CHAPITRE XIL
Classification des habitans de la terre d’après les religions qu'ils professent.
Er. n’est pas prouvé, dit M, Schoell, qu'il existe un peuple sans religion. Dès que les hommes se sont réunis en sociétés, ils ont reconnu l'existence d'êtres supérieurs à leur nature, et disposés à exercer sur leur destinée une influence bienfaisante si on les rendait favorables, malfaisante si on excitait leur courroux. Ils se sont en conséquence efforcés d'apaiser ces êtres par des prieres, des offrandes, des sacrifices et -par toutes les démonstrations de respect et de vénération qu’ils ont pu imaginer. Les diverses manières dont les peuples manifestent ce sentiment constituent autant de religions diverses ; les actes exlérieurs qui peuvent être le résultat de ces croyances religieuses sont des cultes.
Quelle que soit la diversité des religions que les hommes proïessent, on peut les diviser en deux classes : la premicre comprend tous les sjsèmes religieux qui méconnaisseut le vrai Dieu; la seconde tous ceux qui émanent de l'idée d'un seul Dien créateur, modérateur
/ ct conservateur de toutes choses.
, les familles mocohychua ou péruvien, € a région Guarani-Brésil'omagua, ete. ; les faourys, le camacan, cte. ; yana, botecudi., mun- 1 Andes-Parime, les fanas, ete., saliva avec le ypunabis, etc., yaruraibos, maquiritare, ottolangues de la région de quiche, etc.; ensuite les Anahuac où du Mexique, suite les langues mixteca, Central de l Amérique-duhumara avec le tarahues, le tetan , ete., caddos apaches, ete. ; langues de e colombien supérieur et es, l'osage, etc.; ensuite e et des Lacs, les familles heerake, le chaktah, ete.; quoise ; AVEC le mohawk, mi, le delaware, le moewyan propre ; le tacoulde la côte occidentale de ; cochimi-lyamoua avec le olouche avec le koloucle naks, noutka ou wakash, , de l’Amérique-du-Nord, re, le tchougatche-konega, he propre ou tchouktehe
lasser quinze sont parlés dent leur domaine sur un t à l'Asie, savoir, le chiturope, savoir, l'allemand À ec et le latin. L'Octanit
aprés les religions
sans religion. Dès que les » d'êtres supérieurs : leur enfaisante si on les rendait t en conséquence efforcés et par toutes les démondiverses manières dont les rs diverses ; les actes exltont des cultes. Fr fessent, on peut les diviser jeux qui méconnaissent le
Dieu créateur modérateur
PKINCIPES GÉNÉRAUX. 59
Tous les cultes de la première classe se subdivisent en un nombre presque infini, tait est grande la variété de ces religions enfantées par la superstition et l'ignorance des peuples les moins civilisés, L'homme à imaginé les absurdités les plus étranges pour se former des systèmes religieux ; il a adressé ses hommages à tous les objets de la nature. Notre cadre ne nous permettant pas d'entrer dans les détails qu'exigerait la classification même superticielle de cette nombreuse classe de religions, nous uous bornerons aux deux suivantes, qui jusqu'à un certain point peuvent être regardées comme la souvre d'où dérive le plus grand nombre des superstitions et des croyances absurdes qui forment la base de toutes ces religions : nous voulons parler du fétichisme et du sabéïsme, Ces deux croyances se partagent entre elles, sauf quelques exceptions, tous les peuples sauvages et ceux que nous avons nommés barbares. à
Le Féricuisme est l’adoration des fétiches (fetisso), expression emplogée par les nègres des côtes occidentales de l'Afrique pour désigner les objets vivans ou inanimés de la nature , auxquels la peur, la reconnaissance ou quelque affection particuliere engagent ces peuples à adresser une espèce de culte religieux. Tout ce qui les entoure, Ja nature enticre,
les élémens, les arbres, les fleuves, le feu, en un mot tous les êtres chez lesquels ces hommes simples et ignorans observent des propriétés bienfaisantes où malfaisantes qui leur paraissent incompréhensibles, sont les objets de leur culte. C’est celui des peuples qui sont placés au dernier degré de civilisation, et qui ont les idées les plus grossières de la Divinité et des rapports qui existent entre elle et l’homme. Mais ce culte offre une foule de nuances depuis les superstitions les plus absurdes des sauvages abrutis du Continent- Austral (Nouvelle-Hollande) et de la Tasmanie (Terre de Diémen) jusqu'au fétichisme des peuples moins barbares de la Polynésie, du centre de l'Afrique et de plusieurs parties de l’Asie et de l'Amérique. C'est parmi les religions comprises dans cette branche qu'on observe le plus souvent les sacrifices humains et une foule d’atrocités qui font frémir d'horreur. Plusieurs ont une espèce de prètres ou plutôt de devins et de sorciers, qui s'appellent griots chez plusieurs peuples de l'Afrique, jongleurs chez plusieurs peuplades américaines et schamanes chez les peuples de la Sibérie; cette dernière dénomination a êté la cause de la singulière méprise qui a fait confondre une nuance du fétichisme avec le samanéisme qui est une branche de la religion de Bouddha.
Le Sauéisme tient un rang plus élevé; c'est l’adcration des corps célestes, du soleil, de la luneet des étoiles, soit séparément, soit tous ensemble, Cesystème très ancien, répandu sur toute l'étendue du globe, mème au Pérou, s’est mêlé avec toutes les autres religions ; mais il n'existe plus sans mélange que chez quelques tribus isolées, Son nom vient des Salcens où Sabiens, ancien peuple de l'Arabie.
Les pri: ipales religions comprises dans la seconde elasse des cultes sont les suivantes : le Judais ,le Christianisme , le Mahométisme, où 1slamisme, le Magisme, le Brahmanisme, le Bouddhisme, le Sintisme, le Nanekisme, le Naturalisme mythologique et le Panthéisme philosophique.
