DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AFRIQUE D'APRÈS LES LANGUES
La RÉGION DU NIL offre les familles ou souches
pobrpes de toutes formes, des madrépores ceignent les côtes de l'Afrique. Sur le rivage dans les plus interesse n? ans dresser un long cata- la Méditerranée se pêche le vrai coraif, si relogue. Ils varient . genres suivant les lieux ,les cherché pour les bijoux de fantaisie dans tout “O.
ues, et par conséquent sont rient. La mer Rouge est hérissée de ces coraux si intéressans pour le naturaliste, mais si redoula-
nous nous bornerons à mentionner dans chacune des grandes régions entre lesuelles nous avons partagé cette partie principaux, en les frique s'élève classant d’après les différentes langues qu’ils parlent. L'Aflas ethnographique du Globe sera encore notre seul guide; à qui représente la car au milieu de quelques dénominations e
rfois étranges,
. ans les deseripes autres parties tions de l’Afrique les plus récentes, aucun fait nouveau assez important pour
nous obliger à changer ou même à morapport de la surface, de la population difier les classifications que nous y absolue et de la population relative, comme avons proposées. Seulement nous avons rempli ici une partie des lacunes que l’im-
jetant un coup-d’æil sur le tablean que perfection de l’ethnographie nous avait
page 37. obligé de laisser subsister dans l' Atlas
elques faits que le, faits qui d’ailleurs concordent presque entièrement avec les renseignemens que nous avons recueillis à Lisbonne sur les langues parlées dans l'Afrique Portugaise.
FAuILLE NuBIENNE : les Nouba et les Kenouz (Kenous) dans fa Nubie. Plusieurs milliers de Kenouz vivent dans les principales villes de l'É- Sypte, où ils sont connus sous les noms impropres de Barbary, Berbers ou Barabra, Ce sont les traits de ce peuple que, selon M. Cham · pollion et d’autres savans, on rencontre dans les monumens qui représentent les anciens
1 FamiLze TROGLODYTIQUE : les Bichariens, les Hadendoa, les Hammadeh, les Amarer, ete.; les Adarebs, dont les Bartoum paraissent être la tribu la moins civilisée , mais en même temps la plus puissante ; les I babdes, confondus à tort avec les Arabes bédouins, Tous ces peuples occupent la partie de la Nubie située à l’est du Nil.
Faun ii, Scnimo-DanxaLi: les Schiho (Shiho) pro-
prement dits ; ils habitent près du passage d A.souali: el les Mazorla, près de celui de Taranta dans l'Abyssinie; les Danakil, 7 nomade
erre le long de la côte, depuis le Bab - el Man-
jusqu'à Arkiko; on regarde les Dumhoeta comme sa tribu la pa puissante; les Ædalel occupent le pays situé entre le Bab-el-Mandeb et les environs de Zeyla.
Les Cuxrouns (Schilouks), connus dussi sous les noms de Nouba ou Fongi, le long du haut BabrekAbiad et dans le royaume de Sennaar, dont ils étaient la nation dominante avant la récente invasion des Ottomans.
Les Tousasr-Acow , dans le centre de PAbyssinie; ils sont braves et bons cavaliers.
Les Founisnxs, 401 forment la masse principale de la RES u Dar Four.
La REGION DE L'ATLAS n'offre qu'une seule famille, à laquelle appartiennent tous ceux de ses * qu'on peut regarder comme indigènes; c’ à
FAMILLE ATLANTIQUE : les Ama, dits improprement Berber ou Berebber, et nommés aussi Schila(Shulub), Qobayi(Guebalys),etc.; ils occupent les hautes vallées de l'Atlas et une partie des plaines dans l'empire de Maroc, dans le ci-devant état d Alger et dans celui de Tunis; ils sont partages en beaucoup de tribus, dont plusieurs son: entièrement indépendantes.Les Touaryks(Tuaricks), nation nombreuse et guerrière répandue sur toute la partie moyenne du Sahara; les Tibdos, qui oceupent 2 toute la partie orientale du Sahara ; les habitans de Suan et d'Aud- Jelah zles Chellouhs (Shelluhs), dans la partie méridionale de” dire de Maroc, où ils vivent presque tous régis par des chefs indépendans.
La REGION DES NÈGRES ou la NIGRITIE présente les familles ou souches suivantes :
Les Vorors ou Iorors, qui ont la réputation d'être les plus beaux et les plusnoirs detous les Nègres; ils possèdent les royaumes de Bourb-lolof, de Cayor et de Baol, et ils forment la masse principale de la population de ceux de Bondou , du Bas- Yanietde Salum.
Faun MANDiNGo : les e nation puissante, assez policée et assez industrieuse, entre les mains de laquelle se trouve presque tout le commerce de For et de l'ivoire, et qui faisait naguère presque tout celui des esclaves. Outre le vaste territoire entre la Gambie et le Geba et le pays côtier arrosé par le Kissi (Kissee), les Mandiagos possèdent dans la Sénégambie les royaumes de Bambouk, de Kasson, de Kaarta, de Barra, de Kollar, de Badibou, du Haut-Yani, du Oulli ou Woulli, le Dentilia et le Kabou; dans la partie occidentale de la Nigritie-Centrale (le Soudan- Oecidental de nos cartes), les Mandingossont la nation la plus nombreuse du ci-devantempire de
Bambara, dont ils ‘étaient le peuple dominant
avant son partage ;ils possèdent aussi le Kankan, le Sambatikilia, le Time et autres pays. Les Sousou, nation assez civilisée, qui oceupe la côte de la Nigritie-Occidentale (Sénégambie ) comprise entre le Rio Nuñez et le Kissi, ainsi que d'autres parties de cette contrée.
Les FouLans ou FELLATAR, dit, aussi Foulans,
Fellans, Poules, elc., naliontrès nombreuse et tres puissante , répandue dans presque tous les états el tree en (Sénégambie) , où elle Fouts-Toro , le royaum: de Bondou , le Fouta-Djslo (Fouta- ), le Fouladou etle Brouko; dansia n de nos cartes), elle occupe le Ouasselon, le San-
gara et autres contrées, ainsi que le vaste empire des Fellans ou Fellatah sur lequel règne Bello.
Les Dsazonxés, qui forment une partie considérable de la population du Fouta-Djalo (Fouta- Djalon), du Kouronia, du Baleya, du Firia, du Sangara, du Soulimana , du Bouré,
Les Kissouns, dans le royaume de Tombouctou, dans la Nigritie-Centrale (Soudan).
Les KaLanNAs, dans le royaume de Kalanna, dans la Nigritie-Centrale.
Faun Haoussa : les Haoussas, qui composent la masse principale de la population des provinces éu Cachenah, Gouber, Kano, Doury et autres du Haoussa, vaste contrée qui forme le noyau de l'empire de Fellans ou Fellatah.
Les YanniBan: , qui sont la nation dominante dans le vaste royaume de Yarriba.
Les Manpanas, dans le royaume de Mandars, ans la Nigritie-Centrale (Soudan).
es Bacueauaus et les Mossas, qui sont les nations dominantes des deux royaumes de Bagher- 2 et de Mobba dans la Nigritie-Centrale (Sou-
Fan Bonnouans : les Bornouans, qui forment la masse principale de la population du Bornou proprement dit, et de quelques autres districts aujourd'hui séparésde l'empire de Bornou.
Les Timwanies, établis depuis l'embouchure du Grand-Scarcie jusqu'au cap Shilling ; c'est sur leur territoire que se trouve la colonie anglaise de Sierra-Leone.
Les BouLuau, au sud-est des précédens, le long de la côte jusqu'aux frontières du royaume de Cap-Monte, et répandus très avant dans l'intérieur et sur les iles voisines.
FAMILLE ACHANTIE : les Achantis (Ashantees), nation dominante dans l'empire d'Achanti, et les peuples établis dans la plupart des royaumes qui en sont tributaires ou vassaux.
Fami Dacoumsa : les Dagoumbas dans le
: royaume de Dagoumba (Dagwumba), vassal de
l'empire d Achantie.
Les Axxras ou Ixxnans, dans le royaume de ce nom ; ils sont tributaires des Achanties.
Les Kennapies (Kerrapees), nation assez nombreuse, partagée entre plusieurs petits états presque tous tributaires des Achanties.
FAMILLE Annan: les Dahomers, dans le royaume de Dahomey proprement dit, dont ils sont la nation dominante; les Judahs, dans le royaume de Judah, tributaire de celui de Dahomey; les Ardrahs, dans le royaume d'Ardrah, tributaire de celui de Varriba; les Benins, dans la plus grande partie du vaste royaume de Benin, dont ils sont la nation dominante.
Fault Kavyui : les Kaylis (Kaylces) et les Gun · goumes, dans les royaumes de Kayli et de Gungoume dans l'intérieur de la côte de Gabon.
