ACTION DE L'ATMOSPHÈRE
DésaiH^égation des roches. Dunes. — Soi^s rinfluence des variations de la température et, mieux encore, par suite des alternatives de sécheresse et d'humidité, la surface du sol, même lorsqu'elle est rocheuse, se désagrège, éclate et se réduit en menus fragments, que le vent devient capable de déplacer. Quand ces fragments sont formés d'une matière suffisamment dure pour pouvoir, au delà d'un certain degré de division, résister à l'usure (ce qui est le cas des sables à grains de quartz), les courants atmosphériques les ballottent, jusqu'à ce qu'ils les aient amoncelés dans des vallées ou des dépressions à fond plat. A partir de ce moment, si le climat est assez sec pour que la pluie ne les entraîne pas, le vent se contente de remanier la superficie de ces accumulations, en y faisant naître une multitude de monticules instables qu'on appelle des dunes. Dans le Sahara, les dunes peuvent atteindre 200 mètres de hauteur et leur mobilité est justement redoutée parles caravanes. Les sables y sont siliceux et d'un grain remarblement uniforme.
Les plateaux sur lesquels les grains quartzeux doivent cheminer, avant d'arriver aux dunes, prennent un poli caractérisé ; dans les défilés, le sable en mouvement burine les roches et parvient à y creuser de vrais sillons, même des trous cylindriques.
Dunes maritimes. — Des dunes se forment aussi sur les rivages de la mer, quand la côte est plate, que le jeu de la marée est sensible et que le vent du large soulève les sables de la plage, desséchés à mer basse par les rayons du soleil, pour les accumuler en monticules à la faveur du moindre obstacle.
Il peut sembler, au premier abord, que ces dunes maritimes échappent à la formule générale de la dynamique externe; car elles résultent d'un travail opposé à Faction de la pesanteur. Mais, d'une part, le déplacement que subissent les sables, soit en distance, soit en hauteur, est toujours peu considérable et, d'autre part, ce qu'il importe de ne pas méconnaître, c'est le rôle protecteur que jouent les barrières de sable, en limitant l'action de la vague et en empêchant la mer de pénétrer, lors des grandes marées, sur la portion de l'ancien rivage abritée par ce cordon littoral de dunes. Cette portion, auparavant exposée à d'incessants remaniements, est désormais défendue contre toute destruction. Son sol se consolide; ses dépressions se comblent et se colmatent peu à peu par l'apport des cours d'eau voisins, et ainsi la terre ferme, c'està-dire l'élément stable, reçoit un nouvel accroissement, profitable à la cause générale de l'équilibre.
Lorsque les dunes maritimes ont atteint une hauteur assez grande pour que la force du vent ne permette plus aux grains de sable d'en franchir la crête, elles deviennent à peu près stables et peuvent être définitivement fixées par la végétation. Le phénomèifie des dunes n'est donc pas permanent et son développement, en chaque point, dépend du temps qui a pu s'écouler depuis l'établissement des rapports actuels de la terre ferme et de l'océan.
En outre il convient de remarquer que les dunes, maritimes ou continentales, étant l'œuvre du vent, leur formation est nécessairement intermittente ; car une seule tempête peut y apporter plus de changements qu'une longue suite de jours ordinaires.