TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE L'OCÉANIE
Diamans. Bornéo, les royaumes de Benjermassing, de Sambas, de Sukadana et de Varouni. Ox. Bornéo, royaume de Sambas , ete. ; Sumatra, e ci-devant empire de Menangkabou, et autres contrées de l'intérieur ; Célèbes, presca'ile du Nord-Est; Lucon; Mindanao; Timor. Q Érain. Banka: Sumatra; Billiton; Linga où Lingen; Celebes. Cuivre. Sumatra , royaume d'Achem; Lucon; Timor; Celebes; Australie, Nouvelle-Galles. Pomn. Archipel des Philippines, surtout l'ile Lucon; Australie, Nouvelle-Galles. Fer. Billiton; Sumatra, le ci-devant empire de Menangkabou; Célèbes, Louhou; Bornéo; Diemenie (Terre de Diémen), etc.
Canson DE TERRE, Australie, Nouvelle-Galles; Diemenie (Terre de Diemeu). Sen. Java; Célèbes; Bali, etc.
; la brise de terre . Ce printemps pert par des tremblesont voisines.
barfaitement l'inté..
it tracer le tableau ndant , les notions urs, non-seulement e les mines d’étain Îles de diamans de t sont comparables u globe regardées eut-être elles leur it par la grosseur és qui viennent à Banca , dans l’Ocent et sont d’une » à celles du Cores plus productives exploitation, les 17b0; ce produit, epuis 1799 jusqu’à 18:57 il s'était déjà , égalant par conséouuilles à la même considérablement me à 88,362 onces nes de Montradak, ron 6,000 Chinois; al dans le Pays des t dans le royaume annuellement dans e; ce qui donne un 54,865 onces, équi- 2,980,000 piastres avec les renseignes 497; 928, 9b9 et laisie doit occuper Rienzi nous assure rifères de Celebes, 4 à 22 livres. Les Bornéo, et, selon e de Varouni dans bes, offrent, avec »s du globe où l'on e tronvent dans les u les indigènes sauproduits sont tails verrons plus bas s plus gros diamans
VÉGÉTAUX. De même que pour l'Asie ct l'Amérique, nous partagerons l'Océanie en plusieurs climats, dont nous examinerons successivement les productions végétales les plus dignes d'intérêt. Les petites îles parsemées sur l'immense étendue de la mer du Sud sembleraient, pour la plupart, des parcelles détachées du Continent-Américain. La nature de Jeurs plantes, qui ont une grande analogie avec celles du versant occidental des hautes chaines dont le prolongement s'étend presque sans interruption du nord au sud, le long des côtes de l'Amérique, confirme notre supposition. Mais les archipels qui avoisinent la Nouvelle-Hollande, ceux qui, dans l'hémisphère boréal, se projettent vers l’Asic, participent aux végétations du littoral de ces vastes continens. C’est donc une végétation mixte et sans physionomie particulière que celle des îles Basses, Marquises, de la Société, des Amis, des Navigateurs, de la Nouvelle-Calédonie, Sandwich, Mulgrave, Marianes, Philippines , etc., etc. On a remarqué seulement qu’elle est loin d’être aussi riche en espèces que celle des continens qui correspondent à ces îles. Leur éloignement et pour la plupart la nullité du commerce qui seul pourrait y attirer des Européens, sont, il est vrai, des obstacles à la connaissance des productions qu’elles recèlent. Mais si l’on fait attention à la petitesse de chacune d'elles, et si l’on observe en même temps que plusieurs expéditions ont été tentées à une époque, où les richesses de la nature étaient explorées avec soin et discernement, et par des hommes qui en ont fait un objet spécial d’études, on sera disposé à croire que nous possédons des données bien suffisantes pour former une flore générale de toutes les îles découvertes par Cook et par les navigateurs modernes. Les Forster et J. Banks, compagnons de Cook , Commerson celui de Bougainville, en ont, pour ainsi dire, esquissé les premiers traits. Labillardière, dans la relation du voyage à la recherche de Lapeyrouse, s’est surtout appliqué à faire connaître les plantes de toutes les iles où il à descendu. Enfin les investigations récentes de MM. Gaudichaud , Durville et Lesson ont jeté beaucoup de lumières sur la botanique de l'Océanie.
Parmi les îles de la Société, de l'Archipel-Dangercux et des Marquises, Otahiti à été plus souvent visitée et mieux connue que les autres, qui d'ailleurs offrent avec elle une grande ressemblance dans leurs productions. Mais, dans cette île intéressante, une demi-civilisation a déjà forcé la nature à prendre plus d’homogénéité ; elle a fait dispas raître une foule d'êtres inutiles à l’homme, et les a remplacés par ceux dont il fait sa
nourriture ou qui servent à ses usages domestiques. Les côtes offrent en abondance ce fameux arbre à pain (artocarpus incisa), source de vie et gage de sécurité pour les indigènes, qui d’abord se contentaient de sou fruit sauvage, mais qui ensuite l'ont amélioré par la culture. On sait que M. Labillardiére l'a transporté aux îles de France et de Hourbon, et qu'il y a parfaitement réussi, Dans les bois qui ombragent l’île, on trouve peu de va. riété parmi les arbres et arbustes qui les composent, Ce sont des ewgenia, des mimose, des palmiers et quelques autres végétaux appartenant aux genres indigènes des climats tropiques. Les hautes montagnes de l’île offrent , selon leur élévation, des plantes moins universellement répandues. M. Durville, qui les a parcourues, y a découvert plusieurs plantes nouvelles et surtout des fougères.
Les groupes d'iles connus sous Îles noms d'iles des Amis, des Navigateurs et Fidji, offrent une végétation très analogue à celles des îles de la Société; cependant on re. marque déjà plus de diversité dans la végétation. Elles sont couvertes d'épaisses forêts, où domine le corypha umbraculifera, cet immense palmier qui se trouve aussi dans tout l'Archipel-Indien et dont les branches en éventail servent de toit aux cases des indigènes, A l'ombre de ces bois croissent en abondance le facca pinnatifida, le saccharum spon. taneum, le mussænda frondosa ei l'abrus precatorius, dont les grains d’un beau rouge de corail servent d'ornement aux peuplades sauvages.
La nature s'est montrée trop prodigue euvers les habitans de ces contrées, et c'est peut-être la principale ca'.se de l'état stationnaire de sauvagerie dans lequel ils sont plongés. Elle leur a fourni tout ce qui était nécessaire à la vie et aux besoins les plus urgens, en plaçant sous leur main des végétaux alimentaires et conveuables aux usages domestiques. Ils ont néanmoins senti les avantages que la culture facile de quelques plantes pouvait leur procurer, et ils nt donné la préférence aux patates (convolvulus batatas), aux ignames (dioscorea alata) , aux choux-caraïbes (arum esculentum et macrorhizum), Quand ces végétaux ne leur suffisent pas , ils trouvent une nourriture exquise dans les fruits du spondias cytherea nommés par les voyageurs porimes de Gythère, daus ceux de l'irocarpus edulis, dans les écorces mucilagineuses de plusieurs espèces d’hibiscus. C'est encore avec les écorces de ces arbres et du mürier à papier (roussonetia papyrifera), qu'ils fabriquent leurs étoffes, mais ils ignorent (les Otahitiens exceptés) l'emploi du coton, dont une espèce (gossypium religiosum) croit spontanément dans plusieurs îles. Les belles nattes que fabriquent les indigènes de la mer du Sud sont faites avec les feuilles du vaquois (pandanus odoratissima ). Une boisson très usitée chez ces peuples se nomme kawa; ils la Dibriquect en faisant digérer de l’eau sur les grosses racines d'un poivrier après les avoir machées et réduites en boulettes. Les plantes dont nous venons de citer quelques usages, se retrouvent presque toutes dans la Nouvelle-Galédonie. Mais cette ile offre des montagnes élevées de plus de 2,400 mètres, et conséquemment , sa végétation n’est pas aussi uniforme que dans les petites iles. Malgré leur élévation, ces montagnes sont couvertes d'arbres jusqu’au sommet; mais, comme partout ailleurs, on observe que les melaleuca et les autres arbres qui sont gigantesques dans les plaines, n’ont que de petites dimensions sur les hauteurs. Sur le rivage, les pandanus, les heritiera , le barringtonia speciosa, étendent horizontalement leurs branches au-dessus des eaux. Les troncs des cocotiers , des areca , des caryota urens, sont couverts d’orchidées et de fougères parasites, Parmi les autres végétaux remarquables des forêts, nous meutionnerons « le bois teck (tectona grandis), arbre précieux pour la construction des vaisseaux; le casuarina equisetifolia, dont la dureté lui a valu de la part des navigateurs le nom de bois de fer, et qui sert à la confection des instrumens des sauvages ; enfin, le cycas circinalis, ce végétal ambigu, qui semble tenir le milieu entre les grandes classes naturelles des monocotylédons et des dicotylédons. On le trouve fréquemment dans les bas-fonds ; ses amandes grillées servent de nourriture aux sauvages. Ceux-ci retirent de sa moëlle un sagou qui est aussi un de leurs meilleurs alimens.
La grande île que les voyageurs ont désignée sous le nom de Terre-des-Papouas ou Nouvelle-Guinée, est trop peu connue pour qu’on puisse parler exactement des végétaux qu’elle produits. MM. Durville et Lessoun ont visité dernièrement quelques points de ce dangereux pays, et d'après le rapport de ces savans naturalistes, il est difficile de se faire une juste idée de la majesté de la nature dans les antiques forêts où ils ont pénétré. Des arbres dont le tronc est dénué de branches jusqu'à la moitié, élèvent à plus de 5o mètres leur
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cime chargée de feuilles et de fruits. Sous leur ombrage on ne voit qu’un petit nombre d'humbles végétaux que l'on retrouve dans plusieurs autres pays situés sous les tropiques. IL est à regretter que le séjour de ces savans ait été trop court pour leur permettre de reconnaître la nature des beaux arbres dont ils contemplaient les fleurs d'un œil avide et impuissant, Néanmoins , tout porte à croire que le plus grand nombre appartient à la belle famille des légumineuses, et qu'ils ont beaucoup de ressemblance avec ceux des régions équaturiales de la Malaisie ou de l'Archipel-Indien.
Nous ne dirons qu'un mot des îles Carolines, Mulgrave et Sandwich , parce que les végétaux des autres iles de l'Océanie s’y représentent constamment , à l'exception de quelques plantes qui leur sont particulières. Ainsi , le santalum album est très commun à Havaii, une des Sandwich. Les Chinois font un très grand cas du bois de cet arbre, ct l'on a vu tout récemment un vaisseau expédié par une maison de commerce de Bordeaux, prendre dans les iles Sandwich un chargement de bois de sandal, pour le porter en Chine et le vendre à uu prix très élevé.
Nous avons parlé jusqu'ici de pays dont chacun, considéré isolément , offre peu d’éten-
due, mais qui, dans leur ensembie, occupent l’espace le plus considérable du globe. Nous avons dû, par conséquent nous arrêter sur quelques contrées principales que nous avons considérées comme autant de centres de végétations , lesquelles cependant n’offrent pas de grandes différences entre elles, parce que, appartenant à des climats analogues, les causes influentes auxquelles elles sont soumises ne sont pas extrémement variées. Nous allons parler d'une région encore plus homogène , c’est-à-dire, dont tous les points offrent également et au plus haut degré, le luxe et la variété dans les productions végétales. Cette région , concentrée sous l'équateur entre le Gontinent Asiatique et celui de la Nouvelle- Hollande, nourrit la plus grande partie des plantes de l'Inde; on dirait même qu'elle en est plus positivement la patrie, et que ces plantes atteignent leur dernières limites sur le Continent de l’Asie. Ainsi, la flore de Bornéo, de Java et Sumatra se fond pour ainsi dire dans celle de l'Inde et de la Cochinchine. Mais ces îles sont tellément grandes et la plupart si peu connues jusqu'à ce jour , que l'on manque de données sur la végétation de leur intérieur. D'après ce qui a été recueilli et publié par les voyageurs anglais et hollandais, et surtout par M. Blume auteur de la Flore de Java, on doit penser que beaucoup de végétaux très curieux croissent exclusivement dans ses îles, Nous n'en citerons qu’un seul exemple, celui du rafflesia, plaute parasite et surtout remarquable par la structure insolite et l’énormité de sa fleur.
Les Philippines et les Moluques sont depuis long-temps célèbres par la beauté de leurs végétaux et la richesse de leurs produits. Le commerce des épiceries était concentré autrefois dans ves dernières, et les Hollandais en exerçaient le monopole à l'exclusion de tous les autres peuples d'Europe. Tout le monde connait la première condition qu'ils imposaient aux petits rois des îles soumis à leur domination. Ils les obligeaient de détruire les girofliers dont la nature avait enrichi leurs domaines, et ils n’en laissaient cultiver que dans la petite île d'Amboine; mais de courageux étrangers surent leur ravir ces biens usurpés , et depuis plus de 4o ans on cultive avec succès aux îles de France ei de Bourbon, le giroflier , le cannellier et plusieurs autres végétaux des Moluques.
Parmi les plantes les plus intéressantes qui croissent sous le beau ciel de ces iles fortunées, nous mentionnerons les suivantes : le palmier sagou (sagus rumphii); des pédoncules de ses régimes fraîchement coupés découle une liqueur sucrée, que l'on reçoit dans des tiges de bambou; cette liqueur épaissie donne le sucre couleur de chocolat, gout: itan des Malais. Leurs bois sont remplis d’arbres (e/æocarpus monogynus), couverts jusqu'aux branches inférieures de fleurs élégantes ; de cussonia thyrsiflora, dunt les feuilles larges et palmées sont l’ornement des forêts; de canarium commune, le plus grand de tous les arbres de ces climats; d'heritiera, qui se plait surtout près de la mer ; d’eugenia malaccensis ; d'averrhoa carambola et de diverses anonacées, parmi lesquelles ou distingue surtout le cœur-de-bœuf (anona muricata). À l'ombre de ces forêts s'élève une foule d'arbres et d’arbustes qui, par leur élégance, ne le cèdent en rien aux grands arbres qui les protègent. Tels sont, le buis de la Chine (murraya exotica), l'abroma anguste, l'erythrina corallodendron , V'agati grandiflore , etc., etc.
À Celèbes, les rivages sont bordés de mangliers, de fruits à pain, de giraumons, de
muscadiers uviformes. Le corypha umbraculifera y forme de granges forèts ainsi que le la D teck (tectona grandis) et le fromager (bombaz ceiba). Des allées de mimusops elhengi, dios de guilandina moringa et d'hibiscus tiliaceus , sont plantées près des habitations et don. gen nent un ombrage salutaire dans ces climats brûlans, nêu Tous les peuples des Moluques font usage du bétel, C'est une espèce de poivrier ( piper les ç siriboa), dont ils mâchent les feuilles avec de la chaux vive et de la noix d’arec. L Personne n'a mieux étudié sous tous les rapports les plantes de l'Australie que cun M. R. Brown. Ce savant naturaliste a généralisé ses remarques dans un ouvrage publié ail eu 1814, à l'appui desquelles les voyages qui ont eu lieu récemment ont seulement fourni ces de nouvelles preuves, C’est donc à cette source que nous devons puiser la plupart des par | renseignemens susceptibles d'être offerts à nos lecteurs. Qui De tout l'immense espace qui constitue la Nouvelle-Hollande, on ne connaît sous le mèt rapport botanique qu'une partie des côtes; mais il y a lieu de croire que la découverte de C l'intérieur du pays n'amènerait pas celle d’un nombre d'espèces nouvelles proportionelle au à l'étendue des contrées que l'on visiterait. Nous savons par MM. Durville, Lesson et la p Sieber qu'aux environs du port Jackson, par exemple, la végétation d’abord très riche, tait s'évanouit insensiblement en s'éloignant des côtes, ou du moins qu'elle n’en diffère une pas beaucoup. M. Brown a fait observer que la moitié des plantes australiennes connues ap a été récoltée entre les 33 et 35° sud, et c’est entre ces parallèles que l'on trouve les vé- pet gétaux qui particularisent la Nouvelle-Hullande, esp | L'ile de Vau-Diemen (Diemenie) retient encore l'aspect général de la végétation de l'ex. L trémité des côtes orientales et occidentales; mais déjà on n'y trouve pas en aussi grand nom- Mé bre toutes les familles de plantes qui en font le trait caractéristique. Cependant le genre oue eucalyptus, les acacias hétérophylles (aphylles par avortement des folioles) et les épacridées fra s'y représentent en aussi grande proportion que sur le Continent-Australien, ues On compte plus de cent espèces distinctes dans chacun des genres eucalyptus et acacia, du et si l'on fait attention à l'immense quantité des individus ainsi qu’à leur dimension, on peut ain
en conclure facilement que ces genres composent plus de la moitié de la masse végétale set de ces contrées. Le feuillage de ces plantes est très particulier et imprime un cachet ori- I giual à la végétation des forèts australiennes. Chacune des feuilles, si l'on doit nommer lati ainsi les pétioles dilatés des acacias hétérophylles, est dirigée verticalement , perpendicu- will laire à sa tige, et présente ainsi ses deux côtés à la lumière. Cette disposition est moins Ho générale dans les eucalyptus. de La flore de l'Australie renferme environ 4,200 espèces que M. R. Brown distribue get dans 120 familles naturelles; mais plus de la moitié de ces plantes appartiennent aux Les familles que nous allons mentionner, Les composces , les légumineuses, les euphorbiacées, ten parmi les dicotylédones; les orchidées, les graminées, les cypéracées, es fougères, parmi gro les monocotylédones, sont les familles les plus considérables; mais à cet égard , le nombre len de leurs espèces n'est pas proportionnellement plus grand que celui de ces plantes dans exp plusieurs autres régions. ne Le nombre des espèces de quatre familles remarquables (les myrtacées, les protéacées, vel,
les épacridées et les restiacées) prédomihe dans la Nouvelle-Hollande. Celui des myrtacées y atteint son maximum, car on en a trouvé beaucoup plus dans cette contrée que dans tout le reste du monde. Le genre eucalyptus, dont nous avons déjà parlé, se compose d'espèces arborescentes dont quelques-unes, comme par exemple, l'eucalyptus globulus Labill. a quelquefois plus de 5o mètres de hauteur , et à la base une circonférence d'environ 10 mètres, Près de l'eucalyptus se place le genre melaleuca, composé, ainsi que le metrosi: | deros, de belles espèces arborescentes qui, à l'exception des melaleuca leucadendron el melaleuca cajeputi, habitent exclusivement l'Australie. | Les protéacées, les restiacées et les épacridées n'existent que dans l'hémisphère austral. Les plantes qui constituent les deux premières famiiles sont également nombreuses , soit au cap de Bonne-Espérance, soit sur les côtes de la pointe australe de la Nouvelle-Hollande ; mais elles appartiennent à des genres fort différents. M. R. Brown a même remarqué qu'aucune espèce de protéacées n’était commune aux deux côtes opposées du mème pays.
