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ÉRUPTIONS DE L'ÈRE SECONDAIRE

ÉniptionB proprement dites. — L'ère secondaire, dans l'Europe occidentale, a été particulièrement pauvre en manifestations de l'activité interne. Ce n'est guère qu'à l'époque

ÉRUPTIONS SBCONDAIRES

triasique qu'il paraît y avoir eu de vraies éruptions. La base du trias alpin est souvent formée par un grès qui est un véritable tuf de porphyre quartzifère, et dans le Tyrol (ûg. 430), des épanchements d'une granalite à tourmaline , d^une syénite, d'un porphyre pyroxénique, d'un mélaphyre et d'une porphyrite ont plus d'une fois interrompu le dépôt des couches du trias supérieur. De même, des nappes d'euphotide ou roche granitoide à lamelles de diallage, se changeant sur les bords en variolite, se sont fait jour dans le trias des Alpes, et d^autres roches basiques de couleur verte, rangées dans la catégorie

Val San Pelle^rino

Alpe da Mon s oui

Fig. 130. — Le massif éruptif du Monzoni (Tyrol). — 1, porphyre quartzifère; S, 3, 4, 5, 6, couches triasiques; a, syénite dite monzonite; p, porphyre pyroxénique ; y, mélaphyre ; 5, porphyrite.

des ophiies, ont apparu à la même époque dans le massif pyrénéen.

Pendant ce temps, des nappes de mélaphyre se répandaient au milieu des couches triasiques des États-Unis, dans le Connecticut.

Dans l'Europe orientale, notamment en Silésie, il paraît y avoir eu quelques éruptions de roches basiques, analogues aux diabases, vers le milieu de l'époque crétacée. D'autres éruptions, d'âge secondaire, se sont fait jour en Crimée et en Volhynie, et c'est sans doute à la même date qu'il faut rapporter les épanchements granitoïdes, de nature syénitique, du Banat autrichien.

Mais c'est surtout dans les Andes de l'Amérique du Sud que l'activité éruptive semble s'être dédommagée, en quelque sorte, du silence qu'elle s'imposait dans nos pays pendant les temps jurassiques et crétacés. D'énormes émissions porphyri-

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tiques, en coulées et en nappes, partiellement sous-marines, et accompagnées de tufs fossilifères, ont eu lieu entre le i3® et le 33® degré de latitude méridionale. Il est à remarquer que des éruptions de même nature se sont produites en Afghanistan pendant l'époque jurassique. Le néocomien y est presque entièrement constitué par des débris de ces porphyres. Comme d'ailleurs les porphyrites de l'État de Montana sont attribuées au jurassique et que, dans lé Colorado, une niasse de porphyres et de porphyrites apparaissent dans des conditions qui semblent placer leur sortie vers la fin des temps crétacés, on voit que les manifestations volcaniques sont loin d'avoir fait défaut pendant l'ère secondaire, ainsi qu'on a pu le croire longtemps d'après les observations relatives à la France et aux pays voisins.

Phénomènes thermaux. — Postérieurement aux épanchements que nous avons signalés, il parait y avoir eu, surtout en Europe, des phénomènes thermaux. Ainsi, le trias du Morvan est parcouru par de gros filons de quartz et certains sédiments liasiques ont été entièrement silicifiés par des émanations semblables. En même temps il se déposait des substances métalliques. Les mouches de carbonate de cuivre abondent dans le trias et l'arkose rhétienne. Parfois, la galène ou sulfure de plomb remplit les couches du calcaire à gryphées arquées, attestant que les filons de plomb argentifère du Morvan, comme ceux du Hartz et de la Saxe (du moins en partie), résultent d'émanations immédiatement postérieures au trias et ayant suivi les grandes éruptions primaires, à peu près comme les solfatares et les sources thermo-minérales suivent aujourd'hui les manifestations violentes du volcanisme.

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