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CDU SLATISULIQUE DB L'EUROPE.
Nous venons de parcourir tous les états ces notions que, depuis quelques années, de cette partie du monde; mais leur des- on trouve dans tous les traités de géogracription est incomplète , parce que le lec- phie même élémentaires et dans tous les teur ne connaît pas encore les élémens dictionnaires géographiques ; ces notions
ui, joints aux notions exposées dans les que de nos jours une foule d'auteurs re- C . précédens, lui ſournissent la vé- produisent sous mille fnrmes différentes, ritable mesure de l'étendue, des ressour- sont presque toutes erronées et ne sont jaces et des forces des états. La u tie, mais comparables. Leur acquisition supla u da absolue et la population pose trop de connaissances préliminaires relative, les revenus et la dette publi- et exige un si grand nombre de recherches que, les forces de terre et de mer sont spéciales, qu'il est très rare de trouver esbases principales de la géographie poli- ces deux conditions réunies dans des antique. Nous avons déjà signalé les bornes teurs étrangers à la statistique ou à la au-delà desquelles cesnotionsentrentdans géographie. De là vient cette étonnante le domaine exclusif de la statistique. Mais disparité d'opinions entre les géographes
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et les statisticiens, disparité qui a servi d'arme à D vif savans pour déprécier la première de ces deux sciences et méme ve accuser d'imperſection la
géographie
On doit s'étonner qu’ancun véritable statisticien, qu'aucun géographe à la hauteur de a science qu’il professe n’ait encore entrepris de défendre ces deux sciences d’aussi injustes attaques en signalant les sources des prétendues erreurs qu’on leur attribue. La population, les revenus, les dettes, les forces de terre et de mer d’un état ne sont jamais stationnaires : ces élémens de la 79 5 et de la prospérité des nations subissent continuellement des changemens plus où moins considérables soit en plus soit en moins; ils doivent donc offrir des résultats différens à diverses époques, quelque rapprochées qu’on veuille les supposer. La superficie ellememe, qui, généralement parlant , n’est sujetie à des variations que par les transactions politiques d’état à état, pouvant être calculée de différentes inanières , offre par fois des résultats très différens.
Occupé depuis vingt-cinq ans de travaux géographiques et Hp „nous avons eu bien soù vent occasion d'analyser toutes les causes qui compliquent les calculs relatifs à l’appréciation de tous ces élémens,
et nous en avons fait le sujet de plusieurs
chapitres qui doivent être publiés dans le Tableau physique, moral et politique des cinq parties du monde, complément de Atlas ethnographique du globe. Nous empruntôns à cet ouvrage, dont la publication est retardée par des circonstances toutes particulières , plusieurs remarques, qui jetteront quelque jour sur un sujet environné encore de ténèbres épaisses, et qui nous donneront l’occasion de justifier les changemens que nous avons cru devoir apporter à la Balance politique du globe, dont nous avonsextrait le tableau statistique de! Europe et ceux que nous meltrons à la suite de la description des autres parties du monde. a
Dans la rédaction de tout tableau de statistique générale, deux conditions sont essentiellement nécessaires : la connaissance de documens exacts et la possession d clemens comparables. La première condition est très difficile à remplir, surtout lorsque les auteurs sont abandonnés à leurs propres moyens; la
seconde, qui offre les mêmes difficultés pour l'acquisition des matériaux, dépend, jusqu’à un certain point, du jugement et du soin de l’auteur. Nous avons déjà signalé les avantages immenses qu'offre le séjour de la capitale de la France à tous ceux qui s'occupent de recherches générales quel que soit leur sujet. Profitant de ſa position avantageuse où nous étions, nous avons entrepris la tâche difficile de remplir ces deux conditions dans la rédaetion de la Balance politique du globe. Laissant de côté les estimations données par les géographies même les plus estimées, c’est toujours dans les ouvrages spéciaux que nous avons puisé les documens que nous devions admettre dans le tableau, en remplissant les lacunes par les documens que nos relations avec un grand nombre de savans et d'hommes d’état, nous mettaient à même de nous procurer.
Devant agir sur des élémens parfois très hétérogènes et susceptibles de très grandes variations dans un court intervalle de temps, nous les avons tous réduits , pour ainsi dire, à la méme dénomination, en choisissant pour chaque état des élémens correspondans et en les portant tous à la même année. Sans cette précaution , toute comparaison devenait impossible, et toute conséquence, qu'on aurait voulu tirer des faits admis dans la Balance, aurait été illusoire pour ne pas dire erronée.
Resserré par l’espace , nous ne donnerons ici que quelques observations sur chacun des six élémens admis dans les tableaux statistiques des cinq parties du monde.
Dans ce chapitre nous mettons ensemble tout ce qui concerne les états qui, comme nous l'avons vu à la page 34, embrassent des pays compris dans le domaine de la statistique; nous réserverons pour le chapitre qui doit précéder le tableau statistique de l'Asie, toutes les autres remarques relatives aux contrées regardées encore comme étrangères au domaine de cette science.