Bouré.
me de Tombouctou, oudan).
me de Kalanna, dans
sas, qui composent
)pulation des provin- Kano, Doury et au-
te qui forme le noyau
ellatah.
ation dominante dans
yaume de Mandars , 0 sont les na- AG, qu
royaumes de Bagherigritie-Centrale (Sou-
Bornouans, qui fordela population du et de quelques autres és de l'empire de Bor-
puis r du Shilling; c'est sur 2 la colonie anglaise
des précédens, le long tières du royaume de très avant dans l'inté-
bs.
4chantis (Ashantees), l'empire d'Achanti , et la plupart des royaus ou vassaux. | Dagoumbas dans le Dagwumba), vassal de
ans le royaume de ce des Achanties. Lu nation asse 1 Susieurs petits états ee N Mien omeys, dans le - Rent dit, dont ils sont udahs, dans le royaude celui de Dahomey ; aume d Ardrah, tribu- ; les Benins, dans la te royaume de Benin, minante. se (Kaylees et les Gun es de Kayli et de Gunla côte de Gabon.
rann Conco : les habitans du Congo proprement dit, du Sogno (Sabo), de Cacongo, du u Mayumba, Drome. etc. , qui laague congo ; dont la chutes cs de 'abounds ei a ua de la congo. M. Douville nous représente le Sala comme un des plus puissans états de cette partie de l'Afrique ; nous ajouterons qu'il correspond à l'Anzico et au Micoco des ns vo et de nos cartes. Les Molouans, dont le vaste royaume nous parait être la puissance indigène prépondérante de toute l'Afrique au sud de “equateur; les habitans du Moucangama, du Muchingi, du Humé, du Cassange, du Cutalo, du Ginga, du Holo-ho, du Ballundo, du Bihé et ceux du royaume d' Ingold soumis aux Portugais ; tous ces les parlent des dialectes de la langue abaunda. M. Douville regarde les Molouas comme la souche de cette grande branche de la famille Congo; il les range avec les Bihé au premier rang parmi les Nègres par leur intelligence et leur industrie.
FauiLcs Bencugea : les habitans du Benguela, soumis aux Portugais; ceux du Quisama, du Libolo, du Quigné, du Nano, du Humbé, du Monganguela et autres pays; ces peuples, selon M. Douville, partent des dialectes ou des langues qui appartiennent à cette famille.
La REGION DE L'AFRIQUE-AUSTRALE offre les familles ou souches suivantes :
FamiILue Carne : les Koussas, les Tambouki et les Mamboukki, dans la Cafrerie Maritime; les Beljouanas subdivisés en Briquas, Tammahas, Barrolongs, les Macquinis , les Morolongs et les Gokas, dans la Cafrerie Intérieure,
Faun Hotrentorte : les Coranas , les Gonaaquas, les Namaaquas , les Dammaras et autres peuples, qui sont les Holtentota proprement dits; ils demeurent dans la colonie du Cap-de- Bonne -E spErau ee et dans la Hottentotie-Indépendante. Les Saab: ‘sis communément Zosjemanns; c’est le peuple le plus sauvage et le plus abruti de l'Afrique Australe; il erre sur les frontières septentrionales de la colonie du Cap.
La REGION DE L’AFRIQUE-ORIENTALE offre les famiftes ou souches suivantes, dont plusieurs cependant apparüen: ant aussi, par la position du vaste terriloire qu’ciles occupent’, à la Région du Nil, comme les Gallas, et à la Région des Nègres, comme les Vineanal et les Gingiros.
Faux Monoworapa : les Mongas, qui demeu-
rent aux environs de Sena, dans l'Afrique Orien-
tale Portugaise ; les Bororo, entre Sena et Tete; les Movizas: les Maravi, qui sont actuellement la nation la plus puissante du ci-devañt empire du Monomotapa, les Macouas, peuple nègre très puissant, qui vit à l'ouest de Mozambique, le long de la côte de ce nom et dans l'intérieur;
il paraît s'étendre au nord jusqu'aux environs de
Melinde, et au sud jusqu’à l'embouchure du Zam-
bèze. Les Monjous , une des nations nègres les
plus laides; ils vivent dans l’intérieur à côté des
Macouasméridionaux. Les Sowalelou Sowauli,
nalion nègre très puissante , répandue le long de
GEOGRAPHIE POLITIQUE
puissante et célèbre par ses incursions et ses dans une grande partie du 4. 1 aaf empire CA
as ue em 1 byssinie; Galles ve ett tout
linde et à Quiloa.
* 8 long de la N Mr repanus dans l’intérieur du grand forme cette rtie de l'Afrique, et dont le cap ardafoui peut être regardé comme le sommet.
Les Gincinos qui habitent le royaume de Giagiro, que d'anciennes relations placent au sud des montagnes de l’Abyssinie et sur les gives du Zebi.
Les Nixeanaï qui occupent le pays de Bomba.
Cette identité de nom, combinée avec la position que lui assigne M. Douville, nous paraissent être des motifs assez forts pour nous engager à regarder ce pays comme identique avee ſe Mani-emougi, zur lequel les pluscélèbres géographes n'ont proposé jusqu'à présent que des doutes ou des conjectures. C'est le Molenemugt de Battel et le pays des Niemiemay de Dapper.
Outre ces peuples qu'on peut regarder comme indigènes de cette partie du monde, l'Afrique en possède plusieurs autres qui, à différentes épo-
ues, s’y sont etablis, et dont quelques-uns sont
evenus même très nombreux et puissans. C'est ainsi que les peuples de l’Abyssinie qui parlentles langues gMeez ou ligré dans le royaume de Tigré, el amhara, dans les royaumes d'Amhars, d'Ankober, d'Augote, dans Ia province de Lasta et autres, aprartiennent incontestablement à la souche Sturriour et paraissent s'y être fixés bien avant les temps historiques. Les Arubes, à une époque très ancienne, et plu. tard, pendant les grandes conquêtes des premiers successeurs de
Mahomet, envahirent la Région du Nil et celle du Maghreb (Sahara-Atlas) et de là se répandirent dans la Nigritie (Soudan), où on les trouve en grand nombre; dans la suite des temps, ils sont parvenus à introduire exclusivement leur langue dans plusieurs contrées, telles que l'Egypte, une
grande partie de la Nubie, surtout le long du Nil
dans les pays de Chendy, de Damer, de Scheygya, etc., dans toutesles villes des Etats Barbaresques, dans une grande partie des campagnes qui les enviroanent et dans la partie occideniaie du Sahara; cette nation s'est aus établie dans quelques états de la Nigritie-Oceidentale (Sénégambie)et dans plusicurs états de la Nigritie-Centrale (Soudan), tels que le Dar-Four, le Mobba, le Baghermeh, l'empire de Bornou et meme de l'empire des Fellans; on rencontre encore des Arabes sur presqus toute la Côte-Orientale , dans
les lies qui en sont voisines, dans le groupe des 2 Arr.
r. Plus mania, qu ep naent à la soucax asiatique Tuaque , se sont établis comme nation dominante dans la partie inférieure de la Région du Nil et dans les régences & Alger, de Tunis et de Tripoli dans la Région du Maghreb.
Les Madecasses ou Malgaches, qui forment la grande masse de la population de l'ile de Madagascar; ils appartiennent incontestablement à la 28 soucus Marat que nous verrons répan-
ue d'un bout à l'autre de l'Océanie; mais leur arrivée dans celle ile est antérieure aux temps
Aero. Le FéÉTicuisme est la religion du plus grand nombre des habitans de l'Afrique , puisque c’est la religion que professent encore presque tous les Nègres, quelques peuplades de la famille Atlantique et presque tous les indigènes de Madagascam Ces nations abruties, qui voient dans les objets les plus communs qui les environnent des sujets de leur adoration, paraissent généralement admettre un bon et un mauvais principe ; ils ont des jours heureux et malheureux ; leurs prêtres sont des jongleurs adroits qui prétendent préserver les hommes et les animaux de l'influence des mauvais esprits. Quelques-uns de ces peuples ont un fétiche national et su-
e : les Ouidah ou Widah, par exemple, adorent le serpent; un ordre de pretres et des jeunes filles sont destinés à servir ce monstre dans une espèce de temple, où il est somptueusement nourri. Les féroces Bissagos adorent le coq ; les Benin, qui regardent leur propré ombre comme un fétiche, ont pour dole principale , outre leur roi, un le-
zard. Le fétiche principal des Achanties
est le fleuve Tando ; celui des habitans du Dankas, le fleuve Cobi, tandis que le Rio-Volla ou Adirray (Adieri) l’est des habitans d'Odent'e. Dans l’Akkra, la hyène, à Dixcove et Anamabou, l’alli-
ator, à Ussue, le chakal, et dans toute ’Achantie, le vautour, sont adorés comme des divinités. L’iguana est le grand fétiche de Bonny et le requin celui des Calabars, tandis que celui des Dahomey est tantôt un leopard et tantôt une panthére, auxquels on immole tous les ans des victimes humaines. Les nègres qui habitent près des cataractes de la Bousempra sur la côte d'Or, révèrent ces cascades comme leur idole su-
historiques. Nous indiquerons ailleurs les priu pe pe entre lesquels cette nombreuse ns
partagée.
