‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 259 sur 597 · partie de l'empire Oltoman sont: Co · texte numérisé non relu

partie de l'empire Oltoman sont: Co

tantinople, Varna, Gallipoli, Le nouvel Etat de la Grèce offre Navarin, Poros et Lepante. Dans la république des les loniennes Corfou est la station or dinaire d’une partie de la flotte anglaise dans la Méditerranée.

Divisions roL17:Qu88. Nous avons déjà vu les différens états dans lesquels cette région est actuellement partagée. lei nous les répéterons pour indiquer l’ordre

ue l’on suivra dans leur description, Ces tuts sont: l’'emnpire Oftoman, dont nous deècrirons la seule partie que l'on puisse regarder comme appartenant à l’Europe; le nouveau royaume de Grèce; les principautées de Servie, de Valachie et de Moldavie, tributaires de l’empire Ottoman; la republique des Iles Joniennes.

Mais avant de passer à la description de ces différens états, qu'il nous soit vermis de faire quelques observations sur card 7 44% eee leur topographie. Malg s les soins que 1 mis à offrir l’état actuel nie ces contrées, nous sommes bien loin de nous flatter d’avoir atteint le but de tant de recherches. L'anarchie, les guerres intérieures et extérieures, la famine, la peste et d’autres fléaux qui ont désolé ces contrées, les réformes qu’elles subissent depuis quelque temps de la part de leurs gouvernemens respectifs qui sont encore mal affermis, laissent encore de grandes lacunes et bien des doutes sur tout ce qui concerne les divisions administratives de ces états. Aidé par notre savant ami M. Reinaud, nous avons essayé de tracer les divisions actuelles de l' empire Ottoman, autant que ces différens obstacles

Empire

cours. Au Nord, les Confins Militaires dans l'empire d' Autriche, les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie et la province russe de Bessarabie.

A l’est, la mer Noire, le Bosphore ou le détroit de Constantinople, l’Hellespont ou le détroit des Dardanelles et “Archipel.

Au sud, la mer de Marmara, Archie!

et la mer Méditerranée, le nouvel Etzi de la Grèce. A l’ouest, la mér Tonienne , la

le permettaient. A egard de la Grèce nous offrons le tableau officiel publié il y a quelques années par le gouvernement. A l'égard des divisions . administratives des principautés de Valachie, de Moldavie et de Servie , nous aimons encore mieux n’en donner aucune que de nous exposer à rédiger un tableau erroné.

La seule république des Iles loniennes est HA de ces incertitudes, grâce à la stabilité de.son gouvernement et à Lg raix dont elle a joui. Ce que nous venons de dire sur les divisions administratives doit nous servir de justification pour la marche que nous avons suivie dans l’article topographie. Imitant notre célèbre ami, nous décrirons, comme l’auteur du Preois, les principales villes de ' empire Ottoman d'après les cinq grandes régions que l’usageappelle Romelie, Macédoine, Albanie, Boënie , et Bulgarie. Nous avons ajouté à la Macédoine la Livadie Septentrionale , qui correspond à l’ancienne Thessalie , et nous avons joint à la Bosnie la Dalmatie et la Croatie Ottomanes. Fidèle au plan adopté dans cet Abrégé, nous avons groupé autour des villes principales de ces grandes divisions toutes les autres villes qui méritaient d’étre mentionnées. La topographie de la Grèce n’offrirait aujourd’hui presque aucune ville remarquable sous le rapport du commerce, de l’industrie, de la population et des établissemens littéraires.

Mais ces villes classiques offrent tant d'intérêt sous le rapport historique et archénlogique , que nous avons cru devoir entrer dans quelques détails pour présenter le tableau de ses imposantes ruines et de ses vénérables souvenirs. Ce sont les conseils et les lumières de M. Dubois, directeur de la section is 4 de l'expédition française en Morée, qui nous ont guidé dans cette tâche difficile,

Ottoman.

mer Adriatique, la L'almatie et les Confins Militaires dans l’empire d'Autriche.

Pays, Toute la ci-devant Turquie Européenne , moins la Bessarabie et la partie de la Moldavie, cédées à la Russie, ainsi ue ſes pays qui forment les principautés e Servie, de Valachie et de Moldavie , et le nouvel Etat de la Grèce. Tant de pertes n’ont été compensées que par !l’acquisition des petits territoires de Butrinto,

de la Grèce iel publié il e gouvernesions . admide Valachie, nous aimons icune que de eau erroné.

