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CHAPITRE IX

De la population des villes et de la dificulté d'en déterminer le chiffre.

Lorsqu'on veut déterminer le nombre d’habitans qui se trouvent dans une ville, il faut d'abord examiner à quelle classe elle appartient; car les villes, de mème que les états, doivent ètre divi- ‘sées en deux classes : 1° celles qui sont déjà dans le domaine de la stalistique ; 2 celles qui n’en font pas encore partie. À la première classe appartiennent sans distinction toutes les villes où l'on a déjà fait des recensemens assez suffisans pour faire connaitre le mouvement de la populalion ; les autres doivent ètre rangées daus la

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s'conde classe. Ces dernières villes sont ordinair-ment situées dans les états qui eux-mêmes ne sont pas encore entres dans le domaine de la sta-

tistique.

Parions d’abord de la population des villes comprises dans la première classe, Si les voyageurs, si les géographes, si les stalisticiens avaient soin de foire remarquer les diverses circonstances qui

ent modifier le résultat de leurs calculs, Porsqu'ils indiquent la population d'une ville, nous n’aurions à signaler que quelques erreurs de peu d'importance, et qu'il est meme bien difficile d'éviter, quand on évalue une population nombreuse; mais malheureusement les uns et les autres oublient de noter bien des circonstances essentielles, silence qui devient la source intarissable d'erreurs ct de fausses opinions sur la population des villes. Nous allons signaler ici les omissions les plus importantes, omissions qui nuiseut essentiellement aux progrès de la science:

I. On néglige souvent de mentionner si les évaluations ne comprennent que les habilans qui se trouvent dans l'enceinte de la ville méme, ou si elles réunissent la population de: faubourgs, celle des maisons de campagne isolées, des villages, des châteaux et des bourgs qui dépendent du territoire de la ville. Le là vient cette grande variation que l'on

r:marque dans les tableaux statistiques des au-

teurs même contemporains. Les uns ne rapportent que le chiffre de la population qui existe intrà muros ; les autres y ajoutent celui des faubourgs et des fermes les plus voisines ; quelquesuns enlin y comprennent la population du canton cutier, II est tel petit village du nord de la Suède etde la Norwège où l'on ne trouverait pas la cinquième partie de la population que les gtogravhes les plus estimes lui assignent. Le chiffre de la population attribuée à la plupart des villes de l'Italie, del’Espagne, dela monarchie anglaise, de l'empired’Autriche, et en général à toutes les villesde l’Europe et de l'Amérique ne comprend pas seulement le nombre des habitans de la ville proprement dite, mais aussi la population des faubourgs et des communes de tout le canton. Eclaircissons ceci par quelques exemples. 8 D'après le recensement que l'on fit à Pa bor en

1810, cette ville possédait dans l'enceinte de ses

murs 31,174 habitans; mais on en comptait 12,177

dans les ſaubourgs, et 17,633 dans les neuf commu-

nes qui forment le canton. Voilà trois évaluations différentes de la population de Padoue, d'après lesquelles un voyageur, un géographe et un sta-

tislicien pourraient attribuer à cette ville : 31,174

habitans sculementdansie premiercas,43,351 dans

le second, et 60,984 dans le troisième. D'après le recensement qui a été fait en 1832, ces trois évaluations seraient de 36,381 habitans pour le · premier cas, de 60,981 pour le second, et de 78,318 pour le troisième. En 1824, on comptait à VIENNE 289,598 habitans bourgeois, dont 49,550 demeu

raient seulement dans la cité proprement dite; les autres étaient disséminés dans les trente-quatre faubourgs de cette ville et dans les cinq villages qu Tavoisinent, tels que: Herrnhals, Neulerchenfeld, Währing, Fünfhaus et Simmering.

dont la population s'élevait à 15,806. En 1826, celte capitale avait280,805 habitansbourgeois ainsi répartis : 61,625 dans la ville proprement dite, 215,030 dans les trente-quatre ſaubourgs, et14,250 dans les cinq villages qui sont hors de la ligne d'enceinte. Desauteurs contemporains, justement estimésd'ailleurs, ne sont pas d'accord non plus sur le chiffre de la population de Scuzuntrz en Ho „Celle grande différence provient de ce que les uns n’ont compris dans leurs calculs que les habitans de la ville proprement dite, et que les autres ont tenu compte des habitaus disséminés sur son vaste terriloire, où se trouvent les céle- Lres mines de ce nom.

