‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 376 sur 597 · TABLEAU MINERALOGIQUE DE L'AMERIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU MINERALOGIQUE DE L'AMERIQUE

Dramans. Empire Brésilien, Minas-Geraes , etc. mpire Brésilien, Minas-Geraes, etc.; . de Colombie,

AUTRES PIÈRRES PRÉCIEUSES, Cundinamarca; république On. République de Colombie, l'Anda

département du Cauca; empire Brésilien, Mina Sonora

œique, la Pimeria-Alta dans l’état de

du Bas-Pérou: république: du Haut-Pérou; Etals-Unis où confé: Énson dans la Caroline-du-Nord” comté de Davidson dans la Caroline-du

tats-Unis de / Amérique-Centrale.

que América comté d' Sud, 29807

Chili; république du Bas. p. etc.

# + l'Atrato , le San-Juan, le Cauca, etc., dans le Choco. s-Geracs, Goyaz et Matto-g -et-Cinaloa, elc.; république du Chili; répu-

érou ross0 ; Etats-Unis du déralion Angio-

Ancenr. Elats-Unis du Mexique, Guanaxualo, San-Luis Potosi, Zacatecas, etc.; républi 22 N république du Chili; Etats-Unis de Rio de la Plata, Mendoza; Etats-Unis

ue-Centrale, et

4 etc.

Erain. Ré) 1 91 du Bas-Pérou; Etats-Unis du Mexique, Guadalaxara.

Mencuns. Rép

ique du Bas-Pérou; Etats-Unis du

7 ny etc.

Curvax. République du Chilis république du Bas-Pérou; Etats-Unis du Mexique; Blas- Unis,

New-York, ia

Prong. Ætats-Unis, Illinois (Galens), Missouri (comté de Washington), New-York, etc.; Etats- Unis du Mexique, etc.

FEsn. Klats-Unis, Wine Massachussetts, Connecticut, Sud- Caroline, New

York, Maryland, etc.; ta Amérique-Anglaise, Canada; Colombie:

CHARBON DE TERRE. #M6rique- Ang Î Pennsylvanie, eic. Chili, Peneo.

SEI. Elals-Unis

7 ew-Y Gallalin), Missouri, ete.; B U

Massachussetts (comté Barnstaple), Kentucky, I mérique-Centrale,

onduras 0 T ge,; cen jon Mexicaine, Oaxaca, Nouvelle nen, république as rou:*Balivia, Yocalla, Chiquitos; Amérique-Anglaise, nes Bahama, St.-Cbristophe, etc., dans l'archipel des Antilles.

du Mexique; 1 7075 Brésilien, St.-Paul, Minas-Geraes, etc.,; Conſederai 4 , ile Cap-Breton, Nouvelle-Ecosse, etc.

ion de l’Amérique-Centrate, etc.

Aale bn,

de la Plata; empire Brésilien, Rio-Grande do Norte, Parà, etc.; Etats- 65 (comté Onondaga}, 125 4 - ltinois (comité

Colombie,

3,025,000 marcs d'argent. Tout le la terre en Amécles, formerait une diamètre. A la page fait la comparaison nines d'or de l’Oural Cet empire partage de Bornéo et l’Ouir des mines de diane qu’elles ont ſour- } l'on connaisse. Le re les contrées abondent le plus en en métaux, houille article, on à essayé ays avant ou après antité plus ou moins

bar M. de Montveran, jent etre aujourd’hui

ubtique de Colombie,

, etc.; république

Mexique; Etabs-Unis, w-York, etc.; Elats-

, Sud-Caroline, Val Minss-Geracs, e

ge- Centrale, ete.

5 ede. Etnte-Unis,

vn. Les végétaux, dans le Nouveau-Monde , offrent plus de diversités ue dans les autres ons corresponntes pa leurs climats; et cette remarque est d'autant plus vraie qu’on porte davantage son attention sur ceux qui se rapprochent plus de la zone équinoxiale.

Bien que nous soyons loin de connaître la flore de plusieurs régions d'Amérique À nous pouvons néanmoins aflirmer qu'elle est généralement plus riche que cêlle des autres parties du monde. Plus de 15,000 espèces de phanérogames y croissent spontanément (la plupart appartiennent aux climats équatoriaux); et ce ne sont pas, comme en Europe et dans les pays tempérés, de ces plantes sociales qui semblent envahir une contrée entière, à l’exclusion de tout autre végétal ; car la nature en Amérique , plus variée dans ses productions, y a disséminé les individus tout en multipliant les espèces. Dans cette notice, cependant, notre intention se portera spécialement sur les végétaux qui, par leur structure si différente de celle des plantes d’autres continens, sont l’apanage de l’Amérique. .

Quoique la zone glaciale de l'Amérique n'ait été explore que sur quelques points du littoral, cependant l'état de sa végétation nous parait suffisamment connu, On ne peut comparer la pauvreté de la nature dans ces affreuses contrées qu’à sa triste uniformité. Les basses terres du Groënland, celles qui avoisinent les baies de Baffin et d'Hudson , nourrissent des plantes presqu'en tout semblables à celles des Hautes-Alpes d’Europe; et l’on sait que les régions hyperboréennes de notre continent ont, relativement à leurs productions, une grande analogie avec celles-ci. Ainsi la flore de l'Amérique glaciale et celle de la Laponie sont à-peu-près identiques. Quelques saules rabougris (salix herbacea, retusa, reticulata), des bouleaux (betula alba, nana), des peupliers (populus tr'epida), quelques pins au sombre feuillage, sont les seuls arbres qui s'avancent le plus au nord et résistent au froid en raison des nombreuses enveloppes corticales dans les uns, ou des sucs résineux dont le tissu des autres est imprégné.

