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CIHM/ICMH CIHM/ICMH Microfiche Collection de Series. microfiches.
Canadian Institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques
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à ce n'est comme preuve de foi, au lieu que Wesley les croit indispensables. Wesley interdit à ses prosélytes les cartes, les spectacles, les bals, les courses de chevaux, les manchettes, les dentelles, les liqueurs spiritucuses et le tabac. Les Méthodistes ont été les grands promoteurs des écoles de dimanche, et leur zèle a contribué puissamment à réformer les mœurs, On citera toujours avec éloges la métamorphose qu'ils ont opérée parmi les char- Lonniers de Bristol, les mineurs du Cornouailles et d’autres contrées. Le Méthodisme se partage en deux branches : les adhérens de FPhitefiell admettent la prédestination comme les Calvinistes rigoureux ; ceux de Wesley ont adopté les principes des Arminiens ; ces derniers sont de beaucoup les plus nombreux.
C'est vers la fin du xvarr* siècle que les Méthodistes o : fait scission avec l’église anglicaue, à laquelle au commencement ils se disaient attachés, [ls font des progrès rapides dans le Royaume-Uni et daus les Etats-Unis d'Amérique, où leur nombre a plus que doublé depuis dix ans. Ils ont des établissemens florissaus dans l'Inde, surtout à Calcutta et dans l’île de Ceylan, et presqu’a l'extrémité de l'Océanie dans l'archipel de Sandwich. Les Méthodistes furent les premiers parmi les protestans qui introduisirent la coutume de précher dans lés carrefours et dans les champs. Outre les prédicateurs à poste fixe, ils ont beaucoup de prédicateurs ambulans ; leur auditoire était quelquefois composé de plusieurs milliers de personnes,
L'Iscamisme où Manomérisme, Cette religion, ainsi appelée du mot arabe és/am qui signifie soumission à Dieu, a le fameux Mahomet pour auteur, et a pris naissance en Arabie vers l'an 6rr de notre ère, Comme à cette époque le judaïsme et le christianisme avaient fait de grands progrès chez les Arabes, et que d'ailleurs la tribu à laquelle appartenait Mahomet se vantait de descendre d’Ismaël et d'Abraham, Mahomet crut deoir emprunter aux Juifs et aux Chrétiens une partie de leurs croÿances. Admettant les livres de l'Ancien et du Nouveau-Testament, il reconnut Moïse et Jésus-Christ comme ensoyés de Dieu; seulement il supposa qu'avec le temps leur doctrine s'était altérée , et que c'était à lui que Dieu avait réservé de faire refleurir son véritable culte sur la terre,
Les principaux préceptes de l’Islamisme sont : 1° la purification; 2° la prière; 3° le
jeûne du mois de ramazan , mois pendant lequel on doit s'abstenir durant le jour de tout aliment, et qui est suivi de la fête du 6eyram, pendant laquelle il est permis aux fidèles de se dédommager des abstinences précédentes ; 4° l'aumône légale , qui, se distinguant des charités recommandées pour chaque moment, consiste à donner tous les ans aux pauvres le quarantième de ses biens mobiliers; 5° enfin le pélerinage de la Mecque, que tout musulman libre et en boune santé est obligé de faire au moins une fois dans sa vie. La prière se fait cinq fois par jour; mais on est libre de s'en acquitter chez soi et partout où l'on se trouve. Il n’y a que la prière solennelle du vendredi qui doit se faire à la mosquée et en commun. Le vendredi est chez les musulmans le jour de la semaine conacré à Dieu; aussi s’appelle-t-il gemaat, d'un mot arabe qui siguifie assemblée, Ce jourlà il faut qu'à l'heure de l'office tous les fidèles se rendent à la mosquée; mais le reste du temps ils sont libres de travailler et de vaquer à leurs affaires. Les musulmans n’ont que deux fêtes qui exigent un repos absolu; c’est la fète de la fin du jeûne de ramazan, et celle où ils sont dans l'usage d'offrir un sacrifice à Dieu.
