TABLEAU DES PRINCIPAUX PLATEAUX DE L'AMÉRIQUE
2 Toises, Toises.
Le plateau Péruvien, qui embrasse toutes les hautes terres des républiques du Basérou et de Bolivia et des Provinces-Unies du Rio de la Plata, depuis le 6° jusqu'au 26° parallèle de latitude australe. Le célèbre bassin du lac Titicaca, qui en occupe
fresque le centre, forme lui-même un haut plateau assis sur le plateau
eruvien; sa
auteur moyenne est de 1987 à 2100 toises. Les parties les plus élevées du plateau Péruvien après ce bassin sont: les hautes terres des provinces de Truxillo , de Tarma, de de et de Cuzco , dans la république du Pérou : celles de La-Paz , de Char-
cas et de Po
si, dans la république de Bolivia : et celles de
Jujuy, de Salta et de Tu-
cuman, dans les Provinces-Unies du Rio de la Plata. La hauteur générale de cetim-
mense plateau parait pouvoir être estimée
| Le plateau Colombien, qui comprend toutes les plus hautes vallées de la république
olombienne, dans les départemens d' Assouay, de l'Equador, de Cundinamarca et
de Boyaca. Son élévation va. .. ........
u Brésilien. Nous
„C0000 SU TOUT OR roposons de comprendre sous cette dénomination là
artie haute des bassins du San-Francisco et du Parana, dans les provinces brésiiennes de Minas-Geraes et de San-Paulo, ainsi que les plus hautes terres des pro-
vinces de Rio-de-J
ata; les pays des Chiquitos et 1 4 252 aralt pas pouvoir être U Le plalea cane
aneiro, d' Espiritu-Santo, de Bahia, de Pernambuco et de Piauby. On pourrait estimer sa hauteur moyenne de Le piateau Central de V Amérique du Sud. Nous prop province de Matto-Grosso et partie de celles de Goyaz e pe du Brésil; le dictatorat du Paraguay, le Chaco, dans la confédération du Rio de a PI es Moros dans la république de Bolivia. La hauce plateau, que les géographes ont tant exagérée et exagerent envaluée au-delà .,.,,.....e +9 u de la Guyane, qui embrasse l'ile immense formée par l'Orénoque, le Rio egro, l'Amazone et l'Océan-Atlantique ; sa suriace est partagée entre la Colombie,
oon dy comprendre ia vaste t de San-Pauio, dans l'em-
bassins du Missouri, du Lewis, du Colorado (occ
Le plateau Alle
vozuaws. Non-seulement l’Amérique a
un grand nombre de volcans, mais elle été
compte parmi les siens les montagnes ignivomes les pius terribles et les plus élevées de tout le globe. Les départemens de l’Equateur et du Cauca dans la Co:
lombie, les états de Nicaragua, de San- Salvador et de Guatemala dans la confédération de l’Amérique-Centrale, la république du Chili, l’archipel des Aleoutes dans l’Amérique-Russe, et l'Islande dans l’Amérique-Danoise, sont les parties du Nouveau--Monde qui offrent le plus grand
nombre de volcans. Les monts ignivomes
les plus remarquables sont: l'Aénfisana, le Cotopaxi, le Sanguay, et le Pichincha, dans le département colombien de l’Equateur ; les volcans de Pasto, de Sotora et de Purace, dans celui du Cauca ; le Guagua-Plitina on volcan d Are ia et le Sehama, dans la république du érou; les volcans de Coquimbo, de Santiago, de Maipu, dc Rancagua , de Peteroa, de Chilan, d Antoco, eic., etc., dans la république du Chili; les volcans de Soconusco, de Guatemala ou de Fuego, d'Agua, de Pacaya, de Tajumulco, d’Antitan, de San-Sulvador, de Granada , de Telica près de San- Leon de Nicaragua, dans la confédération de l’Amérique-Centrale ; le Popocatepeil ou volcan de la Puebla, le Citlaltepeil ou volcan d'Orizaba, le voican de Colima et celui de Torullo, dans la confédération Mexicaine; le volcan du St-Elie, celui du Beau-temps (Fair- Weather), les deux volcans de la péninzule d’Æ/aska et ceux des Îles Aleoutiennes Unimak, Tanaga, Umnak et Unalaschka, dans l’Amérique-Russe ; le Krabla, le Leirhnukr, l'OBräfe-Jokul, le Kôtlugiaa (Sidu-Jôkul?), le Skapta- 7 et l’Hecla, dans l'Islande.
