vaste continent et sur de l'4 les Îles qui en dépendent rar ; cette partie offre l'ensemble tale ; des pays appartenant à chacune de ces puissances sous les titres de 4frique- qu'on

le Fa Tac bare sinie ; età | Tigré RÉGION DU NIL. ss 1

qua,

Ottomane, Afrique-Arabe, Afrique-Française, Afrique- Anglaise , Afrique- Espagnole, Afrique-Portugaise, Afrique-Danoise, Afrique-Hollandaise et Afrique-Anglo-Américaine.

du ro

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 22° et 41°, cet af Latitude boréale, entre 7° et 32° environ. lise le CONFINS. Au zord, la mer Méditerranée. A l’est , l'Asie-Ottomane, Marel

la mer Rouge, le Bab-el-Mandeb, et une petite partie du golfe d’Aden. les 4e

Au sud, la Région de l’Afrique-Orientale et la Région des Nègres. A l'ouest, la Région des Nègres et la Région du es ré FLEUVES. Cette immense région offre la singularité de n'être traver-

sée que par un seul grand fleuve dont on ne connaît pas encore Les sources, sidére quoique la partie inférieure de son cours soit connue dès la plus haute ou K: antiquité. Deux autres singularités non moins remarquables sont le man- grand que d’affluens depuis sa jonction avec l’Atbarah, et la petitesse extrème 2: de la vallée profonde dans laquelle il coule; la largeur de cette dernière, vaste depuis Damer jusqu'au commencement du Delta, se réduit souvent à au st quelques centaines de toises. Les débordemens réguliers du Nil, auquel du B l'Égypte doit sa prodigieuse fertilité, et qui étonnaient tant les anciens, au ne nous surprennent nullement, ce phénomène étant commun à tous les ques

grands fleuves de la zone torride. Nous tracerons avec quelques détails La d

DESCRIPTION DE L'AFRIQUE, 813 le cours de ce grand fleuve qui appartient à la Méditerranée, et nous exposerons les conjectures auxquelles on s’arrète relativement aux autres courans les plus remarquables de cette contrée.

ne rec

presque tous les pays ent meilleur qu'il n'est s peuples sauvages de ntiérement égales a e la prètrise, ce qui à ans plusieurs pays du esses ont le pouvoir de pur appeler un autre à scar , la succession an ce qui fait qu'on y voit jours dans l'ile de Maest occupé par la veuve

Le Nic, D'après les renseignemens les plus récens, ce grand fleuve parait prendre sa source dans les miüntagnes de la Lune, sur un plateau très élevé, où on le nomme Frauvs. lsanc ou BauR-EL-An1An (est sous ce nom qu'il arrose le Donga, le pays des Chelouks, le Denka , et, après avoir baigné à droite le Dar-el-Aïze, dans le Sennaar, et avoir laissé à gauche le Kordofan , il reçoit à la droite le Fleuve-Hleu où Bahr-el-Asrek, qui vient de l'Abyssinie, et que plusieurs géographes regardent à tort comme la branche principale. Après sa jonction uvec ce dernier, il prend le nom de Nix, sous lequel il parcourt la Nubie, où il baigne Halfay, Chendyÿ, Damer, Dongola, Derr et autres villes de cette région ; poursuivant son cours vers le nord , il franchit la cataracte de Phylæ, entre dans l'Egypte, où il passe par Syene, Esné, par l'emplacement de l'ancienne Thèbes à Luxor, Karnak et Gournah , ensuite par Kéné, Girgeh, Syout , Monfalout, Minyeh, Atfÿh, par l'emplacement de l'ancienne Memphis, par le Caire. Au-dessous de cette grande ville, le Nil se partage en plusieurs bras par lesquels il entre dans Ja Méditerranée ; celui de Rosette, à l'ouest, et celui de Damiette, à l'est, sont les principaux. Plusieurs canaux et quelques-uns de ses bras secondaires vont aboutir aux ns à qui forment la partie extrême de son magnifique delta. Ses principaux affluens sont : le Maleg, qui paraît prendre sa source dans le plateau de Narea; le Aahr-el-Azrek et le Tacassé ou Atbarah ; tous trois à la droite ; du côté opposé, la géographie ph n'a aucun affluent important à nommer, Le Zahr-el-Azrek, que Mod ong-temps on a regardé comme le véritable Nil, preud sa source au pays des Agows, dans l’Abÿssinie, traverse le grand lac Dembea ou Tzana , baigne les provinces de Gojam , Damot et autres contrées de l'Abyssinie; en sortant de cette région, il arrose le Sennaar , dont il touche la capitale; c'est lÆstapus des anciens géog-aphes; ses principaux affluens sont : le Dendes, qu'on a cru à tort un affluent du Rahad, et le Rahad; tous deux à la droite; le Roma, le Fabauos et le Toumat, à la gauche; ce dernier traverse le Darfoq et le Qamamyl, Le Tacazsé qui, dans la partie inférieure de son cours , est plus connu sous le nom d'4+barah, prend sa source dans les hautes montagnes de le province de Lasta dans l'Abyssinie ; il est identique au T'acaree des voyageurs portugais, au Tekese / de Poncet, et à l'Astaboras de Ptolomée, Ce grand affluent du Nil traverse le royaume actuel de Tigré et le pays des Changallahs (Shangallas ) ; ensuite la Haute-Nubie, où, avec le Bahrel-Azrek et le Nil, il forme la fameuse ile de Méroé. Ses principaux affluens sont : l’4#requa, au bassin duquel appartiennent les environs d’Antalow, la ville la plus importante du royaume de Tigré; et le Mareb, dont les branches descendent du plateau d'Axum ; cet affluent parcourt ensuite le pays des Changallahs et la Nubie-Orientale, où il fertilise le Taka. 11 faut cependant observer que ce n'est que dans la saison des pluies que le Mareb apporte le tribui de ses eaux à l'Atbarah; car dans la saisou sèche il se perd dans les sables, Le priucipal affluent du Tacazzé à la gauche est le Guangue, qui traverse le royaume d'Amhara, et le pays des Changallahs.