Le Jupaïsme ne reconnait d'autre révélation que celle qui a été faite au peuple de Dieu par Moïse et par les prophètes. Ceux qui professent cette religion sont connus sous le nom de Juifs. Ils attendent la venue d'un Messie, qui doit fonder un grand empire, auquel participeront les fidèles. Ils pratiquent la circoncision et un grand nombre de cérémonies, ils chôment le septième jour de la semaine. Lorsqu'ils occupaient la Palestine, ils avaient une sorte particulière de prêtres, les Lévites; depuis leur dispersion, qui a produit !:1 confusion de leurs tribus, ils ont cessé de sacrifier à l'Éternel; et au lieu de prètres ou de sacrificateurs, ils n’ont plus que des docteurs appelés Rabbins qui enseignent la loi dans les synagogues ; c’est ainsi qu’ils appellent leurs temples. Ils ne reconnaissent qu’une personne en Dieu. Leurs livres sacrés forment l'Ancien Testament , écrit principalement en langue hébraïque.
Le judaïsme, dont plusieurs idées et images ressemb'ent à celles des Mages de la Perse ou des anciens prêtres égyptiens, se divise aujourd’hui en plusieurs sectes dont les principales sont: la secte des Ta/mudistes, dits aussi Rabbanistes, dénominations qui leur ont été données à cause de leur respect pour les décisions des Rabbins et pour 6 Talmud, hnmense fatras, où quelques idées saines sont perdues dans la fange. Ces US, étant imeomparablement plus nombreux que tous les autres, forment à propre:
o0 ABRÉGCÉ DE GÉOGRAPHIE.
ment parler la masse de la population juive. Les Chasidim, dits aussi Juifs Sauteurs ou Piétistes sont une subdivision.des Talmudistes, qui s'est formée à Miedzyvorz en Ukraine entre 1760 et 1765 ; ils affectent une vertu plus sévère , une dévotion plus vive, et sont aux autres Juifs ce que sont les Piétistes aux Protestans. Ou prétend que leur nombre dépasse celui des Talmudistes dans la Pologne russe et dans la Turquie d'Europe. Les Caraites rejettent les traditions, les superstitious et les inepties qui abondent dans le Talmud, Ils différent en outre dés Rabbanistes sur quelques rits, quelques cérémouies légales, Quoique réduits à quelques milliers ils sont répandus eu plusieurs pays : on les retrouve dans la Syrie, en Égypte, dans le désert de Hit à. trois jours de marche de Bagdad , à Constantinople, en Crimée, dans l'Ukraine, dans la Gallicie, la Lithuanie, à Dubno et près de Kouba dans la région du Caucase. Les Rechabites, visités dernièrement par le dorteur Wolf; ils vivent indépendans dans trois oasis non loin de la Mecque. Ces Juifs remontent à une haute antiquité, possèdent le pentateuque, es livres des Rois, d'Isaie, Jérémie et quelques autres prophètes. Les Samaritains, autrefois beaucoup plus nombreux et maintenant réduits à 200 individus, qui vivent à Naplouse et à Jaffa. Ils ne différent que dans les cérémonies des autres Juifs, Ils fout encore tous les ans le sacrifice au mont Garizim ou dans la ville de Naplouse, Les Juifs du Malabar: ils suut assez nombreux et s’y sont établis depuis plusieurs siècles, et y ont fait beaucoup de prosélytes parmi les indigènes.
Le plus grand nombre des Juifs tit maintenaut en Europe, surtout dans les empires Russe, Autrichier et Ottoman; en Asie, dans ce dernier empire , dans l'Arabie, dans l'Inde et autres contrées; en Afrique, dans les régious du Nil et de l'Atlas. Nous ne savons pas qu'il en existe dans l'Océanie; et l'Amérique en compte un nombre très petit en comparaison des autres parties du monde,
Le Carisrranisme à pris origine dans le sein du judaïsme, Mêlé ensuite avec la philosophie platonicienne , modifié par les progrès de l'esprit humain, le christianisme s'est divisé en une infinité de systèmes, et étend aujourd'hui sa bienfaisante influence sur les contrées les plus civilisées et dans toutes les parties du monde. C’est la religion la plus étendue sur le globe et celle qui compte un plus grand nombre de croyans. Ceux qui la professent , que nous appelons Chrétiens, indépendamment de la révélation de Moïse et des prophètes, croient encore à celle du Nouveau Testament, à la venue du Christ, à la rédemption des péchés , et à la résurrection des morts; ils pratiquent le baptème et chôineut le premier jour de la semaine. Nous offrirons dans le tableau suivant les principales subdivisions du christianisme d'après M. Schæll et d’après l'ouvrage remarquable de l’ancien évèque de Blois.
I Chrétiens qui outre la Bible reconnaissent encore une autorité supérieure en matière de foi, Ils forment l’église Latine ou d'Occident, et l’église Grecque où d'Orient.
4. ÉGrise GRecQue où d'Ontenr. Les principaux points sur lesquels elle diffère de l'église Latine sont relativement à la suprématie du pape comme vicaire de Jésus-Christ et au dogme qui fait procéder le Saint-Esprit du Fils, ainsi qu’à deux points de discipline, qui sout la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtres. Voici les autres dogmes ou points de discipline sur lesquels les Orientaux ne s'accordent pas avec les Catholiques. Quoiqu'ils admettent sept sacremens qu'ils appellent mystères, il paratt qu'ils u’attachent pas à ce mot le méme sens que les Latins; il est certain au moins qu'ils n’en regardent que deux comme d'institution divine, savoir, le baptéme et l’eucharistie, et qu'ils croient que les autres ont été institués par l'Eglise. Ils donnent la confirmation en même temps que Le baptème, qui se fait par triple immersion; ils y joignent méme la communion. Is nient l’indissolubilité du mariage et le rompent pour adultère ; mais ils condamnent les quatrièmes uoces. Ils ne reconnaissent pas d'œuvres surérogatoires et n'admettent par conséquent pas les indulgences. Les Orientaux ont comme les Catholiques une hiérarchie et des monastères, et sont soumis à des pratiques de dévotion nombreuses et à des jéûnes plus rigoureux encore. Ces Chrétiens se partagent en quatre communions. principales, selon qu'ils adoptent ou rejettent une partie des sept premiers conciles æcuméniques qui ont été assemblés avant la scission des églises d'Orient et d'Occident.
