DRE
terribles ; celuj de 1826 détruisit six mille maisons. Souvent ce sont les mécontens qui y mettent le feu, et c'est pour le penple une manière de faire connaître ses griefs. II est vrai que les immenses forét: qui bordent les côtes de la mer Noire, permetten
2 brûlées ; d’ailleurs ces maisons sont loin d'offrir le luxe — 12 mage et d' or-
nemens que ten nôtres. Des tapis, des quelques matelas, voilà tout leur r. Mais comment rem-
lacer les objets de tout genre entassés
ans les bazars et devienneut trop souvent la proie des flammes ! Un autre fléau non moins terrible pour cette ville, c'est la peste qui presque chaque année y exerce ses ravages. Jusqu'ici l’insouciance des Musulmans et l'esprit de fatalisme qui les anime ont fait négliger les ressources de la prudence hu Lee doute à une époque où des idées de réforme animent le souverain, on cherchera à imiter les mesures préventives mises en usage dans l’Europe civilisée.
Constantinople est la résidence du sul- .
tan, du muſti, des ministres et de tous les grands re de l’empire. Les religions chrétienn: et juive y ont également un chef particulier qui les représente auprès du gouvernement. Les Grecs du ritschismatique, qui rappellentiesanciens maîtres du pays, ont un patriarche qui prend le titre d'œcumenique , c'est-ànire d'universel, et qui est à la tête d’un synode de douze évéques ; les Arméniens schismatiques ont un archevéque , et la meme faveur vient d’être accordée per Arméniens catholiques; enfin les
gnant; i ment de
Vhôtel des monnaies, le seul qui existe maintenant de”: l’empire, et le trésor où
tdereconstruireles mai- vi
PENINSULE ORIENTALE. n73
sont déposées toutes les richesses acquises depuis l’origine de la monarchie. a :
long-tempg cru que ce trésor renfermait des manuscrits d'ouvrages grecs et latins qui ne nous sont point et qui se trouvaient dans les nes de la lle, lorsque les Musulmans y entrèrent.
Ce qu’il A. de certain, c’est que M. le général bastiani 4 découvrit un fort nu manuscrit de Ptolémée, qui depuis a été vendu en La rt et que ce trésor récèle es de tout re, bien d d’exciter la curiosité savans, si jamais ces vieux débris étaient rendus à la lumière, Un genre d'objets qui intéressent beaucoup plus les Musulmans , ce sont des espèces de reliques qui se rattachent à la gloire de l'islamisme , et qui y sont déposées. II suflira de citer le sangiak-scherif ou noble DS D u'on dit 2 appartenu au p e Mahomet , et étant é dans les eirconsta tiques, a plus d’une fois relevé l'empire sur le penchant de sa ruing. La porte
porte Auguste et de porte Sublime ; 8 come ads en Orient la porte d’une maison était la partie principale de l’édifice, ‘parce qu’on y traitait de toutes les Pair y de importantes, le mot porte a désigné ensuite le palais lui-même et la cour impériale. Nes citemgns encore l’Eski-ser ai ou vieux séræil, dans l’intérieur de la ville, et le Sera Bournou, palais récemment construit à l’extrémité du promontoire, et dont la porte du côté de la mer est entièrement dorée.
Les mosquéessont au rang des plus beaux monumensde Constantinople; on en compte 340, dont 18 impériales. Rien de plus pitioresque que cette ſoret de coupoles et de minarets qui s’élèvent dans les airs; laprinci-
e mosquée est 41 -o.
Plate, église onde par eme Juste en u
nien en 532, ei qui fut conve
. ée lorsque Mahomet II s’empara de la ville.
SteSophie, euégardasona netéetàla place qu’elle occupe dans l’histoire de Far-
chitegturt, mérite d etre comparée àS. Pier ·
re de Rome. Sa coupole a servi de modèle à celles qui furent élevées plus tard à Venise, à Pise, à Rome et ailleurs ; les autres mosques qni méritent d’être citées sont celles
e Sultan Ahmed, située sur la place de PHippodrome, de Sulfan Snleyman et de Sultan Osman ; cette dernière est
moins grande que les autres ; mais elle les surpasse toutes cn élégance et en régularité. On cite encore la mosquée de la Su/-tane Valide, c'est-à-dire de la sultanemère, du nom de la mère de Mahomet IV, parce que la plupart des colonnes qui la supportent ont été tirées des ruines d' lexandria-Troas. II nest pas besoin d'ajouter qu’à l'exception de Ste-Sophie , ns mosquée est appelée du nom de son fondateur.
Les mosquées forment ordinairement un corps isole, et sontentourées de parvis ou se trouvent des fontaines à l' des personnes qui veulent faire les ablutions prescrites par la religion. Plusieurs de ces mosquées sont accompagnées de éurbes ou chapelles sépulcrales, où reposent les corps des sullans et des gr pps — nages de l’empire ; chaque turbé a un gardien particulier, et des vieillards y
oivent réciter tous les jours le Coran à
- l'intention du mort. A la plupart des
mosquées sont annexés des écoles ou mekteb, où l’on apprendà lire et hécrire, et des collèges ou me od l’on enseigne à la jeunesse la logique, lathéologie et la jurisprudence: on y trouve meme bibliothèques publiques „ des hôpitaux pour les malades, des lieux de distribution d’alimens pour les pauvres ; plus de 30,000 personnes y reçoivent des secours journaliers. Les mosquées comme les autres établissemens publics, sont en possession de recevoir les legs en argent ou en terres, que les personnes pieuses veulent leur faire; aussi n’est-ce une exagération de dire que ces établissemens jouissent maintenant d’une grande partie des richesses de l' empire. On peut citer à la suite des mosquées les nombreux couvens de religieux mahométans, qui composent plusieurs ordres différens, et qui, sous le nom de derviches, de solls, possèdent des biens considérables. Le couvent des Meulevis, à Galata, passe pour le plus beau de tous.
La principale église des Grecs est l’église dite pa cale ; celle des Arméniens De de St-Georges. .
ntinople offre plusieurs placesremarquables. Toutes sont appelées meidan, d’un mot persan qui signifie plaine.
La plus célèbre porte le nom d' A.- Meidani ou place aux chevaux, parce que les jeunes Turks s’y exercent encore à monter à cheval ; c’est l’ancien Æipno-
drome, et il est encore ,orné d'un obedisque ptien en granit de soixante pieds de haut, ainsi que des débris de la colonne aux trois og cn qu'on croit avoir jadis supporté le fameux trépied offert au temple de Delphes par les Grecs vainqueurs à Platée ; vient ensuite la
place de Top-Kana, qui est décorée
d’une fontaine superbe.