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Parga , Prevesa et Vonitza qui appartenaient à la ci -devant république de Venise.

rns. Le Danube, la Marilza , le Karasou, le Vardar, l'Indje-Karasou, la Salambria , l'Hellada, l'Aspropotamo , l' Arta, le Voioussa , le Drin, la Bojana et la Narenta. Voyez aux pages 664 et 565.

couvaaxzmenr, Il estabsolu, et le souverain, réunissant dans sa personne la ‘puissance temporelleet spirituelle, ne reconnaît pas de frein à ces volontés. Néanmoins, dans la pratique, le souverain n'ose pas se mettre ouvertement au-dessus des volontés de la nation. Les circonstances d’ailleurs ont été, depuis près de deux siècles, tellement défavorables , que si le sultan fait trembler le peuple, le peuple winspire pas moins d'effroi au sultan.

Nous allons tracer un tableau rapide de

l’état actuel du gouvernement Ottoman ,

que nous devons à l’obligeance de M. Rainaud. Ce tableau est ici d’autant plus nécessaire, qu'il nous dispensera d’y revenir de nouveau, lorsqu'il sera question des provinces Otiomanes d’Asie et d'Afrique.

Le Coran, livre sacré des musulmans, servant .

à-la-fois de code religieux , civil et politique, et le sultan étant regardé comme le successeur des onciens califes, il en résulte que le prince estinvesli de tous les pouvoirs à-la-fois. Mais le sultan, du moins depuis plus de deux siècles, n'exerce pas l'autorité par lui-même : il a deux lieutenans qui sont censés le représenter. Le preinier, sous le nom de mu/ti, est à la tète des ministres de la religion et de la loi, décorés du nom d'oulemas ou savans; le second, appelé a aidé dirige le gouvernement civil et militai

Sous les ordres de ces deux grands dignitaires se trouvent tous les fonctionnaires de l'empire. Ceux dont il est le plus souvent question dans nos relations sont les pachas. Le mot paca , qu'on prononce aussi bacha, est d'origine persane et siguifie chef. 11 sert de titre au grand-vizir et au capilan-pacha,qui est le commandant en chef des forces navales de empire; mais il désig e d'une manière plus générale le gouvernement des provinces. On en distingue trois classes, suivant l'étenduedes pays soumis à leur juridiction, et ils regoivent, pour emblème de leur autorité, une queue de cheval suspendue au bout d’une pique termiuée par uh pommeau doré. Les pachas du premier rang reçoiveus trois de ces queues; ceux du second rang, deux; et ceux du troisième une. L'usâge des queues de cheval vient de la Tartarie, pays d'où les Turks tirent leur origine.

La réunion du grand-vizir, du muſti, du capitan-pacha et de jous les chefs d'administration en conseil, s'appelle divan : ce mot est d'origine arabe ct signifie assemblée; ainsi le divan est pro-

rement le conseil de l'empire, et il traite de toutes es grandes affaires d'état. Il n'est pas besoin d'ajouter qu'il ne s'assembie qu'à Constantinople.

Le gouvernementreconnait au reste deux classes de sujets bien distinctes : les musulmans, qui représentent les vainqueurs et constituent l'état proprement dit; et les non-musulmans, c'est-àdire les chrétiens, les juifs et les palens, qui représentent le parti vaincu et qui sont soumis à la capitation. Les sujets non musulmans rant a du nom général de rayus, mot arabe qui signifie troupeau. Jusqu'ici la loi les avait placés fort audessous des musulmans : ils ne laissaient pas cependant de jouir de certains privileges; parexemple, dans chaque localité, là où ils étaient un peu nombreux, ils formaient une espèce de commuuauté présidée par un d'entre eux appelé prémat.

Il existe encore une classe de sujets , et celle-ci est privée de tout droit politique : c'est celle des esclaves. L'esclavage est admis dans les pays mu; sulmans, comme il l'a été de tout temps en Orient; seulement il est de principe qu'un musulman né libre ne peut pas etre fait esclave ; et si étant esclave il embrasse l'islamisme, il reçoit ordinairement la liberté. Cette classe est malheureusement très nombreuse. Les Turks, ainsi que les Asiatiques en général, ont toujours recherché des esclaves des deux sexes, soit pour se décharger sur eux de toutes les fonctions pénibles, soit pour salisfaire plus librement leur penchant à la volupté, penchant qui est plus fort en Orient qu'ailleurs, Ii n'est guère de musulman qui n’ait une ſemme esclave pour partager son lit, et quelquesuns en ont vingt et mème davantage. Ce goût mème a été commun à des chrétiens et à des juifs. Les esclaves sont nés dans une condition servile, ou ont été pris à la gucrre, ou bien encoreils ont été achetés à prix d'argent de parens inhumains. Leur nombre tend sans doute à diminuer : d'une part, le gouvernement Oltoman commence à user de quelques ménagemens envers les prisonniers de guerre; de l’autre, la Circassic et la Géorgie, où se faisait surtout le commerce desjeunes filles, étant maintenant au pouvoir des Russes, les parens doivent se porter plus difficilement à ce sacrinice contre nature. Une chose qui n’a rien de contradictoire avec le despotisme, c est que les esclaves deviennent quelquefois pachas et grands-visirs.

