‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 51 sur 597 · PE J · texte numérisé non relu

PE J

population. population.

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sible qu'il y eut alors à Vienne, comme l'a avancé Büsching, une population de près de 500,000 âmes; cette ville ne pouvait, à cette € .

en compter que 120, 00 tout au plus. C'est à l'aide de ces tables et du recensement qui a été fait en 1817 que l'on a pu corriger l'erreur de tous les statisticiens qui pensaient qu’en 1789 la population de Pan's s'élevait à 800,000 hahitans. C’est

aussi à l’aide de ces tables et du recensement qui eutlieu en 1913; que l'on s'est convaincu que la population de NaPies devaitètre réduite à 326,130 habitans, au lieu de 600,000, comme les voyageurs et les géographes semblaient le croire. C'est encore à l'aide de ces tables et de la moyenne des naissances et des mortalités que M. le baron d- Humboldt a démontré la fausseté de Fopinion d'Alzate et-de Clavigero, qui, après avoir comparéles registres des paroisses de Mexico à ceux des villes de l'Europe, soutenaient que Mexico avait dans son sein 200,000 habitans.

Nous avons encore quelques remarques à faire qui ne sont pas sans importance. Si l'on voulait, par exemple, déterminer la population de Pétensuopna par le nombre moyen annuel des naissances el des décès, l'on se-tromperait d’un tiers environ, inaisle statisticien, qui est familiarisé avec les difticullés que présente la science, cherche. d'abord la cause de cette anomalie , et trouve qu'elle nrovient de ce que les hommes sont, à Saint-Pétersbourg, en plus grand nombre que les femmes: . disproportion qui s'explique par l'importance de la garnison, par le grand nombre de serfs et de

domestiques attachés aux princes et aux seigneurs ‘:

le la cour, et enfin par l’affluence des étrangers el ‘des gens de la campagne. Dans les villes qui ren terment un grand nombre d’habitans qui ne proſessent pas la religion de l’état, le statisticien et le géographe doivent en outre tenir compte des habitans qui, à cause de la différence de leurs opinionsreligieuses, ne sont pas toujours inscrits sur

les registres de l'état civil, mais qui cependant

doivent être compris dans le séccusement de la population. C'est Ia ce qui arrive à Rome, où les personnes qui professent une autre religion que la religion catholique ne sont jamais inscrites sur les recensemens annuels. „ Iv. on comple aussi souvent par familles ou par feux. Ainsi, pour connaitre la population totale d'un pays, on multiplie le chiffre qui exprime les familles par les nombres 4, 41/2, 5, 6 1/2, et quelquefois meme par 6. Cette méthode vt très vicieuse et doit nécessairement fournir des

résultats extrêmement divers. C'est ainsi que la population de beaucoup de villes de l'empire ot- : aujourd'hui que même d’après les Chinois, le

toman et de presque toutes les villes du Portugal a été déterminée par quelques statisticiens ; mais on s'en est peu servi pour indiquer la population des villes de “Asie, de l Afrique et de l'Océanie. v. La capilation ou la taxe personnelle sert aussi quelquefois à déduire le chiffre de la population totale. Mais les personnes imposées ne sont pas partout dans un rapport égal avec la population entière, et doivent fournir des coefhciens divers, selon les lieux, les gouvernemenset les circonstances. C'était la le moyen que l'on employait autrefois pour établir la population des grandes villes et de beaucoup de contrées. II y a mème aujourd'hui des voyageurs qui déterminent de cette manière le nombre d'habitans des villes de l'empircottoman, qui ne suivent pas la religion de Mahomet et qui sont obligés de payer le & aralch au grand sultan.

VI. La quantité de comestibles consommés annuellement sert aussi quelquefois à de-

terminer le nombre d’habitans d’une ville.

Quelques voyageurs se sont servis de ce moyen pour évaluer la population de CoxsranTINOPLE du Cam et de quelques autres villes de l'empire ottoman, de Scminaz en Perse, etc, Dans le siècle dernier, il y eut aussi quelques économistes qui essayèrént d'évaluer ainsi la population de Panis, etils la portèrent à un million d habitans, d'après la consommation du blé qui s'élevait à 2,000,000 de setiers. Mais cette méthode a des bases trop incertaines pour qu'elle puisse offrir des résultats satisfaisans.

VII. Enfin, le nombre de personnes en élat de porter les armes sert quelquefois à determiner le chiffre de la population totale.Dans ce système, on se base sur ce que ce nombre est presque toujours le quart de celui de la population entière d’un pays. C'est la méthode qu'a employée Kämpfer pout déterminer la population d'Osaxa, où il: a 80,000 hommes en état de narter les armes. Osorio-y-Redin assure que Mam dans l'Estramadure espagñole, devait contenir 400,000 âmes dans le temps des Romains, puisque alors elle était à même de mettre 90,000 hommes sous les armes. C'est aussi par ce moyen que les voyageurs déterminent ordinairement la population des nations sauvages. - rue

