AMÉRIQUE-ESPAGNOLE
, POSITION ASTRONOMIQUE de l’île de Cuba. Zongitude occidentale, entre 76° et 87°. Latitude boréale, entre 20° et 23°.
CONFINS de l'ile de Cuba. Au nord, le golfe du Mexique, le détroit de la Floride, le canal de Bahama. A l'est, ce même canal, ensuite le canal nommé par les marins Passe-du-Vent, qui sépare Cuba de la république d'Haïti. Au sud, la mer des Antilles qui la sépare de la Jamaïque et de la confédération de l’Amérique-Centrale. A l’ouest, le canal de Yucatan, qui la sépare de la confédération Mexicaine.
L'île de Porto-Rico, située entre l'Océan-Atlantique et la mer des Antilles, a, à l’est, les Antilles-Danoises et Anglaises, et à l'ouest, la république d'Haïti. |
FLEUVES. Bien que l’île de Cuba soit la plus grande terre de l’Archi-
pel Colombien ou des Antilles, elle n’a pas de fleuves considérables, surtout lorsqu'on veut les comparer à son étendue. Tous ont un cours très borné, et la plupart de leurs lits sont presque toujours à sec dans les grandes chaleurs. Parmi le très petit nombre de fleuves dignes d'attention , on peut citer les suivans :
Le Rio-Cauro; c’est le plus considérable de tous; il prend sa source sur le versant septentrional de la Sierra del Cobre. Il doit la longueur de son cours, qu'on estime à près de r5o milles, à la direction tortueuse de £a marche, Le Cauto fertilise le départe» went Oriental et débouche quelques milles au-dessous de Mauzanillo.
Le Rio px Guines, remarquable par le projet qu'on a eu en 1798 de l’unir au canal de pelite navigation qui devait traverser l'ile dans le méridien de Batabano.
Le Az ou Rro ne Los Necnos, le plus remarquable peut-être de tout l'archipel par les magnifiques scènes agrestes qu'offre son cours. Le Aÿ s’élance de la caverne del Sumidero , par bonds qui forment plusieurs cascades de 60 à 65 varas de hauteur, passe ensuite sous un pont naturel gigantesque, et vient reprendre son cours paisible au-dessous de Pueblo-Viejo.
DIVISION et TOPOGRAPHIE. Après la perte définitive des magnifiques et vastes possessions que l'Espagne avait sur le Nouveau-Continent, cette puissance n’étend plus sa domination que sur les deux îles de Cuba et du Porto-Rico; la première est la plus étendue de l'Archipel-des-Antilles; la seconde est la plus petite du groupe des Grandes-Antilles. Ces deux îles forment deux capitaineries générales qui offrent différentes subdivisions, dont les détails sont étrangers à cet ouvrage. Nous ferons cependant une exception pour l'île de Cuba, à cause de sa grande importance. Le tableau suivant, rédigé sur des documens officiels, offre les lieux les plus remarquables ; les chiffres ajoutés après les noms indiquent la population de chaque lieu, d’après le recensement de 1827. Pour ménager l'espace, on s’est borné à indiquer en milliers le nombre d’habitans, en exprimant en fractions décimales les centaines d’habitans de tous les lieux $ dont la population est au-dessons d’un millier. Voyez à la page 121.
rive gauche du Suce beau fleuve, qui e rade constamment florissant y attire.
illes de l’'Amériquea plus peuplée noni de toute l’immense gnées e* ornées d’ale couvrent de fleurs Lverneur et l'hôtel de trées. Les maisons, s, ont une belle apeublées avec luxe et t plusieurs accidens ur qu'il ne soit pas ui autrefois était de de la Guyane, a été abroek ou George- 1149. On s'accorde
de 40 milles on trouve:
| Guyane; il est bâti sur NA , joli village, bâti et im ; il possède une belle able Nouvelle-Jérusalem té , et s'adonne à l'agri-
érique-Hollandaise.
T , jolie ville; chef-lieu e surtout par la beauté ore florissant, quoique ande faisait gagner des dises européennes daus de déclarer Willemstadt » de cette ville, dont on
SAINT-EUSTACSE, petite on commerce très floris-
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ILE DE CUBA et dépendances.