Les autres fleuves de cette région sont trop peu connus pour mériter qu'on en trace le cours. Seulement nous ferons observer que dans le vaste territoire occupé par les Galla dans le sud-est de l'Abyssinie, l'Anazo , et l'Havacu (Hawash) dont le cours est assez considérable, n'arrivent pas à la mer et paraissent se perdre dans les sables. Le Zeur (Zebee) ou Kimger, qui prend sa source dans le haut plateau de Narea, parait être identique à la grande rivière qui débouche à Patté (Patta) dans l'Océan-Indien.

DIVISION et TOPOGRAPHIE., Considérée géographiquement, cette vaste région peut se partager en quatre grandes contrées, dont deux sont au sud, savoir : l’Abyssérie et celle que nous propcsons de nommer Pays du Bahr-el-Abiad, parce qu’elle est traversée par ce grand fleuve; la Nubie au milieu; et l'Egypte avec ses dépendances au nord. Les divisions politiques de tous ces pays ont beaucoup changé dans ces dernières années. La description suivante offre leur état actuel combiné autant que possible

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Depuis plusieurs années le puissant empire d’Abyssinie, qui pendant aussi des siècles lutta avec succès pour conserver sa religion et son indépen- de la dance contre les effo:ts combinés de l’idolâtrie et de l’islamisme vainqueur carac de l'Asie et de l'Afrique, est en proie à l'anarchie et complètement dé. ps

membré. D’après les renseignemens publiés dernièrement par M. le comte

\ ? ‘ si distai de Montmorris (lord Valentia) sur les mémoires laissés par Pearce, et dont

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les plus récens semblent se rapporter à l’année 1819, il paraît que l'état églis politique de l’Abyssinie a beaucoup changé depuis l’époque où Salt l'a qu'à visitée pour la seconde fois. En 1812, Welleta-Sélassé régnait sur la plus auth grande partie du Tigré, et était allié ou vivait en bonne harmonie avec Euro Itsa Tecla Gorgis, roi du Waldubba, Isa Guarlu qui régnait à Gondar, remal Itsa Yonas qui dominait sur le Gojam et Itsa Bede Mariam qui était mai- grecq

tre du Samen. Quelques princes cités par Pearce régnaient sur d’autres parties de l’Abyssinie. Selon ce même voyageur , les Galla n'auraient êté ni aussi puissans , ni aussi formidables qu'ils l’étaient quelques années auparavant, Plus tard, la mort de Welleta-Sélassé fut l’occasion d’une lutte sanglante entre plusieurs chefs qui prétendaient à l'héritage de sa riche

dépouille. D’après les dernières nouvelles venues de ce pays, la victoire gière est demeurée à Subegadis, âgé d'environ 40 ans, brave, intelligent, in- ous, (

fatigable , plein d’ardace et de vigueur ; il préparait une expédition contre ie Gondar, et il est probable qu’il s’est déjà assis sur le trône que convoitait fitas

É + 5 à : +; conse son ambition. L’Abyssinie sortira peut-être, par son moyen, de l’état de Ils 0€

nullité politique auquel l'anarchie et la guerre civile l'avaient condamnée ficile depuis long-temps. Dans la description suivante, nous avons adopté pro- voisil visoirement les divisions politiques tracées par un géographe célèbre; c'é- ment

tait le seul parti que nous puissions prendre, n'ayant aucun moyen d’a- quan dapter à l’état actuel de cette contrée les renseignemens incomplets publiés depuis la deuxième édition de la Description de l'Afrique, par M. Ritter. Voici, d’après ce géographe, les principaux états qui se sont élevés sur les débris de l'empire d’Abyssinie.