1 Léglise Grecque, qui s'appelle orthodoxe, parce qu’elle adopte tous les sept conciles œcuméniques, ainsi que le quini-sextum, n'a jamais formé une église unique. Elle embrasse presque tous les Grecs de Pempire Ottomau, tous ceux de l'empire Russe ct des iles loniennes, et uu grand nombre d'individus appartenant à différentes nations qui habi-
aussi Juifs Sauteurs où liedzyvorz en Ukraine n plus vive, et sont aux e leur nombre dépasse urope. Les Caraites ent dans le Talmud, 1ls rémouies légales. Quois : on les retrouve dans de Bagdad , à Constane, à Dubno et près de rniérement par le doc- Mecque. Ces Juifs reivres des Rois, d'Isaie, autrefois beaucoup plus plouse et à Jaffa. Ils ue ous les ans le sacrifice alabar: ils sunt assez beaucoup de prosélytes
irtout dans les empires re, dans l'Arabie, dans e l'Atlas. Nous ne savons ombre très petit en com-
lé ensuite avec la philon, le christianisme s'est aisante influence sur les C’est la religion la plus de croyans. Ceux qui la
révélation de Moïse et a venue du Christ, à la uent le baptème et chôu suivant les principales age remarquable de l'an-
} supérieure en matière de ou d'Orient.
r lesquels elle différe de vicaire de Jésus-Christ ct eux points de discipline, prêtres. Voici les autres kcordent pas avec les Camystères, il paraît qu'ils tain au moins qu'ils n’en et l’eucharistie, et qu'ils a confirmation en même nent méme la communion.
; mais ils condamnent les s et n’admettent par COuques une hiérarchie et des uses et à des jeûnes plus nions. principales , selon œcuméniques qui ont étè
u’elle adopte tous les sept ie une église unique. Elle de l'empire Russe ct des férentes nations qui habi-
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tent l'empire d'Autriche surtout dans les pa k [ i Û en d'autres états. Ils reconnaissent Nr rt Al 4 co A pui qui a conservé sa prééminence sur ceux d’Antioche, d'Alexandrie et de Jé k ol dc pelle Melchites les chrétiens orthodoxes de la Syrie ct d’autres provi tons ne sont pas Grecs de nation, mais de religion. | RER Tous les peuples Russes et tous les prosélytes que les Russes sont parvenus à fai i les nombreuses nations qui vivent dans leur vaste empire, un grand nombre d'he His dans les provinces qui formaient le ei-devant royaume de Pologne, ainsi 1 ay giens, et autres peuples, professent cette religion , et dépendent du Suint-Syn de d v Rite Russe pour tout ve qui se rapporte au culte, Nous ne savons pas si les “linge sk M à dites , slips rt ES cet empire, sont encore soumis nee eo à e Î the de Constantinople, L'église Russ * né ; toutes les sectes dont ds eo différence DA GT ve Aa nombre. Nous citerons les Bogomiles qui se livrent à tous les excès de À ps . li pr dispensent du travail; les Ma/akhans, qui ont quelque analogie avec les Faprute Hs 3 s lippons, qui encouragent le suicide; et les Origenistes qui enseignent que il pe til ti HAS les tes a ra par le fondatenr même de la religion road 2» L'église aldéenne où Westori 2. Ses croyans ue » de les deux premiers conciles œruméniques et les tés ET ER Hp aile d'Ephèse, où leur doctrine à été condamnée. Ts attribnent à Jésus-Christ aus ÿ Se ou hypostases, refusent de donner à la Vierge la qualité de mère de Dicu ë* fe rént lo culte des images, et regardent Nestorius ct Théodore de Mopsveste comme d ni fe. % Dane nombre “ dans l’Asic-Ottomane, ou dans le viilage d'El-Kosch A Monte où réside leur patriarche principal, ef dans la Perse, Les Nestoriens établis dans l' de sont nommés Chretiens de saint Thomas, parce qu'ils prétendent avoi + Té es saint. Depuis 1599 ils se soût, pour la plupar ui Re er FES” munion sous les deux espèces à le Éd a NP Had tes Es tholiques désignent sous le nom de Grecs- Unis | OL Nes 0 ! 0 .
Re Ê ns Monnaie on Eutychienne, dont les croyans ne reconnaisque es trois premiers conciles œcuméniques, et n’admettent qu'une nature en Jé Christ, savoir, la nature Divine, qui a été incarnée; aussi ne font-ils le si n d 1 ser qu'avec un seul doigt. Cette église se subdivise en trois autres appelées : DR EU Jacobite, ainsi nommée d'après une moine syrien du vi“ siècle, Jacob Baradaï Z salus, qui parcournt la Syrie et la Mésopotamie pour réunir en une église les Monos 2h st rex hp et qui leur donna une hiérarrhie. Leur chef prend lé titre de patiisiéle ne te
pare. acobites ont ad ulte des saints ct des images. Une grande partie d’ent eux R i à se lee à l'église catholique, en conservant toutefois quelques rites qui leur ; na CT pa p # es images. Deux particularités les distinguent de tous les autres . ; ils ont conservé la circoncision conjointement avec le bantème , plutôt cependant : .ns La A re ré ns Me Lépine etils célèbrent le dimanche | rtie samedi. É che demenre an Caire, mais il prend le titre d - Le hat d'Alexandrie et de Jerusalem. nomme pour l’Abyssinie un Ware général Né à sortes laquelle appartiennent presque tous les 4rméniens. Ces chrétiens ont peu e fêtes ei rejettent le culte des images. [ls ont quatre patriarches dont le princi En es Me de rl ps tous les Arméniens, a résidé dans le ‘couvent ah date | ] i-devant Arménie- ersane jusqu'en 1822, époque où il s’ ifugié ï ie toire Russe; il est probable qu'il est Mbnraé à son sbbiEEe Edtue dois Tincs Fa tion de cette province à l'empire Russe. Les trois autres patriarches sésdent à Sis “0e ss Ge va tee près dn lac d'Erivan, et à Agathamar, couvent situé dans une île du e Van. Les Arméniens forment la masse principale de la population de l'Arménie propee ELA ant en plusieurs autres pays indiqués daus les articles … pes Sen ere, NH La Arméniens se sont réunis à l'église catholique : nr A hr “ achtchivan sur le Don, etun autre dans l'ile de Saint-Lazare unie agrnes nise. Il ÿ en « aussi plasieurs milliers dans l'empire Ottoman, surà onstantinople où depuis peu ils sont soumis à la juridiction d’un patriarche indé pendans qu'on vient de leur accorder. se) Pr gli : L . e 2 ; ite as Fes croyÿaus s'appellent Maronites, d’après Jean Maron, Lhnmtiee lits F. ue ear : rs eur constitution. }/s vivent dans Îles montagnes du Fo hypre; ils admettent les quatre premiers conciles œcuméniques, et naissent par conséquent en Jésus-Christ une seule personne et deux natures; mais ils
sont Monothélites, et n'admaettent dans ces deux natures qu'une seule volonté, Le plus grand nombre s'est réuni à l'église catholique, en conservant la plupart des rites de l'église orientale. Leur chef spirituel, qui reconnait le pape, porte le titre de patriarche d'Antioche et réside à Canuobiu, couvent du Liban.
