‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 454 sur 597 · MALAISIE · texte numérisé non relu

MALAISIE

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4 uelques détails sur les lieux les plus reles de cette florissante colonie :

"Danslarésidence de Batavia, on trouve:

Baravia bâtiesur l'emplacement de l'ancienne ville de Jaccatra, sur les bords de la rivière Tjili wong. Cette ville est très importante comme capitale de loutes les possessions néerlandaises dans l'Océanie, etlapremière ville commerçante de cette partie du monde, car elle est le centre du commerce que les Hollandais font avec la Chine, le Japon, l'inde et les autres îles de la Malaisie. On peut dire que la ville actuelle a été bâtie de nos jours, puisque la plupart des édifices qui ornaient l’ancienne Batavia ont été démolis sous l'administration du gouverneur-général Déendels, qui avait eu l'idée de l'abandonner entièrement à cause de son insalubrité, et de faire de Sourabaya la capitale des rossessions orientales de la monarchie Hollandaise. Quoique ce projet ne fut pas exécuté, il s'efforçca cependant d'accélérer, par son exemple, l'abandon de l'ancienne ville, qui avait déjà commencé avant son arrivée. Le château, les remparts et tous les ouvrages extéricurs furent ra-

rto); Malaram , dans 14277 sud.

ses par son ordre. II ft bâtir de superbes 4 sernes, avec des habitations commodes et ele tes, pour les officiers de la garnison, dans — térieur, à la hauteur de Welte vreden. ut % Aa luimeme et fit clever un palais spacieux, destiné aux gouverneurs généraux. Les habilans européens un peu fortunés suivirent l'exemple du gouverneur; ils désertèrent la ville pour occuper des maisons bâties sur un plan plus convenable au climat de ces contrées, le long du Molenuliet, du canal de Ryswik et à Wellevreden , et quel ques années plus tard de long du vaste nes Plein:et sur le chemin de Meester Cornelis.

Pendant l'occupation anglaise , les nouvelles batisses s'élevèrent sans aucun plan fixe ou régulier, et les maisons des Européens se trouvèrent disséminées dans l'intérieur, au milieu des villages ou des campagnes des indigènes. La ville proprement dite tomba de plus en plus en décadence : les plus beaux quartiers furent démolis les uns après les autres, et, daus ce moment (1843), elle n'était plus habitée que par les Chinois, les Portugais, descendans des colons européens primitifs

1174 OCEANIE.

et par quelques vieux colons hollandais. Ou y voit el bureaux de Vadministration muni-

meree , reçut toutes les était ne gr PA Per le 8 — re ues canaux, par le cu quelques au per 10 Late cimetigres el des voiries, et par l'élargissement et la propreté des rues, Le séjour «le l'ancienne ville était justement réputé un des plus mälsains du monde entier, comme le prouvent les faits iacontestables que nous avons vilés à la page 1197. -- La nouvelle ville peut se placer, pour la salubrité, à côté des autres villes ile Java.

