DIVISIONS DE LA SERIE MIOCENE
les Murex ou rochers sont nombreux dans les dépôts coquilliers de rivage ou falans de la période. Ils s'y montrent fréquemment associés à des cônes, à des cyprées (porcelaines) et à des oursins aplatis tels que SeuteUa, Amphiope (fig. 140), ou renflés comme Clypeaster (fig. 141).
La flore miocène accuse, en Europe, une température égale, clémente durant rhiver, pluvieuse pendant Tété. Le refroidissement de la zone tempérée ne se manifeste que par la marche envahissante des arbres à feuilles caduques, notamment des peupliers et des érables, et par la rareté plus grande des palmiers européens. Mais la proportion réellement considérable des plantes à feuilles persistantes fait voir que la nature végétale ne traversait pas, dans nos latitudes, de phases de repos complet.
Divisions de la série miocène. — Le premier étage de la série miocène est Vaquitanien, qui voit la réapparition en Europe des orbitoïdes (Lepidocyclina), Ensuite vient le burdigalien (ancien langhien), qui fait succéder, dans le Bordelais, des couches franchement marines aux formations d'eau douce qui avaient terminé Taquitanien de la contrée. Le foraminifère Miogypsina domine à ce niveau.
Mais c'est surtout dans le bassin du Rhône que la transgression marine est marquée. Dans cette dépression, émergée depuis la fin des temps crétaciques, la mer pénètre en un long golfe, qui se prolonge par un bras étroit à travers la Suisse et va rejoindre le bassin de Vienne, tandis que l'ancien synclinal nummulitique subalpin est désormais fermé. Au régime du flysch succède maintenant celui des mollasses ou grès tendres, accompagnées de poudingues, témoignage du mouvement qui prépare la surrection des Alpes, détruites à mesure qu'elles se dressent. Un peigne, Pecten prœscahriusculuSy est le fossile caractéristique des mollasses burdigaliennes.
Un mouvement plus accentué du sol de l'Europe détermine alors l'arrivée de la mer jusqu'aux portes de Blois, pendant que la submersion de la Suisse fait des progrès. Aussi cette nouvelle époque avait-elle été appelée helvéiiènne, le nom de iortonien (des marnes de Tortone en Italie) étant réservé à
l'époque suivante, comprise avec la première et avec le burdigalien dans le falunien de d^Orbigny. Mais on a reconnu depuis que, le plus souvent, ce qu'on a appelé tortonien n'es; qu'un faciès de l'helvétien. 11 parait donc plus convenable de les réunir en un seul étage, qui par son développement aux environs de Vienne (Autriche) a mérité le nom de vindobonien. Les Pecten roiundataSj P, scabriusculuSf P. Gentoni, Ostrea crassissima et Cardita Jouanneti y sont fréquents.
A la un du vindobonien, les Alpes ont acquis leur principal relief. La mer abandonne la France et la Suisse. Mais il subsiste, dans l'Europe orientale, de grandes lagunes saumâtres, dont les dépôts forment l'étage sarmaiien. Puis ces dépressions se dessalent de plus en plus, et la faune de la Caspienne prend naissance avec le nouvel étage pontien, représenté en plusieurs pays par des limons à ossements d'herbivores, où domine Hipparion, tandis que le proboscidien Mastodon prospérait dans le vindobonien, ayant apparu dès le burdigalien avec Dinotherium,