La population de la ville d'Onessa, sur laquelle les géographes sont si peu d'accord, n'avait, en 1829, dans l'intérieur des limites du port franc, que41,552 habitans; mais si l'on y eût compris les villages qui sont en-delors des limites, elle en aurait eu 60,000. La capitale de la Bavière, Moxicn, àlaquelle on ne donne ordinairement que 60,000 âmes , en avait cependant 95,718 à la fin de 1829; mais voici comment ce nombre était réparti:

79,630 dont 4863 militaires dans la ville proprement dite, 9505 dans le ſrubourg de 4% 4501 à Haidhausen ; et 2182 à Obergiesing.

Les géographes et les stotisticiens anglais comprennent dans l'évaluation de la population, les paroisses qui se trouvent dans la circonscription administrative dont la ville est le centre. Ainsi, lorsque d'âprèsle dernier recensement fait à Lonvres, on a porté le nombre des habitans de cette ville à 1,624,034 habilans, on a compris dans ce chiffre non-seulement la population des fau- Lourgs, mais encore celle de toutes les paroisses qui font partie des districts de Vesiminster et de Southwark, quoique soumis à une juridiction

différente de celle du lord-maire. Le comté de

Middlesexz où se trouve précisément la ville

de Londres n'a, d'après le dernier recensement,

que 1,358,200 habitans, nombre inférieur d'un cinquième à celui que nous avons donné plus haut. On peut en dire aulant de la population de

NewcasTie, dans laquelle on a compris celle de

Gateshead, que l'on a regardé comme un de ses

faubourgs, quoiqu’au fond cette banlie ne n’appar-

tienne pas au comté de Durham. Les exemples ne nous manqueront pas dans le Royaume-Uni.

D'après le recensement faiten 1821, Srockront,

dans le comté de Chester, avait 44,957 habitans,

dont 21,726 seulement demeuraient dans la ville.

Suxrrizrp, dansle comté d' Torx, avait 62,115

habitans, dont 42,157 demeuraient dans la ville.

A la mémeépoque, EntusourG , capitale de l'Ecos-

se, avait 138,235 habitans, mais sur ce nombre

9870 apnartenaient à La Canongale, 650,597 à

Saint-Cuthbert, 7025 à North-Leith, et 18,975

à Soulh-Leith,

L'après ce que nous venons de voir, ilestévident que l'on commet une erreur grave lorsqu'on veut comparer d'une maiſière absolue la population des villes de la Grande-Bretagne à celle des villes de la France. M. Galibert, à qui nous avions communiqué le dernier recensement fait dans la Grande-Bretagne, a publié dans la Reue Britannique un article fort intéressant dans lequel il

Cependant landis qu MINGHAM, tion est to ne l'est ré tions adjac.

On compt ment faite demeurent du Nord ( ſaubourgs VANE, en 18 la vie pro de la Salud 3989 dans cel Lazare, 2000 au Ce venait à réur de tous ces b attribuerait totale de 96 Nous ſeron phes anglo tion de Bosr putent celle Boston, au 61,392 habi comprendra autres lieux Il, On o les militairé non dans le dont on ind est de peu d mier ordre égard à la dans ces de Peu sensible parle de Pet lin, dont la sidérable, e nombreuse q de l’Anglete très sensible dont la garn de la popula Eu 1813, il

n 1926, ois ainsi nt dite, et14,250 la ligne stement son plus ANITZ en nt de ce culs que et que les sséminés les céle-

: laquelle avait, en ort franc,

glais comlation, les nscription tre. Ainsi, | fait à Lonins de cette ris dans ce n des faues paroisses inster et de juridiction Je comté de ent la ville ensement, érieur d'un donné plus ppulatiou de pris celle de me un de ses ene n’appares exemples oyaume-Uni.

STOCKPORT , 987 habitans, dans la ville.

avait 62,115 dans la ville.

tale de l'Ecosr ce nombre te, 50,597 à uh, et 18,975

il est evident lorsqu'on veut opulation des e des villes de

a prouvé que, pourcomparer entre elles les deux populations de Lonxpazs et de Pants, il faudrait d' bord ajouter à la population actuelle de Paris, celle de Montrouge, de Pasay, des Batignolles el des autres communes limitrophes; tenir compte ensuite du chiffre de la population flottante et de la garnison quise trouvent à Paris, chiffre qui avait été omis sur le recensement; en un mot, que pour avoir des élémens co: „ I aurait fallu soustraire 200,000 du de la population at-