Alln que le lecteur puisse se former une idée de cette ville dont la construction générale diffère tant de celles de notre Europe, nous allons lui tracer l'itinéraire dans les quartiers européens donné par M, le comte de Hogendorp. a n débarquant au port, dit cet habile et savant administrateur, ou comme on l’appelle sur les lieux, au Room, on a devant soi l'ancienne ville, on la traverse en prenant par trois ou quatre rues assez fréquentées pendant la matinée, mais tout-à-fait désertes pendant le reste du temps. Au bout de l'ancien faubourg ou Builen Neuw-poortclraat, un peu plus habité que le reste, on arrive aux quartiers modernes, c'est-à-dire, à une file de jolies habitations entourées de jardins plus ou moins grands, sur les bords du canal de Muolenvlietet de Ayswÿk, sur une longueur d'environ trois quarts de lieue. A l'issue de ce canal on a devant soi une grande plaine carrée pareillement entourée de maisons européennes ; c'est Weltevréden, ou le quartier mililaire; en p "nant à la droite, on voit une autre plaine, à-peu-près carrée, nommé Je Konings Plein, aussi entourée de charma habitalious particulières. En traversant Wellevreden, on se retrouve sur la grande roule menant à Ruitenzorg, le long de laquelle les habitations d'une architecture moderne se succèdent de nouveau, pendant une bonne lieue et demie, jusqu'au-delà du fort de Mecster Cornelis. Ajoutez à cela quelques allées latérales aboulissant au caual ou aux carrés dont nous venons de parler, comme le Prinsen-Laan, le chemin de Gounong Saharie,le chemin de Tanabang.eic., et l'on pourra se faire une idée de la capitale de nos possessions orientales, telle qu'elle est au- Jourd'hui. Entre et derrière ces différens quartiers européens, se trouvent les quartiers des habitans Asiatiques et des Chinois; le quartier principal de ces derniers, ou c chinois est hors de l'enceinte et à l'ouest de l’ancienne ville, dont il formait comme un vaste faubourg ; mais, à la longue, ils se sont glissés partout, et on les voit maintenant établis de tous côtfs, surtout dans les bazars situés entre les quartiers que je viens de citer.» à

La rade de Balavia est aussi sûre que belle et parsemée d'une quantité de petites iles; la plu-

rt sont inhabitées maintenant, mais presque tes avaient été utilisées autrefois les.

chantiers, ou des te liers. La de ces iles est Onrust(Poulou LT Malais), sur le

f Inquelle la Compagnie avai han à ag ru bee

vaisseaux pouvaient être et même care nés; des magasins complets de munitions et autres choses nécessaires à l'équipement des vaisseaux ; un grenier de réserve, pouvant contenir 2000 on mr ou près de 1760 tonneaux de riz ; de fort belles habitations pour les employés; enfin deux moulins à vent et une église ; plus de 600 ouvriers européens, outre les koulis (hommes de peine iu digenes) 1 étaient constamment employés. En 1823, M, Van der Capellen fit renaltre en partie ce bel établissement ruiné pendant la guerre el l'uccupation anglaise, Dans ce moment (1843), on y met la dernière main en le dotant d'un bassin, avec machine à vapeur, e

Les bâlimens remarquables de Fancienne ville sont les vastes asins dans l'enceinte du ci-devant chateau; les bureaux de la marine el de la douane, l'entrepôt, les lombongs, magasins construits en bois pour les récoltes de café; la Bourse, la Banque de Java, la Faclorerie de la Société de commerce; l'Adtel de ville, l'hôpital des Chinois, el la Portugaise ,église du culte protestant inalais. Dans la ville xouvelle, on trouve nd ar an caskrhes militaires de #eltev n, le palais du gouvernement, l'hopital militaire, \'église catholique, la prison pour des Européens, la loge maçonnique, la cantine militaire, le club des officiers, et la salle de spectacle : ces bâlimens entourent la place de Wellevreden;la Place royale (Konings plein), l'église Guillaume, joli temple protestant, Une nouvelle citadelle s'élève dans ce moment entre celle place et celle de #ellevreden. Le long du canal de Ayswrk se trouve l'Adlel du Gouverneur général, qui n'est qu'une belle maison, l'harmonie , où l'on donne les grandes fêtes, et l'Hôtel de la Société litiéraire.

La capitale de l'Océanie Hollandaise n'offre pas beaucoup d'établissemens litléraires, mais elle possède en revanche la société des arts et des sciences,qui est le premier corpssavani établi Par les Européens dans l'Orient; ses savans mémoires lui ont mérité une juste célébrité ; une bibliothèque assez riche est placée dans le bel édifice où elle tient ses séances. Un musée d'histoire naturelle, établi en 1836, donne à cette société un nouvel intérêt. Parmi les écoles, nous ne citerons que l'école primaire du gouvernement, fondée à Weltevreden en 1817; c'est le principal établis sement de ce genre, auquel la plupart des famil! européennes envoient leursenfans. La populatio de Batavia ne s'élevait en 1824, d’après un recensement exécuté avec la plus grande précision qu'à 63,861 âmes, non compris les officiers de tout grade, leurs familles, les militaires, et tout ce qui appartient à la garnison de Weltevreden; dans ce nombre 23,108 élaient Javanais ou Malais.

