‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 62 sur 597 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

genre humain. Elles nous paraissent être , jusqu'à un certain point, la base de toute géographie ; aussi, avons-nous données dans

cet Abrégé, afin d'éviter les répétitions que sans ces classifications nous serions obligé de faire dans les descriptions générales et particulières des différentes parties du . Ces quatre divisions sont: {a classification politique, lu classification relative aux nuances principales de la civilisation, la ,class lion ethnographique et la classification religieusc. La première embrasse tous les élats du globe et

indique la répartition de ses habitans entre des divers poliliques auxquels ils appartiennent. C'est le sujet de la géographie politique proprement dite, et nous renvoyons, pour les

, Stnéralités et pour les détails, aux tableaux que

nous avons donnés à la fin de la description générale sh mr partie du monde et à la Le.

cription ge de de ses principaux états. La seconde offre la classification du genre humain en peuples civilisés, peuples barbares et peuples sauvages. Notre ne nous permet pas d'ajouter à ce nous avons déjà dit sur ce sujet, Les faits que nous aurons occasion de signaler dans le cours de cet ouvrage, justifieront pleinement l'opinion que nous avons émise à cet égard. Les deux autres classifications forment le sujet des deux chapitres suivans.

De la classification ethnographique , ou de la division des habitans de la terre d’aprés leurs langues.

Pour procéder avec méthode dans cette importante classification du genre humain, qui parait étre la plus durable de toutes celles qu'on peut faire, il faut commencer par définir ce que c'est qu'une nation. Cette définition, qu'on cherche en vain dans les géographies, est de la plus haute importance pourle géographe et pour l'historien, et est la base de la classification qui nous occupe.

Généralement parlant on peut donner trois acceptions différentes au mot nation, selon qu'on le considère sous le rapport historique ou politique, géographique et ethnographique, ou génethlétique.

Sous le rapport politique , ou historique on donne le nom de nation à tous les peuples, quelque différens qu'ils puissent être relativement à la religion qu'ils professent, à la langue qu'ils parlent et au degré de civilisation auquel ils se sont élevés, lorsqu'ils sont soumisau même pouvoir suprême; ou en d'autres termes, lorsqu'ils forment dans leur ensemble un corps politique in-

dépendant de tout autre, sous quelque titre que

ce soit, C'est ainsi qu'on appelle Russes, Au-

trichiens et Anglo-Américains les peuples di-

vers, dont la réunion forme les empires Russe et

Autrichien et la confédération Anglo-Américaine.

Cest ainsi qu'on donne le nom de Français à

tous les habitans de la monarchie Française,

quoiqu'il y en ait un grand nombre qui soient Celtes, Allemands, Basques et Italiens. C'est ainsi qu’on appelle Anglais tous les habitans de l'archipel Britannique, malgré la différence de leur origine: un grand nombre sont Irish ou Irlandais, d'autres sont Caldonach ou Ecossais, Welches ou Gallois.

Sous le rapport géographique, on donne le nom de nation à tous les habitans d’une région qui a des confins géographiques, c'est-à-dire des confins naturels, indépendamment des divisions politiques auxquelles ils appartiennent et des langues différentes qu'ils parlent. C'est ainsi qu'on appelle Indiens tous les habitans de la vaste région comprise entre l'Himmälaya et la mer des Indes, l'iIndus et le Gange. C'est ainsi qu'on nomme Italiens tous les habitans de la fertile péninsule qui se développe à l'est et au sud des Alpes entre l'Adriatique et a Méditerranée. C'est ainsi qu'on appelle Sumatriens et Javanais les peuples qui habitent les grandes iles de Sumatra et de Java,

Enfin, on donne le nom de nation aux habitans d'une contrée quelconque qui parlent une même langue et ses divers dialectes, indépendamment des grandes distances qui les séparent, de la différence des corps politiques dont ils font partie, de celle de la religion qu'ils professent, et de

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l'état différent de Gvilisation où ils se trouvent. C'est ainsi qu'on nomme espagnols, Portugais, Français et Anglais \ousles descendans des cotons que depuis trois siècles l'Europe a envoyés dans les diférentes parties du globe. C'est ainsi qu'on le Chinois ces milliers d'individus, sortis ement de la Chine, que le commerce et l'industrie ont fait étaklir à Java, à Borneo, dans les Philippines et en d'autres Îles de la Malaisie (archipel Indien), ainsi que dans la

qu'ile de Malacca et sur plusieurs points de l'indo- Chine. C'est ainsi qu'on appelle Grecs et Arme. niens tous les enfans de ces deux souches qui

demeurent dans différentes parties des empires.

Russe, Autrichien et Ottoman.

Le nom de nation, dans le sens politique ou uistorique , est aussi variable que le sont les évènemens qui changent si souvent la face de la terre. Saus parler des révolutions consignées dans l'histoire ancienne et moderne, n'avonsnous pas vu de nos jours de grandes contrées changer quatre ou cinq fois de domination, et par conséquent figurer sous autant de noms différens dans la liste des nations? La division des peuples, fondée sur cette base, est donc la moins convenable de toutes, car elle est la plus inconstante et la moins durable. Celle qui classerait toutes les nations de la terre, en prenant celte appellation dans le sens géographique, quoique moins variable que la précédente , n'en serait pas moins impropre, puisqu'en offrant des divisions qui ne correspondent pas à celles de l'ethnographie, elles sont en outre presque toujours en opposition avec les divisions politiques, sans avoir pow, cela l'avantage d’être invariables. La division ethnographique est la seule qui possède cette derniere qualité, Et