L'empire Otloman s'est formé des conquetes successives faites par les sultans, et quelques-unes de ces conquêtes ont été assujétles à des restrictions. Non-seulement certaines contrées, telles que la Crimée, la Transylvanie, les régences de Tunis, de Tripoli et d'Alger avaient conservé leur gouvernement particulier, ce qui a fait qu'avec le temps plusieurs d'entre elles ont été détachées de l'empire; mais quelques-unes, tout en recevantun gouverneur nommé par le sultan, jouissaient d'institutions locales fort étendues. C'est ainsi que la Bosnie est encore divisée en capitaineries héréditaires, dont les titulaires réunis en corps représentent le pays. Il y a même des contrées où il reste des familles seigneuriales dont la puissance remonte à plusieurs siècles, et qui se sont toujours maintenues dans leurs possessions. La famille Ghaurini possède depuis 1427 plusieurs

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digaitaires; par exemple Tillustre formait un ef attaché à la place de chef des er nuques du sérail.

Anciennement les sultans exergaieat eux-mêmes l'autorité, et ma, aient à la tête de leurs armes; c’est ce qui a fait la gloire des Amurat, des Mahomet II, des Selim et d Soliman. Mais depuis plus de deux siècles les princes de la famille impériale ont été tenus par le souverain dans le sérail, sans prendre part aux affaires. Aussi lorsqu'ils arrivaient au pouvoir, ils se trouvaient étrangers aux détails du gouvernement, et tout se faisait par les mains des ministres, Pour eux, ils vivaient confirés dans le sérail, au milieu de femmes et d eunuques.

Les gouverneurs des provinces, ceux surtout qui étaient éloignés du siège de l'empire, profitèrent de la négligence du souverain pour étendre leur autorité. Comme les places s’achetaient à prix d'argent, et que les gouverneurs, d'après les lois existantes, étaient revètus de l'autorité civile et militaire, ils profitaient de leur position pour amasser de grandes richesses, et quelquefois se faisaient la guerre entre eux comme entre ennemis; ils parvenaient même à transmettre l’aulorité à leurs parens ou à leurs favoris. Lorsque le sultan, Mahmoud II, monta sur le trône en 1808, le vaste gouvernement de Bagdad était depuis plus de 60 ans entre les mains de pachas qui se l'étaient légué les uns aux autres. Le fameux Ali, pacha de Janina, non content d avoir obtenu pour ses fils le gouvernement d'une partie de la Grèce actuelle, avait conquis par la force des armes plusieurs villes d'Albanie qu'il joignit à son pachalik.

Daus les guerres extérieures, les armées otlomanes étaient constamment baltues. La Russie, étendant sans cesse ses conquêtes, s'élait avancée jusqu'au Danube, et après avoir subjugué la Crimée, menaçait l'empire du côté du Balkan et du Caucase.

Une des causes principales de la faiblesse du gouvernement et de l'anarchie qui se faisait remarquer dans toutes les parties de l’administration, c'était l’insubordination. et l’arrogance des janissaires Ces troupes, autrefois si braves et si disciplinées, n'onposaient plus de résistance à l'ennemi, et n'étaient redoutables que pour leur souverain,

