VUES GÉNÉRALES SUR LA GÉOGRAPHIE
5 1. Bornes de la géographie. — Séparation de la géographie et de la statistique.
«La confusion extrême que l’on voit régner , tant aans les définitions fondales attributions et la
l 2 . 93 a géographie, me paraît provenir, chez quelques auteurs, De Pisolement plus ou moins comp et dans lequel ils ont envi- 14 phie, et du point de vue sous lequel ils ont examiné quelques connaissances qui l’avoisinent ; chez d’au-
tres ce sont des études spéciales quiles tiq
ni mal se
divisions le silence sur plules ont ſaussemen
ie une
hum ain 5 point s’é pés à um ines, pour ne t s'être occu définir et à tracer les limites de celles qui en approchent le pe près, la plupart des auteurs allemands enveloppent la geographie dans la statistique, tandis que presque tous les Français comprennent dans celle-ci les nombreux rameaux de la première ; c'est ainsi que l’économie , Parithmétique politiques ont été confondues avec la statistique; la cosmograie dans la géographie et même dans la ce 7 la géologie dans la 4 graphie physique; c'est ainsi qu’on a placé, tantôt dans la géographie, tantôt dus
la statistique, l’Apdrographie et la géognosie, là chorographie Pl 8 Phie, et que resserrant souvent cette dernière dans la sphère étymol sa dénomination, on en a fait par fois la description universelle d’un pays étendu.»
Ainsi s’exprimait , en 1819, M. le baron de Férussac, dans son sur la necessité de fixer et d’adopter un en de doctrine pour la géographie et Ia statisue. Nous pourrions apporter les résultats de notre propre expérience à l'appui des justes plaintes de ce savant. Mais nous nous contenterons d' ajouter quelques réflexions relatives à la statistique, parce que c’est à cette dernière science que des mains peu exercées ont, de nos jours, fait le pins d'emprunts mal calculés.
géographie étant la description de la terre en général et de ses divisions politiques en particulier, on voit que cette science , pour etre traitée compen doit recourir à plusieurs autres.
ais ce serait en faire une véritable encyclopédie, et la rendre inaccessible au plus grand nombre de lecteurs, que de vouloir y comprendre la cosmogon’’ Dont te, l'astronomie, !
logie, l’histoire naturelle dans ser férentes branches, la physique, la 2 téorologie, l'anthropologie, Aa statishque, l'économie politique; le dessin et la cartographie, l'hutoire ancienne, celle du moyen âge et l’histoire moderne, l’archeologie, l'ethnographie et une foule d’autres sciences qu'il serait fastidieux d’énumérer, et avec lesquelles la géographie à des points de contact plus ou moins nombreux. Les prineipaux faits de quelques-unes de ces scien-
monta milles & vrietes
néité ent se compo
2 à ee.
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ces seulement doivent y etre indiqués , mais aucun ne doit y être décrit et traité en détail, la connaissance en étant présupposée. La surface, la population absolue et la population relative , les revenus et la delle, les forces de terre et de mer étant les principaux élémens de la force et des ressources d'un état, entrent également dans la sphère de la géographie et dans celle de la statistique, mais avec cette différence que le géographese contente des résultats généraux, et ue le statisticien descend dans les détails e chacun de ces élémens. Ainsi, par exempie, le premier se contente de savoir que 2 — de la France est — —— milles carrés ; que sa population a lue en 1826 la de 32,000, 00 d'habitans; que sa ation relative était de 208 habitans par mille carré ; que son revenu à la même époque était de 987,000,000 francs; que sa dette montait à 8,000, 000, 000 francs ; que son armée était de 279,057 hommes, etc. Le second au contraire veut savoir quelle portion des 154,000 milles carrés est destinée à la culture des céréales ou aux pâturages, ae? autre est occupée par des vignoles, des potagers, des jardins et des
ergers, par des oultures partiou- celle de la
lières, ou bien par des bois, par des ter.
res inoulles, par des routes, rivières, montagnes et rochers ; combien de ces milles carrés sont envahis par des propriétés bâties, par des étangs, par des marats, par des mines et êres, etc.
Le statisticien ne se borne pas à savoir que la France a 32,000,000 d’habitans ; mais il veut connaître comment cette population est partagée sons le rapport cthnographique et religieux, pour juger par là de la force ou de la faiblesse de l'état, selon le plus ou le moins d’homogénéité entre les élémens dont la population se compose; car en général, un état com- N d’habitans parlant tous la même angue et professant tous la même religion offrirait plus d’élémens d'union et par conséquent plus de force et de durée, que celui qui serait formé par l'agglomération de plusieurs nations parlant des idiomes diſlerens et professant des religions diverses. Lestatisticien veut en outre savoir com bien, sur ces 82, 000, 000 d’habitans, il y en a du sexe masculin et du sexe féminin, combien de célibataires, de gens mariés
A LA GEOGRAPHIE. ne
et comment les uns et les au-
et de veuf», * sous le rapport de l'âge;
tres ge d
22 combien sont employés dans ions du
tllégitimes; dans quel * les nais-
, les naissances aux mariages, et une foule d’autres choses qui sont du domaine exclusif de la statistique. Si le géographe se contente de connaître la somme générale de la recette et de la dette, le statisticien entre dans tous les détails du budget, ef veut savoir combien de millions sur les 987,600,000 ont été le produit de la contribution funcière, de la contribution personnelle et mubilière, etc. ; combien proviennent de l'enregistrement et des domaines combien des droits à l'importation et de ceux sur les sels; combien des droits gur les boissons, sur les tabacs, et enfin quelle a été la recette des postes et loterie, etc. Il demandera de plus quelle est la quote part de chaque département, En décomposant la dette en ses différentes parties, il veut savoir à combien monte la deffe fondée, et à combien la dette flottante ; il distingue dans la première les rentes à 3 pour cent de celles à A à 4172 et à 6 pour cent; il sépare dans la seconde, les interes aux receveurs généraux de ceux des bons royaux, des escomptes à lu banque, des intéréts aux communes, etc.; il veut connaître la somme destinée chaque année à l'amortissement de la dette fondée, le montant de la dette viagére et celui des cautionnemens. Il ne lui suffit pas de savoir que l’armée est de 279,957 hommes; mais il veut connaître la force des différentes armes qui la composent, le pied de paix, le pied de e et le nombre effectif sous les drapeaux, et en outre les départemens qui fournissent particulièrement les recrues de certaines armes , afin d’en conclure la différence que présente la taille commune de l’homme
ans les différentes régions du royaume...