L'Europe, depuis les Grecs et les Romains, en- — à 1 des grandes 8 gto- 2 3 ors nos jours, a rt ses E l'Afrique : les Po le, les Espagnols et les Français qu appartiennent à la soucus Gatco-Larins; et les Anglais, les Hollandais, les Danois et le.
Anglo-Américains qui sont compris dans la FAMILLE GERMANIQUE , sont les seuls * mes eu-
ropéens ou d'origine européenne qui possèdent des établissemens en Afrique.
preme; et les + qui demeurent près des sources du Nil en Abyssinie, sacrifient depuis un temps immémorial au génie de ce fleuve. Les récits du Maure Sydy Hamed nous représentent les habitans de Wassenah adorant la lune, ainsi que plusieurs peuplades de la Nubie et d’autres erte la Région du Nil et de l’Afrique-Intérieure; ceux des environs du cap Mesurado, en Guinée, adorent le soleil. Des arbres , des pierres, la lune et quelques astres sont les objets du culte des féroces et puissans Gallas. Quelquefois les Nègres se font des idoles à face humaine; et le capitaine Tuckey et le docteur Smith furent surpris de voir ces idoles avoir, sur les bords du Zaïre dans l’intérieur de l’Afrique, des figures européennes et ressembler aux Egyptiens, ou plutôt aux antiques figures des Etrusques. Les Betouanas ont une espèce de pontife qui est a 1 la plus importante après le roi. A Dagoumba il y a un oracle très renommé, ce qui rend cette ville de la Guinée-Intérieure l’entrepôt d’un grand commerce. Les Jagas de Batlel qui, d’arès ce que nous avons dit ailleurs , taient purement des nations appartenant à la famille congo, commandées par des chefs portant le titre de Jagas , avaient un grand-prètre qu’ils nommaient Chitome ; ils le révéraient comme les Kalmuks et les Tibetains adorent le Dalailama; ce pontife demeurait dans un pays réputé saint et près d’un temple où l’on entretenait toujours un feu sacré avec le plus grand soin. La religion du royaume de Magadocho parait être un melange de mahométisme et de paganisme.
L'idolâtrie, mélée avec quelques notions sur des bons et des mauvais anges empruntées aux Arabes, parait former les
1 ailleurs des prin ls cette nombreuse
t les Romains, enes découvertes géossqu'à nos jours, a sas à l'Afrique : les
et 7 J néco-Larins; et les les Danois et les at compris dans la es seuls peuples eufenne qui possèdent À
, qui demeurent l en Abyssinie mps immémoria , Les récits du ous représentent mah adorant la urs peuplades de tres de la Région Intérieure; ceux esurado, en Gui- Des arbres , des quelques astres te des féroces et quefois les Nègres 100 humaine ; et e docteur Smith ces idoles avoir, e dans l’intérieur s européennes et ns, ou plutôt aux usques. Les Betde pontife qui est hportante après le a un oracle très cette ville de la t d’un grand e Batiel qui, d'aons dit ailleurs , ations appartenant nmandées par des e Jagas, avaient nommaient Chicomme les Kaladorent le Dalairait dans un pays ’un temple où l’on n feu re avec le igion du royaume être un mange de paganisme.
quelques notions nauvais anges emparait former les
différentes croyances religienses des peules de pme or A Noki, dans le oango, on voit un me/ange monstrueux de christianisme et de fétichisme.
Nous ajouterons ici quelques faits curieux que nous devons à M. Douville.
Selon ce vo, ur, les Cassange, les Molouas, les — 1 15 1 gama et autres peuples de la tie- Australe réunissent, comme tant d'autres nations de la Nigritie - Centrale, aux superstitions de l’idolâtrie, l’horrible pratique des sacrifices humains, et ce qui est encore plus extraordinaire, quoiue très hospitaliers et d’un caractère oux, ces peuples sont an- ophages.
Cette bizarrerie atroce est chez eux ia conséquence d’une croyance religieuse.
Nous avons vu à la page 724 qu’une surstition à-peu-près semblable engage es Bhinderwas à tuer et à dévorer leurs parens malades ou les vieillards infirmes; nous verrons plus loin que chez les Battas, une des nations les plus policées de l'Océanie, l'an hagie est recommandée par leur code criminel, A quels horribles travers d'esprit n'est pas exposé l’homme lorsqu'il est abandonné à lui-méme! Chez les peuples du Con ue nous venons de nommer , les sacrices humains, dit M. Douville, n’ont lieu qu’à l’occasion de l'avènement d'un souverain ou à celle de quelque grande maladie épidémique. La victime est toujours choisie hors du gs et autant que possible à une grande distance du lieu du sacrifice ; elle doit etre un jeune homme ou une jeune fille, et doit ignorer le sort qui l’attend jusqu’au moment d' etre immolée. La peine de mort attend irre vocablement celui qui le lui révélerait. Dans l'intervalle on en prend le plus grand soin et on tâche meme de l’engraisser par tous les moyens possibles. moment fatal arrivé, on la tue subitement au milieu de la plus grande solennité et en présence du roi , des nobles et de tout le peuple convoqué dans ce but. Son corps est ordinairement coupé en quatre parties et ee immédiatement pour être distribué aux assistans selon leur rang, et mangé sur-le-champ.
La RELIGION MAROMÉTANE est après l'idolâtrie celle qui compte le plus grand nombre de disciples. Elle est dominante dans tous les grands.états de la Région du Maghreb ; dans la meil'eure portion de
GEOGRAPHIE POLITIQUE 841
—ͤ— — ꝓö G ü æoõ— — —
la Région du Nil, c’est-à-dire l'Egypte, — jus RES SE : s
a Troglody tique, quoique dans cette der- Br coté D ami in
otmétans peu etque n'aient ni prètres ni mosquées. I. Islamisme est aussi la religion que proſessent les habitans de plusieurs états de la Côte-Orientale et une grande partie de la population de l'empire de Bornou, du
Dar-Four, du Mobba, du hermeh , de l'empire des Fellans ou Fellatah , des royaumes de Ten-Boktoue (Tombouctou), du Bas-Bambara , du pays des Dirimans et autres contrées de la Nigriuie-Centrale (Soudan). Les Foulahs du Fouta-Toro et du Fouta-Djalo , presque tous les Mandingos et les Sousous sont non-seulement mahométans , mais le sont meme avec beaucoup de fanatisme. Les Mandingos ont propagé l’islamisme jusqu’à Sierra-Leone d’un côté, et de l’autre jusqu’à Dahomey.
Il faut cependant faire remarquer que tes Mandingos du Dentilia sont encore idoldtres, ainsi que la grande masse des habitans des pays où ils ne sont que la nation dominante ; et que les Foulahs du Ouasselo (Ouasseilon) et du Sangarari sont encore palens. La plupart des habitans du royaume de Cayor dans la Sénégambie professent l’islamisme , tandis
ue la famille royale est encore idolâtre,
‘un autre côté la masse de la population du royaume de Dagoumba (Degwumba) adore les féfiches ; mais le roi et les
dot ir personnages de sa cour suivent es préceptes du Coran; enfin, un petit temple en pierres, qui peut-être existe non loin du lac Djébou (Dibbie) dans la Nigritie-Centrale Soudan) remplace pour une partie des mahométans de l’Afrique, le fameux pélérinage de la Mecque.
Le CHRISTIANISME compte un assez grand nombre de eroyans, mais ils sont partagés entre différentes églises. Appartiennent à l’Eglise Grecque ou Orientale tous les Coptes: où Monophysiles de l’Abyssinie , où ils forment a grande masse dela population, et presque tous les 80,000 individus Coptes qui, selon M. Scholz, vivent actuellement dans l'Egypte. Mais nous rappellerons que le Christianisme des Abyssins est mélé à beaucoup de pratiques et de superstitions , restes du paganisme. Le serpent est chez eux en grande vénération, et selon Pearce, celui qui tue un
de ces reptiles sacrés est puni de mort.
Vient ensuite l’Bglise Catholique, à laquelle sont attachés les habitans de l’Afrique-Espagnole, un nombre assez considérable de ceux qui vivent dans l’Afrique-Portugaise et Française , et quelques Co en Egypte. Une partie de ceux qui demeurent dans les colonies Anglaises, Danoises, Hollandaises et Anglo-Américaines de l'Afrique, appartiennent aux Bglis es Luthérienneet Calviniste. :
Le Jupaisme est professé par un grand nombre d’Israélites répandus dans les Etats Barbaresques , dans l’Afrique-Ottomane et l’Abyssinie.
