III. Géographie générale, politique
ren n, RELIGIONS , etc. Après avoir signalé dans les principes généraux toute l'importance que doivent avoir pour le phe les articles efAnographie, religion et gouvernement, non-seulement nous leur avons consacré de longs développemens dans la description générale des cinq parties du monde, mais uous avons cru devoir revenir sur quel-
ques détails du même ordre dans celle des états et des régions géographiques de l’Europe. Les recherches auxquelles nous avons dû nous livrer pour rédiger l'Atlas ethnographique du globe, et les tableaux statistiques des 8 et des langues qui ſorment la seconde partie de cet ouvrage, nous auraient fourni les moyens d'offrir les chiffres approximatiſs
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auxquels nous croyons pouvoir nous ar- 0 pour la population de chaque état distribuée d’après les croyances religieuses et d’après les la z mais n ayant pas assez d'espace ni de loisir pour justifier nos évaluations, nous nous. sommes borné à la simple exposition des rapports approximatifs qu ont entre elles ces fractions de la population de chaque partie du monde ou de chaque état.
Nous ne pouvons relever ici toutes les erreurs qui se sont malheureusement accréditées., concernant l’ethnographie, les religions et les gouvernemens. Le lecteur peut les découvrir facilement, en comparant nos classifications avec celles des autres auteurs. Il est vraiment inconcevable qu'après les savantes publications de MM. . AI , Abel RNemusat, Jaubert, de Hammer et autres célèbres orientalistes, on puisse encore confondre des peuples turcs avec les Mongols, des nations de race pertane, avec des nations de race turque, faire des Somaulis une tribu d’Arabes mahoiuétans, et dire que la langue japonaise est un dialecte de la langue mongole! a
ous croyons devoir faire une remarue sur les épithèles de nations nom th asseæ nombreuses et très nombreuses, employées souvent dans cetouvrage. bes épithètes ne doivent pas etre prises dans un sens absolu, mais dans un sens relatif à la masse de la population totale distribuée sur la partie du moude à laquelle se rapportent les nations qu’on veut qualifier ainsi. Une nation du Nouveau-Monde qui compte de 16 à 20,000 individus, est une nation très nombreuse, surtout lorsqu'il s’agit des perles nomades de l’Amérique-du-Nord.
algré les exagérations absurdes de plusieurs voyageurs, des géographes et de quelques pretendus statisticiens , nous connaissons peu de nations nomades de l'Amérique, qui comptent un plus grand nombre d'individus. Nous référant. toujours à ce que nous disons aux pages 60 61 et 62, nous avons employé l'expressio souche , qui, dans cet abrégé doit toujours être regardée comme synonyme de gelle de famille linguistique ; car ne voulant rien décider sur la question délicate et difficile de la variété des races humaines, nous n'avons basé nos observauans «ue sur les langues.
IMDUOFAIS, COMMERCE, AGRICULTURE,
un INTRODUCTION
Les économistes de l’école d’Adam Smith ont prouvé par des argumens invincibles, mais que nous ne :cproduirons plus ; parce qu’ils sont tombes dans les lieux communs de la science, que ces trois modes du travail humain sont également productifs, et par conséquent également recommandables. A cette démonstration, on a joint quelques observations relatives à l’importance du travail intellectuel ou de l'industrie qui ne s’exerce point sur la matière, ainsi qu’à l'utilité du commerce de réserve que l’on flétrissait autrefois du nom odieux de monopole. Une école nouvelle a fait ressortir les.inconvéniens de la concurrence illimitée ; elle a surtout insisté sur les pertes que le commerce de détail fait éprouver à la société, vu Pinutile multiplicité des agens, la com- 1 des moyens et la facilité des raudes de toute espèce. A cette dernière exception près, le principe de l’égale unlité des trois branches de l’industrie générale est demeuré intact. Le géographe statisticien doit donc une égale attention aux trois ordres de faits, industriels, agricoles et commerciaux, II doit s’étendre
soit dans la géographie générale de cha-
que partie du monde, soit dans la description particulière de chaque état, lorsque son cadre le lui permel, sur tout ce . ces trois sources principales la production, et par conséquent de la richesse des états. Nous démontrons à la page 59, dans les principes généraux, que tous les peuples civilisés et barbares exercent avec plus ou moins de perfection l’agriculture et certains arts, selon leur état plus ou moins avancé dans la civilisation. Malgré le crédit qu'ont trouvé quelques fables concernant l'ignorance de certaines population de l’Europe en agriculture, dans les arts et les manufactures, nous n’hésitons pas à assurer qu’il n’y a as un seul pays compris dans la grande amille européenne qui ne possède maintenant des méthodes agricoles et des manufactures déjà perfectionnées, M. de la Roquette a démontré toute la fausseté de ce que l’on a publié à cet égard sur l’Espagne; M. le comte de Tournon, sur l’ancien département de Rome; M. Schnitzler, sur l'empire Russe, et notamment sur les gouvernemens qui forment la Grande- Russie ; les tableaux des exportations de l'empire d’Autriche ont mis au grand jour les progrès étonnans que l'industrie
roduction:
a géograpl du monde, gétaux et aler les e e plus, ei ec sont le plus ustrie, no diquer les Pays, occupe et de capitar Paux objets lation, qui cipales de no tre d’un cou branches les trie d’une ca principaux p enfin, ceux des entraille animal. Car, d'entrepot e taines places nexporte que et par conséq plus abondan porte que les solument, ou Das la quantit mation. Ainsi, notre ouvrage l'ordre dans le
( Dans le cours de nombreux emp
a faits en Autriche et en Boheme, depuis le règne mémorable de Joseph 11; et personne n'a encore donné un démenti aux faits nombreux que nous avons opposés aux valomnies débitées sur les Portugais, Il est donc ridicule ou pour le moins inutile de répéter, dans la description de chaque pays, qu'il nourrit beaucoup de bœufs, de chevaux, de brebis, etc.; sh produit beaucoup de ble, d'avoine, 'orge, etc.; beaucoup de fruits, de vin, de biere, etc. ; qu'il y a des fabri- -que de toile, des verreries, des tanneries, des forges, des manufactures d'armes, et ue foule d’autres choses semblables, qui remplissent bien des pages dans les traités de-géographie, et qui n'apprennent rien à personne. Voulant éviter, autant que possible, d’inutiles répétitions, nous avons pensé que nous pourrions faire connaitre les principales roductions d’un pays en rédigeant, dans
a géographie générala de chaque partie du monde, les articles minéraux, vegetauæ et animaux, de manière à sialer les contrées où tel minéral abonde
e plus, e celles où tel végétal, tel animal, sont le plus communs. Dans l’article industrie, nous nous sommes borné à indiquer les branches qui, dans chaque pays, occupent réellement le plus de bras et de capitaux. L’indication des principaux objets d' importation et de tation, qui forme une des parties principales de nos articles commerce, montre d’un coup-d’œil au lecteur, soit les branches les plus florissantes de l’industrie d’une contrée ou d’un état, soit les principaux produits de Éd soit enfin, ceux que le travail de l’homme tire des entrailles de la terre ou du règne animal. Car, à l’exception du commerce d’entrepôt et de transit exercé par certaines places, il est évident qu'un pays n’exporte que ce qu’il ne peut consommer et par conséquent les objets qui y sont le plus abondans; et vice versé, il n’importe que les objets dont il manque absolument, ou du moins dont il ne possède” pas la quantité nécessaire à sa consommation. Ainsi, tout lecteur qui voudra lire notre ouvrage avec méthode et en suivant l'ordre dans lequel les sujets sont traités,
( Dans le cours de cet Abrégé nous avons fait de nombreux emprunts à ce Tableau, qui doit
y trouvera tous les renseignemens de statistique gr en que l'on peut demander à un livre élémentaire.
rar soc. Nous ne dirons ici que peu de chose des esquisses que nous avons données sur l’éfaf social des Africains, des Américains et des Océuniens. Ces articles, fruit de longues recherches et de bienveillantescommunications, trouvaient naturellement leur place dans une géographie, où tout ce qui tient à l’homme est traité avec beaucoup plus de détail qu'on ne le fait généralement dans les ouvrages de ce genre. D'ailleurs il impus de grouper, en un seul faisceau, es traits caractéristiques de la civilisation 71 J 7 des principaux peuples qui haitent ces parties du globe, ainsi que les phases diverses qu'elle a subies à différentes époques. Ce travail nous a paru d’une utilité urgente; car les traces qui restent de l’état primitif de la plupart de ces peuples sont, à quelques exceptions près, bien fugitives; et dans quelques années, il ne sera plus possible d'en saisir l’ensemble, d'en apercevoir les contours.