Si les phes de profession, si meme les hommes qui ne s'occupent de la science hique que par occasion où aécessité, s'étaient tenus dans des bornes raisonnables et n’avaient admis dans leurs traités que des données statistiques puisees à de bonnes sources, en les signalant au lecteur et en indiquant l’année à laquelle ces données se rapportent, ils n’auraient Pr à la géographie et surtout à la statistique des reproches en apparence mérités. Le peu d'accord qu'on remarque entre certaines évaluations ne doit pas etre attribué à l'imperfection des deux sciences, mais au peu de soin et d'attention de quelques écrivains, à l'ignorance, à la présomption ou à la mauvaise foi d'un grand nombre d’autres.
Dira-t-on que la statistique donne des résultats contradictoires, parce que trois auteurs écrivant en 1827, évaluaient la population de la France, le premier à 30, 780, 000 âmes, d’après le recensement fait à la fin de 1821, en y comprenant l’armée et la flotte; le second à 30, 468, 201 pour la même année, en faisant abstraction de l’armée et de la flotte; le troisième à 31,845,428, d’après le recensement qui eut lieu au commencement de 1827? Osera-t-on soutenir que la statistique n'aboutit en définitive qu'à des groupes de chiffres illusoires et indignes de la conflance des esprits sérieux, parce qu’en dépit de tous les calculs et de tous les raisonnemens auxquels nous nous sommes livré, appuyés sur le recensement de l’année 1819, pour prouver que la population du Portugal continental s’élevait-en 1822 à 3, 173,000 Ames, deux savans estimables, mais étrangers à cette science, re-
uisant les anciennes évaluations aproximatives faites en 1798 et basées sur e nombre de feux, la portaient contre toute probabilité en 1827, l’un à 3,080, oo, l’autre à 3,683,400 âmes? Est-ce à l’imperfection de la statistique qu’il faut s’en prendre si des littérateurs, si des savans recommandables, peu familiarisés avec les difficultés sans nombre qu'elle offre même à ses mé red commettent, lorsqu'ils se lancent dans une carrière si éloignée de leurs études spéciales, les mépri-
INTRODUCTION
SIL. Reproches que l’on fait à la alalistigue. — Moyens de les éviter.
ses les plus ridicules? L'un, par exemple, attribue à la seule ville de Boston la totalité des importations et des exportations de toute la confédération Anglo-Américaine; l’autre, confondant le mouvement du port de Liverpool avec sa marine marchande, fait monter cette dernière à 1,180,914tonneaux! nombre presque neuf fois plus grand que le tonnage de ce port, et qui dépasse la moitié de toute la marine marchande du Royaume-Uni. Celui-ci A prouver la supériorité morale des
abitans du duché de Bade sur ceux du royaume de Wurtemberg, en fondant ses calculs sur des documens évidemment erronés, puisqu'ils lui donnent pour résultat définitif un seul accusé sur 1600 hubitans dans le grand-duché de Bade, tandis que, selon ces mêmes documens le royaume de Wurtemberg n’en compterait pas moins d’un sur 169! celui-là voulant estimer la surface des principaux états du globe puise ses chiffres à des sources diverses et range dans une même colonne, en prétendus milles carrés allemands de 15 au degré, des évaluations dont les unes sont récilement exprimées dans cette mesure, mais dont N D autres ont pour véri-table unité le mille géographique de 60 au degré et même le mille anglais de 69 !
au degré : d’où il résulte que la Chine est représentée dans ce tableau comme ayant une surface supérieure à plus de la moitié de toute la partie terrestre du globe!
On doit avouer que si la statistique particuliere a produit déjà un grand nombre d'ouvrages d'un mérite réel, il n’en est pas de même de la statistique générale, malgré les profondes connaissances et les travaux remarquables de quelques savaus.
Les travaux que nous avons eus à faire en ce genre nous ont prouvé que la stalistique générale est encore dans l’enfanee, pour ne pas dire au berceau, et que l’auteur le plus consciencieux est justement celui qui remplit le moins de colonnes, tant sont grandes les lacunes qu'offre encore cettescience, non-seulement pour les pays situés hors d'Europe, mais même pour presque toutes les contrées de cette partie du monde. Nos lecteurs peuvent s’en assurer facilement en parcourant les
monograpl comblen e p'ogrès de adopté cett de ce que qui nous oc ’œil sur spéciaux de liste de ces l’introductic ous n’avor dans celle-« Sistrer nous plus précieu Ces trava ves, lorsque hommes lab bort avec ce u meme ge étrangères; se seront bie tions, les da
Le géogra 2 it) teurs les plus hu voir par le qu’ils ont dé plus loin que sous ce rappo voir recours
faut savoir y Cet art dépen ves et surtou Sans ces deux uer comme 3 qui, depuis J
À LA GEOGRAPHIE. v
observations que nous avons placées avant les tableaux statistiques de l’Europe, de l'Asie, de 9 de l’Amérique et de l'Océanie. Cette imperfection de la statis- 9 0 1 est une conséquence natu relle du petit nombre de travaux spéciaux que l’on a publiés jusqu’à présent, et du peu de critique que l’on a mis, à quelques exceptions près, dans la rédaction de tous les résumés de la science. Il est temps que les personnes qui cultivent cette branche si importante et si ramifiée des connaissances humaines, s'imposent la loi d'une critique judicieuse. La méthode la plus simple serait de se vouer d’abord à des e e à des spécialités. On sait combien les sciences naturelles ont fait de pogrès depuis que les naturalistes ont adopté celte marche. Pour se convaincre de ce que pourrait en attendre la science qu nous occupe, il suffit de jeter un coup-
’œil sur les travaux des statisticiens spéciaux des divers états de l’Europe. La liste de ces écrivains utiles se trouve dans l'introduction des éditions précédentes.