Un nombre assez limité de plantes herbacées se font remarquer ct par les dimensions gigantesques de leurs fleürs, comparées aux autres parties, et par la courte durée de leur existence. Mais la rigueur de latempérature n'est pas un obstacle au développement des cryptogames. Plusieurs mousses et lichens couvrent la terre de ces contrées polaires, et semblent en exclure tout autre végétal. 5

Les bords du flenve St-Laurent et toute la région du Canada offrent, sous le rapport de la végttation , une transition de la zone froide à la

GEOGRAPHIE PHYSIQUE

zone tempérée de l'Amérique. C'est dans l'ile de Terre-Neuve qu'on trouve déjà de ces plautes particulières aux États-Unis, mais les végétaux du nord y domisent encore. Plus au sud, les eses se mulliplient et se font remarquer par eur beauté inco: nt plus grande que celle des plantes qui croissent dans l'Ancien-

Monde, sous les mèmes latitudes nu sous des chi-

mate dont la temperature est la mème, En effet, trouverons- nous en Europe, entre les 43° el 45° degrés parallèles, des arbres dont les leurs sient de 18 2 décimètres de largeur, et des feuilles longues de 3 à 6 décimètres, comme celles de certains magnoliers (magnolia glauca, tripelala)? Poarrions-nous faire entrer en ligne de comparaison les végétaux de nos forèts avec le diriodendron tulipifera, le pavia lutea, le cornus florida et le rhododendron maximum? Et parmi les plantes de genres européens, Je diversité, quelle élégance dans les espèces

e chènes , de pins et en général d'arbres verts e décorent les forêts de l'Amérique septentrionale !

Une foule de végétaux, les seuls que nous ayons pu véritablement acclimater en Europe, croissent naturellement aux États-Unis. C'est là que l'on observe le mélange des formes septentrionales et des formes équinoxiales: on y trouve des lauricrs (/aurus sassafras, Carolinensis), des passifiores (passiflora pellala, incarnala) des casses (cassia chamæcrista), des cactus, des bignones, des orchidées, etc. Michaux a donné les descriptions d'une grande quantité d'espèces de chènes indigènes des États-Unis dont le bois égale et même surpasse en dureté celle de notre quer cus robur. La belle famille des conifères s'y montre aussi sous des formes extremement variées; les pins, sapins et zenévriers sont surtout les genres les plus nombreux en espèces. Le myrica cerifera, arbrisseau de la famille des amentacées , est remarquable par Fusage que les Américains font de ses fruits dont l’enduit cireux sert à la fabrication des bougies. Au nombre des plantes herbacées les plus intéressantes par leur élégance oula singularité de leur organisation, nous citerons plusieurs espèces de lobélies (obedia cardinalis, syphililica, etc.), et la fameuse dionæa muscipula, dont les feuillessont terminées par un appareil propre à saisir les insectes que la fatalité amène sur ce piège. Cette jolie plante croit dans les lieux marécageux, ainsi que d’autres qui se trouvent également dans deslocalités analogues de la zone équinoxiale du même continent ; tel est lecabomba aquatica, Ne ga naturel à la Guyanne et dans les Carolines.

Un certain nombre de plantes européennes (sans parler des plantes introduites par la culture) croisseut naturellement dans cette région de l’Amérique. Parmi celles-ci, on distingue les /ianœa borealis, génliana pneumonanthe, saxifraga aizoon, dryas octopelala, etc. Mais il est à remarquer que ces plantes appartiennent aux con trées froides , et que ce sont celles qui varient le moins.

Les végétaux de la côte Nord ouest d'Amérique

ont de grands rapports et avec ceux des Elats- Unis et avec ceux de la Région -Sibérienne d'Asie, Nous avons vu un certain nombre de plantes rapportées de l'ile d'Unalaschka d'un voyage Tait sur les côtes depuis la Californie jusqu'au détroit de Bering, et par lesquelles nous avons pu vérifier ce rapprochement. C'est de celle région d'Amérique que divers voyageurs anglais , et particuliérement M. Douglas, ont rapporté en ces derniers temps une foule de plantes qui aujourd'hui font la décoration de nos parterres; tels sont les c{arckia pulchella, coreopsis lincioria, escholtsia california, plusieurs nothera, lupinus, ele.

Si nous portons nos regards surles contrées qui se trouvent le plus au sud de l'Amérique septentrionale, nous verrons une tout autre végétation que la précédente ; ce sera celle des climats équatoriaux modifiée par la hauteur absolue du sol. Ainsi, tandis que les côtes du Mexique et lelittoral des iles Antilles nous présenteront les végétaux

ropres aux contrées les plus chaudes du globe. es hautes chaînes de montagnes qui règnent du nord au sud et sur le continent et dans les Îles, nourriront des planies dont la structure aura les plus grands rapports avec celle des plantes de la région tempérée, et mème plusieurs espèces qui appartiennent à celle-ci se représenteront à des latitudes rapprochées de l'équateur. Nous ne saurions donc mieux faire que d'emprunter à M. A, de Humboldt les divisions de la zone équatoriale, dans la partie située entre les 17° et 21° degrés de latitude boréale, en région chaude , en région tempérée et en région froide.