14,708 Chinois, 12,419 esclaves, 3025 Européens et C1 Arabes. Quarante-trois navires, dunt 7 du port

tent (1843), On y ant d'un bassin,

20 Pancienne dans l'enceinte u de la marine | Lombongs, marécoltes de café; ja Factorerie de te ville, l'hôpital glise du culle prouvelle, on trouve taires de Welternement, dpi ue, la prison pour nique, la cantine rs, ei la salle de urent la place de e (Konings plein, le protestant. Une ce moment entre vreden. Le long el'adtel du Goudune belle maison, s grandes fètes, el nie.

landaise n'offre pas éraires, mais elle té des arts et des prpssavant élabli ent; ses savans mée célébrité ; une bicée dans le bel édin musée d'histoire ne à cette société un es, nous ne citerons vernemeni, fondée le principal établis plupart des famill nfans. La populatio 4, d'après un recen rande précision qu'à les officiers de tout itaires, et tout ce qui Weltevreden; dans avanais ou Malais.

es, 3025 Européens el avires, dunt 7 du port

OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE.

de plus de 400 lonneaux, et un bâtiment à vapeur armateurs et des maisous de

d'arek, les briqueleries , les chaufourneries, les lanneries, les teintureries, les fabriques de chandelle, de pole- *

Dans la résidence de Bantam, où 1 24 dépo-

uufacturiere et agricole, nous ne eiterons que Serang, assez jolte petite ville, où réside le gouverneur de la province, mais qu'on cherche en vain sur des cartes modernes assez détaillées, et qu'on représente comme les meilleures, landis que ces mèmes cartes offrent, écrit en gros caracteres, le nom de celle de Banrau, ville, à la vérilé, jadis grande et fort peuplée, capitale du royaume de ce nom et célèbre dans l'histoire de Java, mais qui, depuis longtemps, est presque vulièrement abandonnée à cause des miasmes putrides qui y rgnent, et à cause du commerce qui s'est transporté à Balavia ; mais ce qui élunnera encore plus uoslecteurs, c'est d'apprendre que cet amas de maisons tombant en ruines et presque désertes, est décrit, dans les ouvrages récens, comme la résidence actuelle du sultan de Bantam, environné encore de toute la splendeur de sa cour et de sa garde composée de femmes, lorsqu'il est notoire que, depuis plusieurs années, ce potentat de l'Orient a cessé de régner et n'est plus ges simple particulier pensionné des Hollanis!

Daunslardsidence de Builenzorg:Bui- Tanzono, beau thäteau, fondé en 1740, reconstruit en grande partie en 1816 avec beaucoup de goût et une noble élégance, et rebäli à neuf en 1835 et 1836, après avoir été en partie renversé, le 10 otobre 1834, par un tremblement de terre. Ce lieu est devenu un des plus beaux séjours de la zone torride, Les jardins antiques et raides ont été changés en plantalions anglaises , et le baron Van der Cæpellen, voulant joindre l’utile à l'agréable, en deslina une partie aux sciences, en y établissant un jardin botanique, confié d'abord à la direction du savant professeur Reinwardt, et plus tard au docteur Blume. On y trouve rassemblés, uon-seulement tous les végétaux que produit le solfertile de Java, mais encore une multitude de plantes des Mgluques, du Bengale, du Brésil, de la Chine, du Japon et de l'Australie. Depuis l'iutroduction du système, dit des Cultures, le jardin de Buitenzorg est consacré en partie à des essais ratiques. — C'est de là que les plantations de thé, de canelle et de nopal, qui maintenant sont répandues dans toute la colonie, ont reçu la preinière impulsion.