Nous n’avons pas cru devoir la répéter dans celle-ci : des faits nouveaux à enregistrer nous rendent l’espace de plus en plus précieux.
Ces travaux préliminaires étant achevés, lorsque, chacun de leur côté, ces hommes laborieux se seront mis en rapport avec ceux qui étudient les spécialités du même genre, chez plusieurs nations étrangères; lorsque les uns et les autres se seront bien compris sur les observations, les dates, les mouvemens à recon-
naître; lorsque ceux qui se sont voués à l'étude de la superficie et de la population absolue des 1 1 états de la terre, auront apprécié l'étendue des plaines, les montagnes, les lacs, les rivières, les eauses physiques ou morales qui retardent ou accélèrent les progrès de l’agriculture, et enfin toutes les anomalies qu'offre la population; lorsque ceux qui ne craignent pas d'aborder les finances, en auront examiné avec attention et persévérance les diverses parties, auront élendu leurs investigations aux divers systèmes monétaires et les auront soumis à une évaluation uniforme, etc., ators, des auteurs de résumés réuniront en un même faisceau les faits reconnus par les statisticions spécialistes. Alors aussi cesseront les doutes; alors plus de chances pour des interprétations mensongères où hasardées; alors nous ne verrons plus à la tribune, ou dans le conseil des rois, des hommes d’état se discréditer par les plus grossières erreurs; alors le négociant, mieux instruit, pourra combiner plus sûrement ses opérations; alors enfin les chefs des armées, plus éclairés sur les ressources des états, feront les préparatifs convenables pour assurer la subsistance de leurs troupes, et ne frapperont pas le pays conquis de contributions hors de toute proportion avec ses ressources. Grâces à cei'e marche la statistique s’assurera un rang distingué parmi les sciences positives et d'observation, et répandra des bienfaits réels dans toutes les classes de la société.
$ III. Difficultés d'un travail géographique. — Moyen de les surmonter.
Le géographe ne doit emprunter les documens qu’il met en œuvre, qu'aux auteurs les plus dignes de foi, à ceux qui ont pu voir par leurs propres yeux les choses qu’ils ont décrites. Nous démontrerons plus loin que nous n'avons rien négligé sous ce rapport. Mais il ne suffit pas d’avoir recours aux meilleures sources, il faut savoir y puiser avec discernement.
Cet art dépend de connaissances positives et surtout d’une longue expérience.
Sans ces deux guides, on s’expose à donuer comme actuel un ordre de choses qui, depuis long-temps n’existe plus; à reproduire d’anciennes conjectures, ad-
missibles, à la vérité, lorsque la science était moins avancée, mais qui doivent être remplacées par les faits positifs dont elle s’est enrichie depuis; à répéter enfin de vicilles erreurs, que le zèle éclairé ou les longues recherches de quelques savans ou bien les efforts courageux de quelques voyageurs sont parvenus à déraciner de nos jours. 11 faut posséder à fond l’histoire de la géographie, pour savoir choisir les meilleirs ouvrages à consulter dans la description de chaque pays, et l’art difficile de la critique, pour savoir apprécier le mérite différent des auteurs, par fois si nombreux, qui ont décrit la
vf
meme contrée, ou qui en ont parcouru une partie, soit aux mêmes époques, soit à des époques plus ou moins éloignées les unes des autres. Il faut avoir le moyen de discerner le vrai du faux, de réduire à leur juste valeur les ridicules prétentions des auteurs nationaux, les préjugés vulgaires reças comme des vérités incontestables dans le pays, la prévention de certains voyageurs contre le peuple qu'ils visitent, ou la partialité qui leur fait admirer toutes choses. Il faut avoir le talent, si rare, de concilier le jugement quelquefais diamétralement opposé,que deux voyageurs ont prononcé sur une meme nation, sur un même pays, sur une meme ville, tantôt à des époques différentes, tantôt presque dans la même année. Il faut connaître enfin les sciences accessoires de la géographie, pour n’admettre parmi la multitude de données si diverses dont son cadre se remplit, que des faits sanctionnés par des juges compétens; car il ne suſſit pas d’être sur les lieux pour apprécier l'exactitude de certains jugemens ou de certaines ;ropositions, il faut encore posséder la science même à laquelle ils appartiennent. à d Rien, dit l’auteur spirituel des souvenirs du golfe Persique, rien n’est plus remarquable que la fausselé des différentes descriptions que l’on a faites de ces rivages, sans cependant qu’on puisse accuser les auteurs de ces descriptions d'inexactitudes volontaires. Moore, dans sa belle exposition de Lalla Rookh, ne mentionne pas une seule pierre précieuse, ou une seule fleur, sans s appuyer de l'autorité de quelque voyageur digne de foi, et il est probable que tout ce qu'il décrit existe en effet; mais, après l’avoir trouvé on aurait bien de la peine à le reconnaltre. Ce sont des bancs de perles et des nes de palmiers, des bosquets de vignes et de grenadiers; mais une triste différence existe entre la peinture et le modèle. Dans le récit, tout est brillant, frais, embaumé; dans la réalité, les bancs de perles sont des tas infects de coquillages d'hultres; les bosquets de palmiers sont de hideuses et chétives plantations, dont le vert pâle et fané se détache à peine de la couleur des rochers nus qui les entourent, et du sol brûlé qui les porte ; les grenadiers sont constamment couverts d’une poussière blanche; les zéphirs sont étouffans; le cristal des fontaines est une