Les musulmans, à l'exemple des anciens Arabes , et en imitation d’Ismaël fils d’Abraham, pratiquent la circoncision. Ils ont également adopté la distinction que Moïse établit entre les animaux purs et les bètes immondes. Ils croient encore aux bons et aux mauvais anges, penss it que tandis que des esprits malins nous poursuivent sans cesse pour nous entrainer au mal , de bons anges sont chargés ds Ÿ 1 nart de Dieu de nous soutenir et de nous guider dans cette vie d'épreuves. Aussi il, ' persuadés de l'immortalité de l'âme, et d'un jugement universel où chacun sera ti: d'après ses œuvres,
L'Islamisme interdit le vin et toute boisson caivrante. D'un autre côté il permet d’épou ser quatre femmes à-la-fois, et laisse à chacun ses esclaves femelles à son entière disposition, Les musulmans , par suite de l’ardeur qu'occasione la chaleur du climat, mettent le souverain bonheur dans los plaisirs des sens. Ils croient que les élus dans le ciel sont établis au milieu de bocages frais, sur le bord de ruisseaux limpides et de fontaines jaillissautes, Là se trouvent des beautés que leurs beaux ;'eux ont fait appeler Houris, et qui loujours jeunes, toujours attrayantes, n’ont pas d'autre occupation que de faire les délices des bienheureux.
Au reste l’Istamisme ôte à l’homme presque toute liberté, et les musulmans sont per-
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suadés que tout ce qui arrive à l'homme, le bien comme Île mal , est déterminé d'avance d'une manière invariable. C'est la doctrine que nous appelons fatalisme. Toutes les croyances et les pratiques religieuses des musulmans sont renfermées dans le Coran, ivre ainsi nommé d'un mot arabe qui signifie lecture par excellence. Les musulmans croient que les différentes parties de ce livre furent successivement révélées à Mahomet, et que tel était le principal objet des fréquentes visites que lui faisait l'ange Gabriel. Ce jivre traite à-la-fois du dogme el de la morale, du mariage et du divorce , des successions, en un mot il tient lieu aux musulmans de code religieux, civil et militaire. Le Coran étant écrit dans la langue de l'Arabie, l'arabe est devenu la langue sacrée des Turcs, des Persans e* le toutes les nations musulmanes. Les musulmans se sont encore accordés à adopter pour ère commune la fuite de Mahomet de la Mecque sa patrie à Médine, évènement qui eut lieu en 622 de notre ère, et qu'on a appelé hégire, d'un mot
fuite. L'année des musulmans est lunaire, c'est-à-dire qu'elle a rt jours
arabe qui signifie | de moins que la nôlre, ce qui fait que les années chrétiennes et musulinanes ne conmen-
cent jamais deux fois de suite à la mème époque.
Au reste l'Islamisme a de tout temps éte divisé en uï grand nombre de sectes , et ces schismes ont donné lieu à des guerres terribles. Quelques docteurs musulmans, pour donner une idée du peu d'union qui regne dans le mahométisme, ont dit que la religion des mages s'était divisée en 70 sectes, que le judaïsme en compta 7r, le christianisme 72, et que l'islamisme en doit renfermer 73, dont une seule conduira au salut.
La division commença immédiatement après Mahomet. Le prophète en mourant ne laissait qu'une fille, mariée à son cousin Ali, et il négligea de faire reconnaitre Ali pour son successeur. Les compagnons du prophète ayant successivement élevé au pouvoir Abou-bekr, Omar et Osiman, il y eut dés celte époque des musulmans qui crierent à l'injustice et qui refusèrent de reconnaitre d'autre souverain légitime qu'Ali. Plus tard, lorsque Ali eut été nowmé calife, plusieurs musulmans du parti contraire se soulevèrent
contre lui , et la guerre civile ensanglanta les contrées soumises à Ja nouvelle religion.
Telle est l'origine des deux principales sectes qui partagent encore les musulmans , et
qu'on nomme Sonnites et £chyytes.