Le Madisuz compte quelques Gres établis à Mosambique, où ils font les plus importantes affaires commerciales.
aouvanxamenr, Toutes les formes de gouvernement avec leurs nuances différentes se trouvent en Afrique. Le petit état arabe de Damer, dans la Nubie, offre une fhéocratie monar chique; le Fouta- Toro et le Fouta-Djalo (Fouta-Djalon) , dans la Nigritie-Occidentale (Sénégambie), offredes théocraties oligurohigues, et le nouveau royaume de Sous, dans la région du Maghreb, une oligarchie féodale.
Nous ajouterons que l’islamisme adopté par les populations noires les pousse à renverser leurs monarchies absolues et guerrières , pour leur substituer des gouvernemens théocratiques avec des formes oligarchiques. L'empire de Bornou présente la singularité d'un ein guerrier , qui est le véritable souverain, et d’un sultan, qui jouit des honneurs attachés au trône, mais dont l'autorité est nulle ; c’est à-peu- près ce que nous avons vu au Japon. Le gouvernement de Maroc, de Benin, du Yarriba, du Bourblolof, de Bondou, du Dar-Four, de l’empire des Fellans et d’un grand nombre d’autres pays est despotique. Le royaume de Dahomey gémit même sous un despotisme comme on en trouve peu d'exem ples sur le globe: tous les premier-nés mâles ere au roi, qui les ſait élever publiquement; ce monarque a même le monopole de toutes. les femmes de son royaume, et chaque nègre qui veut se marier doit lui payer 20,000 cauris pour recevoir une épouse. Le roi de Moropua est peut être Le plus absolu de tous
les monarques de la terre, puisqu’il pres crit à ses sujets même le temps pendant
lequel ils doivent s’amuser. Plusieurs souverains de la Guinée et celui de Ginro dans l’Afrique-Orientale exercentsur
eurs sujets le pouvoir le pe absolu ; pour satisfaire leur cupidité, ils envoient «leurs satellites voler des hom mes dans les habitations qu'il leur
lait de choisir, et livrent ensuite ces intortunés aux marchands en échaize des objets qu’ils veulent acheter. Les peuples de l’Abyssinie, les Ovas (Hovas), les Antancayes, les Seclaves et autres de race malaisienne, à Madagascar, gémissent sous le double joug du despotisme et du régime féodal. Dans cette lle, comme dans la Polynésie, le droit de tuer certains animaux et de manger certaines viandes est réservé aux classes supérieures. Nous rappellerons même, que les Guanches des Canaries étaient jadis opprimés par le gouvernement féodal le plus tyrannique ; leurs achimenceys ou nobles étaient les seuls qui eussent le droit de posséder des terres.
Le sultan du Mobba ou Saley, dans la Nigritie-Centrale (Soudan). et celui d’Anjouan, dans l'archipel de Madagascar, ne jouissent que d’une autoritétres bornée Dans le Bambouk et en beaucoup d'endroits le long des côtes de la Guinée, les principaux chefs des villages forment , à côté d’un monarque électif , des aristocraties turbulentes et désastrenses, Le puissant royaume d’Achanti offre une monarchie mélangée d'aristocratie, dont le pouvoir suprême réside entre les mains d'un roi, de quatre cheſs et de l’assëmblée des capitaines. Le gouvernement de Sennaar avant les derniers évènemens était absolu, quoiqu’un conseil des grands de l’état eût le droit de déposer le roi et
meme de le condamner à mort. Le gou-
vernement des Mandingos du plateau de la Sénégambie est républicain , tandis que dans leurscolonies il est arisfocratique, et dans leurs pays conquis il est monarchique limité par nn conseil de vieillards. Les Sousous forment une sorte de confédération républicaine, remarquable par le pourrah, association secrète , semblable au éribunal vehmique du moyen âge, et destiné à maintenir l’ordre et la justice; cette singulière institution ressemble beaucoup au bellipaaro des Sokkos. Les üorissantes villes de Cavally et de Lahou, sur la côte de l’Ivoire , celle de Bonny sur la côte des
’amuser. Plusieurs née et celui de Ginrientale exercentsur dir le oe absolu; cupidité, ils enes voler des hom itations qu'il leur livrent ensuite ces hands en échaïise ant acheter. Les peules Ovas (Hovas), les wes et autres de race agascar, gémissent ju despotisme et du s cette ile, comme à droit de tuer cer- > manger certaines ux classes supérieuons même, que les ies étaient jadis opnement féodal le plus chimenceys ou noqui enssent le droit
a ou Saley , dans la udan;. et celui d’Anel de Madagascar, ne utorilé bornée.
t en beaucoup d’endtes de la Guinée, les s villages forment , à e électif, des arises et désastrenses, Le j’Achanti offre une gce d'aristocratie, ième réside entre les tatre chefs et de l’ass. Le gouvernement s derniers évènemens n conseil des grands de déposer le roïet
lingos du plateau de épublisain , tandis ies il est aristoorapays conquis il est é par nn conseil de us.forment une sorte républicaine, reourrah, association u tribunal vehmiet destiné à maintice ; cette singulière beaucoup au bellies forissantes villes hou , sur la côte de nny sur la côte des
ter à mort. Le gou-
, Esclaves et le Pays des Camerones, sont
des liques oligarchiques.
grande famille des peuples cafres est régie en général par un gouvernement monaruhique modéré ; chaque triba a ordinairement son chef héréditaire. Plus d’un quart de la de N de l'empire de Maroc, c’est-à-dire la plus grande partie des Amazirgh ou Bereber et plusieurs tribus des Chellouques (Chillah) vit indépendante dans les vallées de l’Atlus, régie par des chefs qui exercent sur ces peuples une autorité plus ou moins étendue, mais toujours modérée. On doit dire la même chose de plusieurs chefs des tribus, soit Arabes, soit Atlantiques qui vivent dans la le méridionale du eidevant Etat d' Alger, et de W autres peuplades de la région du Maghreb, dont l'autorité est très bornée. Le gouee Le e e qui errent dans la Troglodytique est patriarcal, comme celui des Arabes Bédouins et de la plupart des tribus maures du Désert. Le Borgou forme une espèce de condci de petits rois, dont celui de ussa est le chef principal; cela ne les empêche pas de se faire quelquefois la erre entre eux. Les nations noires de île de Madagascar, tels que les Antavarts, les Bestimesseras, les Antaximes, les Ambanivoules , etc., forment en quelque sorte républiques où l'autorité suprème réside , dans les cabares ou 2ssemblées publiques ; les conquêtes de Radama ont modifié cette forme de gonvernement dans les territoires qu'il a réunis à son royaume, et qui sont maintenant gouvernés par sa veuve. Les Etats Barbaresques présentaient sous différentes formes toutes les nuances dn despotisme et de l'anarchie militaire. Les proue , qui demeurent à Fest du cap hou dans la Guinée, sont divisés en castes comme les Hindous et les anciens Egyptiens. Tandis que les Arabes d’Egypte sont très attachés à la distinction des rangs, transmise par leurs ancétres, les Turks et les Mamelouks, que le vice-roi d'Egypte a détruits, n’estimaient que les qualités personnelles ; la même opposition .se trouve parmi les Maures et autres peuples qui n’adinettent aucune distinction fondée sur la naissance, et i les Abyssins, les Malais de Madagascar et autres nations, chez qui la naissance donne les
GEOGRAPHIE POLITIQUE
las grands privilèges à certaines classes.
Nous verrons dans la description de “Egypte le mise que M Ali a donné à ce pays classique.
Les observations sur le des peuples de la N Méridionale que nous devons A ville sont tro neuves et piquantes pour ne pa trouver place dans cet article. Tous let principaux peuples de cette vaste contrée ont un gouvernement monarchique plus ou moins remarquable pee ses formes. Le souverain gouverne daprès des lois fixes, mais il est luimême sous le jou de ces lois, parce que les grands de l’état peuvent convoquer le peuple en assemblée générale, pa le déposer s’il y manque. Chez les
bos , comme chez plusieurs autres peuples de cette partie de l’Afrique, la noblesse est la récompense de certaines actions déterminées. La couronne est héréditaire , mais avec restriction : si l’héritier a commis quelque action-avérée qui le rende indigne de gouverner , les eux premiers nobles, qui ont le titre de censeurs et dont le pouvoir est très grand, peuvent convoquer le peuple en assemblée générale; celle-ci juge l'affaire à la majorité des voix, et si le crime est prouvé , elle prononce la déchéance et choisit À la majorité un autre successeur.
Le choix tombe ordinairement sur l’individu dont le mérite est le plus éclatant.
Dans cet état ainsi que dans plusieurs autres, le peuple paie un tribut si modiue, de ne suffit pas à la subsistance e la famille et de la cour du souverain.
Plusieurs de ses femmes sont obligées de se mêler au reste du peuple pour cultiver quelque coin de terre. D'ailleurs, celles
es nobles travaillent pour subvenir à l'entretien de leurs maris, qui, dit ce voyageur, n’ont acquis avec le titre de noblesse, ni le droit de vexer le peuple, ni la possession des terres qui appar-
gouvernement
tiennent au souverain ; celui-ci les dis-
tribue à chacun selon Pétendue qu’il peut cultiver. Dans le gouvernement de presque tous ces pays le droit d'élection appartient au peuple; chez presque tous, la souveraineté est intronisée dans la personne de celui qui en est reconnu le plus
digne.