Les monumens éternels de la région du Nil, et quelques débris imposans des constructions de l’Amérique et de l'Océanie, resteront seuls pour altester l’antique civilisation de ces pays; mais dans dix ans d’ici peut-être, où trouvera-t-on un seul vestige de la civilisation des races indigènes qui ont peuplé jadis une si grande partie de l’Amérique-du-Nord ; englobées ou perdues aujourd’hui dans le rapide développement de la population Anglo- Américaine? Dans l’Océanie, dans l’Amérique-du-Sud, tout cède également devant
la marche rapide de la civilisation impor- .
tee d' Europe. Mais ces esquisses auront en outre le précieux avantage, grâces au soin que nous avons mis à leur rédaction et aux lumières dont nous nous sommes entouré, de redresser une foule d'erreurs répandues par des voyageurs de mauvaise foi ou amis du merveilleux, et accréditées ensuite par des géographes peu soigneux ou peu instruits. Au reste ces esquisses, destinées à faire partie du Tableau physique, moral et politique des cinq parties du monde (), ont déjà reçu d’honorables sanctions; les directeurs d’un
etre le complément de l'Atlas ethnographique du globe, publié à la lin de 1826. Nous n'avons
recucil qui jouit, à juste titre, d’une haute réputation, la Revue britannique, se sont empressés de les publier dans leurs livraisons, et l’accueil flatteur que le publie a fait à ces articles, est pour nous un sûr garant de leur exactitude. s Ou nous reprochera peut-être de n’avoir pas exécuté le même travail pour l'Europe et pour Asie. Nous le déclarons ici avec franchise, nous ne nous sommes pas cru compétent pour embrasser une semblable tâche, qui est plntôt du domaine de l’hisvoire, de l’archéologie et des hautes scienet philosophiques. Nous naaborder les questions délicates ndécises relatives à ces théoi zarres que diverses qui ont tour: “dominé rute , et qu on peut regarder, jusqu’à un certain point, comme les sources les plus anciennes et les plus fécondes de la civilisation primitive ; à ces invasions et à ces migrations multipliées qui, à différentes époques et avant les temps historiques, ont tant de fois changé la face de cette partie du monde. Comment aurions-nous été assez téméraire
pu encore livrer à l'impression cette seconde parde notre grand ouvrage, parce que nous devions auparavant poser les bases de notre nouveausysième de géographie, et élablir divers tableaux de statistique comparée. Les matériaux sont presque tous réunis ; mais leur ordonnance et les points de vue entièrement nouveaux, sous lesqueis nous nous proposons de les présenter, demandent encore de longs calculs i de pénibles recherches que nous avons dû intemn ampre pour nous occuper d'abord presque exclusivement des additions à cette troisième édition de J. brégé, et ensuite de la rédaction de l'Essai slatistique sur l'empire d Autriche, comparé aux principaut états du monde, et précédé d'un Tableau statistique de la Terre, ouvrage, où l'on discute et où l'on offre lesélémens qui doivent servir de base à toutes les comparaisons de statistique physique, morale et politique que uous y ferons. Bien loin de vouloir rien retrancher du cadre du Tableau physique, moral et politique des cinq parties du monde, que nous avons tracé à la fin du discours préliminaire du premier volume, nous lui avons fait subir au contraire d utiles augmentations en y ajoutant quelques tableaux de géographie el de statistique générales du plus haut intérét, mais d'une composition très difficile. Voici les titres de cuelquesuns: Tableau météorologir ue du globes Tubleau orographique de / Teure, offrant les points culminans de tous les systèmes montueux conauset ceux de leurs chaines principales, ainsi que les plateaux les plusremarquables, avec l'in-
INTRODUCTION
pour entreprendre de débrouiller le chaos
que présente la population primitive de la vieille Europe, de suivre, dans toutes leurs phases, les longues perturbations qu’elle a subies, de nous identifier avec les époues brillantes de la Grèce et de Rome, de pénétrer ensuite dans la nuit du moyen age, et d’arriver enfin jusqu’à notre époque, en traversant les longs orages qui ont accompagné la renaissance des lettres et des arts? Non, nous n’avions fait ni les études préparatoires ni les recherches immenses qu’exige la détermination de l’état rimitif et actuel des Asiatiques et des uropéens. Néanmoins, à chacune -des éditions de notre ouvrage, éditions qui s’enrichissent toutes d'améliorations successives, nous ajoutons quelques traits caractéristiques des mœurs, des. arts ct de l’histeire des peuples civilisés; tons cés traits réunis composeront enfin une esquisse propre à tenir, en quelque sorte, Ja place du tableau que nous ne saurions peindre: : ‘* DIVIS10N8, À la page 103 de cetouvrage, nous montrons qu
dication d'un grand nombre de villes situées à une grande élévation au-dessus du niveau de la mer; Tableau des principales cascades du globe, avec la désignation de leur hauteur et de leur lar. geur; Tableau des bains et des eaux minérales, avec l'indication du degré de leur température et de la qualité de leurs eaux; Tableau
des terrains ignivomes du globe; Tableau
statistique des principales mines du globe; Tableau statistique des produits du règne végétal et des animaux domestiques de tous les états de l’Europe et dé quelques états des autres parties du monde: Tableau des monumens anciens et modernes les plus remarquables, offrantla comparaison des pyramides, des tours, des flèches el des coupoles les plus hautes, les dimensions des principaux temples et celles des plus grandes statues; Tableau des importations et des exportations des principanx états et des principales villes du monde; Tableau statistique des religions; Tableau statistique des langues; Tableau de l'état social des Africains, des Américains et des Océaniens, ein.; Tableau statistique du globe vers la moitié du xv° siècle, dans les années 1780, 1818, 1826 et dans l’année de la publication de l'ouvrage; Tableau statistique des prisonniers, des criminels, des pauvres, des suicides, des enfans illégitimes, des écodiers, etc., etc., de presque tous les états de es et de quelques états des autres parties du monde. i
il est impossible de tra-
cer des « qu corre sions poli tres ,diM dans dive nous dev.
qui est le graphie p moins que paux pay:
les princi que c’est cherche ei graphie, n graves qui nétré de e nous nous à la tete d politique. ] indispensal etles incon à ce sujet, marcher à | Tous les chie Anglai l'empire d' n'ont qu’un side dans le:
contrée qui que soient « portance et n’en est pa qui reconna à Londres, Pétersbourg Burer de son Ce princif nu par aue jours respe confusion. !
politique de plus de l’Eu de contradic cetie partie tion offre en de lacunes nous pas de estimés publ accorder une au Tibet, à ] le tit. de N’avons-no ouvrages u parmi les p ligurent l’Zs Coréeestun et du Japon
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LA GÉOGRAPHIE
cer des divisions naturelles de l’Eu qu correspondent exactement à ses divisions politiques. Nous avons signalé d’autres difficultés relatives au mème sujet dans diverses parties de cet ouvrage. ici nous devons nous arrêter sur un point, qui est le plus important de toute la géographie politique; car il ne s’agit de rien moins que ‘de la classification des principaux pays du globe. A la page 22, dans
les principes généraux, nous voyons ce
que c'est qu'un eat, définition qu'on cherche en vain dans les traités de géographie, malgré ta confusion et les erreurs graves qui résultent de cette lacune. Pénétré de cette vérité, dès l’année 1816, nous nous sommes empressé de la mettre à la tête des définitions de la gévgraphie politique, Mais quelques observations sont indispensables pour démontrer la justesse etles inconvéniens du silence que gardent, à ce sujet, des géographes connus pour marcher à la tête de la science.
Tous les pays qui forment la monarchie Anglaise et la monarchie Prussienne,
l'empire d' Autriche et celui de Russie,
n'ont qu'un seul pouvoir supreme qni réside dans leurs capitales respectives; toute contrée qui fait partie de ces états, quels que soient d’ailleurs son étendue, son imporiance et le titre dont elle est décorée, n’en est pas moins une partie intégrante qui reconnaît lé pouvoir supreme résidant à Londres, à Berlin, à Vienne, à Saint- Pétersbourg, et ne peut ét ne doit jamais ſigurer de son côté parmi lesétats politiques.
Ce principe, qui ne devrait être méconnu par aucun kenn he, n'est pas tou jours respecté. Il en résulte la plus grande confusion. Non-seulement toute division politique devient vague quand il ne s’agit plus de l’Europe, mais on trouve une foule de contradictions et d’erreurs, même dans cetie partie du monde, dont la description offre encore aux véritables savans tant de lacunes et d’incertitudes. Ne voyonsnous pas des traités de raphie très estimés publiés dans ces dernières années, accorder une place principale à la Corée, au Tibet, à la Mongolie, à l'Arabie avec le tit. de principaux états de l'Asie.
N'avons-nous pas trouvé dans ces mêmes ouvrages un tableau statistique où, parmi les principaux états de l’Europe, figurent l’Zs/ande et la Laponie? Mais la Corée estun royaume tributaire de laChine et du Japon; le Tibet et la Mongolie sont
rope des régions zeographiques, qui, depuis
long-temps, peuvent être N. N comme comprises dans l'empire Chinois; l'Arabie n'est pas un état, mais une rògion géographique subdivisée en un grand nombre d’états de différente étendue et gouvernés différemment; l’Islande appartient géographiquement à l’Amérique, et forme sous le rapport politique une rartie integrante du royaume de Danemark; la Laponie né — été 1150 et nest qu'une grande région g ique, partagée aujourd’hui entre la monaréhie orwégiéno-Suédoise et “empire Russe. Ku admettant de semblables divis politiques, l’auteur aurait pu com
tant de raison parmi les é l'Europe, la république de [ de Genes, ja
celle ninsule Hispanique et la péninsule Ha rs et les ombres états
ecclésiastiques Allemands qui ont cessé d'exister aucommencementdu xrx°siècle.
En adoptant la définition de eat telle
ue nous l’avons donnée, cette confusion
isparaltrait; mais il resterait toujours quelques doutes, conséquence des anomalies qu’offrent le gouvernement et les relations politiques de certains petits états comparés avec d'autres états beaucoup plus considérables, ou bien des grands privilèges que d’anciens traités ou des chartres ont accordés à certains territoires. Quelques exemples aideront le lecteur à se former une idée précise de ces anomalies politico-géographiques.
Tous les géographes s'accordent main tenant à classer parmi les états la république des Iles-Ioniennes, parce que son existence politique a été reconnne par le congrès de Vienne. Mais l'indépendance de cette république, que Le aphes nomment Brat Unis des Iles- loniennes, est plutôt nominale que réelle ; car le protectorat qu’y exerce le roi d’Angleterre par l'intermédiaire dn ora ha commissaire, est une véritable souveraineté. Tous ceux qui voudront se donner la peine d'examiner, d'une part les attri-butions accordées à ce fonclionnaire, et, de l’autre, les privilèges dont jouissent les intéressantes peuplades qui habitent le Saterland dans le grand-duché d'Oldenbourg et l'ile d' Helgoland, annexe du Royaume-Uni, n’hésiteront pas à accorder à ces deux petits pays l'honneur de figurer parmi les états de l’Europe, à côté de la République septinsulaire,
rivilège auquel ils ont meme plus de droit * ar dernière car leur administration est, de fait, independante des deux royaumes dont ils sont censés faire partie.
