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CHAPITRE X

De la constitution geologigue de notre planète, et de la distribution géographique des étres à la surface de lu terre.

quée s'établit sur les rochers, où ses décompositions successives firent naltre l'humus. Bientôt aussi apparurent, au sein des mers, les aleyons,

les-éponges, les polynes, sorte d'êtres ambigus , qu nt les premières ébauches de la vie animale.

L'écorce du globe, ou du moinsl'épaisseur qu'on en connait, se trouva composée de corps formés de molécules réunies par une force nommée attraction moléculaire , 1 dans un sens inverse de l'attraction planétaire; ces corps nommés minéraux se groupèrent dans des rapports si exacts, que par eux on a pu établir les âges de la terre et l’histoire des révolutions qu'elle a éprouvées. La plupart de ces minéraux furent agrégés et souvent combinés par le feu; d'autres au contraire furent le résultat d’un dépôt lent et successif, d'une cristallisation par évaporation t par l’action des eaux; c'est de ces deux combi-

. haisons que sont nées les roches composées, dont

la juxta-position forme ee que les géologres actuels nomment des {erreins.

La surface du globe dut étre primitivementunie. La végétation qui la couvrait se composait priu⸗ cipalement de plantes moins complètes dans leur organisation, et les animaux, eux-mêmes, par les restes qui nous sont parvenus, appartenaient tous aux classes inférieures. Des chocs, nommés par quelques naturalistes cafaclysmes, via-

rent par leurs perturbations puissantes détruire

ces ébauches. de Ja vie, et bouleverser la surface de la terre. Les eaux firent irruption, et couvrirent des endroits d'où elles ne se retirèrent que plusieurs siècles après, en laissant des traces irrécusables de leur passage. C'est ainsi que les ossemensfossiles d'animaux éteints depuis ces périodes nommées anté-diluviennes sont venus par leurs dépouilles nous prouver matériellement leur existence. Mais ces débris n'existent point dans les couches de granit ou de gneiss, qui constituent les terreins primitifs. On n’en voit de traces que dans les terreins dits intermédiaires ; ils se multiplient. dans les secondaires et deviennent très communs dans les terreins tertiaires et dans ceux de transition. Touteſois, l'ordre et l'arrangement de ces débris organisés, gisant sur l'écorce du globe, sont dans des rapports si exacts, qu'on reconnait aisément, suivant le degré de profondeur des couches dans lesquelles ils se trouvent placés, qu'ils ont appartenu à des animaux plus ou moins élevés dans l'échelle des êtres, La même remarque a été aussi étendue aux végétaux fossiles. Les plus profonds, comme les plus noizbreux, appartiennent d'abord à des plantes vasculaires , et ce n’est que plus tard qu'on voit apparaitre des dicotylédones, qui sont le résultat d'une combinaison plus perfectionnée. Enfin les

mammifères et l'homme surtout n'existalent point encore, car les premières traces d'ossemens fostiles de mammiferes dont les races sont éteintes, ne se présentent que dans les couches meubles des turreins de transport. Quant à l'homme, ses débris n'existent nulle part à l’état fossile, et les seules breches qui en contiennent sont des cal: caires utigés qui, dans leurs interstices, en ont la charpente osseuse par des accidens purement fo et qui datent au plus de quelques siècles. *

Les minéraux, les métaux et les gemmes, corps inorgauiques, constituant ce que l'on est convenu d'appeler le rene mineral, ne sont point sournis aux lois de la climature, et par consé- 2 sont répartis indifféremment dans la masse

u globe, mais seulement dans certaines Iocaiités, nommées gisemens, et qui dépendent des fois de formation. II n’en est pas de mème des végétaux; leurexistence est subordonnée au sol sur lequel ils sont fixés, et de là les divisions de régions hyperboréenne, européenne , sibérienne, méditerranéenne, elc., etc., établies par les botanistes nour expliquer les lois qui régissent leur dispersion. La région équato-

riale est la plus riche en plantes phanérogames ,.

les végétaux de cette zone acquièrent des formes plus imposantes et plus largement développées que partout ailleurs ; les zones tempérées nourristent en grand nombre des phanérôgames et des

cryptogames, dont les formes sont robustes, sè-°

pen ligneuses ; enfin dans les régions polaires e nombre des espèces dimiaue, et la végétation ne présente plus que des herbes rabougries par l'apreté des froids continuels. Mais dans ces grandes zones, la répartition des masses secondaires presente les oppositions , les anomalies les plus contrastantes, produites soit par l'influence des bassins, des localités, soit par l'influence des milieux , etc. Toutefois, plus on s'élève sur les eng air plus la végétation se rapproche de celles des latitudes polairts elt sur leChimborazo, par exemple, on finirait par trouver vers son sommet une flore complètement analogue à celle de l'ile Melville. On conçoit qui sur les limites des pôles les phanérogames diminient ou disparaissent pour faire place aux agames. Ce nest toutefois que sous l'équateur que les monocotylédones deviennent des végétaux majestueux, et que les gramens prennent le port et la solidité des arbres des zones tempérées.