SUPERFICIE, On s'accorde assez généralement à regarder la superficie d’un état comme le point de départ d’où le géogra-
he et le statisticien doivent commencer
eurs calculs relatifs à la mesure de. ses forces , de ses ressources et de son importance. En effet , les états d’une grande étendue ont la ressource d’un accroissement de population presque toujours
les calculs de M. Beaufort, que 18, 033 milles carrés anglais, correspondant à 11,025,120 sfafute acres anglais, tandis que selon d’autres estimations sa superficie serait de 30,370 milles carrés anglais on de 19,436,800 s/atute acres anglais ! Une différence aussi considérable nous ayant engagé äcalculer nous- meme la surface de l'Irlande sur la derniere carte publiée par M. Brué, nous l’avons trouvée de 24, 260 milles carrés de 60 au degré. Ayant prié nos savans amis MM. Nicollet et Brué de la mesurer , chacun séparément, les résultats de leurs calculs respectifs ont été
resque identiques entre eux et le nôtre.
ous ajouterons que ce dernier n'offre qu'une très petite différence avec l’estimalion donnée en 1827 par M. William Couling dans un document présenté au parlement anglais. Cet estimable ingénieur civil ne l’a obtenue qu’à la suite des longues et difficiles recherches qu'ii a faites depuis 1796 jusqu’à 1816, et depuis 1824 jusqu’à 1827, en : parcourant plus de 50,000 milles dans le Royaume-Uni pour déterminer la valeur de la plus grande partie du sol dans 106 comtés et une fraction assez considérable dans 11 autres. L'accord de ces quatre mesures différentes nous paraît ne plus laisser de doute sur la surface de l'Irlande, malgré l'étonnante disparité d'opinions que les statisticiens et les géographes étrangers et nationaux continuent à émettre sur l’étendue de cette ile.
La seconde source des différences vraiment énormes qu'offre l'évaluation de la Surface des états provient de la manière
fférente d'envisager leurs frontieres. & Lorsqu'on parle, dit M. de Humboldt , de Parea du Pérou ou de Pancienne capitania generale de Carccas, on peut mettre en doute si ces noms désignent seulement les pays dans les- 27 les Espagnols-Américains ont fait
és établissemens, et qui par conséquent dépendent de leur hiérarchie politique et religieuse, ou si l’on doit joindre aux pays gouvernés par ies blancs (par des corrégidors, des chefs de postes militaires et des missionnaires) , les forêts et les savannes en partie désertés et en partie habitées par des peuplades indigènes et libres. Souvent dans les cartes dessinées à Lima, on n’étend pas le territoire des intendances péruviennes les plus orientales (Tarma et Couzco) jusqu'aux fron-
tières du Grand-Parà et de Matiogrosso:
on nomme Pérou les seules parties soumises au régime des blancs (ierrus con- 2 » et l'on désigne le reste par es. dénominations vagues de pays inconnus, pays d'Indiens, pays de sauvages (paises desconocidos, comarca desierta, tierras de Indios bravos y infieles). Le Pérou entier en l’étendant jusqu’aux limites portugaises, a 41, 420 lieues marines carrées, tandis qu’en défaiquant les pays sauvages et inconnus, entre les frontières du Brésil et les rives orieataïes du Beni et de l’Ucayale, on ne trouve plus que 26,220 lieues carrées. Dans l’ancienne vice-royauté de Buénos-Ayres , appelée depuis les Efats-Unis du Rio de la Plata , les différences sont plus grandes encore. De même on peut donner au Brésil 257,000 Ou 118,000 lieues carrées, selon qu’on calcule toute la surface du pays depuis les côtes jusqu'aux rives du Marmore et du Javary, ou qu'on s’arrête au cours des flenves Parana et Araguay, en excluant de l’area du Brésil la majeure partie des provinces de Mattogrosso t de Parà, contrées dépeuplées qui ont pius du tiers de l’étendue de l’Europe.
II résulte de ces considérations qu'il ne faudrait pas etre surpris que des géographes qui calculeraient les surfaces vec une égale précision , et d’après des artes suffisamment bonnes, trouvassent Ces résultats qui différeraient entre eux d'un quart, d'un tiers et quelqueſois meme de Plus de la moitié. Convaincu de la nécessite d'adopter dans une géographie générale une méthode unique d’évaiuér les térritoires des différens états, afin d’avoir dés élémens comparables entre eux, dès l’annéé 1808 nous avons essayé de déterminer de cétté manière les surfaces de tous les principaux tate 4 notre Géographie par basti, Hsqu'en 1816 nous rédigions le Comendio, profitant des importans travaux domt i géographie s'était enrichie dans Pimtérséllé, nous avons répris nos calculs sur de meilleures cartes, ét nous avons en de plaisi voir que nos éÿalugtions , alors si dif rentes de celles dé la plupart des gé0gra phes, ont été confirmées par les calcuts faits depuis par M. de Humbel 757 déterminer 1 superficié des nouveaux états de l'Amérique. Nous nous horncrons à eiter notre évaluation de % devant Amérique-Portusaise, que ee ss a
uogrosso:
es souras conreste par as in- ‘pays de s, comarea vos y inſiendant jus- 1,420 lieues 1 défaiquant is, entre les es orientales trouve plus is l’ancienne res, appelée Rio de la plus grandes nner au Bréy carrées, serface du pays ives du Marn s'arrête au Araguay , en sil la majeure attogrosso ct s qui ont pius urope.