ous ferons observer à propos de ce der-
Tees. Torres canin du Brésil et Lin partie des Guyanes Anglaise, Hollandaise et Française. Sa
on, du ivière-
pas
arties L] de
nier, que ses éruptions et sa hauteur ont beaucoup trop exagérées, et ont donné à ce mont ignivome un rang qu’il doit céder à plusieurs autres montagnes de cette île. On ne doit pas non plus passer sons silence l' BA, dans l’île de Jean- Mayen, qui est la montagne ignivome connue la plus boréale du Nouveau Monde ; le volcan de St-Vincent, qui est le plus terrible dans l’archipel des Antilles, et le volcan de Bridgman , dans le Shetland-Austral, qui est le mou i ignivome connu le 5 austral de tout le globe, et en même temps le plus bas de tous les volcans connus. Voyez à la page 032. Cette partie du monde se trouve done avoir le volean le plus haut et le volcan le plus bas du globe. Voyez la hauteur de l' Aujẽia a dans le système des Andes à la page 936. Ser l’autorité de M. de Humboldt nous ajouteruns que le grand pic de Tolima et le Poramo de Ruiz, dans la chaine Centrale de Cundinamarca dans la Colombie, ont fait il y a quelques années une éruption. Nous u’avons pas nommé le fameux volcan de Copiapo, mentionné dans toutes les géographies et par nous-même, dans la première édition de cet Abrégé, parce que selon M. Meyen il n'existe has.
7ALLÉES et PLAINES. L’Amérique-du- Sud offre plusieurs vallées très remarquables par la grande hauteur de leurs berges, malgré l'élévation de leur sol audessus du niveau de l’Océan. On doit surtout mentionner les vallées du Cauca, du Magdalena, et de Quito, dans la Colombie; du Tunguragua où du Haut- Nouveau-Marañon et du Jauÿa, dans la république du Pérou ; le superbe bassin du lac Piticaca , qu’on peut regarder comme une vallée aussi remarquable par sa grande élévation absolue que par ses dimensions; la vallée du San-Francisco,
. „ de 1980 à 500
et sa hauteur ont xagérées, et ont ome un rang qu’il autres montagnes pas non plus passer ans l'ile de Jeannlagne ignivome gule du Nouveaule St-Vincent, qui lans l'archipel des h de Bridgman , ral, qui est le moni plus austral de sème temps le plus ns connus. Voyez à rtie du monde se loan le plus haut bas du globe. Voyez na dans le système 86. Sr l'autorité de s ajouterons que le a et le Paramo Centrale de Cunlombie, ont fait il y éruption. Nous u’afameux volcan de dans toutes les géomême, dans la pre- Abrégé, parce que iste has. . L'Amérique-dulées très remarquateur de leurs berbn de leur sol au- Dcéan. On doit surballées du Cauca, Quito, dans la Coqua où du Hautet du Jauÿa, dans : le superbe bassin ’on peut regarder si remarquable par bsolue que par ses u San Francisco,
Cane, —änç—U—— -— rt SE mo
dana le Brésil; la vallée du Rio del Norte, ou du Nouveau-Mexique , dans la confédération-Mexicaine. Pour donner quelues exemples, nous dirons que la valise Chota, près de Quito, a 804 toises et celle du Rio-Catacu, au Pérou, en a plus de 700 de profondeur perpendiculaire; et cependant leur fond reste encore élevé d’un nombre égal de toises au-dessus de la mer.
A l’égara des plaines , on peut dire que le Nouveau-Continent offre les plus vastes da monde. En effet, rs mb immense qui s’étend depuis l'embouchure du Mackenzie jusqu’au delta du Mississipi et entre la Clialne-Centrale du système Missouri- Mexicain et les chaînes principales du systeme Alleghenien, n’est à proprement . la plus vaste plaine non-seuement du Nouveau - Continent , mais meme de tout le globe; elle embrasse les bassins de Mississipi, du St-Laurent, du Nelson et du Churchill, presque tout le bassin du Missouri, la presque totalité des bassins du Saskatchawan et du Mackenzie, et tout celui de la Coppermine.