B. Éctise Larmes ou p'Occibenr. On appelle Catholiques ceux qui suivent ses dogmes, mais cette dénomination, qui indique qu'ils forment l'éghse universelle, leur est contestée par les membres des autres églises chrétiennes : ceux-ci les appellent Catholiques Romains et Papistes, L'église Latine recounaît pour ehef le pape ou le scuverain pontife ; elle admet l'autorité de la tradition , ainsi que les décisions de l'Eglise assemblée eu conciles œcuméuniques, quis à regardés comme infaillibles. Le plus grand nombre de ses membres attribuent cette infaillibilité au pape seul. Les Catholiques ont sept sacremens d'institution divine; ils admottent la nmubemataies dans l'eucharistie, la confession auriculaire, le culte des saints, le purgatoire, les œuvres de surérogation, les indulgences, les vœux monastiques, et au moins comme discipliue, le célibat des prêtres, Is administrent le baptéme par infusion; ils reconnaissent non-seulement les sept premiers conciles œcuméniques qui ont été assemblés avant le scbisme de l'église Orientale (à l'exception du quini-seætum), mais aussi plusieurs autres convoqués par les papes depuis le 1xe siéele. Le dernier et le plus célèbre est celui de Trente, qui avec quelques iuterruptions, a siégé de 1542 jusqu'à 1563 Le clergé catholique est nombreux et très riche, surtout cu Hongrie, en Espagne, au Mexique, au Péron, à Cuba et autres contrées. Il existe entre les prètres une hiérarchie et des digaités ceclésiastiques , auxquelles jusqu’à ces derniers temps fut attaché quelquefois un pouvoir temporel très considérable, tels que les électorats ecclésiastiques de Mayence, de Trèves et de Cologne, l'archevèché de Saltzhourg, les évèchés de Würzbourg , de Bamberg, d'Hildsheim, ete,, etc., dans le ci-devant empire Germanique, la grande maitrise de l'ordre de Malte, etc. Parmi les catholiques de toutes les nations, execpté toutefuis les Grecs-Unis dont nous avoss parlé à l’article de l'église Grecque, la liturgie et les pricres
sont rédigées en latin.
L'église Catholique étens son empire sur presque toute la France, sur toute l'Italie, l'Espagne, le Portugal, sur Les trois quarts de l'Irlande, sur la plus grande partie de l’empire d'Autriche, sur plus de la moitié du royaume des Pays-Das, sur presque la moitic de la monarchie Prussienne, de la confédération Suisse et des puissances secondaires de !a confédération Germanique. Il faut aussi ajouter au nombre de ses croyans la plus grande partie des Chrétiens de saint Thomas ou Syriens du Malabar, des Maronites du Liban, et un grand nombre de Grecs-Unis et Arméniens qui en conservant leur liturgie et quelques usages, reconnaissent la suprématie du pape et les dogmes de l'église Latine. Cette religion est aussi dominante dans Îles nouveaux états qui se sont élevés sur les débris des colonies espagnoles et portugaises en Amérique, et est professée par les descendans de ces deux peuples et des Francais dans les établissemens que ces nations ont fondés hors de l'Europe, ainsi que par une partie assez considérable de la population daus les États-Unis et d’autres contrées que l’on trouvera indiquées dans cet Abrégé, Le Pape ou le souverain Pontife est le chef spiritrei de cette église,
T° Chrétiens qui, en misüères de foi, ne reconnaissent d'autre autorité que celle de la Bible. M. Schcell divise ces chrétiens en Unitaires, qui ne reconnaissent qu’une personne dans la Divinité, ct en Trinitaires, qui en admettent trois.
A. Uniratres. On appelle en général Unitaires ou Anti-Trinitaires tous les Chrétiens qui nient la trinité des persounes en Dieu. On comprend sous ce nom plus spécialement les Ariens du 4e sièele,les Sociniens et les Unitaires proprement dits. Les riens, dont la doctrine a été condamnée au premier concile de Nicée, admettaient que Jésus-Christ est engendré du Père de toute éternité; mais ils soutenaient que le Fils et le Saint-Esprit sont subordonnés au Père. Les Saciniens nient également la divinité du Christ, maisilest a leurs yeux la première des créatures et le plus grand des prophètes, qui a été conçu miraculeusement par l'opération du Saint-Esprit, lequel est une force émanée de Dieu. Jésus-Christ est venu donner aux hommes un modéle de toutes les vertus; il a prouvé notre résurrection future par la sienne. Toute puissance lui a été accordée dans le ciel et sur l terre, et le Père est invoqué en son nom. On appelle Unitaimws proprement dits ceux qui nient la divinité du Christ et sa préexistence, sans admettre aueun des deux systèmes dont on vient de parler. Ces derniers Unitaires sont mépaudus parmi &es Chrétiens de tous les pays, mais ils n'ont pas fait de scission et ils me forment pas de secte particulière. Les Ariens, s'il en existe encore , sont dans le mème eas. Il ne nous reste donc à parler que des Sociniens.