INTRODUCTION
eau saumätre, et les flacops où brille le rubis liquéfié sont des bouteilles bouchées avec un chiffon et contenant du vin de Schiraz, qu’on prendrait pour du mauvais Porto, mélé avec de la bierre. Rien ne ressemble moins à la mer verte des voyageurs et des poèles, parsemée d'lles enchantées, étincelante de l’éclat des perles et rafraichie par dés brises parfumées, que le véritable golfe Persique, avec ses rives sauvages et stériles, desséchées par une atmosphère qui semble menacer de destruction tout ce qui existe. »
Des voyageurs modernes ont réduit à leur juste valeur les pompeux éloges que, sur l’autorité des auteurs persans, on prodiguait à l’excellence du climat de Schiraz; et M. Képhalide a trouvé que la vallée de Noto en Sicile, qu'on représente comme un jardin, estau contraire très montuense et remplie de vastes landes et de déscrts rocailleux. Les récentes explorations, faites dans l'intérieur de l’Afrique, ont fait disparaître les immenses populations qu’on accordait aux villes de Tombouctou, de Haussa et de Bornou; cependant Sidi- Hamet, natif de cette dernière ville, assu · rait à Ritchie qu’elle surpassait le Caire en grandeur! Le judicieux auteur de “Ba st India Gazetteer réduit à 50,000 le nombre moyen annuel des pélerins qui de 1817 à 1822, ont visité la pagode de Djaggernâth, nombre 24 fois moindre que celui qui était donné par Carey. Quoique, selon les recherches de l’abbé Grégoire, il n’existe plus de Samaritains en Europe, et que leur nombre en Asie ne dépasse pas 200 individus, ces sectaires juifs croyaient et assuraient aux voyageurs, il y a quelques années, que leurs co-religionnaires de Gènes étaient au nombre de 127,060! D’après un ancien usage, les Birmans comptent dans tont l'empire 4600 myos où arrondissemens, nombre, dit
M. Klaproth, quitrès certainement est exagéré. Dans le Pégou, l’expression érentedeux parait être d’un usage banal; car chacune des provinces de cet état (Henzavati, Martaban et Bassein) est donnée comme renfermant ce nombre de myos; cependant une investigation exacte a démontré qu'il n'y en avait que la moitié dans les provinces d’Henzavati et de Martaban, ef que le quart dans celle de Bassein.
« La vanité nationale, dit M. de Humboldt, en parlant des Mexicains, se plait à
agrandir la réalité limites di Dans les u ition l’éloignen lieues ma sans comp nora n’en méme cau:
la faveur d les moines colons, ont tites choses me de. Léon gale pas le cains en Es nies prenne villes. Une de la Guya Missions, en comme un v Ce n’est qu’ dans les col reconnu de de villes et d se forme une objets à leur Trois mois ou à St-Péter où à Odessa geurs qui droit de je ces villes et ei ser les opinid cesseurs, qui en parlent la la est à la hauteu tions les plus g.
la même ville, mes insolubles citadelle de Militaire, M. E ble d’une long fossés trouve point légèrem porté sur Dami et sur Bombey avec ceux du ca II sait concili dictions qu’on geurs qui ont usqu'à M. Bu In est pas nor tradictions qu’ obélisques dan
agrandir les espace, àreculer, sinon dans
la réalité, du rc ans l'imagination, les limites du pays les Espagnols.
Dans les mémoi:+: qui m'ont été fournissur la position des mines mexicaines, on évalue l'éloignement d’Arispe au Rosario à 300 lieues marines, d’Arispe à Copala à 400, sans compter que toute l’intendance de Sonora n’en a pas 280 en longueur. Par la meme cause, et surtout pour se concilier la faveur de ia cour, les conguistadores, les moines missionnaires et les premiers colons, ont donné de grands noms à de petites choses. Nous avons décrit le royaume de Léon, dont toute la population n’égale pas le nombre des moines franciscains en Espagne. Quelques cabanes réunies prennent souvent le titre pompeux de villes. Une croix plantée dans les forêts de la Guyane, figure sur les cartes des missions, envoyées à Madrid et à Rome, comme un village habité par des Indiens.
Ce n’est qu'après avoir vécu long-temps dans les colonies espagnoles, après avoir reconnu de près ces fictions de royaumes, de villes et de villages, que le voyageur se forme une échelle propre à réduire les objets à leur juste valeur. »
rois mois de séjour à Constantinople ou à St-Pétersbourg, huit jours au Caire ou à Odessa, ne donnent pas aux voyageurs qui publient leurs observations, le droit de juger des pays où se trouvent ces villes et encore moins celui de renverser les opinions émises par leurs prédécesseurs, qui y ont demeuré pendant longtemps, et qui en possèdent la littérature et en parlent la 17 Ma Pour le géographe qui est à la hauteur de la science, les contradictions les plus grandes surle même pays, sur la même ville, sont loin d’offrirdes problemes insolubles. IIsait à quoi sen tenir sur la citadelle de Traunick en Bosnie, qu'un militaire, M. Pertusier, dit être susceptible d’une longue défense, et que M. Desfossés trouve insignifiante. II n’accepte point légèrement le jugement favorable porté sur Damieta par madame Minutoli, et sur Bombey par Heber, en opposition avec ceux du capitaine Light et de Forbes.
II sait concilier les étonnantes contradictions qu’on remarque parmi les voyageurs qui ont visité Tir, depuis Pococke ue M. Buckingham et à M. Connor.