DéparT. OcciDenNTAL. LA-HAVANE (Havana), 112. Guanajay, 2. Jesus - del = Monte, à. Madraga, 1. Cano, 1. Calvario, 0.9. Mariel, 0.8. Guatao, 0.7. San-Jose de las Lajas, 0.5. Los Quemados, 0.4. Puentes-Gran. des, 0.3, Gibacoa, 0.3. Matanzas, 14. Seiba-Mocha, 0.3. Pinal del Rio, 0.3. Santiago, 0.2. Batabano, 0.3. L'ile de Pinos avec la colonie Reina-Amalia , 0.2. Jaruco, 0.9. Santa-Maria del Rosario, 1. Bejucal, 2. Guanabacoa, 5. Guin:s, 3. Villa de San An. tonio, 3. Caimito, 0.3.
Dépanr. vu Csvrre.. Puerto-Principe (Ciudad de Santa-Maria de Puerto-Principe), 49. Colonia de San-Fernando de Nuevitas,o.7. Cubiias, 0.3. Guaimaro, 0.3. Sibanicu, 0.4. Guanaja, 0.050. Tiinidad (Ciudad Maritima de Trinidad), 13. Curacucey, ? Villa de Santa-Clara, 9. La Puerta del Golfe (Nuestra Señora de la Esperanza),0. 7. Sagua-la-Grande (El-Embarcadero), 0.5. Colonia de Santo-Domin- 8°» 0.8. San-Narciso de Alvarez,0.3. Quemado de Guines, 0. Villa do Espiritu Santo, 11. Moron, 0.7. Villa de San-Juan de los “Remedios, 5. San-Agustin de Mayagigua, 0.2. Ciudad Fernandina de Jagua, 0.8 à
Départ. ORIENTAL. . Santiago de Cuba (Ciudad Maritima de Santiagu de Cuba), 2, San-Luis del Caney,0.5. Caridad del Cobre (Villa de Nuestra Señora de la Caridad del Cobre), 0.6. San-Gregorio de Mayari, 0.7. Sagua, 0.4. Villa de Bayamo, 7. Manzanillo, 3. Cautu del Em. barcadero, 5. San-Geronimo de las Tunas, 2. Higuany (San- Pablo de Jiguani), 2. Holguin (Ciudad de San-lsidoro de Holguin), 8 Puerto de Gibara,o.3. Baracoa (Ciudad y Puerto de Nuestra Señora de la Asumpcion de Baracoa), 3.
ILE DE PORTO-RICO. San-Juan (San-Juan de Puerto-Rico); Manaty; Arecive; Coamo;
Guayama; San-German; Mayaguez (Magagua; Miaguessé); Cabo-Roxo; Ponce. Dans le groupe des Vierges, les îles Grand et PetitsPassage, Colubra (Serpent), Bieque (Boriquem ; Crabe ou Krabben).
La-Havane, grande ville, très forte et très peuplée, située sur la côte septentrionale de l’île de Cuba, qui y forme un des plus beaux ports du monde. C'est la résidence du capitaine général, de l’intendant ou gouverneur civil du département Occidental et d’un évêque, qui jouit d’un revenu estimé à 110,000 piastres. «Vue de l'entrée du port, dit M. Galibert, La-Havane offre un des coups-d’œil les plus rians et les plus pittoresques dont on puisse jouir sur le littoral de l’Ainérique-Equinoxiale. Ses environs, sans avoir la sauvage majesté des côtes du Brésil, réunissent, à la grâce des scènes de la nature cultivée de nos climats, la vigueur organique qui caractérise les productions végétales de la zone torride, Les châteaux forts qui couronnent les rochers à l’est du port, son bassin entouré de villages, et dans lequel se déploient les brillantes couleurs des pavillons de diverses nations, les flèches pyramidales d’un gra. nombre de clochers qui se confondent , tantôt avec la cime panachée du palmier royal, tantôt avec la mâture des vaisseaux, la couleur verdoyante des jardins intérieurs, le faîte rougeâtre des maisons, présentent, par un beau soleil, le spectacle le plus ravissant, Mais l’intérieur de la ville est loin de répondre à ce premier coup-d'œil. A l'exception de la douane , de l'hôtel des postes, du palais du gouverneur , de la manufacture des tabacs et de quelques hôtels de la noblesse, on ne voit partout que maisons basses, construites, il est vrai, avec solidité, mais encombrées de balles, de caisses, de tonneaux.