Nous avons vu il y a quelques années un savant sortir de la routine, en accordant une place dars le tableau general des états de l Europe la principauté de Monaco, que, mal-à-propos les géographes et les auteurs d’almanachs politiques et statistiques s’accurdent à classer les sou- || verainetés médiatisées. Mais, pourquoi, ayaut fait cette utile innovation à l’égard d’un si petiLétat, ne l’a-t-il pas étendte à
la répu e d’Andorre? L'existence de po
ce pays indépendant, entre la France et l'Espagne, avait déjà été signalée à hattention des géographes, dès l'année 1823,
r la Revue encyclopédique. Pendant À dernière guerre de la péninsule Hispanique, nous avons vu la „ des soldats de la Foi par l’armée des Cortès, etre considérée comme une violation du territoire de cette république, que la France regardait comme un état neutre.
La petite redevance que les Andorrans payaient aux autorités françaises résidant dans le ei- devant comté de Foix, en France, et à l’évêque d'Urgel, dans la Catalogne, ne saurait être alléguée contre son indépendance, puisque taus les géographes s'étaient accordés à classer parmi les états indépendans la république de 1 malgrè la redevance de trois mille ducats que, tous les trois ans, elle payait à la Porte-Ottomane. -
Des transactions récentes ont assuré l'indépendance politique du nouvel état de la Grèce et des trois principantés de Servie, de Valachie et de Moldavie, naguère encore regardées comme faisant partie de l’empire Ottoman; mais plusieurs autres contrées de cet empire, mème en Europe, pourraient ètre considérées comme des pays indépendans, sinon de droit, au moins de fait: tels sont le Montenegro, le vaste territoire des Mirdiles, qui compte plus d'nabitans que certains états de l’Europe, etc. etc. Plusieurs motifs nous ont empêché de faire cette innovation; mais nous avons cru indispensable de signaler au lecteur l'indépendance de ces pays, tout en les décrivant comme parties intégrantes de l'empire Ottoman, de peur qu’il ne les confondit avec les pays complètement soumis, Et, puisque nous en sommes sur ce sujet, nous mentionnerons
INTRODUCTION
aussi en Espagne la vallée de Roncal, dans la Navarre, qui a un gouvernement presque démocratique, et la ville et le terruotre de Cazar de Caceres, dans l’Estramadure, qui jouissait de tant de privileges qu'on pouvait presque la regarder comme une république démocratique; enfin, dans le grand-duché de Mecklembourg-Schwerin, la ville de Rostock qui, à cause de ses privilèges, peut être regardée, dit M. Stein, plutôt comme une répablique vassale que comme une.
ville soumise au grand-duc.
Nous nous sommes souvent demandé ur quelle raison les géographes et les auteurs de statistique, dans leurs traités élémentaireset leurstableaux, s’accordent à décrire, avec les plus grands .
qu'aux plus petits états indépendans de la Csarcaeration--Germanique, tandis qu’ils ne décrivent qu’en masse, et comme ne ſormant qu'un seul état, les vingt-deux cantons de la Confédération - Helvétique.
Cependant ces derniers pays sont tout aussi e org les uns des autres que le grand-duché de Bade l’est à l'égard du royaume de. Wurtemberg, ou ce dernier état à l’égard de la Bavière. Nous avons senti l’inconséquence d’une semblable méthode, et dans le chapitre de la Confédération-Suisse nous avons indiqué tous les états différens que comprennent ses vingt-deux cantons.
Nous n’avons pasété peu surpris de voir
quelques savans estimables nous repro-
cher d’une part le silence que nous avons gardé, dans la Balance. politique du globe, relativement au duché de Saxe-
otha et à la principauté de Reuss-Lobenstein , ei de l’autre la place que nous
avons accordée à la seigneurie de Knip-
hausen parmi les états de la Confédération-Germanique. Ces critiques nous ont Cité, à l'appui de leurs observations, des géographies et des tableaux statistiques publiés en France et ailleurs, en 1826 et 1827, dans lesquels les deux premiers états figürent encore parmi les membres de la Confédération, tandis qu’on y cherche en vain le troisième. Notre justification a été bien facile. Nous n’avons eu que la peine d'ouvrir les cahiers des &phemeérides. géographiques de Weimar, où l’on voit que, dès l’année 1824, la principauté de Reuss-Lobenstein, et dès l’année 1825, le duché de Saxe-Gotha , ont été réunis à d’autres états par la mort de
leurs pr mêmes :; autre ar l’histori comte de sea, et | qui prete qui ont f ration-Ge Bentink Mais J.
dont est innombra .l'ences qu politique nous vouli minent le pays qu'il Slate, cet tout-à-fait tous 2écriv zandjaks, 0 les territoi Dioulamerl ra-Djolan, Kurdistan, traversé ces qu’à l’excep!
n’en est le voyons-nou ner encore Khoundouz contrées au roi de Siam les petits M'alacca, en à-fait indépe lent article Poura-Chré régions éloi autorité, tot réellement d de la cour 1819, est Randjit-Sin (le la conféde venu le roi, Cipautés riv en une pui traire, le pa celai de Kho de fait, inc meme jouer tant dans ce litch-Ali-khe traire à la
A LA GEOGRAPHIE
leurs priuces respectifs décédés dans ces mêmes années, sans héritiers mâles. Un autre article de ce même journal donne l'historique des longs débats entre le comte de Bentink, seigneur de Kniphausea, et le duc de Hoistein-Oldenbourg, qui prétendait être son suzerain , débals qui ont fini par l’adinission à la Confédération-Germanique du chef de la maison de Bentink comme seigneur de Kniphausen.
Mais les contradictions et les lacunes dont est semèe la géographie politique de l’Europe, ne sont rien en comparaison des innombrables et inconciliables incohérences que nous offrirait la géographie ‘politique des autres parties du monde, si nous voulionsexaminer quels motifs déterminent les géographes dans le choix des pays qu’ils nous présentent comme des élats, c’est-à-dire, comme des contrées tout-à-fait indépendantes. Ainsi, presque tous “écrivent comme des pachaliks ou des sandjaks, oucomme desprovincesturques, les territoires de Bayazid, Monch, Van, Djoulamerk, Amadia, Soulelmanieh, Rara-Djolan, et Zahou ou Séhau dans le Kurdistan, tandis que M. Jaubert, qui a traversé ces pays, nous a dit positivement, qu’à l’exception de Van, le grand-seigneur n’en est le souverain que de nom. Ne voyons-nous pas tous les géographes donner encore Balkh, Koulm, Khoundez ou Khoundouz, Kachemire et autres vastes contrées au schah de Kaboul, et ôter au roi de Siam le droit de suzeraineté sur les petits royaumes de la péninsule de Malacca, en les représentant comme toutà-fait indépendans ? Mais d’après un excellent article publié en 1825 par le Singapouva-Chronicie, journal que, pour ces régions éloignées, on peut citer comme autorité, tous ces prétendus élats ne sont réelleznent que des principautés vassales de la cour de Siam. Le Kachemire, en 1819, est passé sous la domination de Randjit-Singh, qui du plus puissant chef de la confédération des Seikhs, en est devenu le roi, en réunissant toules les principautés rivales dont elle était composée en une puissante monarchie. Au contraire, le pays de Khoulm avec Balkh et celui de Khoundez, non-seulement sont, de fait, indépendans, mais paraissent meme jouer maintenant un rôle important dans cette partie de l’Asie. Myr-Kalitch-Ali-khan a su, non-seulement sousträire à la dépendance immédiate du
schah de Kaboul le territoire de Khoulm, mais encore y réunir celui de Balkh. Les derniers rense s nous représentent le souverain de Khoundez comme un guerrier très. entreprenant. En 1820 et 182t, il paraît avoir soumis à sa domination une grande partie des-khanats que le voyage à hara de M. de Meyendorf nous représentait comme des états indé- Poire abrégé insi que toute géogra 0 , ainsi que —
phie élémentaire , étant destiné à présenter les points culminans et la partie positive de la science, nous nous sommes borné à classer i les états du Turkestan-Indépendant , de la Perse, de l'Arabie et des autres grandes régions géographiques de PAsie, ceux an- paraissent avoir le plus de stabilité , et sur la situation politique desquels nous ayions trouvé le moins de contradictions dans les rapports les plus récens des voyageurs et des journaux de l'Orient. A la page 609 nous citons l’opinion d’un savant célèbre à l'appui de notre manière d’envisager les Etats Farbaresques, qu'on regarde à tort comme des parties intégrantes de l'empire Ottoman. Nous verrons, en parlant de la Nigritie, quels sont les principes qui nous ont guidé dans le choix des états de cette vaste partie de l’Afrique. Des renseignemens précieux sur l’Océanie hollandaise nous ont mis à même de rayer de la liste des états, l’empire de Menangkabou et d’autres contrées que les geographes regardent comme indépendantes, mais qui ne sont que de simples principautés vassales de la monarchie Hollan- .
daise. Cette soumission est le résultat des victoires remportées il y a quelques années par les troupes néerlandaises sur différens peuples, etparticulièrementsur les Padri.
Cette secte de Mahométans fanatiques, dirigée par des chefs aussi adroits que belliqueux, voulant convertir à ses dogmes le peuple de l'empire de Menangkabou, commença par en déposer les chefs, et finit par y établir son oligarchie théocratique. Depuis 1825, les anciens souverains, rétablis par les Hollandais sur le trône de leurs ancètres, reconnaissent la suzeraineté du roi de Hollande, et les Padri, retirés dans un district des frontières de cet empire, pratiquent tranquillement les rites de leur religion et observent les stipulations convenues.
