‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 229 sur 457 · DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

DE L'AFRIQUE

le regarde aujourd'hui comme le lieu le plus considérable de tout le M. Rüppell ajoute qu'il est la résidence du commandant turk qui étend sa juridiction depuis Ouadi-Halfa jusqu’à Ouadi-Gammer, Doxcorau ou Vixux-DoncoLau (Dongolah- Agouz), sur la rive droite du Nil, ville la plus grande, la plus peuplée et la plus riche de la Nubie pendant le moyen âge, reduite maintenant à un simple village d'environ 300 habitans. L'ile d'Arco, remarquable par sa fertilité et surtout par les débris d'anciens édi- Jices et par deux statues colossales visitées pour la première fois par M. Waddington,

PAYS DE MAHAS, le long du Nil. Tvnaneu, misérable village à la droite du Nil est le lieu le plus considérable: on y voit les ruines de plusieurs églises coptes, Sesck à Gounren-Taoua, misérables villages à la gauche du Nil, remarquables par les ruines de leurs anciens temples. M. Waddington signale un de ces temples en ruines, dit aussi de Soleb, à cause du voisinage du hameau de ce nom, comme un des plus grands et des plus remarquables par son élégance ; l'état de ses ruines lui rappelait celles qu'il avait vues à Segeste, à Phigalée et à Sunium.

PAYS DE SOKKOT, le long du Nil. Amanau, sur la rive droite , est le lieu le plus remarquable ; on y voit les restes d'un beau temple égyptien. L'ile de Sas, où il s'était formé une petite république aristocratique, qui, sur son refus de payer les impôts, a été détruite en 1823 par les troupes du vice-roi d'Égypte; le château de Says a été rasé.

OUADY-EL-HADJAR, le long du Nil. C’est une contrée stérile et presque déserte, Sewxeu, misérable hameau, remarquable par le temple égÿptien qui se trouve vis-à-vis de l'autre côté du fleuve.

PAYS DES BARABRAS (Qenous ou Kenouz), dit aussi communément BASSE- NUBIE ; il s'étend le long du Nil, entre la cataracte d'Ouadyÿ-Halfa et celle d’Assouan où Syene , nommées communément la seconde et la première cataracte, Denr > Sur la rive droite du Nil, petite bourgade de 200 maisons, dont la plupart des habitans sont d’origine turque; M. Richardson en 1817 lui accordait 3,000 habitans; on la regarde comme la capitale de toute la Basse-Nubie, ou de la Nubie-Ottomane. On trouve dans ses euvirons beaucoup de ruines et uu temple égyptien taillé dans le roc, dont M. Champollion attri bue la construction à Sésostris. Les lieux suivans, le long du Nil, quoique de misérables hameaux, sont importans par les ruines d'anciens édifices et par leurs anciens temples égyptiens.

Ouapx-Hazra , village remarquable par la cataracte que le Nil forme dans son voisinage. Déjà plusieurs voyageurs modernes ont signalé l'extraordinaire exagération des géo graphes anciens et modernes sur la hauteur qu'on lui attribuait ; malgré cela, par une inconcevable négligence, plusieurs géographes portent encore à plusieurs centaines de pieds son élévation, qui n'est que de quelques pieds. On y voit aussi les débris de trois temples égyptiens, dans un desquels M. Champollion retrouva des colonnes, qu’il regarde comme l’origine des ordres grecs.