La région chaudc est celle où la hauteur du sol varie entre o et 600 mètres. La température moyenne de J'année y est de 26° centigrades. Les différences de température que l'on observe entre le littoral oriental et le littoral occidental de la Nouvelle-Espagne , entre la température de Vera- Cruz, par exemple, et celle d'Acapulco, entre celle des côtes des îles et celle de l'intérieur des terresde ces mêmes iles, tiennent plus à leur exposition aux vents et à leur élévation au-dessus de la mer qu’à leurs latitudes diverses. Entre autres plantes particulières à cette région, on remarque plusieurs palmiers (cor>pha, oreodoxa) des borraginées (cordia gerascanthus, tournefortia velutina, etc.), des légumineuses (bauhinia, hœæœmatoxy ion, hymenæa, etc.), des labiées (salvia, hyrptis), des rubiacées, des solanées (crescentia), etc., etc.

Dans la région tempérée, la chaleur moyenne de l'année est de 25°-17°, “. Cette région, que l'on désigne aussi sous le nom de plateau du Mexique, est élevée de 600 à 2200 mètres au-dessus de la mer. On y rencontre beaucoup d'arbres et des plantes frutescentes, parmi lesquelles on distingue quelques chènes (quercus xalapensis, obtusata, glaucescens, laurina); taxzus montana; er.

rom lum mexicanum: piper aurilum, terminale, etc. C'est de là aussi que proviennent les Dahlias, le cobæa scandens, ces plantes actuellement si répandues en Europe, où elles croissent avec la plus grande facilité et qui sont les plus beaux ornemeus des jardius,

Toluca et les autres lieux du Mexique, dont l'élévation est de 2200 à 4700 metres, forment la région froide, En effet, la chaleur moyenne y varie entre 17°, 6’ el 0°, 6“. Là, s'élèvent des montagnes couvertes d'une neige perpétuelle , et sur les limites de laquelle croissent des caryophyllées et des rhodoracées, familles presque toutes indigènes des climats septentrionaux. Daus leslocalités moins élevées, on rencontre un grand nombre de plantes qui appartiennent aussi à nos genres européens, muis qui en différent spécitiquement. Ainsi il y a des valérianes, des roses, des gullum, des pinguicula , des violettes, des sauges , etc. Un arbre qui a fait l'admiration des voyageurs, tant par la beauté de son port et de sou feuillage que par la singulière organisation de ses organes floraux, croit près de Toluca. Nous voulons parler du cheirostemon platanoides de Humboldt et Bonpland, que d’autres botanistes ont aussi nommé chiranthodendron, dénominations qui répondent à celle d'arbol del manilas des colons espagnols, et qui donnent une idée de la conformation de ses étamines dont l'ensemble simule assez bien les cinq doigts d'une main humaine, On a cru pendant long-temps que cet arbre était unique à Toluca, mais le savant botaniste mexicain Cervantes a assuré à MM. de Humboldt et Bonpland qu'il y en avait des forèts entières au nord de cette ville.

Toutes les contrées basses siluées sous des latitudes proches de l'équateur, tout le littoral du Continent-Américain, soit oriental, sait occidental, depuis le Mexique jusqu'au sud du Brésil et du Pérou, en y comprenant les terres basses desiles nombreuses qui se trouvent sur les côtes, sont caractérisées par une végétation tout-àfait particulière. La nature y est si variée dans ses productions qu'il serait téméraire de vouloir dans une courte notice, esquisser seulement quelques traits de son immense tableau. Contentons-nous donc de parler ici de .ces plantes si utiles à homme qu'il leur a, pour ainsi dire, attaché son existence, et de celles dont le nombre des individus est tel, dans certains pays, qu'il en détermine la nature et l'aspect.

Les palmiers, ces princes du règne végétal, crouissent tous dans les climats des tropiques, à l'exception du dattier et de quelques ham.

rops. Quelques-uns habitent le penchant de montagnes assez élevées; tel est, par exemple, le ceroxylon andicola., que les savans voyageurs déjà cités ont rencontré dans les montasnes de Quiadiu au Pérou. C'est sur l'écorce de cet arbre que les indigènes recueillent une cire très propre à l'éclairage. Les autres palmiers, dont le nombre est si considérable que nou sommes forcé d'en taire les noms génériques et spécifiques, sont très communs dans les plaines ou sur les collines de toute cette partie de l'Amérique et principalement dans la Colombie, à la Guyane, au Brésil, etc {est surtout dans ce dernier pays que les palmiers abondent; ils y sont tellement diversifiés qu'ils ont fourni au célèbre voyageur allemand, M. de Martius, le texte d'un superbe ouvrage enrichi de planches qui représentent le port

nd

ux du Mexique, dont 4700 mètres , forment „la chaleur moyenne „ . Là, s'élèvent des e neige perpétuelle , et e croissent des caryonées, familles presque ts septentrionaux. Dans on rencontre un grand partiennent aussi à nos jui en différent spécitivalé rianes, des roses, sula , des violettes, des i a fait l'admiration des sauté de son port et de singulière organisation croit près de Toluca.

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de l'arbre et les détails de son organisation.

Les coutrérs équinoxiales de l'Amérique offreat, dans les fougères arborescentes , un coupd'œil admirable à l'Européen qui aborde pour la

première fois sur ces plages. Quel n'est pas 80 ctognement quand il voit, pour la première fois, ces plantes si modestes, si cachées dans nos climals, se présenter avec toute la majesté des pins et des palmiers? Les nombreuses espèces de cyathées (crathæa arborea, speciosa, muricata, elc.), de pterides, d'aspidies, de doradilles (asplenium arboreum), forment un des traits caractéristiques de la flore des Antilles, de la Nouvelle-Andalousie, près du couvent de Caripé, de la Nouvelle-Grenade, aux environs de Guaduas et d'Icononzo, ainsi que dans les vallées du Pérou, entre Loxa et le fleuve des Amazones , et dans le Mexique, près de Xalappa.