On compte à Constantinople un grand nombre de bazars on marchés, remplis
de tout ce que l'empire offre de plus précieux. C’est Là * trouve ordinairement les médailles , les pierres gravées et autres objets curieux qu’enfanta l’ancienne Grèce, et qui, après un oubli de plusieurs siècles, sortent chaque jour du sein de la terre. Telle est la sûreté des bazars en néral, qu’on a coutume 5 déposer les ienc des mineurs, des orphelins et des vo rs. Un genre de marché dont on se diMcilement l’idée dans l’Europe chrétienne, c est le marché d'esclaves.
Là sont exposées les personnes à vendre.
Les filles esclaves sont examinées par des matrones p s à cet objet. Leur prix dépend de leur âge, de leurs attraits et de leurs talens pour la danse, la muue et la broderie. Des femmes font la
8 lation d'en acheter de très jeunes, et de leur donner une éducation soignée pour les revendre. C'est le présent le plus précieux qu’on dre offrir.
Outre les marchés proprement dits , il y a des Fhanes, espèces d'hôtels réservésaux banquiers et aux gros commerçans qui y suivent le cours de leurs affaires , et des caravanseraïÿs, c’est-à-dire séjour des caravanes, espèces de halles où descendent les voyageurs et les marchands avec leurs effets. On sait qu’en Orient, faute de sùreté suflisante sur les routes, les voyageurs ont coutume de se réunir et tralnent avec eux leurs bagages et presque tout ce qui leur appartient. Dans toutes les villes musulmanes , particulière ment en Asie, et d’espace en espace sur toutes le’, routes, le gouvernement ou des personnes charitables font construire de ces éditices, où les voyageurs et leur escor de trouvent un abri assuré.
Un conçoit que dans une aussi grande capitale, et avec une situation aussi bien choisie, le commerce soit très considérable. Malheureusement les Turks sont
aresseux, etne tirent pas de leur position
e parti convenable ; d’ailleurs un très
né d’un obede soixante
par les Grecs it ensuite la est décorée
ple un grand ches, remplis e de plus prérdinairement ivées et autres a l’ancienne i de plusieurs du sein de la les bazars en V déposer les lins et des arché dont on dans l’Europe é d'esclaves.
nnes à vendre.
xaminées par et objet. Leur e leurs attraits
gn présent le plus
ment dits , il y els „ bmerçans qui y flaires , et des dire séjour des s où descendent ands avec leurs , faute de sùes, les voyaéunir et tralages et present. Dans tou- , particulièreen espace sur nement ou des construire de rs et leur estré.
ssi grande caon aussi bien très considées Turks sont e leur position leurs un très
— — mm —
grand nombre de navires qui passent devant Constanti ne s'y arrétent pas.
On sait mo l'essor qu'ont pris dans ces iers temps l’agriculture et le commerce dans les provinces méridionales de l'empire Russe, le commerce de la France, de l'Italie, et de bien d’autres pays avec ces contrées, est u non moins florissant que dans l’antiquité. Jusqu'ici le le Respere be palenees qui ai por” 1 nces qui lui por-
re À age. 2 traité An la ussie a exigé que le passage fût entièrement libre pour les bâtimens marchands.
Les Orientaux n'ayant pas de linge comme nous, et ayant conservé le goût de leurs ancêtres, font un fréquent usage des bains ; on remarque à stantinople lus de 300 édifices destinés à cet objet; cs femmes surtout recherchent ce genre de plaisir. Privées de la faculté de se promener dans la ville, si ce n’est couvertes d'un voile, et ne pouvant recevoir aucun étranger chez elles, elles trouvent une s0ciété choisie dans les bains et y passent les journées entières ; quant aux hommes ils ont la faculté de se rendre dans les cafés
et les autres lieux publics. On trouve à Constantinople des cabarets ; mais ces
maisons sont ordinairement tenues par des chrétiens et des juifs.
On se troinperait beaucoup si l’on croyait que Constantinople manque d’établissemens littéraires et de moyens d’instruction, Nous avons dit qu’à la plupart des mosquées sont attachées des écoles où l’on enseigne à lire et à écrire, et des collèges destinés à l’étude de la logique, du droit et de la théologie. Le nombre des écoles
maires s'élève à 1265 ; on compte dans
es collèges environ 1600 jeunes gens ui reçoivent une éducation gratuite.
est dans les principaux de ces collèges qu’à exemple de ce qui se passe dans nos universités, se confèrent les grades aux étudians qui se consacrent à la carrière des emplois civils ou ecclésiastiques. Il existe encore quelques écoles supérieures, telles qu’une école de mathématiques, une école de navigation, une école de médecine et une école militaire fondées par le sultan actuel; la ville possède encore près de 40 bibliothèques publiques où se trouvent les principaux ouvrages orientaux, et qui pourraient fournir d'utiles supplémens aux collections analogues de Paris, de St-Pétersbourg, etc.
ee Le ge le, outre son ancienne rabbin nienne, a une imprimerie arabe, persane etéurque, qui, jusqu'à la fondation Zen 8 du I. A en pte par le pacha actuel et À Tauris par le prince royal de Perse, étaii la seule en de fourair les musuiinsus de livres consacrés à leur littérature.
Cet établissement, créé en 1727 et interrompu en 1746, a été restauré en 1784; il a été transféré à Scutari et acquiert tous les jours plus d’imporisnce, On y publie toutes sortes de | vres, sans excepter les ouvrages qui nécessitent 'em ploi de figures , tels que les livres de médecine et dart militaire ; le Coran seul est excepté, et il sert encore à occuper un grand nombre de copistes qui n’auqu M * ns pi sie NE est vrai que la plupart de ces divers blissemens ont éd formés sur des bases surannées , ou sont d’une date trop recente pour avoir commencé à porter des fruits ; le temps seul pourra féconder des semences d’une nature si différente. 11 n'existe d’ailleurs dans cette ville ni :bservatoire ni cabinet d'histoire naturelle; mais on y publie aujourd’hui plusieurs journaux, entre autres le Moniteur Ottoman, rédigé en turc et en français, et l’on ne saurait méconnaître le bien que ces journaux ont déjà produit, et qu ils doivent produire encore.
Un genre de monumens, qui dans ces derniers temps a excité les recherches des savans, ce sont les aquedues qui fournissent de l’eau à Constantinople: les uns sont sur arcades; les autres forment des canaux souterrains. Les uns, ainsi que la plupart des eiternes de l’intérieur de la ville, remontent au règne de Constantin; d’autres datent du bas-empire ; quelques-uns appartiennent à la domination ottomane. Les plus connus sont :
l’'aqueduc de Valens, la citerne des mille et une colonnes, l'aqueduc de Justinien. Le général Andréossi, qui a fait une étude particulière de ce genre de monumens, à cru y reconnaître des procédés qui étaient en usage chez les anciens, et qui sont tombés en désuétude chez nous.