Essamsoz. Près de ce misérable hameau se trouventles plus magnifiques excavations de toute la Nubie, visitées et décrites de nos jours d’abord par MM. Drovetti, Burckhardt et Belzoni, et ensuite par Richardson, Rifaud, Gau, Champollion, Rosellini et autres voyageurs, Le temple d'Athor, dédié par la femme de Sésostris-le-Grand, est le plus petit ; il est décoré extérieurement d'une façade contre laquelle s'élèvent 6 colosses de 35 pieds chacun environ, taillés aussi dans le roc, et d’une excellente sculpture, Ce temple est' couvert de Lasreuefs, dont plusieurs sont très intéressans. Le grand temple est une autre construction du grand Sésostris, excavation immense, dont le travail qu’elle a dû causer effraie l’imagination. Le sable du désert, continuellement apporté par les vents, s'accuraule à l’entrée de ce magnifique monument, et nécessite des nouveaux déblaiemens chaque fois qu'on veut y pénétrer, La façade est décorée de 4 colosses assis, de 61 pieds de hauteur, et représentant Rhamsès-le-Grand ou le grand Sésostris, La première salle de l'intérieur est soutenue par 8 piliers contre lesquels sont adossés autant de colosses de 30 pieds chacun , représentant Sésostris. Sur les parois de cette vaste salle règne une file de grands bas-reliefs historiques, relatifs aux conquètes du Pharaon en Afrique; celui qui représente son char de triomphe, accompagné de groupes de prisonniers Nubiens , nègres, etc, de grandeur naturelle, offre une compusition de toute beauté. Les autres 16 salles abondent en beaux bas-reliefs religieux, offrant des particularités fort curicuses, Les couleurs

Dongolah, et

appliquées à ces sculptures semblent avoir conservé leur éclat primitif, Le temple est ter. miné par un sanctuaire , au fond duquel sont assises quatre belles statues bien plus fortes que nature , el d'un très beau travail.

Isnium, qui parait ètre la PRemNIs de Srnason ; c'estun misérable endroit, avec une citadelle en ruine, On y voit encore 4 spéos ou excavalions dans la roche, qu'il ne faut pas prendre pour des tombeaux et qui sont de la plus haute antiquité; le plus ancien re. moute, selon M. Champollion, au règue de Thouthmosis I" , et le plus récent au règne du grand Sésostris. AmADA , où se trouve un temple fort envombré de sables; il est surtout remarquable par la beauté de ses sculptures qui appartiennent à la belle époque de l'art égyptien. M. Clampollion regarde les 4 colonnes de ce temple, fondé par Thouthmosis I] ou Mæris, comme le type de la colonne dorique grecque.

Senoua , village habité par des Arabes Aleykal adonnés au commerce, On ÿ voit un grand hemi-spéos , c'est-à dire un édifice moitié construit en pierre de taille et moitié creusé dans le rocher. M. Champollion le regarde comme le plus mauvais ouvrage de l'époque du grand Sésostris, Le temple est précédé d'une avenue de sphinx , accompagnée de statues colossales, la plupart enfouies sous les sables, ainsi qu'une partie du temple. Meuannaqan, avec un temple, Dankeu (Deqqeh, le Pselcis des anciens), avec un temple remarquable surtout par ses sculptures mythologiques. Kincuem (Ghirsché), avec un hémisspéos du temps de Sésostris, La partie excavée dans le rocher, travail immense, à été dégradée , probablement par les Perses sous Cambyse, avec une espèce de recherche, La grande salle est soutenue par six énormes piliers dans lesquels sont taillés six colosses, offrant le singulier contraste d'un travail barbare à côté de bas-reliefs d’une fort belle exécution.

Danvoun, avec un petit temple non achevé, du temps de l'empereur Auguste, En face de Dandour, MM. Champollion et Rosellini ont découvert un écho qui répète fort distinctement et d’une voix sonore jusqu’à onze syllabes. nait

Kazassout (El-Galabcheh, le Talmis des anciens); c'est le plus grand village qu'on ce 1 rencontre entre Assouan et Derr, quoiqu'il n'ait qu'environ 200 familles; il est situé dan presque sous le tropique. Son grand temple, que Burckhardi regardait comme un des plus k précieux restes de l'antiquité égyptienne , n’a jamais été terminé : construit sous Auguste, Caligula et Trajan, il a servi plus tard d'église aux chrétiens, M. Champollion juge ses sculptures d'un goût barbare. Tout près est situé l'intéressant monument de Bey -Oua Ur, spéos remarquable par les bas-reliefs historiques qui le décorent et qui sont d'un fort beau style. Terra, Kanpasen et Denour, petits viilages remarquables par leurs temples.