D'autres familles moins considérables ont le plus grand nombre de leurs espèces dans
la Noüvelle-Hollande, Telles sont les goodenoviers, les stylidées, les myoporinces, les diosmées , ete. Dans les familles qui habitent également les autres régions du globe, les genres de la Nouvelle-Hollande sont très distincts des autres. Ainsi, parmi les {éguninêuses, on distingue facilement les genres acacia, platylobium, bossiwa, hovea, ete. parmi les diosmées , les genres boronia, correa, phebalium , etc.
Les espèces se distinguent encore plus aisément de celles qui sont indigènes d'autres cuntrées, On ne compte, en effet, que 400 espèces phanérogames environ qui croissent ailleurs, parmi lesquelles il y en à quelques-unes d'européennes. 11 est remarquable que ces dernieres sont toutes des plantes aquatiques ou qui aiment le bord des eaux, comme par exemple, les /rthrum , quelques graminées et cypéracées, le samolus valerandi , crc, Quant aux cryptogames proprement dites (sauf les fougères), ce sont en grande partie les mêmes espèces que celles d'Europe.
Si l'on compare d'une manière générale la flore de la Nouvelle-Hollande avec celle des autres grandes contrées du monde, on lui trouve de plus grands rapports avec celle de la pointe australe d'Afrique qu'avec ceile de toute autre région. Nous avons vu que certaines familles semblent confinées dans ces deux parties du globe, et qu'elles établissent une grande connexion entre elles. Cependant quelques grands genres, très communs au cap de Boune-Espérance, comme les mesembryanthèmes , les pelargonium, n'ont qu'un petit nombre de représentans dans l'Australie; cette dernière région ne renferme aucune espèce des genres a/oes, brunia, stapelia, qui taractérisent l'extrémité australe de l'Afrique.
Les végétaux de la Nouvelle-Hollande diffèrent encore plus de ceux de l'Amérique- Méridionale, On observe néanmoins des rapports multipliés eutre les plantes de la côte ouest et celles du Chili et de la Terre-de-Fey. Ainsi, pour nous borner à un seul exemple frappant, dans la Nouvelle-Hollande croit une espèce d’araucaria, dont le type forme ses forèts au Chili-et dans l’Amérique-Méridionale. Réciproquement, le Chili et la pointe du littoral occidental de l'Amérique du Sud, nourrissent quelques mesembryanthemum , ainsi que des protéacées qui, comme on sait, ont le plus grand nombre de leurs espèces rassemblées-au Cap-de-Bonne-Espérance et dans la partie australe de la Nouvelle-Hollande. Nous terminerous cet article sur les végétaux de l'Océanie par quelques réflexions relatives à la flore de la Nouvelle-Zélande, et qui nous ont été fournies par Forster et Dur ville, Dans cette contrée la végétation a quelque ressemblance avec celle de la Nouvelle- Hollande, mais elle offre aussi quelques points de contaet avec les régions magellaniques de l'Amérique-Méridionale. On yÿ retrouve également des végétaux appartenant à des genres européens, tels que plusieurs sésymbrium et lepidium de la famille des crucifères. Les sauvages habitans de la Nouvelle-Zélande, plus guerriers que cultivateurs, se contentent pour leur nourriture de plantes qui seraient rebutées de tout autre peuple moins grossier, Ainsi, leur aliment habituel se compose des racines d’une fougère (pteris esculenta) qui est fort peu nutritive, C'est de cette région qu'est originaire le tetragonia expansa quise mange eu guise d'épinards. Nous citerons encore comme végétal éminemmeat utile, le phormium tenaz, connu des Européens sous le nom de Gr de la Nouvelle- Zélande et qui fournit une matière textile de la plus ;ande solidité,
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ANIMAUX. Les lois qui régissent la dispe 7 des êtres dans les diverses régions de cette partie du monde, subisser ! trois modifications du premier ordre, suivant les circonscriptions des trois grandes sous-divisions territoriales et maritimes qui constituent cette nouvelle partie du globe. Chacune d'elle a sa physionomie propre, son cachet spécial, et nous suivrons les ètres indigènes à ces terres d’après les limites géographiques qui leur furent imposées, et comprises sous les noms de Malaisie,
ans l'hémisphère austral. Australie et Polynésie. lement nombreuses , soit rale de la Nouvelle-Hol- [. R. Brown a même re-
deux côtes opposées du
MALAISIE. Cette région zoologique nous représente des tÿpes imposans et nouveaux de création, qui se sont avancés jusqu'au nord de l'Australie elle-mème, En ellet, sur ces grandes terres placées sous l'influence d’une vive chaleur, dout la surface est semée de germes de vie, où l’homme seul , par sa laide enveloppe ou par son moral plus hideux encore, fait disparate, pullulent les animaux les plus somptueux et les plus intéressans.
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22 RE HS
M. Desmoulins s'exprime ainsi dans un article destiné à cet ouvrage et que sa mort a laissé incomplet, mais dont nous conservons religieusement la substance.
« Nous avons déjà vu le tapir bicolor à Malacca, des gibbons aux longs bras dans l'Inde. Jransgangétique, le chevrotain-memina dans les montagnes de Ceylan et du Mysorc, contraster par leurs formes étrangères avec les genres propres au continent, Les oiseaux, à qui le vide des airs ouvre, pour ainsi dire , toutes les routes du globe, vont aussi dans l'Océanie recevoir eux-mêmes des limites, L'air, la terre et les eaux vont s’y montrer animés de créatures sans pareilles , comme si, dans ces contrées, qui semblent nouvel. lement sorties du sein des coudes, l'auteur de toutes ces merveilles, en se plaisant à créer sur d'autres plans, avait voulu y attirer et y retenir les hommes d'une autre terre par l'attrait d'une nouveauté universelle èt presque inépuisable, Ce tapir, ces En é de Malacca se retrouvent à Sumatra et à Borneo et, avec-eux, le tigre et cet é éphant indien, dont la taille grandit vers l'orieut comme celle des arbres des forèts qu'il habite. Le buffle domestique ou sauvage conserve à l'Archipel Indien, depuis Formosa jusqu'à Timor, la physionomie asiatique. Mais, à ces cinq ou six espèces près de grands quadrupèdes , communes à l'Inde et à l'Océanie Occidentale, nous u’allons plus voir que des
. formes nouvelles,
«“ Avec une taille moitié plus petite, des cornes à proportion huit ou dix fois plus courtes, une peau hérissée de poilscourts et raides comme les soies d'une brosse usée, toute pavée d'éeussons et de laquelle a disparu ce large plissement monacal qui habille le rhinocéros de l'Afrique et celui de l'Inde, l'unicorne de Sumatra, le hicorne de Java ne reppellent plus leurs congénères que par leur goût pour la solitude dans les plus épaisses forêts de Java, de Sumatra et de Borneo.
« Là vit aussi cette antilope noire à crinière grise, appelée cambing-untong par les Malais. C'est aussi la patrie de ces élégans chevrotains napu, hanchil et pelanduk , qui sous une taille de quelques pouces seulement rappellent toutes les grâces , toutes les formes si sveltes et si légères des cerfs et des gazelles. Les cimes des mêmes forèts , dont le sol est foulé par ces quadrupèdes , sont habitées par toutes ces espèces de la famille des vrangs, vivant en société ou en familles, par ces gibbons, ces vouvous , ces siamangs , CCS orangs enfin, à qui, malgré leur leuteur naturelle, des bras démésurément longs, suspendant et balançant leur corps comme une pierre dans une fronde, donnent une telle aut immensité d’élan , qu'ils franchissent les espaces d'une cime à l'autre avec la vitesse de ps l'oiseau. Dans la seule Bornéo a été trouvé jusqu'ici le pongo à tête pyramidale de la dét
nuque au museau , el dont les mâchoires sont armées de ces vigoureuses dents canines se qui rappellent celles des lions et des tigres; co pongo ; que la solidité de ses os, l'aspé- Le rité de leurs saillies annoncent être capable de résister à dix hommes. L'intelligence ct di la réflexion qui règlont les actions de tous ces animaux leur ont valu le nom d'homme où (orang) chez tous les Malais. A Bornéo et aux îles Célebes vit ce babi-roussa, cochon Un cerf des Malais déjà indiqué par Cosmas Indicopleustes, et qui marque avec les phalan- bat gers à poche ventrale, où se développent et s'allaitent les petits, la limite orientale, no
| sinon des connaissances géographiques, au moins des voyages et du commerce des an- pe
ciens, Deux autres espèces de cochon également sauvages, l'une appelée babi-outang par rai les Malais, peuplent les forêts marécageuses de toutes les iles entre Rorneo et la Nou- à velle-Guinée, et passent à la nage de l'une à l'autre, L'une au moins de ces espèces se ridl retrouve à la Nouvelle-Guinée même, et fait probablement la souche de la race qui est ta domestique dans toute l'Océanie. Dans la Nouvelle-Guinée et tout l'archipel des Papous suit vit aussi tout-à-fait sauvage ou demi sauvage, comme les hommes indigènes dont il est al plutôt l'associé que le domestique, ce chien papou, qu'un ensemble suffisant de carac- del tère sépare de tous ses congéneres, et qui semble la souche de tous les chiens domesti- sai ques de l'Océanie. La Nouvelle-Hollande est aussi sa patrie à l’état domestique et sauvage ; “és mais il n'accompagne plus l'homme sur la Terre de Diemen. Sur les bas-fonds de la côte pi occidentale de la Nouvelle-Hollande et dans l'Archipel Indien, depuis les Philippines dés jusqu'aux îles de la Sonde vivent deux variétés de dugong, cet herbivore des pâturages le sous-marins de l'Orient, comme le lamantin l’est de ceux de l'Occident. anti “ Dans les Moluques commencent les formes propres à la création océanique. Là vivent % ces phalangers connus de Plutarque, qui les propose à l'homme comme modèles de teu- No
r DESCRIPTION DE L'OCÉANIF. 1204
————#- a PSP DONNEES Déses ns ns vrage et que sa mort à dresse et de protection paternelles; ces petits kan, ruroos d'Aroë , décrits sous le nom de siance, philunders par Valentyn, et confondus par Buffon ainsi que les phalangers avec les sa
longs bras dans l'Inde.
Ceylan et du Mysore, ontinent, Les oiseaux, globe, vont aussi daus eaux vont s'y montrer qui semblent nouvel.
en se plaisant à erer d'une autre terre par tapir, ces ribbons de rre et cet é/éphant in.
+ forèts qu'il habite.
epuis Formosa jusqu'à s près de grands qua.
ions plus voir que des
rigues, qui seuls justifieraient si bien le nom de nouveau donué au monde que trouva Colomb, Ces casoars à casques, des Moluques, sans casques, de la Nouvelle-Hollande , oiseaux condamnés à ne pouvoir marcher que comme des quadrupèdes, paree que leurs ailes seulement armées d'aiguillons de corne, ne portent même plus ces pennes de parade des autruches d'Amérique et d'Afrique; ces oiseaux de paradis, dont le corps, flanqu au-dessous des ailes par de larges parachutes de | red forme une sorte d'aérostat s ces chauves-souris frugivores, ces roussettes, ces céphalotes et ces galéopithèque s, les moins aériens de tous les mammifères ailés; tous rendus incapables de bien marcher à terre par un retournement sur l'axe de leurs membres postérieurs; ces phalangers volans, dont la peau des flancs , élargie en vastes replis, rappelle et les parachutes des oiseaux de paradis, et ceux de ces éeureuils volans, dont une espèce est propre au nord de tout l'Ancien-Continent , l'autre à la Louisiane, et quatre autres à ce même Archipel Indien, Sur la Nouvelle-Guinée et les îles qui l'entourent vivent de nombreuses espèces de choucaris, de cassicans, gros oiseaux à forme de corbeau ou de geai, à plumage ou tout noir ou varié de blanc et de noir et à reflets métalliques; sur la Nouvcile-Guinée et les îles à l'ouest , vivent avec des habitudes plus marcheuses encore que les faisias, des sortes de gallinacées à hautes jambes, à longs doigts, telles que le takégalle-cuvier, le mégapodefrercinet, V'alecthélie-d'urville et aex Mariannes une autre espèce, le mégapode-lapérouse, toutes deux formant un genre naguère inconnu et propre à cette partie de l'Océanie,
« Les reptiles et les poissons par la nouveauté de leurs formes ne conirastent pas moins que les autres animaux avec ceux du reste de la terre, Dans les Moluques vivent sur les arbres à la manière des chauves-souris ces dragons on reptiles volans, dont la peau des flancs s'étale en detx larges voiles, tendues sur leurs côtes horizontalement allongées comme des vergues. Là vit aussi ce caméléon, dont le front fourchu projette deux grandes saillies au-delà de son nez. Dans ces mêmes îles ct à la Nouvelle-Hollande l'agame hérissé, plusieurs serpens d'eau , des Lydrophis, dont quelques espèces ont déjà figuré dans le Delta du Gange, et ces pélamides, qui se retrouvent jusqu'à Otaïti. Dans la seule Java, deux espèces de pyrthons, deux de trigonocéphales, deux de bogares, autant d'elaps, deux de dipsas, une-de naja, tous à dents venimeuses et à axe creux , excepté les pithons; quatre espèces de coeuvres, une de tortrix, une d'achrocorde, deux tropinotus de Kubhl, les plus beaux serpens de l'Orient; huit espèces d'un nouveau genre de couïeuvre appelé brachiura à cause de la brièveté de la queue, jamais si longue d'ailleurs chez les serpens que chez la plupart des lézards; ces amplycéphales à tête de carlin, formant au moins quarante-cinq espèces de serpens, sont particulières à Java, où vit aussi ce crocodile biporcatus, que l'on retrouve dans tout l'Arebipel jusqu'à Timor. Une senle espèce, la tortue molle de Java , y représente l’ordre des cheloniens; mais les batraciens y sont presque aussi nombreux que les serpens. Kuhl vient d'y u'ouver huit nouvelles esfièces de rainettes, un genre nouveau à la tète anguleuse, surmontée de deux cornes sur les orbites , et vivant dans les bosquets montueux loin des eaux , un autre /atracien également nouveau, intermédiaire aux grenouilles et aux crapauds.
« L'énumération des poissons n'y montrerait pas des formes moins nouvelles, mais la richesse des couleurs surpasserait encore la nouveauté des formes. Il en faudrait dire antant de ces crustacés, de ces insectes, de ces mollusques, de ces méduses, pour la représentation desquelles le dessin semble n’avoir pas assez d'ombres et de lignes, la peinture assez de couleurs et de nuances. Mais il suffit d’avoir montré la distance et l'opposition des contrastes dans les animaux des classes plus élevées, où pourtant les espèces et le: genres on été créés sur des modèles définitivement réductibles à un assez petit nombre de types. Dès-lors on peut dans les invertébrés, où le squelette n'est plus une cause nécessaire d'uniformité et de constance, se figurer la multitude innombrable de formes dont les dégradations, divergeant en tous sens, produisent l'infini dans la figure, la structure et les instincts des animaux, ainsi que le ciel nous le découvre aussi dans l'espace, et les astres dans la grandeur et dans les nombres. »
AUSTRALIE. Si la botanique est remarquable par elle-même et si elle donne à 1: Nouvelle-Hollande une physionomie spéciale, le règne animal lui imprime encore un r6,
huit ou dix fois plus l'une brosse usée, toute acal qui habille le rhile icorne de Java ne le dans les plus épaisses
ambing-untong par les nchil et pelanduk , qui râces , toutes les formes
es forèts, dont le sol èces de la famille des VOUS ; CES SiAMANGS ; CCS nésurément longs, susnde, donnent une telle autre avec la vitesse de tête pyramidale de la oureuses dents canines lidité de ses os, l'aspémmes. L'intelligence et à valu le nom d'Aomme ce babi-roussa, cochon narque avec les phalants, la limite orientale, t du commerce des anappelée babi-outang par ntre Rorneo et la Noumoins de ces espèces se puche de la race qui est ut l'archipel des Papous nes indigènes dont il est mble suffisant de caractous les chiens domestit domestique et sauvage; les bas-fonds de la côte , depuis les Philippines herbivore des pâturages ccident.