n’est pas non plus embarrassé des contradictions qu’on trouve relativement aux obélisques dans Pococke, Shaw et Ri-
À LA GEOGRAPHIE. : vn
chardson, et il prononce facilement entre All- Bey, qui dit qu’Ak-Cheher, dans la Caramanie, est une petite ville, et Mac- Kinneir qui ui accorde 15,000 maisons, c'està-dire, au moins 60,000 âmes. Il n’hésite pas à rejeter comme inexacte l'assertion des Journaux de Calcutta, qui pabtisient, ilya
uelques années, que la langue tibétaine
tait l’idiome parlé depuis ES er dt qu’à la frontière de la Sibérie; et il ran parmi les erreurs reconnues l'assertion du Canton-Register, qui confondaitnaguère les Bourouts établis au nord de Kach- Shar, avec les tribus mongoles des Bouriats ou Bouretes qui, soumises à la Russie occupent les rivés du lac Balkal éloigné de plus de 1300 milles de Kachghar. Il sait que l’estimation de 11,000 pieds de profondeur que les nationaux, d’après une erreur de calcul de Pontoppidan donnent au trou qui se trouve en Norwège dans le district de Rake, près de Friederiks-Hall, devait etre portée au moins, jusqu’à 39,868 pieds de Paris ; car M. Parzot a démontré que cette profondeur est nécessaire pour qu’on puisse compter un intervalle de 90 secondes, entre l'instant où l’on a jeté une pierre et le moment où le bruit qu'elle fait en touchant le fond de l’abime vient frapper L'oreille de l’observateur, Il sait déjà que le capitaine Beechey a détruit le charmant roman composé par le capitaine Basile Hall sur les habitans de Lieou- K'hieou. Il ne peut plus ignorer que de célèbres orientalistes nous ont mis à même d’envisager les Chinois, les Japonais, les Indiens et les autres nations civilisées de l’Asie sous leur véritable point de vue. Il sait enfin réduire à leur juste valeur les fables débitées sur l’ignorance et les vices prétendus des Espagnols, des Portugais, des Italiens, des Hollandais et de tant d’autres nations.
‘L'hypothèse suivante, relative d la France, achevera de faire sentir à quel point les relations des voyageurs les plus véridiques. peuvent différer entre elles.
Supposons qu'un Siamois , ignorant la langue française et, par conséquent, obligé de s’en remettre à un interprète, sejourne quelque temps en France, vers le milieu du xvin® siècle ; puis qu’à son.
retour dans sa patrie , il publie une description de cet état. Qu'un autre, au bout d’un certain nombre d' années, et lorsque la révolution de 89 a déjà renversé le gouvernement et modifié l’étendue de la
visiter le ci-devant royau- „ Pin on prédécesseu aussi une relation en revenant . Celle relation sera presque entièreit opposée à Ia première : le chef de
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. 8 W. Esclusion de l'esprit de système.
‘La géographie est une-science de faits = Sao : le géographe
et Ç 4 15 OR : phe dut do de orner à décrire les traits Migros qu’ 1 5 terre. Qu il pos sas de remonter jusqu aux causes e — waer la con ration des côtes, l’étendue des mers, la distribution des lacs et des Iles, ou la direction des principales de ds ce sont là, sans doute, des spéculations 1 ques de la plus haute importance, mais elles sorut di domaine de la Géographie pour s#eucadrer spécialement dans celui de la géologie. Que l’on ne s’y trompe point: la géographie et la géologie ont beau se tou cher, ce sont deux sciences erftièrement distinctes, et c’est à tort que quelques savans naturalistes se sont essayés de nos jours, à faire de celle-ci une des À y iatégrantes de la première. Fidèle à ce principe, nous avons exzlu de cet abrégé tout. systeme, toute hypothèse, malgré les belles pages dont nous eussions pu Penrichir en nous aidant de plusieurs productions remarquables qui ont été publiées depuis quelques années. Notre manière de voir. sur ce point est N par un naturaliste distingué : M. Lesson cite un exemple si piquant de l'abus des systèmes que nous croyons faire une chose agréable au lecteur en le 0 e :
« Les premiers Européens philosophes et naturalistes qui explorèrent les rivages de la Nouvelle-Hollande, dit M. Lesson, furent frappés des singularités sans nombre que les productions naturelles leur Offraient à chaque pas: tout leur parut bizarre et paradoxal, sol, aspect, aussi hien que végélaux et animaux. Ce caractere d’étrangete qu’affectait la nature sur les terres australes, parnt éminemment curieux; on voulut s’en: rendre compte, et bientôt on tomba dans des ex-
INTRODUCTION
Sud, depuis la mer Baltique trémité de l'Italie sur la mer née, et de l'Est à l'Ouest,
u’à ex-
deux m a
que DE te Larrateur à seul raison contre les deux autres, puisqu'il a vérifié son exactitude,
tremes qui vicièrent l’opinion. Il est de fait, que bien peu d'auteurs ont, sur la Nouvelle-Hollande, des idées fixes et arrêlées, et ceux qui les possèdent ne les doivent qu'aux relations des dernières expéditions et surtout aux écrits des Anglais établis à la Nouvelle-Galles. On ne connaissait que Ia lisière du pays, on voulut juger de l’intérieur. Des marins n’ont visité que les dunes litiorales, où ils ne
trouvèrent point d’eau douce : aussitot les
géographes sédentaires en prirent acte, et ientôt on accrédita l’opinion que la Nouvelle-Hollande n avait point de rivières ; suivant les uns; que son intérieur était nu, pelé et stérile ; ne les habitans buvaient de l’eau salée. D’autres prétendirent que tout l’intérieur est oceu r de vastes marécages ; quelques-uns supposèrent que ce sont des déserts sablonneux, et quon devrait en tenter la découverte en y transportant des tentes, des chameaux; un grave auteur a proposé d'en faire la découverte avec des ballons! Enfin, on trouva des arbres pétrifiés sur une partie peu étendue ; vite on en conelut qu’il semlait qu’on eût porté sur ces lointains ri vages la tête de Méduse, pour pétrifier les êtres qui y vivent. De ces versions, lauelle croire? car elles sont toutes anssi ondées les unes que les autres, et l’on eut admettre , au centre de la Nouvelleollande, sans compromettre sa conscience, aussi bien des volcans que des marais ou des fleuves majestueux et navigables. »
Nous verrons, dans la description de cette partie de l'Océanie, comment tous ces systèmes se sont écroulés devant les N récentes, et tout ce que cette rétendue terre de désolation promet à ’activité européenne,
gets
bonne mé
voyageur clairent | ſrent, au tout de b tions qui les souve même, ce étre, son narration perdre d demissa d’un trai inévitable raîtra ce de toute tion se fix cer de la cune d’ell et encore la même, autre. O les titres Meg cl grap 20 clarté; de rapproche thode log tion de la succincte tielle.