Constantinople étant le centre de l’empire renferme tout ce qui se rapporte à ’armée , à la marine et au gouvernement civil. On trouve le long du port, les arse-
naux, les chantiers de construction et tout ce qui appartient au matériel de la marine. L' arsenal miliaire, situé dans le voisinage et appelé fop-khana (dépôt de l'artillerie), contient une manufacture d'armes qui fournit des fusils, des bombes et des canons. Dans l’intérieur de la ville sont plusieurs caserues qui pourraient rivaliser avec les plus belles casernes de l’Europe civilisée., Les deux qui sont aux environs sont des espèces de 28 retranchés pouvant renſermer une armée ; l’une porte le nom de Daoud Pacha, et l’autre de Ramis-Tchifflick.
C'est dans celle-ci que, pendant la dernière guerre contre la Russie, le sultan planta son élendard, ne se montrant qu’en habit militaire, et annonçant l’intention de s’ensevelir sous les ruines de empire. On peut citer à la meme occasion le fameux château des Sept-Tours, situé à l’extrémité méridionale de la ville, sur les bords de la mer, et où l’on enferme les prisonniers d'état. Quant aux remparts quientourent la ville, ils consistent dans un double mur garanti par des fossés et fortifié de tours, et ils pourraient donner lieu à une défense formidable. Mais quelle armée ne faudraitil pas pour garnir une si vaste enceinte!
Puisqu'il est ici question de fortifications , nous ne pouvons nous dispenser de arler de l'ouverture que présente le sphore , et qui pourrait voir arriver en moins de trois jours une flotte russe des totes de Crimée. Les fortifications élevées à l’entrée du Bosphore en rendent l'accès fort difficile, et la côte n’offre point d’endroits favorables pour le débarquement : d’ailleurs, la grande proximité de la capitale permettrait d'envoyer à temps du secours. Quant au passage des Dardanelles qui communique avec la Méditerranée , et qui en 1807 fut forcé par la flotte anglaise, les châteaux qui le bordent en Europe et en Asie présentent un aspect redoutable; mais ouverts du côté de terre et enjourés de hauieurs, ils seraient facilement tournés par des troupes de débarquement , et ne pourraient résister à une attaque combinée de terre et de mer. La plupart des fortifications des Dardanelles et du Bosphore ont été élevées sous la direction d'officiers fran-
dais.
‘Outre Ste-Sophie, les aquedues, une portion des remparts et les monumens de
LHippodrome, il reste encore à Constantinople des débris de l’ancienne domination des Césars. On peut citer la colonne dite historique, représentant les exploits de l’empereur Arcadius ; les vestiges du zalais des Blaquernes ; la colonne brûlée, située près de l’At-Meidani et dont les débris ont encore environ 90 pieds de haut; la colonne corinthienne, érigée en mémoire d’une victoire remportée sur les Goths, et quiest placée dans les jardins du sérail ; les bas-reliefs qui ornent l’ancienne porte du chdfeau des Sept-Tours; mais les Turks, par une suite de leur horreur pour les figures, ont brisé ou mutilé la plupart des statues et des bas-reliefs; d’ailleurs, dès l’année 1204, lorsque les croisés de France et d’Italieentrèrent dans la ville, ils y firent des ravages irréparables : les incendies ont porté le dernier coup.
La ville est accom ée de plusieurs faubourgs considérables : celui d’Ayoub est ainsi appelé du nom d’un compagnon du prophète qui y fut tué, lors du premier siège de Constantinople par les musulmans, l’an:668 de notre ère ; les Turks y construisirent plus tard en l’honneur d’Ayoub une mosquée où les sultans, en montant sur le trône, sont dans l’usage d'aller ceindre le sabre, cérémonie qui leur tient lieu de couronnement. Ce faubourg est situé à l’ouest de la ville, vers le fond du port. Les autres sont placés de l’autre côté du port; ce sont, outre l’arsenal proprement dil et ses U ee Pera et Galala. Galala est le quartier des négocians; Pera celui de la diplomatie. C'est à Pera que les ambassadeurs des puissances chrétiennes ont établi leur séjour dans les villes du Levant les chrétiens n’osent pas se meler avec les musulmans, et ils adoptent un quartier particulier, autant pour leur sureté commune que pour les agrémens de la société. Pera, par son élévation, domine le Bosphore, le sérail, le port et une bonne partie de la ville. Rien de plus frappant que ce mélange de costumes, d'idiomes, de mœurs et d'usages; cette diversité se fait remarquer surtout dans les fêtes que donnent les Européens, et auxquelles assistent depuis quelque temps le sultan et les officiers de sa cour.
Derrière Pera et Zalata est un autre à
faubourg appelé S/-Demetri et qui est occupé par les Grecs ; ce faubourg ne
Le DOS rere dt
onstantiomination onne dite exploits estiges du colonne Meidani et mviron 90 nthienne, re rempore dans les fs qui orfteau des „ par une ures, Ont s statues et lès l’année France et ils y firent 8 incendies
le plusieurs lui d’Ayoub compagnon s du premier les musulez les Turks en l'honneur s Sultans, en dans usage prémonie qui ent. Ce faula ville 7 vers sont placés de L, outre l'ardépendances, St ſe quartier de la diploles ambassaétiennes ont villes du Lepas se mêler adoptent un pour leur sûagrémens de lévation , doil, le portet Rien de plus costumes, d'i- ; cette dirtout dans les péens , et aux elque temps le
ri et qui est » faubourg ne
our. a est un autre
doit pas être confondu avec le Fanal ou Fanar, quartier habité par les anciennes familles grecques qui 1 — long-temps étaient en possession de fournir des hosrs à la Valachie et à la Moldavie. Le anal est situé sur le port, dans l’intérieur de la ville.
Les Turks étant naturellement graves et sédentaires, sentent peu le besoin des
romenades ; aussi enexisie-t-il peu dans
es environs de Constantinople. On reucontre seulement çà et là des kiosks et des fontaines élevéesyar la piété des fl dèles, et aupris desquels les musulmans viennent fumer et boire du café ; l’heure de la prière arrivée, ils font leur ablution, tendent un tapis à terre et s’acquittent de ce qu’ils regardent comme un devoir sacré. On ne voit guère les musulmans se W que dans les cimetières, surtout
ans celui qui avoisine le faubourg de Pera. Les cimetières sont plantés d’arbres, particulièrement 3238 et les tombes sont couvertes de fleurs ; ce mélange d' images tendres et lugubres inspire une mélancolie qui plaît à l’âme. II est remarquable que les Turks de la capitale ayant conservé une espèce de prédilection pour l’Asie, berceau de leur religion et de leur nation, préférent se faire enterrer sur les côtes d’Asie ; aussi trouve-t-on à Scutari un cimetière qui est regardé comme le pius vaste del’empire. Un genre de promenade que les musulmans recherchent beaucoup, c’est la promenade en bateau sur le Bosphore et vers les Îles des Princes; le soir, dans la belle saison, l’eau est sillonnée dans tous les sens, et l’on jouit du plus beau spectacle qu’offre la nature.