Dans la résidence de Préangan,quioccupe à.elle seule près des deux neuvièmes de la su · perficie de Java, et qui est partagée entre plusieurs princes indigènes très soumis aux Hollandais : Tianson, joli et gros bourg habité par des Javauais et que nous décrirons en detail d'après

add —— perde res — cité, mais avec beaucoup de , Per-dessus ces

s'élèvent des arbres fruitiers el à Seurs vduriférantes , qui entourent, lo comme oilieurs, les maisons des Javenais. Les ruelles 12.

moindres Rabitations sont dune! og vd et d'une aussi simple que celles plus grande dimension : tout y respire l'abondance et

le bien-être général. Au centre du bourg on 8 Le résident baron Van der à rere du Gouverneur , ateliers où ne avaler que y faisait des ustensiles pour N sur des inodèles encore ignorés dans faire connaître aux habitans de l'intérieur des charrettes pour faciliter les transports, etc. En mème temps cet utile établissement servait à former des artisans adroits, et à répandre parmi les naturels du pays le goût des métiers et des arts utiles. »

À cette description nous devons ajouter que Tjanjor , comme toutes les villes Javanaises, « sa p VA rs pe titée au cordeau. Oruée aux

quatre coins du waringin, ou symbole de autorité, et entourée , outre les demeures des principaux habitans , de la principale mosquée, de Ja salle d'audience (aloun-a/oun), de la maison (dalan) du chef Javanais (Bopati), et enfin du bureau de la police (G/adak), où se trouvent aussi les hommes et les chevaux destinés au service public.

Dans la résidence de Cheribon:

Curninom, ville jadis assez considérable, dont le commerce a enrichi plusieurs de sen habitans, surtout des Arabes et des Chinois; on trouve dans les environs le tombeau du célèbre Cheikh Moulana, qui fut le premier propagateur de l'islamisme à Java. Les sultans de Cheribon , pensionnés par le gouvernement Hollandais et privés de toute autorité , y font leur résidence dans un 8 où tout iadique la malpropreté et bapa ·

lie.

Dans la résidence de Baglen on remarque l'intéressante province de Laon, dont les montagnes sont parsemées de phé volcaniques très remarquables , et de ruines, de temples et de constructions en basaite, qui font foi des progrès étonnans qu'avaient faits les Javanais dans l'architecture et la sculpture, avant l'introduction de l'Islamisme , qui la comme partout ailleurs, s'est montré l'ennemi déclaré des beaux-arts.

Cette contrée, selon les antiques traditions des Javanais, a été le séjour des dieux ; c'est l'ancien Pays d'Astina; c'est à que demeuraient Ardjouna, Gatoutkatcha, Bima et tant d'autres dont les aventures sont racontées dans le Brata-Youdha ou le poème de la guerre des Pandous; c'est la, en un mot, qu'est la Terre-Sainte des Javartais. Sur un plateau élevé de 600 pieds au · de asus du niveau des plaines environdantes et.

de 1000 pieds au-dessus du niveau de la surface de la mer, on trouve les débris de plusieurs temples, des statues d'idoles et d'autres sculptures : l'espace nous manque pour pouvoir les décrire. On gravit sur ce plateau à l’aide de marches en pierre entièrement bouleversées et presque ensevelies sous des amas de laves et de produits volcaniques, témoignages certains des éruptions volcaniques qui ont eu lieu depuis la construction de ces antiques édifices, Au milieu de cette plaine élevée, on voitencore quatre mt dr mieux conservés que les autres, et dont l'architecture est trèsélégante. On y a découvert plus tard les ruines de 400 emples différeas, rangés de manière à former entre eux des rues ou des routes fort larges, qui se coupaient à angles droits.