Nous proposons de la nommer plaine Mississipi - Mackenzie. La seconde grande plaine du Nouveau-Continent est la plaine de Amazone; elle comprerid toute la partie centrale de l'Amérique -du- Sud, étendant son domaine sur plus de la moitié de l’empire du Brésil , sur le sudouest de la Colombie, sur la partie orientale de la république du Pérou, et sur la 91 05 septentrionale de la république de
livia ; ses limites sont presque identiques avec celles des parties moyennes et basses de l' immense bassin de l’Amazone et de celui du Rio Tocantin. Vient ensuite la plaine du Rio de la Plata, qui s'étend entre les Andes et leurs branches principales, les montagnes du Brésil, l’Atlantique et le détroit de Magellan; dans ces Le pme eee 1— eder du il, le dictatorat du Paraguay, le pay:
des Chiquitos, le Chaco, la plus grande peus de la confédération du Rio de la lata, de l’état de l’Uraguay et de la
Patagonie; une grande partie est connue sous le nom de Pampas de Buenos Ayres ou du Rio de la Plata. Enfin la plaine du Guaviare-Orenoco, qui comprend les Llanos de la Nouvelle-Grenade et de Venezuelu dans la Colombie.
Cette plaine s'étend depuis le Caqueta jusqu'aux embouchures de l’Orénoqne,
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le long du Guaviare, du Meta et du Bes- Orénoque. M. de Humboldt fait observer que la plaine, que nous avons nommée
ississipi-Mackenzie , nourrit à l'une de ses extrémités des bambousacées (ludolfia , miega) et des palmiers, tandis qu’à l’autre, pendant une grande partie de l’année elle se trouve couverte de glaces et de neiges; ce savant estime sa superfcie à 270,000 lieues marines carrées, ou à 2,430,000 milles carrés, étendue presque égale à celle de toute l'Europe. La plaine de l'Amazone , ayant un climat chaud et humide , présente, dans ses immenses forèts , une force de végétation à laquelle rien ne peut être comparé dans les autres côntinens ; sa superficie est évaluée, par M. de Humboldt, à 260,000 lieues carrées , égales à 2, 340, 000 milles. Les deux autres plaines du Guaviare- Orenoco et du Rio de la Plata, diffèrent de celle de l’Amazone, qu'elles cernent au nord et au sud, par le manque d’arbres et par les innombrables graminées qui couvrent leur vaste surface, semblables en cela aux savanes ou prairies de la plaine Mississipi-Mackenzie. La superfcie de la plaine du Rio de la Plata monte, selon M. de Humboldt, à 135,000 lieues carrées ou à 1,215,000 milles, et celle du Guaviare-Orenoco , à 29,000 lieues , qui correspondent à 261,000 milles.
pésanrc. L'Amérique a plusieurs déserts qu'on peut comparer à ceux de l'Afrique et de l’Asie pour l’aridité de leur sol et pour le sable qui les recouvre; mais tous sont extrêmement petits en comparaison des solitudes de ce genre, qui s’étendent sur un si vaste espace de la superficie de ces deux psrties du monde.
Les plus remarquabies sont: le desert Atacama, il s'étend, avec quelques interruptions , depuis Tarapaca, dans la république du Pérou , jusqu'aux environs de Copiapo , dans celle du Chili; il renferme par conséquent la bande étroite de pays que la république de Bolivia possède sur le Grand-Océan ; le désert de Sechura , beaucoup plus petit, occupe une partie considérable de la côte du département péruvien de Truxillo; le dee de Pernambuco , qui est le plus étendu ; il s'étend sur une grande partie du plateau du nord-est du Brésil, qui s’élève
entre Pernambuco, le San - Francisco, Crato, Seara et Natal; M. Koster y vit
des oasis couvertes d’une beile végéla-
tion au milieu des collines de sable mouvant. Nous ne parlons pas des solitudes; l'Amérique offre les plus grandes du globe ; elles forment partie des vastes plaines dont nous avons parlé dans l’article précédent, ainsi que des Terres- Arctiques et Antarctiques mentionnées dans celui des iles. C’est dans cette classe qu’il nous semble plus convenable de ranger le prétendu désert de Nutial que traversent plusieurs grandes rivières, et remarquable par ses riches mines de sel gemme et par sa situation élevée; il s’étend au pied de la Cordillère-Missouri- Colombienne (Montagnes Rocheuses), entre l’Arkansas supérieur et le Paduca, et forme partie du grand plateau central de l’Amiérique-du-Nord.
