‹ Abrégé de géologieChapitre 126 sur 175 · SÉRIE MIOCÈNE 3* ÉTAGE VINDOBONIEN · texte numérisé non relu

SÉRIE MIOCÈNE 3* ÉTAGE VINDOBONIEN

France occidentale. — Le fait capital qui signale Fouverture de l'époque vindohonienne est l'affaissement survenu en France suivant la hasse Vcdlée de la Loire, ce qui permet à la mer de jeter, jusque près de Blois (fig. 442), les riches gisements coquilliers ou faîuns de la Touraine (Manthelan, Pontlevoy). Ensuite, dans le détroit qui isolait de la Normandie l'île armoricaine, se sont déposés les faluns de l'Anjou et de rille-et- Vilaine, avec grandes dents de squales (Carcharodon) et ossements de lamantins {Halitherium), ainsi que les faluns du Cotentin.

Dans l'Aquitaine, la mer vindohonienne pénétrait par un golfe assez profond, déposant les faluns de Salles et la mollasse marine de l'Armagnac, puis les faluns argileux de Sauhrigues, à gastropodes du genre Pleurotoma, logés dans l'ancienne fosse de l'Adour. Mais, sur les hords de ce golfe, des lagunes d'eau douce ou saumâtre recevaient des dépôts calcaires; d'ahord, à la hase de l'étage, le calcaire de Sansan, à Mastodon angustidensy puis, plus haut, le calcaire de SimorrCj à Mastodon tapiroides.

Plateau central, bassin du Rhône, Suisse. — C'est à cette époque que se formaient, en Auvergne et au Vivarais, des alluvions fluviatiles, avec éléments volcaniques, où l'on trouve les ossements d'un grand carnassier, le félin Mâchairodas cultridenSf avec restes d'Hipparion.

Dans le Languedoc, aux environs de Montpellier, la mer

vindobonienne a sensiblement dépassé celle du burdîgalien. La transgression est encore plus sensible dans la dépression rhodanienne, où les mollasses de Gabrières, de Cucuron et d*Aix en sont les témoins principaux. La mer a atteint les environs de Pontarlier, recevant sur ses bords des dépôts de poudingues dont les galets sont impressionnés par contact

Fig. 142. — La France à Tépoque vindobonionne.

mutuel. Puis elle a étendu sur la Suisse d'épaisses nappes de mollasses, comme celle de Saint-Gall, et de nagelfluh (lac de Thoune). Mais, avant que l'époque vindobonienne prît fin, le soulèvement définitif des Alpes chassait les eaux marines, ne permettant plus que des dépôts de mollasses d*eau douce. De ce nombre est celle d'Œningen, sur le bord du lac de Constance, célèbre par la richesse en insectes, poissons et plantes terrestres de ses minces plaquettes calcaires, accusant par leurs végétaux un climat analogue à celui de Madère.

ETAGE VINDOBONIEN. EUROPE

Gisements européens divers. — La mer vindobonienne submergeait largement le bassin de Vienne, mais avec tendance à un prochain assèchement, marquée au début par des dépôts de sel et de gypse. Les conditions étaient d'ailleurs très variables, tantôt des courants froids déposaient des marnes à pleurotomes (Baden), tantôt, sur des plages chau-

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Fig. 143. — L'Europe à l'époqae vindobonienne.

des, se formait le calcaire de la Leitha, riche en foraminifères (Heterostegina) et en algues (Lithothamnium),

Pendant ce temps, une mer septentrionale (fig. 143) noyait le Danemark et la Hollande, tapissant son fond d'une argile bleue micacée à pleurotomes et à coquilles du genre Leda, et atteignait la Belgique au Bolderberg.

Le conglomérat fossilifère de la Superga, près de Turin, et les marnes bleues à pleurotomes de Tortone, envahies par des formes septentrionales de mollusques, enfin les couches à ciypéastres de la Galabre, de Malte et de Gorfou, accusent

le passage, en Méditerranée, d'une mer qui se reliait l'Atlantique par le détroit de TAndalousie, reconstitué pour la première fois depuis les temps nummulitiques.

Afrique, Asie, Amérique, Régions arctiques. — La mer helvétienne, qui submergeait le Tell algérien et déposait ei Egypte les couches à grands clypéastres, s'est étendue sur 1? sud de TAsie Mineure et a atteint le nord-ouest de la Perse, où probablement elle se terminait en golfe.

Un fait très intéressant est la présence, aux Antilles, d'un calcaire contenant les mêmes fossiles que le vindobonien de nie de Malte. Une chaîne d'îles, passant par les Açores, devait assurer la communication de cette région avec la Méditerranée.

Au nord, dans le Nebraska et le Nouveau-Mexique, les mastodontes et le Machairodus laissaient, avec des équidés, leurs restes dans des dépôts d'eau douce.