Le ROYAUME DE TIGRÉ (Tygré). C'est le plus puissant par la force de sa position, par l’humeur belliqueuse de ses habitans, et par les ressources qu'il tire du commerce. Il comprend toutes les provinces du ci-devant empire d’Abyssinie situées à l’orient du Tacazzé, à l'exception de celles qui sont au pouvoir des Galla et des tribus des Chiho- Dankali (Shiho-Dankali) et autres nomades de la Troglodytique. Voici les principaux pays qui en dépendent :

Enderta. Anrarow, ville d'environ 1,000 maisons, est censée être la capitale de la province et en même temps du royaume. Caectcour, assez grande ville , ou pour mieux

dire gros village, devenu très important depuis que le roi y fait sa résidence ordinaire. pris! La demeure de ce prince et l'église, regardée comme une des plus bellés de l'Abyssinie, ment sont les principaux édifices, Sa population pourrait être estimée à 8,000 âmes. M

Tigré (Tygré), proprement dit. Cette contrée peut ètre regardée comme le berceau de située l'empire d'Abyssinie, Ses habitans, qui sont les véritables Abyssins, ont étendu leur do- et act mination et leur nom sur toute cette région. Cette partie du ci-devant empire d'Abyssinie comp est décorée du titre de royaume, et est subdivisée eu plusieurs provinces et districts que fin, L notre cadre ne nous permet pas de décrire ni mème d'indiquer. Anovz , actuellement la huitis

ville la plus commerçante de toute l'Abyssinie, ne paraît avoir qu'environ 8,000 habi- sous

DESCRIPTION DE L'AFRIQUÉ. 845 nr NE e S tans ; le plus grand nombre professe l'islamisme. La toile de coton qu'on y fabrique cir” cule comme monnaie dans toute l'Abyssinie. Adova est assez bien bâtie, et a été pendant quelque temps la capitale de l'empire, Axum, jadis capitale du royaume de ce nom , dont les rois étendirent leur domination sur la plus grande partie de l’Abyssinie , dominèrent sur une partie de l'Arabie, et reçurent même un tribut des empereurs Byzantins. C’est aussi dans cette ville que la culture éthiopienne fleurit, réunie à ja civilisation et aux arts de la Grèce, comme le démontrent encore des raines maguifiques, des inscriptions en caractères grecs et des obélisques sans hiéroglyphes; parmi ces derniers deux sont encore debout ; le plus grand est d’un seul bloc de granit de 60 pieds de haut, il est couvert de sculptures d’un travail parfait ; plusieurs autres obélisques sont renversés à une petite distance ; un de ces derniers est encore plus grand que le précédent. La ville moderne d'Axum compte tout au plus 600 maisons; à son extrémité septentrionale , on voit une église qui n’est inférieure qu'à celle de Chelicout, mais dont la construction ne remonte qu'à l’année 1657. C’est dans ce temple que l'on conserve et que l’on continue l’histoire authentique de l’Abyssinie dite Chronique d'Axum , dont un exemplaire a été apporté en Europe par Bruce. Dans le voisinage d'Axum , on trouve le monastère de 44ba-Pantaleon, remarquable par le petit obélisque situé au pied d’une colline et par la grande inscription grecque sculptée sur une pierre; elle remonte à l'année 330 de Jésus Christ, et se rapporte à un exploit de l'empereur Aeizanas.

Lasta, très montueuse, Socora, ville qu'on dit être plus grande qu'Antalow. Samen, très montueuse. Nous devons signaler ici un des faits les plus curieux de l'ethnographie; nous voulons parler de l'existence d’une colonie de Juifs au milieu de l'Abyssinie , depuis près de trois mille ans. Il paraît qu’à l'époque de la conquête de la Judée et des provinces voisines par Nabuchodonosor un grand nombre d'habitans se réfugièrent en Egypte et en Arabie, d'où ils allèrent en Ethiopie. C’est l'opinion de M. Marcus, qui a publié il y a quelque temps un savant mémoire sur ce sujet. Ce qu'il y a de cerlain, c'est que, dès le ::mps d’Alexandre-le-Graud, ces Juifs sont appelés, dans le pays, filasjan ou exilés, et qu'ils y étaient solidement établis; ils ont jusqu’à ces derniers temps conservé leur indépendance, leur laugue, leur religion et leurs institutions nationales. Ils occupent la contrée située sur la rive occidentale du Tacazzé , rendue d'un accès difficile par de hautes montagnes. Ces Juifs dominèrent pendant long-temps sur les régions voisines entre le Samen et la mer, et du côté du lac Dembea. Quoique réduits successivement à des limites plus étroites , ils pouvaient encore, du temps de Bruce, mettre cinquante mille hommes sur pied. Mais en 1800, la race royale s'étant éteinte, cette partie du Samen est tombée sous la dépendance du souverain chrétien du pays, et parail maintenant être dépendante du Tigré.