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trouvée presque identique à celle qu’il avaii obtenue de son travail avec M. Mathieu, quoique étont d’un quart plus forte que la superficie assignée par tons les géographes à cette vaste région. Nous avons même vu ce voyageur célèbre ado ter cette méthode, qui est la seule admissible dans l’état actuel de la science.
Si les Anglais, disions-nous en 1822 dans l’Bssai statistique sur le royaume de Portugal comparé aux autres élats de l'Europe , considèrent comme une dépendante de leur empire toute la partie du Continent Américain qui s'étend au nord du Canada et des Etats-Unis jusqu’à l’Océan-Glacial , quoique plus de 14 nn au de cet espace immense soient éserts ou habités par des popuiations indépendantes, pourquoi ne faudrait-il
pas en faire autant à l’égard des posses-
sions portugaises d’Afrique, dans interieur de laquelle cette nation à plusieurs établissemens plusou moins considérables et où plusieurs nations à moitié civilisées ou barbares sont réellement tributaires ou se reconnaissent vassales des Portugais, quoique un bien plus grand nombre en soient absolument indépendantes? Il faut en dire autant de l’Afrique Anglaise, des Amériques Anglaise, Danoise, Russe, Française et Néerlandaise. Les vastes territoires anglo-américains d’Arkansas et
„ du Nord-Ouest , qui ont été long-temps : pour ainsi dire sans frontières, et l’im-
mense territoire du Missouri dont on a détaché celui de la Colombie et de l’Oregan, ne sont encore habités que par des hordes barbares tout-à-fait indépendantes. Quelle comparaison peuvent faire le géographe et le statisticien si, en comprenant ces immenses espaces soumis de nom aux États-Unis et aux Anglais, ils en défalquaient d’autres semblables dans leurs évaluations relatives aux surfaces des nouvelles républiques de l'Amérique et de l’empire du Brésil ?
C’est encore à la différente manière de fixer les confins d’un état que l’on doit. attribuer la grande disparité qu’on remarquera entre quelques-unes de nos 2 et les surfaces correspon-
antes déterminées par Hassel et les
reux raphes qui ont adopté es culs. Appliquant le principe adopté pour les états de l'Amérique aux états des autres parties du monde, nous #vons réuni par exemple au territoire du kha-
STATISTIQUE DE L'EUROPE. 600
nat de Khiwa, les vastes steppe? parcourues par les hordes nomades qui en sont vassales. Voilà Ve ph pre nous avons porté la superficie de cet état à 110,000 milles carrés , lorsque M. Hassel ne lui donne que 300 milles carrés allemands on 4800 milles carrés géographiques de 6v au degré. II faut en dire autant de l’évaluation du triumvirat du Sind par M. Hamilton; ce géographe n’estime £a superficie qu’à 17,856 milles géographiques, parce qu'il en exclut le désert de Koutch, tandis que Hassel, qui en comprend la moitié, le porte à 39,712 milles carrés.
Nous lui en avons assigné 40,000.
La s:anière différente de considérer les pays quiont des liaisons politiques plus ou moins étroites avec les souverains de certains états, est une autre source féconde d'évaluations très différentes, non-seulement sous le N de l'étendue de ces derniers, mais aussi sous celui de leur population, de leurs revenus et de leurs forces. C'est ainsi que plusieurs géographes et quelques statisticiens ne tenant aucun compte des changemens arrivés dans les rapports des Etats Barbaresques avec l’empire Ottoman, continuant à les regarder comme une de ses dépendances , augmentent considérablement la superficie de cet empire.
Tout en signalant les faibles rapports que les chefs de ces états conservent encore avec le grand-seigneur , nous avons regardé les pays qui leur sontsoum ; comme des états entièrement indépendans. Nos calculs relatifs à l'empire Otioman doivent donc offrir des différences énormes comparés aux calculs correspondans faits par des auteurs qui regardent ces mêmes états comme des parties de l’empire Ottoman. Nous avons cu le plaisir de voir M. Gräberg de Hemsô partager notre manière de voir. En rendant compte dans l’Antologia di Firenze de l'essai statistique que nous avons publié il y a plusieurs années sur l’Empire Russe comparé aux principaux états du monde, ce savant rappela au lecteur que les Etats Barbaresques ne dépendent plus du grandseigneur ; ta ne le regardent que comme chef de la religion, mais que du reste ils ne lui fournissent ni vaisseaux de guerre, ni soldats, nitribut. L'opinion de M. Graberg est ici d'un grand poids, parce que cet auteur réunit à la vaste érudition qui la mis au premier rang