Mais devra-t-on classer parmi les états
politiques les ee. e maine étendus u r les o et les Toherokt, qui on | fait de nos jours de si grands progrès dans la civilisation; parles Moguis, les Cazas-Grandes et les
arcourent : belliqueux, et terribles Tee ss „les
Marépizanos, les Manitivi „ une foule: d'autres peuples indépendans pandus d'un bout à l’autre du nouveau continent, et qui ne reconnaissent d’autre autorité que celle de leurs chefs? A notre avis, il ny a pas de phe qui puisse leur refuser la qualité dont il s’agit ; mais nous avons suivi à lenr égard la méthode adoptée pour les contrées semblables, de Asie, & l'Afrique et de l'Océanie, en leur accordant les seuls détails que notre cadre comportait. .:.
Les nouveaux états qui se sont élevés au-delà de l’Atlantique.sur les débris des colonies espagnoles, portugaises et françaises,, n'ont pas encore pris cette attitude calme. qui succède tot ou tard aux agilations politiques. Ni la forme de leur gouvernement, ni leurs divisions adminiskratiyes ne sont encore bien consolidees. Nous avons vu le Mexique passer
IXXVIII INTRODUCTION
de la monarchie à la républiqne , et constituer enfin une confédération. Le Chili, au contraire, après avoir été une confédération, est maintenant une république.
La république de Colombie, après avoir beaucoup souffert par les discordes iniestines, paraît s'être définitivement partagée en trois républiques , pour ne former qu'une fédération. On sent bien qu'il nous est impossible, en arrivant à ces états livrés à la guerre civile et à l’anarchie qui en résulte, d'atteindre à une parfaite exactitude dans leur description, et
ré. surtout dans l'indication de leurs confins
et de leurs divisions administratives, malgré nos nombreuses relations, et malgré’ les secours multipliés que nous avons reeus d'un grand nombre d'hommes distingués appartenant à ces régions lointaines. WT D A
On ne doit chercher dans cet abrégé ni rs du Grund- Mogol, ni l'empire d'Abyssinie , ni celui du Monomotapa, ni la Confédération des Maharattes , ni les Possessions hollandaïses en Asie, etc., etc. Les trois premiers états n'existent plus depuis long-temps ; la Confédération des Maharattes a été dissoute dans ces dernières années par les Anglais; et d’après le dernier traité conclu entre PAngleterre et les Pays-Bas, la Hollaude je plus de possessions territoriales en
sie. 4 7 , :
:6 Iv. Géographie particuliére.
runs DES ÉTATS, Il serait à-peu-près inutile, ou du moins de peu d'intérêt, de discuter tous les titres employés pour désigner les différens états décrits dans cet abrégé. La géographie extra-européenne offre seule, sous ce rapport, des difficultés véritables. Cependant le géograpl@iqui raisonne ne sait pas s’il doit, d’après les traités et les actes officiels, douner le titre d’£lats-Unis des îles Joniennes à la République des iles de ce nom, où bien, si &' après la forme de leur gouvernement, il ne doit pas leur conserver cette dernière qualification. Selon
. nous, celle-ci leur convient beaucoup mieux. En eſſet, ces iles forment une république et non une confédération comme Vindique le titre d’Efats-Unis des îles ſomtennes. C'est pourquoi nous avons préféré employer le titre de République des iles Ioniennes dans la Balance poli-
tique du globe et dans notre abrégé. En outre , il est nécessaire de dire un mot sur le titre de monarchie, employé si souvent dans cet ouvrage. Nons l’avons constamment donné à tout état formé par la réunion de plusieurs royaumes et autres souverainetés , ou dont les possessions s'étendent dans différentes parties du monde; nous avons conservé celui de royaume à tout état homogène qui a un
roi pour chef. Faute d'adopter cette dis-
tinction , tout est confusion dans la géographie politique, ou bien il fautemployer à chaque instant de longues périphrases.
Comment distinguer autrement la totalité dés pays soumis au roi de Prusse, de ceux qui forment la Prusse proprement dite? En appelant monarchie- Prussienne les premiers, et royaume de Prusse les seconds , toute confusion disparaît. C'est ainsi que nous avons nommé
mnonar pagnol Inises au et que
méme d. culière d
conserver par les p Coumassie de Bamb nou? En ( cussions à maintenir Par Pusag r'écens.
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ous les état ce 1 tance pour avons form l’Asie, de l'Amérique *crvent d’:
nous rang française anglaise , française les pays q d’autres n Afrique, ei et les Holla doris des élats d liculté ; cel présente d lats nature ces nouvel] bien autren miner les c.
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eite dis-
A LA GEOGRAPHIE
monarchie-Anglaise, monarchie-Espagnole, l’ensemble des contrées soumises aux rois d'Angleterre et d’Espagne, et que nous avons réservé au noyau même de ces états, la qualification particulière dé Royaume-Uni, et de Royaume d'Espagne. Nous n’avons donné le titre d'empire qu'aux états qui l'ont réellement. Cette qualification est cependant très vague , lorsqu'on sort des confins de Europe. Devogs-nous conserver le titre d'empire aux pays gouvernés par les sultans indépendans d' Aenem, de Bornéo, de Mindanao et de Soulou, ou meme à ceux qui sont gouvernés par les sultans de Souracarta, de Djocjocarta, de Menanÿkabou, de Ternate, de Tidor, de Bateman, ei autres vassaux des Hollandais dans l'Océanie? Devons - nous conserver encore aux contrées gouvernées par les princes qui résident à Ségo, à Coumassie, à Kouka , les titres d' empires de Bambara, d Achanti et de Bournou? En cela, le meilleur parti que nous cussions à prendre nous a paru être de maintenir les qualifications consacrées par lusage et par les rap ports les plus récens. .
Dans le but de réunir en un seul groupe tous les pays.qui dépendent d’un même état, ce qui est de la plus hante importance pour la géographie politique „ nous avons formé à la suite des grands états de l'Asie, de l’Afrique, de l'Océanie et de l'Amérique, d’autres divisions qui leur *crvent d'appendice, et dans lesquelles nous rangeons, sous les noms d'Asie française, angluise, etc. d’Océanie anglaise , houandaïise et d'Amérique
. française, anglaise , etc., etc., tous
les pays que les Français, les Anglais et d’autres nations possèdent en Asie, en Afrique, en Amérique, et que les Anglais et les Hollandais occupent dans l'Océanie.
conrins. La détermination des limites des états de l’Europe n'offre aucune difſiculté; celle des états de lAmérique ne présente d'autres obstacles que les résultats naturels‘ de la guerre civile qui désole ces nouvelles républiques. Mais il en est bien autrement lorsqu'il s’agit de déterminer les confins des états des autres parties du monde. C'est une des plus grandes difficultés qu'on ait à vaincre dans la rédaction d’une géographie générale. Comwent se flatter de tracer des limites entre des états que séparent des déserts arides
ou des steps parcourus par des hordes nomades? Comment suivre tous les chantzemens produits par l'esprit belliqueux et entreprenant de certains chefs, par les dissensions et l'anarchie qui désolent et dissolvent certains états? Comment suivre les altératious non moins importantes qu apportent, dans les contrées les plu:
éloignées , Ja potes des puissances européennes, et bien souvent la marche paisible , mais toujours 9 de la eivilisation? Les peuples n es peuvent quitter si facilement le où ils errent, que la prétendue domination de leurs chefs est, on ne peut plus incertaine et variable. N'avons - noùs pas vu de nos jours un grand nombre de tribus turkomanes se soustraire au vasselage du khan de Boukhara, pour passer sous celui de l’entreprenant Rabim, khan de Khiva, qui parvint en outre à étendre sa domination sur les Araliens, sur les Karakalpaks, et sur la plus grande partie des nomades qui parcourent les solitudes de listhme des Turkomans, entre la mer Caspienne et la mer d’Aral? Le court espace de quelques années n’a-t-il pas suffi au khan de Khokand, pour soumettre le Turkestan et le Tachkend ; à linfatigable vice-roi d'Egypte, pour mettre fin à la vaste monarchie des Vahabites et pour porter ses frontières jusqu’à l’Abyssinie ?
N'est-ce pas aussi de nos jours que Fentreprenant et astucieux chef des Seikhs, Randjit-Singh, est parvenu à fonder un puissant état sur les bords de “Indus, avec des lambeaux du royaume de Kaboul ; en meme temps que le politique Radama decuplait le petit héritage que lui avait laissé son père, par la conquête de la plus grande partie de la vaste ile de Madagascar, et que Finow et Tamehameha !“ agrégeaient à leurs royaumes, celui-ci tout l'archipel de Hawaii (Sandwich), et celui-là presque toutes les îles com- Uh les archipels de Tonga et de Viti (Fidji).
ars. On ne peut saisir complètement l'équilibre actuel des différens états politiques, si l’on ne remonte aux derniers évènemens à la suite desquels ils se sont constitués, si l’on ne se rend compte de la marche qu’a suivie l’agrégation des diverses provinces de chaque état, et si l’on ne connait enfin la situation antérieure de ces provinces elles-mêmes. Nous avons rassemblé, dans les articles intitulés pays,
tous les rente de ceite nature par ont 12 9 Ils suppléent en partie anx chapitres s iaux qui auraient pu étre consacrés l'his-
toire.
canaux, cames 08 pan. Un bon chemin ou un canal destiné à faciliter le transport des marchandises est en réalité une des machines les plus efficaces pour économiser le travail, réduire le prix des ubjets qui viennent de loin, donner une plus grande-valeur à ceux du pays, multiplier les échanges et accélérer la production dans toutes les branches de I industrie, avantages de la plus haute importance, et qu uivalent de fait à une plus grande fertilité de la terre. Nous avons donc accordé, dans la description de plusieurs états, une place remarquable aux canaux et aux chemins de fer, qui, plus que tout autre moyen, facilitent les communications. Dans celle troisième édition, nous sommes. même entré dans uelques détails sur les chemins ordinaires e la France, de l’Angleterre et de plusieurs autres états. Des ju s competens ayant vu ce que notre a renfermait sur cette matière, le regardaient déjà comme le résumé le plus complet qu’on eût encore fait sur les canaux et les chemins de fer du globe. Nous nous efforçons de mériter de plus en plus cet éloge en perfectionnant et en complétant notre tra-
. vail, à mesure que nous recevons des documens nouveaux relativement aux voies
de communications qui s’établissent sur différens points d l’Europe et de l'Amérique. Nous n’avons pas été peu surpris en voyant des traités de géographie volumineux ne faire aucune mention des canaux de la France, et des ouvrages allemands, publiés en 1831, ne dire presque rien sur les canaux et les ghemins de fer de la confédération Anglo-Américaine.