On les appelle ainsi d'apes Lellio Sozsini. noble siennois mort en 1562 en Pologne, où il s'était réfagié pour échapper à l’inquisition. Les Sociniens se rapproehent dans la plu: des dogmes du système des Protestans ; mais ils rejettent , ainsi qu'on Fa dit, la Trinité et tous les mystères. Leur grand principe est que le christianisme doit être absolument conforme à la Bible, et que les expressions des livres sucrés doivent être prises dans leur sens
le volonté, Le plus grand 9 Mobil: LA
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x qui suivent ses dogmes, selle, leur est contestée ent Catholiques Romains rain pontife ; elle admet 1blée en conciles œcumére de ses membres attrit sacremens d'institution confession auriculaire, le dulgences, les vœux mos administrent le baptéme onciles œcuméniques qui ion du quini-seætun), Mais le. Le dernier et le plus \gé de 1542 jusqu'a 1563 longrie, en Espagne, an prètres une hiérarchie et »s fut attaché quelquefois clésiastiques de Mayence, de Würzbourg , de Bamue, la grande maitrise de ns, excepté toutefois les », la liturgie et les prieres
France, sur toute l'Italie, lus grande partie de l'em- Bas, sur presque la moitic issances secondaires de la es croyans la plus grande des Maronites du Liban, et t leur liturgie et quelques glise Latine. Cette religion sur les débris des colonies s descendans de ces deux ht fondés hors de l’Europe, s les États-Unis et d’autres bu le souverain Pontife est
tre autorité que celle de la nnaissent qu'une personne
initaires tous les Chrétiens nom plus spécialement les dits. Les riens, dont la ient que Jésus-Christ est set le Saint-Esprit sont surist, maisilest a leurs yeux été conçu miraculeusement Dieu. Jésus-Christ est venu notre résurrection future sar la terre, et le Père est x qui nient la divinité du s dont on vient de parler.
us les pays, mais its n'ont Les Ariens, s'il en existe 1e des Sociniens. .
rt en 1562 en Pologne, où approehent dans la plur:t qu'on Fa dit, la Trinité et doit être absolument cont'être prises dans leur sens
le plus simple et le plus naturel, en écartant toute interprétation mystique et tout ce qui
tient au merveilleux, Les Sociniens sont très peu nombreux. Le plus grand nombre existe
dans la Transylvanie où ils jouissent d'une pleine liberté de conscience et de l'exercice public de leur culte. On en trouve aussi, mais en bien moindre nombre, en Prusse, dans la monarchie Prussienne , en Hollande et en Angleterre.
B. Tainrratres. Ces chrétiens trouvent dans les livres du Nouveau Testament le dogme de la divinité éternelle de Jésus-Christ et du Saint-Esprit, et reconnaissent le dogme de la Trinité. On peut les diviser en trois classes principales , savoir , les Protestans , les Anglicans et les diverses sectes de mystiques et d'enthousiastes qui ont été entées sux le protestantisine.
1° Protestans. Ces Chretiens sont ainsi nommés parce qu'à la diete de l'empire tenne
à Spire en 1529, les princes ct états attachés aux opinions des novateurs protestèrent contre toute loi qui défendrait des innovations en matière de religion. Les pratestans adoptent la Bible comme un ouvrage divin, en rejetant cependant comme apocryphes diverses parties que le concile de Trente a déclarées canoniques; ils recommandent la lecture et l'étude des livres sacrés, dont ils ont fait faire nn grand nombre de traductions dans toutes Les langues: cependant aucune de ces traductions n'est regardée comme authentique, et le texte original seul fait autorité pour eux. [ls peusent que Lieu a donné à l'homme, indépendamment de la révélation, deux grandes lumières : la saine raison pour entendre sa parole, et la conscience pour lui servir de guide dans ses actions. Lls rejettent toute autorité humaine en matière de foi, méme celle des conciles ; ils adoptent cepeudant, uon comme loi, mais comme couformes à la Bible, les canons des quatre premiers conciles æcuméniques, et la phrase qui énonce la procession du Saint-Esprit et du Fils; par conséquent leur credo est entière ment conforme à celui des Catholiques. Is ne conaaissent que deux sacremens : le baptéme qu'ils administrent par infusion, et l’eucharistie ou la sainte cène; ils communient sous les deux espèc®s ; ils rejettent la transsubstantiation , et par conséquent le sacrifice de le messe: ils n’admettent pas la légitimité des vœux monastiques, la sainteté du célibat, l'indissolubilité du mariage, le mérite attribué aux bonnes œuvres par l'église catholique, ni par suite les indulgences ; ils réprouvent aussi l'invocation des saints, et le culte des images, la confession auriculaire, la différence entre les péchés véniels et les mortels, la rémission des péchés par une autorité humaine, l'extréme-onction, le purgatoire et l'autorité spirituelle du souverain pontife et de l'église. Chez eux l’ordination ecclésiastiqne n’est qu’une céré : monie religieuse en vertu de laquelle les candidats sont reconnus , par leurs confrères, eapables d'exercer le saint ministère : leurs ecclésiastiques ne sont que les ministres du culte et les serviteurs du prince qui les a nommés, et des communes qu'ils desservent. Ils n’ont d'autre autorité que celle qu'ils tiennent des lois du pays où ils vivent. La confirmation, la confession et la bénédiction nuptiale ne sont que des cérémonies religieuses instituées par les hommes , et dont on peut se dispenser. Les Protestans les ont conservées, en en changeant l’objet et la destination; mais ils ont entièrement supprimé l'extrème-onction.
On divise les Protestans en Luthériens ct en Zwingliens ou Calvinistes.
Les Luthériens sont ainsi nommés d'après Martin Luther, moine de Wittemberg, qui en 1517 commenca le schisme ; ils préfèrent cependant le nom d'Évangéliques ou d'Adérens de la Confession d’Augsbourg, qui est le nom officiel qu'on leur a donné en Allemagne ct en France; ce nom dérive de la fameuse Confession d' Augsbourg rédigée par Philippe Mvlanchthon et présentée en 1550 à l’empereur Charles-Quint à la diète d'Augsbourg par les princes et les états qui avaient embrassé les opinions de Luther.
Les Luthériens se distinguent des autres Protestaus par la manière mystique dont ils s'expriment à l'égard de la présence réelle dans le sacrement de l’encharistie. Tout en rejetant la transsubstantiation , ils admettent la présence réelle et disent que les fidèles mangent le véritable corps et boivent le véritable sang de Jésus-Christ en mangeant le pain ct buvant le vin in, cum et sub pane et wino, de manière que ce pain et ce vin, quoique consacrés, conservent leur nature s'ils ne sont pas distribués aux fidèles, et ne doivent en aucun cas être adorés. Ils emploient, dans la communion, du pain azyme, comme l’église latine. Tout en rejetant le culte des images, ils souffrent que leurs églises en soient décorées, en commémoration des évènemens qu'elles rappellent, Les Luthériens ne condamnent pas absolument la hiérarchie, mais ils n’admettent pas qu’elle soit d'institution divine: et leurs prélats, dans les pays où ils en ont, sont soumis au prince qui est toujours invésti de la suprématie spirituelle. En Suède, les Luthériens ont des archevèques et des évêques, qui forment un des quatre ordres de l’état, avec lesquels le roi partage l'exercice du pouvoir législatif. En Danemark, en Norwège et en Irlande on trouve les mêmes dignités ecclésiastiques, mais sans aucune prérogative qui donne une influence politique. .