CONTRÉE ORIENTALE. Nous comprenons sous celte dénomination tous les pays situés entre l’Atbarah , le Nil et la mer Rouge. De vastes déserts vers le Nil, et des montagues escarpées vers la mer Rouge, occupent la plus grande partie de cette subdivision de la Nubie , parcourue dans tous les sens par plusieurs tribus nomades qui appartiennent à la famille Troglodytique et à la nombreuse nation Arabe, Les tribus les plus importantes comprises dans la première sont : les Hicharien: ou Bisharyes proprement dits, sur le terri-

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toire desquels se trouve OLsa , misérable viiage, avec un port sur la mer Rouge; c'est part leur marché principal. Les Hadendoa , qui habitent le fertile canton nommé B e la d-el- com Taka, et les vallées des montagnes Langay ; plusieurs s'adonnent à l’agriculture. Gos- pale Repas, sur l'Atbarah, est regardé comme leur chef-lieu. Selon Burckhardt, on trouve cripl dans les collines voisines des monumens imporlans et d'anciens tombeaux habités par des sava

familles de cette tribu. Les Aammadab où Hammadeh, qui demeurent le long de l'Atbarah. Arparau, sur l'Atbarah, village de r00 familles, est l'endroit le plus important de leur territoire. Les Hallengahs, qu'on classe parmi les Arabes, mais qui nous paraissent devoir être rangés parmi les peuples de la famille Troglodytique; ce sont de terribles brigands qui votent et pillent les tribus voisines. Dussez-DvÂs où Dauasy (mont d'or), moutagne jadis exploitée , inais non encore épuisée.

Souaxim , dont une partie est située sur un ilot et le reste sur le continent; c'est la place maritime, sur la mer Rouge, la plus commerçante de toute la région du Nil, et un des plus grands marchés pour les esclaves. Burckhardt évalue sa population à 8,000 âmes, la plupart Arabes et Hadereb, tribu des Bichariens. Cette ville est gouvernée par un énur qui autrefois n'était dépendant que de nom du pacha de Djidda en Arabie, mais qui aujour-

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des plus fréquentés de la mer Rouge. Fm ni DENT Cette partie, beaucoup moins grande que la précé- , ouest du Nil et comprend les pays suivans : le désert de Bahiou da que degré les Arabes Hassanyeh, dont plusieurs s'aduanent au commerce , et les Arabes Kababich; et le désert qui côtoie le bord occidental du Nil, et au milieu duquel se trouve l'oasis de Selimeh, remarquable par les couches de sel remme Exploitées annuellement par les Arabes nomades des cantons limitrophes. : | Egypte.

Cette contrée, si puissante sous les Pharaons, si riche sous les Ptolémces et encore si importante sous les rapports historique et archéologique, va fixer pour quelques momens notre attention. C'est l'Égypte qui mère des sciences et des arts, à instruit la Grèce, et c’est la Grèce qui a instruit les Romains pour nous instruire plus tard nous-mêmes. Après avoir, pendant plus de mille ans, éclipsé les plus glorieux empires, après avoir, sous Sésostris , subjugué une grande partie de l'Ancien-Monde elle a fini par devenir successivement le jouet des Perses, des Romains des Arabes et des Turks. La tyrannie et les fléaux qui l'accompagnent l'ont dépouillée de quelques-uns des titres de son antique gloire ; mais son nom seul ébranle encore l'imagination, et les souvenirs de Thèbes, de Memphis et d'Alexandrie, les noms du lac Mæris et du labyrinthe ’ les Lg es les onlaqes traverseront tous les siècles. Il nous conve-