. tribuée à Londres, et en ajouter 100,000 au moins

à celui de la population de Paris. Ce que nous ve-

nons de dire de Paris et de Londres est applicable

à Toutes les grandes villes de la France et de l'Angleterre. À Lvon, par exemple, le nombre des habitans passe pour bien moindre qu'il ne est en effet, car on ne comprend jamais dans le recensement de cette ville la population de la Guillotière et de la Croiæ-Rouase, qui sont cependant comme les deux banlieues de Lyon, tandis qu'à Mancarsren, à ‘LiverrooL, à Bin- MiNGHAM, à Evtusourc, le chiffre de la population est toujours porté beaucoup plus haut qu'il ne best réellement par la réunion des populations adjacentes.

On compte à #niLADELPA1E, d'après le recensenent fait en 1830, 167,841 habitans, dont 80,458 demeurent dans la ville, 68,380 dans les faubourgs du Nord (Northern suburbs) , et29,003 dans les faubourgs du Sud (Southern suburbs). À la Ha- VANE, en 1810, on comptait 43,175 habitans dans la vine proprement dite, 28,419 dans le faubourg. de la Salud, 11,625 dans celui de Jesus- Maria, 3989 dans celui de Jesus del Monte, 2588 à Saint- Lazare, 2290 à Horcoa, 2218 à Regla, et 2000 au Cerro. Si un voyageur ou un géographe venait à réunir dans ses évaluationsla population de tous ces bourgs qui sont attenans à la ville, il attribuerait à la capitale de Cuba une population totale de 96,304 habitans.

Nous ferons observer enfin que si les géographes anglo-américains caleulaient la population de Bos rom comme les géographes anglais supputent celle de leurs villes, le recensement de Boston, au lieu de ne présenter qu'un chiffre de 61,392 habitans, s’éleverait à 80,000, car alors il comprendrait les habitans de Charlestown et des autres lieux circonvoisins.

il, On omet aussi très souvent d'indiquer si les militaires tenantgarnison sontcompris ou non dans la supputation qu’on fail des villes donton indique la population. Cette omission est de peu d' importance dans les villes de premier ordre comme Londres et Paris; car eu égard à la population immense qui se trouve dans ces deux capitales, la différence seraittrès peu sensible; mais il en est autrement, lorsqu'on parle de Pétersbourg, de Vienne et de Berin, dont la population est relativement peu considérable, et où la garnison militaire est plus nombreuse que dans les capitales de la France et de l'Angleterre; mais cette omission est surtout très sensible, lorsqu'il s’agit des places fortes, dont la garnison fait souvent le tiers ou le quart de la population bourgeoise.

Eu 1813, il y avait à PÉTERSDOUNG, 285,600 ha-

POPULATION DES VILLES

bilans, sur lesquels 65,056 étaienc militaires. En 1823, la garnison de Moscov se composait de 22,194 soldats sur une population de 246,545 habilans. Au commencement de 1826, Visnns comptait, d'après Robrer, 20,000 soldats sur une population de 300,000 âmes. D'après le recensement que Ton fit à Panis en 1817, sur 713,966 habitans qui formaient la population de cette ca „ 17,078 étaient militaires; en y joignant les invalides, qui sont au nombre de 3192, il y avait alors à Paris 20,265 militaires. À Benin, en 1826, on comptait 199,776 habitans bourgeois et 16,464 mi

litaires. À Vexise, en 1817, il y avait 101,639 bourgeois et 6700 militaires ; en 1817, à Vansovir, 76,000 bourgeois et 10, 000 militaires. À MAY EN ock. en 1816, il y avait 40,000 soldats sur une population de 25,254 habitans. A Sévasroroz, en Crimee, la population ne s'élève guère qu'à 2000 ames; mais elle est ordinairement de 15,000, lorsqu'on y comprend le personnel de la flotte

qui y séjourne une 4 partie de l’année. À A es

OLuurz, le nombre des habitans s'élève à 12,000; mais si on y comprend les militaires, la population s'élève alors à une vingtaine de mille âmes, Avec une population de 20,000 habitans , Ginnazran possède une garnison de 6000 hommes, qui s'élève à 10,000 dans les temps de guerre. Les forteresses de Pauma et de Pxscntzux, dans les provinces vénitiennes, celles de Ziwernazuo, de Cusraix et de Toncau, dans la monarchie prussienne, renferment des garnisons qui égalent presque la population de ces petites cités,