Dans la résidence de Kadou, si importante par sa population très condensée, par la fertilité de son sol et par sa florissante agriculture: MaousLas, grand et joli bourg habité par des Javanais.

Dans cette province, se trouve les ruines célèbres de Boro-bodo. C'est un temple dédié à Buda qui couronne une petite collire, et qu'on. croit avoir été construit dans le commencement du vnꝰ siècle. Ce temple forme un carré long, qui a sept murs ou enceintes, décroissant à mesure que l’on gravit la colline, et qui est surmonté par un dome qui forme le sommet de l'édifice: ce dôme a environ 60 pieds de diamètre; chaque côté du carré extérieur est d'environ 620 pieds. Ces murs richement décorés de bas-reliefs, ont des niches où l’on voit des figures sculptées, plus grandes que nalure ; elles représentent: Budha assis les jambes croisées; il y en a près de 400, Quatre immenses escaliers répondant aux points cardinaux de la boussole servent à gravir cet édifice. Le temple ressemble beaucoup à ce qu'on dit à celui de Boudha, qui est à Gay-ia, dans l'Hindoustan.

Dans la résidence deSamarang: Sa- Manne, assez grande ville, baie plus ou moins à Européenne dans le genre de l’ancienne Batavia, avec. des rues régulières et un port formé par l'embouchure de la rivière de Samarang, mais obstrué en partie par un banc de vase, L'école militaire qu'on y avait établie en 1818, a été supprimée à cause des mesures d'économie devenues nécessaires dans les derniers temps. Samarang possède une bonne école primaire, est le siège d'un conseil de justice, dont relèvent les résidences de Tagal , Pekalongan , Samarang, Kadou, Djocjocarta, Souracarta, lapara et Rembang, et est le chef-lieu de la division militaire quiembrasse les mêmes résidences. Son commeree est florissant; on porte sa population à 36 on 38,000 Ames. BANYUKUNING , village remarquable par les tchandis ou temples antiques situés dans son voisinage ; ils ont été bâtis sur des terrasses coupées dans la montagne et qui s'élèvent successivement les unes au-dessus des autres.

Mais avant de quitter cette résidence, qu'il nous soit permis de dire un mot sur le cho/éra-morbus, qui a donné à Samarang une bien triste célébrilé dans toute la Malaisie, C'est de cette

ville ou, à ce qu'on assure, il fut importé de

1170 OCEANIE.

l'inde Transgangétique en 1819, qu’il se propagea d'abord le long de toute la côte septentrionale de Java, ensuite dans l'intérieur de l'ile, emportant sur son passage plus de cent mille habitaus. Samarang le revit en 1821 ; c'est duns ce port et à Batavia qu'il a frappé le plus de victimes. Ici, nous remarquerons que depuis la terrible peste noire qui, au milieu du xiv° siècle, enleva:. Faprès les chroniques contemporaines, plus de la moitié de la population de l’Ancien Continent, jamais épidémie aussi dévorante ne s'étendit sur une aussi vaste surface de terres en frappant un égal nombre de têtes. Du delta du Gange, où le choléra est endémique, ce fléau exterminateur étendit sa maligne influence sur toute Asie méridionale et orientale, sur une grande partie de l'Asie moyenne et de la Malaisie; dans cette dernière, il moissonna de nombreuses victimes jusu'aux extrémités orientales de l’archipel des oluques. Après avoir ravagé les îles de Ceylan, Maurice et Bourbon, le choléra envahit l'Arabie, pénétra en Perse, en Syrie et en Egypte. De la Perse , il passa en Russie pbur désoler dans toutes les directions cet empire immense, en remontant le Volga comme en descendant le Don. De Moscou et de Pétersbourg, frappant dans sa marche rapide d'innombrables victimes, le choléra suit en Pologne les mouvemens des armées belligérantes, fléau guidé:par un autre fléau. De IA, ils'étend d'un côté dans la Gallicie, pour se propager bientôt dans la Hongrie, Autriche, la Moravie et la Boheme; de l'autre, dans la Pologne prussienne, pour envahir la Prusse, le Brandebourg, la Silésie et la Saxe; pendant ces un invasions, il enlève beaucoup de monde dans l'Esthonie, dans la Livonie, dans la Finlande et jusque dans les solitudes glaciales du gouverne ment d'Arkhangel. De Hambourg, l'épidémie s’élance brusquement à Sunderland, dans l’Archipel Britannique : Londres, Liverpool, Edimbourg, Glascow, Dublin et Cork sont les principaux théàtres de ses ravages. Du Royaume-Uni, Pinexplicable fléau vient subitement éclater dans la capitale de la France, d'où il se 1 à travers les departemens, en suivant le cours des fleuves, et franchissant l’Atlantique, il annonce ses ràvages daus le Nouveau Monde par les nombreuses victimes qu'il frappe dans la capitale du Bas-Canada, Au moyen age, une épidémie aussi épouvantable eût suspendu toutes les relations de peuple à peuple, toutes les affections de famille; mais dans l’état actuel de la civilisation et de la médecine, les nations de l’Europe n’ont connusqu'une partie des horreurs de la peste noire; et si des populations ont été décimées, au moins l'humanité n'a point à roûglr; les secours et les consolations n'ont pas manqué aux mourans. L'Europe doit ces avantages inappréciables à d'illustres médecins. Nous nous bornerons à nommer les Markus, les Rauch, les Dyrsen, les Langh, etc.

