‹ Abrégé de géologieChapitre 148 sur 175 · CONCENTRATION SOLAIRE 4W · texte numérisé non relu

CONCENTRATION SOLAIRE 4W

lion, le maintien de la chaleur solaire est absolument inexplicable. En vain préteiidrait-on Talimenter par une pluie continuelle de météorites. Non seulement la réserve en serait bien vite épuisée ; mais les astronomes ont démontré que la masse du soleil en recevrait assez d'accroissement pour que les conditions du système planétaire fussent rapidement modifiées. Une seule cause, en vertu des lois de la thermodynamique, est capable de préserver l'énergie solaire sans faire appel au concours si insuffisant du dehors, c'est le phénomène de la condensation de Fastre. Par là, le pouvoir calorifique du soleil peut se maintenir sans perte sensible, à l'aide d'une diminution de diamètre apparent, qui demanderait plusieurs milliers d'années pour pouvoir être enregistrée par nos appareils les plus délicats.

Mais si, de nos jours, le soleil, réduit comme il Test, subit encore ce mouvement de concentration nécessaire à l'entretien de son énergie, combien ne faut-il pas qu'à d'autres époques ses dimensions aient été différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui? Rien n'est donc plus logique que cette hypothèse et puisque, irréprochable au point de vue de l'astronomie, elle fournit seule le moyen d'expliquer le phénomène paléothermal, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de l'accepter, en affirmant, contrairement aux doctrines de l'école uniformitaire, que l'histoire ancienne de notre planète s'est déroulée au milieu de conditions extérieures très différentes de celles qui nous entourent. En particulier, la formation de l'astre central, considéré comme une individualité distincte, a été certainement tardive.

RÉSUMÉ GOSMOaONIQUE

S'il reste encore en géologie plus d'un point obscur, néanmoins l'ensemble des faits définitivement acquis à 1^ science est aujourd'hui assez considérable pour qu'on paisse, sans grande témérité, essayer de les grouper en une synthèse générale. C'est ce que nous allons faire, à titre de réa«tmé

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des obMrfations et des hypothèses que nous avons en occasion de fonnuler dans le cours de cet ouvrage.

L*étude des manifestations de la dynamique terrestre no;^ a montré qu*en réalité il n'y avait partout que deux puissances en jeu : d'une part, la gravité ou attraction centripète; d*' Tautre, la chaleur, ou principe centrifuge, chaleur extem ayant sa source dans le soleil, chaleur interne emmagasinée dans les profondeurs du globe. Or ces deux éléments peuTeni se réduire à un principe unique, si Ton suppose qu*à rorigine toute Fénergie de notre système planétaire ait été renfermée dans une nébuleuse, c'esVà-Hlire dans un amas très dilaté de matière vibrante et Inminense, animée d'un double mouvement de rotation et de concentration centripète. Dans ce c^s, à la lumière de la thermodynamique, le mouvement de concentration nous apparaît comme une conséquence de la grande loi de la eoiuervatioii de l'énergie^ car c'est à la favenr de cette condensation qu'un système défend la provision qu'il possède contre la déperdition extérieure.

Admettant donc la conception de la nébuleuse primitive, on est conduit à diviser Thistoire terrestre en deux phases, de durées sans doute très inégales : une phase stellmre, très courte, pendant laquelle le globe, détaché de la nébuleuse solaire, s'est condensé, puis refroidi, jusqu'à ce que sa su^ face fût recouverte d'une écorce obscure; et une phase pknétaire^ qui se poursuit encore et qui est la seule dont la géologie ait à s'occuper. Le rôle de cette science commence au passage de la première phase à la seconde, alors que la réaction des fluides extérieurs sur l'enveloppe superficielle du globe va produire, dans des conditions encore mystérieuses de pression, de température et de milieu chimique, cet assemblage de couches cristallines qui forme le terrain archéen,

A partir de ce moment, l'activité des éléments matériels a subi sur le globe un partage définitif. Tandis que Fénergie intérieure, concentrée sous l'écorce, devait se manifester au dehors plutôt par saccades que d'une manière continue, par les dislocations de la croûte terrestre, l'énergie extérieure, ayant son principe dans Faction du soleil, combinée avec celle de la pesanteur» était destinée k subir une évolution

RESUIfé GOSIfOGONIQUE 4SI

continue par elle-même. Mais assujettie à ressentir le contrecoup des variations plus ou moins brusques de l'activité interne, cette évolution allait, elle aussi, progresser d'une manière inégale, recevant, de temps à autre, une impulsion nouvelle des phénomènes produits sous Tempire de causes profondes.

En premier lieu, Técorce originelle, peu épaisse et mal soutenue, a dû chercher son assiette jusqu^à ce que les premiers linéaments de la géographie du globe eussent été définis. C'est alors que sont dessinées à sa surface les zones faibles et les zones résistantes, ces dernières, sous forme d'îlots, constituant les premiers noyaux de Variée ou des continents, tandis que, dans les dépressions, s'accumulait l'élément liquide, à peine partagé en océans distincts.

