‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 455 sur 597 · OCEAN IE · texte numérisé non relu

OCEAN IE

Sounacanra, grande ville, assez bien bâtie à la manière des Javanais; le kraton ou palais impérial, où réside le sousounan, est très grand et se compose d'une foule de bâtimens différens. Le quartier habité par les Européens est bien construitet défendu par un fort, où il y a toujours une garnisou hollandaise, En 1816, on estimait vaguement à 106,000 àmes la population de cette ville, qui est plutôt un assemblage de nombreux villa. ges qu'une ville proprement dite dans le sens que l'on donne à ce mot en Europe. DiocsocanTa, autre grande ville, située au sud-ouest de la précédente, à environ 15 milles anglais de l'Océan, C'est la résidence du sultan de Djocjocarta, descendant du rebelle Mancobumi, reconnu comme prince indépendant de l'empereur par les Hollandais en 1758. M, Hamilton estime à 100,000 âmes sa population pour l'année 1816. Sa construction ressemble à celle de Souracarta,

Voici les monumens les plus remarquablesqu'on a découverts depuisle commencement du xix® siecle: À BRAMBANAN, village dans la province de Matarem, entre Souracarta et Djocjocarta, on voit plusieurs temples ruinés, dont il reste encore debout une partie des murailles et plusieurs colon · nes. Dans les ruines du (emple de R obondgla m, on voit deux stalues colossales, renversées et en parlie rompues, représentant les deux gardiens du {chandi ou temple. Des (chandis de Loro-Djongrang'se composaient de vingt édifices différens, tous ‘avec des enceintes et des entrées particulières ; le plus grand avait 90 pieds anglais de hauteur. Sur le frontispice de la porte d'entrée on a trouve la statue de Loro-Djon-

ng, de 6 picds de haut; selon Raffles, c'est la même divinité que Bahawani, la meme que Devi ou Dourga de l'Hindoustan; elle a sous ses pieds un buffle et est pourvue de huit ou dix bras; elle saisit le vice par les cheveux et le terrasse ; les autres parties du temple renferment des s{atues de Ganesa, de Chiva et d’autres divinités hindoues. Toutes ses immenses constructions sont en pierre de taille, sans mortier ni ciment ; et les plantes qui ont poussé au milieu de leurs débris les couronnent de verdure, les couvrent de leur ombrage et leur prêtent des beautés pittoresques qui ajoutent à leur aspect vénérable, A 420 toises, au nord-est du temple de Loro-Djongrang, on trouveles Tchandi-Siwou (Mille-Temples), 1 est impossible de contempler un plus grand nombre de colonnes, de statues, de bas-rciiefs entassés sur un mème terrain; tout est terminé et poli avec une perfection extraordinaire, et tout ces monumens prouvent beaucoup d'art, d'invenlion, un goût pur et très exercé. Ici, les statues des gardiens ou portiers du temple ont 9 pieds de hauteur, quoique agenouillées; leurs grosses faces ont une expression de gaité qu'on ne retrouve pas dans les autres monumens „ l'ie, ni dans ceux de l’Hindoustan. Chacun de ces ‘em. ples forme un parallélogramme qui a environ 640 pieds anglais de long sur 510 de large, ils sont à-peu-près tous construits sur le même plan, et le style de l'architecture, les costumes et les em-

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OCEANIE-OCCIDENT ALE ou MALAISIE.

dous ; tous sont exactement orientés, et leurs p. g grands côtés font face à l'orient et à l'occident. La distributios intérieure, comme dans les temples de Loro-Diongrang, est en forme de croix, et

la plus de toutes les salles se trouve de mème au centre. À KaLi-BEenino, village situé gur le chemin de à

Brambanan à Djocjocarta, on rencontre les restes d'un temple semblable à ceux de Tchandi-Siwou et de Loro-Djongrang; mais les ornemens y sont exécutés encore avec plus d'art et d’habileté.

À l'autre extrémité des possessions de ces princes vassaux , à l'est de la rivière Solo, on trouve une foule de ruines monumentales. A Kediri on voit un lemple mahométan, nommé Astana- Djedong, qui montre, d'après la régularité de sa structure, le poli et l'élégance des matériaux dont il se compose, qu'il a évidemment été construit avec les débris d'anciens tchandis javanais. Les fondemens des maisons, les restes de murs et d'édifices qu'on trouve encore dans cette ville, prouvent que tous les anciens monumens ont été détruits et abattus exprès, et même avec beaucoup de travail et de peine, lors de l'introduction de l'islamisme. Toutes ces ruines sont des restes de l'antique ville de Dana, dont il est souvent fait mention dans les annales javanaises. Au pied de la colline de K/otock, qui est une prolongation du mont Willis, à 2 milles anglais à l’ouest de Kediri, sont des chambres creusées dans le roc vif, ornées de statues, de bas-reliefs et de sculptures; à Sentoul, à l'est de Kediri, on voit au milieu d’une antique forêt un petit édifice construit avec une rare élégance; les entablures des murs qui l’environnent sont ornées dans l'intérieur par des sculptures finies avec le plus grand