11 convient d'ajouter que des gisements de plantes fossiles, dont les affinités indiquent le miocène supérieur, se rencontrent en Islande, au Groenland, au Spitzberg, et en Nouvelle- Sibérie. Ces restes, où abondent les genres Populos, Séquoia. DiospyroSf attestent à quel point le climat des régions arctiques devait différer de ce qu'il est aujourd'hui.

SÉRIE MIOCÈNE 4** ÉTAGES SARMATIEN ET PONTIEN

Traits généraux des époques sarmatienne et pontienne.

— Avant la fin de l'époque vindobonienne, la mer avait abandonné la vallée du Rhône, ne s'avançant plus que jusqu'au Gomtat, et la chaîne des Alpes se dressait à l'endroit où naguère avaient passé les eaux helvé tiennes. La Méditerranée, partiellement entraînée dans ce mouvement, ne présentait plus bientôt qu'une série de dépressions saumâtres, et le détroit de l'Andalousie, à peine reconstitué, venait de se fermer.

Ce qui caractérise surtout le début de l'époque succédant

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sfu soulèvement alpin, c'est qu'à la place de l'ancien bassin maria de Vienne en Autriche, il s'est constitué, sur la région autrefois habitée par les Sarmates, une grande dépression, s'étendant à l'est jusqu'au cœur de l'Asie, et où la salure, très variable, tendait à diminuer peu à peu. C'est ainsi qu'aux dépôts sarmatiens, dont la base est caractérisée par de petits cérithes {Cerithium pictum), ont succédé les dépôts pontiens, abritant une faune encore moins marine, qui survit en partie dans la mer Caspienne, et a mérité de s'appeler aralo-caspienne. Le genre de mollusque Congeria en est plus particulièrement caractéristique, et le même régime s'étendait sur une partie du territoire méditerranéen.

Types divers des étages supérieurs du miocène. — Dans le bassin de Vienne, une première dépression, se produisant au sein des anciens dépôts vindoboniens, détermine la formation des sables à cérithes, surmontés par des marnes marines avec restes de phoques, de dauphins et de baleines, sans aucun élément qui révèle un climat chaud. C'est donc une transformation notable, accomplie depuis le dépôt du calcaire de la Leitha.

Un, nouvel affaissement est suivi du dépôt des marnes à congéries et à mélanopsides, avec une faune d'acéphales qui accuse une dessalure croissante. C'est l'étage pontien, terminé par des graviers terrestres à ossements d'Hipparion et de Afas/odon.'Sur le bord méridional des lagunes pontiennes, en Croatie et en Slavonie, les eaux de dessalaient encore plus et il commençait à s'y faire des dépôts dits levantins, avec mélange de paludines et de formes saumâtres, telles que les mélanopsides.

Une série de dépressions, aujourd'hui desséchées, permettaient au régime saumâtre de s'étendre, à travers l'Asie centrale, d'un côté jusqu'au sud de la Chine, de l'autre jusqu'au Lac Baïkal, qui abrite quelques survivants de cette faune.

Les lagunes sarmatiennes ont laissé des traces près de Barcelone, en Andalousie, en Ligurie ; et les couches à congéries du pontien, avec gypse et dépôts de soufre, se rencontrent dans le Livournais, la Toscane, la Calabre et la Sicile : de la même façon, les marnes avec gypse de l'Andalousie

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trahissent Témersion qui allait affecter le détroit bétiqn .

C'est aussi à l'état de couches à congéries que se présenî le pontien dans la basse vallée du Rhône, notamment à Bel lène (Vaucluse). Mais, non loin de là, dans le mont Lnberon rétage prend la forme de limons rouges, avec nombreux ossements de mammifères, Machairodas, Rhinocéros ^ Hipp-y rion, Antilope, Helladotherium; et à ces limons sont associa des cailloutis d'origine alpine, déposés par un cours d'ea^: précurseur de la Durance. De semblables limons rouges i ossements existent à Pikermi près d'Athènes, et attestent que cette contrée, aujourd'hui aride, était alors occupée par de riches pâturages, offrant une abondante nourriture à de grands troupeaux d'herbivores. Les migrations de ces animaux étaieni facilitées par un assèchement partiel de la Méditerranée, ob subsistaient de place en place de grandes lagunes salées.

Une formation assez analogue à celle de Pikermi s'est déposée en Inde, dans les monts Siwalik, comme un ruban au pied de l'Himalaya. Les conglomérats y renferment les restes de près d'une centaine de mammifères, dont 11 éléphants et mastodontes.

L'océan Atlantique, dessiné à peu près dans son contour actuel, devait cependant mordre un peu sur les côtes de France, où il aurait laissé, vers la fin de l'époque pontienne, un chapelet de gisements littoraux à Cardita strioUissim, échelonnés depuis Oléron, par Angers et Rennes, jusqu'au Cotentin (Gourbesville). Au nord, une autre mer jetait sur Anvers les dépôts coquilliers du crag noir.

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