en Russie; les Sti, les Cunthner, les Czermak , les Vivenot, etc., etc., en Autriche, les Dieffenbach, les Olio, eie., etc., en Prusse; en France, nous ne nommerons personne, car il faudrait nommer toute la Faculté. Eclairés par ces savans, les gouvernemens et les peuples ont re-

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OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE. 1177

poussé toute crainte de contagion; les nations n'ont pas élevé entre elles d’infranchissables barrières ; les mères n'ont point abandonné leurs enfans, les époutes leurs maris, et les citoyens épargaés par ce terrible fléau, en vaquant comme à l'ordinaire à leurs occupations et prenant part aux plaisirs innucens d'une civilisation avancée, trouvèrent dans les unes et dans les autres, de puissantes ressources et ces diversions , dont le manque absolu aggrava si cruellement la triste condition de nos ancêtres.

Dans la résidence de Rembang,siimpoïtante par ses belles et vastes forêts de tek et par ses nombreux chantiers, nous nommerons:

Remsano, petite ville commerçante, avec de beaux chantiers ; elle possède 17 navires, dont 5 mesurent plus de 300 tonneaux.

Dans la résidence de Sourab aa: Gaissé , assez jolie petite ville commerçante; 26 navires caboteurs, la plupart d'une assez grande capacité, y sont la propriété de plusieurs maisons arabes fort riches. Elle possède une bonne école primaire et est la retraite que choisissent de préférence les familles européennes, dont les Éhefs se sont retirés du service ou du commerce.

Sounasaya, située à l'embouchure du Kediri dit aussi Sourabaya ; c'est après Batavia la ville la plus peuplée , la plus commerpante et la plus florissante de Java. Sa rade est aussi belle que sûre. On y remarque un bel arsenal, de beaux chantiers, la monnaie pour frapper le cuivre, une fonderie de boulets, une école primaire comparable à celles de Weltevreden et de Samarang. Elle est le siège d'un conseil de justice, dont le ressort embrasse toutes les résidences crientales de Java, et le chef-lieu de la division militaire qui comprend ces mêmes provinces. On estime à 50,000 le nombre de ses habitans.