Baharnegach (le pays du). Cette contrée est subdivisée en plusieurs districts. On y trouve Drxax, petite ville remarquable par son commerce.

Siré, où se trouve la ville de Srré, qui du temps de Bruce était plus considérable que celle d'Axum, et dans laquelle M. de Rienzi a vu des ruines qui lui ont paru plus anciennes que celles de l'antique capitale de l’Abyssinie. 4 g a me où se trouve la ville de Gexarer ; Temben, avec Ansr; Wojjerat, remarquable par sa fertilité, e Waldubba, remplie de moines, sont les autres provinces les plus importantes.

ROYAUME DE GONDAR , nommé improprement d'AMHARA à cause de la langne qu'on y parle. Il comprend les provinces centrales de l’Abyssinie et le grand lac Dembea ou Tzana, qui en occupe presque le centre. Depuis plusieurs années il est en proie à l'anarchie. Le véritable souverain, l’empereur ou le regus , était, il ÿ a quelques années, prisonnier de Guxo, chef galla qui régnait en son nom. Les principales provinces qui forment cet élat sont :

Dembea, une des plus fertiles de toute l'Abyssinie, Gonnar , assez grande ville, située sur une vaste plaine semée de quelques monticules, jadis capitale de tout l'empire, et actuellement du royaume d’Ambhara. L’Abyssinien Abraham, cité par William-Jones, compare cette ville au Caire; mais Bruce lui accorde à peine 50,000 habitans, M. Coffin, qui l'a visitée en 1814, dit que si elle était bâtie comme nos villes d'Europe, la huitième partie de l’espace qu’elle occupe la contiendrait sans peine , mais toutes les maisons sont si isolées et entourées d'arbres en si grand nombre et si épais, qu’on ne les voit

divisions politiques le.

sinie, qui pendant on et son indépenslamisme vainqueur complètement dé.

ent par M. le comte par Pearce, et dont il paraît que l'état ‘époque où Salt l’a > régnait sur la plus nne harmonie avec régnait à Gondar, riam qui était mainaient sur d’autres es Galla n’auraient ent quelques années occasion d’une lutte éritage de sa riche ce pays, la victoire ve, intelligent, inle expédition contre rône que convoitait moyen, de l’état de avaient condamnée s avons adopté prographe célèbre ; c'éaucun moyen d’aiens incomplets pu- Afrique, par M. Rits qui se sont élevés

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846 AURÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

guère que lorsqu'on y entre, Ces maisons sont couvertes de chaume, les murs même en autr sont revètus à cause de la mauvaise qualité de l'argile. La principale église, nommée est a Quosquum, est bâtie de la mème manière, mais avec beaucoup d'art; l’intérieur en est com tapissé de soie bleue et orné de glaces. Les édifices consacrés au culte y sont si nombreux encu

que les prètres l’appellent la Filles aux quarante-quatre églises. Le palais du roi est fort à ca délabré; depuis plusieurs années il était inhabité, toutes les portes avaient été brisées et celle les murs tombaient en ruines. D'après Bruce c'est un édifice carré à quatre étages , flanqué N

de tours et environné , ainsi que les maisons qui l’avoisinent, d’un mur en pierre de 30 uu € pieds anglais de haut. Les deux étages supérieurs étaient déjà ruinés, et dans la partie qui bani subsistait encore se trouvait la salle d'audience qui avait r20 pieds de long. On pouvait paë alors le regarder comme l'édifice le plus remarquable de l’Abyssinie. vis-à Gojam, une des plus peuplées de l’'Abyssinie; KozzezA parait en être la ville prin rs L es

cipale. Maits cha, où se sont établis plusieurs Gal!a qui ont embrassé la religion et la civilisation des Abyssins. I8aza, près du lac Dembea, est sa ville principale; on la dit presque aussi grande que Gondar.