EAT. La configuration de l'Amérique, la disposition de ses vastes chaines de montagnes et \« position de ses plateaux élevés et de ses plaines immeuses produisent une influence remarquable sur sa température, et af“ ent sur plusieurs points de grands contrastes entre deux climats tirés différens et pourtant très rapprochés l’un de l’autre. « Le Pérou, dit Malte-Brun, la vallée de Quito, celle de Mexico, quoique situés entre les tropiques, doivent à leur élévation une température printanière ; ils voient même les paramos, ou les dos de leurs montagnes, se couvrir des neiges qui séjournent, meme perpétuellement , sur quelques sommets tandis qu'à peu de lieues
e là, une chaleur souvent malsaine étouffe l'habitant des ports de Vera-Cruz ou de Guayaquil. Ces deux climats donnent naissance à deux systèmes différens de végétation : la flare des zones torrides sert de bordure à des champs et à des bosquets européens. Un semblable voisinage ne peut manquer d’occasioner fré- 8 des e subits par le
placement de ces deux masses d'air, si diversement constituées, inconvénient général en Amérique. Mais partout ce continent éprouve un moindre degré de chaleur. L’élévation seule explique ce fait pour la région montagneuse; mais pourquoi, se demande-t-on, s’étend-il aux contrées basses? Voici ce que répond un habile observateur , M. de Humboldt:
« Le peu de largeur du continent, son prolongement vers les pôles glacés; l'Océan, dont la surface non interrompue
est balayée par les vents alisés ; des courans d’eau très froide qui se portent depuis le détroit de Magellan jusqu’au Péron; de nombreuses chaînes de montagnes remplies de sources et dont les sommets couverts de neiges s'élèvent bien au-dessus de la région der nuages; l’abondance de fleuves iimeu:x: qui, après des détours multiplies, vor! toujours chercher les côtes les plus luiriaines ; des déserls en général non sablonneux, et par conséquent moins susceptibles de s'imprégner de chaleur; des forêts impénétrables qui couvrent les plaines de l'équateur remplies de rivières, et qui, dans les parties du pays les plus Elo.
gnées de l'Océan ei. des montagnes, don nent naissance à des masses énormes d’eau qu'elle: out aspirèes, où qui se forment par j’acte de la végétation; tontes ces causes produisent, dans les parties basses de l'Amérique, un climat qui contraste singulièrement, par sa fraicheur et son humidité , avec celui de l'Afrique.
C'est à elles seuiss qu’il fant attribuer cette végétation si forte, si abondante, si riche en sucs, et ce feuillage si épais, qui composent le caractère particulier du Nouveau-Contineni. »
En considérant ces explications comme suffisantes pour lAmérique-Méridionale et le Mexique, nous ajonterons, par rapport à l’Amérique-du-Nord, qu’elle n'a presque pas d’étendue dans la zone torride, et quan contraire elle se prolonge très loin dans la zone giaciale, dont les vents glacés la balaient du nord au sud depuis l'embouchure du Mackenzie jusqu'au delta du Mississipi, à cause de l’absence d’une chaîne qui en interrompt le cours. Ainsi, la colonne d'air glacial, inhérente à ce continent, ne se trouve pas contrebalancée par une colonne d’air
quatoriale. De là résulte une extension du climat polaire jusqu'aux confins des tropiques; l'hiver et l’été luttent corps à corps, les saisons changent avec une ra-
idité étonnante. Une heureuse exception
vorise presque toute la côtc occidentale de l’Amérique-du-Nord, laquelle, abritée des vents glacés par la chaîne Maritime et par la chaine. Centrale, jouit de la température propre à sa latitude.