On est loin de connaître d’une manière précise la population de Constantinople ; chaque année, suivant la femarque de M. Reinaud, la population des provinces, fatiguée par lat rannie des agens subaltunes, vient y chercher un refuge ; et le gouvernement craignant de ne pouvoir suffire à l’approvisionnement d'une grande multitude , est obligé de renouveler de temps en temps la défense d'agrandir la ville par de nouvelles bâtisses. Nous croyons pouvoir évaluer le nombre des habitans de Constantinople à 600,000.
Autant, dit le général Andréossy, lesenvirons de Constantinople sont incultes, arides et privés d'arbres et d'habitations, autant les coteaux des deux rives du Bosphore sont rians et peuplés de
jardins , de villages, de palais, de kiosks, de fontaines, de bouquets de bois; ils n'offrent pas d'in. terruption d'une extrémité à l'antre du canal. disposés sans art, ces objets si diversifiés imitent dans leur ensemble la prodigieuse variété de la nature. Parmi les nombreuses localités qui méritent etre citées, nous nommerons : Je l grade. dans une siluation charmante, autrefois séjour d'été de plusieurs Européens, mais que le mauvais air a engagé à dése”ter; c'est encore ben droit où se retirent les plus riches familles chrétiennes de Pera et de Galata lorsque la peste fait ses ravoges à Constantinople. Doulukh- Baktche, avec un palais du grand-seigaeur construit dans le goût chinois. Bechik-Tach, remarquable par le magaifique palais du grandscigneur qui se trouve dans son voisinage, et dont une gran lie fut brûlée en 1816 ; on a établi une école d'état-major un peu au-dessus de ce palais. Kouroutchesme, où les principales familles grecques se retirent pondantl'été., Roumily-Hissar,\e plus fort de tous les chà.
teaux qui défendent le Bosphore , presque au milieu du canal. Therapia, avec un grand — bre de maisons de campagne. Voulouk- Here, lieu considérable, orné d'un quai servant de promenade; la plupart des ministres européens y passent tout le temps de la belle saison; les botanistes y admirentun des plus grands arbres du monde: c'est le fameux platane dont on assure que le tronc n'a pas moins de 160 pieds de circonférence!
Plus loin et dans un rayon de 40 milles, au milieu des hauteurs du Strandjea, on trouve Inpcæicuis, petite vida, remarquable par ses sources minérales et surtout par ses nombreuses habitations taillées dans le roc vif, formant des étages et de lonues suites de galerics; c'estune véritable ville de Troglodrtes , semblable à celle qu'à la page 419 nous avons décrite dans la vallée d'Ipsica en Sieile. Sur le bord de la mer de Marmara on voit Strivnia, beaucoup plus considérable que la precédente, avec un port fréquenté par plusieurs petits bâtimens. Tous ces lieux sont en Europe,
Scuranil’ancienne Chrysopolis sur le Bosphore est en Asie vis-à-vis Constantinople dont elle eat regardée comme un des faubourgs. Ceite ville bien déchue est encore très commerçante étant le rendez-vousdescaravanesdel’Asiequi fontiecommerce de Constantinople etd'une partie del’occident. On y voit beaucoup de belles maisons et de mosquées, et les plus beaux cimetièresdel'empireottoman, où les riches turks de Constantinople se font entérrer. Sa population peut s'élever à 35,000 habitans. À l'orientde la pointela plusorientaleest le phare de Kyz-Koulèci ou Tous de Léandre.
ADRIANOPLE ou ANDRINOPLE (Ederneh des Turks), située partie sur une colline et partie sur les bords de la Tundja, près de son confluent avec la Maritza. On la regarde comme la seconde capitale de bempire; les sultans y cat résilé depuis 1366 jusqu’en 1453, époque où ils transférèrent leur résidence à Constantinople.
Parmi les bâtimens les plus remarquables qui décorent la seconde capitale de l’empire Oltoman, il faut d’abord nommer la mosquée de Slim II, regardée comme le temple le plus magnifique que l’on ait encore élevé à l’islamisme ; on dit que son immense dôme, soutenu par des colonnes de porphyre, est de 2 pieds plus haut
ue celui de Ste-Sophie à onstantinople; il faut monter :30 marches pour arriver à la galerie supérieure de ses quatre minarets, d’où l’on jouit d’un coup-d’œil superbe; on admire leur grande élévation et leur forme svelte etélégante. Viennent ensuite la mnosquée de sulian Bajazel II, surmontée d’une belle coupole et de deux minarets; celle de sulfan Mourad II, dite aussi Outch-Serfeli, située au milieu de la ville et ornée de neuf coupoles et de quatre minarets. Mais on doit mentionner un bâtiment d'un autre genre qui vient immédiatement après la mosquée de Selim II; c’est le bazur d'Ali-Pacha. M. Alexander le regardecomme un des plus beaux du monde; sa haute galerie a près d’un quart de mille de longueur. On ne doit pas oublier VEski-Seraï ou l'ancien palais des sultans, bâti hors de la ville sur les rives de la Tundja ; abandonné depuis longtemps, ce magnifique bâtiment a beaucoup souffert ; la tour octogone , entourée de beaux kiosks qui s'élèvent dans sa vaste cour intérieure, et la belle porte par laquelle on y entre, sont maintenant les parties les plus remarquables de cette résidence , où les sultans, dans la plénitude de leur puissance, on. reçu avec un luxe asiatique les ambas adeurs de tant de princes dont ils étaient le fléau et la terreur. On doit mentionner aussi le bel aqueduc qui fournit l’eau à la ville, le poné sur la Tundja, les murailles et les portes de construction romaine, plusieurs insoriptions découvertes il y a quelques années,
et letronc d'une statue colossale d’envi-
ron 19 pieds de haut, qui d apres leꝭ traditions populaires, aurait représenté l’empereur Adrien. Andrinople est le siège d’un grand-mollah, d’un archeyéché grec , et possède plusieurs écoles supérieures tur-
ues ; elle se distingue aussi pas son in-
ustrie, dont les articles principaux sont les étoffes de s ie, de laine et de coton, les teintureries , les distilleries d'essence et d'eaux odoriférantes, les maroquins, les tanneries et les fabriques de tapis; ces
articles forment avec les productions de son fertile territoire, la base de son commerce florissant, dont le principal débouché est le port d’Enos. Les principaux articles d'importation consistent en draps, étoffes et galons de Lyon, en sucre, café, cochenille, indigoet petites calottes rouges vulgairement appelées faz; ceux d’exportation consistent en belles laines, cuirs, soies de Zagora, cires et autres marchandises propres aux fabriques européennes.