Les janissaires , créés dans le xX. siècle, furent ainsi nommés de deux mots turks qui signifient nouvel!es troupes. Ils étaient d’abord choisis parmi les enſans des chrétiens de Bosnie , d'Albanie et de Bulgarie, hommes robustes et belliqueux. On avait décidé qu'ils ne pourraient pas se marier, et que constamment sous les armes ils seraient en toute saison sous les ordres du gouvernement. Dans ces temps reculés où l'Europe chrétienne n'avait pas d'armée permanente, les janissaires se présentèrent avec une grande supéciorité; mais avec le temps l'institution des ja-

aissaires, comme toutes les institutions des hommes, subit de sensibles allérations. Au titre de jsnissaire étaient atlachés de nombreux :

et des revenus en terres très sonsidérables, les gens en crédit cherchèrent à faire admettre leurs créatures dans ce corps privilégié, et on y inserivit les artisans, les employés de l'administration; le titre de janissaire devint même héréditaire, et l'on vit des enfans en bas âge décorés de ce nom jadis si terrible. Sur ces entrefailes l'Europe éclairée avait formé des armées régulières, ct créé une tactique qui quadruplait la force des individus; dès-lors les janissaires furent hors d'état de se mesurer avec les armées chrétiennes, Eu ain les sullans, à diverses reprises, essayèrent de réformer des abus si crians, et de remplacer les janissaires par des troupes plus fortes et plus dociles ; les abus avaient eu le temps de s'enraciner, et des individus de toutes les classes y trouvaient leur profit. Aussi les sullans échouèrent; plusieurs même, tels que Seh: III, périrent viclimes de leurs nobles intentions. g

Le sultan Mahmoud II, dégagé de beaucoup, de préjugés et doué d'une fermeté inébranlable, a enfin commencé de rés#aérer l'empire. Les circonstances étsizut ſort critiques; mais ces mêmes circonstaaees l'ont puissamment aidé dans ses projets de réforme. Nous avons dit que lorsqu'il monla sur le trône plusieurs pachas s'étaient rendus presque indépendans , et que l'esprit de désordre s'était emparé de la plupart des esprits; effrayé par le malheureux sort de ses prédécésseurs, il usa d’abord de la plus grande circonspection ; il ramenait par la douceur ceux qui n'étaient qu'égarés; il confirmait ou opposait les uns aux autres ceux 75 n'était pas en état de déposséder ; à l'égard de ceux qui paraissaient in-

traitables, il recourail quelquefois à la politique

orientale, et les faisait périr par le poignard, le poison ou le cordon. À mesure que les évènemens devinrent plus graves, il redoubla de vigueur. Ali, pacha de Janina, ne dissimulant plus ses projets d'indépendance, fut exterminé avec sa famille, et l’Albanie ramenée sous les lois de l'empire. Pendant la guerre contre la Grèce, en1826, les janissaires annonçani de nouveaux projets de révolte, il abolit l'institution tout entière, et fit massacrer tous ceux qu'on soupçonnait de vouloir résister, A Constantinople seulement, plus de 20,000 hommes furent tués, brûlés ou noyés C'est alors qu’à l’imitation de ce qui existait déjà en Egypte, les troupes régulières actaelles furent créées; et si, dans la guerre qui cut lieu en 1828 et 1829 contre la Russie, ces troupes opposèrent des efforts impuissans, il faut s'en prendre non pas seulement à la supériorité morale des Russes, mais à l’infériorité numérique des troupes régulières turques, et au peu de temps qu'elles avaient eu pour s'exercer à la tactique européenne. L' empire Ottoman se trouva un moment à deux doigts de sa perte; déjà les Russes s’avançant du côté de l’Europe et de l’Asie étaient maitres à-la-fois d'Andrinople et d'Erzeroum, et cernaient la canitale; mais depuis la paix, Mahmoud n'a pas cessé de porter la main à toutes les branches de l'administration, et avec les évènemens qui se

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passent aujourd'hui dans les États chrétiens d'Europe, évènemens qui doivent absorber l'attention de la Russie, l'ennemie naturelle de la Turquie, id esl permis de supposer que si le sultan Mahmoud eût vécu encore quelques années il eût donné une nouvelle face à son empire.

Par le traité de paix du 14 septembre 1829, les Russes ont été reconnus maitres d’Anapa et de toutes les côtes septentrionales de la mer Noire, depuis l'embouchure du Danube jusqu'à celle du Batoumi; et ils exercent une grande influence dans les principautés de Valachie, de Moldavie et de Servie qui ont obtenu une administration particulière ; la Grèce a conquis son indépendance , et les chrétiens de la Bulgarie ont été investis du droit de soumettre leurs griefs aux consuls russes, D'un autre côté, Mohammed-Ali, pacha d'Égypte, qui avait fait accorder à sou fils Ibrahim le gouvernement de Gedda et d'une partie de l'Arabie, en récompense du zèle dont il fit preuve contre les Wahhabites, a reçu le gouvernement de l'importante île de Crète comme dédommagement de ses sacrifices dansMla guerre de Grèce; enfin la régence d'Alger qui, à l'exemple de celles de Tripoli et de Tunis, reconnaissait la suzcraineté du sultan, a passé sous la domination de la France. De nombreux germes de mécontentement existalent dans la Bosnie et l’Asie-Mineure : cependant lesultans'estmontréinébrantablejusqu’à sa mort. Une des mesureslesplusefticacesqu'ilaprisespour