Nous devons aussi corriger une opinion que, sur l’autorité de Volney, tous les géographes reproduisent, mais dont de:
récentes observations météorologiques,
alisés ; des couui se portent delan jusqu’au Péaînes de montarses et dont les iges s'élèvent bien en nuages ; l’amenait qui, après „ vont toujours us luiniaines ; des n sablonneux, et | susceptibles de r; des forêts imnt les plaines de rivières, et qui, ays les plus élo:- , montagnes, donmasses énormes pirées , Où «ui se a vég{tation ; lon nt, dans les parties un climat qui con- , par sa fraicheur icelui de PAfrique.
qu’il faut attribuer te, si abondante, » feuillage si épais, ctère particulier du
xplications comme érique-Méridionale jouterons , par rap- Nord, qu'elle n’a e dans la zone torire elle se prolonge glaciale, dont les ent du nord au sud du Mackenzie jusissipi, à cause de equi en interrompt lonne d'air glacial, ent, ne se trouve r une colonne d’air sulte une extension qu'aux confins des ’été luttent corps à gent avec une raheureuse exception la colo occidentale A, laquelle, abritée la chaine Maritime ntrale, jouit de la sa latitude.
rriger une opinion e Volney, tous les
météorologiques,
ent, mais dont de
faites pendant plusieurs années et sur plusieurs points, ont démontré le peu de solidité. C’est que la température des plaines du Mississipi, au lieu d’étre beau coup plus douce que celle des pays situés sur la côte de mat offre plutôt des excès de chaleur et de froid beaucoup plus grands que ceux qu’éprouvent les
ieux situés sur l’Atlantique, sous des latitudes correspondantes.
On peut dire, en général , que toutes les contrées situées au-delà des 50ème parallèles sud et noyd sont froides et ont un sol impropre à la culture des grains de l'Europe. Toute l’Amérique-Danoise, toute l’Amérique-Russe , à l'exception des contrées abritées par la chaine Maritime, presque toute l’Amérique-Septentrionale Anglaise ainsi que l’extrémité de la Patagonie, l’archipel des Malouines et les Terres - Antarctiques , appartiennent à cette classe de pays. Les régions élevées de la zone torride et les plaines des deux zones tempérées sont favorables, jusqu’à un certain point, à la culture des céréales de l’Europe, et même à celle de ses fruits, tandis que les contrées chaudes de la zone torride étalent les productions les plus précieuses du règne végétal avec une étonnante profusion. Nous ajouterons qu’en général toutes les côtes des contrées équatoriales, et même celles des pays situés à des latitudes encore plus élevées, sont malsaines ; les côtes qui bordent la mer des Antilles et la côte des Etats-Unis, sur l’Atlantique, jusqu’au-delà du 40° degré, sont sujettes à la fièvre jaune, qui y fait souvent d’horribles ravages.
MINÉRAUX. On peut dire, sans exagération, que les régions équatoriales de l'Amérique sont la patrie de l’or et de l'argent. Aucune contrée du globe ne possède d’aussi riches mines de ce dernier métal. L’énorme quantité d’argent mise en circulation par celles de Guanaxuato, de Catorce, de Zacatecas, de Fasco et de Potosi, a produit une véritable révolution dans l'industrie et le commerce des nations les plus policées de notre hémisphère ; les mines d’or de quelques cantons de l’Afrique et de la Malaisie (Archipel Indien), la Chine et le Japon, et, depuis quelques années, la chaîne de l’Oural, peuvent seules rivaliser en richesse avec celles de l’Amérique. Voici quelques faits positifs et curieux qui justifient le rang que, sous
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
le rapport minéralogique , nous avons assigne à l'Amérique ; nous les empruntons à la nouvelle édition de l’&ssaë politique sur le royaume de la Nouvelle- Espagne, et aux Fragmeng de Geologie et de Climatologie de M. de Humboldt.