ant mieu ter ici i

ce nest qu'à La fin du dernier silele qu'une armé française nn lne M des l q ce française, pénétrant ans l'ancienne patrie des Pharaons, les savans qui l'accompagnaient purent enfin présenter à l'Europe, dans le plus magnifique ouvrage qu'on ait publié, le tableau complet des débris qui ornaïent encore cette illustre contrée, et qu'à peine, il y a quelques années, un autre savant français est parvenu à déchiffrer, avec une rare sagacité, une piitie des VA gnages inscrits sur ces restes de l'antiquité, ce qui a permis d’en fixer àla-fois l'origine et l’objet. Une autre circonstance , qui méritait pres que autant notre attention, ce sont les nobles tentatives que fait le pacha actuel d Egypte, Mohammed-Aly, pour rendre à cette contrée une partie de son ancien éclat. Quel spectacle plus curieux pour le philosophe que celui d'un peuple qui essaie de sortir de la barbarie, et dont les efforts sont partagés par les peuples voisins. C’est même par-là que notre plan nous commande de commencer. Nous avons indiqué ailleurs les sources nrincipales auxquelles nous avons puisé les faits exposés dans cette courte description ; mais la reconnaissance nous impose le devoir de signaler ici les ne ee DDR ns vou nous aider dans cette tâche difficile. bal Bt : e M. Jomar 1, qui, aidé de l'influence et de la coopéras ive de M. Drovetti, consul général de France, et d'Osmän-Nour- ; Pas a tant contribué à opérer cette régénération morale, que nous Pr sparçal ae sur le gouvernement actuel de l'Egypte, sur les profl q : s et les sciences de l'Europe y ont déjà faits, ainsi que le ta- MS a divisions administratives actuelles. Pour l'Égypte antique , Î Pollion nous à ouvert ses portefeuilles, communiqué ses souvens , et même des résultats que l’ordre de ses travaux ne rendra publics que on$-temps après l'apparition de notre ouvrage : ainsi l'obligeance du savant

ntcrpréte de l'Égypte des Pharaons a été inépuisable comme sa science.

rable endroit, avec une la roche, qu'il ne faut uité ; le plus ancien rele plus récent au règne de sables; il est surtout la belle époque de l'art dé par Thouthmosis 111

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empereur Auguste, En écho qui répète fort

us grand village qu'on o familles; il est situé dait comme un des plus onstruit sous Auguste, . Champollion juge ses nent de Beyt-Ouallr, tet qui sont d’un fort ables par leurs temples, ination tous les pays sirs le Nil, et des montade cette subdivision de s qui appartiennent à la s plus importantes comment dits, sur le terriur la mer Rouge; c'est on nommé Zelad-elat à l'agriculture. Gos- Burckhardt, on trouve mbeaux habités par des eurent le long de l'Atoit le plus important de mais qui nous paraissent ce sont de terribles briu Dauasy (mont d'or),

1 le continent; c'est la la région du Nil, et un spulation à 8,000 âmes, tgouvernée par un émir Arabie, mais qui aujour-

« Ona eu ce moment, dit M, Jomard, sous les yeux une sorte de phénomène moral bien fuit du