— Quoique les nations les plus policées de l’Afrique soient bien loin d’égaler celles de l’Asie sous le rapport de
l’industrie, elles ne sont pas en général aussi abruties qu’on le croit communément. Les Ovas de Madagascar paraissent etre le peuple le plus industrieux nonseulement de cette grande ile, mais aussi de toute l'Afrique , l'Egypte et les états Barbaresques seuls exceptés ; ils travaillent les métaux presque aussi bien que les Européens, et contrefont avec la plus grues facilité la plupart des objets de
brique étrangère qu’on leur montre ; ils font des étoffes très belles et d’une longue durée, et ces toiles de calin qui sont si estimées. Les habitans des principales villes de l'Egypte et des états Barbaresques, des royaumes d’Ardrgh, de Dagoumba , des empires d’Achanti, de Bornou et autres états exercent plusieurs métiers et excellent dans la fabrication de plusieurs étoffss et dans la préparation des peaux; le district de Tafllet et plusieurs villes de l'empire de Maroc, ainsi que le Kachenab dans l’empire des Fellans ( Fou- ‘ lans), sont renommés par la beauté de leurs maroquins et par la préparation des peaux. Depuis pas années surtont, les filatures de coton de Damiette, Mansourah, Mahallet-el-Kebir, Fouah , Benelasul, Mitcamer, etc., dans la Basse-
Égypte ontacquis une grande importance.
A l'Île de Zerbi, dans l’état de Tunis, on fait des étoffes Ge laine, de lin et des châies, qui sont recherchés dans tout le nord de l'Afrique, Les Nègres sont en général mauvais chasseurs , excellens pècheurs, assez bons forgerons et habies orfèvres ; ils savent donner à l’acier une bonne trempe et réduire le fil d'or à une extreme finesse. Les Foulahs ou oulans et les Sousous fondent le fer et l'argent, travaillent très habilement le bois et la peau , et tissent des étoffes.
Chez les Bamboukains, les Eyos (Eyéos), les Kaylis (Kaylees), les Bornouans , les Baghermeh et plusieurs autres peuples, l’art du tisserand est porté à un certain degré de perfection. Les habitans de Loggoun dans l'empire de Bornou fabriquent les toiles de coton les plus belles et du tissu le plus serré de tout ce vaste état. L’orfévrerie de tout l’Achanti, du Dagoumba, de Chendy , de Djinie, de Tombouctou et d’autres contrées et villes de l’intérieur de l’Afrique jouit d’une grande célébrité sur tout ce continent ; ce travail est d’un fini admirable et ressemble aux ouvrages de filigrane. Les
Betjouanas sont assez bons forgerons, armuriers, potiers et sculpteurs ; les Maquinis, qui appartiennent à la même souche, sont encore plus avancés; ils travaillent le fer, le cuivre et l'ivoire. On dit que les habitans de Haoussa fabriquent eux-mêmes leurs fusils. Les Mayomba dans le royaume de Loango, les Molouas, les Bororos , les Maravi et autres nations de l’Afrique-Transéquatoriale, exploitent des mines de cuivre qu’ils savent travailler. Les Molouas, les Bihé , les Holo-ho et autres peuples de la Nigritie-Méridionale, excellent surtout dans la fabrication des pagnes, des nattes et des corbeilles qui sontexportées dans tout l’intérieur de cette partie de l’Afrique, Quelques tribus des Maures du Sahara sont d’assez bons tisserands , armuriers et orfèvres.
Les habitans d'Ouidah dans la Guinée, et les Molouas dans le Congo, saveni même tailler les pierres fines pour en frire ‘es pendans d'oreilles, des bracelets, c'c.
dit qu’à Bornou il y a des graveu:
pierres fines et en cachets.
. commuanos, Malgré les obstacles que le manque de fleuves navigables, les montagnes et les déserts opposent au commerce en Afrique, cette partie du mon de n’en offre pas moins dès la plus haule antiquité un mouvement commercial intérieur très vaste, et qui forme un des traits les plus carac Bin de cc continent. Tombouctou, Djinie M les autres villes centrales de la Nigritie sont le but des caravanes qui partent tous les ans des extrémités de l'Afrique pour échanger les produits des contrées extérieures et ceux de 1 et de l’Asie, contre les produits de l’Afrique-Intérieure. Mourzouk dans le Fezzan et Cobbé dans le Dar-Four, sont comme les deux ports een et oriental de la Nigritie. Il faut y ajouter depuis quelques années Audjelah, dont les habitans sont devenus les courtiers d’une grande partie du commerce de la Nigritie-Centrale (Soudan) avec l'Egypte et l’état de Tripot Depuis que les Marocains ont perdu eur influence politique sur Tombouctou, les Arabes du nouvel état de Sous se sont emparés de tout le commerce que cette ville faisait avec l’empire de Maroc, et sont devenus, comme les Fezzaniens au nord et les Fouriens à l’est, les agens immédiats des rapports commerciaux de la Nigritie--Centrale avec l’Afrique-Sep-
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Ia poterie, le euivre jaune, les cotonna-
des imprimées, les mousselines rayées, le papier à écrire, le corail, les rasoirs, le sel, les parfums et les épices. Les principales 1MPORTATIONS dans les autres pays de cette partie du monde, outre presque tous les articles sus-mentionnés.
sont: étoffes de l’Inde , châles , eau-devie, rhum, quincaillerie et en général.un grand nombre d'articles des fabriques européennes. Les principaux articles d’EXPORTATION sont: poudre d’or, ivoire, riz, froment, gomme, poivre, plumes d’autruche , peaux non préparées, cuirs, maroquins, Coton , indigo, dattes, séné, cire, aloés, cuivre, natron, sel, vin de Madère, des Canaries et du Cap, orseille et plusieurs articles coloniaux des Îles
‘possédées par les Européens. Nous re-
grettons d’avoir encore à ajouter à ces articles celui des esclaves , qui avant babolition de la traite était la branche principale du commerce de l’Afrique , et qui, malgré toutes les défenses et les croisières , continue encore et se fait sur les côtes occidentale et orientale avec la plus grande activité; selon M. Gräberg, ce commerce infâme s’est même ouvert un nouveau débouché sur la Méditerranée par le port de Tripoli. Quant au commerce des esclaves qui a lieu par terre, non-seulement il continue toujours, mais il bee meme qu’il est devenu plus considérable depuis que celui qui se faisait par mer souffre des entraves. Plusieurs
rinces mahométans, tels que le cheikh
e Bornou, les sultans de Baghermeh et de Dar-Four, ainsi que plusieurs autres ne se font aucun scrupule d'attaquer les villages des nègres idolâtres pour en faire des esclaves et les vendre; cette chasse aux hommes est ce qu’ils appeilent une yhazie, du mot arabe qui signifie guerre Contre les infidéles; mais ce qui est encore plus horrible , c’est de voir les chrétiens d’Abyssinie courir ,; eux aussi, sur les malheureux Changallahs pour avoir des esclaves. .
L'Afrique qui vit s'élever sur ses côtes la superbe Carthage, la première puissance maritime de l’Ancien-Monde ; l’Afrique, qui vit ses ports remplis de flottes nombreuses, qui lui assuraient la souveraineté des mers, et dont plusieurs expéditions devaient découvrir de nouvelles contrées et ouvrir de nouveaux
és à san commerce; l’Afrique
n'offre maintenant aucun peuple qui mérite le nom de puissance maritime. Les Africains les plus civilisés ignorent àpeu-près la construction des vaisseaux , et les despotes r come rar et le pacha d'Egypte doivent à des ingénieurs européens presque tous les bâtimens de guerre qu’ils possèdent. Les Bissagos, les Bonny etquelquesautres peuplades de la Nigritie- Maritime, les féroces corsaires de l’extrémité septentrionale de Madagascar, sont, avec les Somaulis, les seuls Africains qui connaissent un peu la navigation; encore, à l'exception de ceux-ci, qui sont de paisibles marchands, ce n’est que pour exercer la piraterie que ces peuples construisent quelques grands canots. Ceux des Bonny sont les plus forts ; ils peuvent porter 140 hommes et ont souvent un canon de gros calibre monté sur l’avant. Les corsaires qui vivent dans les îles du lac Tchad ou de la mer de Bornou dans la Nigritie-Centrale (Soudan), ne sont pour ainsi dire navigateurs que pour etre les pirates de lAfrique- Intérieure. à Parmi les différentes monnaies qui ont cours en Afrique, le gel, le fibbar et les cauris méritent de fixer notre attention; la première parce qu’elle nous rappelle l'enfance des sociétés et du commerce; les deux autres par les grandes différences qu’elles offrent sous le rapport de la valeur qu’on leur accorde dans cette partie du monde, comparée avec celle qu’elles ont dans les autres. Le fibbar ou la poudre d or, dont la plus grande partie se recueille dans la Nigritie-Centrale (Soudan), a cours sans exception dans presque toute l’Afrique, ou dans les endroits les plus abondans en or, par exemple à Sansanding ; la valeur de ce mélal est à celle de l'argent comme 1 + à 1, tandis qu’au Japon elle est comme 12 à l et en Europe comme 16 à 1. Le manque de
, mines de se/ dans plusieurs pays de lin-
térieur de l'Afrique, et la difficulté du À transport de cet article si nécessaire à l’homme, en élève tellement le prix, que le sel y sert de monnaie dans un grand nombre de contrées. Dans le pays des Mandingos, par exemple, un morceau de
sel, long de 2 pieds 1/2, large de 1 pied 2 pouce et épais de 2 pouces vaut, selon Mango-Park, de 1 1 livres sterling ou de 28 à 50 francs; dans le Dar-Kulla,
selon Browne, 12 livres de sel équivalent à
cun peuple qui méance maritime.