On ne connaît pas la population de cette ville; nous lui accorderons 100,000 âmes, en suivant l’opinion d’un voyageur, M. Alexander. Depuis l’époque où les Turks entrèrent à Andrinople, cette ville m'avait pas vu flotter l’étendard chrétien.
Les Russes l’ont occupée pendant quelque temps en 1829.
Parmi les lieux les plus remarquables situés autour d'Andrinople, dans un rayon de 40 milles, nous nommcrons les suivans : ToniRMEn , petite ville, chef-lieu d'un sandjak. Dsisn Musrarna (Mustapha Pacha Kæpri, c'est-à-dire pont de Mustapha), petite ville, remarquable par son beau pont sur la Maritza. DéÉuorica, importante par sa population qu’on porte au-dessus de 15,000 Ames, par son siège grec archiépiscopal , par la belle poterie qu'on y fabrique et par ses étoffes de laine et de soie. Kink-Kil. isst, chef-lieu du sandjak de ce nom; ses nombreux Juifs fournissent une grande partie du beurre et du fromage consommés à Constantinople. :
Voici les autres villes les plus remarquables de la ROMELIE :
Dans l'intérieur nous nommerons : PnumropoLi (Filibé des Turks), grande ville, à laquelle M. Palma accorde 30,000 habitans, florissante par ses fabriques de soieries, de draps et de toile de coton, et par son commerce; elle est le siège d'un archevêché grec et offre quelques restes d’antiquités intéressans ; letremblement de terre de 1818 détruisit une grande partie de ses édifices. Taran-BazanDswx, sur la grande route de Belgrade à Constantinople; on lui accorde 10,000 ames; on y avait établi une horloge publique avant l’année 1668. Esxr-SacrA , située au pied du Balkan, au milieu de campagnes bien cultivées, avec plusieurs fabriques de tapiset d’autres objets; on porte au-dessus de 18,000 Ames sa population; ses bains sont très fréquentés. KaisanLix, dans les défilés du Balkan, avec environ 10,000 âmes. SEL1MNIA (Zslemjé des Turks), prèsde l'important défilé du Balkan, nommé Demir Kapou ou Porte de Fer; sa foire est une des plus importantes de l'empire; on y fabrique divers articles très recherchés, comme étoffes communes de laine, canons de fusil, carabines très estimées chez les Turks; on y prépare une grande quantité d'essence de rose, et des terrains immenses sont consacrés à la culture de cette fleur, Des re-
ductions de de son comrincipal dé y principaux ent en draps, sucre, café, lottes rouges eux d’exporjaines, cuirs, es cm européennes.
tion de cette ons 100,000 un voya * ue © le, cette ville uud chrétien.
ndant quelque
arquables situés yon de 40 milles, Teninuzn, petite Duen MusTAPHA ue e p Ie , importante u-dessus de 15,000 épiscopal , par la tpar ses étoiles de gel- lieu du sandiak fs fournissent une fromage consom-
plus remarqua-
nerons : PHILIPPOje ville, à laquelle bitans, florissante de draps et de toile ; elle est le siège uelques restes mblement de terre
terrains immenses cette fleur. Des re-
lations modernes lui accordent jusqu'à 20,000 habitans presque tous Bulgares. Ounounpsova , impertante par son commerce et par sa foire, qui, comme celle de Selimnia, est le rendez-vous des principaux négocians de l’Asie-Miueure, de Armonie, de la Crimée, de la Russie, de “Allemagne, de la Pologne et des pays circonvoisins.
Sur la côte de l’Archipel on trouve: KavaLa, petite ville, importante par son petit port et par ses grandes plantations de tabac. Enos, qu'on peut regarder comme le port d Audrinople, dont elle est le débouché principal ; on lui accorde 7000 habitans ; son port est sûr et commode.
Sur la mer de Marmara on voit : GazLivot, sur la péninsule de ce nom, grande ville, avec un port à l'entrée du détroit des Dardanelles et un évèché grec. Ses fabriques de maroquin qui jouissent d'une grande célébrité, son commerce assez étendu, ses magasins pour l'approvisionnement de la flotte ottomane, et les 80,000 habitans que M. Turner lui accordait en 1816 ; la placent à côté des principales viites de l'empire; le capitan-pacha; qui réside ordinairement à Constantinople, y tenait son lieutenant, de qui dépendaïent, jusee ces derniers temps, tous les pays compris
ns le sandjak auquel Gallipoli donn son nom.
Kli- Bann, petite forteresse, la pius importante de celles qu’on a construites sur la côte
Europe pour défendre le passage des Darda-
Jes; on la nomine aussi le Cnareu D'EuroPe; vile est armes 155 canons, dont plusieurs d'un calibre énorme: d i, sur la côte d' Asie, 5.
levent les batu : *:::1/anié-Kalessie, armées. de 196 pi: „. . ALL KALESs18, l'ancien Sesros, autre b: 80 canons; vis-à-vis, sur
Ja côte d'Asie, est situé Nagara-Bourum, l'ancien Ab y dos, armé de 84 canons; c'est là, selon le capitaine Trant, le seul ouvrage sur le détroit qui, étant entouré de murailles, est susceptible d'être défendu du côté de terre. Nous ajouterons que, d'après cet officier anglais, toutes les batteries élevées sur la côte d'Europe comptent 332 canons et 4 morters; celles qui défendent la côte Asiatique ont 484 canons et 4 mortiers, ce qui fait un total de 81 pieces de canons et s mortiers. Ronosro, ville florissante par son commerce; elle est le siège d’un archevèché grec et parait avoir pris beaucoup d’2ccroissement dans ces dernières années, puisqu'on lui accorde 40,000 habitans.
Sur la côte de la mer Noire, ou à quelques milles de distance, on trouve: Mini, petite ville, remarquable par ses monumens soulerrains très curieux , qui ont appartenu à l'ancienne Sazuyosssus; M. Alexander attribue aux Génois ses fortifications et lui accorde de 6 à 7000 habituns. Visa, petite vill:. qui n'est importante que parce qu'elle est le caef-lieu du sandjak de son nom. Inana (Aïnada), petite ville qui jouit d'une triste célébrité, étant regardée par les Turks comme la place la plus malsaine de toute ia côte de la mer Noire ; sa garnison y est changée tous les 15 jouis; sans cette précaution tous les soldats succomberaient aux flèvres malignes causées par les miasmes délétères qui s'élèyent des marais qui Venvironnent, Bouncas, que sur l'autorité de
M. Alexander nous qualiflerons de petite ville.
en dépit des cartographes qui la représenteni th une ville très considérable; son port la rend très importante en temps de guerre; cel ol ficier ne lui accorde que 4 à 5000 âmes.