DIVISIONS ADMINISTRA Pour tout géographe qui est à la hauteur de la science, les divisions administratives des élats de l'Europe v'offrent, à un très petit nombre d'exceptions près, aucune difficulté. Les descriptions les plus récentes données par les géographes nationaux, les almanachs des cours et des gonvernemens suffisent pour éviter toule erreur.
C'est par une négligence imipardonnable que des ouvrages, présentés comme classiques et publiés même récemment, font figurer encore le gouvernement de Viborg
INTRODUCTION
parmi les grandes divisions administra-
tives de l’empire Russe, tandis que ? depuis 1817, ce gouvernement a cessé d'exister, ayant été réuni à la grande principaut de Finlande, quiaune administration
rticulière et jouit de grands privileges.
n parcourant ces ouvrages, nous y lisons, avecsurprise, que l’empire d'Autriche est partagée en 13 Cate, que la Dalmatie est partagé en 5 cercles, ei que ceux de Carlstadt et de Fiume relèvent du gouverne ment de Laybach, dans le royaume d’Illyrie. Mais depuis 1815, toute la monarchie Autrichienne est partagée en 15 gouvernemens d’une étendue très inégale ; depuis 1822, le cercle de Macarsca, en Dalmatie, a été réuni à celui de Spalatro; ceux de Carlstadt et de Fiume, séparés du royaume d'Illyrie, font depuis lors partie de celui
de Hongrie, le premier, comme dépen-
dance de la Croatie, et la plus grande partie du second, comme un sous-gouvernement hongrois sous le titre de Litorale Ungarico.
Dans ces mêmes traités, on décrit encore la régence de Clèves, qui n’existe plus depuis 1821 toire de sa réunion à celle de Dusseldorf; on partage la monarchie Prussienne en dix provinces , au lieu de huit, d’après son organisation définitive ; on énumère encore, en 1827, les 18 divisions administratives des états de l'Eglise, fixées par le moto proprio de Sa Sainteté en 1816, et réduites à 14 par un décret de 1824. De même, des cartes de l'Espagne et du Portugal, publiées à Paris en 1821, et qu'on regarde comme les meilleures, donnent encore Olivença et son territoire au Portugal, qui les avait cédés à l’Espagne par le traité de Badajoz daté de 1801 ! e
Nos travaux sur la monarchie Portugaise ont redressé une foule de méprises relatives aux divisions administratives de cet état ; mais ces erreurs n’en sont pas moins reproduites dans plusieurs écrils tout récens. M. de Humboldt a signalé la confusion introduite dans les travaux des géographes modernes par l'incertitude où ils étaient à l’égard de la division judidicaire de l'ile de Cuba. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c’est l'ignorance de quelques auteurs quant aux divisions administratives des monarchies Norwégiéno- Suédoise et Danoise. Meme après la publication de l’excellente carte de Hagelstam, qui aurait pu leur faire éviter ces
erreurs, € encore à dc les division divisions e judiciaires, érentes de:
Mais la « lorsqu'il s’ administrat frique, de l grande par de l’Amériq ropéens dat manque d' tradictions :
les changen les révoluti er e.
ue im toren e signale ſes ir graphe les n tout ce q serions nous us célèbre:
eur propre nous ävons { nous pour ec Ilya ceper ne saurait sont celles pays sur les vaux récens C’est ainsi q rer maintens tives général l’ensemble fo ne peut plus négligent, di ration de G absurde de ce ritoires orga glo- Amèrica tal, le Ford il y a bien d incertitudes, erreurs serai Les évéché les principale doivent étre dans une géq n'offrir aucuſ l'occasion de cherches, à cs divisions ont lement dans |
A LA GEOGRAPHIE 111
erreurs, certains géographes persistent encore à donner pour le royaume de Suède les divisions administratives, tandis qu’ils indiquent pour celui de Norwege, ou les divisions ecclésiastiques , ou les divisions udiciaires, qui sont cependant bien érentes des premières.
Mais la difficulté devient plus grande lorsqu'il s'agit d'indiquer les divisions administratives des états de l’Asie, de l‘Afrique, de l'Océanie, ainsi que celles d’une grande partie des nouvelles républiques de l'Amérique et des possessions des européens dans ces régions éloignées. Ici le manque d'ouvrages originaux, les contradictions ou les — re des voyageurs, les changemens produits par les guerres, les révolutions, et surtout la rareté des communications rendent l'exactitude pres-
ue impossible. Notre Essai statistique et aalen.
“hr sur le royaume de Perse signale les incertitudes qu’offrent au gévgraphe les subdivisions de ce royaume.
n tout ce qui concerne l’Asie, nous noserions nous croire infaillible, quand les
lus célèbres orientalistes ont commis, de
eur propre aveu, tant d'erreurs. Mais nous ävons fait tout ce qui dépendait de nous pour connaître la vérité.
"Il y a cependant des inexactitudes qu'on ne saurait pardonner au géographe: ce sont celles qu'il commet à l'égard des pays sur lesquels des voyages ou des travaux récens ont déjà jeté un grand jour.
C’est ainsi qu'il n’est plus permis d’ignorer maintenant les divisions administratives générales des vastes contrées dont l’ensemble forme l’empire Chinois ; qu’on ne peut plus, sans passer au moins pour négligent, diviser en sept états la conſedération de Guatemala; qu'enſin il serait absurde de compter encore parmi les territoires organisés de la confédération Anglo-Américaine, le Missouri-Occidental, le Nord-Ouest, et l’Oregan. Mais il y a bien des parties sur lesquelles les incertitudes, le vague et même quelques erreurs seraient excusables.
Les évéchés et les archevéchés, étant les principales divisions ecclésiastiques, doivent être ‘ nécessairement indiqués dans une géographie. Ce sujet qui parait n’offrir aucune difficulté, a été pour nous l’occasion de longues et fastidieuses recherches, à cause des changemens que ces divisions ont subi de nos jours, nou-seulement dans l’église catholique, mais aussi
chez les luthériens, les anglicans et les grecs. Pour la première, nous avons suivi l’'aimanacco della corte di Roma, des années 1830 à 1834; la lecture de plusieurs 3 spéciaux et de plusieurs voyages, et les renseignemens que nous devons à quelques-uns de nos coliaborateurs, nous ont aidé dans la désignation des diocèses des autres églises.
voroenaruis, Dans cet article, nous donnons la description développée de la capitale de chaque état, avec un aperçu des autres villes et lieux les plus remarquables. Nous y avons suivi le méme ordre que dans le tableau des divisions administratives, ou au moins une disposition par régions que nous avons prèaiablement exposée. Notre plan dans cette partie est ‘tout-à-fait différent de celui qu’on a deuis long-temps adopté dans les traités et es dictionnaires de raphie.
Dans une géograp ie générale, quelque volumineuse qu’on veuille la supposer et plus encore dans un abrégé, il est impossible, et il serait absurde, nous ne dirons pas de décrire, mais même d'indiquer toutes les villes, les bourgs et villages de chaque état. II faut donc nécessairement faire un choix, et c’est justement ce choix qui constitue une des plus grandes diffcultés qu'on ait à surmonter. Plusieurs circonstances concourent à rendre une ville remarquable : tantôt c’est la place qu'elle occupe dans les divisions administratives, judiciaires, ecclésiastiques ou financières de l’état; tantôt c’est le nombre de ses habitans, l’étendue de l’enceinte, la megnificence ou la beauté de quelques édifices, la sûreté du port ou l'importance des fortifications ; tantôt l’industrie, le commerce local, je voisinage d’un canal navigable, d’un chemin de fer, ou celui d’une école célèbre, d’un établissement agricole ou industriel considérable , ou bien encore celui d’une mine, de bains ou d'eaux minérales renommées ; tantôt ce sont de nobles souvenirs historiques ou de vénérables traditions qui attirent tous les ans un grand nombre de pélerins, concours qui change ordinairement un simple hameau en une brillante foire ; tantôt enfin ce sont de grands monumens, quelques débris d'anciens édifices, ou bien le voisinage d’un volcan, d’une cascade remarquable, d'une haute montagne, ou de toute autre curiosité naturelle. Un misérable fort au-delà du 30°
Ce
les de l’Amérique-du- Nord et de ae 4 8 „ une petite oasis, véritable port dans les vastes mers de sable de l’Afrique-Intérieure ou de l’Asie- Moyenne, sont des localités qui, malgré leur peu de grandeur absolue, acquièrent
une importance relative aux yeux des
e de grunde, ij és grande, fortifiée, forte, trés forte, industrieu- 40, com te, trés industrieuse, et trés commerçante et autres qualiſications semblables , n’ont pas été données par nous au hasard, comme elles paraissent l'avoir été dans bien des ouvrages, où l’on trouve Sena, dans la capi’"ineriede Mozambique, désignée comme une ville populeuse, lorsqu'elle compte à peine 1500 habitans; où Guilford, qui n'a pas 4000 âmes, est nommée une
de ville, et cela en Angleterre, presque aux portes de Londres! Dans ces memes où , Brescia, Padoue, Brody, etc. , dans l'empire d’Autriche ; Breslau, dans la monarchie Prussienne ; Bréme, Francfort, Giessen, etc., dans la Confédération Germanique; Girone, etc., en Espagne, et une foule d’autres villes dont lesfortificationsn’existentplus, et d’autres mêmes qui n’ont jamais été fortifiées, sant indiquées comme des vi/les fortes! mais c'est surlout hors d’Europe que cette désignation offre les neprises les plus ridicules, Quant à nous, nous espérons que notre livre, considéré sous ce point de vue, peut être consulté avec une entière confiance, car des militaires, qui ont fait plusieurs campagnes dans les diverses parties du monde, ont revu nos manuserits et ont redressé nos jugemens, lorsqu'ils étaient inexaets.
