‹ Abrégé de géologieChapitre 124 sur 175 · SÉRIE MIOCÈNE 1« ÉTAGE AQUITANIEN · texte numérisé non relu

SÉRIE MIOCÈNE 1« ÉTAGE AQUITANIEN

Nord de l'Europe. Bassin de Paris. — A l'époque aquitanienne, le régime marin avait quitté l'Allemagne du nord, où se déposait la plus grande partie de la formation lignilifère, ensemble de sables quartzeux à galets roulés et d'argiles avec lignites, formés surtout de débris de conifères et de cupressinées. Quelquefois ces lignites alternent avec des tufs basaltiques, qui marquent la reprise de l'activité volcanique en Europe, après une très longue interruption.

Représenté peut-être en Belgique par la partie inférieure des sables du Bolderberg {boldérien), l'aquitanien est d'eau douce ou saumâtre dans le bassin de Mayence, où le calcaire à colimaçons alterne avec des couches à cy rênes et d'autres à cérithes. On en retrouve l'équivalent en Alsace.

Le lac de la Beauce, inauguré à la fin du stampien par la

TYPES DIVERS DE L*AQU1TANIEN 361

couche à potamides et cyclostomes d'Ormoy, s'est tapissé de calcaires lacustres ou travertins, dit travertin supérieur ou calcaire de la Beauce. Une assise inférieure [calcaire du Gâtinais) est riche en limnées. C'est celle qui, devenue siliceuse aux environs de Paris, fournit les meulières de Montmorency et d'Epernon, à Limnœa eylindrica et graines de Chara. L'assise supérieure, séparée de la précédente par la mollasse du GâtinaiSy est le calcaire de VOrléanais ou calcaire à hélices (Hélix Moroguesi, H. Ramondi). Plusieurs auteurs l'attribuent seule à l'aquitanien, laissant la précédente dans le stampien.

Types français divers. — Dans l'Aquitaine s'est prononcée, avec r,Aquitanien, une invasion marine, assez franche dans le Bordelais, où elle a déposé les faluns de Lariey, après la mollasse à Ostrea agînensis, moins franche dans le Bazadais, où les grès marins de Bazas sont encadrés entre deux assises de calcaire lacustre, se fondant dans le calcaire de VAgenais à Hélix Ramondi, Des faluns marins se sont formés à la même époque à l'embouchure de TAdour et jusqu'au delà de Dax.

L'étage est d'eau douce à Narbonne, où on lui attribue le beau gisement de plantes fossiles d'Armissan. En revanche, la mer empiète un peu sur le rivage de la Provence, à Garry et au cap Couronne, près de Marseille. Mais ailleurs on ne trouve plus que des dépôts d'eau douce à H. Ramondi, qu'on suit jusqu'à Dijon et au delà.

En Limagne, il s'est déposé, dans les lacs de Glermont et d'Issoire, une grande épaisseur de bancs calcaires et marneux, dont la base contient Hélix Ramondi, le sommet étant formé par les calcaires à phryganes, associés à des pépérites ou tufs basaltiques.

De cet âge est le calcaire de Saint-Gérand-le-Puy (Allier), riche en ossements de Rhinocéros et autres mammifères, avec squelettes d'oiseaux.

Types divers de Taquitanien. — En Suisse se sont formées, durant l'aquitanien, des mollasses ou grès tendres, comprenant, à la base, la mollasse rouge de Genève et de Lausanne : au milieu, la mollasse à lignites, avec bancs calcaires à Hélix rugulosa; au sommet la mollasse à gypse et à néritines, trahissant le retour de conditions saumâtres.

Ce n'est qu'en Bavière que Taquitanien redevient franchement marin, préparant le type du bassin de Vienne, c'est-à dire les couches de Horn et de Loibersdorf, ces dernières abondantes en huîtres et en pétoncles.

Une transgression marine aquitanienne s'est fait sentir k Madagascar, à Java, à Bornéo, à Formose. Elle a déposé des couches à lépidocyclines et à Lithothamniam^ qu'on retrouTe aussi aux Antilles, en Floride et à Panama.

Page 1