ll. On oublie souvent aussi de dire si l’on comprend dans le chiffre de la populatiun les étrangers et les prisonniers civils. Cette omission n’est pas très importante, lorsqu'il ue s’agit que de villes populeuses; mais il n’en est pas ainsi, lorsque leur population n’est pas très considérable. À Pérerssourc, en 1813, la population entière était de 286,690 habitans , et le nombre des étrangers s'élevait à 35,687. A Mani, (n 1825, d’après le calcul fait par M. Minano, la population s'élevait à 201,344 habitans, et le nombre des Ctrangers était de 19,931. À Narces, d’après le recensement fait en 1822, le nombre seul des étrangers était de 10,662, tandis que le chiffre de la

population entière s'élevait à 344,916 habitans, non

compris les militaires, les marins et les galériens

Les détenus civils dans les 1. isons de Panis, en 4817, étaient au nombre de 3235, et, en 1826, à Vizvonne, en Belgique, ils formaient presque la moitié de la population. À la même époque , les petites villes de Racnir, dans la Prusse orientale, de WenDen, dans le geuvernement de Dusseldorf, el le village de BrauWEILER, avaient, la première, 300 prisonniers et les deux derniers, 500 chacun. ‘La population des Au{ks qui se trouvent dans les iles Bznnupks, est encore dans une proportion bien plus grande, par rapport à celle du chef-lieu de cette colonie anglaise.

La population des lieux renommés par leurs eaux minérales, par leurs rendez-vous de commerce ou de dévotion, présente aussi de grandes variations à certaines époques de l’année, différences qu'il est important de constater lorsqu'on considère ces lieux sous le point de vue stalisti-

que. Ainsi, ze petit village de Bantozs, dans le département des llautes-Pyrénées, est presque entièrement désert pendant l'hiver , et se 2 au beau temps. Toariirs et KanLssaD, en me, Babs, en Autriche, Banz, dans le grandduché de ce nom, Sea, dans la province de Liège, Wisssavex, dans le duché de Nassau, ete. , etc., se trouvent dans le même cas. Ici les

résident pendant une grande partie de l'année , et peuvent être en quelque sorte considérés comme faisant alors partie de la permanente decesendroits , tandis que dans les lieux qui sont devenus des rendez-vous de commerce ou de pélerinage les étrangers ne sont qu'une population occasionnelle très passagère dont la résidence n'est que de courte durée, circonstances essentielles à noter et qui donnent une idée plus exacte des villes qu'on décrit.

A Mauaniey, petite ville sur le Volga, on comp-

te, pendant le temps de la foire, un très grand

nombre d'étrangers qu'il serait ridicule de regar-

der comme faisant partie de sa population. Lorsque cette foire fut transférée à Nuni-Novconon, la population de cette ville, qui est ordinairement de 14,430. habitans , s'éleva, durant la tenue de la foire, à plus de 70,000, Aujourd'hui, les Russes, les Arméniens, les Persans, les Polonais, les Allemands se rendent en si grand nombre à la foire de Novgorod, qu'on n'y compte pas mains de 150,000 personnes. À l'époque où les bateaux qui remontent ou descendent le Volga arrivent à ‘Tven, en Russie, la population de cette ville s'accroît, dans l'espace de deux ou trois jours, de 12,000 àmes. Les foires de Lxirsien, de Fnancronr, en Allemagne, de SinicaGLtA et de Ben- GAME, en Italie, de Bxatcainz, en France, attirent dans ces villes beaucoup d'étrangers, mais pour quelques jours seulement. Il en est de meme des fameuses foires de Dusxo, en Volhynie, d'ineur et de Iexisseïsx, dans la Russie-Asiatique, et des lieux de dévotion et de pélerinage où se rendent, à l'occasion de certaines fêtes, un grand concours de personnes: SAINT-JACQUES DE ConrosTELLE, en Espagne, LongrrE, en Italie, TENrau, en Egypte, la Mecque, en Arabie, Huanwan, JAGGERNAUT, dans l'Inde, Ce n'est pas sans intention que nous avons consigné ici ces remarques; car plusieurs voyageurs se trouvant dans ces villes à l’époque de ces solennités leur ont donné une importance qu'elles ne méritaient pas. Ainsi, on a prétendu que Taxran était la ville la plus peuplée de la Basse-Egypte, et on lui a attribué une population qui ne s'y trouve réellement qu'à l'occasion des trois foires qui s'y tiennent à l'époque du grand pélerinage des Musulmans,

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