ion océanique. Là vivent comme modèles de ten-
caractère plus étrange et plus étonnant peut-être, Tous les animaux du globe ne sont pas, on le sait, façonnés sur le mème type; mais les espèces vulgaires où celles plus nouvelles, bien que distinctes, appartiennent souvent à des genres plus où moins analogues, A la Nouvelle-Hollande au contraire rien de cela n'existe ; tous les animaux qui y vivent, qu'ils soient carnassiers, rongeurs, ete., qu'ils affectent les formes corporelles les plus op. posées, tous se ressemblent par un seul caractère, qui est une double poche ou la marsupialité : ce caractère semble même former pour la Nouvelle-Hollande une véritable loi 20010. gique, dont on ne doit y que trois mammifères seulement, qui sont une rossette de la partie intertropicale, les phoques et le chien de la Nouvelle-Hollande, qui a suivi les misérables peuplades lors de leur émigration sur ce continent appauvri, On ne connaissait en effet, parmi les animaux à bourses, que quelques espèces d'Amérique et des îles d'Asie. De tous les animaux qui vivent dans les diverses parties de l'Australie il nous suffira de citer les Aangourous, dont quelques espèces sont les plus grands quadrupèdes du Continent-Austral; les potourous, les péramèles, les phalangers, les pétauristes, etc. Les dasyures sont des carnassiers qui remplacent dans cet hémisphère les fouines de nos climats. Le thylacine, de la taille et de la forme du loup qu'il représente, est souvent
. mentionné dans les relations comme le loup austral, La viande des kangourous, quoique
sèche, peut fvurnir une excellente venaisun ; mais rien ne surpasse la bonté des wombats,
dont la chair grasse, succulente et d'un excellent goût, a presque amené la destruction
de cet auimal précieux, qu'il serait si important de natnraliser dans nos basses-cours,
Les kangourous et les phalangers avaient leur tÿye parmi les animaux de la Malaisie;
mais rien ailleurs ne peut donner l'idée des êtres singuliers qu'on a nommé paradozaux et qui sont l'ornithorhynque et l'échidné, Le premier à corps couvert de poils, à bec de canard , à pieds garnis d'ergots vénéneux , pondant des œufs, semble être une créature fantastique jetée sur le globe pour renverser par sa présence tous les systèmes sur l'histoire naturelle ; car on peut soutenir avec tout autant de raison qu’elle appartient aux quadrupèdes, aux oiseaux ou aux reptiles, Les côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande sont remplies de baies et de havres qui servent de retraite à plusieurs espèces de phogues, dont les individus se comptent par milliers, La plus utile de ces espèces est l'éléphant de mer, dont il se fait des tueries considérables; son huile produit au commerce anglais d'immenses avantages.-Les phoques à fourrures , communs naguère, commencent à devenir rares; les phoques à crins, bien que poursuivis avec activité y sont encore nombreux ; il en est de même des céfacés, et c'est principalement dans le détroit de Bass que les baleiniers se livrent quelquefois à leur pèche. Peu de contrées ont: une ornithologie aussi riche, aussi variée, aussi neuve, qûe la Nouvelle-Hollande. Les mêmes phénomènes de singularité que nous avous vus caractériser les quadrupèdes se reproduisent pour les oiseaux. La plupart d’entre eux ne pouvant tirer leur subsistance des fruits dont les forèts sont privées, n'ont que des genres restreints de nourrilure : ceux qui vivent d'insectes ont la langue organisée comme les oiseaux des autres climats; mais les perroyuets, les mer/es et beaucoup de passereaux obligés de pomper les sucs micllés qui exsudént deacorolles des fleurs, ont aussi à l'extrémité de la langue des faisceaux de papilles qui ressemblent à un pinceau et qui leur permette de ne rien perdre de cette malière toujours peu abondante. Les oiseaux de cette partie du monde varient sans doute dans les couleurs de leurs p'umages ; mais la plupart sont remarquables par quelques singularités on par des parures éclatantes; et comme la Nouvelle-Hollande devait différer en tout des autres régions, il en est résulté que le cygne d'Europe, par exemple, qui est d’un blanc sans tache est remplacé dans l'Australie par un cygne à plumage d'un noir profond. Si les Moluques nous vnt présenté un cacatoës blanc qu'on retrouve aussi à la Nouvelle-Galles, la Nouvelle- Hollaude par opposition a des cacatoës noirs,
Ce serait outrepasser les bornes de cet article que de s'étendre longuement sur les espèces rares et curieuses qui peuplent cet étrange climat : nous ne pouvons nous dispenser de citer quelques oiseaux des plus remarquables; parmi ceux qu'on y trouve en première ligne sont : ce superbe ménure dont la queue est l'image fidèle , dans les solitudes australes, de la lÿre harmonieuse des Grecs; ce boriot prince-régent, dont la livrée est mi-partic de jaune d’or et de noir de velours; ces oiseaux satin, ces cassicans variés, ces philédons nombreux, ce seytrops dont le bec imite celui du toucan , ve céréopsis cendré, ce casoar
qe
aleyons si richement peints, les éponges si diversiformes, s'élevant du sein des eaux, tantôt en soucoupes svelles, tantôt en tubes rameux, bizarres, mais loujours gracieux. »
POLYNÉSIE. À inesure qu'on s'élance sur le grand Océan pour aborder ces iles plates et basses jetées en bandelettes découpées et verdoyantes sur la nappe azurée de la mer dite Pacifique, où s'élèvent les forèts de cocotiers au faisceau de palmes en parasol, ondulées par les brises régulières de mer et de terre, ou bien lorsqu'à l'horizon s'élève le cône vert de quelque grande ile volcanique dont les pieds reposent sur Les chaînes soumarines, on s'étonne de la notable diminution des êtres animés. Leurs espèces rares et peu nombreuses semblent confinées dans un isolement fatal à la multiplication de leurs tribus. Les mammifères y ont quelques représentans. Le chien, ce compagnon docile de l'homme et qui s'attache à ses pas comme l'ombre le fait au corps dont elle est l’image’, existe comme commensal des deux races jates qui se sont partagées ce système d’iles, Mais Le cochon n'existe que sur les iles où vit la race océanienne pure; aiusi on l'a trouvé aux Sandwich, aux îles des Amis, d'O-taïti et de la Nouvelle-Zélande, mais il était inconnu aux Carolines et au groupe des Mariannes avant l’arrivée des premiers navigateurs. Quelques grandes chauves-souris frugivores s’avancent dans l'archipel des Carolines, à Oualau , à Ticopia , et quelques vespertilions de petite taille sont disséminés aux Sandwich
"et aux îles de la Société.
Les oiseaux forment quelques-uns de ces petits genres qui tiennent aux philédons à langue en pinceau de la Nouvelle. Hollande, et c'est ainsi qu'aux Sandwich vivent ces riches mohos au plumage vivement peint, et des Léorotaires, dont un par le rouge de feu de son plumage et par son étonnante multiplication, a vu ses races presque éteintes pour faire avec ses plumes les manteaux des rois; à O-laiti roucoulent ces belles tourterelles Aurukuru, offrant dans chaque île de la mer du Sud des variétés élégantes et bien distinctes. Des merles, des coucous, des colombes de grosse taille, des poules domestiques, des oiseaux de rivages, pélerins toujours en quête sur les grèves d’une subsistance qu'ils recueillent sans efforts, forment à-peu-près le monde volatile de la Polynésie, qui u’a rien sous ce rapport du grandiose des terres placées plus à l’ouest.
Les reptiles et surlout les voraces et gigantesques crocodiles ne sont ni nombreux ni multipliés sur ces terres à peine sorties du sein des eaux ; le crocodile à deux arêtes, transporté par les courans s’est présenté très accidentellement sur les îles les plus occidentales, et l’on ne cite guère qu'un grand évpinambis et une longue couleuvre, comme propres aux archipels avoisinans le prolongement de la Malaisie. Les tortues marines, À. franche et le caret pullulent sur tous les bas-fonds de la Palynésie. Leur chair et leurs écailles sont estimés des naturels, qui font avec ces dernières parties leurs hbameçons de pêche. Quelques geckos, quelqnes scérques aux vives couleurs se rencontrent sur toutes ces îles; on n'y cite aucun crapaud, grenouille ou rainette, en un mot nuls batraciens, mais de dangereux hydrophis, à venin mortel, nagent autour des motous coralligènes baignés par les flots.
Les poissons-de la Polynésie sont peu variés; ce sont ceux de la Malaisie et des grands continens placés sous l'équateur entre les deux tropiques. Cependant on y trouve de belles espèces et des plus vivement peintes dans les dabres, les girelles , les alutères, les balistes,
les chœtodons , les holacanthes. De grands squales, d'innombrables variétés de murénophis
au nager vacillant et serpentiforme, fréquentent les rivages.
Les insectes terrestres n'y comptent point de genres ni d'espèces remarquables. Quelques papillons, des truxales, de longs phasmes verts, des coléoptères bruns et de petite taille ne présentent rien de bien piquant pour l'amateur. Seulement sur toutes les latitudes entre les tropiques pullule le singulier insecte marin nommé vela oceanica , et qui court sur les eaux dans le temps de calme à des distances inouïes de toute terre.
Sur ces plages à demi découvertes par la mer, les mo/lusques marins doivent se multiplier dans les circonstances les plus favorables; aussi les porcelaines tigres, les vis, les mitres , les cérithes et mille autres toutes bien connues s’y présentent à foison, Là se rencontrent ces belles Luitres, objet de pèches lucratives, et dont les perles sont échangées par les habitans ou servent à orner leurs orcilles. Là vivent ces-holothuries qu'estiment tous les Malais, ces belles dofabelles, ces aplysies baveuses, ces ochotesmes charnus, ces béroës gigantesques, ces méduses peintes comme à plaisir et qui forment une branche si riche et encore si neuve de l'étude des zoophytes. Dans ces archipels dus aux coralligènes,
ant du sein des eaux , ais loujours gracieux, »
pour aborder ces iles r la nappe azurée de 1x à de palmes en parasol, qu'à l'horizon s'élève le t sur les chaînes soumairs espèces rares et peu lication de leurs tribus.
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Polynésie, qui u’a rien
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les madrépores semblent être pour la nature une mine inépuisable de fécondité. Ce sont des barrières de fer, des murs où se brisent comme une débile coquille les vaisseaux des navigateurs, et cependant sur ces pierres compactes, unies entre elles par une cohésion puissan?s , saillent des gerbes de fleurs animalisées , des polypes bleu , azur, rouge de feu , jaune d'or, qui semblent décomposant les rayons de la lumière, se les approprier pour oflrir des pelouses animées, à l'homme qui se croit le maitre de la nature, et qu’elle y jette par d’inopinés naufrages, pour y. trouver la mort,
GÉOGRAPHIE POLITIQUE
SUPERFICIE. Un peu plus grande que l'Europe et beaucoup plus petite que toutes les autres parties du monde, la surface de l'Océanie peut être évaluée à 3,100,000 milles carrés. k D
POPULATION, Nous avons vu dans le chapitre VIIL des principes généraux, que la population absolue de cette partie du monde peut es estimée approximativement à 20,300,000 âmes. Ce nombre, divisé par les 3,100,000 milles carrés qui représente sa surface, donne une population relative de 6.5 habitans par mille carré. L'Océanie est donc une fois plus peuplée que l'Amérique ; elle est presque aussi peuplée que Si viron quatre fois moins que l'Asie et dix fois moins que l'Europe. Si l’on voulait étendre ces comparaisons, on trouverait que la population totale de l'Océanie non-seulement est inférieure à celle de l'empire d Autriche, de la France et du Royaume-Uni, mais qu’elle n’égale pas même celle de l'Italie, dont la superficie n’est pas même un trente-deuxième de la surface totale du Monde-Maritime. ! :
ETHNOGRAPHIE. Les innombrables petites tribus, qui habitent le continent et les terres du Monde-Maritime, considérées sous le rapport des langues qu’elles parlent , peuvent être rangées en deux classes différentes : les tribus de la race Malaisivnne et les tribus de la race Négro- Océanienne. À part quelques exceptions produites par des mélanges entre ces deux classes de peuples très différens, on peut dire que la Diane tion d’après les langues correspond parfaitement à celle des variétés de l'espèce humaine. En effet, toutes les tribus qui parlent des idiomes com pris dans la souche que l'Atlas Ethnographique appelle Malaisienne , appartiennent à la variété que plusieurs célèbres naturalistes appellent variété Malaise, et diffèrent entièrement des peuplades Nègres, soit par la couleur et par les formes de leur corps, soit par la PARLES LM LE qu’on observe dans leur civilisation. Outre ces deux souches Phpeees auxquelles appartiennent tous les peuples que l'on regarde comme indigènes de l'Océanie, il y a une troisième classe dans laquelle on doit range: les nations étrangères, que la religion, le commerce et la politique Le engagées à s’y établir. Le tableau suivant offre les peuples pv ar l'Océanie ; rangés d’après leurs langues et subdivisés dans les trois classes que nous venons d'indiquer.
TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'OCÉANCE D'APRÈS LES LANGUES.
Te.
Peurces Maraistens. Dispersés sur plus d’un tiers de la circonférence du pions 14 dt les uns des autres par de vastes mers ct par tout le Continent-Austral, les pin ne Je imalaisienne parlent tous des langues évidemment sœurs, tandis que pes si possèdent depuis un temps immémorial des alphabets, dont les caractères diffé ï
——— mt
tant les uns des autres que les lettres grecques différent de celles des alphabets sanskrit et coréen. Des nuauces presque iufinics de civilisation et de barbarie, de douceur et de férocité ; une foule d’usages communs à un grand nombre de tribus séparées par d'inmenses intervalles, ainsi que des pratiques singulières propres à quelques autres seulement; les superstitions les plus absurdcs, accompagnées de mutilations cruelles ct de sacrifices humains; des mœurs douces unies à l'usage horrible de l'infanticide et de l'an. / thropophagie ; des traits sublimes d’héroïsme à côté des excès épouvantables et inonis ailleurs de la vengeance : voila les traits les plus caractéristiques des peuples compris dans la grande famille Malaisienne. Parmi les 78 peaples , dout nous avons classés les idiomes dans l'Atlas Ethnographique du Globe, nous choisissons les suivans, qui sont trop importans pour n'être pas admis dans cet cuvrage, mage son cadre borné. Les Javanais ; ils nous paraissent étre la nation la plus. nombreuse du Monde-Maritime connu , puisqu'ils forment plus que les deux tiers de la population de l'ile de Java. On peut regarder les Javanais comme le peuple le plus policé de toute l'Océanie, et sa litté. rature comme la plus riche et la plus importante de tout le Monde-Maritime. Les Java nais ont été à troïs époques différentes la nation prépondérante dans la Malaisie (Archipel. Indien); d'abord sous le règne d’Alit Widjiaya, vers la seconde moitié du xrv° siècle, lorsque l'empire de Madjiapahit embrassait presque toute l'ile de Java, le royaume de Palembang dans celle de Sumatra, les petits royaumes de la partie méridionale de l'ile de Bornéo et l'ile de Bali; ensuite dans la première moitié du xv° siècle, sous le règne de l’empereur Angka Widjiaya, lorsqu'il étendait sa domination non-seulement sur la presque totalité de Java, mais aussi sur les états de Sabrang, Goa, Macassar, cte., dans l'île de Celebes, su: les iles Banda, Sumbava, Ende, Timor , Soulou , Ceram, une partie de celle de Bornéo et sur le royaume de Palembang dans Sumatra ; enfin, dans la premitre moitié du xvu* siècle, sous le règne du graud-sultan, lorsque l'empire de Matarem égalu presque celui de Madjiapahit.
Les Montagnards des régences de Bantam, Batavia, Buitenzoorg, Preangan et Cheribon ; ils occupent un vaste espace de la partie de Java, nommée Sunda par les indigènes. Les Insulaires de Bali ; c'est un des peuples les plus policés de l'Océanie, quoique sans littérature originale, Sa religion et ses institutions nous retracent fidèlement celles qui do-
minaient autrefois sur tôute la Malüisie civilisée et surtout à la cour de Madjiapabit.
Les Malais proprement dits. C'est la nation la plus répandue de toutes celles qu'embrasse cette famille ethnographique , et en même temps un des peuples les plus adonnés au commerce de toute l'Océanie. Ils accupent le ci-devaut empire de Menangkabou, les royaumes de Siak , de Palembang et autres dans l'ile de Sumatra, les îles de Lingen et de Bintang, la plus grande partie des côtes de Bornéo, entre autres les royaumes de Poutiauak , de Sambas, de Bornéo et de Banjarmassin , et une grande partie de celle des îles principales des l’archipels des Moluques et de Suml:ava-Timor. Les Malais ont une littérature aussi riche que celle des Javanais ; quoique moins originale. Outre l'empire de Menaugkabou, qui embrassait anciennement la plus grande partie de l'ile de Sumatra, cette nation a possédé un autre empire non moins puissant mais plus célébre, celui de Malacca, qui vers la fin du xuri* siècle, sous le règne brillaut du sultan Mohammed- Chah, embrassait presque toutes les côtes de la péninsule de Malacca , les iles Lingen et Bintang , et les districts de Campar et d’Arou dans Sumatra.
