DE LA POLYNÉSIE
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sont les plus étendues de cette partie du monde, Viennent ensuite celles de la côte orientale de Sumatra. On connaît trop peu la partie intérieure de Bornéo et de la Papouasie (Nouv.-Guinée) pour pouvoir citer celles qui probablement se trouvent dans ces deux grandes terres. Toutes les autres iles offrent des plaines inférieures à celles que nous venons de nommer,
DÉSERTS. On trouve dans le Monde-Maritime plusieurs solitudes, mais on n’y voit aucun désert proprement dit, Le Continent-Austral seul forme une exception; il offre le long de ses côtes méridionale et :::cidentale, et probablement dans son intérieur, de vastes espaces qui jure raient mériter ce nom.
CLIMAT. À l'exception de la partie méridionale du Continent-Austral Nouvelle-Hollande), de la Diemenie (Terre de Diemen) et de la Tasmanie Nouv.-Zélande), toutes les grandes terres de l'Océanie éprouvent tour-à-
tour l’inflience d’un soleil vertical et jouissent des avantages des climats de la zone torride , sans éprouver, cependant, à quelques exceptions près, les chaleurs excessives qu'on observe dans les climats correspendans des autres parties du monde, Mais à cause de la petite étendue des terres, ces effets généraux sont ici plus modifiés qu'ailleurs par l'effet des volcans, des vents et de la différence d'élévation du, sol,
Comme la presqu'île de l’Inde et les golfes du Bengale et d'Oman, ka Maluisie est soumise à deux moussons : au nord de l'équateur règr.« celle des mers de Chine ou Sud-Ouest et Nord-Est, et au sud on ressent coile des mers de la Sonde et des Moluques ou Sud-Æst et Nord-Ouest, dont les ef. fets sont totalement opposés. Les vents qui dépendent de l’est sont ceux de la belle saison; ils règnent au sud de la ligne de mai à octobre, et au nord d'octobre à mai. Les vents, au contraire, qui tiennent de l’ouest sont ceux du mauvais temps et de la saison pluvieuse ; ils succèdent aux premiers. C’est au milieu de leur durée que les uns et les autres font particulièrement sentir leur force et leur influence. Les changemens de mousson s’établissent par un mois de calme ou des vents faibles et variables, pendant lesquels les naturels font dans leurs piragues de longs voyages sur des mers tranquilles. Dans les îles Philippines les passages d’une mousson à l’autre sont souvent accompagnés de ces coups de vents terribles appelés typhons , qui sont inconnus dans l’autre hémisphère. La brise souffle quelquefois avec une grande force, mais on n’éprouve jamais d’ouragans au sud de la ligne. Près des côtes, à certaines époques , des brises réglées de terre et de mer se succèdent comme le jour et la nuit avec des intervalles de calme. La direction des vents est aussi modifiée quelquefois par la rencontre des terres et le gisement des détroits. Dans certains parages la mousson tient plus de l'est ou de l’ouest, dans d'autres, elle dépend davantage du sud ou du nord. Il arrive aussi que la hauteur des montagnes, en arrétant les nuages, cause des anomalies dans les saisons. Ainsi, la mousson du sud-est, qui est si belle À Amboine, occasionne des pluies dans celle de Bourou qui en est très voisine.
Les mers inter:ropicales de la Polynésie sont rafraîchies, comme l'Océan- Atlantique, par les vents alisés qui dans l'hémisphère boréal soufflent entre le nord et l’est, et dans l'hémisphère austral entre le sud et l’est. Dans le voisinage des grandes îles , la rencontre des montagnes altère souvent leur direction, etils sont même remplacés quelquefois par des brises alternatives de terre et de mer. Pendant les mois d'hiver, c'est-à-dire lorsque le se-
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DESCRIPTION DE L'OCÉANIE. 1195 éteint time
cond passage du $oleil au zénith amène les pluies, les vents tournent touti-fait et soufflent très fréquemment du sud et du sud-ouest. Aux é ui-
qui D noxes les coups de vent sont quelquefois très impétueux aux îles Sandwich; res D il; ont beaucoup moins de force dans l'archipel de la Société. Les îles Ma- Pe rinnnes et la partie occidentale des Carolines, situées à la rencontre des es,
vents alisés avec ceux des moussons , subissent particulièrement l'influence de ces derniers, qui se font quelquefois sentir à une L'‘stance encore plus grande dans l’est. Dans le voisinage de l'équateur les brises ont moins de régularité et les calmes sont plus fréquens.