Ce premier acte une fois accompli, la vie a pris possession du globe, non, à ce qull semble, d'une façon progressive et par une lente évolution d'organismes inférieurs, mais, autant qu'on en puisse juger, par l'apparition presque immédiate de types possédant toute la perfection que comportaient les circonstances ambiantes. De plus, eed types étaient les mêmes sur toute la surface terrestre, et si, pour les organismes marins, cette similitude s^expllqué, î la rigueur, par l'imîmense étendue et la libre communiôati^ïi de toutes les mers, du moins le caractère des premières flores continentales nous oblige à admettre une' répartition de la chaleur et de là lumière tout autre que celle qui prévaut aujourd'hui. On a vu qu'à nos yeux cette répartition, produisant l'égalité absolue des climats, exigeait un soleil nébuleux ei très dilaté. Les débuts de la vie continentale ont été caractérisés par lé règne à peu près exclusif de végétaux dont iien ne contrariait la croissance, se développant, par une température simplement tropicale, au sein d'une atmosphère humide, sans douté chargée de nuages, qui ne laissaient arriver à la terre que des rayons diffus. Les seuls animaux terrestres que cette végétation ait abrités sont de ceux dont les congénères actuels recherchent l'ombre, et l'éclat de couleurs qui fait aujourd'hui le charme de la nature n'avait à cette époque aucune raison de se manifester.

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En reyanche, sous Taction d*un régime particulier de pluies torrentielles, cette puissante végétation, au lieu de voir ses débris se décomposer sans profit à Tair libre, était entraînée au furet à mesure dans des lacs ou des lagunes maritimes. Là, sous la protection de sédiments argileux, elle devait subir, presque sans perte de substance, une compression lente, devenant de la houille, où Thomme saurait un jour retrouver, immédiatement disponible, Ténergie calorifique et lumineuse dépensée par la nébuleuse solaire durant cette remarquable époque.

Mais Tatmosphère se purifiait par le fait même de cette végétation et de son enfouissement. Les animaux terrestres apparurent, représentés par des reptiles. L'énergie intérieure, qui s'était déjà traduite, à bien des reprises, par des éruptions profondes et des projections, aboutit à une sorte de paroxysme, qui produisit les grands épanchements houil- 1ers et permiens; après quoi, le calme vint, et d'abondantes émanations, suite naturelle des éruptions, tapissèrent de minéraux divers les fentes ouvertes dans Técorce.

Durant cette ère de paix, où le travail mécanique de la sédimentation était faible, les organismes purent s'employer, sur une échelle notable, à Faccroissement de l'écorce. C'est pendant cette période que, sur la végétation terrestre, se manifestent les premiers signes d'une différenciation, c*està-dir^ d'une individualisation mieux marquée de l'astre central. Mais cette transformation est lente à se produire et, longtemps encore, les pôles vont jouir d'une température clémente. Pour que ce privilège leur soit enlevé, il faudra que, de nouveau, l'activité intérieure se réveille et, faisant émerger de grandes masses continentales, imprime à l'écorce, par une série de soubresauts successifs, ces mouvements qui porteront dans les airs les Pyrénées, les Alpes et autres grandes chaînes de montagnes. Sur le globe, enfin pourvu d'un relief qui longtemps lui avait fait défaut, les mammifères, frappés, on peut le dire, depuis leur première apparition, d'une sorte d'arrêt de développement, vont s'épanouir et se multiplier, jusqu'à ce qu'ils trouvent leur suprême expansion dans les gigantesques proboscidiens du miocène

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supérieur et du pliocène. A la faveur de la variété des conditions externes, la végétation revêt une ampleur et une diversité de formes jusqu'alors inconnues, et fournit partout aux herbivores une abondante nourriture.

Cependant la condensation du soleil se poursuit et, avec elle, le refroidissement des extrémités polaires. A ce moment, alors que le soulèvement des grandes chaînes vient d'élever dans les hautes régions de puissants instruments de condensation, un ensemble de circonstances que nous avons cherché à expliquer imprime, dans des latitudes tempérées, une activité extraordinaire aux précipitations atmosphériques. C'est rère des glaciers et des grands cours d'eau, où les vallées se déblayent, où les fertiles alluvions se déposent, où les torrents, faisant l'office de pionniers et de mineurs, non seulement rendent les montagnes accessibles jusqu'à leur centre, mais stratifient, à la base de leurs déjections, les métaux précieux arrachés au quartz des filons. L'homme peut venir : la terre est mûre pour le recevoir! c'est à lui désormais de reconnaître et de mettre à profit .toutes ces richesses, si libéralement accumulées pour ses besoins, avec une prévoyance qui rend d'autant plus étroit pour lui le devoir d'en bien user.

TABLEAU RESUME DES PÉRIODES GÉOLOGIQTlES

fjl

Plissements

du

massif calédonien

et des Ardennes.

Ridement

du Hainaut.

Plia hercyniens.

Invasion marine dans le golfe anglo-parisiea.

Émereion progressive du

bassin anglo-parision.

RÈGNE DES ACROGÈNES

ET DES GYMNOSPERMES

RÈGNE ^ DES CYCADÉES

PREMIÈRES ANGIOSPERMES

si

as

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