Les Battaks où Battas, qui occupent le pays de ce nom dans l'ile de Sumatra. Ils offrent
. peut-être le mélange le plus extraordinaire que l’on ait encore observé des mœurs d’un peuple doux et assez civilisé, pratiquant des usages qu'on rencontre à peine parmi les nations les plus féroces et les plus barbares. Depuis un temps immémorial ils écrivent leur langue dans un alphabet particulier; le nombre de ceux qui savent lire et écrire parmi eux est de beaucoup plus considérable que celui des individus qui lignorent, ct ils possèdent une littérature originale qu’on dit assez riche, mais qui est la moins connue de toute l'Océanie. La singularité de trouver l'anthropophagie , exercée légalement chez ce peuple civilisé avec des circonstances extraordinaires, nous engage à répéter ce que des recueils périodiques anglais ct français ont publié depuis quelque temps sur ce sujet, d'autant plus que ce sont des faits, dont on ne pent plus révoquer en doute la vérité et l’exactitude. Les Battas ont un code de lois d'une haute antiquité; c’est par respect pour ces lois et pour les institutions de leurs ancêtres qu'ils sont anthropophages. Ce code condamne à étre mangés vivans : 1° ceux qui se rendent coupables d’adultère ; 2° ceux qui commettent un vol au milien de la nuit; 3° les prisonniers faits dans les guerres importautes, c’est-à-dire duus les gucrres d'un district contre un autre ; 4° ceux qui, eraut de la même tribu ,se marient ensemble, union sévèrement défendue, parce que les contractans sont censés descendre des mêmes père et mère; 5° enfiu, ceux qui attaquent traîtrensement un village , une maison ou une personne. Quiconque a commis un de ces crimes est jugé et condamné par un tribunal compétent. Après les débats, la sentence est prononcée
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DESCRIPTION DE L'OCÉANIF. 1209
: it shefs boivent chacun un coup : cette formalité équivaut à celle de siguer, chez nous, un jugement, On laisse ensuite passer deux ou trois jours pour donner au peuple le temps de s'assembler. En cas d'adultère, la sentence ne peut être exécutée qu'autant que les parens de la femme coupable se présentent pour assister au supplice. Le jour fixé, le prisonnier est amené, attaché à un poteau les bras étendus ; le mari ou la partie offensée s'avance et choisit le premier morceau, ordinairement les oreilles ; les autres viennent ensuite, suivant leur rang, et coupent eux-mêmes les morceaux qui sont le plus à leur goût. Quand chacun a pris sa part, le chef de l'assemblée s’approche de la victime, lui coupe la tête, l'emporte chez lui comme uu trophée, et la suspend devant sa maison, La cervelle appartient à ce chef ou à la partie offensée ; on lui attribue des vertus magiques , aussi est-elle ordinairement conservée avec soiu daus une bouteille. On ne mange jamais les boyaux; mais le cœur , la paume des mains et la plante des pieds sont réputés les morceaux les plus friands, La chair du criminel est maugée, tantôt crue, tantôt grillée et jamais ailleurs que sur le licu du supplice, où l'on a soin de tenir prêts pour lassaisonner des citrons, du sel et du poivre ; on y ajoute souvent du riz. Jamais on ne boit du vin de palmier , ni d'autres liqueurs fortes dans ces affreux repas ; quelques individus apportent des bambous creux et les remplissent de sang qu'ils boivent. Le supplice doit être public; les Lommes seuls y assistent, la chair humaine étant défendue aux femmes. Cependant on prétend que celles-ci s'en procurent de temps à autre à la dérobée. On dit que les Battas préfèrent la chair humaine à toute autre; mais malgré ce goût voir on n’a pas d'exemple qu'ils aient cherché à le satisfaire hors des cas où la loi le permet. Quelque révoltantes, quelque monstrueuses que puissent paraitre ces exécutions, dit l'auteur auquel nous empruntons cette notice, ct qui en a été dernièrement témoin oculaire , il n'en est pas moins vrai qu’elles sont.le résultat des délibérations les plus calmes, et rarement l'effet d’une vengeance immédiate et particulière, excepté pourtant quand il s'agit de prisonniers de guerre. Ceux-ci on ne se contente pas de les manger vivans, on les mange encore lorsqu'ils sont morts, et même enterrés. Autrefois les Battas , Ainsi que les Bhinderwas mentionnés à la page 694 et autres peuples, étaient dans l'usage de manger aussi leurs parens, quand ceux-ci devenaient trop vieux pour travailler. Ces vieillards choisissaient alors tranquillement une branche d'arbre horizontale , et s'y suspendaient par leurs mains, tandis que leurs cnfans et leurs voisins dansaient en rond autour d'eux, en criant : quand le fruit est mûr, il faut qu'il tombe. Cette cérémonie avait lieu dans la saison des citrons, époque où le sel et le poivre sont aussi en abondance, Dès que les victimes fatiguées, ne pouvant plus se tenir ainsi suspendues , tombaient par terre, tous les assistans se précipitaient sur elles, les mettaient en piéces et dévoraient leur chair avec délices. Cette horrible pratique, que des géographes célèbres nous représentent encore comme subsistante parmi ce peuple extraordinaire, a déjà cessé depuis longtemps ; il faut espérer qu'il renoncera aussi à celle de dévorer les criminels et les prisonniers de guerre. On a calculé que le nombre moyen des personnes mangécs en temps de paix était de 60 à 100 par an. .
Les Achinais , dans le royaume d’Achem, dans l’île de Sumatra. Vers la fin du xvit siècle et jusques à la moitié du xvrr*, particulièrement sous le long règne du sultan Iscander- Manda ou Paduka-Sri, les Achinais étaient la nation prépondérante de la Malaisie , étant alliés ou amis de toutes les nations commercantes depuis le Japon jus u’à l'Arabie. À cette époque brillante, où sa marine comptait prés de 500 voiles, l'empire Achem comprenait, outre son territoire actuel, les états d’Arou, de Dilly, de Siak sur la côte orientale de Sumatra, de Barus, Passaman, Tiku, Sileda et Priaman sur l’occidentale, et ceux de Johor, de Padang , de Keda ct de Perak dans la péninsule de Malacca. Quoique les Achinais soient bien déchus de leur ancienne puissance , depuis la fin du xvii siècle, ils sont encore un des peuples de la Malaisie les plus adonnés au commerce et à la navigation. Les Bima, qui occupent la plus grande partie de l'île Sumbava, dont ils sont le peuple dominant. Ils sont aussi la nation la plus policée de l'archipel de Sumbava-Timor. Les Bellos et les Faïkenos , qui , selon M. de Freycinet, se partagent la plus graude partie de l'ile de Timor. : é thé Les Bouguis (Wugi ou Bugis), qui sont maintenant la nation la plus puissante de l’île Celebes et la plus adonnée au commerce et la navigation de toute l'Océanie; ils Bégue presque tous les équipages des prahus employés dans le commerce maritime de la Er" laisie. Les Bonguis possèdent aussi une littérature. M. de Rienzi les considère comme la souche des Malais ct des Javanais. Nul Les Macassars on Mangkasara, qui occupent la péninsule sud-ouest de Celehes et dont le royaume de Macassar est l’état principal. Les Macassars ont été pendant CE Lt , dans le xvri® siècle, la première puissance maritime de la Malaisie ; les rois de Goa dominaient non-seulement sur l'état de Boni, mais ils exerçaient la suprématie politique sur presque toute l’île de Celches , et possédaient en outre les îles Boutong, Bongai, Paru,
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nde-Maritime. Les Java. ns la Malaisie (Archipel.
moitié du xrv® siècle, de Java, le royaume de rtie méridionale de l'ic v° siècle, sous le règne n non-seulement sur la oa , Macassar , etc., dans lou, Ceram, une partie tra ; enfin, dans la preorsque l'empire de Ma-
Preangan et Cheribon ; nda par les indigènes.
céanie, quoique saus litdèlement celles qui doour de Madjiapabit.
outes celles qu'embrasse es les plus adonnés au
de Menangkabou, les a, les îles de Lingen et autres les royaumes de ande partie de celle des nor. Les Malais ont une inale. Outre l'empire de tie de l’ile de Sumatra, is plus célèbre, celui de du sultan Mohammedlacca , les iles Lingen et
de Sumatra. Ils offrent observé des mœurs d’un ontre à peine parmi les émorial ils écrivent leur vent lire et écrire parmi ui l’ignorent, ct ils posest la moins connue de rcée légalement chez ce ge à répéter ce que des que temps sur ce sujet, er en doute la vérité et ; c’est par respect pour nthropophages. Ce code les d’adultère ; 2° ceux its dans les guerres imtre ; 4° ceux qui, eraut e, parce que les contracx qui attaquent traitrenmis un de ces crimes est sentence est prononcée
Kute et le groupe de Xulla. Ce peuple possède une littérature nationale, mais moins riche que celle des Bougnis.
Les Turajas, qui occupent le centre de l'île Celebes , dont ils nous paraissent être les plus anciens habitans. Ce sont les A{fourous de l'intérieur de cette Île, mentionnés par quelques auteurs. Le teint, les formes et les traits de la physionomie de ce peuple rappelèrent au capitaiue Durville les figures qu'il avait observées à Tabiti, à Tonga et à la Nouvelle- Zélande. Ces rapports lui parurent si frappans et si complets, qu'il engagea le gouverueur hollandais Merkus à faire des recherches sur leur langue. Ce savant marin u’hésite pas à regarder ces Alfourous, comme la souche de la variété d'Océaniens qu'il nomme Polynésiens (les insulaires de la Nouvelle-Zélande, de Touga, de Tahiti, de Sandwich, etc., etc.) dans le cas où leur idiôme présenterait plus de rapports avec le polynésien que le malais lui-même,
Les Biadjous, nation nombreuse, guerrière et assez industriouse, mais anthropophage ct extrémement féroce; elle occupe une partie de l'intérieur de l'ile de Bornéo.
Les Dayaks de Bornéo , qui paraissent être identiques aux Haraforas et aux Jdans de l'intérieur de cctte grunde île. Leur physionomie, leurs traits, leurs usages, leurs croyances religieuses offrent d'intimes et incontestables rapports avec les traits physiques et moraux nou-sculement des peuples qui habitent l'intérieur des grandes terres des archipels des Philippiues ct des Moluques , de l'ile Celebes , mais aussi avec uu grand nombre des peuplades de la Polynésie. Cette frappante ressemblance a été aussi remarquée par un observateur habile, par M. de Rienzi, qui dans son tableau de l'Océanie représente les Dayaks comme supérieurs aux Malais. « L'ile de Bornéo, dit M. de Rienzi, renfermi type ct l'origine des différentes races australiennes ct polynésiennes ». Malheureusement on ne connaît encore presque rien sur leur langue, qui, comparée à celles de ces différentes tribus, pourrait soulever, sinon en tout du moins en partie, le voile épais qui couvre tout ce qui tient à l’origine des habitans de la Polynésie et de la race malaisienne de quelques parties de l'Australie ou Océanie-Centrale.
Les Tagales, qui occupent la plus grande partie de l'ile Lucon, savoir : les provinces de Tondo , Cavite, Valangas, Bulacan, Laguna, Batangas, Tayabas et Nueva-Ecija , ainsi que l'ile Marinduque. Ce peuple posside un alphabet particulier ; mais sa littérature n'est
ormée pour la plus grande partie que de traductions d'ouvrages espagnols,
Les Zlocos (Ylocos), qui habitent dans la province de ce nom, dans l’île de Luçon.
Les Bissayos , qui habitent les îles de Samar, Leyte, Zebu , Calamianes , Mindoro ; Masbatc Panay, Ticuo, Burias et autres terres moius considérables dans l'archipel des Philippines.
Les Soulous , qui occupent l'archipel de ce nom, une subdivision de celui des Philippines. Ce sont, avec les Mindanao et les Illanos, de terribles corsaires.
Les Mindanao, qui sont la nation la plus puissante de l'ile de ce nom dans l'archipel des Philippines,
Les insulaires d'Eap (Yap), Ugoli et autres Îles dans la partie occidentale de l'archipel des Carolines, dont ils paraissent être les habitans les ju policés.
Les naturels des groupes de Guliai (Ulie), © Hogoleu , de Mugmug et autres îles de l'archipel des Carolines, dont ils sont réputés les plus habiles navigateurs.
Les naturels de l'ile d'Oualan, qui vivent dans une assez grande civilisation sous un gouvernement monarchique et ne sont pas navigateurs. -
Les naturels de la Tasmanie (Nouv.-Zélande). Ces féroces insulaires, beaucoup moins avancés dans la civilisation que plusieurs nations de la Polynésie, avec lesquelles ils ont tant de ressemblance et tant de rapports, montrént une grande aptitude pour les arts et les métiers de l'Europe. Doués d’un tempéramment plus robuste ct d’un caractère plus énergique que les Polynésiens ct que presque tous Les Malaisiens, ils n’ont appris des Européens que l'art de la guerre, et malgré les efforts des missionnaires et le fréquent contact avec les Anglais, les Anglo-Américains et les Francais, ils reculent plutôt qu'ils avancent dans la civilisation. & Mais, disait récemment un savant marin, M. Durville, tout donne lieu de penser qu'aussitôt qu'ils s'en occuperont sérieusement, ils prendront un essor plus rapide que tous les autres peuples de la Polynésie. Ainsi l'on a vu les habitans de l'Europe- Septeutrionale, comme les Français, les Anglais et les Allemands, à-peu-près sauvages ily a vingt siècles, sortir promptement de leur état de barbarie, égaler et dépasser enfin les pations du Midi, qui les avaient si iong-temps traités avec dédain pour leur ignorance. » Les Nouveaux-Zélandais conservent le souvenir des hauts-faits de leurs ancètres par des chants, qu’ils accompagnent de leur flûte guerrière.
Les insulaires de l'archipel de Viti (rt , féroces et anthropophages, mais ayant des lois, des arts et formant parfois un corps de nation. Quoique la langue de ce peuple appartienne , selon M. Mariner, à la grande souche Malaisienne, il a plusieurs des traits qui caractérisent les races négro-océaniennes avec lesquelles on doit le classer, lorsqu’ou le considère sous le rapport de ses qualités physiques , telles que la couleur de la peau , les
traits, ete. M. le capitaine Durville 1. met au premier rang parmi ces peuples, et vante leur habileté dans la navigation et leurs progrès dans la civilisation, avantages qu'il attribue à leur voisinage du peuple de Tonga et aux fréquentes communications qu'ils doivent avoir cues avec la race qu’il nomme polynésienne (les iusulaires de Tahiti, de Sandwich, de la Nouvelle-Zélande , ete. ), Les insulaires de V'archipel de Tonga (scie) des Amis), ceux de l'archipel de Mendana (Marquises et Washington) et ceux de l'archipel d'Hamoa (des Navigateurs), sont remarquables par les progrès qu'ils ont faits dans fa civilisation , et par leur habileté dans la uavigation. Les derniers se distinguent par des formes athlétiques et par leur férocité, Les insulaires des archipels de Tahiti, de Cook et de Hasahi (Sandwich) , qui avaient déjà fait de grands progrès dans la civilisation, viennent d’embrasser le christianisme, et offrent déjà en grande partie les mœurs et les usages qui l’accompagnent. Les insulaires des groupes des Marquesas et de Washington , dans l’archipel de Mendana. Leurs femmes ont la réputation d’être les plus belles de la Polynésie. Selon M, de Roquefeuille, les habitans de l'ile Ocvahoa ont une espèce de bardes, qui vont dans les iles voisines chanter leurs poèmes sur des airs assez monotones, qui tiennent de notre plainchant , ce qu leur vaut de nombreux présens.
Peurres NèGres. Des peuplades d'un noir plus ou moins foncé, presque toutes nues, ou tout au plus couvertes d'une misérable pagne ; vivant quelquefois sur les arbres ou dans le creux des rochers ; n'ayant pour toute subsistance que les produits incertains de leur chasse et de leur pêche, et les productions spontanées de la terre ; ignorant les arts les plus indispensables à la vie, et quelques-unes même l’usage de l'arc ; formant presque toutes plutôt de petites sociétés que des petits états; toutes plus ou moins féroces, superstitieuses et barbares, et plusieurs même anthropophages , tels sont à quelques exceptions près les peuples compris dans cette classe. Ces natious abruties, qui paraissent avoir jadis occupé tont l'intérieur des graudes îles de la Malaisie, y occupent encore une grande partie de Bornéo, de Luçon, de Mindanao, de Timor et d'autres îles, et paraissent sc conscrver encore dans quelques cantons de Sumatra et peut-être de Celebes. Ce sont ces Nègres qui peuplent toute l'Australie ou l’Océanie-Centrale , à l'exception de la Nouvelle- Zélande et de quelques iles de beaucoup moindre étendue. On peut dire sans crainte de se tromper qu'on ne conuaît pas la centième partie des jargons que parlent les peuplades de la race Noire-Océanienne. On n'a donc aucun moyen pour les classer d'après les langues. Nous nous bornerons à mentionner quelques-unes des 38 nations , dont nous avons essayé de classer les idiomes dans l'Atlas Ethnographique, Ce sont les seules que notre cadre nous permette de citer.
Les naturels des environs de Sydney, dans le Continent-Austral. Ces sauvages sont très abrutis et moutrent moin, d'aptitude à s’instruire que les autres Nègres connus de l'Océanie. Les naturels des environs de Port-Western, dans le Continent-Austral. Ils sont assez nombreux, moins abrutis que ceux de Sydney, mais d’un caractère féroce et inhospitalier. Les Arfakis ou Endamènes de la partie orientale et de tout l'intérieur de la Papouasie (Nouvelle-Guinée) nommés aussi Abc Les Papouas proprement dits, qui occupent une partie de la Papouasie et qu’il ne faut pas confondre avec les Negro-Malais ou Papouas.