ilisés ignorent àion des vaisseaux , ues et le pacha es ingénieurs euros batimens de guerre Bissagos, les Bonny plades de la Nigritie- 8 corsaires de l’exle de Madagascar, lis, les seuls Afrit un peu la navigaception de ceux ei, marchands, ce n’est a piraterie que ces quelques grands cay sont les plus forts ; 140 hommes et ont e gros calibre monté aires qui vivent dans ad ou de la mer de ritie-Centrale (Sou- Unsi dire navigateurs pirates de l’Afrique-
tes monnaies qui ont e sel, le tibbar et les fixer notre attention ; quelle nous rappelle tés et du commerce; r les grandes difféent sous le rapport de r accorde dans cette comparée avec celle autres. Le fibbar ou nt la plus grande pars la Nigritie-Centrale sans exception dans que, ou dans les endans en or, par exemla valeur de ce métal rent comme 1 + à 1, elle est comme 13 à l 16 à 1. Le Et lusieurs pays de l’inke, et la difficulté du rtiéle si nécessaire à ellement le prix, que bnnaie dans un grand
mple, un morceau de is 1/2, large de 1 pied 2 pouces vaut, selon usqu’à 2 livres sterling | dans le Dar-Kulla,
bs. Dans le pays des
ivres de sel équivalent à
à peur de quatorze ans; selon M. Salt, au marché d’Antalow dans le Tigré, 2 à 8 livres de sel ont la valeur d’un trentième de dollar; plus loin cette valeur augmente à proportion de la distance, Mater ce que le sel y soit changé, selon Alvarez, contre un a d'or.
Dans l’intérieur de la Nigritie- éridionale (Congo), selon M, Douville, un mor-
eeau de set. coupé en forme quadrangu- fi
laire et long de 8 à 9 pouces pesant environ 3 onces vaut de 2 à 3 francs. Les cuaris, dont la valeur est tout-à-fait arbitraire et qui remplacent le billon sur les bords du Gange, dans le Haut-Tibet et dans le royaume de Kaboul, sont la monnaie la plus commune dans la Nigritie- Centrale (Soudan et Guinée)et sur le plateau de la Sénégambie; mais elles Re raissent n’avoir plus de cours dans la Nigritie-Méridionale, où M. Douville ne les à jamais rencontrées dens les transactions commerciales. Ces jolies petites coquilles qu’on peche dans les parages des îles Maldives, ont dans l'intérieur de l'Afrique une valeur presque dix fois plus grande qu’au Bengale ; dans cette dernière contrée 2400 cauris équivalent à 1 shilling ou 25 sous de France, tandis qu’à Kachenah et à Se n’en faut que 250 pour représenter la meme valeur. On doit ajouter que la principale monnaie courante de l’Arrstinie consisle en piéces de coton de la valeur d'un dollar; quand il s’agit de sommes moins considérables, on coupe ces pièces dans la proportion convenable.
ÉTAT SOGIAL DES ArRIGAINS. Nous empruntons à notre Tableau Physique, Moral et Politique des cinq parties du Monde les fragmens suivans ; ils offrent quelques-uns des traiis principaux de la civilisation de l’Afrique. Réunis aux faits que nous avons exposés en narlant de l’industrie , du commerce, du gouvernement, de la religion et à ceux que nous avons intercalés dans les articles de la topographie, ils forment un ensemble qui
au lecteur le moyen comparer sous cet important point de vue, les peuples de | l'Afrique avec ceux des autres parties du monde, . |
L'Afrique présente plusieurs grands foyers de civilisation indigène et quelques autres qu'elle doit à l'Europe et à l'Asie. Le premier et le plus ancien, comme aussi le plus important, se trouve
Quant e eee et modernes de la
nous paraît assez complet pour donner
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— — ee nee
dans la Région du Nil. Là, avant r rep À riques, on voit les 1 et les de Méroë cultiver les et les arts, dont il nous reste de si imposans monumens répandus le long du Nil et de l’Astaboras et dans les oasis voi sines; l'ancienne civilisation des plateaux d'Axum et de Gondar parait être une émanation de celle de Méroë, tandié que l'état social de la Basse- Nubie et de la Mavenne , ainsi que celui des oasis qui entourent l'Egypte paraisseni ee dus à des lonies À e autres foyers de civilisation indigene qu'on trouve daus 10 Nigritie, ne méritent pas moins que le premier de fixer l'attention des philosophes. Le caractère particulier qu'offre l’état social parmi les Foulahs et les Sousnus sur le plateau de la Sénégambie ; les progrès faits par les drdiuhks et leurs voisins avant l'invasion des Dahomeys, qui les eh élevés a ah gr in d’une sorte de- € qu'on pourrait comparer aux q des Péruviens; la civilisation 5 N 2 eher les ere oh ne dm sd pr 5 gp A autres peuples de la Gui- .née; celle Molouas, des Bihé, des Cassange dans le Congo. des Movizas dans le Monomotapa, des BeQuanas, des Maquinis et autres dans l'Afrique - Australe, donnent lieu de croire que ces peuples, qui paraissent avoir été exempts de toute influence étrangèie, ont suivi une direction particulière dans le développement de leurs facultés intellectuelles, et n'ont avancé que très lentement vers la civilisation. Chez les Achantis, les plus puissans etles plus policés de tous les peupivs de la Guinée, on a remarqué des traditions, piusieurs usages et quelques lois, que le voyageur Bowdich crut pouvoir attribuer à d'an-
-ciennes liaisuns avec les Carthagincis et les Egyp-
tiens. Mais, selon nous, cette observation pourrai! être appliquée à plusieurs autres peuples nègres de l'Afrique - Intérieure, Les labitans de Tombouctou, de Bornou, de Kachenah, de Haoussa et d'autres contrées de l’Afrique-intérieure paraissent devoir aux Arabes, sinon tout, du moins en grande partie, l'état imparfait de eivilisation dans lequel on nous les À grande famille Berbere ou Atlantique, successivement en contact aver les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Romains, et ensuite avec les Arabes, il est tout naturel de croire , que c'est à ces peuples qu'ils doivent les faibles progrès qu'ils ont faits dans la civilisation.
A ces deux espèces de civilisation indigène nous devons en ajouter deux autres qui sont étrangères à l'Afrique, où depuis les temps historiques et à quatre époques successives elles ont été importées par deux nations européennes et deux nations asiatiques. Les Carthaginois et plus tard les Arabes appartiennent à la famille Semitique; les Grecs et ensuite les Romains sont compris dans la famille Greco-Latine. Mais les Carthaginois. les Grecs et les Romains n’étendirent pas leur influence audelà de la Région du Maghreb (Sahara-Atias)et de celle du Nil. Ce ne fut même qu'à partir du 1v° siècle de notre ère, que le christianisme, faisant truiours de nouveaux prorrès, s'établit sur les:
versans de l'Atlas, en Nubie, et dans l'Abyssinie où il domine encore en partie. Trois siècles après, les Arabes, animés de l'esprit de prosélytisme et de conquête , le coran d'une main et le glaive de l'autre, parcoururent toute la Région du * et toute la Côte-Orientale jusque au-delà de Sofala, en introduisant partout l'islamisme et l'imparfaite civilisation qui l'accompagne. Plus tard et successivement le zèle et la persévérance des missionnaires mahométans portèrent la religion de Mahomet bien au-delà du Djoliba et de la Cambie et parvinrent même en plusieurs endroits à toucher l'Atlantique sans avoir encore pu franchir les hautes montagnes qui vers l'intérieur s'étendent au sud de la Région du Nil, On peut dire sans exagération que, jusqu'à ces derniers temps, c'estla langue arabe qui en Afrique a été presque ie seul véhicule des connaissances et de la civilisation. Toüs les Arabes du Désert apprennent à lire et à écrire; ils ont même une sorte d'enseignement mutuel pour instruire leurs enfans. Les : écoles arabes du Caire, de Merawe, Damer et du Dar-Four, dans la Région du Nil; celles du Bornou, du Borgou, du Baghermeh et autres pays de la Nigritie Centrale (Soudan); celles de Maroc, de Fez, d'Alger, de Tunis, etc., dans la Barbarie, sont les foyers principaux des connaissances répandues dans l'Afrique par cette nation, tandis que les écoles des Mandingos, des Foulahs, des lolofs et des Sousous mahométans dans la Nigrilie-Occidentale et Centrale (Sénégambie et Soudan), sont d’autres foyers de l'instruction importée sûr ce Continent par ses partisans les plus zélés. On doit avouer que de même qu’en Asie les apôtres du bouddhisme, se répandant à-lafois en Tartarie, au Tibet et ailleurs, contribuèrent à adoucirles mœurs des peuples les plusintraitables, de même en Afrique c’est aux missionnaires musulmans que l'humanité est redevable de l'abolition de l’antropophagie et des sacrifices humains chez plusieurs nations africaines. Ces véritables bienfaits , réunis aux imparfaites connaissances dans les arts les plus indispensables à la vie, qu'ils répandirent parmi ces peuples, contrastentdouloureusementavec la conduite de certains princes mahométans et avec celle des peuples étrangers à la race nègre. Condamnée par les uns et par les autres à Fesclavage dès la plus baute antiquité, cette race malheureuse a été la victime de la double traite intérieure et maritime. Les résultats de ce commerce abominable furent la multiplication des guerresintestines et la démvuralisation complète d'une race d'hommes susceptibles autant que les autres d'un grand perfectionnement social. Il est juste cependant de signaler les nobles efforts faits dans ces derniers temps par quelques philantropes européens pour expier en quelque sorte tant de crimes.