C'est au milieu des immenses forèts de tek, qui couvrent la partie occidentale de cette province ; qu'était située Manz Aran, l'antique capitale des Javanais, dans les temps florissans de leur empire. Ses ruines sont éparses sur un espace de plusieurs milles le long du Kediri ; plusieurs temples en briques et les débris des portes subsistent encore. Depuis l'emplacement de cette ville célèbre , dit M. Valckenaer, jusqu’à Probolingo vers l'est, on aperçoit à chaque pas diverss constructions anciennes en briques. II est difficile de bien déterminer l'étendue de Madjapahit, parce que le sol est actuellement recou-

. vert d'arbres de tek d’une hauteur prodigieuse;

mais les murs de son étang , bâtis en briques cuites, subsistent encore; ils ont 1000 pieds de long sur 12 de hauteur. Dans un village adjacent, nommé Trangwoulan, on voit le magnifique mausolée d'un prince mahométan, avec les tombeaux de la princesse sa femme et de sa nourrice : it porte la date de 1320 sculptée en relief et en anciens caractères mahométans ; tout à côté sont les tombes de neuf autres chefs. Tous ces monumens sontreligieusement gardés par des prètres. Dans le district de Djapan et dans une des parties les moins accessibles d'une immense forêt de tek, on voit les ruines de Menpanc-KAMOULAN, ville aucienue, célèbre dans les annales de Java,

Daus la résidence de Pasarouan : Pa- SAROUAN, gros bourg de Javanais, où s'étaient autrefois établies plusieurs familles européennes, dont les descendans y demeurent encore et con tribuent à rendre ce lieu un séjour assez animé. « Dans le district de Gratis se Arouve, dit M. le comle de Hogendorp, le Lac Runes. remarquable dr à 8 ar M vivent, à ce qu'on assure, avec les Javanais demeurant dans le voisinage. Ces derniers ne craignent point de s'y baigner hsbituellement, tandis que des indigènes étrangers au canton, en s’y baigaant, ont souvent pasé de leur vie cette témérité, Les étrangers qui visitent cette partie de Java, ajoute cet estimable auteur, ne manquent pas d'aller voir ce lac, et les habitans de Gratté s'empressent de leur procurer un genre de spectacle assez extraordinaire et dont on peut jouir sans danger, en se rendant dans ua petit pavillon placé au-dessus de Peau, à une cinquantaine de pieds du rivage. Les acteurs se jettent en foule dans le lac, en poussant devant eux un pelit radeau sur lequel ils ont attaché quelques poules : ils appellent à grands cris les crocodiles, que l’on voit s’avancer vers le dejeùner qui leur est offert, sans paraître tentés d'attaquer les nageurs, qui retournent paisiblement à terre.»

Dans le district de Malang sont les célèbres ruinés de Sixca-sany. On y voit, dit M. Walckenaër, un {chandi ou temple, dont la principale entrée à l’ouest a 30 pieds de hauteur, et au-dessus de laquelle est sculplee une tèle énorme de Gorgone ; il y a d'autres sculplures à l'entour de l'édifice ; elles ont été mulilées ; on en a trouvé d'intactes en s'avançant dans la ſorel. entre autres une d'un taureau Mandi. Celle statue a 5 pieds de long. On a vu aussi conire un arbre une magnifique stalue avec quatre téles; une autre de Manadewa, avec son lrident, accompagnée d'nne inscription en caractères devanagari ; un souria ou char du soleil avec ses sept chevaux, qui ont leurs queues rejetées en arrière, et dans l'allitude d'une course rapide. À 50 toises de là est une supc'be statue colossale de Ganesa, avec sa trompe d'éléphant, ses gros bras et ses jambes énormes. Cette figure parait avoir été primitivement placée sur une plate-forme ou dans un Lemple, ear tout à l'entour on voit une quantité considérable de pierres; enfin, en s’avancant encore un peu plus dans le bois, on trouve deux desces'slatues colossales, qui représentent des gardiens ou portiers placés ordinairement à l'entrée des temples ; ces figures, taillées dans un seul bloc de pierre, avaient 12 pieds de haut quoiqu elles fussent assises. En se dirigeant au sud par Malang, on arrive aux ruines de SouriTOUnANG, connues sous le nom de Kotah-Bedah ou le Fort démoli; c'estià que se retirèrent les habitans de Madjapahit après la ruine de leur ville. A sept milles anglais au sudest de Malang, on trouve encore d'autres ruines. À Kavar sont les restes d'un magnifique ſempie en pierres; il est sur la limite de la forêt ; quatre lions sculptés soutiennent la corniche, et il yen a deux autres à l'entrée. A Dico, et dans Pinie rieur de la forêt, sont d’autres ruines plus considérables ; l'édifice principal est un des plus