La côte orientale de l'Australie (Nouvelle-Hollande), entre les tropiques, est assujétie à la mousson sud-est et nord-ouest. À partir du tropique du Capricorne jusqu'au détroit de Bass, le vent souffle depuis octobre jusqu’en avril du sud-est avec beau temps, mais en hiver , de mai à septembre, les vents de sud-ouest et d’ouest sont dominans.
On peut dire, en général, que cette partie du Monde-Maritime jouit | J'un climat sain, à l’exception des côtes marécageuses de quelques îles, qui, exposées à l’action d’une grande chaleur, offrent un air pestilentiel. Dans la Malaisie, Batavia et Coupang ont joui long-temps d’une terrible réputation d’insalubrité qu’ils méritent encore à certaines époques de l'année. Un relevé exact des décès depuis 1730 jusqu’en 1752, démontre qu'il a été enterré dans les différens cimetières de Batavia plus de 1,100,000 individus. Dans la seule année 1751 il y est mort 58,609 personnes , et cela lorsqu'on estimait sa population permanente à environ 70,000 âmes.
L'Océanie-Centrale et surtout le Continent-Austral présentent dans leur climat des excès inconnus dans la Polynésie et dans la Malaisie. Dans le comté de Cumberland et dans ceux qui l’avoisinent, la température de l'air,
rs. M très chaude dans le mois de décembre, fait monter le thermomètre cene- D tigrade quelquefois jusqu’à 50°; Collins dit même qu'on a vu les forèts et les ta- D herbes prendre feu, et Péron et beaucoup d’autres voyageurs représentent int D les effets produits par le vent du nord-ouest comme semblables à ceux du SD chamsyn de l'Egypte. Les côtes méridionale et occidentale de ce continent à D sont en général arides et privées d’eau douce, ainsi qu’une partie de la és D côte septentrionale. Nulle part ses rivages ne sont attraÿyans, mais dans ' | toutes les parties explorées, plus on s'enfonce vers l'intérieur, plus le
pays prend un aspect riant. Le climat de l'intérieur, dans la partie connue, paraît très propre à l’existence de l'homme ; celui de la Diemenie est un des plus sains qu’on connaisse, En général on peut dire que cette partie du Monde-Maritime est salubre et favorable à la colonisation et à la multiplication de l’espèce humaine, surtout dans les endesîles. On a cependant observé que pendant l'hiver la température «:* plus basse hors des tropiques que dans le: latitudes correspondani:: de l'hémisphère boréal.
Le peu d’étendue des nombreuses îles qui forment la Polynésie leur rocure un climat tempéré, semblable à celui de l'Océan lui-même. Les iles hautes paraissent autant de paradis terrestres. Susce tibles de donner presque toutes les productions aux différentes hauteurs de leur sol fertile, la température varie sur ces petites terres avec leur élévation. L'air y est sans cesse renouvelé. Pendant une grande partie de l’année les vents alisés soufflent avec force dans une méme direction; quand ils s’affaiblissent et que la terre s’échauffe beaucoup, les îles éprouvent des calmes ou des brises alternatives de mer et de terre; la première se fait sentir ordinairement
‘ l'appui de notre assertion. Les mines d’étain de l'ile de Banca , dans l’O-
depuis dix heures du matin jusqu'à six heures du soir ; la brise de terre eo depuis sept heures du soir jusqu’à huit heures du matin. Ce printemps per- Let pétuel n’est que rarement troublé par des ouragans et par des tremble- pou mens de terre , dans celles qui ont des volcavs , ou en sont voisines. sel.