Les Papouas ou Negro-Malais, établis sur le littoral des îles Waigiou, Salwati, Gammen et Batenta, et le long de la côte de la Papouasie (Nouvelle-Guinée) depuis la pointe Sabelo jusqu’au cap de Dory. Selon MM. Quoy et Gaimard qui les premiers les ont parfaitement décrits, ces nègres constituent une espèce hybride provenant, sans aucun doute, des Papouas et des Malais. Ces Negro-Malais, dit M. Lesson, ont emprunté à ces deux races les habitudes qui les distinguent ; c'est ainsi Gr plusieurs ont embrassé le mahométisme, et que d’autres ont conservé des Papouas le fétichisme et la manière de vivre; ces insulaires, continue ce savant naturaliste, forment donc une sorte de peuple métis, placé naturellement sur les frontières de la Malaisie et de l'Australie. Les insulaires de l'archipel de la Nouvelle-Bretagne (Birara), ceux de la Nouvelle-Irland: (Tombara), les naturels de l'archipel de Quiros (Santa-Cruz) et ceux de quelques-unes des iles de l'archipel de Salomon doivent ètre rangés parmi les peuples de cette race, qui ont fait le plus de progrès dans la civilisation. Les habitans de tte élevée de Poulo-Pa (Seniavin, Quirosa, Poulou-Pet ou Pouni-Pet), dans les Carolines, féroces et bons navigateurs. Les insulaires de la Diemenie (Terre de Diemen). On doit les classer avec les tribus les plus sauvages de l'Australie parmi les peuples uègres les plus abrutis. « Ce sont probablement, dit un savani marin, les êtres les plus bornés, !es plus stupides et les plus essentiellement rapprochés de la brute sans raisonnement ».
liueLes ÉTRANGERS. Toutes les nutions comprises dans cette classe peu nombreuse appartienuent à l'Europe ou à l'Asie. Celle-ci a fourni les Chinois, qui sont de beaucoup les
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plus nombreux et qui sont répandus sur toute la Malaisie et même sur l'extrémité nordouest de l'Australie ou de l'Océauie-Centrale. Viennent ensuite les Telinga et quelques autres peuples de l'Inde-Méridionale ; les Arabes ct les Japonais. Ces derniers, jadis assez F1 répandus dans la Malaisie , ne se trouvent plus aujourd'hui que dans le groupe de Mou- clo nin-Sima ? une subdivision de l'archipel Volcanique. L'Europe à fourni à l'Océanie un live petit nombre de ses habitans ; ce sont des Hollandais et des Portugais, établis depuis long- cra temps dans la Malaisie; des Espagnols, qui se trouvent dans le nord de cette division ( comme dominateurs de l'archipel des Philippines; enfin des Anglais, que l’on rencontre
de « arr
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dans les trois grandes divisions du Monde-Maritime et dont les établissemens renferment qu’
des familles de presque toutes les nations de l’Europe. de RELIGIONS. En considérant les Océaniens sous le rapport des diffé- vo)
rentes religions qu’ils professent, on peut en tracer le tableau suivant : dus l'Iscamisue est professé par le plus graud nombre d’habitans du Monde- uti Maritime, puisque les dogmes de Mahomet, plus ou moins purs, sont wie suivis par presque tous les Javanais, les Malais proprement dits de Suma- sioi
tra, Bornéo , des Moluques, ete., etc., les Achiuais, les Siaks, les Bouguis, 1
. les Macassars, les Soulous; par le plus grand nombre des habitans de mi | l’Archipel des Moluques proprement dites ; par les Mindanao et les 1ll:- Ch
nos de l’île de Mindanao; par le plus grand nombre des habitans de Samar et par une grande partie de ceux de Leyte; enfin par quelques tribus des Lampongs et des Redjangs dans Sumatra , des Haraforas de Bornéo et de l'Archipel des Moluques; dans ce dernier se trouve l’île de Goram, remarquable en ce qu’on peut la regarder comme le lieu du globe le plus oriental dans lequel le culte de Mahomet soit dominant. On trouve cependant des mahométans encere plus à l'Orient, parmi les Papouas de la partie occidentale de la Papouasie, qui sont les habitans les moins sauvages de cette grande terre; mais un plus grand nombre d'individus parmi ce peuple réunissent le paganisme à quelques rites du culte de Mahomet. Nous ajouterons que les Javanais, les mahométans les plus éclairés et les plus zélés de l'Océanie, font le pélerinage de la Mecque, transportés par des navires de l'Arabie. :
Le Canisrianisme compte aussi un grand nombre de croyans daus l'Océanie, mais ils y sont partagés entre les églises suivantes. L'église catholique, à laquelle appartiennent les insulaires des Mariannes et pres : que tous les naturels des Philippines soumis aux Espagnols, ainsi que les Timoriens dépendant des Portugais, et quelques milliers d'individus dans les îles Sabrao, Flores et autres de l'archipel de Sumbava-Timor, et dans les établissemens anglais de l'Australie (Nouvelle-Hollande) et de la Diemenie (Terre de Dicmen), où l'on a déporté beaucoup d’Irlandais. Un grand nombre d’habitans de l'Archipel des Moluques, particulièrement dans le groupe d’Amboyne , et quelques milliers d'individus dans les différens établissemens hollandais suivent la croyance de l’église calviniste. La majorité des habitans des colonies anglaises dans l’'Océanie-Centrale, et quelques autres individus dans les ci-devant établissemens anglais de la Malaisie appartiennent à l’église anglicane, ou suivent les dogmes d'autres nuances du christianisme. Des missionnaires protestans américains et anglais viennent de convertir au christianisme le plus grand nombre des habitans des archipels de Tahiti, de Hawaii (Sandwich) et de Cook; mais leurs pieux efforts n’ont pas été couronnés du même succès dans la Tasmanie (Nouvelle-Zélande) et dans l'archipel de Tonga {des Amis). Bien différens des missionnaire: catholiques et surtout des jésuites, les missionnaires protestans défendent à Sandwich, le jour de dimanche, d'allumer du feu,
DESCRIPTION DE L'OCÉANIE, 1213 th mn
ne sur l'extrémité nordes Telinga et quelques es derniers, jadis assez ans le groupe de Moufourni à l'Océanie un ais, établis depuis long- + nord de cette division ais, que l'on rencontre ablissemens renferment
de se baigner, d'aller à la chasse, de se divertir; selon lord Byron, ils ont arraché à la culture des terres les indigènes , habitant les cantons les plus éloignés, pour les faire bivouaquer dans la capitale, où on leur apprend à lire. Les missionnaires n'ont pas été plus tolérans à Tahiti, et il est à craindre que leurs néophytes, dégoütés de tant de rigueurs, ne renoncent à une religion dont ils ne peuvent apprécier la morale sublime et qui, jusqu'à présent, paraît ne leur avoir rien appris de bien utile dans les usages F la vie sociale, à l'exception de tout ce qui tient à la morale. Quelques voyageurs ont déjà remarqué la perte de plusieurs branches de leur industrie, sans avoir observé la substitution ou la pratique d’autres arts plus utiles. Le capitaine Bcechey a déjà trouvé, dans sa seconde visite à Sandwich, que les chefs s'étaient émancipés de la discipline sévère que les missionnaires leur avaient imposée.
Le Bououisue, qui fleurit à Java depuis le milicu du xm° siècle jusqu’au milieu du x1v°, n’y est plus professé que par des étrangers. Ce sont les Chinois qui, partout fidèles à leurs mœurs comme à leur croyance, suivent la religion de Bouddah dans toutes les îles de la Malaisie où ils se sont établis. Parmi les indigènes, cette religion n’y est plus professée que par une partie des habitans de l’île de Bali. L
Le BRanMaNISME, qui jadis a dominé à Java, depuis la moitié du x1v° siècle jusqu’à l’époque de sa destruction par les missionnaires mahométans, n’y est plus professé que par les Kelang, petite peuplade qui vit disséminée dans les districts de Kendal, Kalisoungu et Demak, par les Beduis, autre tribu peu nombreuse, et par plusieurs habitans des monts Tengger; la plus grande partie des insulaires de Bali et de Madura, professent aussi le brahmanisme, mais sans la choquante distinction des castes.
Le Pozyruéisme le plus grossier, une espèce de Saskisue et plusieurs espèces de Panruéisme mélés de quelques dogmes qui paraissent avoir pris leur origine dans les antiques religions de l’Asie, se partagent toutes les autres tribus océaniennes. Quelques-unes mème , telles que quelques peuplades des Haraforas de l’intérieur de Bornéo , des Actas ou Negrillos di Monte de l’intérieur de Luçon et plusieurs tribus du Continent-Austral (Nouvelle-Hollande) et de la Diemeuie (Terre de Diemen), paraissent vivre sans aucune religion. On peut dire qu’en général les races nègres les plus abruties n'offrent d’autres traces d’idées religieuses que des notions vagues touchant l'existence de malins génies toujours prêts à les tourmenter, et le sentiment confus d’une vie nouvelle qui les attend après leur mort. Parmi les différentes croyances appartenant à cette division, il faut remarquer la religion des Battas de Sumatra , qui admet une sorte de trinité, un paradis et un enfer, et dont plusieurs dogmes et quelques-uns des noms de ses dieux subalternes semblent d'origine indienne. La pratique des guruhs, ou prêtres de cette religion singulière, d’égorger des animaux pour connaître l'avenir par l'inspection des entrailles, nous rappelle ce qui se pratiquait en Grèce, à Rome et chez d’autres peuples idolâtres de l'antiquité. Cet usage se retrouve aussi parmi les naturels de Timor, des iles Poggi ou Nassau et de Tonga (archipel des Amis). On ne connaît pas les dogmes de la religion des Haraforas de Mindanao, mais on sait qu’elle a des temples et des prêtres, et que ces derniers observent aussi le vol des oiseaux pour découvrir l'avenir. Les Redjangs de Sumatra, qui n'ont aucun culte, admettent la métempsycose. La religion de plusieurs tribus indépendantes
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. l'état physique et moral des peuples du Monde-Maritime, s'exprime de la
de Zuçon et des autres îles de l'archipel des Philippines proprement dites consiste dans l’adoration des bons et des mauvais esprits; et, quoiqu'elle n'ait ni temples, ni autels, ni idoles, elle a cependant des sacrifices, des prétresses et des sorciers. Les habitans de Æaigiou ct de la Nouvelle. Lrlande Apr ont des temples remplis d'idoles grossières auxquelles ils font des offrandes. Les Papouas de Dory portent au col des fétiches auxquels ils attribuent un grand pouvoir de protection. La croyance des Biadjous de Celebes paraît être une sorte de Sabéisme.
Quelques tribus des Carolines adorent une espèce de trinité dont les personnages s'appellent {luelap, Lageleng et Olifat, et ceux de la trinité adorés autrefois par les Zahitiens étaient Tane où Te mecdoua (le père, l’homme), Oro ou Mattiou (dieu le fils, le dieu sanguinaire ou crucl), Turoa où manou te hooa (l'oiseau , l'esprit, le dieu créateur). Notre ami M. Lesson, qui a groupé avec un talent remarquable tout ce qui concerne
sorte en parlant de la religion des peuplades qui forment la variété sh appelle Océanienne, et dans laquelle il comprend tous les peuples dont beaucoup plus tard M. le capitaine Durville a fait la variété qu'il nomme Polynésienne, et qui embrasse les habitans des archipels de Tonga, de Tahiti, de Sandwich, de Mendana, ceux de la Nouvelle-Zélande, etc. etc. « Les Nouveaux-Zélandais, dit ce savant, comme tous les Océaniens, quelles que soient les variations qu’aitéprouvées leur théogonie, reconnaissent une trinité. Ils nomment Atora, Akoua , leurs dieux, et pensent que les âmes des justes sont les bons génies (Eatouas), et que les méchans ne deviennent point meilleurs dans un autre monde, et que, sous l’attribut de té, ils sont investis du pouvoir de pousser l’homme au mal. Malgré des nuances légères, ne retrouvons-nous pas cet ensemble de faits dans ce que l’on sait du culte des autres peuplades ? Et, soit que Zaroa, brisant la coquille qui le tenait emprisonné, s'en servit pour jeter les bases de la grande terre (Fenoa nui) ou l'ile de Tahiti, et en composät, avec les parcelles qui se détachèrent, les autres îles qui l'entourent; soit que Tangaloa tirât le monde {les îles de Tonga) de la mer, en péchant à la ligne, partout chez les Océaniens nous voyons établis une identité de croyance frappante, la divinisation des âmes, l’adoration de plusieurs sortes d'animaux et de certaines plantes, la puissance intellectuelle des prêtres et des augures, les sacrifices humains, les morais (maraes), les idoles et MR mL qui naquit de leurs préjugés religieux, mais qui s'est effacée de plusieurs îles abondantes en subsistances alimentaires, et qui s’est conservée intacte chez celles où la rigueur du climat et la panvreté du sol ont fait sentir le besoin d’une nourriture substantielle. Les iles de la Société avaient leur p '1dis où se rendaient les âmes heureuses des taranas , que le dieu esprit ailé emportait et purifiait; celles de mataboles des îles des Amis habitaient le délicieux séjour de Bolotou, d'où étaient bannies les âmes du vulgaire, qui mouraient en entier. Les Nouveaux -Zélandais , après leur mort, ont la ferrue croyance que les esprits de leurs pères planent sur l’Aippah, qui leur donna le jour, et se rendent à l'Elysée, qu'ils nomment 4ta-Mira, en plongeant dans la mer, au licu nommé Reinga, vers le cap Nord. Ces âmes, au contraire, errent autour du Pouke- Tapou, où montagne sacrée, et sont éternellëment malheureuses, lorsque les corps qui lesrenfermaicnt out été mangés sur le champ de carnage, que leurs têtes sont restées au
pouvoir des ennemis, et que les cadavres sont ainsi privés de l'oudoupa ou sépulture de leurs pères. À ces principes d'une religion corrompue, mais dont l’ensemble ne nous est malheureusement que peu connu ; à ces restes d'un fanatisme barbare, sont liées des idées de sabéisme; ct, dans leur croyance, ils placent au ciel quelques-uns de leurs organes, qu'ils transforment en météorces célestes. Arracher les yeux d'un ennemi, boire son sang, dévorer ses chairs palpitantes, c'est hériter de son courage, de sa valeur, commander à son dieu, et enfin, accroître ainsi la puissance que chaque guerrier ambitionne. »
Avant l'introduction du christianisme dans les archipels de Sandwich et de Tahiti, et encore à préseni dans plusieurs archipels de la Polynésie, le sacerdoce est exercé par des hommes influens, dont les fonctions mystéricuses ont une puissance extraordinaire sur l'esprit des insulaires. Le roi ou chef suprême chez ces peuples est considéré dans chaque état, comme le premier pontife, et, après lui, les dignités les plus élevées sont distribuées aux diverses classes de la société, suivant l'importance des fonctions. Les prêtres, dans l'opinion de ces insulaires, jouissent de la science la plus surnaturelle: lire dans l'avenir, annoncer les volontés des dieux, interpréter les songes, guérir les maladies les plus invétérées, demander des offrandes, sont leurs attributions les plus ordinaires et leurs occupations journalières. Honorés, respectés, leur personne est généralement sacrée dans les combats; car ces Calchas, à l'exemple des anciens prêtres de Mars, unissent l’encensoir au glaive, et, après s'être battus sur un champ de carnage, ils adressent aux dieux les priéres de la tribu victorieuse.
La religion des habitans de l'archipel de Tonga (des Amis) a un culte public et une foule de divinités, et leurs Tooëtonga et leur Feachi sont une espèce de grands pontifes qui rendent des oracles. La religion des les Mogemug ; Eap et Ngali, daus l'archipel des Carolines, a aussi un culte public avec des temples et des sacrifices, circonstance remarquable dans cette partie de la Polynésie-Occidentale, où la religion des naturels n’a aucun culte public. Les habitans des Zes Mulgrave (Radack) se con. entent d'offrir à la divinité des fruits qu’ils suspendent aux arbres. Dans l’#e d'Oualan, qui est cependant très civilisée, on n’a aperçu encore aucune trace de culte ou de superstition. Dans la plupart des religions de la Polynésie et dans plusieurs autres de l'Océanie-Occidentale, c» trouve la pratique affreuse des sacrifices humains ; et de barbares mu’ilations sont pratiquées d’un bout à l’autre du Monde-Maritime. C’est encure à M. Lesson que nous empruntons ce qui regarde les sacrifices humains qu'on faisait autrefois à Tahiti; ce que ce savant en dit s'applique, avec quelques petites modifications, à presque toutes les autres îles de la Polynési® et à la Tasmanie (Nouvelle-Zélande), où cette pratique affreuse a été observée, et est malheureusement encore en usage. « Ces offrandes humaines étaient presque toujours prises dans la classe du peuple : ce n’était que dans des circonstances rares qu'on sacrifiait des femmes enceintes; et l'on dit même que les chefs ou le roi avaient soin de choisir des individus qui, sans amis ou sans parens, n’excitaient les regrets de personne, et dont la mort ne pouvait occasionner de troubles. Souvent aussi on réservait cette sorte de vengeance publique pour ceux qui s'étaient fait remarquer par leur turbulence ou par des actes criminels. C’est au milieu des ombres de la nuit qu’on entourait la maison de la victime : on l’appelait, et à peine mettait-
es Ps proprement dites its; et, quoiqu'elle des sacrifices, des et de la Nouvelle.
ssières auxquelles ol des fétiches aux- . La croyance des
de trinité dont les t ceux de la trinite Ce medoua (le père, guinaire où crucl), éateur), Notre ami Out ce qui concerne ne, s'exprime de la ent la variété qu'il 18 les peuples dont ariété qu'il nomme ipels de Tonga, de e-Zélande, etc. etc.