grunds de lous ceux dont les ruines sont éparses dans cette partie de l'ile ; on y a trouvé une statue de divinité hindoue, dont la tete avait été enlevée par un résident hollandais ; au dos de cette statue est une inscription antique en caractères devanagari. L'édifice a trois élages; et les intervalles de chacun sont ornés de bas-reliefs représentant des batailles, entremélés de figures d'oiseaux et d'autres animaux. Toutes ces ruines, dit M. Walckenser en citant Raſſles, sont les resies de l’antique ville de DazczLann, dont il est souvent fait mention dans l'histoire des Javanais.

Les états de Souracartact de Djocjocarta sont régis immédiatement par des princes javanais, qui sont les descendans des empereurs de Mataram, si puissans vers la fin du xvesiècle, lorsqu'ils dominaient sur presque toute l'ile de Java. C'est vers le milieu du siècle dernier, à la suite d’une guerre terminée en 1766, que la Compagaie Hollandaise des Indes-Orientales partagea l'euping De Maraaau (Malaren; entre l'empereur

de Mataram ou sousounan, et le sullan de Djocjocarta. Dans cette circonstance, la Compagnie, pour se ménager des partisans, établit à chacune de ces deux cours une branche de princes apanagés, avec le Litre de pangerang; et, en les dotant richement, elle les plaça dans une position indépendante du prince régnant. Les événe-

mens prouvèrent Thabileté de cette manœuvre; .

car, dans les derniers troubles qui ont agité cette partie de l'ile, ce sont les pangerangs Manko-Nooro, connus auparavant sous le nom de Prang . Wedono, à Souracarta, et Pakou-Alam, à Djocjocarta, qui se sont signalés par leur dévouement au gouvernement hollandais. Après cette guerre, qui ne se termina qu’en 1830, le territoire des princes de Souracarta et Djocjocarta fut déterminé d'après des bases dictées par une saine politique. Leur autorité ne-s'étend pas au-delà des anciennes provinces de Malu'am. Sockawali et Padjans comptent environ 725,000 habitans. Le resle a été reuni au territoire hollandais. Cette partie de Java, dn s'élèvent le Merbabou, le Sindoro et le Soumbing, regardés comme les plus hautes montagnes de l’ilé, et où l'on trouve ses vlaines les plus belles et les plus fertiles, est aussi celle qui doit inspirer le plus d'intérêt par les ruines d'anciennes villes, par les débris d'une foule de monumens de tous genres, qui nous révèlent la gloire et la puissance d’un peuple, dont l’histoire nous a été jusqu'ici inconnue, et dont les inœurs et les usages, ici plus qu'ailleurs, ont conservé leur caractère national. Malheureusement pour le géographe, la tonographie en est encore très peu connue; mais le savant ouvrage de Raffles, si bien analysé par M. le baron de Walckenaër, dans son Monde-Maritime , a jeté tant de lumières sur les importantes antiquités qui attesten! son sncienne splendeur, que nous croyons devoir sortir un peu de notre cadre, pour faire connaitre au lecteur ces merveilles, après lu: avoir in qué ses deux capitales modernes qui, malgré eur forte population, n’offrent rien de remarquable, Quant aux antiquités, notre tâche sera de résumer le beau et savant travail de M. de Walkenaer.

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