Les animaux zoophytes qui vivent dans la mer sont d'autant plus nombreux qu'on se rapproche davantage de l'équateur. Ils sont établis, sans aucune distinction , tout autour du globe et forment une sorte de ceinture naturelle. II en est de même d'un grand nombre de mollusques marins, Cependant, à mesure qu'on atteint les hautes latitudes, leur nombre diminue ou leurs espèces changent et font place à d'autres. Les poissons marins sont évidemment soumis à celte grande loi. Ceux du nord différent complètementdeceux du midi, et les espèces australes semblent habiter les hautes latitudes, aussi bien sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, de l'Afrique, que de l’Amérique. Quant aux poissons équatoriaut, ceux qui

sont saxatiles éprouvent davantage le besoin de l'abri des terres et des plages échauffées, et par — à: — varient dans 1 me me suivent attérages, quoiqu'un grand nombre se retrouve — bien à Oulu, au milieu de la mer du Sud , qu'à l'ile Maurice, dans l'Océan-Indien. La quantité et la variété des insectes et des reptiles, très considérable sous l'équateur, diminue graduellement à mesure qu'on avance vers les pôles : leur mulliplication demandant im ment l'union de la chaleur et de ! té, in en résulte qu'ils sont moins cc muh dans les lieux oli ces deux circotistances ne se présentent point réunies, Quant aux oiseaux, leurs espèces sont d'autant plus variées et leur plumage ‘d'autant plus riche, qu'ils appartiennent. aux zones équstoriales. Mais chez nulle autre espèce d'animaux les démarcations ne sont plus sensibles, suivant les contrées, leur exposition, leurs barrières, sous ce rapport ces êtres sont soumis à une distribution géographique parfaitement tracée, à laquelle n'échappent même pas les oiseaux migrateurs. Cependant quelques espèces semblent etre cosmopolites ; ainsi certains oi-

. seaux aquatiques se retrouvent sur les rivages

de toutes les contrées. Au reste cette particularité n’a rien qui étonne, quand on se rappelle l'influence de la mer sur la température des côtes, etl'organisation gppropriée de ces animaux pour un milieu qu'ils ne quittent que momentanément. Si les mammifères sont assez bien répartis, quan, au nombre, sur tous les points de la terre, il n’en est pas de mème par rapport à la taille, Les plus puissans vivent dans les immenses forèts vierges de l'équateur, où dans l'espace des mers, ou enfin sur les confins du monde. Des mille mammiferes counus, l’Eurôpe n'a guère

ue 104 espèces, tandis que l'Amérique en renferme 300, l'Asie 180 et l'Afrique 148. Certains quadrupèdes enlevés des lieux qui les virent naltre, et pliés à la domesticité, se sont habitués à des climats peu adaptés à leur organisation. D'autres, au contraire, compaguuns de l'homme, ne paraissent plus exister à l'état sauvage, ét se trouvent être modifiés dans leur organisation primitive.

L'homme, l'objet le plus complexe et le plus jeune de la création, prit naissance sur les hauts plateaux de notre planète; ses essaims variés et

typiques s’irradièrent de ce centre et descendirent

successivement dans les vallées, en s’avançant par de hautes latitudes. Son existence une et indivisible est loin d'offrir les espèces qu’on a voulu admettre, et rien ne légitime cette multiplication de noms caractéristiques appliqués à de simples variétés, Partout l’homme s’est plié aux climats auxquels il a été soumis ; partout il a modifié ses mœurs, sa manière de vivre et jusqu’à son intelligence suivant les pays qu'il a été obligé d' habiter. Pas’eur ou pécheur, nomade ou sédentaire, vivant en familles indépendantes ou en corps de nations, l’homme peut produire avec toutes les variétés de son espèce répandues sur la surface du globe; seulement chez les individus qui proviennent de ce croisement on remarque une allération sensible dans les traits caractéristiques des

espace des nonde. Des n'a guère ue en ren- 5. Certains virent nalhabitués à tion. Dauhomme , ne age, ét se rganisation

et le plus r les hauts s variés et scendirent s'avançant une et in- Fon a voulu hitiplication de simples aux climats modifié ses à son intel- 6 d'habiter.

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races dont ils dérivent. Les noms de races ne peuvent donc servir qu’à désigner des modificann nn ct pp aux lois de la distribu-

gstographique.

Ce n'est encore que très ement — peut évaluer le nombre des êtres de nature fférente , soit végétaux soit animaux , qui couvrent la surfnce du globe. Les catalogues systématiques de ces êtres sont incomplets; les collections publiques des eultivent l'histoire naturelle renferment tant d'espèces non décrites, les découvertesjournalières en un si grand nombre, qu'on ne peut considérer les évaluations offertes dans le tableau ci-dessous que comme l'abrégé de ce que l’on sait aujourd'hui de moins vague sur ce che de connaissances, nous nous sommes

+ Etranger à cette bran-.

adretsé

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