ous les Océaniens, éogonie, reconnaisux, et pensent que
ue les méchans ne
ue, sous l’attribut au mal. Malgré des de faits dans ce que aroa , brisant la cobases de la grande les parcelles qui se e Tangaloa tirât le ligne, partout chez ance frappante, la ‘animaux et de ceret des augures, les D PAR ;» qui éc de plusieurs îles servée intacte chez it fait sentir le be- ; avaient leur p ‘1que le dieu esprit les Amis habitaient les âmes du vuls, après leur mort, anent sur l’Aippah, >mment 4ta-Mira, s le cap Nord. Ces \ montagne sacrée, ui lesrenfermaicnt tes sont restées au
elle le pied sur le seuil de la cabane qu'elle était mise à mort. D'autres fois des hommes vigoureux s'élançaient sur elle, ct alors le patient, résigné à son sort, et encore religieux adorateur du dieu qui ordonnait sa mort, faisait ce que les Tahitiens appelaient papa, c'est-à-dire, qu'il se couchait et attendait avec calme Locle de casse-tête qui devait lui briser le crâne. Mais les odieuses divinités qui 4 ddr aux Tahitiens, doux par caractère, des superstitions aussi barbares, ne se bornaient joint à voir arroser les marches des morais avec le sang humain; elles for inspirèrent la pensée, tant leur aveuglement sacrilège les asservissait au culte affreux d'Oro, que le plus pur encens, que les offrandes les plus chères aux dieux, étaient les angoisses de la douleur, les tortures d’un être souffrant et la longue agonie d’un malheureux se débattant contre des tourmens sans cesse renaissans jusqu’à ce qu’un trépas vivement attendu vint l'y soustraire. Ainsi les victimes étaient souvent attachées aux arbres des morais , et là, elles étaient frappées avec des bâtons pointus, couvertes de blessures mortelles, et expiraient dans une lente agonie en adressant aux cieux des cris de douleur et de rage. »
GOUVERNEMENT. Le Monde Maritime , comme l'Ancien et le Nouveau-Monde, offre toutes les nuances de gouvernement, depuis les Da ri nègres les plus abruties de l'Australie et des grandes terres de a Malaisie et les tribus sauvages des Haraforas de Bornéo, et de l'archipel des Moluques, parmi lesquelles chaque famille isolée forme une petite société dont le chef ne reconnaît aucun supérieur, jusqu'aux confédérations aristocratiques des Bouguis, aux monarchies limitées de Soulou, de Mindanao, de Bornéo, et aux empires despotiques de Souracarta et de Djocjocarta, dans l'ile de Java, où le pouvoir suprème et les institutions politiques se présentent sous mille formes différentes. Mais un trait caractéristique de cette grande division du Globe, c'est d’être régie d’un bout à l’autre par un gouvernement qui est toujours plus ou moins féodal; gouvernement que l’on voit adopté par presque toutes les nombreuses tribus de racc Malaisienne, dans l'Océanie, et qu’elles ont porté avec elles en Asie (presqu'île de Malacca) et en Afrique (île de Madagascar ). Dans la Malaisie ( Archipel Indien), cette espèce de gouvernement prend les formes des monarchies électives, dont le chef est choisi par une aristocratie héréditaire, qui en restreint beaucoup l'autorité; elie ressemblesingulièrement au feudalisme qui régnait autrefois dans la plus grande partie de l'Europe. Dans la Polynésie, on retrouve ce même gouvernement, mais avec de plus grandes nuances, et la noblesse, qui y forme une caste à part, y est d’une fierté incroyable, et tient le peuple dans un abaissement dont on ne’ saurait se former une idée. La plupart des habitans policés des îles Celebes, Sumatra, Bornéo et Mindanao, sont gouvernés par des rois électifs, qui ont très peu d'autorité, de mème que les chefs des Passummahs et des Redjaugs, à Sumatra, ceux des insulaires de Timor, et ceux des habitans de Rotuma, des îles Mendana ( Marquesas ) et d’autres parties de la Polynésie, tandis que les naturels des archipels de Radack (Mulgrave), des Carolines, de Pelew, de Sandwich, de Tonga (des Amis), de La Pérouse (Santa-Cruz), de Salomon, de la Socitté , et autres îles, jouissent du plus grand pouvoir, et sont traités avec les plus grands égards. À Oualan , le peuple ne les approche qu'en s'agenouillant, et on dit que les barques qui passent à la vue de l’île Mogemug, siège du
ise à mort. D'autres alors le patient, réieu qui ordonnait sa » c'est-à-dire, qu'il e-tête qui devait lui èrent aux Tahitiens, es, ne se bornaient e sang humain; elles ilège les asservissait es offrandes les plus r, les tortures d’un débattant contre des as vivement attendu attachées aux arbres s pointus, couvertes agonie en adressant
me l'Ancien et le ernement, depuis les les grandes terres de k Bornéo, et de l'arille isolée forme une eur, jusqu'aux confées limitées de Soulou, ues de Souracarta et prème et les institurentes. Mais un trait est d’être régie d’un lus ou moins féodal; utes les nombreuses s ont porté avec elles e Madagascar ). Dans vernemént prend les hoisi par une aristoé; elle ressemblesins la plus grande parmême gouvernement, qui y forme une caste ple dans un abaisseplupart des habitans anao , sont youvernés e même que les chefs ux des insulaires de eudana ( Marquesas ) aturels des archipels Sandwich, de Tonga on, de la Société, et . traités avec les plus qu'en s’agenouillant, > Mogemug, siège du
chef suprème du groupe de ce nom dans l'archipel des Carolines, doivent plier leurs voiles en signe de respect, Le gouvernement des Achinais, essentiellement féodal, flotte sans cesse entre le despotisme et l'anarchie. Celui du sousounan ou de l'empereur de Souracarta , ainsi que celui du sultan de Djocjocarta, était, il n’y a pas long-temps, despotique, et la puissance de ces deux monarques n'était limitée que par certains usages auxquels le peuple est si attaché que le prince n'osait pas y déroger. A Java, de même que dans l'Hindoustan, chaque village, avec son district, forme pour ainsi dire un petit état à part, régi par un chef élu par le
euple. Le trône de Soulou est héréditaire, mais l'autorité du sultan est LP par celle des datus ou nobles héréditaires, qui composent le conseil d'état; par le Maha- Radja- Lela, qui est une espèce de censeur chargé de surveiller la conduite du sultan et des datus, et par le Orang-Kaï- Mallik, qui est une espèce de représentant du peuple, dont le devoir est de défendre ses droits. On peut regarder tous les états de Celebes comme autant de républiques aristocratiques, dont le pouvoir suprême réside dans une noblesse héréditaire qui choisit le roi, auquel elle n’accorde que très peu d'autorité, et qu’elle a mème le droit de déposer, On pourrait comparer le souverain de Louhou à l’ancien doge de Venise, qu'environnait une grande pompe, mais dont l'autorité était presque nulle, Les huit petits rois de Bali, ainsi que les chefs qui dominent dans l'archipel de Salomon , règnent au contraire despotiquement sur leurs sujets. On doit encore ajouter que quelques peuplades de la race nègre dans l'Australie et dans la Malaisie ( Archipel Indien ), et quelques tribus des Haraforas, dans cette dernière division, sont régies par des chefs qui jouissent d’une assez grande autorité; et qu'une tribu des environs de Botany-Bay, plus nombreuse et plus robuste que les autres, parait avoir été en possession du privilège singulier d’arracher une dent aux jeunes gens des tribus limitrophes.
Pendant le premier siècle du mahométisme dans l'ile de Java, les prêtres musulmans ÿ formaient une véritable hiérarchie qui avait la prérogative de choisir le souverain, et qui ne fut détruite que lorsque la puissante famille de Mataran parvint à rendre le trône héréditaire en elle. Les prêtres, parmi les Nouveaux-Zélandais, jouissent d'une autorité presque aussi grande que celle des chefs; et le Schaou, ou le chef suprême élu à chaque 21° lune par les chefs héréditaires des 24 districts de Rotouma , la plus importante des Sporades, joint le sacerdoce au faible pouvoir qu'on lui accorde. Le Tooitonga semble avoir été jadis dans l’archipel des Amis ce qu'était autrefois au Japon le Dairi, et de même que le souverain pontife japonais, à la fin du xvr° siècle, a été privé de ses prérogatives politiques par un général adroit, de méme le pontife océanien, après avoir vu diminuer peu-à-peu son autorité, la vit entièrement annulée par le sage successeur de l’adroitet habile Finow 1°...
A la page 1215, nous avons signalé la grande puissance dont jouissent encore les prêtres dans la Polynésie, et le pouvoir immense dont ils étaient investis dans les archipels de Sandwich et de Tahiti, avant l'introduction du christianisme. à
Dans les îles soumises aux nations de l’Europe, le gouvernement a pris les formes régulières et modérées qui régissent les peuples de cette partie du monde, et il a subi des modifications plus ou moins grandes, selon les
ete
rapports plus ou moins fréquens et les liaisons plus ou moins intimes qui se sont établies , dans les autres îles à quelques Européens se sont fixés ou sont parvenus à introduire leur religion et leurs usages. Les deux archipels de Sandwich et Tahiti offrent parmi ces pays les changemens les plus grands. Les missionnaires, en mettant sur le trône le fils de Pom mare IL, âgé de quatre ans, ont organisé un gouvernement complet, D'après leur constitution, les 27 districts dont se composent Tahiti et l'ile voisine d'Eiméo, ont chacun leur gouverneur et leur juge, l'un choisi par le parlement, l'autre élu par le peuple; les pouvoirs Tébislatif ot exécutil sont, en apparence, séparés entre le roi ct les députés, et, envréalité, rénnis dans les mains des missionnaires : ni roi, ni député, dit un voyageur récent, ne conserverait sa place, s'il encouraît leur déplaisir, On pourrait croire, dit M. de Morineau, que le gouvernement des Sandwich est despotique : tout appartient au roi, il hérite de tout , dispose de tout; cependant son pouvoir est limité, et des lois conservées par tradition représentent la constitution de ces Îles, où l'influence européenne dans l'administation a jusqu'à présent produit beaucoup moius de changemens que dans l'archipel de Tahiti.
INDUSTRIE. Sous le rapport de l’industrie, le Monde Maritime présente dans les deux variétés principales de ses habitans et leurs subdivisions, les différences les plus marquées. Tandis que la race nègre vit presque partout dans les Pois à côté des orang-outangs, dont elle ne diffère pour ainsi dire que par l'usage de la parole, et que ses tribus même les moins abruties, à un très petit nombre d'exceptions près, ignorent encore les arts et les métiers les plus indispensables à l'état social, les nombreux peuples de la souche malaisienne ont presque tous atteint une certaine civilisation, et les plus olicés s’adonnent méme avec succès à l’agriculture, à la navigation, à la pêche, et, en quelques endroits même, à l'exploitation des mines. Cependant l'art du potter, inconnu des Polynésiens les plus civilisés, est pratiqué par les Papouas de Dory. Les Célebiens, les Bouguis, les Redjangs, les Javanais , les Ylocos, les Camarinas, et les Malais proprement dits, sont les tisserands les plus habiles de la Malaisie ( Archipel Indien). Dans la Polynésie , les dinde chiens font les étoffes les plus remarquables avec l'écorce du mürier. Les Nouveaux-Zélanda.s confectionnent de beaux manteaux avec leur fameux phormium tenax. Les Carolins sont les seuls Polynésiens qui fabriquent de vrais tissus. Les habitans de Rotouma font de très jolies nattes. Dans cette dernière division du Monde-Maritime, la Polynésie , les habitans des archipels de Viti (Fidji), de Tonga (des Amis), de Tahiti (de la Société), et de l'ile Rouroutou (Ohiteroa) dans le groupe de Toubouai, se distinguent aussi par leur industrie.
Plusieurs nations civilisées de l'Océanie-Occidentale, comme les tribus olicées de l'Asie et de l’intérieur de l'Afrique, montrent une grande haileté à travailler des bijoux, des ornemens en or et en argent, et surtout
les ouvrages en filigrane. Les naturels de Manado, les Achinais, les Menangkabous, les Redjangs et les habitans de Padang, dans l’île de Sumatra, surpassent tous les autres dans la confection de ces derniers ouvrages. Les naturels de la petite île de Dao, dans l'archipel de Sumbava-Timor, se distinguent aussi dans cette branche d'industrie , et sont les orfèvres et les bijoutiers de toutes les îles voisines. Les Malais de Bornéo et les Javanais
1 moins intimes qui opéens se sont fixés ages. Les deux arles changemens les ône le fils de Pom ernement complet, osent Tahiti et l'ile uge, l'un choisi par Éégistatif et exécutil et, encréalité, réuté, dit un voyageur plaisir, On pourrait andwich est despoose de tout; cepentradition représenune dans l'adminisle changemens que
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je la race nègre vit itangs, dont elle ne , et que ses tribus | d'exceptions près, dispensables à l'état ne ont presque tous donnent même avec et, en quelques enl'art du potier, inpar les Papouas de avanais , les Ylocos, 8 tisserands les plus lynésie , les dinde orce du mürier. Les ux avec leur fameux siens qui fabriquent s jolies nattes. Dans ‘sie , les habitans des ahiti (de la Société), Toubouai, se distin-
le, comme les tribus trent une grande haen argent, et surtout les Achinais, les Melans l’île de Sumatra, rniers ouvrages. Les Sumbava-Timor, se nt les orfèvres et {es ornéo et les Javanais
savent tailler et polir le diamant et autres pierres précieuses, et les seconds, qui travaillent le bois avec une habileté remarquable, fournissent à tous les Européens de l'Archipel des Indes tous les meubles dont ils ont besoin.
Nous ne seurions quitter ce sujet sans signaler à nos lecteurs le goût et les disposition, pour hi sculpture que montrent dans les ornemens de leurs
irogues, de leurs pagayes, de leurs tumbours, et même, chez quelques tribus, dans ceux de leurs cabanes, non-seulement les Nouveaux-Zélan: dis, les Tahitiens, les Sandwichiens, les naturels des îles Pelew, des Carolines et d'autres îles de la Polynésie, mais même quelques-unes des tribus nègres de l'Australie, particulièrement les habitans des archipels de la Nouvelle-Bretagne et de Salomon, dont les sculptures sont par fois des chets-d'œuvre d'élégance, singularité que nous avons eu oceasion de remarquer en parlant des tribus sauvages qui habitent la côte occidentale de l'Amérique du Nord.
COMMERCE. Le véritable siège du commerce du Monde-Maritime est dans la Malaisie (Archipel Indien); c'est ici qu'avant les temps historiques, les Javanais, les Malais, les Bouguis et les Macassars paraissent l'avoir exercé avec plus où moins détendue, selon les circonstances particulières dans lesquelles ces grandes nations de l'Océan se sont trouvées. Maintenant, les peuples qui s'y adonneut le plus, sont, outre les nations susmentionnées , les Tagales, les insulaires de Bali et de Lombock. On doit ajouter que les Bouguis sont la première nation marchande de l'Océanie, et que parmi eux, les habitans de l'état de Wajou sont en possession de la pie grande partie du commerce étranger. Cette tribu a des colons établis dans tous les ports de la Malaisie, depuis Achem jusqu'à Manilla, et fournit presque ious les matelots aux prohas des Bouguis qui naviguent dans cos parages. Presque tous les princes et les chefs des nations maritimes de la Malaisie, et leurs principaux officiers font le commerce pour leur compie, et dans quelques états ils le font même exclusivement.
Dans l'Australie, le commerce parmi les indigènes, est pour ainsi dire nul, et dans la Polynésie il n'y a que les Carolins occidentaux et les habitans de l’Archipel de Sandwich, qu'on puisse regarder comme des peuples commerçans. Depuis 1805, une flotille composée de plusieurs voiles, part d'Ulilea, de Setoan et autres îles de l'archipel des Carolines, se réunit à Lamurek, et va régulièrement tous les ans, à Guam dans les Mariannes, où elle commerce avec les Espagnols. Le gouverneur d'Agana emploie souvent ces mêmes bâtimens pour entretenir sa correspondance avec les autres îles soumises à son administration, et quelquefois même avec Manilla dans les Philippines. Le port de Hanarourou , dans l'archipel de Sandwich, est déjà devenu le rendez-vous des bâtimens qui se rendent en Amérique, aux Philippines et à Canton. : RAS
Parmi les étrangers, les Chinois sont ceux qni font le plus d’affaires, et leur commerce surpasse d’un tiers celui même des Anglais. Ils sont dans l'archipel, ce qu'étuient les Juifs en Europe au moyen âge, et ce qu'ils sont encore dans une grande partie de l'Asie, de l'Afrique et dans quelques contrées d'Europe. Mais plus actifs et plus industrieux que les Juifs, outre le commerce en gros et en détail par mer et par terre, on les voit partout exercer le métier de jardinier, de tailleur, de cordonnier, de peintre , de distillateur et de potier ; ils font aussi toutes les fournitures pour les éta- Missemens civils et militaires ; ils perçoivent les taxes , les impôts fonciers
LE
PR et les droits d’entrée et de sortie; ils exploitent les mines et dirigent ou exécutent les travaux dans les hôtels de monnaie.
La position insulaire de presque toutes les tribus Océaniennes en fait des marins aussi habiles qu'intrépides, et a contribué sans doute à porter à un si haut point de perfection l’art de construire leurs piroyues et leurs corocores ou barques de guerre. Les Achinais et les Siaks de Sumatra, les Macassars et les Bouguis de Celebes, les Tagales de Luçon et les naturels de Mindanao, de Soulou et de Bali excellent plus que les autres peuples de la Malaisie (Archipel Indien), dans la construction de leurs bâtimens. Ceux des Achinais, des Siaks, des Soulous et des Mindanuo sont les plus grands et sont garnis de canons. Les pirogues à balanciers, légères, rapides et propres à la navigation des côtes et des mers tranquilles, se trouvent en usage parmi les Timoriens, les habitans de la côte nord-est de l'Australie (Nouvelle- Hollande), parmi eux des archipels des Mariannes et des Carolines, ét chez presque toutes les peuplades de la Polynésie. Les Carolins, particulièrement ceux du groupe de Gouliai (Ulea, Ulie), sont les navigateurs les plus expérimentés et les plus intrépides de cette partie de la Polynésie; leurs pirogues qu’on a appelées volantes, sont les plus ra-
ides et les plus parfaites que l’on connaisse. Nous avons déjà mentionné e voyage qu’elles font aux Mariannes ; nous rappellerons ici l’intéressante observation faite par Malte-Bruu, sur les renseignemens que M. Gaimard lui avait fournis; c'est que ces insulaires divisent la rose des vents, précisémentcommele faisaient, d’après Tinosthènes, les Grecset les Romains depuis Alexandre jusqu’à Claude. A l’autre extrémité de la Polynésie, les naturels des îles Paumotou, qui habitent également des iles basses ou attoles, possèdent de grandes pirogues doubles dans la conduite desquelles ils se montrent aussi habiles navigateurs. Les nouveaux Zélandais possèdent de superbes .pirogues de guerre sans balancier; mais ils ne s’éloignent jamais hors de vue de terre comme les Carolins et les Panmotous qui se dirigent d’après les astres. On retrouve chez tous les pleuples nègres, épars depuis le nord de la Papouasie (Nouvelle-Guinée), sur ces chaînes de grandes îles, une forme assez générale de pirogues. Ceux du Port-Praslin (Nouvelle- Irlande), de la Nouvelle-Bretagne, de l'île d'York, de Bouka et autres ont des embarcations sveltes, légères, formées de bordages assemblés et cousus, et dont les joints sont bouchés par un mastic tenace, dont les deux extrémités se relèvent et sont le plus souvent surmontées de quelque attribut. Mais toutes ces pirogues, dit M. Lesson, n’ont point de balancier, tandis que celles qu’on retrouve sur le pourtour boréal des îles dites des Papouas, et qui sont destinées aux besoins ordinaires, sont, sans exception, à deux balanciers; celles de guerre, toutefois, ressemblent aux précédentes. Nous ajouterons aussi par opposition à ces insulaires si habiles dans la construction et la direction de leurs embarcations, que les pirogues des Australiens des environs du Port Jackson, ne sont faites qu'avec une longue écorce d'eucalyptus solidement liée aux extrémités ; que dans la région intertropicale du Continent Austral, un tronc d'arbre creusé en tient lieu; que plus à l’ouest, dit M. King, à la baie de Hanovre, c'est un radeau formé de tiges vieilles et légères de manglier; qu'enfin, dans l'archipel de Dampier et autres parties de l'Australie (Nouvelle Hollande), l'intelligence des Australiens n’a pu s'élever pour passer les rivières ou traverser les baies et les golfes au-dessus d’un simple tronc d’arbre flottant!
aines et dirigent ou
Océaniennes en fait é sans doute à porter urs pirogues et leurs siaks de Sumatra, les çon et les naturels de s autres peuples de la leurs bâtimens. Ceux > sont les plus grands , légères, rapides et alles, se trouvent en e nord-est de l’Ausels des Mariannes et : la Polynésie. Les Ca- (Ulea, Ulie), sont les des de cette partie de tes, sont les plus ravons déjà mentionné rons ici l’intéressante nens que M. Gaimard se des vents, précisé set les Romains depuis >olynésie, les naturels asses ou attoles, posdesquelles ils se monlandais possèdent de |s ne s’éloignent jamais motous qui se dirigent s nègres, épars depuis es chaînes de grandes ’ort-Praslin (Nouvellede Bouka et autres ont ordages assemblés et > tenace , dont les deux ontées de quelque atnt point de balancier, oréal des îles dites des s, sont, sans exception, semblent aux précéisulaires si habiles dans s, que les pirogues des pnt faites qu'avec une xtrémités ; que dans la d'arbre creusé en tient novre, c'est un radeau nfin, dans l'archipel de lollande), l'intelligence vières ou traverser les re flottant!