Nous nous plaisons à, nommer M. le général Chasteler, M. le général Santander, ancien vice-président de la Colombie, M. Pedraza, ancien premier président de la Confédération du Mexique, et M. le major Poussin, aide-de- camp de M. le général Bernard.
Mais il ne suffit pas d’avoir fait un choix judicieux des lieux les plus remarquables sons tous ces rapports, il fant s'être tracé un plan de description raisonné, qui soit en harmonie avec le plan Général de l'ouvrage et au niveau de l’é-
11 INTRODUCTION
tat actuel de la science, si différent de ce qu'il était à la fin du dernier siècle, Nous croyons avoir atteint ce double but, en décrivant d'abord toutes les capitales avec des détails proportionnés tant à leur imqu'à celle des états auxquels elles appartiennent; ensuite, sur une moindre échelle , un petit nombre de villes , regardées incontestablement comme les principales de l’état, nous bornant à que ques désignations pour les endroits de second et de troisième ordre, ou même à la simple mentiop de leurs noms dans le tableau des divisions administratives. Les lieux passés entièrement sous silence sont beaucoup moins intéressans, sous tous les rapports, que ceux qui sont classés dans ces quatre catégories. Puis afin d'aider la mémoire du lecteur à retenir une foule de localités remarquables, nous en avons rattaché la description à celle des principales villes, C’est ainsi qu’en décrivant Paris, Lyon, Strasbourg, Lille, eta., en France; Vienne, Milan, Venise, etc., dans empire d Autriche; Berlin, Cologne, Aix-la-Chapelle, etc., dans la monarchie Prussienne, nous avons mentivnné une foule de lieux d’une médiocre population, qui se recommandent cependant soit par leurs établissemens industriels, commerciaux ou littéraires, soit par leurs souvenirs historines ou leurs édifices remarquables. Tous ces lieux se trouvent situés dans la périphérie d’un cercle que nous avons tracé autour de la ville pr noipale en prenant un rayon d' autant plus tendu que celleci était plus grande; ce rayon varie de 12 à 60 milles environ. De cette manière, nous avons pu donner, sans sortir du cadre que nous nous étions tracé, une foule de. détails topographiques que, malgré leur importance, on cherche en vain dans les géographies les plus volumineuses et les plus estimées,
Dans ces descriptions, nous avons supprimé presque toutes les généralités vakues qui ne peignent rien, qui ne laissent rien de pue dans la pensée, pour indiquer de préférence ces faits caractéristiques, ces détails spéciaux qui constituent éminemment la physionomie locale, et sont, pour ainsi dire, le cachet d'un pays ou d'une ville. Nous avons tâché de faire connaître l’état plus ou moins avancé de la civilisation d’un pays, non-seulement par l'indication des universités quel-
les plus r indiquant qui se publ idées que dans notre une imagil heut-elle . écientifique Nous av étymologiqt graphie élé rejeté certa duns des tr utilité très pensé que | vieure, d'un.
dune bibliot que, d'une g blissement a; importante r du nom de peintré Var savant 4ba personnages de signaler | de la moind avons cru em ace précieu ocalités ren mènes natu sans de la 1 d’un ordre 80 l'ordre actue rieur aux te 3 dans les décrit ces cé leur hauteur de Pästronor Bagdad nous de Babylone de Ctésipho nous avons d de Gérasa, myre , et que nous avons d
uses et
uns SUpités valaissent pur inactérisconstie locale, et d'un àché de savancé bn-seuletés quel-
À LA GEOGRAPHIE
que 2 ue ſussent les villes où elles ont été établies, et des iales de médecine, de jurisprudence, d'arts, ete., elc.; mais aussi par une mention accord à d’autres écoles moins considérables ; par la désignation des principales acadéinies où sociétés savantes, en signalant aussi les bibliothèques publiques es plus riches, les jardins botaniques, les musées, les observatoires, et les collections les plus remarquables, et quelqueſois en indiquant le nombre d’écrits périodiques qui se publient dans chaque localité. Nous regrettons que le temps et l’espace ne nous permettent pas d'exposer toutes les idées que ces 18 diſſerens réveillent dans notre esprit. Quelles conséquences une imagination féconde et logique ne peut-elle pas tirer d’un établissement
. scientifique!
Nous avons exclu toute discussion étymologique comme étrangère à une géoes 1 élémentaire; nous avons même rejeté certaines notions historiques qui, duns des traités semblables, sont d'une utilité très contestée. En effet, nons avons pensé que l’indication d’une école supérieure, d'un. académie ou société savante, d'une biblioiuèque d'un jardin botanique, d’une grande forge, un grand établissement agricole , était bien autrement importante pour nos lecteurs que l’origine du nom de Milan, on le lieu natal du peintre Vanloo, de l’abbé Poule, du savant 4bauzif, et d’une foule d’autres personnages également célèbres. Au lieu de signaler le théâtre du moindre combat, de la moindre négociation politique , nous avons cru employer plus utilement un es-
ace précieux , en désignant une foule de ocalités remarquables par des phénomènes naturels , ou par des restes imposans de la plus haute antiquité, traces d'un ordfe social entièrement différen de l'ordre actuel, et quelquefois même antérieur aux temps historiques. C’est ainsi que dans les environs de Quito nous avons décrit ces colosses si remarquables par leur hauteur et si célèbres dans l’histoire de Pâstronomie ; que dans les environs de Bagdad nous avons rappelé les merveilles de Babylone, la splendeur de Séleucie et de Ctésiphon ; que dans ceux de Damas nous avons décrit les magnifiques ruines de Gérasa, de Philadelphie et de Palmyre, et que, près de Modica , en Sicile, nous avons dounè la description de la val-
Kim
lee d'Ipsicz, qui offre des vestiges d’une ville des mr L'état des beaux arts chez un peuple
te étant un indice certain et frappant du
gré de sa civilisation, nous nous sommes attaché à donner quelques détails sur les
rincipaux monumens de l'architecture, de a sculpture et de la peinture des temps anciens et modernes, nous étendant particulièrement sur ceux des peuples dont les mœurs différaient davantage des notres. Nous avons fait tous nos efforts pour étre exact. Malheureusement peu de voyageurs donnent des descriptions satisfaisantes, II arrive même quelquefois qu'après avoir consulté tous ceux qui parlent d'un meme objet, on èn possède rarement la connaissance claire et complète.
Parmi le grand nombre d'exemples que nous rrions citer, nous nous bornerons à la fameuse four dite de porcelaine, à Nanking. Quoique ce soit un des monumens d'architecture qui aient été le plus fréquemment cités, sa ption nous a oflert bien des difficultés. Le père Leconte, qui s’en est bien acquitté selon le père Bourgeois, dit que cette tour forme un octogone dont chaque côté à 15 pieds d'etendue, tandis que le père Bourgeois, de son côté, porte cette dimension à 130 pieds.Peut-être le dernier a-t-il voulu par cette mesure indiquer l’étendue de chacun des côtés de la galerie qui entoure le rez-de-chaussée de la cour, tandis que l’autre missionnaire parlait d’un des côtés de la tour même. Le fameux
ont qui joint Ispahan au se pat Rod
joulfa a été décrit par Chardin, Sanson, Jean Théveriot et Daulier-Deslandes:
chacun en donne des mesures différentes, malgré l’extrème facilité de ce toisé. Les contradictions que nous avons trouvées dans des voyageurs également célèbres et presque contemporains, et l’impossibilité de nous livrer aux recherches nécessaires pour découvrir lesquels avaient raison, nous ent engagé à supprimer presque toujours les dimensions des édifices mentionnés dans cet abrégé. Au reste ces contradictions qu'on remarque si souvent dans les voyageurs n’ont ricn d’extraordinaire, lorsqu'on se donne la peine d'analyser les circonstances particulières dans lesquelles chacun d’eux s’est trouvé.
Un voyageu ne peut, on ne sait pas tout examiner. Une multitude de causes influent sur la manière dont les hommes
DS eee
— sn
LA A à 4 tendent. Le résultat naturel doit être des témoi variés à l'infini
eur les mêmes objets. Non-seulement un homme ne voit pas et ne sent pas comme un autre, mais encore, à La cute À + à ques de sa vie il diffère également de ui-
meme.
En décrivant l'Egypte, les Etats Barbaresques, l’Asie-Mineure, la Syrie, la Perse, la Grèce, l'Italie, l'inde, le M
ue, le Guatemala, le Pérou, Bolivia, ava, et autres contrées, nous nous som mes arrété à contempler d'im tes ruines, des débris de sculpture, des tom beaux recouverts de peintures, témoins muets d’une civilisation toute différente de la nôtre et dé celle de nos ancêtres.