Les Sonnites admetlent la succession des califes telle qu'elle a eu lieu, et regardent comme également saints tous ceux d'entre les compagnons du prophète qui furent fidèles aux lois de l'Islamisme. Les Schyytes , partant du principe qu'à Ali seul et à ses descendans directs appartenait l'autorité, maudissent Abou-bekr, Omar et Osman , et rejettent tous ceux qui ne se rangérent pas SOUS l'étendaré de leur prince favori. La division, d'abord purement politique , ne tarda pas à influer sur les matières religieuses. L'islamisme ne s'étant déveluppé qu'avec le temps, il fallut en bien des cas recourir aux décisions des princ:paux compagnons du prophète; et naturellement Aboubekr, Omar et Osman, en leur qualité de califes, durent exercer line grande influence. Les Sonnites ont admis indifféremment les explications théologiques et les décisions légales de ces divers personnages ; c'est de là qu'on les a nommés Sonnites du mot arabe sonna, qui signifie tradition. Mais les Schyytes , par suite de leur amour exclusif pour Ali, ont rejeté ces explications comme autant d'hérésies, et ils ont suivi des principes différeus. Aussi ont-ils été nommés par leurs adversaires schyytes, d’un mot arabe qui signifie sectaires, Quant à eux, ils se sont appelés 4deliés ou les partisans de la justice. Les Sonnites et les Schyytes se sont subdivisés entre eux, et ont tantôt dominé dans un pays et tantôt dans un autre. Les premiers occupent maintenant tout l'empire Ottoman, l'Égypte et autres pays de l'Afrique, l'Arabie , les îles de la mer des Indes, et comptent
beaucoup de partisans parmi les tribus de race turque établies en Russie et en Perse. Ce ites nommés Hanbalites, Schaféites, Malekites et Hanefites,
parti se subdivise en quatre ri du nom de leurs fondateurs Hanbal, Schaféi, Malek et ‘Abou-Hanifa. Mais. comme ces
quatre rites ne différent que sur des questions peu importantes , ils sont admis par tous les Sonnites,comme également orthodoxes, et on laisse chacun libre d'adopter celui qu'il vent, Mais la doctrine d'Abou-Hanifa est généralement suivie en Turquie, celle de Schaféi en Égypte, celle de Malek dans les états Barbaresques , et celle de Hanbal en Arabie. Quant aux ramifications des Schrrtes qui oceupent le reste des pays musulmans.
elles préseutent des différences très importantes, Nous avons dit qu'on appe'a originaire- ‘
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al, est déterminé d'avance ons fatalisme. Toutes les nfermées dans le Coran, xcellence. Les musulmans ment révélées à Mahomet, i faisait l'ange Gabriel. Ce lu divorce , des successions, et militaire.
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ment Schyytes les amis exclusifs d'Ali et de ses descendans. Mais Ali n'avait pas eu le temps d'affermir sou autorité, et d'ailleurs il laissait plusieurs fils; il en fut de même de la plupart de ses descendans, A qui l'autorité avait-elle successivement passé? La plupart s'accordérent à reconnaitre comme souverains légitimes Hassan et Hossein fils d'Ali, et les descendans directs de Hossein, jusqu'au dernier de tous qui, ayant disparu à l'âge de douze ans, passa pour s'être caché dans quelque lieu inconnu, en attendant qu'il püt reparaitre sur la terre, et y faire triompher la bonne cause. Ges personnages sont au nombre de douze, et furent nommés les imams, c'est-à-dire les chefs par excellence; de plus on surnomma le dernier de tous le mahdi ou le dirigé. En attendant que le mahdi revint, il n’y ent plus d'autorité légiti.e sur la terre, et les rois furent censés les simples lieutenans de l'imam. C'est par une suite de cette croyance que les princes persans de la puissante dynastie des Sofis, qui prétendaient descendre par une ligne cullatérale des Imams, se disaient les esclaves du roi du pays, et qu'ils entretenaient sans cesse à Ispahan plusieuis chevaux pour le service de l'imam, lorsqu'il arriverait. Cette singulière doctrine domine encore en Perse. Elle fait même chaque jour des progrès dans l'Inde , oir les: empereurs mogols faisaient jadis triompher le rit sonnite, et où depuis l'occupation anglaise, les mrsulmans, presque tous d’origine persane, jouissent d’une entière liberté de conscience. Mais des l’origine beaucoup de Schyytes n'admirent pas cette succession des imams, et portèrent ailleurs leurs hommages. Il en est qui crurent qu'à Ali seul avait appartenu après Mahomet le gouvernement des affaires de ce monde , et ques’il suceomba un moment sous la perversité du siècle, il ne tarderait pas à reparaître avec majesté, et qu’alors justice serait faite des crimes qui depuis si long-temps souillent la nature humaine. La plupart de ces sectaires crurent mème qu'Ali avait été revêtu d'un caractère-divin, et ils n'hésitèrent pas à l’adorer comme un Dieu. Tel est le cas des Mossairis et des Motoualis, qui, encore de nos jours, occupent une partie des hauteurs du Liban.