„Il est impossible, dit ce savant, d’évaluer la masse d'or et d'argent qui est maintenant en exploitation sur toute la surface du globe: nous ignorons absolument ce que produisent l’intérieur de l'Afrique , l’Asie-Centrale, le Tonquin, la Chine et le Japon. Le commerce d'or en poudre, qui se fait sur les côtes orientales et occidentales de l'Afrique, et les notions que les anciens nous ont transmises sur ces contrées avec lesquelles nous ne sommes plus en relation, peuvent faire supposer que les pays au sud du Niger ou Djoliba sont très riches en métaux préciéux. On peut faire la même supposition à l’égard de la haute chaine de montagnes qui se prolonge au nordest du Paropamisus , vers les frontières de la Chine. La quantité d’or et d'argent que les Portugais et les Hollandais ont jadis exportée du Japon, prouve que les mines de Sado, de Sourouma, de Bingo et de Kinsima ne cèdent pas en richesse à plusieurs mines de l'Amérique. Sur les 73,191 mares ou 17,635 kilogrammes d’or et sur les 3,554,447 marcs ou 869,960 kilogrammes d’argent que Fon retirait annuellement au commencement du x1x° siècle de toutes les mines de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie-Boréale, l’Amérique seule fournissait 57,658 marcs d’or et 3,250,000 marcs d’argent, par conséquent 80 centièmes du produit total de l'or et 91 centièmes du produit total de l'argent. A la même époque toutes les mines d’or de l'Europe ne produisaient que 5300 mares ou 1277 kilogrammes, et celles d'argent 215,200 marcs ou 52,670 kilogrammes. L’Asie-Boréale ne fournis sait que 2200 marcs ou 538 kilogrammes d'or et 88, 700 marcs ou 21,709 kilogrammes d' argent. Dans l’éstimation du produit de l’or, on a eu égard à la forte diminution qu’ont subie les mines du Brésil .
depuis 1760 et surtout depuis le commencement du xrx: siècle. En 1804, toutes les colonies espagnoles d'Ameèrique ſournissaient annuellement en argent 3,460,000 marcs (le Mexique seul, 2,340,000 marcs); en or 45,000 marcs. » M. de Humboldt
value à 3444 francs 44 centimes le kila-pie d'or sp 222 42 e ogramme d' argent. 1811, cet
état de choses est bien changé. Pendant les guerres de l'indépendance , qui ont désolé ces magnifiques contrées, les travaux ont été suspendus dans beaucoup de mines; plusieurs ont du mercure si nécessaire pour l’amalgamation ; les eaux ont gagné plusieurs galeries dans les mines les 90 riches; des éboulemens considérables ont eu lieu dans d autres; et, lors de la reprise des travaux, les capitaux ont manqué I les opérations extraordinaires. s compagnies anglaises se sont formées en 1824 pour reprendre l'exploitation de ces mines abandonnées. Les journaux portaient leur capital à la somme énorme de 32,800,000 livres sterling; mais à peine 1,900,000 livres sterling a-t-il été souscrit, et cette somme n’a pas même été veréée en totalité. Un statisticien distingué, M. de Montveran, qui a résumé avec un talent remarquable les documens précieux rassemblés par MM. Ingham, Gallatin, Moore et White, pour répondre aux uestions posées par le congrès des tats-Unis , n'évalue le produit moyen de toutes les mines du Nouveau-Monde, pendant la période septénaire de 1824 à 1830 inclus, qu’à 33,870 marcs 3/4 d’or et à 838,857 marcs d'argent. La production
des métaux précieux a donc souffert une diminution de presque moitié dique et de trois quarts pe l'argent. les 33,870 mares 3/4 d'or, M. de Montveran a compris les 4411 marcs 3/4 l dit rovenir des mines de la Caroline-duord. Depuis la découverte de l’A usqu en 1803, les colonies E es et ortugaises ont donné, selon M. de Humboldt, en 311 années, 3,025,000 marcs d’or et 812, 700, o00 mares d'argent. Tout l'argent tiré du sein de la terre en Amé- M depuis trois siècles, formerait une sphère de 85 pieds de diamètre. À la page 658, nous avons déjà fait la comparaison entre le produit des mines d'or de l’Oural et celles du Brésil. Cet empire partage seul avec l’Inde, e de Bornéo et “Oral, l’avantage d’avoir des mines de diamant; on prétend même qu’elles ont fourni le plus gros que l’on connaisse. Le tableau suivant offre les contrées du Nouveau-Monde qui abondent le plus en pierres précieuses, en métaux, houille et sel. Dans chaqué article, on a essayé de placer chaque pays avant ou après un autre, selon la quantité plus ou moins grande du minéral qu'il produit. A se propos nous ferons observer qu’en admettant l'estimation du produit de l'or de la Caroline, donnée par M. de Montveran, les Etats-Unis devraient être aujourd’hui placés immédiatement après la Colombie.