MINÉRAUX. Ne connaissant encore que très imparfaitement l'inté.. un. rieur des plus grandes terres de l'Océanie, on ne saurait tracer le tableau des richesses minérales de cette partie du monde, Cependant , les notions acquises dernièrement sur ce sujet par de savans voyageurs, non-seulement ont démontré que la Malaisie (Archipel-Indien) possède les mines d'étain les plus riches du globe, mais que les mines d'or et celles de diamans de l’île de Bornéo, quoique mal exploitées , non-seulement sont comparables pour la richesse de leur produit à celles des contrées du globe regardées comme les plus célèbres sous ce rapport, mais que peut-être elles leur sont supérieures soit par l'abondance du métal, soit par la grosseur des diamans. Voici quelques faits assez bien constatés qui viennent à
céanie-Hollandaise , ne donnent pas moins de 58 pour cent et sont d’une exploitation très facile, surtout lorsqu'on les compare à celles du Cornouailles en Angleterre, regardées cependant comme les plus productives de l’Ancien-Continent. Malgré l’imperfection de leur exploitation, les mines de Banca rapportaient 66,000 pikles d’étain en 1750; ce produit, selon M. Crawfurd, était tombé à environ 10,000 pikles depuis 1799 jusqu’à l’époque de l'occupation de Java par les Anglais. En 18:7 il s'était déjà élevé jusqu’à 35,000 pikles ou à 2,083 tonneaux anglais, égalant par conscquent la moitié du produit de toutes les mines du Cornouuilles à la même époque. On nous assure que cette production a encore considérablement augmenté dans ces dernières années. M. Crawfurd estime à 88,362 onces anglaises la quantité d'or retirée annuellement des mines de Montradak, sur la côte occidentale de Bornéo, exploitées par environ 6,000 Chinois; il porte à 35,530 onces le produit des mines de ce métal dans le Pays des Battas, dans le ci-devant empire de Menangkabou et dans le royaume d’Achem, et il évalue à 30,973 onces tout l'or recueilli annuellement dans les îles Celèbes, Timor et autres parties de la Malaisie ; ce qui donne un total pour toute cette grande division de l'Océanie de 154,865 onces, équivalant à 4,700 kilogrammes ou à une valeur d'environ 2,980,000 piastres d’Espagne. En comparant ces produits et cette valeur avec les renseignemens du même genre que nous avons donnés aux pages 497, 958, 9bg et 1029, le lecteur verra la place distinguée que la Malaisie doit occuper parmi les contrées les plus aurifères du globe. M. de Rienzi nous assure qu'on a trouvé, dans quelques vallées des cantons aurifères de Celebes, des morceaux d'or pur dans leur gangue du poids de 4 à 12 livres. Les territoires de Benjermassin et Pontianak dans l’île de Bornéo, et, selon M ‘> Rienzi, les monts Cristallins dans le royaume de Varouni dans c sème ile et quelques vallées dans celle de Celebes, offrent, avec 1.: , le Brésil et l’Oural, les seules contrées connues du globe où l’on ait encore trouvé des diamans. Les plus riches mines se tronvent dans les environs de Landak dans l’île de Bornéo; les Dayaks ou les indigènes sauvages sont les seuls qui les exploitent, et leurs précieux produits sont taillés et polis par les Bouguis établis dans cette île. Nous verrons plus bas que c’est dans les mines de Landak qu’on a trouvé un des plus gros diamans
DESCRIPTION DE L'OGÉANIF. 1197
connus après celui que possédait le grand-mogoi au temps de Tavernier. Le tableau suivant offre les contrées de l'Océanie reconnues actuellement pour être les plus abondantes en pierres précieuses, en métaux, houille et sel. Dans chaque article, on a essayé de placer chaque pays avant ou après un autre, selon la quantité plus où moins grande du minéral qu'il produit.