cd à villes dela MACEDOINE sont : ,
Salomon (Selaniki des Turks et Thessalonica, de la ie ancienne) , rande ville située au milieu des côtes de Macédoine, au fond du golfe qui porte son nom, et au pied du mont Kortiach, contre lequel elle est en partie bâtie. Vue de la mer, son as est ceini d’un vaste amphithéâtre demi circulaire, dans lequel les maisons et les édifices s'élèvent par degres jusqu’à la moitié des hauteurs sur lesquelles la ville est construite. C’est sans contredit la première place commerçante de la Turquie d' Europe après Constantinople; toutes les nations maritimes de cette re du monde y entretiennent des consuls , et son port reçoil tous les sns plusieurs centaines de vaisseaux étransers; les négocians européens y ont étali une poste régulière avec Constantinople aussi bien qu’avec Vienne en Autriche, et deux fois par mois des courriers arrivent et partent à jours fixes. Salonique tient aussi un rang distingué pe es villes les plus industrieuses de l'empire, par ses fabriques de coton ptet à celles de Gin Ar par ses fabriques de maroquins , de tapis , d’étoffes de soie et ge plusieurs articles en cuivre, acier et fer. Elle est la résidence d’un archevêque grec, d’un grand-mollah et du grandhakam des juifs, espèce de grand-prètre de cette religion , dont les disciples qui y sont très nombreux, possédaient jadis une école célèbre regardée comme leur tueniversité. Les Juifs partagent avec les Grecs la supériorité dans les manufactures et le commerce de la ville. Une nde partie des Turks qui habitent ionique, est regardée comme de race juive ; aussi les musulmans de la ville sont-ils distingués en deux classes. Salonique n’est pas fortifiée, mais seulement environnée de murailles construites en partie sur fondations en pierre de taille d'une épaisseur extraordinaire, et flanquées de tours. Cinq portes donnent entrée dans la ville. La porte du Vardar, ainsi appelée, parce qu’elle mène à ce fleuve, estun ancien arc de triomphe, élevé probablement en l'honneur d'. 4
. Montée mnmpnemrinne
guate. On ne doit pas oublier un autre arc de triomphe assez bien conservé, que les uns attribuent à Constantin et autres à Antonin; mais un tiers de sa hauteur est enseveli dans le sol. En général, Salorique est un lieu très important por les monumens d'architecture quel“ possède, et par les objets d an- Uauité, tels que médailles, mosaiques et Las-reliefs qu on y découvre chaque jour.
Dans le quartier grec est l’ancien inn drome, et au milieu des constructions modernes qui obstruent l’anciennegrande rue, on distingue des festes d'une elonnade bâtie sous Néron, avec hnit stalues. Ces statues reçurent des juifs d’Espagne le nom de las encantadas (figures enchantées), nom qu'elles conservent encore ; quant aux Turks ils les nomment soureli malek , c'est-à-dire figures d'anges. Cette ville était jadis célèbre par ses églises; la plupart ont été converties en mosquées , et on y distingue à peine quelques traces de leur ancienne origine. Il est vrai qu quelques-unes, dit-on, n’étaient pas l'ouvrage des chrétiens, et avaient été primitivement élevées par les paiens. La 1nosquée de Cassim est l’ancienne église de S- George.
L'Eski-djumi ou vieille mosquée, composée de deux temples et revetue de porphyre et de jaspe, est la célèbre église de St-Démétrius. On en pourrait dire autant de la Rotonde, bâtie sur le modèle du Panthéon de Rome, et de Ste- Sophie, construite à limitation de Ste-Sophie de Constantinople. Les trois principaux marchés de Salonique sont ceux de Sulidjekhan, Mustapha-pacha khanet Milta- “han. Quelques palais y attirent aussi l’attention das curieux par leur luxe intérieur.
In sai’ que cette ville est la résidence de plusieurs familles distinguées, entre autres de celle des Ghavrinos, descendant du conquérant de la Macédoine sous Amurat II. La population de Salonique nous paraît pouvoir être évaluée à 70,000 habitans.
Dans un rayon de 46 milles on trouve: Sepes, village dans les environs immédiats de Salonique, remarquable par ses bains minéraux assez fréquentés. Ounouuiix , autre village où un grand nombre de Francs se retirent pendant la belle saison. IÉNiDyÉ-Varpan, petite ville, importante par sonindustrie et par ses vastes plantations de tabac, regardé comme le meilleur de la Macédoine; on lui accorde 6000 âmes. Dans son voisinage on voit les ruines de l’ancienne Pe Ila, où naquit Alexandre-le-Grand. KanaveniA, importante par
ses nombreuses fabriques de colon et ses teintne reries, ainsi que par les carrières de marbre rouge qu'on exploite ses environs; M. Beaujour lui accorde 8000 habitans. VonixA, qui correspond à l'ancienne Eonss , première capitale des Macé: doniens et asile funèbre de leurs rois; l'Eorèœus (Vistriza) forme parmi ses édifices plusieurs cascades pittéresques ; c’est le siège d'un évéché grec.
Senrs, assez grande ville située au pied des montagnes, à quelques milles à Test du lac Takinos, florissante par ses fabriques de coton, de laine et de tabac, et remarquable en ce qu'elle est le centre de la culture et du commerce du coton de la Turquie européenne. On lui accorde une population de 30,000 âmes en hiver; ce nombre est réduit à environ 15,000 pendant l'été, à cause du mauvais air qui oblige les habitans les plus riches à se retirersur la montagne voisine, nommée Egrisou, où depuis plusieurs années il s'est formé une nouvelle ville. Seres est le siège d'un archevéché grec, et dépend d'un bey qui est un des plus puissans feudataires de l'empire Oltomun. On y trouve quelques antiquités. OnPmano, petite ville commerçante, située sur le golfe auquel elle donne son nom, et que les Grecs nomment Contessa. Draua, ville assez florissante par ses manufactures de calicot et de tabac, et dont les environs sont d'une grande importance historique et archéologique, parce qu’ils offrent les ruines de Philippi, qui, malgré leur importance, n’ont encore été visitées par aucun voyageur récent; Belon, qui les examina en détail, cite de grands tombeaux de marbre blanc, un amphithédire de forme ronde , plusieurs stalues et les restes d’un temple élevé à dlaude. C'est dans le voisinage de Philippi qu’eut lieu la mémorable bataille qui, pour la seconde fois, décida du destin de Rome. Cette ville ruinée joue un rôle non moins important dans les annales de la religion chrétienne ; c'est dans ses murs que l'évangile fut prèché pour la premiere fois en Europe, et qu'on éleva le premier temple chrétien ; c'est aussi à Philippi qu'eut lieu l’emprisonnement de saint Paul,
Dans ce même rayon, mais vers le sud-est de Selonique, commence l'isthme de la célèbre péninsule Chalcidique, à l'extrémité de laquelle s'élève le Monr- Arnos, nommé Hagion Oros (Montagne Sainte) par les Grecs modernes.