Les autres provinces les plus importantes sont : Belessem, où se trouve la ville indé d'Eurras; Damot, avec Buré et de riches mines d'or; Woggara, avec TanurAQuE; parl Tchelga, avec Tousnkix, place de commerce. l'an

ROYAUME D'ANKOBER. Cette partie du ci-devant empire d’Abyssinie paraît être bète

Nou Sam des.

niss

actuellement la plus riche et la plus peuplée; c'est aussi celle où l’ancienne civilisation et la littérature abyssiniennes se sont le plus conservées, quoique depuis plusieurs années elle soit régie par Murd-azimaï, prince galla. En 1814, il était ami et allié des rois de Gondar et de Tigre, Son royaume se composait de deux grandes provinces , celle dE fat,

où se trouve Ankoser, résidence du roi, et celle de Schoa, où est situé Tacuzer, qu ville ruinée, jadis capitale de tout l'empire d'Abyssinie. A

ROYAUME D'AMHARA proprement dit. Get état comprend la province de ce nom offre et quelques autres pays limitrophes; le Galla Liban en était roi il y a quelques années; il sent était en même temps le chef suprême des tribus des Galla Wochali, H'oolo, Azowa, le L En 1814, il vivait en bonne harmonie avec son voisin le roi de Tigré. Waro-Harma- mon or, sur le Bashilo , était sa résidence. Ce prince, ainsi que les Galla qui en dépendent, ront sont mahométans et passent pour être les plus civilisés de toutes les tribus qui compo- sont sent cette nombreuse nation. qual

KOYAUME D'ANGOT , ainsi nommé de la grande province d’4#ngot, dont la ma. dyn: jeure partie lui appartient; celle de Furfura et autres districts moins considérables 129 paraissent en dépendre aussi. Gojee, chef galla, très belliqueux et entreprenant en était long

mill d'A; taill attri

le roi il y a quelques années; il commandait aussi à la plus grande partie des Ædjow- Galla parmi lesquels on compte les tribus Djavi et Tolum. En 1814, quoiqu'à la tête de 40,000 hommes. il a été battu par Welleta Selassé roi de Tigré. Ses villes principales sont : Acor, Cossenou et CounoTenE.

D'autres chefs galla, tels que les 4ssouba-Galla, possèdent le reste de la vaste PRO:- blan VINCE D’'ANGOT', le MARA et autres contrées du côté de l'est, tandis qu'au sud- Gen ouest du royaume d’Ankober, les nombreuses tribus des Boren-Galla ou Gallas occiden- de L taux, ceignent la frontière méridionale du royaume de Gondar et paraissent dominer de «

sur une partie des provinces de NAREA et de CAMBAT. On représente ces Galla comme plen les plus féroces et les plus abrutis de tous ceux qui dominent sur l’Abyssinie. Le ROYAUME DE NAREA se compose de la province de ce nom, un des plateaux les plus élevés de l’Afrique. Ses habitans, qui sont presque aussi blancs que les Espagnols C et les Napolitains , paraissent avoir conservé leur indépendance contre les Galla; autrefois Rég ils étaient lributaires de l'empereur d’Abyssinie. fins Le SAMARA (côte maritime de l’Abyssinie), qui forme la partie méridionale de la pro Taocconyrique de Malte-Brun, est partagé entre un grand nombre de petites tribus ét plus ou moins féroces et abruties, qui cons:rvent leur indépendance et forment autant de Ï petits états qu'elles comptent de chefs. Les endroits les plus remarquables sont : Dunona, des village dans la baie d'Amphila, habité par des Dumhoeta, la plus puissante tribu des du Danakil , peuplade qui possède toute la côte depuis le Bab-el-Mandel jusqu’à Arena. intc Zurxa, misérable village, dans la baie d'Annesley , où réside le chef des Hazorta ; une pau

Le DONGA , encore tout-h-fait inconnu et habité par des nègres; on suppose que c'est dans ce pays élevé que le véritable Nil ou le Balr-el-Abiad , prend sa source, probablement dans les lacs mentionnés par Ptolomée et les auteurs arabes.

Le PAYS DES GHELOUKS (Schilouks), le long du Bahr-el-Abiad. Ce puissant peuple ]

noir, qui à la réputation d'être anthropophage, et qui empoisonne ses armes, est le mème M

qui, dans le xvi° siècle , a envahi et soumis le royaume de Sennaar. ven Le DENK A, le long de la rive droite du Bahr-el-Abiad , hubité par un autre peuple Sou

nègre idolâtre, redoutable à ses voisins. les

Le BERTAT ( Djebel-O'ouyn), vasie contrée montagneuse et boisée, habitée par un l'ou grand nombre de nations nègres idolâtres, indociles et belliqueuses, mais vivant en paix que avec les tribus d'Arabes musulmans et même avec les Abyssins, qui s’y sont établis dans dan plusieurs parties. Les pays les plus connus et les plus importans paraissent ètre le Qama- mit myl, riche en substances aurifères, d'où les nègres retirent par le lavage des quantités ie assez considérables d’or, surtout à AsqouzGur, sur le Toumat. Le Fazog/, gouverné tricl par un medk ou petit roi, naguère tributaire de Sennaar; Anasst est le lieu le plus consi- la d dérable ; enfiu le D a rfoq, où se trouve Farpassi sur le Yabouss, lieu regardé comme app le marché principal entre le Bertat, la Nubie et l'Abyssinie. quo