soin ; au sommet de l'édifice est un réservoir d'eau

d'une assez grande dimension, et sous ses fondalions on a creusé.une chapelle souterraine ; il paralt avoir été un tombeau. Aux envirdns de G d a, village peu éloigné de celui de Rlitar, est un temple en brique dont les ernemens sont en pierre ; la construction et les sculplures sont exécutées avec une surprenante habileté, En s'avançant vers le nord-est on contemple les antiquités de Penataran, rangées parmi les plus considérables et les plus curieuses de Java. Le plan de ces édifices démontre qu'ils étaient destinés à des usages pieux et à l'liabitation d'un assez grand nombre d'individus ; ils occupent un espace de forme oblongue, qui se trouvait partagé en trois parties distinctes et entouré d’un mur extérieur; l'entrée principale est gardée par deux slatues colossales. Une figure de RelcAa, à A visages, supérieurement finie, est placée dans un pelit temple qui, par la grâce, la multitude et le poli des ornemens, surpasse tous ceux dont nous avons parlé. A environ 20 milles géographiques à l'est de Souracarta, et dans le voisinage du village de Souxou, on voit d'intéressantes ruines sur une des collines qui entourent la base du majestneux mont Zawou, Une des principales est une pyramide tronquée, s’élevant sur le sommet de trois terrasses superposées les unes au-dessus des autres; auprès sont des obélisques, des colonnes, el des sculpiuresen partie renversées. La longueur

des terrasses est d'environ 157 pieds ; la 1°° a 80 pieds de hauteur, la 2° 30 et la 2° 130 pieds ; la porte d'entrée de ce temple est aussi en pyramides et les bas-reliefs que

epervier, serpent, sy l'antique Egypte. Ce temple est parfaitement orienté, Ces ruines offrent une statue gigantesque d'homme, avec des bras ailés comme les chauvessoutis, souvent reproduite en bas-relief avec quelques varialions ; des statues avec un trident à chaque main ou des massues; une autre avec un phallus de six pieds de long, sur lequel est unc longue inscription. Toutes ces sculptures sont moins bien exécutées que celles de Boro-bodo, de Malang ou de Brambanan, décrites aux 81176, 1177,et 1178; elles rtiennent évideminent à une autre époque. I n'existe à cet égard aucune tradition dans le pays, mais deux inscriptions découvertes parmi ces ruines portent les dates de 1361 et de 1362.

ILES qui dépendent géographiquement de JAVA. En négligeant une ſoule d'ilols peu importans, ces Îles se réduisent aux suivantes: Madura, qui fait partie de la résidence du souverain; son territoirè est partagé en trois princes indigènes, qui gouvernent, sous la suzeraineté des Hollandais, les trois districts de Fangkalan , de Pamakassan et de Sumanap. Le panumbahan, ou prince de Sumanap, a été élevé à: la dignité de sullan, en 1825, par le gouverneur-général Van der Capellen, en récompense des services éminens qu'il avait rendus au gouvernement hol landais. BANG&ALAN , PAMAKASSAN et SUMANAP, svnt les résidences de ces trois princes indigènes,

L'ile de Bali (Petite-Java), divisée en huit petits royaumes indépendans , dont les principaux sont les suivans : Carrang-assem (Ka:

rang-Assem), qui est le plus puissant, el dont dépond l'ile de Lombock; Giangur, qui vient après lui pour la-puissance; Tabanan, Blelling (Bliling) et 1 Klong-klong; ce dernier dominait jadis sur tonte l'ile; leurs chefs-lieux respectifs portent le même nom. II y a sur la côle sud, à Bali Badong , une baie ouverte, où mouillent les navires néerlandais. Bali est une des parties les plus peuplées et les plus intéressantes de l'Océanie, par la belle race d'hommes qui l'habite, dont la religion et les institutions furent autrefois celles de la plus grande partie de la Malaisie civilisée.

L'ile de Tombock, régie par un radlah tributaire de celui de Carrang-Assem ; ses habitans

‘sont bons agriculteurs; le prince réside dans la

petite ville de Maranan, située sur le détroit de Lombock. Le gouvernement Néerlandais vient de s'assurer par des traités, de la suzeraineté des iles de Baliet Lombot, dans le but surtout de faire cesser les déprédations que son commerce svail à souffrir de la part des Balinois. L'ILE pu Puince el autres iles moins étendues dans le détroit de la Sonde, sont inhabitées.

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