reduire l'autorité des pachas à de justes bornes,

c'est de séparer l'autorité civile de l'autorité militaire; de plus il a aboli le droit de confisca-

tion, droit barbare qui si souvent faisait ima-

giner des criminels et des coupables; enfin, voulant se rattacher les diverses classes de ses sujets chrétiens, il a défini d'une manière plus précise les droits de chaque communion, et a accordé un chef particulier aux Arméniens du rit catholique, qui jusqu'ici étaient en bntte aux vexations de leurs compatriotes du rit schismatique ; il a même cherché à réveiller dans la masse de ses sujets de sentiment du bien public, en invitant pendant da dernière guerre les qyuns, ou notablies de toutes les provinces, à se rendre à Constantinople paur y délibérer sur la situation de l'empire. Non-seulement il a fondé à Constantinople un collège de médecine et des écoles militaires et navales, mais, à l'imitation du pacha d'Egypte, il a «nvoyé à Paris quelques jeunes Turks pour >; profite: des lumières de l'Europe civilisée. Déjà il existait des traductions turques des réglemens militaires de terre et de mer de la France. Le sultan était si peu accessible aux préjugés de sa nation, que sans cesse il disait à ses courlisans: u Si vous voulez être hommes; imitez les Européens.» Lui-même se montrait vètu à européenne, et prenait plaisir à assister à leurs fêtes et à leurs amusemens. Peut-être celle affectation était-elle poussée trop loin; peutètre elle se manifestait d'une façon trop brusque, du moins elle a contribué d'abord à l’espèce d'indifférence avec laquelle, dans plusieurs provinces, les peuples ont vu arriver les soldats russes, et elle a entretenu une grande irritalion dans une partie du peupic.

Le sultan a publié il y u plusieurs années un édit par lequel tous les sujets, religion qu'ils soient et à quelque 7e appartiennent, sont déclarés égaux devant la loi et soumis au mème code; la différence de religion, est-il dit dans le décret, étant une affaire de conscience qui ne regarde que Dieu. A l'avenir, les magistrats ne pourront infliger de châtiment aux rayas que du consentement des primats dont ils dépendent. Quant aux iles et autres lieux occupés exclusivement par les chrétiens, et qui se trouvent encore sous l'autorité immédiate du sultan, les gouverneurs turks sont obligés de soumettre tous leurs actes à l'approbation des primats. Les. habitans ne peuvent ètre jugés que d'après leurs propres lois, et jamais ils ne sont soustraits & leurs juges naturels. Les habitans de l'ile de Samos n'ont dans leur Île ni cadi ni gouverneur turk; ils sont libres de demander quelque Grec, leur compatriote, pour les gouverner, II leur est uccordé de porter un pavillon particulier, ‘ans lequel se voit la croix.

Il ne serait pas étonnant que les Grecs des diverses provinces ottomanes, qui, il y a quelques années s'enfuyaient en Morée et dans les lles indépendantes pour se dérober au fanatisme des janissaires et aux avanies des pachas, courussent au contraire se ranger sous le joug du sultan pour Y recouvrer la liberté et le repos. Mais quel n'a pas dû être le dépit des vieux musulmans, quand ils ont vu professer des idées si nouvelles pour eux ! Jusqu'où ne s'étendrait pas la vengeance, si l'uccasion s'en présen:ait !

Une justice à rendre aux Turks, c'est qu'au milicu de religions et de races si diverses, ce sont eux dont le caractère moral offrirait le plus de garanties. D'un naturel mou et insouciant, imbus de préjugés , ils ne sont pas sales comme les juifs, avides et fourbes comme les Grecs : leur caractère est à-la-fois simple et plein de digaité, II est vrai que les Turks n'ont pas, comme les juifs et les chrétiens, été soumis depuis plusieurs siècles à un despotisme capricieux et barbare, à un joug avilissant

DIVISIONS ADMINISTRATIVES. Les Turks ne connaissent pas les civisions adoptées dans nos géographies ; celles qui ont été données par les meilleurs géographes allemands, quoique exactes pour l’époque à laquelle écrivaient les auteurs turks Hadgi-Khalfa et Hezar-Fenn, ne correspondent plus aux divisions actuelles. Les