Comment, en effet, pouvions-nous espérer de donner une idée exacte du séjour de l’homme sans indiquer „ ep de ces cités populeuses, qui, dans la suite des âges, furent tantôt l’une après l’autre, et tantôt plusieurs à-la-fois, les capitales politiques etcommerciales du monde. Signaler l'emplacement de Thébes, de Memphis, de Babylone , de Ninive, de es, de Tyr et de Jérusalem, c'est rappeler la puissance de Sésostris, de Nahuchodonosor et de Semiramis, les richesses de Crésus, la splendeur du commerce phénicien et la gloire de Salomon.
Décrire les ruines de Suse, de Persépolis, d Bobatane, de Carthage, de Syracuse, de Rhodes et d'Athènes, c'est indiquer les cités rivales, qui, plus tard, remplacèrent ies premières, dans la prépondérance politique, commerciale et littéraire. Alexandrie, Séleucie, Palibothra, Rome, Constantinople, Cie siphon, Bagdad, Karakhorin, malgré sa petitesse, Samarcande, Péking, 1s- 7 et Schiraz, rappellent dans l’ancien continent la puissance d’Alexandre et de ses successeurs, la monarchie universelle des Césars, la prépondéranc® politique des Parthes, la domination des califes, les empires immenses de Gengiskhan et de Tamerlan, et la splendeur des So-
Nous avons pensé que, tout en déroulant aux yeux de nos lecteurs le tableau imposant de l’état actuel du globe, nous devions leur rappeler de temps en temps les nations qui furent jadis ce que sont de nos jours l’Angleterre , la France, la Russie, l’Autriche et la Prusse, et les eités populèuses que remplacent, de uos
INTRODUCTION
jours, Londres, Paris , Saint-Pétersbourg, Vienne et Berlin, destinées sans doute à etre remplacées à leur tour.
Un des plus grands obstacles qu'on ait à surmonter dans la partie ue
ifficile de décrire un pays, même sous les rapports essentiels, en ne présentant que des choses qui existent simultané ment. Pour une ville considérable, il est méme presque impossible d’éviter Le mélange de notions qui appartiennent à des temps différens. Comment s'y prendre pour être seulement instruit de tous les changemens qu’éprouvent, dans l’es de quelques années, les capitales de l'Europe ) Que faire pour connaitre ceux qui ont eu lieu dans les métropoles de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Océanie? Les descriptions spéciales ne sont toujours assez fréquemment renouveées pour qu'elles puissent indiquer les changemens qui surviennent. Partis, Londres, Vienne, Berlin, Munich, Manchester, Liverpool, Edimbourg, Glasgow, Saüit-Pélersbourg ne sont, pour ainsi dire, pas reconnaissables , tant e court espace de 15 aus a vu s'élever dans leur enceinte de nouveaux quartiers et de magnifiques édifices. 11 faudrait donc, pour composer une géographie qui offrit le tableau du globe à telle époque, des documens certains et tous de la même date: ce qui ne s’est jamais trouvé et ne saurait s’obtenir. Mais cette impossibilité d’une entière exactitude n’excuse pas les négligences impardonnables qu’on rencontre à chaque page dans certains livres.
Dans des géographies récemment pu-
bliées, à notre grand étonnement, nous trouvons encore la description du clocher de la cathédrale de Cambrai, renversé par un ouragan depuis bien des années :
ici, dans la description de Bâle, on parle encore de la fameuse danse des morts ,.
détruite en 1805; là, dans celle de Londres, on cite Carlton-house et ses magnifiques collections, tandis que, depuis
uelques années, cette maison royale a eté démolie, et que son emplacement offre la belle place de Nexc-Carlion Square, formée par trois nouveaux bâtimens d’une élégante architecture. Des traités très en
universités bourg, de K etc.; nous Landshut, anuées de cet pardonnable doue, aujou santes et où | L'espace nou d’autres inexa tions aussi ha nées aux ville:
couvertes que avoir eu lieu.
près quelques dustrie, qu'à lifications qui mp par uisque quel.
er par nos savant:
eu soin d’évi vialités , et lo donné à nos p mieux aimé r eu erreur par SYRONTMIS pour la Franc d’autres cont n’offre presqu en est bien au les pays de | pour quelques Prussienne et l'empire d’Au grois de ce de lieux ont de usqu’à cinq, emand, en va hongrois. On abrégé, on n nous avons nous paraissa qu'on nous ass On peut dire Ottoman et d
Dans celui-ci trois dénomin
nie qui poque, a même é ct ne ssibilité pas les on renlivres.
nt put, nous olocher enversé innées :
on parle morts, de Lonses ma- „depuis oyale a nt offre quare, ns d’une très en.
vogue et publiés depuis peu, nous s prennent l'existence d'universités ou oi n’ont jamais existé , ou qui ont dé sup- 22 long- temps, tandis que es auteurs de ces ouvrages ne mentionnent mr — 5 — mens de ce genre, qui figurent justement à côté des plus anciens et des plus célèbres : nous nommerons les prétendues universités d'Agram , de Klausenbourg, de Kaschuu, de Madrid, etc., etc.; nous signalerons l’université de Landshut, transférée depuis quelques anuées de cette ville à Munich, et l’impardonnable omission de celle de Vadoue, aujourd’hui une des plus florissantes et où professa le célèbre Galilée.
L'espace nous manque pour signaler d’autres inexactitudes dans des qualifications aussi hasardées qu’ambitieuses données aux villes, soit d'après quelques découveñtes que leurs habitans prétendent avoir eu lieu dans leur enceinte, soit d’après' quelques produits du sol et de l’industrie, qu'à tort on leur attribue, qualifications qui n’en sont pas moins reconnues comme des vérités incontestables, uisque quelques - unes ont même eu ’honneur de devenir proverbiales. Aidé par nos savans collaborateurs, nous avons eu scin d'éviter ces méprises ou ces trivialités , et lorsque nous avons été abandonné à nos propres forces, nous avons mieux aimé ne rien dire que d’induire eu erreur par des indications hasardées.
srnowxais, L'addition des synonymes
pour la France, l'Italie, l’Aïgleterre et
d’autres contrées de l’Europe occidentale n’offre presque pas de diflicultés. Mais il en est bien autrement pour pre ue tous les pays de l'autre moitié de l'Europe, pour quelques provinces de la monarchie Prussienne et pour plusieurs contrées de l'empire d’Autriche. Dans les pays hongrois de ce dernier état, presque tous les lieux ont deux noms el quelques - uns jusqu'à cinq, savoir: en hongrois, en alemand, en valaque , en slavon et en latin 15 On sent bien que, dans un ubrégé, on ne pouvait les mettre tous; nous avons cependant indiqué ceux qui nous paraiséaient les plus importans , et qu'on nous assurait être le plus en usage.
On peut dire la même chose de l’empire Ottoman et du nouvel état de la Grèce.
Dans celui-ci, il y a presque toujours
trois dénominations pour chaque lieu: le
À LA GEOGRAPHIE. aiv
nom classique ancien, le nom actuel en grec et le nom turc. Pour l’archipel , nous avons eu un excellent ; 2 le . 8 la Mer-Blanche (archipel) que M. Jouannin a publié il y a quelques 2
Que dirons- nous des regions hors de l'Europe? la tout est désordre, et sans une abondante N il est vraiment
impossible deu sur les cartes; ear les noms dans un texte quelconque ne se vencunirent que très ra-
rement sur les cartes, et vice versé.
Nous prions le lecteur de ne pas perdre de vue ce que nous avons dit aux pages x111xvs, en parlant de l'orthograpi®. Plusieurs des remarques que nous y avons faites rraient s’appliquer à la synonymie.
ous ajouterons que, parmi les synonymes que nous donnons, il y en a quelques-uns que nous savons etre des erreurs dues aux premiers traducteurs des ouvrages originaux ; d’autres erreurs proviennent de la négligence des copistes, quelques-unes même de celle des typographes. Nous avons cependant dù conserver ces synonymes ; car tout erronés qu'ils sont eux-mêmes, ce sont justeinent ceux qu'on trouve marqués sur les meilleures cartes françaises, allemandes et anglaises.
Leur suppression totale aurait offert un grave inconvénient pour beaucoup de lecteurs, sans être d’une bien grande utilité pour la science.
ARRANGEMENT TTPOGRAPHIQUE. L'expérience nous ayant appris que plus on rle aux yeux, plus on pénètre aisément usqu'à l’esprit du lecteur, nous avons pensé que nous faciliterions l'intelligence des sujets différens traités dans cet abré- 405 par l'emploi de différens caractères, nt la grandeur serait toujours proportionnée à l’importance relative de ces memes sujets. C’est ainsi que, dans le tableau des langues et des religions, leurs divisions principales et leurs subdivisions ont été clairement exprimées par un mécanisme typographique très facile à saisir.