S'il fallait passer en revue toutes les autres richesses végétales que la nature déploie dans cette

rtie de l'Amérique, nous parlerions de ces nomux cactus dont les tiges simulent de vastes candélabres sur les côtes de Cumana, et surtout de ce cactus coccirullifer qui fait la fortune d'une partie du Mexique, fortune que le courageux Thierry de Menvnville voulut faire partager aux colonies françaises ; nous.citerions les forèts d'araucaria du Chili et du Brésil, le cacao ({4eoéroma cacao), le rocou (bixaorellana), le bois de campeche (4æmaloxylion campechianum), le bananier (ausa paradisiacu) , l'ananas (bromelia ananas), et tant d'autres végétaux, nonseulement utiles à leur pays, mais devenus nécessaires à l'Europe pour ses arts et ses manufactures. 11 faudrait aussi nous étendre sur les plantes introduites dans les îles du Nouveau- Monde et dont la culture, si multiplièe, a presque totalement changé l'aspect de ces régions : tel est, par exemple, la café. Nous n'omettrions pas également de faire connaître les principaux lieux où se cultivent en grand le sucre, le coton, etc.; mais on sent que toutes.ces indications, si elles étaient plus détaillées, nous entraineraient audelà des limites que comporte une simple notice.

Depuis les voyages de MM. Auguste St-Hilaire, Martius et Pohl au Brésil, nous possédons de bons renseignemens sur l'ensemble de la végétation de ce vaste pays. C'est dans leurs ouvrages qu'il convient d'étudier les espèces éminemment utiles, comme l'ipécacuanha (vephaelis ipecacuanha) , le faux quinquina (sérychnos pseudoquinaà), les theobroma, jatropha, etc. Mais nous profiterons de l'aperçu d'un voyage dans l'intérieur du Brésil, sorte de compte rendu que M. de St-Hilaire a présenté aux savans, immédiatement après son retour, pour faire connaître, d'une manière générale , la distribution des plantes, soit dans l'empire Brésilien „soit dans la «i-devant province Cisplatine et dans les Missions dites du Paraguay.

Tous les voyageurs ont parlé de ces immenses forêts vierges du Nouveau-Monde, immenses par l'étendue du terrain qu'elles occupent et par les dimensions gigantesques de leurs arbres ; la belle gravure publiée par M. le comte de Clarac, représeutant un site pris dans l'intérieur de leur

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épais fourré, a complété l'idée que peut s'en former un Européen peu familiarisé avec l'aspect d'une nature sauvage el vigoureuse. Malgré les progrès de la civilisation sur le continent de l'Amérique méridionale , les furèts vierges occupent encore de vastes régions. Ainsi, celles qui come mencent près de aneiro s'étendent en largeur à plus de 60 lieues. Dans la capitainerie dle Minas-Gerses, l'incendie en a fait disparaitre plusieurs qu: ont été remplacées par des pâturages.

Dans le district de Minas-Novas et sur les larges plateaux qui le recouvrent, il est un autre genre de forêts appelées carascos par les habitans, et forèls naines par M. de St-Hilaire, parce qu'elles se composent d'arbustes d'un mètre à-peu-près de haut, trés diversitiés , mais où cependant domine une mimeuse épineuse (mémnosa dumetorum), dont le feuillage est d'une extreme elegance. Enfin, lorsque le terrain s'abaisse et devient égal, comme par exemple au-delà de Villa-Dofanado, on trouve des bois qui tiennent le milieu entre les forèts vierges et les carascos. Les caltingas (c'est ainsi qu'on les appelle) présentent un épais fourré de broussailles, de plantes grimpautes et d'arbrisseaux au milieu desquels s'élevent,,comme des baliveaux, des arbres de moyenne grandeur. Par l'effet de la sécheresse, les cattingas perdent leur verdure et ne sont plus la retraile d'une foule d'oiseaux et d'insectes comme pendant la saison des pluies.

Les hautes montagnes du Brésil offrent un nombre de végétaux plus considérable que les campos dont nous avons parlé. Parmi les plantes particulières aux montagnes des environs de Villa- Rica, dans la capitainerie de Minas-Geraes, M. Auguste St-Hilaire @ remarqué les vel/losia, genre d'amaryilidées, dont les espèces vivent en société et sont des arbrisseaux à rameaux étalés et couverts de fleurs bleues, violettes, quelquefois blanches, et aussi grandes que nos lis.

Dans l'hémisphère austral, une végétation, analogue à celle de l'Europe, commence à des latitudes plüs rapprochées de l'équateur. Ainsi, les environs de Montevideo sont couverts de plautes qui appartiennent, à peu d'exceptions pres, aux genres qui composent la flore française : il est vrai que plusieurs d'entre elles y ont été naturalisées. De ce nombre es! le cardon (cinara cardunculus) qui infeste les campagues du Rio de la Plata et de l'Uraguay.

Pour compléter cette esquisse de la végétation américaine , il nous resterait à décrire. les régions péruvienne et chilienne, celles de Buénos- Ayres et des Terres-Magellaniques. Mais, parce que nous connaissons des plantes du Pérou , nous aurions à répéter beaucoup de ce que nousavons dit sur la végétation générale du Mexique et du Brésil; car, des localités presque semblables, le voisinage de la ligne, des températures analogues, doivent produire des étres sinon absolument les mêmes, du moins très ressemblans dans leur organisation. Le Pérou et la Colombie sont néanmoins la patrie des espèces de quinquinas (cinchona. condaminea, oblongifoia. eic.) les plus célèbres par leurs propriétés

RS a long - temps cru qu'aucun véritachinchona ne croissait loin des Cordilières dans l'A Sud; mais M. Auguste de St-

Hilaire en a rencontré au Brésil trois espèces qui rivalisent , par leurs qualités physiques , avec espèces péruviennes.