Qu'il nous soit permis de dire encore un mot sur ces embarcations des Ucéaniens qui ont excité l'admiration de tous les navigateurs européens qui ont eu occasion de les observer, et qui ont été jusqu’à ces derniers temps l'objet sur lequel ces insulaires déployaient toutes les ressources de leur industrie: « Les pirogues simples, dit M. Lesson, creusées dans un tronc d'arbre, peuvent se reproduire ailleurs; mais il n’en est pas de même des pirogues doubles ou accolées deux à deux, qu’on ne rencontre nulle part chez les peuples d’une descendance étrangère aux Océaniens. Nous vimes à Tahiti, des pirogues doubles qui arrivaient des îles Paumotou : c'étaient de vrais petits navires propres à faire de longues traversées et capables de contenir des vivres en proportion déterminée pour l'équipage qui est logé dans une banne en bois, solidement tissée et disposée sur le tillac. La coque de chacune des deux pirogues , est calfatée avec soin, enduite de mastic, et de fort madriers solidement liés les unissent. Leur gouvernail est remarquable par un mécanisme ingénieux que nous ne pouvons point indiquer ici. Ces pirogues étaient anciennement chez les Tahitiens, décorées de sculptures qu'on retouve encore aujourd’hui sur les embarcations sveltes des Nouveaux-Zélandais, Ces reliefs, débris des arts traditionnels que ces peuples ont conservés, et dont le fini étonne lorsqu'on examine l'imperfection des instrumens qu’ils employaient, sont toujours identiques par leurs représentations. Ils les négligent depuis que les Européens leur ont porté le fer : les idées nouvelles qu’ils ont recues, feront bientôt disparaître les traces de ces ingénieux travaux , qui s’effaceront avec le sens mythologique qu’on y attachait, et que remplace déjà chez plusieurs une imitation plus ou moins grossière de nos arts et de nos procédés. Les pirogues doubles sont usitées à Tahiti et dans les archipels voisins, aux Sandwich, aux îles Marquises et jusqu’à Rotuma. Nous ne les avons pas vues à la Nouvelle-Zélande, mais la nature des baies nécessite des embarcations plus légères; il paraît cependant qu'ils s'en sont par fois servis. Toutes les pirogues Zélandaises ont leur avant surmonté d’une tête hideuse tirant la langue, ce qui est chez eux le signe de guerre et de gloire; et l’arrière est terminé par une pièce sculptée, haute de quatre pieds, représentant un dieu et des cercles sans fin, dont la signification est entièrement symbolique. »
A l'égard des Océaniens qui doivent en tout ou en partie leur civilisation aux Européens, nous ferons observer que les Tagales et autres peuples de la souche malaisienne de Luçon ou Manille, sont employés presque universellement dans la Malaisie comme canonniers et timoniers , qualités qu’ils possèdent dans un degré éminent. Nous remarquerons aussi que les habitans de îles Sandwich et de la Nouvelle-Zélande prennent quelquefois service comme matelots sur !cs bâtimens anglais et anglo-américains qui vont à Canton et à la côte nord-ouest d'Amérique, ou qui font la pêche de la baleine dans le Grand-Océan.
Au milieu de tous ces peuples navigateurs, l'Océanie offre peut-être un plus grand nombre de corsaires que toutes les autres parties du monde.
Les peuplades les plus renommées par leurs pirateries sont les Achinais et le Siaks de l’île Sumatra, les insulaires de Lingen, les habitans de Kali et Tuli-Tuli sur la côte nord-ouest de Celebes, les Tedongs, tribu des Dayaks et les habitans du royaume de Sambas dans Bornéo, les Mindanao, les Illanos et les Soulous dans l'archipel des Philippines. On doit cependant
1222 APBRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.
avouer que depuis quelques années le nombre de ces forbans à beaucoup diminué, grâces aux croisières anglaises et hollandaises. Il n’y a que les côtes des Philippines qui soient encore ravagées presque tous les ans par les corsaires de Soulou, de Mindanao et de Bornéo, malgré les bateaux armés et les canonnières que les Espagnols entretiennent dans ces parages. Les colonies anglaises de déportation ont répandu dans l'Australie et mème dans la Malaisie quelques déserteurs, tant des établissemens coloniaux que des navires du commerce; jusqu’à présent il n’en est pas résulté d'associations de pirates européens dans ces deux sections de l'Océanie ; mais quelques points da Continent, plusieurs îles et surtout les petites îles du détroit de Bass, ont reçu un grand nombre de matelots révoltés et de convicts évadés , qui menacent de renouveller les régences barbaresques. Des croisières habilement dirigées peuvent encore détourner le péril.
L'esclavage, que les lois reconnaissent et sanctionnent dans toute la Malaisie , à l'exception de l'île de Java et peut-être de quelques autres, la férocité de certaines tribus et la faiblesse et l’abrutissement de plusieurs autres, donnent naissance, dans cette partie de l'Océanie, à tous les abus, à toutes les violences et à ces atrocités que le commerce d'esclaves produit encore en Afrique. Toutes les nations que nous avons signalées ailleurs comme adonnées plus que les autres à la piraterie, font cet abominable commerce, qui ici, comme en Afrique, reçut une grande augmentation par les demandes des Européens, et surtout par celles des Hollandais. Les féroces Mindanao sortent régulièrement tous les ans de leurs ports pour aller à la traite des esclaves dans l'archipel des Philippines. Les îles de Celebes, Poulo-Nias, Bali et quelques autres, sont les contrées de l'Océanie qui fournissent le plus grand nombre de victimes à la cruelle avidité des marchands chinois, bouguis et achinais, avec lesquels rivalisent même quelques marchands européens.
Les principaux articles d'exportation du Monde-Maritime sont : noix muscade, clous de girofle, canelle, poivre, café, riz, étain, or, diamans; perles, ivoire, nids d'oiseaux, bois de sandal, bois de marqueterie, indigo, cire, sucre, coton, tabac, bois de construction surtout de tek, camphre, térébenthine, betel, ambre gris, charbon de terre, blé, chevaux, fourrures, lin et laine de la plus belle qualité, huile et fanons de baleine, écailles de tortue, holothuries , oiseaux de paradis, cocos, gingembre, sagou, jones, rottins, noix d’arec, bambous, arbre à pain. Les principaux articles d'importation sont : opium, sel, toiles ordinaires, soicries, objets de mode, porcelaine, cuivre , huile, savon, vins, liqueurs, armes blanches et à feu, poudre, et un grand nombre d'articles provenant des fabriques et des manufactures de l'Europe.
Les principales places commerçantes de l'Océanie sont : Batavia, Samarang, Sourabaya, Riow (Rhio), Amboine, Coupang et Macassar dans l’Océanie-Hollandaise; Manille dans l'Espagnole ; Sydney, Hobart- Town et déjà Swan- River dans l’Anglaise; Bornéo, Achem, Bevan dans la Malaïsie- Indépendante. Dans la Polynésie nous nommerons: la Baie des Iles et Houkianga dans la Nouvelle-Zélande; Matavae et Papéiti ‘ns Tahiti; Hanarourou dans les îles Sandwich; les {es Viti et les des Mendana pour le bois de sandal; les es Paumotou pour les perles et les trepangs. En outre, nous ferons observer que toutes ces mers sont fréquentées pour la pêche des cachalots et toutes les îles australes pour la chasse des phoques.
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forbans à beaucoup . Iln'y a que les côtes tous les ans par les hlgré les bateaux arnt dans ces parages.
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Maritime sont : noix , étain, or, diamans; de marqueterie, insurtout de tek, camterre, blé, chevaux, et fanons de baleine, ocos , gingembre, sapain. Les principaux aires, soicries, objets leurs, armes blanches nant des fabriques et
sont : Batavia, Samag et Macassar dans iney, Hobart- Town et van dans la Malaisie- : la Baie des Iles et écti ‘ans Tahiti; Hales Mendana pour le s trepangs. En outre, tées pour la péche des es phoques.
ÉTAT SOCIAL DES OCÉANIENS. Depuis Forster, qui le premier traça d’une main habile le vaste cadre des productions et des habitans de la Polynésie et de l'Australie, de nombreux voyageurs parcoururent dans toutes les directions le Grand-Océan et la mer des Indes, et publièrent une foule de faits qui servirent à la classification des peuplades éparses sur le Continent-Austral et sur les îles innombrables qui en dépendent. Nos lecteurs connaissent déjà les voyageurs célèbres qui , depuis les mémorables circumnavigations de Cook, ont décrit les Océaniens sous le double rapport physique et moral. Ici, nous nous bornerons à citer quelques auteurs, dont les savantes recherches ont été notre guide principal, dans la détermination des différens foyers de civilisation indigène du Monde Maritime. Citer les noms de Marsden, de Raffles, de Leyden, de Wenthworth, de King, de Nicholas, de Dillon, de Chamisso, de Collins, de Cuningham , de Kendal, de Kotzebue, de Krusenstern, de Langsdorf, de Perron, de Freycinet, de Duperrey, et les doctes auteurs des Polynesian Rescarches, c'est rappeler au lecteur des hommes, dont les travaux aussi savans que consciencieux ont mérité une juste célébrité. Mais notre franchise nous impose le devoir de lui signaler surtout deux ouvrages classiques, que quelques littérateurs exploitent depuis quelque temps, en y puisant, à peu de frais, une vaste érudition qui ne leur appartient pas, et auxquels nous nous faisons un plaisir et un devoir d’avouer les nombreux emprunts que nous leur avons faits ; ces ouvrages sont : the History of the Indian Archipelago, par M. Crawfurd, et l'Histoire Naturelle de l'Homme , par M. Lesson. C'est dans le premier que nous avons puisé presque tout ce qui concerne la civilisation indigène de la Malaisie ; c’est le second qui nous a fourni les faits curieux et intéressans à l'aide desquels nous avons pu compléter la classification de tous les autres peuples de l'Océanie. Nous devons aussi déclarer que plusieurs communications importantes nous ont été faites par nos savans amis MM. Garnot et Gaimard, MM. Ernest et Jules de Blosseville, ainsi que par un voyageur célèbre qui revient de la Malaisie, par M. de Rienzi.
Maintenant que le lecteur connaît les sources auxquelles nous'avons puisé et quels sont nos guides principaux, nous allops essayer de classer les principales nations du Monde-Maritime, d'après les foyers de civilisation qui nous paraissent pouvoir être regardés comme indigènes, en signalant ensuite la part de civilisation qui paraît devoir être attribuée aux peuples de l’Asie et à ceux de l’Europe. |
En comparant l'état social, où furent trou-ées les innombrables tribus de l'Océanie, on voit d'abord qu'elles. présentent pour ainsi dire deux branches principales de civilisation indigène très différentes entre elles. La première, qui comprend les grandes nations de la Malaisie (Archipel-Indien) , paraît devoir son origine à un peuple inconnu, qui, selon M. Crawfurd , parlait le graud polynésien; c'est le foyer que nous proposons de nommer javano-malaisien, à cause des deux nations qui peuvent tres regardées comme ses branches principales; car les Javanais et les Malais sont incontestablement les deux nations indigènes qui, indépendamment de toute influence étrangère, se sont élevées le plus haut dans l'échelle des peuples civilisés de cette partie du monde. La seconde branche, qui comprend tous les autres peuples de l'Océanie, offre une civilisation incomparablement inférieure à la première. On peut y distinguer trois nuances principales, qui nous paraissent pouvoir être regardées comme autant de foyers distincts, que nous proposons de nommer foyer australien, foyer carolinien et foyer polynésien , dénominations qui désignent les pays où vit le plus grand nombre de tribus civilisées que chacun d'eux embrasse.
Les ingénieuses et savantes recherches de M. Crawfurd , sur le foyer javano-malaisien, ont démontré que cette civilisation s'est développée dans la Malaisie, indépendamment des nations de l'Ancien et du Nouveau-Monde. Gette civilisation semble avoir suivi, dans son développement pendant une longue série de siècles, une marche toute particulière, et avoir même étendu son influence depuis Madagascar, sur les côtes orientales de l'Afrique, jusqu’à l'ile de Pâques, vers les rivages de l'Amérique. Ici, comme dans l'Ancien- Continent, on retrouve partout les traces d’une nation antique, qui a influé puissamment sur la formation de la langue, sur les institutions sociales, politiques et religieuses, sur les mœurs et les usages d'un grand nombre de peuples, mais dont on ne saurait déterminer l'époque précise de l'existence, ni indiquer exactement le lieu de la demeure primitive. Le peuple, qui parlait ce que les savans philolugues Marsden et Crawfurd appel. lent le grand-polynésien, est pour les nations de l'Océanie ce.que le sanscrit est pour les üations Indo-Germaniques de l’Ancien-Continent. C'est à ce peuplé qu'il faut attribuer cette civilisation autochtone , qui est la souche de l'état social dans lequel on a trouvé les innombrables tribus de la Malaisie, et dont on reconnait quelques vestiges chez les peuplades répandues sur les deux tiers environ de la circonférence du globe, phénomène unique dans l’histoire de l’homme, surtout lorsqu'on pense au peu de moyens que ce peuple devait avoir pour étendre ses colonies à d'aussi immenses distances. La comparaison et l'analyse des langues parlées dans ce vaste espace par les nombreuses tribus de race malaisienne , la comparaison et l'analyse de leurs mœurs, de leurs usages, de leurs institutions politiques et religieuses , de leurs histoires nationales et de leurs traditions populaires, tout nous montre de la manière la plus évidente un foyer de civilisation indigène, sur laquelle s’est pour ainsi dire entée la civilisation étrangère, apportée ensuite à des époques très differentes par les Hindous, les Arabes, les Chinois, et plus tard par les Européens. Ces mêmes considérations portent à conclure que ce peuple inconnu, mais dont l'existence ne peut être raisonnablement révoquée en doute, après les faits réunis avec tant de sagacité par M. Crawfurd , avait, de temps immémorial et indépendamment de toute influence étrangère, fait des progrès dans l'agriculture; qu'il connaissait l'usage du fer, de l'or et de l'étain ; qu’il savait travailler ces métaux; qu'il possédait l’art de tisser des étoffes faites de la partie fibreuse d'une plante indigène; qu'il avait apprivoisé le buflle et la vache, et les employait daos l'agriculture et dans les transports, ainsi que la poule, le canard et le cochon, qui servaient à augmenter ses moyens de subsistance; qu'il s’était donné un gouvernemer:t régulier ; qu'il avait établi des foires et des marchés, qui se tenaient à des époques déterminées; qu'il avait un calendrier civil et un calendrier agricole; qu'il possédait déjà un système d'arithmétique assez étendu ; et qu'il s'était même élevé jusqu'à l'invention d’un véritable alphabet, Ces mêmes considérations rendent aussi extrêmement probable l'hypothèse proposée par M. Crawfurd, que c’est à Java, qu’il faut placer l’existence de ce peuple inconnu, et que c’est dans cette île par conséquent qu'il faut placer le noyau principal et primitif de toute la civilisation indigène de l'Océanie ou du Monde-Maritime.
Les principaux peuples qui appartiennent au foyer javano-malaisien sont : les Javanais et les Malais proprement dits, dont nous avons indiqué la demeure à la page 1208 ; les montagnards de Java qui habitent la partie de cette île nommée Sunda , les Battas, les Achinais, les insulaires de Bali, les Bima de Sumbava, les Bouguis et les Macassars de Celebes, les Tagales, les Pissayos , les Soulous et les Mindanao de l'archipel des Philippines.
Un trait qui caractérise la civilisation de ce foyer et qui la distingue le plus de celle de tous les autres peuples policés du globe, c'est la multiplicité des alphabets différens qu'on y trouve en usage parmi des peuples placés dans les circonstances les moins favorables pour en rendre l'invention facile, ou mème nécessaire. Les Battas, les Redjangs et les Lampongs, nations qui parlent des langues moins différentes entre elles que ne le sont entre eux le français, l’espagnol et l'italien, et vivant toutes les trois dans la même ile, emploient, pour exprimer leurs idées, des caractères aussi différens les uns des autres que leurs idiomes différent de ceux des peuples les plus éloignés. Ce même phénomène, unique dans l’histoire de l'homme, se répète encore dans d'autres parties de l'Océanie-Occidentale, lorsqu'on compare entre elles les laugues des Sunda , des Tagales ,. des Bouguis et
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des Javanais, qui appartiennent à une même souche, celle dont dérivent les trois nations précédentes, et dont les alphabets respectifs diffèrent aussi entièrement de ceux des Battas, des Redjangs et des Lampongs. C'est peut-être ici le lieu de faire observer que les Redjangs, comme autrefois les Chinois et autres peuples, se servent encore de cordelettes auxquelles ils font des nœuds , lorsqu'ils ont besoin de se ressouvenir de quelque chose.
