SÉRIE PLIOCÈNE
Traits généraux de la période pliocène. — La période pliocène a été inaugurée par un mouvement du sol qui, en faisant écrouler l'axe de la chaîne hispano-africaine récemment soulevée, a créé le détroit de Gibraltar. A ce moment, la Méditerranée s'est vue envahie par une faune d'origine atlantique, ne renfermant plus aucun des types subtropicaux
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des époques précédentes. Une série d'effondrements ont créé successivement la fosse tyrrhénienne et une autre s'étendant de la Tunisie aux Gyciades, sans atteindre la mer Egée, tout le bassin oriental de l'Europe continuant à être soumis au régime aralo-caspien. Pendant ce temps, le Plateau Central de la France se crevassait, et d'imposantes éruptions volcaniques s'y produisaient.
Bientôt arrive dans la Méditerranée une faune marine franchement boréale, qui prouve que les dernières barrières atlantiques sont définitivement rompues, et la période s'achève sous l'influence d'un refroidissement notable, avec lequel commencent, dans les massifs montagneux, les premières manifestations glaciaires.
La note caractéristique de la faune terrestre pliocène est donnée par les mastodontes et les éléphants ^ en même temps que les rhinocéros et les hippopotames sont à leur apogée, enfin que le genre cheval fait son apparition.
Quant à la faune marine, ce n'est que par des nuances, souvent difficiles à saisir, qu'elle se distingue de la faune actuelle.
Divisions de la série. — La série pliocène peut être divisée en trois étages. Celui du bas, ou plaisancien^ correspond à l'invasion qui, à la suite de la formation du détroit de Gibraltar, a permis aux eaux atlantiques de revenir franchement dans la Méditerranée, pour y amener une faune entièrement dépourvue des types subtropicaux des époques précédentes. C'est alors que se sont déposées les marnes bleues du Plaisantin et celles des environs de Fréjus.
Après le plaisancien, la mer, qui avait réussi à pénétrer par de longues échancrures dans les vallées du Rhône et du Guadalquivir, abandonne ces conquêtes, et un régime fluvial bien accentué s'établit, caractérisé par le dépôt des sables du val d'Arno, ayant pour équivalent marin les sables de l'Asté^an (d'où le nom à'astien^ donné à l'étage).
Alors de nouvelles dislocations se font sentir qui, en Italie, portent parfois les dépôts plaisanciens et astiens de la Calabre à des altitudes comprises entre 800 et 1 200 mètres. Du même coup, une faune franchement boréale envahit la Méditerranée,
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qui Tient de 8*agrandir par une série d'effondrements, et c^est ainsi qne des coqmlles arctiqaes parviennent à s^installer dans les parages de la Sicile et de llle de Rhodes. C'est Tétage êieUlen^ marqné sor le continent par nne première inyasion des glaciers.
La période s*achèTe sans que la mer ait encore repris possession des régions situées au delà du Péloponèse, et où la faune aralo-caspienne, issue de la faune pontienne, continue à se développer.
France méridionale et orientale. Suisse. — La mer plaisancienne, en même temps qu'elle déposait, près de Fréjos comme dans le Roussillon et près de Montpellier, des marnes et des sables très fossilifères, remontait la vallée du Rhône jusqu'aux portes de Lyon. Puis le régime saumâtre reprenait le dessus avec des sables et marnes à Poianddes Basteroti.
La mer se retire (sauf à Cannes et à Montpellier) et il se forme, dans le Valentinois comme dans la Bresse, des marnes lacustres à hélices et paludines (marnes d'Hauterives)^ que couronnent des sables fluviatiles à mastodontes {Mastoâm arvernensis).
Enfin un mouvement du sol, sans doute celui qui a donné aux Alpes leur dernier relief, imprime aux agents d'érosion une activité particulière. Tandis que de puissants deltas torrentiels, tels que celui du Var, se forment au débouché des cours d'eau violents de la côte ligurienne, la Bresse se couvre de cailloutis ou aUuvions anciennes, contenant par places de très gros galets de quartzites, originaires comme les autres matériaux de la chaîne alpine qui, après avoir été élevée dans les airs, est en train de se découper en vallées profondes jusqu'au cœur du massif. VElephas meridionalis a laissé ses débris dans ces alluvions.
Les marnes à paludines se sont étendues dans la vallée de la Saône jusqu'à Auxonne, et les dernières phases du pliocène sont représentées dans la même vallée par des graviers à mastodontes et à éléphants, arrivant jusqu'aux environs de Dijon. Des graviers analogues, plus ou moins entremêlés de dépôts volcaniques et glaciaires, s'observent dans la Limagne, à Perrier, près d'Issoire, où ils sont Hches en ossements de