VALPARAISO
province de Tondo).
Aussi, c’est dans l'indication de la population des villes de cette classe qu'on trouve de bien plus grandes différences que dans celles de lapremière; | 10 car, outre les causes que nous connaissons déjà,
nousenavonsencore qui présentent des difficultés insurmontables : il ny a pas de voyageur ou de statisticien qui puisse dire qu'il a déterminé avec
exactitude la population d'une ville où les limites du territoire sont mal définies, où les faubourgs, les maisons mème, sont dispersés çà et là dans la campagne, comme on en voit dans plusieurs contrées de !’Asie, de l'Afrique et de l'Océanie. Cependant, afin de faire connaitre quelles sont les méthodes indirectes dont on te sert en général pour déterminer la population des villes, qui ne sont pas encore dans le domaine de la statistique, nous allons les mettre sous jes yeux du lecteur. I. Le premier moyen; C’est de comparer “e.
tendue de la ville dont on veut évaluer la population avec une autre ville de méme étendue et dont on connait déjà le chiffre des habitans. C'est ainsi que l’on a évalué jusqu'à ce jour la population des villes de l'Asie et de l'Afrique. Ce système peut, cependant, conduire à de faux résultats. Malte-Brun observe que Pékin a une stendue double de celle de Moscou; que lex palais et lesjardins y occupent un grand espace de terrein; que les rues y sont assez larges, et conclut de celte comparaison que, si avant l'incendie qui la réduisit en cendres en 1812, la ville de Moscou comptait dans son sein 300,000 habitaus, Pékin ne peut guère en pri ais plus d'un million, Ce calcul a cependant été récemment contesté par un savant orientaliste, M. Klaproth; et il paraltrait, d’après les supputations de ce dernier, que la population de. la capitale de l'empire Chinois s'élève jusqu’à 1, 300, 000 habitans. C'est, du reste, le chiffre que nous avons adopté depuis long-temps et que nousavons cru s'approcher le plus de la vérité.
Voici l'opinion d'un savant observateur sur la population de Constantinople : « En examinant, «ditle général Andréossy, la superficie de cette
« u ville, en y comprenant les faubourgs et les villau gessitués sur les bords du Bosphore ,. on s'éton- « nera sans doute que nous n'attribuions à la capi-
« tale de l'empire ottoman qu'une population de « 630,000 Ames; mais que l’on fasse attention que «les bâtimens du sérail occupent toute la place u où s'élevait antique Byzance; que leurétendue « peut être comparée à celle de Vienne, et que le «nombre de personnes qui l'habitent ne dépasse « pas 10,000 Ames. Si Ton remarque encore que u les places, les mosquées, les bains d'hommes et « de femmes, les citernes, les bézestins où mar- «chés publics, les établissemens militaires , ceux «de la marine, etc., occupent une grande «portion de terrein; que la sévérité des règles du harem défend. à deux familles de loger “soûs le mème toit; que les maris et les femmes „ont des appartemens particuliers, entièrement «séparés, où chacun des deux a son entrée, sa
ucour.et ses domestiques, et l’on sera loin de
“croire que nous exagérons. Nous n'avons pas
u besoin de dire que ceci ne doit s'entendre que des
«personnes riches ou à leur aise. »
On voit assez, par les deux exemples que nous venons de citer, que du rapprochement du périmètre des villes d'Europe avec celui des villes d'Asie, on ne peut pas déduire d’une manière satisfaisante la population de celles-ci Cette observation pourrait
même s'étendre à la plupart des villes d'Europe, ear quelquefois ellen gagnent en hauteur ce qui
leur manque en étendue. Londres et Paris en sont une preuve bien frappante : Paris, à cause de ses maisons élevées, offre, dans une étendue de terrein déterminée, plus d'habitans que Londres
dansune égale étendue.
IL. Le second moyen; cet i supputalion parmaisons, en assignant à chacune de 6 à 15
eljusqu’'à 20 et 100 individus. C'est de cette variation dans le coefficient, que découle nécessairement la différence énorme que l’on trouve dans le chiffre de la population attribuée à un mème pays par des auteurs contemporains, souvent très estimés. C’est à l’aide de cette méthode que l'on a calculé une grande partie de la population des villes de l'Asie, de “Afrique, de l'Océanie et de toutes celles de la Turquie d'Europe. Plusieurs auteurs
dusiècle passé sen sont servi aussi pourdéterminer
la population des grandes villes de l’Europe, de
quelques grandes provinces et de certains états.