La langue est le véritable trait caractéristique qui distingue une nation d’une autre ; quelquefois même elle en est le seul, puisque toutes les autres différences provenant de la diversité de race, de gouvernement, des usages, des mœurs, de-la religion et de la civilisation, ou n'existent pas, ou bien offrent des nuances presque imperceptibles. Quelle différence essentielle présentent maintenant entre elles les principales nations de l'Europe, si ce n’est celle de la langue? Les progrès de la civilisation , la succession des changemens politiques, si fréquens de nos jours, et la multiplicité des rapports produits par le commerce et l'industrie, ont pour ainsi dire entièrement effacé ce qui constituait les nuances principales du caractère individuel de chaque nation européenne. Quelle différence essentielle offrent entre elles les nations policées de l'Inde, de l'Indo- Chine, de la Malaisie (archipel Indien), et la plupart des innombrables peuplades de l'Amérique, si ce n'est aussi la différence du langage que charune d’elles parle: c’est par là qu on distingue un Malabar d'un Telingu, d'un Bengali, et dun Maharatte ; un Siamois d'un Peguan, d'un Birman, et d'un Tonquinois; un Malais d'un Javanais, d'un Bugis et d'un Tagale; un Mexicain d'un Tarasque , d'un Huastèeque, et dun Totonaque; un Huron d'un Sawonou, et uu Guarani d'un Péruvien !

CLASSIFICATION ETHNOGRAPHIQUE. e1

Mais, outre que la langue est ordinairement le seul où le trait caractéristique d'une nation, ce trait a l'avantage d'être presque toujours inaltérable, de se conserver à travers la série des siècles; car ni le laps de temps, ni les variations des gouvernemens, ni les changemens de religion et des institutions sociales et politige ne sauraient, généralement parlant, le

étruire. Nevoyons-nous pas les Croates de Feldsbert, dans la Basse-Autriche , et ceux des villages de Froelersdorf, de Gritlenfeld et de Prezau, dans la Moravie, conserver leur langue au milieu des peuplades allemandes qui les environnent ?

Ne voyous - nous pas quatre autres peuplades gl ves, les Selen, les Kures, les Venden et les Semgullen, conserver aussi, depuis tant de sie cles, chacun leur dialecte letton différent, malgré

leurs longues et intimes relations avec les Alle mands, qui les pressent de tous côtés, malgré le voisinage des nations finnoises qui les environ nent, et malgré l'influence toujours croissante de la domination russe? C'est ainsi que les Indiens , les Chinois, les Juifs , les Arméniens, les Basques , les Caldonach , et une foule dautres nations, se sont conservées à travers la série des siècles, malgré les révolutions qu'elles ont subies, el n'algré la domination et le contact de tant de peuples étrangers avec lesquels elles se sonttrouvées unies,

Comme dans la description générale de chaque partie du monde nous offrirons dans un tableau toutes les familles ethnographiques qui lui appartiennent, avec leurs langues principales, nous nous bornerons ici à détinir ce que l'on doit entendre par famille, par langue-sœur et par dialecte, nous donneronsensuite un résumé de la mappemonde ethnographique de notre Atlas.

Ce sera le cadre général auquel se rapporteront les cinq tableaux correspondant aux cinq parties du monde. :

Souche ou famille ethnographique est un groupe de langues qui offrent entre elles une grande analogie. Elles présentent pour ainsi dire tant de traits de famille qu'on leur reconnait une origine commune, d'autant plus que l'histoire vient d'ordinaire à notre secours, en nous indiquant les traces des migrations des peuples qui les parlent. Ces langues-sœurs constituent les fu milles ou les souches elhnographiques.

Les dialectes, généralement parlant, sont des manières différentes de prononcer une langue. Nous ne croyons pas qu’ puisse donner une définition plus exacte, quoiqu'elle laisse encore beaucoup à desirer; car à côté d’une prononciation plus ou moins sonore ou sourde, accentuée ou:effacée, se glissent aussi des constructions tout-à-fait différentes et souvent des mots étrangers à la langue-mière. c

Les recherches que nous avons faites pour la rédaction de “Ati ethnographique , nous ont démontré.qu’on peut porter au moins à 2000 le nombre des langues connues. Quelque grand que puisse paraître ce nombre, il est bien loin d’ètre exagéré. Il nous étonne, parce que nous avons des idées très inexactes des langues, parce que leur histoire est encore dans l'enfance, et que la

ligne de démarcation entre une la etsesdia- plique combien seraient erronées les conséquen-

lectes est encore bien loin d'être inee avee ces de semblables comparaisons.

récision. La plupart de nos idérs à cet égard se L'état imparfait de l'ethnographie ne nous s per-

Ratont tue LS coisione de cos acteurs: Gui p06e mis de classer que 860 langues, et environ 5000

tendaient fixer le nombre des d'après dialectes. Dans ce nombre prodigieux d'idiomes, iques textes de la Bible, et sur l'observation 153 appartiennent à l'Asie, 63 à l'Europe, 116 à l'élatousetrouventactuellementcellesdespays l'Afrique, 117 à l'Océanie, et 422 à l'Amérique.

ces, cun:

Gunten.

maya, l't chontal, Plateau mexicain etc. ; engt tonaca, ot

les plus connus. Mais les opinions de cesauteurs sont arbitraires, et le petit nombre d'idiomes usités en Europe ne peut pas servir de mesure r connaitre celui des autres parties du monde.

a région du Caucase, les plaines de l'Orénoque el de l'Amazone , la côte de la Nouvelle-Californie

et plusieurs iles de l'Océanie, prouvent sans ré- .

En appliquant à l'ethnographie les cinq grandes

divisions du globe adoptées pour la géographie 22 quoique leurs limites respectiv

es y sugrandes modifications, provenant du do-

maine tres etendu de certaines lantzues. nous avons partagé toutes les langues connues dans les cinq classes suivantes.

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