Le CHEIBON (Scheibon) , contrée peu connue , au nord du pays des Chelouks , remar- L quable par la quantité de poudre d'or que les nègres qui l’habitent savent retirer de leur sul, ;

Le FERTIT, au nord du Donga, important par ses mines de cuivre, que les gens du LE pays assurent y exister, el

Le PAYS DES TUKLAWI, au nord de celui des Chelouks; on dit que le roi réside A dans une ville nommée Taggala (Tuggala). se

Le KORDOFAN (Kordoufan). Celte contrée n’est, à proprement parler, qu’un assemblage ve de plusieurs petites oasis séparées par de vastes déserts du Dar-Four et du Bahr-el-Abiad. sx La plus grande partie de la population se compose de nègres assez civilisés qui se livrent à l’agriculture ; le reste est formé de Dongolais adonnés au commerce, et d'Arabes qui en parcourent les arides solitudes. Le Kordofan, après avoir été pendant long-temps tributaire du royaume de Seunaar, reconnaissait depuis la moitié du xvrri* siècle la suzeraineté des rois du Dar-Four. Envabi par les troupes du vice-roi d'Égypte en 1820, il est resté sous sa domination et forme depuis lors une partie de l'Afrique -Ottomane. Oséw, ville de médiocre étendue, mais florissante par le commerce jusqu'à l'invasion des Turks, u’offre plus qu'un amas de ruines. On conserve cependant son num à trois établissemens situés près de l'emplacement qu'elle occupait, et connus sous les noms de Want-NAGueLE, OnTa (ou le camp fortifié des Turks) , et Wapt-Saric ; leur population totale est estimée à 5,000 âmes par M. Rüppell. Bara parait être le lieu le plus remarquable après Obéid; les Turks y ont bâti un fort où ils tiennent une petite garnison, M. Rüppell n'a pu obtenir que des renseignemens incertains sur les ruines anciennes dans le Kordofan et sur celles de Djebel-Marre dans le Dar-Four, sur lesquelles quelques journaux avaient deruièrement attiré l'attention des archéologues. Mais ce voyageur a trouvé dans cette partie de l'Afrique ces mêmes armures en fer que Clapperton et Denham out vues dans le bassin du Tchad; quelques chefs ont mème des robes en mailles de fer pour leurs chevaux. Les armures en fer, si connues en Europe dans le moyen âge, sont donc d’un’ usage commun dans le la civi centre de l'Afrique. .

Le ROYAUME DE FOUR (Dar-Four). C’est, comme le Kordofan, un groupe Je plu- Mess sieurs oasis au milieu d'un vaste désert qui le sépare du Mobba à l’ouest, et du Kordo- ts fan à l’est, Ce royaume a étendu autrefois sa domination sur le Kordofan, le Bego, le Hs Dageo, le Dar-Runga et autres pays peu connus. Après la perte de toutes ces contrées à PE sa puissance a beaucoup diminué, et le Dar-Four ne joue plus uu rôle important parmi les Le s P' états du Soudan-Oriental, avec lesquels tous les géographes s'accordent à le placer. Cobbe, Te petite ville, à laquelle on donne 6,000 habitans, en est la capitale. Le sultan réside ha- Ni 1 bituellement à une petite distance de cette ville, dans un lieu appelé E/Facher. Gobbe x Me possède deux mosquées, cinq écoles publiques, et se distingue surtout par l’activité Fe À commerciale de ses habitans , qui en ont fait un des principaux entrepôts du commerce de pe A l'Afrique-In{érieure. "+ tive dr

gaucl et d'a palais donne de ce Avan

gres; ON suppose que rend sa source, probabes.