. D'autres Schyytes, admettant les six premiers imams, dirent qu'il y avait eu erreur au sujet du septième , et qu'au lieu de Moussa, il eût fallu proclamer un de ses frères appelé Ismaël. C’est de là qu'ils furent nommés Zsmaëliens. Les Ismaéliens croyaient qu'après Ismaël , le caractère d'Imam avait passé à des personnages inconnus qui se manifesteraient en leur temps. Ta qualité de mahdi fut successivement attribuée par eux aux califes fatimides de la race d’Ismaël , qui pendant les dixième , onzième et douzième siècles dominèent sur une partie de l'Afrique, sur l'Égypte et la Syrie. A cette secte appartenaient les Ismaéliens établis en Perse, non loin de Casbin , et les Tsmaéliens qui, maîtres des montagnes voisines du Liban’, devinrent si fameux dans le moyen âge sous le nom d'assassins. Ces deux branches de la secte des Ismaéliens subsistent encore dans les mêmes contrées, mais non plus avec la même puissance et les mêmes ressources. C’est à cette même secte qu'il faut rapporter les Druzes qui sont également établis dans le voisinage du Liban, et qui forment une population assez nombreuse. Les Druzes remontent au commencement du onzième siècle de notre ère, sous le règne du calife fatimide Hakem. A la différence du reste des Ismaëliens , ils prétendirent que Hakem avait été la dernière incarnation de la divinité ; et en attendant son retour ils l'adorent comme un Dieu sous la figure d’un veau. Le nomdg Druzes dérive d’un des premiers apôtres de Hakem, appelé Durzi.
Les diverses sectes schyytes et leurs ramifications ont varié de doctrine suivant les temps et les lieux, et il serait trop long de faire connaitre ces doctrines en détail. Il suffira de dire que la plupart de ces sectaires, entraînés tantôt par l'esprit de fanatisme et tantôt par une licence effrénée, ont cru que toutes les vérités religieuses et morales ne sont que d’une vérité apparente, et qu'il faut chercher au fond un seus intérieur, le seul qui doive faire autorité. Ils ont fait de ce sens intérieur le domaine exclusif de quelques adeptes, et ils ont cru qu'à l’aide de cette connaissance on était au-dessus de tous les devoirs de la religion et de la morale, C’est par une suite de ce principe que les assassins, les Druzes et autres sectaires ismaéliens se livrèrent sans remords aux plus grands crimes.
Une observation que nous ne devons pas omettre, c’est que la croyance à un être quelconque qui tôt ou tard doit se présenter sur la terre, pour y faire régner la vérité et la justice, est commune aux Sonnites aussi bien qu'aux Schyytes; c'est ce qui fait que même chez les Sonnites il a paru des imposteurs qui se sont arrogés le titre de mahdi. Il s'en présenta un en Égypte pendant l'occupation de ce pays par les Français ; plusieurs autres
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dans ces dernières années se sont montrés dans le Sénégal et dans le voisinage des posses sions des Français vers cette partie de l'Afrique.
Outre les deux sectes d'origine sonnite et schyyte, il en est encore deux qui, par le rôle qu'elles jotfent encore aujourd'hui, ne doivent point être passées sous silence, Ce sout celles des jezidis et des vahhabites.
Les Yezidis occupent les montagnes voisines de la ville de Singar dans la Mésopotamie; et paraissent être un débris des sectes de Mages, de Manichéens et de Sabéens qui troublèrent pendant si long-temps l'Orient ; ils se sont ensuite mèlés avec les communions chrétiennes et musulmanes, et maintenant il est difficile de reconnaitre leur véritable origine et leur vrai caractère. Ils admettent un bon etun mauvais principe, et comme, à les en croire, le mauvais est le seul à craindre, il est le seul qu'ils ménagent. Ils le nomment alscheikh almoazzem où le grand scheikh. Ils se feraient plutôt massacrer que de le maudire; de plus ils adorent le soleil à son lever. Ils sont d'un autre côté pleins de vénération pour lesprètres chrétiens.