Dès l’année 1787 le vertueux Isert fonda la première colonie de nègrès libres dans le pays d’Aquapim, sous les auspices du gouvernement danois, et introduisit pour la première fois parmi les nègres lacharrue européenne. Flint, son successeur, en fonda une seconde plus près ꝙ Akkrah, et l’on vit sa vertueuse sœur enseignek aux nésresses à filer le coton et une multitude d'autres
travaux de femmes. Toute l'Europe a retgnti des noms illustres des Granville- Sharp, des Wadstrôm, des Afzelius, des Winterboltom, des Beaver, des Walt, qui eurent le mérite de fonder en 1787 la colonie deg nègres libres à Sierra-Leone , et de l'éloquence des Wilberforce, des Clarkson et des Buxton, qui défendirent avec tant de chaleur la cause de la liberté des nègres, Après avoir surmonté mille obstacles, ces philantropes eurent la consolation de voir leurs efforts généreux couronnés d'un assez grand succès , malgré les obstacles opposés par un des climats les plus délétères que l'on connaisse, et ceux qu apporta la continuation de la traite des nègres. Free-Town s'éleva sur les bords de la Sierra-Leone, et ses écoles et ses ateliers, peuplés par des centaines d'écoliers et d’apprentis nègres, devinrent un foyer d'instruction pour les Africains des pays limitrophes. Gloucester-Town, Regent-Town, Thornton et autres petites villes s’élevèrent successivement dans ce canton naguère inhospitalier, et devinrent avec Free-Town , au milieu des nègres abrutis, le siège d'un commerce assez florissant et d'une civilisation européenne. L'influence de ces établissemens se fit sentir bien loin, et de nouvelles colonies libres s'élevèréat en différens endroits; les écoles de Kingstown près du cap Mesurado, d’Anamaboë, de Cap-Corse (Cape-Coast,, d'Akkrah, de Dixcove, etc., furent ouvertes aux nègres libres depuis Sierra-Leone jusqu'aux fron: tières du Dahomey. Nous signalerons dans la description de l'Egypte tout ce que cette contrée classique doit de nos jours à l'Europe. Nous verrons dans la description de la Nigritie les nobles efforts faits par la société philantropique formée il y a quelques années au-delà de l'Atlantique; la florissante colonie de Liberia lui doit son existence et Afrique un nouveau foyer de eivilisation. Plus bas, dans le pays des Hottentots, les interessantes colonies de Griquatown et de KatRivière sont devenues aussi d’autres foyers d'instruction pour les nombreuses peuplades qui habitent le plateau de l’extrémité de l’Afrique-Australe. Les Français ne restèrent pas Indifférens à ces mouvemens philantropiques de leurs rivaux , et les écoles de Gorée et de Saiut-Louis, fondées depuis 1815 dans la Sénégambie , offrent déjà aux enfans des nègres limitrophes et des contrées de l’intérieur les premier: principes dessciences et des arts. Ils ne se sont pas bornés la: M. Drovetti, ancien consul de France en Egypte, voulant mettre pour ainsi dire la barbarie et la civilisatios en présence, a acheté quel: ques Ethiopiens, et les a envoyés à ses frais à Paris, pour qu'ils y fussent élevés dans les sciences de l'Europe et ramenés plus tard dans leur patrie. Quelles ne doivent pas être les conséquences de tant d'efforts dirigés vers un but si noble!
Sans répéter'ici la longue série des peuples abrutis qui conservent encore l'horrible pratique de Tanthropophagie et les superstitions atroces que nous ayons mentionnées ailleurs, qu'il nous soit permis de rappeler. quelques usages barbares, dont nous aurons malheureusement à signaler les analogues chez quelques nations de l'Amérique et de l'Océanie. L'exposition des enfans est permise aux guerricrs Gallas. Les Madecasses noient
srope a retgnti des - Sharp, des Wadbottom, des Beaver, le de fonder en 1787 gierra-Leone , et de des Clarkson et des 8 tant de chaleur la es. Après avoir surhilantropes eurent forts Btnéreux couès , malgré les obstaats les plus délétères qu'apporta la conti- 28. Free-Town s’éleva sone, et ses écoles et s centaines d'écoliers nrent un foyer d'indes pays limitrophes.
Town, Thornton et erent successivement hospitalier , et devinilieu des nègres abruce assez florissant et ne. L'influence de ces bien loin , et de nouèrént en différens enown près du cap Mesuap-Corse (Cape-Coast,, . furent ouvertes aux Leone jusqu'aux fron : igoalerons dans la desce que celle contrée s à l'Europe. Nous verle la Nigritie les nobles hilantropique formée il à de l'Atlantique ; la flolui doit son existence et de civilisation.Plusbas, , lesintéressantes coloatRivière sont devenues truction pour les nomitent le plateau de l'exale. Les Français ne ress mouvémens philantroes écoles de Gorée et de uis 1815 dans la Sénéenfans des nègres limil'intérieur les premier s arts. Ils ne se sont pas ncien consul de France e pour ainsi dire la barpresence, a acheté quelvoyés à ses frais à Paris, és dans les sciences de tard dans leur patrie.
les conséquences de un but si noble!
série des peuples abru horrible pratique de perstitions atroces que ailleurs, qu'il nous soit ques usages barbares, usement à signaler les nations de l'Amérique tion des enfans est per- Les Madecasses noient
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met ee
impitoyablement tous les enfans qui naissent avec quelques vices de coufunnalion, et toutes les femmes des Mamelouks , uaguère domiaateurs de l'Egypte, qui pouvaient e priver de l'avsalage de devenir mères , le faisaient sans meme y altacher l'idée du crime. Dans plusieurs royaumes de la Nigritie, à l'avènement de chaque roi, les veuves de son prédécesseur se tuent les unes les autres jusqu'à ce que le nouveau monarque mette un terme au massacre; dans ces memes élats, on mele le sang humain à l'argile pour construire des temples en l'honneur des monarques. / le plus grand nombre des nations des côtes à. Guinée, il est d'usage que les plus riches parculiers fassent , au moins une fois dans leur vie, des sacrifices humains expiatoires aux mânes de leurs peres. Dans ces occasions qui sont toujours des époques de réjouissances publiques pour ces peuples féroces, en ceint quelquefois par un raftinementde barbarie , le front des malheureuses victimes, de tiges épineuses, qu'on enfonce bien avant dans les chairs, et, dans cet état, on les promène jaillissantes de sang par toute la ville, au milieu des cris et des insultes d’une populace effrénée jusqu'au lieu où elles doivent ètre immolées. Le roi de Lagos envoie de temps à autre un homme masqué et bien arme, qui passe pour le diable, parcourir toutes les rues de la ville et tuer tous ceux qu'une chance fatale amène sur son passage; dans la même ville, après “equinoxe du printemps, on empale vivante une jeune file pour se rendre propice la déesse qui préside à la saison pluvieuse. Des atrocités analogues se pratiquent dans plusieurs autres villes de la Nigritie, Des milliers ? -ègres périssent tous les ans sur le tombeau : 4 rois qui ordinairements'y font suivre ps urs d leurs femmes immolées sur leur tom . „ chef électif des Fantee doit , dans certaines circonstances , se faire amputer le bras gauche pourtémoigner son dévoñment au peuple, qui lui accorde ensuite une autorité illimitée. La veuve hottentote qui veutse remarier est obligée de se faire couper une phalange d'un doigt; et chez ce même peuple un magicien ou jongleur sanclifie l'union des nouveaux époux en les aspergeant de son urine. On peut dire que presque tousles Africains sont polygame ; du moins les nègres le sont tous; et cet usage, si contraire à la nature, n'est nulle part poussé si loin que chez celte race. Za polygamie la plus effrénée règne au Congo, où l'influence de la religion catholique n’a pu l'éteindre; seulement elle est parvenue à y faire défendre les unions incestueuses; et quoique la religion la défende en Abyssinie , les lois, selon Pearce, l'y autorisent ; les empereurs mêmes y sont polygames. Chez les habitans du Dar-Four, le commerce entre les deux sexésestillimité, Les Koussas, les Retjouanas et presque tous les peuples de l'Afrique-Australe sont polygames et ont les mœurs les plus relächées. Les Hottentots chrétiens sont monogames, et ont en horreur l'inceste et l'aduitère : tous les autres sont polygames. Les femmes, chez un grand nombre de nations africaines, comme partout où la civilisation
n'a pas rendu à La compagne de Thome la eon dération qui lui est due, sont chargées de tous les travaux. Chez les Sousous, elles exploitent les mines de fee; chez les Cafres , ce sont elles
le plus grand nombre des peuples sauvages de ‘Amérique. II y a mème plusieurs contrées où les femmes sont entièrement égales aux hommes.