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ité par un autre peuple

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Depuis l'invasion faite en 1822 par Ismayl pacha, fils du vice-roi d'Egypte, tous les pays le long du Nil compris dans cette vaste contrée peuvent être regardes comme tributaires de ce prince, qui possède en outre Souakim , considérée comme la place maritime la plus importante, Même les principales tribus des nomades, qui parcourent les déserts à l'est et à l'ouest du Nil, ont été obligées de reconnaître sa suzeraineté, Il est vrai que peu de temps après la conquête il éclata une terrible insurrection dans les pays conquis: mais on nous assure, qu'à l’exception des extrémités méridionales du ci-devant royaume de Sennaar et de quelques districts sur sa froutière occidentale, tout est rentré dans l’ordre ct reconnait la domination de Mohammed-Aly. Voici les pays les plus importans qui appartiennent à cette grande division de la Région du Nil; nous les indiquons en descendant le Bahr-el-Azrek et le Nil proprement dit. Le ROYAUME DE SENNAAR. Au temps de Bruce, vers 1750, cet état étendait sa domination sur toute la Nubie-Méridionale jusqu'à Dongolah , et quelques années auparavant l'avait portée même sur le Kordofan ; avant l'invasion d'Ismayl-pacha, les metiks de Chendy, de Damer et le territoire des Chaykyé, au nord, le Fazoql, le Bouroum et autres pays au sud, lui payaient un tribut. Depuis 1822 Bady, son melik actuel, descendaut des Chelouks qui ont fondé ce puissant royaume au commencement du xvr° siècle, est vassal du vice-roi d'Égypte , et ne possède plus que le tiers de son ancien territoire. Les villes principales sont : Sewwaan , dans le Sennaar proprement dit, sur la rive gauche du Bahr-el-Azrek. C’est un amas confus de cabanes rondes, couvertes en chaume, et d'autres en argile, qui ont par fois un étage, et assez ordinairement üñe terasse. Le palais des anciens rois est une construction en briques cuites, élevée de 4 étages, abandonnée et à demi délabrée. M. Cailliaud en 1822, estimait à 9,000 âmes [a population de cette ville, dont les géographes exagèrent tant l'étendue et le nombre des habitans, Avant la derniere invasion, Sennaar était le centre d'un commerce assez étendu. HerLer- EL-CHERIF-MAHAMMED, grosse bourgade à Ja gauche du Bahr-el-Azrek.

PAYS DE HALFAY, le long du Bahr-el-Azrek et du Nil proprement dit. Après avoir secoué le joug du Sennaar, cet état jouissait de son indépendance, lorsque Ismayl-pacha le rendit tributaire de l'Egypte. Harriv, peu loin des deux branches dont l'union forme lé Nil; c'est une petite ville très déchue à cause des fréquentes attaques des Chaykyé ; M. Gailliaud lui accorde 3 à 4,000 habitans. Sosau, à la droite du Bahr-el-Azrek, misérable endroit, remarquable en ce qu’il offre, selon M. Cailliaud , les dernières ruines d'anciens édifices que l’on rencontre sur la célèbre île de Méroë.

PAYS DE CHENDY, le loug du Nil. Ce royaume , naguère tributaire du roi dé Sen: naar, est surtout remarquable parce qu'il correspond à la partie la plus importante du célèbre état théocratique de Méroé, qui pendant plusieurs siècles répandit les bienfaits de la civilisation au milieu des peuples barbares dont il était entouré , et que plusieurs écrivains ont supposé être le berceaa des institutions religieuses et politiques des Égyptiens. Cuexpx, sur la rive droite du Nil, peut avoir 8 à 900 maisons, qui la plupart n'ont qu'un rez-de-chaussée très élevé et une terrasse pour toiture. M. Cailliaud en estime la population de 6 à 7,000 âmes. Avant l'invasion des Égyptiens, Chendy était l'entrepôt principal du commerce de la Nubie , et son plus grand marché pour les esclaves ; ses négocians eutretenaient des relations suivies avec le Sennaar, le Kordofan, le Dar-Four, le Dongolah , et paï Souakim avec l'Arabie, C'est dans un village près de cette ville que Nimr, ancien roi de Chendy, dépossédé par Isiayl-pacha , mit le feu à la maison habitée par ce dernier et le brûla ; sa mort a été le signal du soulèvement général éclaté à cette: époque contre les Égyptiens dans les provinces conquises, depuis l'extrême frontière div Sepnaar jusqu'à celle de la Basse-Nubie.

Dans un rayon de 27 milles on trouve : Naga, lieu misérable, peu éloigné de la tive droite du Nil, où l'on voit encore tes ruines de sept temples. ElMecaourat, autre

boisée, habitée par un es, mais vivant en paix qui s’y sont établis dans raissent être le Qamale lavage des quantités Le Fazoql, gouverné est le lieu le plus consi- 8 , lieu regardé comme

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fan, un groupe Je pluà l’ouest, et du Kordo- Kordofan, le Bego, le de toutes ces contrées ôle important parmi les ent à le placer. Cobbe, ale. Le sultan réside happelé E/Facher. Gobbe e surtout par l’activité repôts du commerce de

endroit qui n'est remarquable que par les restes de huit temples ou sanctuaires. M, Cailliaud regarde ces grandes constructions comme appartenant au collège célèbre, où, loin du tumulte des villes, les prètres de Méroé iustruisaient de jeunes adeptes à la connaissance des dogmes religieux et des sciences dont ils étaient dépositaires. Les figures informes et les noms gravés en caractères éthiopiens par des élèves, rappelèrent à M. Cailliaud le grifionnage que l'on voit encore sur les murailles intérieures des casernes de l'antique Pompeia, Assour où Hachour, petit village, sur la rive droite du Nil, au-dessous de Chendy; tout près se trouvent, selon M. Cailliaud , les ruines de Méroëé, ville jadis si célèbre par ses monumens, par son commerce, par s0n oracle de Jupiter Ammon ct par son roi pontife , que ce dieu même était censé choisir parmi ses prètres. M. Cailliaud y vit un grand nombre de pyramides. L'ile de Kourgos (Kourqos), où l'on voit, selon M. Rüppell, trois groupes de mausolées antiques , ayant la forme de pyramides; ils sont ornés de seulptures ; l’un de ces groupes se compose de 21 pyramides.