pour frapper , et cependant presque inaperçu. Le bandeau du fanatisme et de l'ignorance le d tombe par degrés des yeux des Orientaux qui, depuis cinq ans, sont venus chercher la { lumière en France, Si on comparait l'état actuel des jeunes Egyptiens qui se sont in- con struils à Paris et sur d'autres points du royaume, avec ce qu'ils étaient en ÿ arrivant, dra avec ce qu'était l'Egypte elle-même dans les années antérieures, ou ce qu'elle est en- tion core dans la plus grande partie de son territoire; si on se reportait au point de départ mi de tous ces missionnaires de la civilisation , on serait grandement surpris du chemin soit qu'ils ont fait. On serait étonné surtout de l'aptitude singulière que plusieurs d'entre éles eux ont montrée, non-seulement pour les arts eurorcens , pour l'industrie et les sciences ou ( utiles à la société , mais encore pour les principes de la civilisation moderne, pour les peu idées fondamentales de la société européenne, si différentes de celles des peuples de dus! l'Orient, Il est vrai que le perfectionnement graduel de ces étrangers, et leur contact sait continuel avec nos mœurs et nos usages, nous ont accoutumés à ce singulier changement, l'écl N'était-il pas, aprés tout, bien déraisonnable à ceux qui proposaient de leur refuser le se. la n cours de l'instruction (sous prétexte de leur inaptitude), d'imposer des bornes aux facultés que humaines, comme si l'on pouvait déterminer rigoureusement la mesure de l'intelligence lutte dans une rare ou dans l’autre, et d'en faire un privilège exclusif pour l'Europe; comme frap si la portée de l'esprit humain était fixée à toujours, par le climat, les préjugés et les plan institutions ! Quant à ceux qui, par intolérance religieuse ou politique, s'opposaient à ce con qu'on instruit des barbares, il faut les plaindre plutôt que de leur répondre. mer I suffisait presque, pour réussir dans une telle tentative, d'étudier avec soin le caractère abor de ces Orientaux , de leur préparer les voies en les mettant promptement en possession man de la langue française, qui devait leur servir de clef pour pénétrer plus avant. 11 fallait mon leur inspire: le goût de l'étude par des occupations variées et agréables , et en même acte temps s'effurcer, par le ressort de la discipline (quoique bien nouvelle pour eux ), de curé les habituer au travail et de vaincre l’apathie orientale ; oppuser enfin aux obstacles ressc moraux et matériels une patiente persévérance et des soins vigilans, sans quoi l’on n'é- du x vitait pas les écueils où d'autres étaient tombés quelques années auparavant. tem] Avant de donner un aperçu du résultat des soins qu'on a pris pour initier aux sciences pas à et aux arts les go Égyptiens venus successivement en France depuis 1826, il faut donner la gl une idée de l'état actuel des choses en Egypte; on sera mieux disposé par-là à augurer des « favorablement de l'avenir de cette jeunesse , car l'incertitude de son avenir était encore le la pe sujet d'une autre objection contre l'utilité de eette entreprise philanthropique. Si l'Egypte Grai u'avait pas marché elle-mème dans la route de la civilisation, l'on pouvait craindre que V'Eg, les efforts tentés en Europe n’eussent pas de résultats, et il fallait travailler à un état de tre 1 choses qui permit aux adeptes égyptiens de retrouver dans leur patrie quelques secours dont pour se perfectionner , et d'y respirer encore, pour ainsi dire, une atmosphère scienti- V fique. Heureusement que les germes déposés sur ce sol fécond par l'expédition française anne ne s'étaient pas éteints. La tradition en est vivante encore et dans toute sa force. Persuadé Jusq sans doute qu’il faut, pour civiliser un pays, commencer sur-le-champ, et sans perdre un L moment, par l'éducation, comme on commence un jardin par les plantations et un édifice port par les fondemens , le vice-roi a fondé plusieurs écoles de mathématiques et de méde- réflé cine. Un génie supérieur pouvait seul songe: à des créations si étrangères au sol égyp- qu'oi tien, tel que la conquête de Sélim l'a façonné, Il faut savoir que Mohammed-Aly entre- dit, tint d'abord à ses frais non-seulement les élèves de ces écoles, mais jusqu'à leurs familles. obsel La première école, connue sous le nom de Casr-el-ain (du nom d'un bâtiment situé entre le men! Caire et le Nil), a fourni le plus grand nombre des jeunes gens envoyés en France en cons! 1826 , à la vérité trop âgés, bien peu préparés, et, si on peut le dire, à peine dégrossis. un gl En y rentrant comme maîtres, plusieurs de ces jeunes gens y porleront les bonnes Li méthodes et les moyens d'arriver à de plus grands succès, d'obtenir des résultats positifs disse et efficaces. gene L'école de médecine attachée à un hôpital, un des plus grands qui existent, fait de son bres côté des progrès réels, surtout dans les opérations chirurgicales. Elle compte plus de l'adn 300 élèves et possède un grand nombre de sujets qui se distinguent déjà par la science et De

la pratique. Ces deux derniers établissemens, situés à Abou-Zabel, à r2 milles au nord

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acte, jugé tyrannique et contraire aux intérêts du commerce et de l’agriculture, lui a pro-

pas à l’aide de mesures un peu oppressives , mais malgré ces mesures, de porter au loin la gloire du nom égyptien, et de le faire respecter même de la puissante Europe et de bien des ennemis, de tripler les revenus publics, de doter enfin le pays de cultures nouvelles , la postérité aura à décider s’il aurait réussi autrement, et s’il est au-dessous de Pierre-le- Grand, Nous pouvons mème dès aujourd'hui décider si, à ce prix, l'amélioration de l'Egypte est payée trop cher , et si la France et le reste de l'Europe doivent compromettre les avantages que cet état de choses leur promet en Afrique, en arrêtant l'impulsion donnée, ou mème en ne la secondant pas par un concours actif et zélé.

