‹ Abrégé de géologieChapitre 116 sur 175 · GÉNÉRALITÉS SUR L'ÉRS TERTIAIRE · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR L'ÉRS TERTIAIRE

Caractères généraux de Père tertiaire. — L'ère tertiaire ou néozoïque peut être définie d'un mot : c'est celle où les conditions physiques et biologiques, jusqu'alors remarquablement uniformes, se sont différenciées au point de produire la variété qui caractérise l'ère moderne. A la fin des temps crétaciques, l'Europe, réduite à un petit massif central et pourvue d'un faible relief, commençait à prononcer un mouvement d'émersion. A travers de nombreuses vicissitudes, ce mouvement va désormais s'accentuer, et les diverses phases en seront marquées par le soulèvement de hautes chsdnes de montagnes. Tandis qu'au voisinage de la dépression méditerranéenne les dépôts garderont en général le caractère marin, dans les contrées septentrionales une large part sera faite à l'élément lacustre ou saumâtre, et peu à peu la mer sera rejetée dans ses limites actuelles. La zone chaude, après avoir longtemps défendu l'intégrité de son domaine, reculera tout à fait vers le sud ; il suffira bientôt de la différence de latitude qui sépare la Provence de l'Angleterre pour passer d'une flore subtropicale à des forêts de conifères, en attendant que le refroidissement polaire gagne de proche en proche, et entraîne la retraite de tous les végétaux qui ne peuvent s'accommoder des longs hivers.

L'accroissement des masses continentales et la variété des conditions qu'elles offrent désormais se traduisent par un changement notable ds^s les faunes et les Qore^ terrestres.

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On y voit apparaître cette complication organique qui caractérise le progrès physiologique, comme la division du travail est le signe du perfectionnement des ci' ilisations matérielles. Les mammifères, longtemps atrophiés, se développent avec une vigueur extraordinaire et prennent possession du globe, tandis que le monde végétal déploie, avant Tinvasion finale des froids septentrionaux, une ampleur et une diversité jusqu'alors inconnues. Le règne des gymnospermes est fini; la prépondérance appartient aux palmiers et aux arbres à feuillage caduc, dont le milieu de Tère tertiaire verra Tapogée.Dans les mers, les céphalopodes ne jouent plus qu'un vole restreint, les brachiopodes sont pauvrement représentés, et la famille des ammonitidésa dit son dernier mot. En revanche, les lamellibranches abondent et avec eux les gastropodes, dont le développement s'explique par le caractère littoral de la plupart des formations de Tépoque aujourd'hui émergées. Dans les régions plus franchement marines, les foraminifères prospèrent, du moins au début de la période, et édifient des assises calcaires qui deviennent la forme tertiaire du régime méditerranéen, comme les bancs à rudistes en avaient été la forme secondaire. Les faunes locales se multiplient, sous l'empire de conditions extérieures chaque jour plus diversifiées, préparant la variété des provinces zoologiques modernes.

En même temps l'activité interne, endormie en Europe pendant de longs siècles, se réveille en donnant lieu, sur toute la surface du globe, à des manifestations grandioses, dont les phénomènes volcaniques actuels ne sont plus qu'un écho très affaibli. Les anciennes fentes de Técorce se rouvrent; de nouvelles crevasses prennent naissance, et, sur les parois des unes et des autres, les émanations internes déposent des matières diverses, où dominent For et l'argent. Ainsi, peu à peu, la terre se prépare pour recevoir dignement l'être qui doit régner en maître à sa surface.

Divisions de Père tertiaire. — L'ère tertiaire ou néozoïque a été divisée par Lyell en trois périodes, dites éocène, miocène et pliocène^ j et distinguées les unes des autres diaprés la pro-

1. Êocètie vient de ed«, aurore, et kainoa, récent; c'est Taurore des

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portion des formes actuelles de coquilles que renferment leun faunes respectives.

Le progrès des obser7atîoDS a conduit quelques géologues k proposer la création de nouveaux termes, tels que celui d* paléocène pour les premiers dépôts tertiaires, et iToligoeèm (dérivé de oligos^ peu) pour la période de transition entre Féocène et le miocène, empiétant à la fois sur Tune et sur l'autre.

Aujourd'hui on s'accorde généralement à reconnaître qu'il suffit de partager les temps tertiaires en deux grands systèmes : le premier ou système éogène^ subdivisé lui-même en série éocène et série oligocène, correspond à un état de choses encore très différent, par la géographie et par la faune, de Tétat actuel. Le second système, dit néogène, débute par un grand mouvement de transgression, inaugurant les plissements alpins et, avec eux, la transformation organique d'où résulteront la faune et la flore du temps présent. A son tour, il peut être divisé en série miocène et série pliocène.

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