Quant bempioi d “qu'elles 1 aucune id Bien de base science,
bonne méthode ; dy
A LA GEOGRAPHIF. 1
12 géographie étant une science tive, les objets qu'elle embrasse doivent étre classés * d’une manière pittores-
frent , au contraire, en même temps; partout d
demissa “ d’un traité élémentaire avec sa sécheresse inévitable? La méthode pittoresque y paraîtra ce qu'elle est ‘en effet, l’absence de toute méthode. Là, pour que l’attention se fixe à quelque chose, il faudra tracer de larges divisions ; puis dans chacune d’elles grouper les faits analogues, et encore suivre une certaine loi, rs la même, pour passer d’un groupe à un autre. On ne craindra pas de multiplier les titres et les indications, d'établir dans chaque chapitre un même ordre de paragraphes; car de cette symétrie résultera la Clarté; de cette uniformité naîtront des rapprochemens utiles. Telle est cette méthode logique, grâce à laquelle l’exposition de la science devient plus suivie, plus F 5 plus claire et plus substantielle. f
Quant aux divisions que demande
qu'elles ne doivent être déterminées par
aucune idée exclusive.
Bien que la géographie physique serve
de base à toutes les autres parties de la
‘science, il nous parait contraire à une assujétir, dans la par-
is descri soit grandes méthode er soit. 1.
tolé- dont nous avons traité la
grand
Afrique, ainsi que la surface presque entière de o, de la A et des autres grandes îles de l’Océa-
, 8 V. Méthode, divisions, proportions.
ne pourrait se former qu'une.
. Par la
vons établi la description du cours des fleuves , nous croyons avoir concilié 1 3 naturelle et la ciassificaon 8 SE 8 uelle 3 Funiſormii que prescrit la met logique , plusieurs causes obligent le raphe de dévier de ce principe. En eſſet, les cinq parties du monde offrent trop de différences dans la distribution des diverses contrées qu'elles bu mer 7 * divisions —4 ques: il y a e disproportion dans Pélendue et le degré de certitude des connaissances que nous ns sur chacune d'elles, pour qu’il soit possible dassujétir leur description à un seul et meme lan. Si d’un côté nous connaissons bien
l'Europe, et s’il nous reste peu de chose à
découvrir en Amérique, de l’autre côté, de vastes espaces en Asie, tout l’intérieur de l'Australie. (Nouvelle-Hollande), la plus
nde partie des contrées centrales de
sie
nie, ou nous sont complètement inconnues ou ne sont encore explorés que d’une manière très imparfaite. Qui oserait, par exemple, remplir les cadres de ia g
graphie de l’intérieur de l'Afrique, des vastes solitudes de l’Amérique, des grandes contrées ee ied européen n’a encore foulées dans l’ ie, dans le
-Turkestan , dans l' Inde transgangéti- 5 et dans ces îles magnifiques qui l’empioi de cette méthode, nous croyons :
orment les grandes terres du Monde-
ritime? En attendant que des voyageurs intrépides ou quelque expédition scientifique, ou même quelque évènement politique, soulèvent le voile qui couvre la géographie de ces régions ; il vaut encore mieux laisser une lacune dans Particle
INTRODUCTION
Le 3 nombre d'îles qui
M la partie principale de la monarchie Danoise oblige le géographe en
trer en décrivant cet état dans des peut négliger sans inconvé-
75 5 VI. Abus des dénominations nouvelles,
Plusieurs géographes ont trouvé nécessaire, surtout dans ces dernières années, d'imposer une ſoule de noms nouveaux soit à des pays déjà connus qu'ils 8 d'une manière inüsitée, soit à
contrées récemment découvertes et déjà baptisées par les e explorateurs, soit même à des lieux déjà désignés par certaines dénominations géographiques admises dans la science, quoique à la vérité elles ne fussent pas encore devenüos très populaires. Dès le debut de notre carrière scientifique, nous avons été frappé de cet 1775 innovation qui menace de faire de la géographie une science aussi conſuse que le sont devenues de nos jours quelques parties de l’histoire naturelle , sans cesse houleversée par l’anarchie des classifications et des nomenolatures. Nous partons d’un principe certain:
à nos yeux les noms nouveaux sent nécessaires , alors seulement qu’il s’agit d'exprimer des choses réellement nouvelles ou de désigner certains groupes de pays, de montagnes ou d’iles qu'il est absolument indispensable de considérer à
part, En conséquence , nous en avons été aussi sobre que possible, quoique les travaux auxquels nous nous étions livré et la manière tout-à-fait nonvelle avec la-
quelle nous traitions la science, eussent
pu nous servir d’excuse pour en proposer un grand nombre. ; Bien loin de re au public que nous avions table rase devant nous et qu'il n’existait rien de bien exact dans tout ce qu'avaient fait nos devanciers, nous avons respecté toutes les classifications et les dénominations qui n'étaient as en contradiction avec l'état actuel de a science; et lorsque nous nous sommes trouvé dans la nécessité absolue. de proposer un nom nouveau, nous avons täché de le composer par la simple union des noms déjà connus des montagnes ou des terres principales appartenant aux nouveaux systèmes orographiques et aux nouveaux archipels que nous voulions former...
Decette manière, nous avons donné à
notre nomenclature beaucoup de simpli-
cité, et nous avons évité l'inconvénient de faire disparaitre des termes consacrés
les oontem une haute jugement «
clarté et l” ture géné par les peu appelés pa sances uni questions. 1 à la nomen lonisation, siège est au reusement
moins réfé
aLa scie des compa vent fort m drait quel
r dis
leur natu aucun rapp confusion; e Unis, le
À LA GEOGRAPHIE
chéri de Washington, et de ceux de toutes elle aurait
ne
SFTESTISETT |
sociables qu
comme il en sera tonjours | e 5 !
les contemporains n’étaient point placés à 8 sur des dé-
Aux la protec
& Aujourd’hui tout est different; la ear.
rière est presque fermée, les élémens sont réunis, et la science qui ne connaît pas de prescription; est chargée d’en coordonner l’ensemble, en groupant les terres d’après leurs rapports naturels, et en observant la clarté et l’unité des noms. La nomenclature générale ne peut être arrêtée que par les peuples cosmopolites de l’Europe, ‘appelés par leur 2 et leurs connaissances universelles à dominer toutes les questions. Une autre autorité dicte ses lois à la nomenclature de détail: c’est la colonisation, puissance inévitable, dont le siège est aussi en Europe, et dont malheureusement les arrêts sont à-la-fois les moins réfléchis et les plus durables.