L'Amérique méridionale est censée la patrie primitive de deux végétaux éminemment utiles à l'homme, c'est-à-dire de la pomme-de-terre (sodanum tuberosum) et du maïs (mais 3ea). Mais de quelle contrée d'Amérique sont-ils originaires? Celle questlon, depuis 3 agitée, et sur laquelle M. A. de Humboldt n'a pu prononcer, puisque nulle part dans ses voyages , il n'avait rencontre la pomme-de-terre AE: a été résolue, il y a quelques années, par l'envoi de tubercules à la société horticulturale de Londres, tuberculessauvages, nainset arrondis, provenant d'une localité dans le Chili, où ils étaient très abondans, et qul, cultivés, ont donné d'autres tubercules et des individus en tout semblables à ceux de nos pommes-de-terre. M. Bertero, voyageur aussi instruit qu'intrépide, a également trouvé en abondance la pomme-de-terre sauvage aux diverses localités du Chili, principalement aux environs de Quillota, d'où il nous a envoyé de nombreux échantillons, Quant au maïs, un Brésilien fort instruit en a envoyé à M. de St- Hilaire, des échantillons venant sans culture dans les missions du Paraguay. Les fleurs femelles de ce maïs sont bien réunies en grappe comme celles de nos contrées, mais elles offrent cette particularité que chaque fleur partielle est recouverte par des enveloppes glumacées semblables à celles des autres graminées.

La Patagonie, les îles voisines et les Terres- Antarctiques sont à peine connues; on sait seulement , par la petite quantité de plantes qu'en ont rapportéeles voyageurs, que celles-ci, tout en offrant de l'analogie avec nos végétaux hyperboréens, sont néanmoins caractérisévs par un aspect fort singulier. Les mousses, les hichens et autres cryptogames se rencontrent ici, mais sous des formes assez différentes de celles des cryptogames du Nord. S'il est possible d'avoir une idée juste de la végétation des Terres-Magellaniques, c'est par la connaissance de celles des îles Malouines dont nous possédons, grâces aux talens et au zèle de MM. Gaudichaud et d'Urville, une flore assez complète. Les mêmes piantes ont été trouvées sur les plages de ces îles et du détroit de Magellan. 11 faut néanmoins tenir compte de la nature de ces diverses contrées. Les Terres-Magellaniques sont hérissées de montagnes assez élevées où croissent, nous n’en doutons pas, des plantes particulières, tandis que le sol des Malouines est à-peu-près uniforme, formé d'une tourbe spongieuse qui provient du détritus des plantes, dont les générations se succèdent et meurent sans disparaître du lieu, c'est-à-dire sans qu aucun animal n'en fasse sa proie. Aucun arbre ne se montre sur cette terre dont la monotonie est décourageante. Le plus grand végétal est un arbuste de 6 pieds, et, chose très reniarquable, il appartient au genre veronica. Quelques synanthérées, un grand nombre de graminées,

lichens et des mousses , y sont Nous n'omettrons e de , Commun à ces iles

e gommier des Malouines. Cette ombellifère orme, sur la terre, une touffe verte , dure et ferme, uefois haute de s pieds, et outes les parties de la plante sont rem

suc x blanc qui rougit et durcit à l'air,

Telle est l'indication des richesses végétales que la nature déploie avec luxe et a dans l'Amérique. Cette indication est sans doute trop succincte pour compléter les idées qu'on doit se former sur cette matière ; mais nous n'avons eu d'autre but, dans cette notice, que de nére de l'intérèt sur un sujet qui a tant de connexion avec la géographie physique du Nouveau-Monde.

amimauz, Ni l'Asie, ni l’Europe, ni l’Afrique n’ont, dans l'ensemble de leurs animaux , une physionomie aussi caractérisée que PAmérique; il faut se reporter au temps où Colomb découvrit cette portion de notre planète, pour concevoir quel dut être l’émerveillement des naturalistes à la vue de tant de ja ag aussi riches que variées, aussi belles que capricienses

ans leurs formes. Tous les cadres d’histoire naturelle furent brisés par cette masse d’êtres jusqu' alors inconnus, et c’est de cette ère que la science jeta de profondes racines, en exploitant une masse imposante de faits ; elle traça des limites que les découvertes récentes ont remplies, mais sans les déborder, Les premiers travaux qui firent connaître la création de cette partie du monde rappelleront les noms des Léry , Laët, Margraff, Fernandez, Pison, Acosta, Nieremberg, Nocheſort, Feuillée, Dutertre, Gomara, Garcilaço, Sloane, Catesby, Labat, Edwards, Plumier, Browne, Bancroſſt, Fermin, elc., etc.

La grande majorité des genres de l’Amérique lui est propre, et est sans analogie avec ceux des autres parties du monde.