Les foyers australien, carulinien et polynésien offrent, dans leur développement , une marche bien plus lente que le foyer javano-malaisien ; on peut dire même que depuis longtemps elle est stationnaire, Mais, tout inférieure qu’est cette civilisation comparée à celle de la Malaisie, elle ne laisse pas de nous étonner, surtout lorsqu'on pense aux circonstances peu favorables où l'homme s’est trouvé dans cette partie du globe, pour sortir de l'état sauvage. Privé du secours des animaux domestiques , ignorant l'usage des métaux les plus utiles, disséminé sur une mer immense , on ne le voit pas moins exercer une sorte d'agriculture; se réunir sous un gouvernement régulier ; se diviser en castes, jouissant chacune de certains privilèges; avoir une religion avec des rits, des prêtres et des sacrifices; observer , à l'égard des chefs hérédiiaires, une étiquette qui, pour la rigueur et les détails, peut être comparée à celle en vogue dans le sud-est de l'Asie ; se bâtir des cubanes commodes adaptées aux circonstances locales; se couvrir de véritables étoffes , ou bien de nattes artistement travaillées; élever quelques monumens grossiers ; construire enfin, avec une intelligence étonnante, des pirogues qui ont mérité les éloges des plus grands marins, et sur lesquelles, guidé par les étoiles et la connaissance des vents, on le voit croiser dans toutes les directiqhs le plus vaste des océans. !
Si l’on voulait mettre ensemble les traits principaux qui nous ont servi à tracer la ligne de démarcation entre ces trois foyers de civilisation indigène, et assigner à chacun les peuples qui lui appartiennent, on pourrait les résumer de la sorte :
Le foyer australien embrasserait les peuples nègres les moins abrutis, On ne connaît jusqu’à présent qu'un petit nombre de peuplades qui puissent lui être assignées. À la tête de toutes, il semble qu’on doit placer les insulaires de la Nouvelle-Irlande, de la Nouvelle-Pretagne, de Santa-Cruz, de quelques-unes des îles de l'archipel de Salomon , et quelques-unes des peuplades du groupe de la Papouasie (Nouvelle Guinée) et des îles qui en ne Ces peuples connaissent l'usage de l'arc et des flèches , ignoré des peuples des branches carolinienne et polynésienne; quelques-uns savent mème fabriquer de la poterie, et tous ont un goût prononcé et une grande adresse pour les sculptures, dont ils ornent leurs pirogues et les portes de leurs maisons. Mais ici , nous devons signaler deux particularités remarquables propres à ces peuples, et dont la connaissance est due à M. Lesson. À Waigiou, à Dory, ce naturaliste trouva chez les naturels l'usage d'oreillers en bois, travaillés et représentant le plus constamment et avec plus ou moins de perfection deux tètes de sphinx, attribut égyptien; plusieurs de ces objets, comparés en France avec ceux qu'on a trouvés sous la tête des momies d'Egypte découvertes dans les tombeaux, n'ont offert aucune différenre sensible. Au port Praslin ce même savant trouva, chez les naturels, l'usage de l'épinete divisée en trois lamelles effilées, qui se placent dans Ja bouche comme la nôtre, et, ce qui est encore plus singulier, la fäite à Pan ou le syrinz, composé de huit notes dont cinq appartiennent à la gamme et trois sont répétées à l'octave en-dessous, ce qui porta un musicien distingué à faire remonter aux temps les plus reculés l'invention de cet instrument,
Le foyer carolinien embrasserait non-seulement tous les peuples de race malaisienne de l'archipel des Carolines, mais aussi les anciens habitans de celui des Mariannes, les insuaires de l'archipel de Palaos et ceux qui forment le groupe que nous avous nommé Archipel-Central. Tous ces peuples forment la branche que M. Lesson a nommée rameau Mongolk-Pélagien. Plusieurs traits particuliers à ces peuples les isolent des autres Océaniens. D'abord le manque de toute sorte de culte; quoiqu'ils possèdent le dogme consolant d'une autre vie , ils n’ont aucune cabane servant de temple, ni aucune idole. Ces peuples, à quelques exceptions près, ne suivent pas l'usage infâme des Polynésiens, de prostituer leurs filles ou les esclaves enlevées à leurs familles. Jaloux au contraire de leurs épouses, ils paraissent scrupuleux de conserver intacte la fidélité conjugale, et redoutent le commerce de leurs femmes avec les étrangers. « La construction de leurs pirogues, dit M. Lesson , est depuis long-temps célèbre ; elle ne ressemble en rien à celle des Polynésiens. Ici, on ne peut se dis-
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penser de reconnaitre des insulaires essentiellement navigateurs, observateurs exacts du cours des astres, possédant une surte de boussole , instrument que l'on sait exister depuis long-temps en Chine et au Japon, quoique les habitans de ces pays soient loin d'être aujourd'hui d'habiles marins. La marche de leurs pros peints en rouge et frottés avec quelques substances qui leur dounent l'aspect d’un ouvrage vernissé, est vraiment remarquable, quoiqu'elle soit loin de légitimer ce qu'en ont dit quelques navigateurs, etsurtout Anson; elle est de cinq à six milles par heure au plus. Muis avec quelle adresse on fait changer indistinctement à ces pirogues l'avant en arrière, par un simple renversement de voile! et ces fragiles embarcations conservent toutes un genre de construction qui ne varie dans aucune ile, et que nous eûmes occasion de voir sur la plupart de ces longues chaines d'archipels. Adonnés à la guerre, poursuit ce savant, parce que l'homme y est naturellement porté, les Carolins ont aussi conservé où su faire un grand nombre d'instrumens de destruction. Cependant nous ne les trouvons pas en possession de l'arc et des flèches, réservés à la race nègre, ni du casse-tête, ni des longues javelines, plus particulièrement usitées chez les Océaniens (Polynésiens). Des frondes, des pierres, des bâtons pointus et garnis d'os et d'énines de poissons, des haches de coquilles, voilà les armes les plus habituelles et celles dunt ils se servent plus généralement, » Mais une industrie qui est essentiellement propre à ces peuples, c'est la confection des étofies. Les Australiens et les Polynésiens les plus civilisés emploient, pour leur fabrication, des écorces battues et amincies sus forme de papier; les Carolins au contraire se servent d'un petit métier, seul débris, dit M. Lesson, des arts de leurs pères, pour assembler les fils et composer une toile par un procédé et par des instrumens parfaitement añalogues à ceux dont se servent les Européens. « On ne peut, dit ce naturaliste, en voyant ces tissus furmés de fils soyeux de bananier teints en jaune, en noir , ou en rouge, entrelacés sur un métier élégant, ornés de dessins qui annoncent du goût, que faire remonter la source d'un art ainsi perfectionné à une race plus anciennement civilisée et depuis long-temps établie en corps de nation, Pourquoi, d’ailleurs, les Carolins n'ont-ils jamais eu recours à l'écorce de l'arbre à pain si commun sur la plupart de leurs îles, et qu’ils n'avaient qu’à battre avec un maillet pour la convertir en étoffe? Cela lient à ce qu'ils ont retenu par la tradition les principes d'un art très perfectionné dans leur patrie primitive, et que leur industrie a su en conserver l'usage pour confectionner les seuls ajustemens réclamés par le climat qu’ils habitent. » Ce véritable phénomène dans la civilisation, encore si arriérée des ces peuplades de l'Océanie, est trop important pour que nous ne nous arrètions encore un instant. Voici de quelle manière s'exprime sur ce sujet un observateur habile, qui'le preinier établit des relations amicales entre l'équipage de la Coquille et les insulaires d'Oualan. « Un certain intérêt, dit M. Jules de Blosseville, s’attachera peut-être à Ja description minutieuse et même technique de l’art du tisserand, chez un peuple de l'Océanie qui, abandonué à ses seuls moyens, nous a presque fait oublier les belles draperies d'écorce des Hawaïiens ct des Tahitiens , les nattes fines et jolies de Rotouma , les manteaux soyeux de la Nouvelle-Zélande et les pagues renommées de Madagascar. Cet intérét s'accroit si l'on réfléchit que dans l’Ancien-Monde la fabrication des tissus remonte à la plus haute antiquité, mais que dans l'Amérique entière et dans toutes les îles de la Polynésie, l'invention d'un métier était au-dessus de la portée des esprits. Certes, il y a loin du caribari ou navette volante et des métiers à lisser mécaniques au #aap ou navette simple , et au paoust des Carolins; mais les merveilles de notre industrie paraissent moins surprenantes pour celui qui voit à quel degré de perfection, à quelle élégance de travail étaient parvenus, sans modèle et avec une grande simplicité de moyens, des insulaires industrieux ignorés du reste du globe. »
Le foyer polynésien embrasserait non-seulement les habitans des-archipels de Tonga (des Amis), de Hamoa (des Navigateurs), de Cook , de Tahiti (de la Société), de Mendana (Marquises), de Hawaïi (Sandwich) et ceux des Sporades qui appartiennent à la race malaisienne , mais aussi les insulaires de la Tasmanie (Nouv.-Zélande), et les peuplades nègres qui habitent l'archipel de Viti (Fidji). Parmi ces peuples , ceux de Tahiti, de Tonga et de Hawaii avaient fait le plus de progrès dans la civilisation avant l’arrivée des Européens, Toutes les tribus policées comprises dans cette division fabriquent des étufles fines avec l'écorce de l'aose (2r- assonctia papyrifera) et des toiles plus gros-
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sières avec le liber de l'arbre à pain (artocarpus incisa), C’est avec un maillet quadrilatère et strié sur ses quatre faces, qu'elles les feçonnent en frappant sur les écorces ramollies et invisquées avec un gluten, Chez toutes on retrouve les mêmes procédés de fabrication, ainsi que l’art de les enduire d'une sorte de caout-chouc pour les rendre imperméables à la pluie. Certes de tels rapprochemens ne sont point le résultat du hasard ; ils doivent dériver des arts pratiqués jadis par la souche de ces peuples, Tous les Polynésiens préparent et font cuire leurs alimens dans des fours souterrains, à l'aide de pierres chaudes ; ils se se vent de feuilles de végétaux pour leurs besoins divers ; ils convertissent Île fruit à pain , la chair du coco, le taro, en bouillies; tous boivent le kava ou l'ava , suc d'un poivrier qui les énivre et les délecte. Avant l'arrivée des Européens dans leurs iles, ces peuples étaient esclaves de la terrible superstition du tabou, qui leur imposait une foule de privations et qui a coûté la vie à tant de malheureux innocens. Cette loi barbare défendait aux femmes, sous peine de la vie, de manser du cochon, des bananes et des cocos, de faire usage du feu allumé par des hommes , et d'entrer dans l'endroit où ils mangent. Le prédécesseur du fameux Tamehameha I était tellement tabou, qu'on ne devait jamais le voir pendant le jour, et que l'on mettait à mort impitoyablement quiconque l'aurait vu un instant , ue füt-ce que par hasard, Cette institution, qui est un des traits principaux qui distingue les Polÿnésiens des autres nations de l'Océanie, mérite quelques détails que nous emprunterous à un article publié récemment par M. le capitaine Durville, sur le tabou en usage chez les Nouveaux-Zélandais ; il ne diffère que par quelques petites modifications de celui qui est pratiqué chez les autres peuplades de cette partie du monde.
Sans nul doute, dit ce savant marin , le but primitif du tabou fut d’apaiser la colère de la divinité et de se la rendre favorable , en s'imposant une privation volontaire proportionnée à la grandeur de l'offense ou à la colère présumée du dieu, Quiconque porterait une main sacrilège sur un objet soumis à un pareil interdit, provoquerait le courroux de l’Atoua (Dieu), qui ne manquerait pas de l'en punir en le faisant périr, non-seulement lui-même , mais encore celui ou ceux qui auraient établi le tabou, ou en faveur desquels il aurait été institué. Mais le plus souvent les naturels s’empressent de prévenir les effets du courroux céleste en punissant sévèrement le coupable. S'il appartient à une classe élevée, il est exposé à être dépouillé de toutes ses propriétés et même de son rang, pour être relégué dans les dernières classes de la société. Si c'est un homme du peuple ou un esclave, il peut arriver que la mort seule puisse expier son offense, Un mot du prêtre, un songe, ou quelque pressentiment involontaire donne-t-il à penser à un naturel que son dieu est irrité, soudain il impose le tabou sur sa maison , sur ses champs , sur sa pirogue, ete., ete. , c'est-à-dire qu'il se prive de l’usage dejous ces abjets, malgré la gène et la détresse auxquelles cette privation le réduit. TéMôt le tabou est absolu et s'applique à tout le monde, alors la personne ne peut approcher de l'objet taboué sans encourir les peines les plus sèvères. Tantôt le tabou n'est que relatif, et n'affecte qu’une ou plusieurs personnes déterminées. L'individu soumis personnellement à l'action du tabou est exclu de toute communication avec ses compatriotes, il ne peut se servir de ses mains pour prendre ses alimens. Appartient-il à la classe noble » Un ou plusieurs serviteurs sont assignés à son service, et participent à son état d'interdiction ; n'estil qu'un homme du peuple, il est obligé de rainasser ses alimens avec la bouche, à la manière des animaux.
« On sent bien, dit M. Durville, que le tabou sera d'autant plus solennel et plus respectable, qu’il émanera d'un personnage plus important. L'homme du peuple, sujet à tous les tabous des divers chefs de la tribu, n'a guère d'autre pouvoir que de se l'imposer à lui-même. Le rangotira (chef), selon son rang, peut assujétir à son tabou ceux qu dépendent de son autorité directe, Enfin la tribu tout entière respecte aveuglément es tabous imposés par le chef principal. D'après cela, il est facile de prévoir quelle ressource les chefs peuvent tirer de cette institution pour assurer leurs droits et faire respecter leurs volontés. C'est une sorte de veto d'une extension indéfinie, dont le pouvoir est consacré par un préjugé religieux de la nature Ja plus intime. Aux siècles d'ignorance , les foudres spirituelles du Vatican n’eurent pas des effets plus rapides, plue absolus sur les consciences des chrétiens timorés, et leurs décrets n’obtenaient pas une obéissance plus
explicite que ceux du tabou à la Nouvelle-Zélande, À défaut de lois positives pour sceller leur puissance , et de moyens directs pour appuyer leurs ordres, les chefs n'ont d'autres garanties que le tabou. Ainsi, qu'un chef craigne de voir les cochons, le poisson , les coquillages, etc., manquer à sa tribu par une consommation imprévoyante et prématurée
e la part de ses sujets, il imposera le tabou sur cés divers objets ; et cela pour tel espace de temps qu'il le jugera convenable. Veut-il écarter de sa maison, de ses champs , des voisins importuns, il taboue sa maison, ses champs. Desire-t-il s'assurer le monopole d'un navire européen mouillé sur son territoire, uu tabou partiel écartera tous ceux avec qui il ne veut point partager un commerce aussi lucratif. Est-il mécontent du capitaine, et a-t-il résolu de le priver de toute espèce de rafraichissemens, un tabou absolu interdira l'accès du navire à tous les hommes de sa tribu. Au moyen de cette arme mystique et redoutable , et en ménageant adroitement son emploi, un chef peut amener ses sujets à une obéissance passive. Il est bien entendu que les chefs et les arikis ou prètres savent toujours se concerter ensemble pour assurer aux tabous toute leur inviolabilité. D'ailleurs les chefs sont le plus souvent arikis eux-mêmes, ou du moins les arikis tiennent de très près aux chefs par les liens du saug ou des alliances. Ils ont donc un intérêt tout naturel à se soutenir réciproquement. »
Rien, ou presque rien dans l'Océanie ne nous rappelle l'Amérique , tandis que quel:
que animaux et quelques plantes utiles à l'homme, des idées religieuses et des traditions,
les jeux et des amusemens , plusieurs usages et quelques arts, et jusqu’à une certaine analogie dans les formes grammaticales des langues que parlent ses nations les plus policées décèlent de loin en loin une origine asiatique, et les communications qu'à des époques différentes les peuples océaniens durent avoir eu avec ceux de l’Asie.
Les Hindous, et particulièrement les Telinga, les Arabes et les Chinois sont les trois nations asiatiques qui contribuèrent à la civilisation de la Malaisie ou de l'Océanie-Occidentale (Archipel-Indien) ; les deux premiers guidés par le fanatisme religieux ; les Chinois, poussés par leur infatigable industrie. Les ruines imposantes, dont la partie orientale de Java est pour ainsi dire parsemée ; le kawi, ou l'ancienne langue littéraire des Javanais, encore en usage dans l'ile de Bali ; les religions de Brahma et de Bouddah encore dominantes dans cette dernière ile et dans quelques cantons montueux de celles de Java et de Madura; les noms que portent le cuivre, l'argent et autres objets utiles et ceux de tous les nombres supérieurs, sont des traces évidentes des relations qui existèrent de bonne heure entre les nations Malaisiennes et celles de l’Irde. Le mahométisme professé par presque tous les peuples policés de la Malaisie, plusieurs lois civiles et criminelles , l'alphabet en usage parmi les Malais proprement dits, une grande partie de la littérature nggionale et un grand nombre de termes abstraits répandus dans leurs idiomes, attestent viffblement l'influence qu'exercèrent les Arabes sur la civilisation de cette partie de l'Océanie, Quelques usages et le grand nombre de Chinois répandus et établis dans presque toutes les iles principales de ce grand archipel, sont une preuve incontestable des antiques relations commerciales qui eurent lieu de bonne heure et contiauent encore entre ses habitans et ceux de la Chine.
Si l’on considère l'influence qu'ont eue les Européens sur la civilisation des Océaniens, on est forcé de convenir que ces étrangers , au lieu d'améliorer le sort de ces peuples par l'introduction de nouveaux arts ou par le perfectionement de ceux qui étaient déjà connus, n'ont contribué au contraire, du moins jusqu’au commencement du x1x° siècle, qu'à les faire reculer sous le triple rapport de la richesse , du pouvoir et de la civilisation. Les Anglais, dit M. Crawfurd, semblent avoir exercé moins d'influence que les autres Européeus sur les mœurs des peuples malaisiens au milieu desquels ils se sont établis; car dans toutes les contrées de cette partie du globe où les Portugais, les Espagnols et les Hollandais ont fondé des établissemens , on remarque plusieurs coutumes et usages que les indigènes leur ont empruntés. Ici nous devons même remarquer que ces modifications n'ont été nulle part plus grandes qne dans l'archipel des Philippines. Ce groupe d'îles est même la seule exception favorable qu'on puisse citer de l'influence de la civilisation européenne sur l’état social des indigènes. En effet, une grande partie de ses nombreux habitans, presque tous sauvages lors du premier établissement des Espagnols parmi eux, non-seulement sont devenus par la suite policés et assez industrieux sous leur domina-
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