«La science, toujours positive, demande des comparaisohsexacteset s'accorde souvent fort mal avec le sentiment ; elle voudrait quelque chose de plus qu’une épithète 1 dis er des pays entre lesquels leur nature et leur situation ne permet aucun rapprôchement. Pour prévenir la confusion; elle aurait évité dans les Etats- Unis, le répétition continuelle du nom
çais et les s
ue .
4 Oulre les noms descriptifs
Dec 2e y ru "Ont a N
leurs découvertes ceux des
pagnols ont suivi un autre principe: il est très rare qu’ils aient consacré les noms de leurs découvreurs,e presque toujours ils et , mais en les pu sous l'invocation de la Sainte-Trinité ou sous des apôtres et des martyrs.
« Tont bien cousidéré, le meilleur nom geographique, pat or origine, doit être clair, pieux, bref et original. Une doublesignificationet uneétymologie savante sont en général inutiles. S il peut indiquer, comme ceux des Pheniciens et des is, le caractère saillant du lieu qu'il désigne, il offre quelquefois un avantage particulier ; mais il est craindre que les mêmes motifs le. fassent répéter souvent. dans des localités différentes et qu'il ne finisse quelquefois aussi par perdre sa justesse. Les noms des dé- ‘couvreurset des hommes distingués sont souvent très bons, mais ils doivent être donnés avecimpartialité, discernement et comme par récompense. Beaucoup de personnes donnent la préférence aux dénominations usitées par les habitans même du pays, et nous sommes de leur opinion, pourvu que ces dénominations ne soient pas barbares, parce que, à tous leurs avantages qu’on sent généralement, se réunit toujours celui de l'originalité auquel nous attachons le plus grand prix. Il ne faut pas, fu reste, espérer un succès facile dans -eette recherche, pour laquelle il ne suffit pas seulement de pouvoir bien s’entendre car un pays porte autant de noms qu'il nourrit de.peuplades, et les noms variés du meme fleuve indiquent souvent le nom-
È » de Pérou et cen autres n’en sont pas meins fort bons et
de l'Australie?
Les voyageurs modernes
-dans leurs efforts, parce qu'ils
les ont dirigés avec plus de soin et de sa-
et nous avons pu connaitre avec cer-
de dans l'Océanie seule, beaucoup
plus de noms Perd mb lPAméri-
u monde, on les a religieusement con-
néral | avec d’antant plus d'avantage, qu’ils sont précis, courts et sonores comme les langues qu'on y parle. S'il K avait quelque A t plutôt d’avoir
« Nous remarquerons particulièrement deux archipels : celui de Salomon, parce qu’il est le seul dont les îles 3 core des noms européens, et celui de Viti, parce qu’il offre l'exemple unique d’une appellation collective déterminée par ses propres haitans. À tous les auires archipels il a fallu donner des noms: ceux de
a Société, de Sandwich, de Mendana, de Cook, des Mariunnes, des Carolines et de Tonga, sont consacrés et fort cunvenables. Le dernier remplace bien avantageusement celui des Amis, donné trop précipitamment à l'hypocrisie et à la trahison. Un autre nom caractéristique à a été laissé, aussi avec peu de justesse, à :
INTRODUCTION t les peuples ne sont les les eurs par excellence de lo-
pes ‘encore insignifiante et en lige. Devant le d De, — a ‘faire disparaitre ceux
Ake, de Grandes-Cycla-
des plus tèrent la France, dans la Polynésie et l.
ES sur les cartes. .
« Nous ne pouvous nous em r dire ici que, congés esprit de perfectionnement et de Justice. très louable en luimeme, on a applaudi y a quel nes années àuneinnovation malheureuse. On a voulu satisfaire la mémoire de Tasman, sans on me droits que l’ancien gouverneur an-Diemen avais acquis à la reconnaissance de la postérité, en ordonnant plu sieurs des explorations hollandaises. Le
etl’Angleterre, tralie, seraient
nom de Terre.de Van - Diemen, d autant
plus répandu qu’il s'appliquait à un pays colonisé, offrait peu de prise à la critique; peut-être seulement aurait-on dù,
r une légère modification , préférer ceui de Dieménie, et ses habitans eussent toujours été des Dieméniens, comme dans les anciennes relations. II existe, sur la côte nord-ouest de l’Australie, une seconde Terre de Diemen, à laquelle il eût mieux valu donner un autre nom, mais le changement n’était pas pressant.