Cependant, liée à l’Asie par sa partie boréale, elle possède la plupart des animaux qui vivent sous les glaces polaires ou qui se sont avancés à traversles steppes de la Sibérie. Beaucoup d'especes européennes se sont aussi fait jour dans l’Amérique Septentrionale, et les pue ne sont plus, dans cette région, diflérens pour la plupart de ceux du vieux monde, tant il est vrai que cette adhérence territoriale et l'influence de température imposent des identités dans la texture intime des ani-

| richesses végétales que a dans

„ni l’Europe, ni l’Al'ensemble de leurs onomie aussi caractéil faut se reporter au Écouvrit cette portion ur concevoir quel dut pt des naturalistes à >ductions aussi riches elles que capricienses Tous les cadres d hisent brisés par cette u’alors inconnus, et ne la science jeta de

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GEOGRAPHIE PHYSIQUE

maux. Quant à la intertroplale , elle possède la 33 la richesse de vetie zone, observée soit en Afrique soit en Asie; mais la grande partie de ses genres lui appartiennent en propre et 3 sans exce „

meme que l'Afrique conserve dans sa légion Capensienne Ph cage vds un cachet indélébile de création, de mème aussi l’Amérique-Méridionale , jetée en longue pointe au milieu des tempètes du pôle austral, affecte dans son le une création à une nature qui lui est — :4ù Puis, si l’on réfléchit aux régions variées , aux circonscriptions de bassins que présente cette surface du monde, on

evra sentir combien les profondes et riantes forêts du Brésil et de la Guyane, doivent recéler d'animaux différens de ceux des Florideset des hauts plateaux du Mexique , du Pérou et de la chaine des Cordilleres, des Etats-Unis et du Chili, des vastes Pampas de la Patagonie ou des froids bassins de la côte nord-ouest ; de la chaîne Missouri-Colombienne 8 Mountains), des sables de la Californie ; des prairies rases des Malouines, des rochers couverts de neige de la Terre-de- Feu, etc., etc.

L'Amérique, qu'un vieil usage nomme encore le Nouveau-Monde, bien que ce nom convienne plutôt à l'Australie, l'Amérique nourrit une grande famille de singes divisée en nombreuses tribus, et dont les genres et les espèces sont sans analogues avec les singes d' Afrique ou d'Asie. C'est en effet dans les régions brûüläntes du Brésil, de la Nouvelle-Espagne, de la Guyane, qu'on rencontre ces alèles aux longs bras, se balançant sur les lianes des bords de l'Orénoque, ces lagotriches à queue prenante, ces alouates à la voix de steulor, ces sapajous maraudeurs, ces sagoins si gracieux , ces singes de nuit dormeurs et à tete arrondie, ces sakis à barbe d'israélite, ces ouistilis fantasques et si vivement peints, ces lama rins au pelage noir ou à crinière dorée, ainsi qu'on voit ce rosalia ou marikina si es imé des créoles. Nul quadrumane ve s'offre en Amérique ; mais en revanche les chauves-souris y comptent plus d'un genre, bien qu'on ne puisse y citer une seule roussette, car ces carnassiers frugivores sont exclusivement asiatiques. Mais les pAyilosomes, mais le vampire sanguinaire, les madatées, les glossophages, les artlibées, les monophiles , les thaphiens, les mormoops, des vespertilions, des nyclicées, des dy opes, des nyctinomes, sont répandus aussi bien au nord que dans le sud, aussi bien au Brésil qu'à la Guyane. Quelques nusaraignes fréquentent les rives du Missouri, et deux scalops sont propres à la Virginie, au Canada et à la Pennsylvanie. Toutefois les cond lures, ad nez en-

plaines de la Rivière de la Mia Colombia, plaines si bien décrites per Ce sont l'ours brun, l'ours „ Mais

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Pallas et l'ours blanc, « les

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fauves. C'est en Amérique que viveal ce raton ami de l'eau, ce crabier errent sur les rivages et mangeant tout ce que la mer y regelte; c'est au Brésil qu'on rencontre ces conti eu nez mobile, ce Ainkqjou à queue prenante ; c'est su Lobrador et chez les Esquimaux que se plaisent les blaireaux, les wolverennes, diverses martes, la sibeline, le vison et autres es répandues au Chili, en Pennsylvanie , etc. Les mouffeltes si puantes sont sans — 4 1 de la partie du monde qui nous occupe. loutres ne sont nulle part en plus grand nombre, nulle l'objet d'une chasse aussi active qu'à la nordouest, Les chiens et les renards sont abondans dans la partie boréale, et comment ne pas citer ce chien des Esquimaux, ce chien de Terre- Neuve, vi précieux pour l'homme, ces renards aux belles fourrures décrits dans ces derniers temps par le capitaine Sabine. L'Amérique aussi a geg canis carnassiers et voraces ; ce lou noir si robuste, ce loup ro ou agouara-guasou du Paraguay, celui du Mexique, ceux des prairies du Missouri, témoignent que le nature a été prodigue d'animaux sur ce sol fécond ; elle a mis des bornes à sa | br en graduant le nombre des êtres inoffensifs à ceux qui ne vivent que de chair et de sang. Comme l'Ancien-Monde aussi l'Amérique possède de grandes espèces de chat. Ce ne sont plus ce tigre dit royal aux longues rayures noires, ce ion emblème de la force et blen à tort de la magnanimité ; mais ce sont ce couguar que les relations aomment le féon des Péruviens , ce ligre unicolore de Surinam, le couguar noir de Cayenne, ce jaguar que Marcgrave a nommé a, ce jaguarondi du Chili, ces divers espèces iynæ du Canada; cetocelot, cet era, ce marguy, ce chati, ce collocola, ce pageros et dix autres des régions cliaudes et tempérées, des vastes forèts, comme des pampas et des savannes. Sur les côtes de Terre-Neuve, sur les rochers du cap Horn apparaissent diverses espèces de phoques, objet d'armemens coûteux et de pèches commerciales lucratives.