A la page Xxl, nous avons déjà indiqué le moyen employé pour représenter typographiquement le bassin d’un fleuve. De meme, on a ſan usage de plusieurs caractères différens et d’une certaine graduation d’espaces pour faire voir au lecteur l’ensemble des divisions administratives d’un état, chacune de ces divisions ellesmêmes , leurs subdivisions et leurs chefs-
x1 vi INTRODUCTION
lieux respectifs. C'est encore ainsi que, dans les articles morifagnes, on a adopté, pour les s7stèmes orographiques, des caractères différens de ceux qu’on a em.
ployés pour les chaînes principales, les chaînes secondaires et les points eulminans des unes et des autres. Dans la des-
cription des villes, on a toujours écrit en
italique les objets les this remarquables ; et dans celle des endroits qu’embrasse leur rayon, on a employé des caractères plus petits, afin de signaler la dépendance dans laquelle ceux-ci sont places relativement aux chefs-lieux, TABLEAUX STATISTIQUES, Dans les chapitres vin“ et 1x° des principes généraux ct dans ceux qui précèdent les tableaux statistiques des cinq parties du monde, nous sommes descendu dans une foule de détails sur tout ce qui concerne les parties de la statistique qui, comme nous l'avons vu à la page Iv, entre dans le domaine du éograp e. II fallait mettre sous les yeux du public ces pièces, d’après lesquelles tout lecteur instruit pourra juger par luimeme de l’état réel des deux sciences dont il s’agit. Nous avons donc résumé dans ces chapitres, qui sont au nombre de sept, les résultats obtenus durant près de vingtcinq ans de recherches longues et pénibles pour déterminer la ape cie, la population, les forces et les ressources des
principaux états du globe, et le nombre approximatif des hommes actuelle-.
ment vivans sur la terre. Nous osons nous latter d’avoir le premier répandu quelque lumière sur ces sujets importans, et davoir contribué à faire disparaître bien des
erreurs regardées naguère comme des
vérités démontrées. Et puisque le sujet nous a ramené à parler des populations et des financés, nous ne pouvons nous embecher d' ajouter encore ici quelques obser vations qui s’y rapportent.
N'est-il pas étonnant de voir le Vorthern-Traveller, guide excellent pour les voyagenrs qui veulent parcourir la Nouvelle-Angleterre et le Canada, n’accorder en 1828, au Bas-Canada, que 200,000 habitans? N'a-t-on pas raison de s’étonner encore plus en voyant l’annuaire The brilish empire, pour 1829, publié à Londres, ne donner encore aux deux Canadas que 250,000 âmes, et cela quelques années après la publication de plusieurs ouvrages importans sur ces proviaces, dans lesquels on porte presque au
triple leur population, après les docu-mens authentiques présentés au ement, qui démontrent que, dès l’année 1825, ces deux provinces comptaient 581,171 habitans, et lorsque déjà les ae anglais. avaient. que
lusieurs milliers d’émigrés quittaient annuellement le Royaume-Uni pou. aller s’y établir. A la page 1106, nous signalons au lecteur l’état florissant de ces contrées, que certains gèographes rdent en-
core comme de vastes solitudes, n’offrant
tout au plus que du bois de construction et de riches fourrures. ägnorent-ils donc que cette portion prétendue déserte du Nouveau-Monde offre une augmentation de population supérieure même à celle des Etats-Unis? On sait, en eſſet, par des documens officiels, qu'en 1790 le nombre d'habitans de la confédération Anglo-Américaine s'élevait à 3,921,328, tandis qu’à la mème époque il ne montait qu’à environ 210,000 dans l’Amérique- Anglaise-du-Nord. Or, nous savons, maintenant, par le dernier recensement,
que les Etats-Unis en 1830 avaient .
12,856,171 habitans; d'un autre côté les recensemens antérieurs, les nombreuses émigrations qui ont eu lieu pendant ces dernières années, et des inductions très probables basées sur le mouvement de la Es nee ont démontré que le Canada doit avoireu dans la même année au moins 1,200,000 âmes. Le rapprochement de ces faits, fait voir que la population ayant un peu moins que quadruplé dans la confédération Anglo- Américaine, elle a presque sextuplé dans l’Amérique-Anglaiseu- Nord. f a
Les statisticiens allemands les plus célèbres estiment à une valeur très pen élevée les revenus de l’état du pape, et M. le baron de Malchus, que nous n’hésitons pas à regarder comme le premier d’entre ces savans, ne les portait en 1830 qu’à 6,500, 00 florins du Rhin, équivalant à 14,000,000 de francs. Déjà dans la Balance politique dis globe, d’après plusieurs faits positifs qu'on nous avait communiqués, nous les ‘avions portés à 30,000,000 de francs. Le budget détaillé qu'un de nos correspondans nous a envoyé et que nous avons publié dans une des Revues de Paris, avec les budgets du grand-duché de Toscane et du duché de Lucques, les portait à 43,400,00 francs pour l’année 1817. Desirant approfondir:
ce point 8 avons proſi honore M.
mettre en comme lui souvenirs d les départe cations ob M. le baror finances da bre et du T.
tette seule el: 1813 un Les faits ir Tournon, :
publié dan ment qu’il :
Pestimation les budgets combien ra] : tués de . ad d’après tous en 1826, à :
la totalité de | POIDS, 1 sède plusieu més sur les res des dive Kruse, de K sent même métriques d sie, de l'Afri céanie. Mais incommode ces ouvrage dans les uns dans les au P'ouverture besoin d'y faut, en que minaire pou
ouvrages, do l'exactitule, précision, Quant aux res qui acc spéciaux put phie et la sta tees par lab.
le défaut d'a ment de ces « tails qu’elles métrologie, de distingue subdivisions entre elles, À lesauteurs d
À LA GEOGRAPHIF.
ce point important de la statistique, nous avons profité de la bienveillance dont nous honore M. le baron de Gérando, pour nous mettre en rapport avec les hommes qui, comme lui, ont laissé de si honorables souvenirs durant leur administration dans
les départemens romains. Les communi-
cations obligeantes que nous devons à M. le baron Janet, intendant-général des finances dans les deux départemens du Tibre et du Trasimène, nous ont prouvé que cette seule partie des états du pape avait ei: 1813 un revenu brut de 24,000,000 fr.
Les faits importans que M. fe comte de Tournon, ancien préfet de Rome, a publié dans sa statistique du département qu’il a administré, concordent avec l'estimation précédente. Nous savons, par les budgets du ci-devant royaume d Italie, combien rapportaient les départemens situés de l’autre côté des Apennins. C'est
d’après tous ces faits que nous avons porté ,
en 1826, à 45,000,000 le revenu brut de
la totalité des pays soumis au pape.
| POIDS, MESURES et mu. On sède plusieurs traités plus on moins estimés sur les monnaies, les poids et mesures des divers états de l’Europe; ceux de Kruse, de Kelly et de Lohmann embrassent mème les systèmes monétaires et métriques des principaux peuples de “Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l'Océanie. Mais, outre le prix élevé, le format incommode et le volume considérable de ces ouvrages, l nance des matières dans les uns, la complication des tableaux dans les autres, suffisent pour rebuter, à l'ouverture du livre, celui qui a le plus besoin d’y puiser des renseignemens. Il faut, en quelque sorte, une étude préliminaire pour apprendre à se servir de ces ouvrages, dont le principal mérite, après l'exactitude, devrait être la clarté et la précision.
Quant aux tables et notices particulières qui accompagnent certains traités 1 publiés en France sur la péographie et la statistique, elles sont discréditées par l'absence de toute critique el par le défaut d'autorité. D'ailleurs l’arrangement de ces sortes de tables, le peu de détails qu’elles renferment, surtout pour la anétrologie, mettent dans limpossibililé de distinguer la nature des mesures, leurs subdivisions et les rapports qu’elles ont entre elles. À l'égard des monnaies réelles, les auteurs de ces notices se bornent à re-
produire, au moins en grande partie, le tableau de comparaison ue année par l'Annuaire du bureau des longitudes, sans meme indiquer cette source et sans parler des monnaies de compile dont la connaissance est si importante, Personne peut-être plus que nous, qui nous sommes constamment occupé de recherches statistiques, n’a reconnu l’insuffisance des documens qui existent sur les monnaies, les poids et mesures des divers états de l’Europe et des autres parties du globe; et c’est parce que nous étions convaincu depuis long-temps de l’immense utilité d’un travail consciencieux sur cette matière ,.que nous avons à nous en procurer un qui pat être joint à notre géographie. La difficulté était de trouver un travailleur judicieux et opiniâtre qui.
ssédant des connaissances spéciales et amiliarisé avec les ouvrages de cette nature, consentit à entreprendre des recherches longues et pénibles, des calculs fastidieux. Nous désespérions de la réussite de nos démarches, et nous nous voyions réduit à nous servir des documens imrfaits qui étaient à notre disposition, orsque le hasard nous apprit que M. Guérin de Thionville s’occupait d’un ouvrage de ce genre, auquel il a déjà consacré beaucoup de temps. Aucun soin, aucun sacrifice n’a été épargné par lui pour se procurer des rapports exacts entre les mesures étrangères et celles de France. Il
‘a consulté et comparé tous les ouvrages
modernes. Des renseignemens officiels recueillis dans un grand nombre de recueils.
périodiques étrangers, et les communications particulières qui lui ont été faites, ont concouru à rendre son travail aussi complet et aussi parfait que le permet l'état présent des connaissances sur cette partie importante de la statistique générale, Ayant témoigné à M. Guérin le desir
de joindre à notre livre une métrologie
nouvelle, plus complète et plus digne de confiance que celles qui accompagnent d'autres géographies , il a eu l’obligeance d'extraire de son grand ouvrage les tableaux qui forment l’appendice de cet abrégé, Ce savant estimable a bien voulu y ro à notre prière, un travail fort intéressant sur le système monétaire. et, 2 des principaux peuples de l’antiquité.
Le précieux avantage de ces fableaux
X vin
de comparaison est de présenter d'en semble, au premier coup-d’œil, la division ct l'évaluation des monnaies, des poids et mesures des principaux pays et des principales villes du monde. Grâces à l’ordre alphabétique suivi pour les états de chaque partie du monde et à l’ingénieuse ‘idée de placer Ia réduction des unités étrangères en valeurs françaises dans des co-
INTRODUCTION
lonnes distinctes, dont la tête indique la nature des mesures, on se trouve dispensé de toutes les recherches pénibles que nécessitent les autres ouvrages de.ce genre.
Nous pouvons dire, avec une entière assurance , que rien de plus complet, rien de plus exact, et en même temps d’un usage plus facile, n’a encore-été publié en France sur cette matière.