Avant les troubles et les dévastations qui eurent lieu dans cette partie de l'empire Ottoman à l'époque de l'insurrection grecque , cette montagne célèbre portait sur ses flancs plusieurs bourgades, 22 couvens, outre C00 chapelles, cellules et grottes qui servaient d'habitations à plus de 4000 moines ; ceux nommès ermites, dont on comptait une vingtaine, vivaient dans des grottes. Ces moines, entre leurs offices religieux, labouraient la terre, cultivaient des vignes et des oliviers, et élevaient un grand nombre d’abeilles qui les mettaient en état d'exporter annuellement de 36 à 40,000 okas de cire ; plusieurs fabriquaient un grand nombre d'images saintes , de couteaux, de cuillers et autres objets en bois qui formaient des articles importans d'exportation par le port d'Alvara, bourg fortifié, situé sur le côté
le coton, de ce qu'elle est tee du coton accorde une z ce nombre l'été, à cause as les plus riine, nommée nnées il s’est le siège d'un ey qui est un empire Oltotés. OnPHANO, ir le golfe aus Grecs nom ez florissante t de tabac ,» et le importante > qu'ils offrent „ malgré leur lées par aucun xamina en marbre blanc, plusieurs talevé à Claude.
i qu’eut lieu la conde fois, déille ruinée joue ins les annales ns ses murs que ière fois en Eusmple chrétien ; u l'emprisonne-
rs le sud-est de e la célèbre pénite de laquelle é Hagion Oros s modernes.
ons qui eurent pire Ottoman à que, cette monflancs plusieurs £oo chapelles, t d'habitations à serrhites, dont vaient dans des offices religieux, des vignes et des nombre d’abeilles ter annuellement — fabriquaient tes, de couteaux, 220 qui ſormaient ation par le port situé sur le
oriental de celle montagne et habilé par environ 600 maises. C'est encore ici que se trouvaient le premier séminaire ecclésiastique de \
grecque et son école théologique la plus cé * ainsi que les débris des fameuses bibliothèques qui ſournireut, il y a quelques siècles à l'Europe savante, les manuscrits de tant de chefs-d'œuvre de l’ancienne lilérature grecque. Nous rappellerons avec Malte-Brun, que c'est la philosophie qui a préparé à la piété cette demeure solitaire etromantique; Philostrate nous apprend qu'un grand uo de philosophes grecs avaient coutume de se retirer sur celle montagne pour y mieux contempler les cieux et la nature. Le mont Athos joue aussi un grand rôle dans l'orologie si imparfaite des anciens géographes, qui lui attribuaient une élévation extraordinaire, dans la supposition que le soleil était visible à son som-
met trois heures plus tôt que sur les côtes de la
mer Egée; mais M. de Humboldt a réduit à sa juste valeur cette opinion absurde, en démontrant que sur la cime du pic de Ténériffe, dont la hauteur est presque double de celle du mont Athos, le soleil n'est cependant visible que 12 minutes avant de l'être au bord de l'Océan. Nous ajouterons qu aſin d'éviter le passage de ce promontoire, si désastreux pour la flotte de Darius, Xercès fit couper l'isthme qui l’attache au continent; que M. Choiseul et un savant marin, M. Dumont d'Urville, ont reconnu les vestiges de ce canal artificiel, qui a disparu par la suite destemps; et nous rappellerons enfin qu'un architecte à grandes idées proposa à Alexandre de tailler cette montagne de manière à représenter un colosse qui tiendrait une ville dans sa main.
Au sud de Salonique, mais un peu vers l’ouest, s'élève le majestueux Moxr Lach, qui est l'O- LyMPE des anciens Grecs; il sépare la Macédoine de la Thessalie; c'est la plus célèbre de toutes les montagnes connues anciennement sous ce nom. Homère en fit le séjour des dieux. Elle est aussi remarquable en ce qu'elle est probablement une des premières montagnes qui aient été mesurées; Xénagoras lui accordail 10 stades de hau: teur perpendiculaire, mesure que Barthélemy.
réduit à 960 toises; Bernoulli ne lui en accorde que 1017, et M. de Beaujour 1000 seulement. En admettant avec M. Mano, géographe grec, qu’elle conserve la neige toute l’année, elle n'aurait pas moins de 170 toises , et serait le point culminant de toute d Péninsule orientale, Nous rappellerons que, selon le docteur Clarke, tous les ans, le 20 juin, le prêtre du village de Scamnia va célébrer une messe dans la chapelle élevée sur un des plus hauts sommets de l’Olympe; c’est la continuation d'une ancienne fête religieuse qu'on y célébrait au temps du paganisme.
Le géographe ne doit pas oublier de signaler plusieurs autres villes de la Macédoine remarquables sous bien des rapports; nous indiquerons les principales d'après ſeur position géographique. Sur le versant oriental du Pinde on trouve: Tor- Moxas rin ou Birol ia, assez grande ville, à laquelle la résidence du Romeli· Valigy ou grand prévôt, qui exerçait une sorte de police sur toute la vaste division que les Turks appellent Romélie,
donaait une grande im „ el l'a fait prendre même pour la capitale de cette grande division administrative de l'empire Ottoman; on lui gecorde 15,000 habilans. Kasronra (Kessrid des Turks), sur le beau lac qui porte son nom, siège d'un archevéché grec; on portait sa n de 7 à 18,000 Ames! Dans ses cavirons tles Kastarèses, mélange bizarre de Serviens et de Valaques. 5
Dans Ia vallée du Vardar on trouve: Uscur ou Sora, chef-lieu d'un sandjak, siège d’un orchevèché grec; on vante beaucoup la beauté de sa position, son architecture et ses tanneries; pop environ 10,000 âmes. KeuPauaLEU ou KEUPAULU, petite e 4000 her ne , pad * son pont sur on passe le Vardar.
Istis, par ses fabriques de fer et d'acier; on le. regarde comme identique à l’ancienne Sront.
Dans le centre et vers la frontière orientale on voit : Sraouza ou Srauxnirza, autrefois importante par ses fortifications, es encore aujourd'aui par ses sources chaudes. Prrrovicu, cheilieu d'un petit district, qui avant linsurrectica fournissait annuellement près de 20,000 bailes d'excellent tabac connu sous le nom de Petrieh. Mais Nix, petite ville d'environ 6000 âmes, siège d'un archevéché grec. -
Sur le versant méridional de la chaîne du mont Argentaro est située Kosrsnpie, ville de médiocre étendue, chef-lieu du sandjak de son nom, avec un archevéchégrec, des bains chauds sulfureux et peut-être 8000 habitans. À quelques milles de distance, vers l'est de cette ville, on trouve plusieurs lieux remarquables ; nous nous bornerons à nommer Kinarova, gros bourg, très important par la mine de cuivre argentifère qu'on dit etre exploitée dans son territaire, et par ses nombreuses fabriques de chaudrous et autres ustensiles en cuivre.