Le Luthérianisne domine dans les monarchies Prussienne, Danoise et Norwégieno- Suédoise, dans les royaumes d’'Hanovre, de Saxe et de Würtemberg et autres états de la Confédération Germanique , dans les provinces Baltiques de l'empire Russe; il compte aussi beaucoup de croyans dans les pays Hongrois et autres provinces de l’empire &’Autriche,
64 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIF.
ainsi que dans plusieurs états de la Confédération Anglo-Amérienine et dans les eolonies Danoises et Snédoises.
Les Zwingliens, ainsi nommés d'aprés Zwingle, pas:sur à Zurich, eontemporain de Lu. ther, qui commença le sehismo en Suisse, sont aussi appelés Cabvinistes du nom de Calvinus de Noyon , qui répandit les mêmes opinions à Genève et en France, Les Calvinistes se donnent de préférence le nom de Réformes. Anciennement en France on les appelait Huguenots.
Les Calvinistes rejettent suticrement la présence réelle, et prétendent que le pain et lv vin signifient seulement le corps et le sang du Sauveur, [ls se serveut, duns la communion, de pain levé, [ls soutiennent ‘ne, quoique Jésus-Christ soit venu pour sauver le genre humain , il n'y a qu'un ptit nombre d'hommes élus depuis l'éternité, et prédestinés au salut, Les Caivinistes exigent dans le culte une simplicité extraordinaire, ct rejettent l'usage du crucifix, des images et des cierges, que les Luthériens tolèrent romme simple ornement. Leur régime ecelésastique est eutiérement républicain.
Les provinces septentrionales de la monarchie Neerlanduise , les cantons Suisses de Berne, de Zurich, de Bâle, de Gentve et le duché de Nassau, les principautés d'Anhalt, de Lippe, la Hesse-Électorale, les départemens du Gard, de l'Avaèche, de la Drôme, du Lot et- Garonne, ete., etc., en France, la Hongrie, la'l ransylvanie , les Confins Militaires cte. duns l'empire d'Autriche, et les Etats-Unis d'Amérique, ainsi que les colonies Angla'ses et Neerlandaises, sont les pays où les Calvinistes se trouvent en plus grand nombre, I y en a aussi beaucoup dans la monarchie Prussienne,
En Hollande et en Holsteiu, une secte particuliere de Réformés est nommée Ærminiens ou Remontrans.
En Ecosse ct en Angleterre, dans les colonies Anglaises et dans la confédération Anglo- Américaine, les Calvinistes se partagent en deux clisses. On nomme Preshytériens ceux qui sout régis en affaires ecclésiastiques par une espèce de ponvoir aristocratique résidant dans les synodes , et Indépendans ou Congrégationalistes ceux qni rejcttent ce pouvoir, et parmi lesquels chaque communauté exerce par elle-même le pouvoir ecclésiastique. Les Presbytériens, aussi bien que les Congrégationalistes, sont nommés en Angleterre Von-Conformistes, en tant qu'ils ne reconnaissent pas l'épiscopat qu'admet la haute église anglicanc; mais en Ecosse ils forment non-seulement l'église dominante, mais méme celle à laquelle appartient la grande majorité des habitans, On appelait anciennement Puritains tous ceux qui en 1565 rejetèrent la liturgie anglicanc pour établir un culte plus pur. L'église Presbytérienne des États-Unis, où en 1828 elle ne comptait pas moins de 1968 églises desservies par 1285 pasteurs , est la secte calviniste la plus rapprochée des anciens Puritains,
Les Luthériens s'étant rapprochés, depuis la moitié du xvsrie siècle, de l'opinion des Calvinistes sur la présence réelle dans la sainte cène , et ceux-ci ayant adonci leur dogme sur la prédestiuation , il n'existe aujourd’hui presque plus de différence entre les deux religions, et les adhérens de l’une suivent le culte de l'autre , quand ils n'ont pas d'église particuhère, [ls approchent même indistinctement de la sainte cène, célébrée par des ministres de l’une cu de l’autre communion , parce que les uns et les autres n’emploient dans cette solennité que les paroles mêmes de l'institution, prononcées par Jésus-Christ , sans y ajouter aucun commentaire. Ce qui a empêché jusqu’à res dernières années la réunion des deux
artis a été surtout la diversité de leur administration ecclésiastique , qui est toute répu-
licaine chez les nns , et monarchique chez les autres.
Notre siécle, fertile en grands évènemens, a vu aussi commencer en 1817 dans le duché de Nassau lu fusion des deux églises luthérieune et calviniste en nne seule, sous le titre d'Eglise Evangelique. Cette union eut lieu aussi depuis à Paris, à Franefort-sur-le-Mein, dans presque toute lu mouarchie Prussienne, dans une grande partie du royaume de Bavière, dans le grand-duché de Bade, dans la Hesse-Elcctorale, dans le duché d'Anhalt- Bernebourg, dans la principauté de Waldeck et dans d'autres parties de l'Allemagne. Il est probable que les Calvinistes et les Luthériens des autres pays de l’Europe ct des autres parties du monde se réuniront aussi, ct que sous peu d'années ces deux églises n’en formeront plus qu’une seule sur tout le globe.
2° Anglicans. Ces chrétiens, qu'on nomme aussi Episcopaux, forment la haute église établie en Angleterre depuis le régne de la reine Elisabeth, Quelqu'un a dit dans le parlement que l’église Anglicane a 39 articles calvinistes, une liturgie papiste et un clergé armiuien. Un savant très distingué , tout en remarquant qu’il n'est pas encore décidé si elle est calvinisté ou arminienue, dit que lors de sa scission de l’église Catholique elle en conserva la hiérarchie, la discipline, le langage, le costume et les formes liturgiques, Les plus belles oraisons du cuite catholique subsistent dans le Common prayers Book. 1 contient notre calendrier ecclésiastique, la liste des saints, les fêtes, les Rogations, l'Avent, les Cendres, les jours d’abstinence, le carême. L'église Anglicane aux Etats-Unis d'Amérique diffère beaucoup de la précédente ; elle a réduit les 39 articles à 10 et a rejeté le symbole Athanasien. L’arminianisme paraît y être la doctrine dominante.