Chez divers peuples nègres elles sont admises à l'ordre de la preirise, ce qui a lieu avec beaucoup de cérémonies et apres de longues épreuves. Dans plusieurs pays du Congo, cent la mère qui enoblitet non pas le père; , les princesses ont le pouvoir de prendre pour mari qui elles veulentet de le répudier à volonté pour appeler ua autre à l'honneur de leur couche. Dans presque tous les états de Madagascar, la succession au trône a lieu par ordre de primogénilure sans distinction de sexe, ce qui fait qu'on y voit souvent régner des femmes, comme on en a vu des exemples de nos jours dans l'ile de Madagascar, à Bombetoc, à Teintingue et chez les Ovas, dont le trône est occupé par la veuve du célèbre Radama.
psvistow. L'état encore si imparfait de la géographie de cette partie du monde ne permet pas de la partager en grandes régions géographiques bien distinctes ; et le grand nombre de ses divisions politiques et les grandes incertitudes dont ces dernières sont affectées, otent la possibilité au géographe compilateur de prendre celles-ci pour base de ses descriptions.
Ces motifs nous ont engagé à partager provisoirement toute l'Afrique en cinq grandes régions que nous proposons de nommer : Région du Nil, Regivn du Maghreb ou du Sahara-Atlas , Région des Nègres ou Nigrilie, Region de Afrique-Australe, et Region de l'Afrique-Orientale ou du Zambéze. Nous avons ajouté une sixième division pour y réunir toutes les possessions des puissances étrangères éparses sur ce vaste continent et sur les Îles qui en dépendent géographiquement; celte partie offre l’ensemble des pays appartenant à chacune de ces puissances sous les titres de Afri que-Oliomane, Afrique-Arabe, Afrique-Française , Afrique-Anglaise , Afrique-Espagnole , Afrique-Portu-
gaise , Afrique-Danoise , Afrique-
Hollandnise et Afrique-Anglo-Américaine.
RÉGION DU SLR.
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale , entre 22 et 41°. Latifude boréale, entre 7° et 32° environ.
cowriss.Aurord, la mer Méditerranée.
1 , Dr A pe , la 900 1 7 À
e Bab-el-Mandeb, et une du golfe d' Aden. Au sud E * V'Afrique-Orientale et la Région des N gres. À l’ouest , la Région des Nègres et la Région du Maghreb.
rzsvvss.Cetteimmenserégionoffrelasin.
gularité de n’être traversée que par un seul 2 fleuve dont on ne connaît pas encore les sources, quoique la partie moyenne et inférieure de son cours soit connue dès la plus haute antiquité. Deux autres singularités non moins remarquables sont le manque d’affluens depuis sa jonction avec l’Atbarah, et la petitesse extreme de la valiée profonde dans laquelle il coule ; la largeur de cette dernière, depuis Damer jusqu’au commencement du Delta, se réduit souvent à quelques centaines de toises. Les débordemens réguliers du Nil, auquel l'Egypte doit sa prodigieuse fertilité, et qui étonnaient tant les anciens, ne nous surprennent nullement, ce phénomène étant commun à tous les grands fleuves de la zone torride. Nous tracerons avec quelques détails le cours de ce grand fleuve quiappartient à la Méditerranée, et nous exposerons les conjectures auxquelles on s'arrête relativement aux autres courans les plus remarquables de celte contrée.
* Le Ni. D'après les renseignemens les plus ré-
cens, ce grand fleuve paralt prendre sa source dans les montagnes de la Lune, sur un plateau très élevé, où on le nomme FLEuvE-BLANC ou Bann-RI-Antap. C'est sous ce nom qu'il arrose le Donga, le pays des Chelouks, le Denka, et, après avoir baigné à droite le Darel-Alze, dans le Sennaar, et avoirlaissé à gauche le Kordofan, il reçoit à la droite le Fleuve-Bleu ou Bahre Azrek, qui vient de l'Abyssinie, et que plusieurs géographes regardent à tort comme la branche principale. Après sa jonction avec ce dernier, il prend le nom de Nic, sous lequel il parcourt la Nubie , où il baigne Halfay, Chendy, Damer, Dongola, Derr et autres villes de ceite région; poursuivant son cours versle nord, il franchit la cataracte de Phyle, entre dans l'Egypte, où il patse par Syène, Esné, par l'emplacement de
l'ancienne Thèbes à Luxor, Karsak et Gournah, ensuite par Kéné, Girgeh, Syout, Monfalout, Mioyeh, Atfyh, par l'emplacement de l'ancienne Me „ par le Caire. Au-dessous de celle grande ville , le Nil se partage en plusieurs bras par lesquels il entre dans la Méditerranée ; celui de Roselte, à l'ouest, et celui de Dumielte, à l'est, sont les principaux. Plusieurs canaux et
e : quelques-uns de ses bras secondaires vont sboulir
aux lagunes qui forment la partie extreme de sun magnifique delta. Ses principaux affluens sont: le Maleg, qui parait prendre sa source dans le plateau de Busrea, le Bar- I- Are et le Tacazze ou Atbarah, tous trois à la droite; du côté opposé, la géographie positive n'a aucun affluent important à nommer. Le Bahr-el-43rek, que pendant long-temps on a regardé comme le véritable Nil, prend sa source au pays des Agows, dans l’Abyssinie., traverse le grand lac Dembéa ou Tzana, baigne les provinces de Gojam, Damot et autres contrées de l'Abyssinie ; en sortant de cetle region, il arrose le Sennaar, dont il touche la capitale; c'est LAS ARR des anciens géographes ; ses principaux ns sont: le Dender, qu'on a cru à tort un affluent du Rahad, et le Rahad, tous deux à la droite; le Roma, le Yabouos et le Toumal, à la gauche; ce dernier traverse le D et le Qamamyl, Le Tacazzé qui, dans lapartieinférieure de son cours, est plus connu sousle nom d' Abra, prend sa source dan:
les hautes mo de la province de Lasta dans l’Abyssiaie; il identique avec le Tacazee des voyageurs portugais, ie Tekese Ide Poncet, et l’Astaboras de Ptolomée. Ce grand affluent du Nil traverse le royaume actuel de Tigré et le pays des Changalahs (Shangalas) ; ensuite la Haute-Nubie, où, avec le Bahr-el-Azrek et le Nil, il forme la fameuse île de Méroé. Ses principaux affluens sont: L. Arequa, au bassin duquel appartiennent les environs d’Antalow , la ville la plus importante du royaume de Tigré; et le Mareb, dont les branches descendent du plateau d'Axum; cet affluent parcourt ensuite le nays des Changalahs et la Nubie-Orientale , où il fertilise
le Taka, Il faut cependaat observer que ce n'est
que dans la saison des pluies que le Mareb ap-
porte le tribut de ses eaux à PAtbarab ; car dans
la saison sèche il se perd dans les sables. Le prin-
cipal affluent du Tacazzé à la gauche est le Guan-
gue, qui traverse le royaume d’Amhara et le
pays des Changalahs.
Les autres fleuves de cette région sont trop peu connus pour mériter qu’on en trace le cours.
Seulement nous ferons observer que dans le vaste territoire occupé par les Gallas dans le sud-est de l'Abyssinie, l’Anazo, et l’Hayacu (Hawash) dont ze cours est assez considérable, n'arrivent pas à la mer etparaissent se perdra dans les sables. Le
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He cette région sont trop peu er qu'on Fe trace le cours.
ons observer que dans le vaste r les Gallas dans le sud-est de b, et l'HAYACE (Hawash) dont onsidérable, n'arrivent pas à se perdre dans les sables. Le