Quant aux Pahhabites, on sait qu'ils prirent naissance en Arabie, vers le milieu du dix-huitième siècle, Is furent appelés Vahhabites, du nom du père de leur chef Abl- Alvahhab. Leur doctrine est celle de l'islamisme , réduite à sa plus grande simplicité, Suivaut eux le Coran renferme une doctrine véritablement divine ; mais Mahomet n'était qu'un homme ordinaire, et son nom ne doit pas figurer dans les pratiques religieuses. Tout honneurrendu à Mahomet ou à un de ses disciples quelconque est un acte d'idolâtrie, et on doit le punir comme tel. En conséquence les Vahhabites se contentent de reconnaitre un Dieu unique. Ils se font scrupule d’invoquer tout être mortel, et quand ils rencontrent une chapelie ou un mausolée élevé en l'hanneur d’un imam ou d’un saint quelconque, ils l'abattent. Les Vahhabites, annonçant l'intention de chasser de l'Arabie les Turcs et tous les peuples étrangers à la presqu’ile, eurent d’abord pour partisans presque tous leurs compatriotes, et ils occupèrent un moment une partie de la Mésopotamie. Mais depuis les échecs que leur a fait éprouver Mobammed-Ali, pacha d'Egypte, ils ont été contraints de rentrer dans leurs déserts.
Si de l’examen des doctrines musulmanes nous passons à la hiérarchie civile et religieuse, nous trouverons également de grandes différences. Les premiers califes étaient revètus du pouvoir spirituel et temporel, et on les appelait califes, d'un mot arabe qui signifie vicaires. Ils étaient censés remplacer Mahomet, au caractère de prophète près. et ils furent de plus surnommés emir-elmoumanin ou commandeurs des croyans. Comme avec le temps il s'éleva plusieurs califes à-la-{ois , leur influence diminua. Maintenant il n'y a plus de calife proprement dit. Le sultan de Constantinople n’est investi que de l'autorité temporelle, et c'est le mufti qui, de concert avec les otlamas ou docteurs , juge les questions de doctrine. Le schah de Perse est dans le même cas; il n'est pas même revêtu de la plénitude de la souveraineté, puisque, ainsi que nous l'avons dit, il est censt n'exercer qu’une autorité temporaire , en attendant l’arrivée du dernier des imams. L'empereur de Maroc seul a la prétention de réunir les deux puissances , et prend quelquefois le titre de calife. Mais l'influence politique de l'empereur de Maroc est bien déchue.
Les musulmaos ont d'ailleurs des ministres particuliers pour l'exercice de leur culle: et ces ministres portent un nom analogue à leurs fonctions. Le Klatib ou prédicateur est celui qui le vendredi monie ex chaire en présence de tout le peuple, et prie pour le souverain et toute la natica. L'ômam, qui n’est ici qu'un fonctionnaire ordinaire, est celui qui à la mosquée fait la prière à la tête du peuple, et dont tous les assistans doivent imi-
ter les mouvemens ; il est encore chargé de présider aux cérémonies de la circoncision aux enterremens; en un mot il représente nos curés, Mais aucun de ces ministres du cuite ne prononce de vœux proprement dits. Tous sont libres de se marier ; de changer de pro-
fessions. Le mème homme est tour-à-tour prêtre, militaire, homme de loi, d Les musulmans ont encore parmi eux des personnes qui font profession de mener une " leu vie pieuse et retirée. Ces espèces de religieux sont désignés par un terme qui fait allusion ces de à leur détachement des biens de re monde; c’est celui de pauvre qui s'exprime en arabe precif par fakir, et en persan par derviche. Ceux qui se piquent d'une vie purement contempla- us f tive portent le nom de so/is. Les religieux mahométans composent plusieurs ordres diffé- ni
rens, dont quelques-uns font remonter leur origine jusqu'aux premiers califes. La plupart
des frères , car c'est ainsi qu'on les appelle, sont soumis à un noiriat sévère, et on ne les reçoit qu'après de longues épreuves. Les uns vivent en cammun dans,des espèces de couvens, les autres se font ermites. Les uns se fixent dans un pays, l'efäutres courent le monde, Tous sont libres de changer d'état et peuvent choisir la carrière qtfleur convient. Parmi les religieux musulmans, plusieurs de ceux qui s'adonnent à la vie vontemplative se jettent dans la spiritualité la plus outrée, et le nombre des livres qui renferment leurs réveries est très considérable. Ceux au contraire qui aiment le monde mènent souvent une vie déréglée, et il n'est pas d’excès auxquels ils ne se livrent. Ce sont ceux dout il est question dans ños relations sous le nom de Xalenders, de Santons , etc.