Parmi les marsupiaux , un genre riche en espèces est entièrement américain : c'est celui des sarigues, animaux munis d’une poche pour serrer dans le danger leur progéniture ; quine connaît le marmose, l'opossum des Anglo-Américains, les micourés, le iuan, etc.,etc.? C'est à la Guyane que vit le cuironecte yapock. Quant aux rongeurs, il serait beaucoup trop long de les mentionner avec quelques détails; il nous suffira

de citer es noms de ces lamias qui se creusent des terriers; ces écureuils bariolés de lignes blenches sur un fond très coloré, ces guerlinguete, ces anisony x, ces sciuroplères au parachule aérien, ces spermophiles aux abajoues, ces clénomes, ces mériones eharnus, ces saccomys aux joues boursouflées, ces ruls variés, telsque sigmodon,cynomis, néotomes,elc.,etc.

C'est en Amérique qu'habitent les échimy's, les copromys, les mynomes, les polamys et ces singuliers viscaches et chinchilla à la douce fourrure et de la taille des lapins. Fe Canada a été jadis célèbre par l'abondance de ses castors, architectes habiles, et par ses ondalras musqués. C'est encore dans l'Amérique du Nord que vivent ces porcs-épics urson, ce coëndou, ce cou et cet orico si bien revètus d’épines. Enfin de timides lapins, des lièvres, le tapéti, pullulent dans les prairies rases et sur tous les points de ce Continent ; tandis que les pacas, les agoulis, le cabiai, le cobaye et le moco semblent propres au Paraguay, au Brésil et à la Guyane.

lest une famille tout américaine , dont les espèces, protégées par des cuirasses solides, ont reçu des Espagnols le nom d'armadillos et d'encouberios. C'est principalement au Brésil et au Paraguay, et mème à la Guyanne que viventces tatous encoubert, noir, des bois, apar, cachicame, tatouay, que rappellent dans Ancien-Monde et les oryctéropes du Cap et les pangolins. Mais c'est exclusivement dans l'Amérique chaude que se rencontrent les fourmiliers à la langue extensible. les brady pes paresseux, l'unau et les als, et c'est au pied de la chaîne des Andes qu'on a découvert le bizarre chlamyphore. Le mégalonyzx et les mastodontes, dont les ossemens ont été trouvés en Géorgie et sur les bords de l'Ohio, sont éteints depuis long-temps, sans doute, et remplaçaient dans le Nouvau-Monde les éléphans de l'Ancien. Deux £apirs, l’un des marécages torridiens et l’autre des pentes des Cordillères, le malpouri et le panchaque sont deux pachydermes de grande taille, qui lient la créalion américaine à celle de la Malaisie par l'existence du tennù de Sumatra, tout en y remplaçant les rhinoceros. Les pécaris, ces sortes de cochons à glandes suintant une humeur fétide sur le dos, y tiennent lieu de sangliers européens ; de même que les chameaux y sont remplacés par les lamas et les vigognes, et par l’utile et inoffensif a/paca. L'original des Canadiens, le rhenne du nord, peuplent les contrées glacées eb le pourtour du golfe St-Laurent, tandis que le wapili rappelle par ses formes sveltes celles de notre cerf, Le cerf de Virginie, le guazoupoucou, le guazouti, le guazoupila, les tämémazames, les cariacous sont les représentans naturels des gazelles et des antilopes qui n’y existent point. Ces dernières y sont remplacées par des sortes de ruminans à longs poils, voisins des chèvres, les rupicdpres. Le bison ou buffalo et le bœuf musqué sont les plus grands quadrupèdes des Etats-Unis. Le premier aux formes hideusesnous retrace l'aur'ochs, ce bœufde nos anciennes forêls Hirciniennes, relégué aujourd'hui au fond de la Sousabe et de la Russie. Tout-à-fait

au nobd, sur les confins de la Sibérie, apparail

l'argali: et sur les montagnes du Canada est relégué le mouflon américain, races typiques de nos moutons et de nos brebis. Quant aux cétacés parcourant en liberté les mers qui baignent les rivages, beaucoup d'espèces sont au nord communes à l'Amérique et à l'Asie, et les dauphins, les baleines , les cachalots y sont l’objet de peches intéressantes pour le commerce.

L'Amérique offre la mème richesse et la même variété dans les oiseaux. Dans nulle contrée il n'y en a un plus grand nombre de vivement colorés, etnulle part aussi on ne trouve plus de genres qui soient dk caractéristiques. Si Afrique et ses dés serts possèdent l'autruche , si la Malaisie et l'Australie ont des casoars, les plaines rases de la Patagonie sont parcourues par des troupes agiles de nandu, l'autruche d'Amérique de toutes les relations de voyages. Dans les savannes de la Guyane vitce sariama qui rappelle le messager du Cap; puis des essaims d'oiseaux de proie s'abattent en maraudeurs sur tous les points de sa surface , et il nous suffira de citer dans les vautours, ces condors des Andes, objets de mille fables populaires, ce catharthe roi, couronné de lambeaux de chair , ces urubus fétides; dans les falco, cesiribins et ces rancancas, ces pygargues du nord, ce chima-chima et ce chimango de la Plata, ces harpies puissantes et cruelles, ces cymindis au bec en hamecon, ces macaguas rieurs, ces elanus et nauclerus luisans, et de nombreuses espèces d'éperviers, de buzards, de buses et de chouettes qui se creusent des clapiers.