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Les Anglicans forment la grande masse de la population de l'Angleterre, et une partie considérable de celle de l'Irlande et des États-Unis; dans les possessions anglaises hors d'Europe ils sont presque partout les plus nombreux des clirétiens qui s'y trouvent établis,
On appelle en Angleterre Dissenters ou Non-Conformistes tous ceux qui ne sont pas de l'Eglise anglicane, qu'ils soient protestans, catholiques, quakers ou juifs; mais quelquefois on restreint l'acception de ce mot aux protestans qui rejettent l'épiscopat.
UL° Mystiques et Enthousiastes, Nous réunissous sous ces dénominations plusieurs sectes qni se sont formées, soit parmi les Protestans, soit parmi les Anglicans, Leur nombre est très grand, Nous nous bornerons à classer les sept suivantes qu'on peut regarder comme les principales, offrant les partis les plus sombreux et comptant des prosélytes répaudus sur un plus grand nombre de pays.
A. Les Congrégationalistes regardent chaque congrégation comme une partie de l'église visible et militante. Chaque église est pour eux un corps organisé et muni de tout ce qui est nécessaire pour atteindre son but religieux, sans être assujétie à aucune autre. Leurs dogmes sont presque identiques à ceux de l'église Presbytérienne de l'Écosse, où ces sectaires sont très nombreux, et de celle des États-Unis d'Amérique, où on en trouve aussi un grand nombre. Pour être congrégationaliste il faut la foi de Jésus-Christ; le repentir du péché; reconnaitre la trinité, | destination, la dépravation origiuelle, la rédemption particulière, la persévérance Les Congrégationalistes diffèrent très peu des /ndependans.
B. Les Arminiens ou
nsi nommés d'Arminius ou Hurmsen, ct d’uue remontrance qu'ils présenté
ix États de Hollande. Culvin avait enseigné que de
toute éternité Dieu a prédestin s, les uns au salut, les autres à la damnation cternelle, par un décret absolu in e leurs œuvres, Arminius eombattit cette doctrine, et trouva un grand nombre de partisans, Maintenant l'arminianisme est très répandu dans beaucoup de sectes protestantes, mais il compte peu de prosélytes formant des églises indé pendantes. Le plus grand noinbre d'Arminiens se trouve dans les provinces septeutrionales du royaume des Pays-Bas ét dans celui d'Angleterre.
C. Les Mennonites, qui s'appellent eux-mêmes Baptistes, sont issus des trop célébres Anabaptistes, dont ils désavouent les crimes et même (A nom. Ces sectaires actuellement très pacifiques, probes et industrieux, très adonnés au commerce et à l'agriculture , affectent une grande simplicité de mœurs. Ils ne reconnaissent aucune personne, aucune autorité pour juge en matière de doctrine : aujourd’hui ils n’ont pas même de confession de foi, et se contentent de la Bible que chacun expliqne à sa manière. Indifférens sur les disputes religieuses, différens entre eux sur beaucoup de points, ils s'accordent seulement sur quelques-uns, comme de ne baptiser qu’a l'âge mûr, de ne pas jurer et de réprouver l'usage des armes. Ces sectaires ont beaucoup d’affinité, sous le rapport des mœurs et de la discipline, avec les Quakers et les Frères Moraves.
Les pays où ils sont le plus nombreux sont les États-Unis d'Amérique, le Royaume-Uni, celui des Pays-Bas, les provinces méridiouales de l'empire Russe et les gouvernemens de Dantzik et de Marienwerder dans la monarchie Prnssienne.
D. Les Quakers, dits aussi Trembleurs par quelques auteurs; ils s'appellent ris. George Fox, cordonnier de Leicester, fut leur fondateur en 1647. Ils reconnaissent un Dieu en trois personnes, et conséquemment la divinité du Verbe. La chute du premier homme, la promesse du Rédempteur, le salut par Jésus-Christ font partie de leur croyance, Ils rejettent la doctrine d'élection, de réprobation, sans prévisions des mérites. Les Quakers n'admettent ni types , ni rites, ni sacremens, pas même le baptême , ni la cène. Ils ne condamnent pas le bhptèéme d'eau, quoiqu'ils le croient superflu. Quatre maximes fondumentales font la base du quakerisme : 1° l'autorité civile ne peut exercer aueun droit sur la croyance religieuse ; 2° les sermens exigés par l'autorité civile sont illicites ; 3° la guerre est illicite; en conséquence ils u'opposent à la violence que la résignation ; leur défense ue va jamais jusqu'à verve: le sang, ni compromettre la vie d'un ennemi; ils préfèrent se laisser égorger; 4° un établissement pour salarier un clergé leur paraît illicite; eu conscquence ils refusent de payer les dimes, parce qu’elles sont destinées à l'entretien d'un corps sacerdotal ; mais les percepteurs qui vont chez eux prennent l'équivalent sans éprouver de résistance. Leur costume, leurs maisons, leurs meubles présentent tout ce qu'exigent la décence, la nécessité, l'utilité; mais rien de superflu. Les Quakers condamnent les jeux scéniques, les jeux de hasard , les cartes, les loteries, les discours vains, les lectures futiles, le chant, la chasse, et bannissent de lenr langage les mots hasard, chance, destin et fortune, comme une insulte à la Providence. Quand ils parlent ils tutoient tout le monde,
Ces paisibles sectaires , trés adonnés au commerce et généralement riches, sont répandus dans le Royaume-Uni, mais surtout en Angleterre , et dans les États-Unis d'Amérique, surtout dans la Nouvelle-Yark , la Pensylvanie, le Maryland, la Virginie, les Deux-Carolincs, la Georgi> et l'Ohio. ‘
E. Les Frères Moraves où Herrnhuters. La première de ces dénominations rappelle la secte des Frères de Bohéme et de Moravie , dont ils descendent ; et la seconde de l'établisse. ment qu'ils fondèrent en 1721 à Herrnhut, près de Berthelsdorf, dans la Haute-Lusace, üppartenant au comte de Zinzendorf, qui se déclara leur protecteur. I donna à leur système une forme nouvelle eu y amalgamant le piétisme, et devint par la suite leur évèque ou chef, Ces sectaires croient parvenir à la perfection par une lumière intérieure et une communication plus intime avec Dieu, Ils se servent, dans leurs discours ct leur lithurgie, de termes mysti ques, et affectent une certaine sentimentalité religieuse. Ils admettent la corruption originale
e l'homme par la chute d'Adam, et la justification par le sacrifice expiatoire de Jésus. Christ; l'éternité des peines et la divinité de Jésus-Christ, Le gouvernement de leurs anciens ou chefs ecclésiastiques s'étend sur beaucoup de transactions de la vie civile , tels que les mariages, les acquisitions d'immeubles, et autres actes qui ne peuvent être conclus sans leur consentement. Il leur est défendu de plaider, [ls composent une sorte de répulijue où les intérêts individuels sont toujours subordounés à l'intérêt général, Ils donner: ‘: soins particuliers à l'éducation physique et morale des enfans. Pour faciliter les couv: 1 ils out établi trois tropes ou classes : celui de l'église morave; celui de l'église luthezieune et celui de l'église réformée.