années ; il résulte de pièces authentiques, dont la plupart sont encore peu connues jusqu'à présent.

portance; mais, le plus souvent, cet abandon est très significatif pour l'observateur qui réfléchit, et c'est surtout à l'Orient que cette vérité doit s'appliquer, Si, par exemple, ce qu'on nomme le costume oriental, si la pipe, la barbe et le turban y perdaient de leur crédit, il faudrait croire à une véritable révolution morale : or, c'est ce qu’on commence à observer en Égypte, surtout dans l'armée. Personne n’est plus scandalisé de ces change. mens, même parmi ceux qui ne les approuvent pas. L'ampleur des habits a diminué considérablement; on se contente de couvrir la tête avec le tarbouch, ou profonde calotte ; un grand nombre d'individus, même étrangers à l'armée , se rasent le menton.

dissemens. Des assemblées provinciales sont établies. Une assemblée centrale, ou divan général, composée des députés de toutes les provinces , au nombre de plus de 180 membres , a été réunie dans la capitale ; une trentaine d'officiers civils et militaires, attachés à l'administration actuelle, en faisaient partie. Il y a eu, en août 1829, à Casr-el-Aiïn, une première réunion de ce divan au palais d’Ibrahim-Pacha et en sa présence, dans laquelle on a délibéré sur les affaires de l'intérieur de l'Égypte.

DESCRIPTION DE L'AFRIQU I

médecin fra

du Caire, n'en font qu'un; ils fleurissent sous la conduite d'un le docteur Clot,

Une grande école centrale est projetée en ce moment pour l'enseignement des prircipatles connaissances et professions savantes ou industrielles. Ce projet gigantesque coriprendrait le plan d'une école polytechnique associée à celui des diflérentes écoles d'application , soit pour les services et les travaux publics, soit pour les arts chimiques, économiques et mécaniques, et même pour le commerce et l'agriculture, Quoique l'Egypte ne soit pas mûre pour une si vaste conceplion, toutefois il faut dire que plusieurs des élèves de l'école franco-égyptienne , seront dans peu d'années en état d'enseigner douze ou quinze professions où branches des sciences et des arts; quant à la dépense, elle ne peut effrayer le prince qui a tant fait de frais pour l'instruction , pour les canaux et l'industrie , et qui entretient si généreusement les grandes écoles d'Egypte et de France, On sait qu'il a introduit l'imprimerie, les machines elles bateaux à vapeur, V'art télégraphique, l'éclairage au gaz hydrogène et bien d'autres améliorations, encore étrangères à plus de la moitié de l'Europe. Et qu'on ne dise pas que de pareils changemens sont prématurés , que tout finira avec lui, qu'un insensé seul peut se livrer à des rêves d'amélioration ou lutter contre l'ignorance et le fanatisme du pays. Pour réaliser ces changemens il fallait frapper les esprits et les veux par les merveilles des arts de l'Europe, ouvrir des canaux et planter des routes, exploiter le sol et accroître ses produits, communiquer avec toutes les contrées voisines , former une armée puissante et défendre ses frontières de terre et de mer, appeler l'industrie à mettre en œuvre les matières premières dont la vallée du Nil abonde ; il fallait aussi comprimer l'opposition fanatique des ulemas, la résistance des Osmanlis et de tous les partis. Il a fait toutes ces choses et de plus grandes encore. Et si le monopole qu’on lui reproche est une tache à son administration ; si en mème temps cet

curé les moyens de réaliser des entreprises si coûteuses ; si son armée, aidée de puissantes ressources, est venue à bout d’assujétir l’Arabie, la Haute-Nubie et les contrées libyques du voisinage , de détruire par-là l'influence barbare des nomades, si hostile, depuis un temps immémorial, à la culture et à toute civilisation; si le prince est venu à bout, non

Voici un aperçu succinct des changemens survenus en Egypte depuis les dernières

Le changement des simples usages matériels est considéré quelquefois comme sans im-

Les provinces viennent d’être divisées en départemens, en arrondissemens et sous-arron-

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