Nous placerons provisoirement ici les villes suivantes, situées sur le versant septentrional du mont Orbelo ou Argentaro; ces villes ont jadis appartenu à la Servie, mais n étant pas comprises dans les six districts qui doivent être rendus à cette principauté , elles ne sauraient ètre placées avec cette partie maintenant tout-à-fait distincte de l'empire Ottoman. Pinisrix Ou Pnisrixa, ville de médiocre étendue, siège d'un évêché grec et de l'inspectorat des mines de la Macédoine ; M. Palma lui accorde 10,000 habitans. Kossova, petite ville, remarquable par les deux grandes: batailles gagnées par les Turks en 1389 et 1448 , et par le monument funéraire élevé à Amurat I‘, qui fut tué par un seigneur bosniaque ; une garde de derviches est chargée de l'entretien deslampes qui y brûlent nuit et jour. NOova-BEADA, importante par les mines d'argent exploitées dans ses environs; VRANA, par ses forges, ses fabriques de faux et d'armes.
C'est encore ici qu'il nous semble plus convenable de placer les petites Îles européennes que les derniers traités ont laissées.sous la domination ottomane; on peut les regarder comme des dépendances géographiques de la Romélie, ces iles sont: Tuasso (.Thassos des anciens Green et Thächos des Turks), qui n'offre rien de rcmar-
Tree MES à acer metal . cs
. Sr ess ER
quable, à l'exception de ses beaux marbres dont on ne fait aucun usage. Sanotanan: (Samothrace des anciens Grecs et Semenderek des Turks), si déchue de nos jours et si renommée dans toute l'antiquité par les mystères qu'on y célébrait en l'honneur des dieux Cabires, et auxquels les plus grands person étrangers em t de ne faire initier; le temple con à ces dieux était un asile sacré et inviolable. C'est dans celle die qu'a été découvert le célèbre bas-relief d’A- N, conservé à Paris au Louvre et répu-
gamemno té l'un des plus anciens monumens de l'art grec.
Iunno (/mbros des anciens Grecs et Imruus des Turks), moins déchue que la précédente,et comme elle consacrée anciennement aux dieux Cabires. Linno ou Sralmens (Lemnos des anciens et Limno ou Limni des Turks), la plus importante de ce groupe. Lemno (rina des anciens), petite villé avec un port, une citadelle et environ 1000 habitans, en est le chef-lieu; on y construit
des navires marchands. Cette ile offrait autrefois un des quatre fameux /abyrinthes de antiquité, remarquable surtout par ses 150 colon-
nes, qui selon Pline pouvaient être facileinent mises en mouvement sur leurs pivots malgré leurs énormes dimensions. La terre sigillée, qu’on extrait encore aves de grandes cérémonies des collines au nord-ouest de l'ile, et qu'on vend pour le compte du gouvernement, a beaucoup perdu de sa célébrité depuis que la médecine moderne a réduit à leur juste valeur les propriétés extraordinaires que l'ignorance et la superstition lui avaient attribuées.
Les villes principales de la THESSALIE sont: f
LanissE (Larissa des anciens ; enischehr des Turks), assez grande ville, située sur les bords de la Salampria, presque au centre de cette province, qui avant la dernière guerre était une des contrées les plus florissantes de la Turquie. Une population qu’on portait à 30,000 Ames, plusieurs fabriques de coton, de soie, de maroquin et de tabac, et surtout ses fameuses teintureries en rouge lui assignaient une place distinguée parmi les principales villes de l' empire. Toutes les grandes routes de la Thessalie y aboutissent, et contribuent à la rendre le centre d’un commerce étendu. Larisse est le siège d’un archevèché grec. Son pont de 10 arches parait etre la construction la plus. remarquable qui mérite d’être mentionnée,
Dans un rayon de 27 milles on trouve : TRICALA (Tirhala), ville de médiocre étendue, importante par son château, par sa population estimée à 12,000 âmes, et parce qu'elle est la résidence du vacha qui gouverne cette province, et d’un archevèque grec. Dans ses environs sont situés les défiles du canton d'Agraſa, susceptibles d'une longue défense: ils conduisent dans la Basse-Al-
banie ou Epire; et les Météoratles hautslieux), série de monastères situés sur des pics escarpés ctisolés, où l'on ne monte que dans des corbeilles suspendues à des cordes: ces retraites extraordinaires sont des cavernes naturelles ou des chambres taillées dans le roc; aujourd’hui on ne compte que dix de ces couvens.
Touanavos, petite ville, renommée par la fabrication de ces étoffes légères , tissues de coton et de soie, connues dans le commerce européen sous le nom de bourres de la Grèce. Auszra- An, dans la vallée de Tempé, gros bourg auquel on accordait son habitans, dont la plupart étaient occupés à Ia fabrication du fil de coton « rouge, regardé comme le plus beau de tout empire. Ban ou Bana Hassan, renommé per la meme industrie, mais habité presque exclusivement par des mahométans. PnansaLA (Sata/djé des Turks), à jamais mémorable par la victoire remportée par César sur Pompée, et encore assez importante par son industrie, son commerce, son siège grec épiscopal , et par sa population que les uns portaient à 6 et d'autres à 7000 âmes. Nous venons de décrire à la page précédente le Mont OLvxurs compris dans ce rayon.
Les autres villes les plus remarquables de la Tuessalle sont: ZaconA, gros village situé près de là mer, chef-lieu du canton de ce nom, naguère si florissant par la culture des vers à soie, qui lui rapportait annuellement des sommes tres chnsidérables; gouverné par ses propres lois, ce riche canton formait une espèce de république, qui ne reconnaissait que l'autorité de la sultane
* Validé, Voro, petite ville, remarquable par le
beau 1417 auquel elle donne le nom, mais qui n’a rien de l'importance de l’ancienne Demeiriade, station navale qui, avec Chalcis et Corinthe, était censée dominer la Grèce. Tiken, petite ville, avec un beau port à l'entrée du golfe de Volo; avant les derniers troubles c'était un des plus fréquentés de l’Archipel; on lui accordait audessus de 5000 Ames.
La BULGARIE et ses dépendances nous offrent les villes suivantes : .
Sopura (Triaditza des Bulgares), située entre l’Isker et la Nissava, et environnée de hautes mortagnes, grande ville, mal bâtie comme presque toutes les autres villes de la Turquie, résidence d’un métropolitain grec et d’un archevêque catholique. On la regardait comme le cheflieu du sandjak de son nom, et elle était censée la capitale de l’eyalet de Roum- Ili. Son commerce florissant était alimenté par plusieurs 0 rète de draps, de soie, de tabac et par de nombreuses tanneries. On lui accordait depuis 30 jusqu’à 50,000 habitans.
Dans un rayon de 40 milles on trouve: InrmAN (Ichleman), très petite ville, sur le grand chemiz de Constantinople; on commence à y monter le Balkan pour passer le fameux défilé nommé