Turks avaient partagé leurs possessions

d'Europe et d’Asie en denx grandes divisions, dont chacune était mise sous les ordres d'un commandant-général, nommé beylerbey, c'est-à-dire bey des beys. Le premier résidait tantôt à Monastir, tantôt à Sophia ; le second, tantôt à Angora, tantôt à Kutahya. Outre cette division générale , il existait des gouvernemens appelés eyalet ou principautés, lesquels

étaient subdivisés en livas ou sungiaks,

c'est-à-dire, bannieres. Les gouverne-

mens étaient sous les ordres de viztrs

on de pachas à trois queues, et les

livas sous ceux de mirmirans ou de

pachas à deux queues. La délimitation

de ces gvuvernemens avait d’ailleurs été

aite d’une manière bizarre et sans égard lets de la Turquie d' Europe aux divisions qu indique la géographie; ien dépendent. Nous avons par exemple on avait placé dans le fer- dressé ce ableau d'après celui qui se vernement des djezayrs ou des Îles, trouve dans le savant onvrage de Mougouvernement qui appartenait au capitan- radjea d’Ohsson sur l'empire Ot À pacha , non-seulement les iles Turques nous contentant de réunir ensemble les d Europe et d Asie, mais la Morée, la pro- dénominations turques et européennes, et vince de Gallipoli et les côtes de Zmyrne. de passer sous silence les pays soustraits Le sultan avait cru devoir mettre sous au joug i sultan à la suite des derniers l'autorité immédiate du grand-amiral, évènemens. Nous avons de plus supprimé toutes les contrées qui n’étaient accessi- l’importante Île de la Crète, qui a été mise bles que du côté de la mer, ou qui par sous les ordres du pacha d'Égypte; mai leur position pouvaient contribuer à l’ar- pour nous conformer au plam suivi dans mement et au bien-être de la flotte. Au cet Abrégé , nous en avons décrit les commencement du xvn° siècle , 2 villes n à la suite de la topogral'empire Ottoman embrassait dans ses li- phie de la partie européenne-de empire. mites la plus grande partie de la Hongrie, :

tifs sont : N

a5 0 (Othrida,,

-Bassan, ni), in

(Deivino ou Delonis), Pelitschierin (Veldgeterin, 5 Cavala, Aladja-Hissar (Kruscheracs,

; néanmoins le pacha réside à Taavain.

leurs chefs-lieux ; 0 g

Bosna, Isvérnik (Zvoraik), dda-i-Kébir, Trebigne (eher lieu de l'Hersck ou

EYALET DE SILISTRIE 1 deze en s 5 1 es llvas qui en 2 ieee — 5 Airkilista; gnsuit rtergsse de Belgrade. EYALET DES DJEZAYIS ou DES ÎLES, c amer," Les livas qui en dépendent et leurs chefs- val: ; Le château des Dard:'nelles, Metelin Rhodes, Lefheusché {Nicosie dans l'ile de Chypre),

tantôt Monastin.

Rio, Samos et autres lies de l'Archipel.

TOPOGRAPHIS, CONSTANTINOPLE est si- forme une espèce de triangle , dont la tuée dans une contrée charmante, entre eu es s’avance dans la mer. Au-delà du la mer Noire et celléMe Marmara r sur bras qui forme le port, sont l'arsenal, les le canal qui sépare Europe d l'Asie, chantiers de construction et les fa et dont l’enfoncement forme un des plus de Pera et de Galata. En face sur la côte . beaux ports de l'Europe. Celte cité porta d' Asie, se trouve près de l’ancienne Chald’abord le nom de Byzance, et ce n'est que cédoine, Scutari, qui est une assez grande vers l’an 320 de nôtre ère, que l’empereur ville, et qu’on peut cependant regarder Constantin l'ayant choisie pour la capitale comme une dépendance de la Capitale. de l'empire Romain, elle reçut, avec aa Peu de villes au monde se présentent nouvelle importance, le nom qu'elle porte extérieurement sous un aspect plus imaujourd’hui, Tombée au pouvoir des Turks posant; mais des rues étroites et. fort en 1483, elle devint la capitale des vain- sales, des maisons pour la plupart basses queurs, et est appelée par eux tantôt Cos- et construites en terre et en bois, détruitantinié, tantôt Islamboul ou ville de sent en partie la première impression. Les PIslamisme. La ville proprement dite incendies y sont fréquens et quelquefois

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