Les couroucous dorés et massifs n'abandonnent guère les zones échauffées de l'Amérique, et l’on sait qu’ils ont des représentans dans l'Ancien-Continent. Le sasa mangeur d'arum ne quitte point les marais de la Guyane, tandis que vivent exclusivement sur ce continent les anis, les coucouas, les laccos, divers payes, mais surtout les guirus, les barbacous etles tamatins. Si l'Asie et l’Afrique ont leur calaos au bec démesuré , l'Amérique a les foucans ei les aracaris à langue barbelée et singulière, La famille des perroquets dont les races sont multipliées à l'infini et les espèces aussi uombreuses que les moineaux, présente dans la contrée qui nous occupe les aras au cri rauque, les araras aux joues nues, les amazones au plumage vert, les avouas, les criks, les papegais, les calcas et les guaroubas. C'est toujours sous l'influence d’une vive chaleur que se colore le plumage si métallisé de ces jacamars émeraudes, de ces jucumerops, auxquels s'adjoignent les pics, les marlins-pécheurs, les todiers et les motmots. Mais quelle variété n’offrent point ces manakins rouges, jaunes, noirs à tête de feu , ces beaux r'upicoles à crète distinguée, ces colibris et ces oiseaux-mouches, vrais bijoux sortis des mains d’un lapidaire ; et dont les habits scinlillent du feu des rubis, des topazes, des émeraudes, etc, Aux guil-guils azurs, aux fourniers sombres, viennent s'unir ces picucules, ces sillines et ces synallaxes du Brésil, de la Guyane et du Paraguay.

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Le tÿjuca noir, des pies magnifiques, des geais et des cci'beaux, les balaras ouvrent en Amérique cette longue série d'espèces où vienneni se classer les somptueux colingas, les averanos, les procnias, les pies-grièches làrabas, les manikups, les bécardes, les {yrans, les yetapas, les conopophages, ies grallaries, les merulaxes, des merles, etc. Il est une famille très nombreuse exclusive à l'Amérique, c'est celle des troupiales, comprenant les caciques, les carouges, \lesamblyramphes, elc.; et les moineaux y ont des représentans dans les paroaires, le chipiàs, les tardivoles, les jacarinis, etc. Des colombes variées, le mégalonyx du Chili.

les allagis, les linochores se présentent avec une longue suite de grands oiseaux gallinacés devenus précieux daus nos basses-cours, tels sont les hoccos, les pauxi et les dindons. Des lagopèdes, des gélinottes pullulent dans la partie nord, et nos cailles y sont représentées par les colins , tandis que les mégapodes malaisiens sont remplacés par les linamous timides , et que les pénélopes rappellent les formes des-touracos. C'est en Amérique que vivent les singuliers échassiers nommés kamichi, chaia, agamis, héliornes, courliri, helias et savacou au bec bizarre; tandis que les rivages sont couverts de vanneaux, pluviers, échasses, liemipalmes, spatules et flammans, hérons et tantales, et que les mers soit Pacifique , soit Atlantique, qui les balgnent dans une immense étendue, sont peuplées de pélicans au large gosier, de frégales au vol puissant, de mn, s au bec anomal, de Aarles, d'alques et cérorhynques, de manchots, de sphénisques et de gorfous, vrais représentans des pingoins du Vieux-Monde.

Dans les fleuves du Mexique, de la Louisiane, de la Floride et des états méridionaux Anglo- Américains, le calman à museau de brochet, dresse aux animaux les mêmes embûches que le crocodilus aculus à St-Domingue et à la Barbade, les caimans à lunettes et à paupières osseuses, dans les fleuves de la Colombie et des Guyanes. Six espèces de crotales ou serpens à

sonnetles infestent toutes les bosses terres sait littorales , soit méditerranées de l'Amérique et de l'archipel Antillien depuis le 45° degré nord jusqu'au Rio de la Plata. D’autres serpens venimeux, des pale s'embusquent dans toutes les forèts du Brésil et de trois des pelites Antilles, la Martinique, Ste-Lucie et la Grenade.

De nombreuses couleuvres, des orvets de toutes couleurs, des batraciens, des rauen de

te taille, font de l'Amérique une des contrées es plus abondantes en reptiles.

Les poissons y présententces nombreuses auances que nous avons vues déjà régner dans les mers d'Asie. Ainsi aux poissons pélagiens et chasseurs des hautes mers se joignent les poissons saxatiles des côtes rocheuses, ceux qui se cachent dans le sable ou dans le limon des embouchures des fleuves; et de mème que l'Amérique possède les plus grands courans d'eau douce, de même aussi les poissons des fleuves y abondent et leurs noms fourniraient un trop long catalogue. Les grands squales, Îes larges raies, les bancs de morues et de gades sont pour les peuples de ces climats et même pour les Européens, l'objet de pèches qui font vivre des populations entières,

Les mollusques terrestres etfluviatiles ; les insectes, les zoophytes prouvent dans leur repartition le mème luxe que nous avons indiqué pour les animaux des classes supérieures. Ces êtres sont distribnes par parallèles, et ceux du nord n’ont rien de commun avec ceux du sud, et ceux des côtes baignées par l'Océan-Atlantique diffèrent complètement de ceux qui vivent dans les eaux de l’Océan-Pacifique. La purtionaustrale possède une création neuve, peu connue, très remarquable, et c'est là que pullulent les concholépas, naguère si rares et qui dans leur patrie servent à faire de la chaux, lescrépidules, les fissurelles, tant d'Lolothuries, d'alcyons, de boltenia, de pyura, etc., etc. C’est par millions d'individus que le Brésil et la Guyane nous envoient les insectes si brillans que ces contrées produisent, insectes devenus, par leur abondance, vulgaires dans les collections.

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