PAYS DE DAMER , le long du Nil et de l'Atbarah. Ce petit état était naguère régi par plusieurs prêtres mahométans présidés par un pontife de leur religion (el-Fakyh-el-K ebir). Dauer, près du confluent de l'Atbarah dans le Nil, jolie petite ville d'environ 500 maisous, avec des rues droites et bordées d'arbres qui aboutissent à une belle mosquée. C'est l'école la plus célèbre de l'Afrique-Orientale, dans laquelle sont élevés et instruits plusieurs jeuues mahométans envoyés non-seulement des coutrées voisines, mais aussi du Dar. Four, du Sennaar et d'autres pays éloignés. Damer est en outre une place d’un grand commerce pour toute la Région du Nil.

PAYS DE BARBAR , le long du Nil, habité par des Arabes de la tribu Meyrefab. Aneueyre , sur la rive droite du Nil selon Burkhardt, et Ec-Merueye sur la même rive, selon M. Cailliaud, en est la capitale. On y fait un commerce assez considérable.

PAYS DES CHAYKYÉ, le loug du Nil. Avant l'invasion d'Ismaÿl-pacha, c'était une république militaire gouvernée par trois meliks principaux nommés Chauss, Zibert e Omar; ces chefs avaient sous leurs ordres chacun trois autres chefs subalternes, qui commandaient des corps de troupes. Ces Arabes devinrent redoutables à leurs voisins, surtout au Dongolah, au Barbar et à l'Halfay, sur lesquels ils dominèrent pendant quelque temps. Les Chaykyé furent ceux qui opposèrent le plus de résistance aux troupes des Égyptiens. Parmi les lieux les plus remarquabies nous nommerons :

Korrr, petite ville sur la rive gauche du Nil; on la regardait comme la capitale de l'état. Hanne , sur la rive droite, à laquelle M. Cailliaud accordait 2,000 habitans avant sa ruine. Meraouy , encore plus petite, mais dans le voisinage de laquelle se trouvent les imposantes ruines du mont Barkal, regardées par M. Cailliaud , comme les restes de Napata, qui pendant plusieurs siècles fut, après Méroë, la capitale de la Nubie, et qui fut détruite par Petronius, général romain. On y voit encore deux groupes formés chacun par plusieurs pyramides, plus petites que celles d'Égypte, mais accompagnées comme celles d’Assour , de sanctuaires extérieurs ou de petits temples ; ensuite un grand temple très dégradé, qui, par son étendue , le grand nombre de colonnes, de sphiux , d’autels en granit couverts des plus belles sculptures, et par sa grande sale hypostyle, doit être rangé au rang des plus beaux monumens de l'Ethiopie-Inférieure. le typhonium placé à la moitié de la montagne est le plus beau reste encore subsistant de ces magnifiques ruines, que M. Waddington, qui les a visitées le premier, croit être plus anciennes que celles de l'Égypte. Nourt, misérable endroit, à la gauche du Nil, remarquable par ses grandes prramides, plus effilées et beaucoup plus petites que celles d'Égypte. Les chevaux des Chaykyé sout les meilleurs que l'on connaisse parmi les races arabes.

PAŸS DE DONGOLAH, le long du Nil. En 1814 , ce pays était tributaire des Chaÿkyé, auxquels il fut enlevé par les Mamelouks échappés de l'Égypte, qui en furent euxmêmes dépouillés en 1820 par Ibrahim-pacha. Le Dongolah, qui dans le moyen âge était la puissauce prépondérante de la Nubie, n’est plus reconnaissable, tant il a perdu sous le rapport de l'étendue , de la fertilité et de la population. Opprimés depuis 6 ans par les Chaykyé, ses habitans ont émigré en grand nombre dans le Barbar, le Chendy et jusqu'au Kordofan et au Dar-Four. Les lieux les plus remarquables sont:

Manarau où Nouveau-Doncoras, gros village à la gauche du Nil, construit, il y à quelques anus ,, par les Mamelouks , qui ont abandonné le Vieux-Dongolah, M. Cailliaud

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