« Si, à la fla du xv® siècle, il y avait à Milan, dit
« le J. Verri, 18,600 maisons, on peut conclure que
«la population de cette ville s'élevait à 327,000
« âmes, car chaque maison doit contenir 20 habi-
«lans au moins, En effet, y compris les fau-
«bourgs, on compte à Paris 21,000 maisons, et « certainement Paris contient plus de 500,000 ha-
«wbitans, On voitassez, par ce fait, que notre sup- «position est assez piausible, Ainsi donc, si nous «sommes cerlains qu’au temps des Isolani il y u avait à Milan 18, 600 maisons, on doit accorder à « celte ville une population de 500,000 habitans; «car les églises et les collèges qui occupent au- «jourd'hui une grande partie de la ville n’exisn taient pas alors, et on ne se logeait pas aussi laru gement qu'on le fait aujourd'hui, comme nous ule voyons par les habitations des plus nobles « familles de la ville qui nous restent encore. » Dans le discours pr'éliminure de l'Histoire de Paris, par Felibien, el revu par G. D. Lobineau, on voit que le nombre d'habitans de cette métropole dépasse 700,000, et qu'il sy trouve 21,700 maisons. En divisant le premier nombre par le second, nous aurons pour coefficient 32 et une fraction.
Les divers systèmes de construction, les liens plus ou moins resserrés qui unissent les familles, Ja manière de vivre si différente, non-seulement de pays à pays, mais encore de ville à ville, peuvent influer beaucoup sur les résultats d'une telle supputation , lorsqu'on l’applique , sans distinelion, aux villes, aux villages, aux grandes capitales, comme aux petites. Voici quelques données qui ont rapport aux principales villes de la monarchie prussienne; nous les avons puisées dans l'ouvrage publié à Berlin par M. le conseiller Hoffmann , directeur du bureau statistique de cet état. Elles serviront à démontrer combien cet élément de calcul est variable. En 1820, il y ayait À Benin 29 habitans par maison; à BRESLAU, at; à Konisverc et à MAcbznound, 16 environ; à STETTiN, 15; À AQUISGRANA(Achen) et à ELBERFELD, compris Barmen, 12 environ; à DANTZICK,11; à CoLocne, 8. D'après une note qui nous a été communiquée par un de nos collaborateurs, voici les résultats que l'on a trouvés en 1826 : à BERLIN, 31 habhitans par maison; à BR&sLAU , 21 environ: à
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Ecvrarsupet Jarmen, is environ; à Kowissenc, 16; à Srarrin, près de is; à MacprsounG , un peu de 13; A Aquiscnana, 12; à Daran, moins de10;à CoLocns, un peu plus de 8. Nous dirons encore que la ville de Viznns proprement dite comptait dernièrement 45 habitans par maison, et que Panis n'en avait que 27 en 1817, à F ue meme où le recensement de cette ville a et avec tout le soin imaginable. à III. Le nombre moyen des naissances et celui des décès, dans une ville donnée, multipliés, de 1“ par : 20, 21 ,elc., 30,31, elc., 40, 41, etc., e 2° par: 26,27, elc., 36,37,elc., 46, 47, eic., servent aussi quelquefois à déterminer la population d'une ville. Au moyen de cette mthode on a, dans le siècle passé, déterminé la population d'un grand nombre de contrées en Europe; et les géographes y ont encore recours 1 ils n’ont pas d'autres données. C'est la plus sûre de toutes les méthodes indirectes ; mais en variant le coeflicient presque pour chaque ville, il faut prendregardeàcertainescifconstances qui pourraient,
Designation des villes.
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Si, au moyen de cette méthode, on ne peut savoir avec exactitude quelle est la population des plus grandes villes, elle sert du moins à démontrer combien sont exagérées les évaluations que nous ont donnéeslesécrivains du moyen àge et ceux meme du xvin® siècle. Les tables des naissances et des décès, dressées depuis l’année 1720 jusqu'à 1730, nous prouvent jusqu'à l'évidence qu'il était impos-
POPULATION DES VILLES. 8¹
si on les omettait, devenir la source d’une foule
d'erreurs. Voici quelques-unes des anomalies que
qu'il „et lui
car le nombre des naissanceset des décès annuels dans une ville varie tellement qu'il ne pourrait jamais offrir que des résultats bien incertains. Gràces aux travaux de MM. Villermé, Villot,etc., en France; Humboldt, Czoerning, Rau, Bickes, etc., en Allemagne; Gioja, Balbo, Gordini, en Italie et dans quelques autres contrées, et à l'aide des nombreuses recherches que nous avons faites, nous nous proposons de publier une table générale du mouvement de :: Population des principales villes du monde. En attendant, nous allons donner ici un extrait de cel immense travail.
Naissances Déeës eu