Dans ses rues, presque toutes étroites et mal pavées, où l’on est suffoqué
par l'odeur du £asajo (viande salée), on ne rencontre que portefaix et esclaves chargés, que charrettes, que volantes (espèce de chaise de poste)
de gens d’affaires , cabriolets sans ressorts, qui, dans leur marche rapide, soulèvent des flots de boue ou des nuages de poussière. Dans le port, sur les quais, à l'intérieur de la ville, tout respire l'activité et le mouvement, mais sans ce luxe, sans cette recherche, sans ce comfort que l’on trouve dans la plupart des villes commerçantes de l'Europe. Le soir seulement, ses délicieuses a/amedas (promenades) sont envahies par un concours varié de promeneurs des deux sexes, dont l'élégance et la toilette pourraient rivaliser avec celle de nos fashionables ; et lorsque, au théâtre, qui est assez vaste pour admettre 1,800 spectateurs, on représente un opéra de quelque maëstro fameux, on est sûr de pouvoir y admirer les grâces et la beauté piquante des Havanaises de distinction. »
Parmi les belles maisons de La-Havane, dit un jeune voyageur qui l’a visitée dernièrement, et qui confirme la peinture que nous en avons donnée, on remarque celle du comte de Fernandina, qu'il a payée 1,500,000 francs; il y en a sept ou huit dans la ville qui ont coûté cette somme ; on ne peut se figurer le luxe déployé par les nobles habitans de ces palais. La plaza de armas, qui est la place principale de La-Huvane, est ceinte par le palais du gouverneur et par celui de l'intendant; elle est ornée de statues, de vases, de fleurs, de plantes indigènes et exotiques, coupée de jolies allées sablées, et entourée de bancs de pierre avec des dossiers en fer; le soir elle est très bien éclairée. Vis-à-vis le palais du gouverneur, dit M. Eugène Ney, est une chapelle élevée en mémoire de la première messe, qui , à la découverte de l’île, se célébra dans cet endroit, à l’ombre d’un immense ceiva, qui existait encore il y a peu d'années. Les ouvrages qui fout de La-Havane une des plis fortes places du monde , méritent une mention particulière par leur importance, leur solidité et par les sommes dépensées pour leurs constructions : le seul ancien chemén couvert du comte de Santa-Clara a coûté 700,000 piastres; le Morro, qui avec le fort de la Punta défend l'entrée du port, exige 800 hommes de garnison ; la Cabaña, qui en demande 2,000, est une superbe citadelle, avec de vastes casemates ; le Fort situé à l’est de la Cabaña; les châteaux de 4#tarés et del Principe , et la batterie de Santa-Clara, sont les autres ouvrages les plus importans. On ne doit pas oublier l'arsenal, qui doit être rangé à côté des principaux établissemens de ce genre que ossède l’Amérique. On y a construit de superbes vaisseaux qui, dit M. de Humboldt, sont plus chers sans doute que les vaisseaux des chantiers d Europe; mais ils ont sur ces derniers, par la nature des bois des tropiques, l avantage d une longue durée. Depuis 1978 jusqu'en 1827, cet arsenal a fourni à la marine militaire de l'Espagne 22 frégates, 7 paquebots, 9 brigantins, 14 goëlettes et 4g petits navires. : Re RU Pre
La-Havane possède plusieurs institutions scientifiques et littéraires , qui, en rehaussant les facultés del homme , concourent à le faire avancer rapidement vers un état de civilisation plus perfectionné, qui distingue avantageusement cette ville de plusieurs autres grandes capitales de l’Amérique ci-devant Espagrole. « L'université, dit M. de Humboldt, avec ses chaires de théologie, de jurisprudence, de médecine et de so 1e établies depuis 1728 dans le couvent des Padres Predicatores ÿ Le c d'économie politique , fondée en 1818; celle de botanique agricole ; . musée et l'école d'anatomie descriptive, due au zèle éclairé de don Alexan ro Rainirez; la bibliothèque publique, l'école gratuite de dessin et de ob.