Les Frères Moraves, que leur analogie sous plusieurs noints avec les Quakers à fait appeler les Quakers de l'Allemagne, sont très répandus. Ils ont des établissemens à Neuwied, Barby, Neudittendorf , ete.,ete., en Allemagne; à Christionsfield dans le Danemark ; à Neufchâtel, à Bâle, ete., en Suisse; à Zeist, ete, dans le royaume des Pays-Bas, à Tytherton, etc. en Angleterre ; à Strasbourg , ete., en France; à Sarepta, ete., en Russie; à Tranquebar, dans l'Inde; en Guinée, dans l'Afrique Danoise; dans la colonie du cep de Bonne-Espérance et dans le pays des Hottentots dans l'Afrique-Méridionale ; à Saint-Thomas, Sainte-Croix et Saint-Jean daos les Antilles Danoises ; à la Jamaïque, etc., duus les Antilles Anglaises ; à Nain, ete, dans le Labrador ; à Neuherrnhut, Lichtenfels, ete.,dansle Groënland; Bethléem, Nazareth, ete., dans les Etats-Unis d'Amérique, ete. Leur chef-lieu géné, 41 est Herrnhut, petite ville du royaume de Saxe, où réside le collège directeur composé de 13 membres élus par le synode.
Les missionnaires ds Fréres Moraves, ainsi que ceux des Catholiques, ont obtenu jusqu'à présent plus de succès qu'aucune autre société chrétienne en préchant l'évangil. aux peuples indigènes des différentes parties du monde,
F. Les Swedenborgiens, ainsi nommés de Swedenborg, leur fondateur, incinbre de l'académie des sciences de Stockholm , et minéralogiste distingué, De l'étude du monde matériel passant à celle du monde intellectuel, Swedeuborg devint théosophe. s'attribua une communication fréquente et immédiate avec les êtres spirituels, et des révélations sans nombre concernant le culte de la Divinité, le sens de l'Ecriture, l'état des hommes après leur mort, le ciel, l'enfer, les autres mondes et leurs habitans. Les trois articles fondamentaux de sa doctrine sont : la divinité de Jésus-Christ , la sainteté des Ecritures, la vie qui est charité. Quelles que soient les erreurs auxquelles un homme s’est livré, s’il évite le mal et fait le bien, non pour des motifs d'intérêt, d'ambition, de vanité, mais par haine pour le mal et par amour pour le bien, il pourra être régénéré, sauvé et arriver à la lumière. Swedenhorg donne pour ainsi dire une statistique détaillée du ciel, de l'enfer et des planètes, dont il décrit les habitans et les mœurs. Ses visions sont un phénomène assez étrange : il les a, dit-on, débitées de bonne foi, parce qu'il ne se défiait pas de l'illusion de ses sens.
Le swedenborgisme, quoique né en Suède, y compte très peu de prosélytes, la plupart disséminés dans le Gothland. On en trouve aussi en Hollande, en Suisse dans l'Appenzell et à Saint-Gall. Mais l'Angleterre est la contrée qui en offre le plus grand nombre. Londres, Bristol, Birmingham, Derby, Hull, Boston et Manchester sont les milles où ils sont plus nombreux. La derniére est pour ainsi dire la métropole de la secte. Les Swedenborgistes ont aussi des temples à Philadelphie, à Baltimore, à New-York , etc., dans les Etats-Unis, Ils ont aussi des chapelles dans l'Inde et l'Afrique-Méridionale. Leur persuasion qu’il existe dans l’intérieur de l'Afrique tont organisée l'église de la Nouvelle-Jérusalem, les a engagés à envoyer des missions dans cette partie du monde et à contribuer beaucoup à la fondation de la colonie de Sierra Leone. Charles XIL roi de Suède,avant de monter sur le trône, et les célèbres voyageurs Sparmann et Nordenskiold étaient swedenborgistes. C'ost pour répandre leur doctrine qu'ils ont publié sept journaux et qu’ils continuent la publication de celui qui paraît à Londres sous le titre de Nouvelle-Jérusalem.
G. Les Méthodistes. Le berceau de cette secte a été l’université d'Oxford où elle a pris naissance parmi quelques étudians, vers 1730, John Wesley en fut le fondateur. On les appela par dérision Methodistes, à cause de la régularité et de la sévérité qu'ils affectaient dans leurs mœurs et dans les exercices de dévotion. John Wesley et son frère Charles s'adjoignirent en 1735 Georges Whitefield. Les Méthodistes insistent sur la dépravation de la nature humaine par le péché d'Adam, la rédemption par Jésus-Christ, la purification et le salut par la foi, avec cette différence que Wlitelield croit les œuvres moins importantes ,
dénominations rappelle la la seconde de l'établisse- 8 la Haute-Lusace , appar.
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1, de l'enfer et des planètes, omène assez étrange : il les l'illusion de ses sens.
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Leur persuasion qu’il existe le-Jérusalem, les a engagés 1er beaucoup à la fondation monter sur le trône, et les rgistes. C'ost pour répandre : la publication de celui qui
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