Que l'on juge maintenant, d'après tout ce que nous venonsde dire, combien les écrivains et les voyageurs doivent différer entre eux, lorsqu ils donnent l'évaluation d'une ville, même quand ils l'ont visitée à la même époque, et combien il est difficile pour le géographe.de prendre parti au milieu de tant d'opinions souvent contradictoires! D'après le père Le Comte, par exemple, la population de Canron s'élevait à 1,500,000 habians; selon Duhalde elle ne s'élevait pas au-dessus d'un million, et plus tard, d'après des renseignemens plus positifs donnés par les agens de la Compagnie anglaise, elle n'est évaluée qu’à 250,000. Depuis lord Macartney tous les ouvrages de géographie et de s'atistique les plus estimés. répétaient sur la foi de de voyageur que la population de Périn s'élevait à trois millions d'habitans ; un savant jésuite, cependant, avait réduit ce nombre d'un tiers, et lord Amherst pretend

chiffre de la population de la capitale de leur empire est bien au-dessous de deux millions. Nous savons déjà que M. Klaproth ne la portait pas audessus de 1, 800, 000 habitans. Cependant, malgré tout cela, M. Timkovski, et presque tous les géographes et les statisticiens, s'obstinent, contre toute vraisemblance, à porter ce nombre à deux millions. Quelle foi peut-on ajouter aux supputationsdes voyageurs, lorsqu'ilexiste entre leurs calculs des différences si considérables ? Ainsi, tandis que Hoest attribue à peine 70,000 âmes à FRE, 20,000 à Maroc, et 107000 à MERINES, M. Jackson pozte la population de ces villes à 380,000 habitans hour la première, 270,000 pour la deuxième, et 130,000 pour la troisième. M. Jackson assure qu'un prêtre mahométan lui certifia que la vile de FEez contenait 137,610 maisons. 121,452 fommes en état de porter les armes, et 800,000 habitans. Mais le général Badia-y-L.eblich.

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si connu sous le nom de Ali-Bey-el-Abassi, qui a

visite cette ville dans la mème année, assure que

la population de Fez n'est que de 100,000 âmes, en faisant observer toutefois que la dernière peste avait fait périr la moitié des habitans. De quel poids peut etre l'opinion d'un géographe et des statisticiens les plus renommés qui attribuent 120,000 fiabitans à PutLiprorôLt qui n’en à tout au plus que 30,000, Que dire de ceux qui donnent à GazLiPOLt 15,000, 80,000, 40,000 et mème 80,000 habitans ? Devrons-nous partager opinion de Kid dur la population de Cazcurra, et donner à cette ville 400,000 ou 500,000 âmes ou bien la porter encore à 750,000 avec la Société des Ecoles, enl'année 1819, ou bien encore l'élever avec M. Russel, premier juge de cette ville, à 1,000,000 d'habitans, en 18107 Cependant d'après un recensement qui a eu lieu en 1822, Calcutta paraltrait ne con-

tenir que 197,917 habitans, car on n'a pas com-

pris dans cette évaluation les habitans de ses immenses faubourgs. Lors du recensement de 1798, cette ville avait 78,760 maisons; mais comme depuis cette époque la population a plutôt augmenté que diminué, il serait étrange de dire que la population de Calcutta ne s'élève pas à 500,000 âmes. Pour nous, nous pensons, d'après le savant Hamildon, que la population de cette ville peut etre portée à 600,000 habitans. Le Gleaning of Science, journal publié à Calcutta, réduit à moins de 200,000 les 632,000 habitans que M. Hamilton attribue à :Benanes, en appuyant sa supputation sur le nombre de maisons qui sont dans cette ville.

Mais si nous avons quelquefois adopté les éva- Juations que nous ont fournies quelques savans voyageurs, du moins nous avons toujours rejeté

popULATION DES VILLES. 53

les calculs exagérés des indigènes, que tant de voyageurs des siècles derniers ont reproduits sans la moindre critique. A l'exemple du judicieux Golovniu, nous ne croyons pas qu'il y ait à VDO, 280,000 maisons et 10,000,000 d’habitans comme le disent les Japonais. Suivant l'opinion de M. Klaproth, pour ce qui a rapport à la population de Pfui, nous avons réduit à 1,300,000 habitans les trois et les deux millions que lord Macartney et Timkovski attribuent à cette capitale, Comme M. Hamilton, nous n’attribuons que 250,000 âmes à Drrnt, et 60,000 environ à Acna, au lieu de 1,200,000.et de 800,000 comme le sautenait M. Le goux de .Flaix, il y a quelques années. Nous avonsrejeté aussi le sentiment du capitaine Lumsden, qui attribuait récemment à Ava une population de 1,000,000 d'habitans, et celui de l’#s/a- {sky Vestnik, journal russe, qui donne 249,250 habitans.à Bouxnana. Nous arréterons là l'exposé des motifs qui nous ont conduit à déterminer la population des villes, non comprises dans le domaine de la statistique.

Cependant nous ne terminerons pas ce chapitre saas donner au lecteur une idée des pénibles travaux: auxquels nous nous sommes livré dans ces recherches, et des efforts que nous avons dû faire pour nous mettre, autant qu'il était en nous, à l'abri de l'erreur, ou pour nous rapprocher de la vérité. Nous allons en conséquence lui offrir dans la table suivante quelques-unes des opinions les plus tranchées qui partagent les voyageurs et les statisticiens au sujet de la population des villes non comprises dans le domaine de la statistique.

Ainsi, le lecteur pourra lui-mème faire l'applica-

tion des raisonnemens que nous venons d'émettre.

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