Le Branmanisme reconnaît Para-brahima pour dieu principal ; mais ce dieu n'agit point, et il délègue ses pouvoirs à Zrahima, à Vichnou, à Chiva et à une foule de divinités subalternes préposées au gouvernement du monde. Brahma préside à la terre, Vichnou à l'eati, et Chiva au feu. Ges trois personnes ne sont pourtant qu'un seul Dieu et forment la Trinité indienne, nommée Trimourti. Les Hindous qui professent cette religion ont plusieurs livrés sacrés nommés F'éda ; ils sont écrits en sauscrit et forment leur code religieux et philosophique; its admettent la métempsycose ; et, d’après cette croyance, certaines castes s'abstiennent de la chair de tous les animaux. Le Brahmanisme ordonne de modérer ses passions, enssigne l'immortalité de l'âme, sa purification par les pénitences etabstinences volontaires, et une foule de pratiques religieuses, Tous les membres de cette religion qui s'étend sur presque toute l'Inde sont divisés dès la plus haute antiquité en quatre castes, entre lesquelles toute alliance est défendue. Ces rastes sont : les Zrahmes, qui sont les savaus et les prêtres, et forment la classe d'où sont tirés tous les fonctionmaires publics; les Kchatriyäs où Khettris, destinés à l'état militaire ; c'est d'eux que sont sortis les Radjahs , qui ont foriné les princ'pautés de l'Inde naguère indépendante ; les Neires dn Decan s'y rattachent. Les Faishyas où Peises, dont les fonctious sont l’agriculture, l'éducation du bétail et le commerce des productions de la terre et des objets manufacturés ; ceux qui se livrent an commerce, surtout dans les paÿs étrangers, portent le nom de Banians; un grand nombre de Maharattes appartiennent à cette caste. Les Soudras où Tchoutri, qui sont les artisans et les ouvriers. Chacune de ces quatre castes principales est subdivisée en plusieurs autres secondaires. Parmi les Hindous les descendans de ceux qui, par des mariages illicites, ont dérogé aux droits des castes principales, sont compris dans les divisions ignobles et méprisées appelées Varna-Sankdrä. Encore au-dessous de ces castes bâtardes ou mixtes, on voit les malheureux Pariahs, Ceux-ci sont vbligés de vivre dans des lieux solitaires, de fuir l'aspect d’un Hindou, de marquer leurs fontaines par un entourage d'os d'animaux , et de se livrer aux occupations les plus dégoûtantes, En revanche ils peuvent manger de tout.
Le culte brahmanique est accompagné d’un grand nombre de cérémonies et de contumes solennelles. Il y en a d’horribles, telles que la procession du dieu de Jagrenaut , dont le char pesant écrase sous ses roues les fanatiques qui, en s'y précipitant, croient trouver àla-fois la mort la plus glorieuse et une éternelle félicité. 11 y a d'autres fêtes où règne le tumulte, où préside la licence, et où l'impudique Lingam est promené aux yeux de la multitude prosternée. Les ablutions et les lustrations forment une partie principale du culte brahmanique ; les images des divinités sont lavées solennellement dans les fleuves ct les étangs sacrés. Plusieurs fleuves, tels que le Gange, la Nerbouddah, le Krichna, etc., sont réputés sacrés. Les Hindous font plusieurs pélerinages ; les plus célèbres qui sont encore le plus fréquentés sont, selon M. Hamilton, Djagrenaut, Benares, Gaya, Allahabad, Tripety, Dwaraca, Somnäth, Ramisseran, le lac Manasarovara, Gangaoutri; Djoalamoukhi, Omerkantakc; Trimbak-Nässer, Pervattam, Pärkar, Mathoura et Bindraband, F L'usage barbare des femmes des deux premières castes, qui s’immolent sur le cadavre de leurs époux, est un reste des sacrifices humains autrefois très fréqueus. Encoye dans ces derniers temps, dans les épidémies et calamités publiques on a vu des Brahmincs se précipiter eux-mêmes du haut d'une tour, comme offrande expiatoire. Les Hindous ont une foule de temples, nommés pagodes, d'un mot emprunté au persan; il ÿ en a qui sont vraiment remarquables sous le rapport de l'architecture et de leurs dimensions. 4
Le Bounnisme ou la ner1Gtox pe Bouppsa , qui paraît s'être formée dans l'Inde envi-
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