Un pays important, dont la dénoinination
actuelle est ridicule, et qui fut aussi découvert par Tasman , semblait avoir plus de droit à réclamer le nom de ce navigateur; nous eussions eu alors la Tasmanie du Nord. et la Tasmanie du Sud, au lieu de deux:îles de la Nouvelle-Zélande, dont les noms indigènes, Jka-namautvt et Tavay-Pounammou sont trop barbares pour que nous les adoptions Jamais. Si l'on ne.veut pas revenir sur le nom de la Tasmanie, il y aurait encore une ressource, ce serait d'emprunter celui
une 6 7 graphe de cherchait d manière do ciation ver problème « se servent est pas qui différente a consonnes, Conserver d'un nom é fois il soit d
quel il ap inattentif à
À LA GEOGRAPHIE
de Dieménie à la terre n'aurait pas CAL PEN 1
Al reste dans la division australe de je un nom inconvenant et ridi-eule à faire disparaître : c'est celui de la Nouvelle-Gu: nous propo-
s vn an · d e propres
tran est livrée à l'anarchie, et nous ire d'entrer dans quelques explications à ce sujet, pour nous mettre à Tabri de toute critique. Mais d'abord nous 1 au savant Basa sur les
les et de prononcia
noms d'hommes, de pe,
dieux, de M. Salverte, le passage suivunt, dans lequel ce philologue, avec sa sagacité ordinaire, fait sentir les difficultés et les inconvéniens qu'offre leur ortho-
4 Si de nos jours un homme de à qui Ion a injustemer contesté, l’exactitude historique, si Voltaire est tombé dans une erreur pareille, en défigurant l’orthographe de la plupart des noms russes, il cherchait du moins à représenter, par la manière dont il les écrivait, leur prononciation véritable. C'était se proposer un problème difficile. Parmi les penples qui se servent des mêmes caractères, il n’en est pas qui ne donnent souventune valeur différente aux memes voyelles, aux mêmes consonnes, aux mêmes diphthon Conserver dans sa langue l’ort he d'un nom étranger, c’est vouloir que ml fois il soit défiguré d’une manière ridicule par ceux qui le prononcent; en . altérer l'orthographe, c’est le rendre méconnaissable pour les lecteurs habitués à le retrouver dans les écrits originaux du pays auquel il appartient, c’est exposer un copiste 1 à introduire, pr psg e
gu es personnages „dans les récits de l’histoire et dans les relations de voyages. Zee-Haen (le coq de mer) était
le nom d’un des vaisseaux du navigateur b
Tasman, à qui l’un de nos plus savans géographes, M. Eyriès, a restitué la découverte de la terre de Van-Diemen du
gues. plus ou moins
Lee
la partie
Nord. Sous la plume d'hommes qui sans tion, en | sous
bet dr rà
« Conserver. — des
nuances qui résultent de l’imperfection
ployé pour écrire sa langue maternelle.
ce manque de plan uniforme et de la manière diverse d'exprimer tantôt des sons simples par la réunion de plusieurs lettres différentes, tantôt des sons composés au moyen d’une seule lettre, il résuite des mots entièrement méconnaissables et inintelligibles pour le peuple à la langue duquel ils . primitivement ; une multitude de lettres disparates accumulées sans raison Ha et ere ne, même à tous les youx, aspect le plus izarre.
Si l’on cherche les moyens de déméler ce chaos, la difficulté se compli-.
quée de deux élémens divers : la trans-
1v INTRODUCTION
eee
tien secondaire on le passage 2
besceatre. 2
* 5 Ÿ > dont
* Ù 7 ire, chaen
0 vou re, C ne F ière différente. »
mais cette identité n’est pas réelle, car ils à ces caractères des valeurs très
Lu
de Eds,
statistique de l'Europe en 1829, dans sa statistique de la monarchie Prussienne, et dans son Guide dn Voyageur, écrit au contraire cen. MM. Reichard et Stieler, dans leur Atlas, écrivent Kansfaf!; Stein, Cannstadt; et Hassel, Kannsta .
Bien souvent le même auteu offre, pour le même mot, deux orthographes différentes dans le même ouvrage.
Ainsi, par exemple, M. Hagelstam écrit, dans la statistique qui accompagne sa belle carte dè la monarchie Norwégiéno- Suédoise, Nedenæs et Rosen , et
; puis, on lit sur ta carte, Nedenaes et Ro-
sendal. 19 Mais le cas où le géographe conscien-
glais, qui at Shaulau Sohala, le aus y aso aire adopte cription aux phabet rom qu'une nuai
„ un Français prononcera CHala, un Anglais Tchelé, un Italien Cala, un Allemand Khala, un Portugais. Tou.
De meme zi un lieu s’appelait, en effet, Chala (prononciation locale ou transeription immédiate écriteà la française), l’Anglais, qui aura visitécelieu,écrira ce nom
aulau, l'italien Sc PAllemand Schala, Ie Portugais Talg. On voit done 12 y a sous ce rapport impossibilité de aire adopter un même système de transcription aux nations qui se servent de l’alphabet romain ou du gothique, qui n’est qu’une nuance calligraphique du premier.
En outre, aux résultats de la transcription i de la multiplicité des prononciations locales ou des dialectes provinciaux, sans qu’il soit possible, la plupart du temps,
de distinguer Ces résultats vo0t
dien, Gelolo, Beuroe, Xala et Amboy-
na, et gur la carte qui accompagne l o-
ment le géographe porte
ui doit éclairer ses travaux? Certes, si la chose était. possible, nous ions qu'il faut. faire table rase, considérer comme non avenues toutes les orthographes proposées jusqu'ici, adopter un système de transcription uniforme, système dont on donnerait d’abord la clef à ses lecteurs, et recourir aux sources originales, aux livres écrits dans les langues asiatiques ou autres pour y trouver les noms indigènes de la contrée où se parlent ces langues et pour en donner à-la-fois la transcription littérale et la prononciation
viennent se méler ceux figurée
Malheureusement, cette tâche ne peut être accomplie par un seul homme, et aucune des parties qu’elle embrasse n’a été
1 INTRODUCTION
renoncer.
ir, A À sgh no gear
R En lieu, nous avons pensé qu'il
” vandraitmieux attendre que cette méthode gligence
fûts vée par les savans, qui ue he cbr droit d'en fre *
que nous ne pouvions pas leur imposer le
qu'ils regardaient comme erronée ou
comme moins exacte que la leur.
$ VI. Histoire et géographie anciennes.
L'état présent d’une contrée dépend du passé et d sa source encore dans le
ssé; il est donc indispensable, pour ien connaître la géographie d’un état our d'avoir au ns le —— abrégé des changemens qu'il a éprouv dans son territoire, soit par des acquisi-
tions, soit par des pertes, depuis son orine jusqu'à. nos jours. Ce travail, nous ’avons fait depuis ra Mae 3 r tous les états jusqu’à Pan pations ne nous ayant pas permis de le continuer jusqu’à l’époque actuelle, et ue voulant d’ailleurs offrir au public que
if
se
cf
ff
RE
7er
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