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ACTION DES EAUX METEORIQUES

sulfate de chaux, chlorure de sodium (sel marin), chlorures et bromures de potassium et de magnésium, qu*elles peuvent abandonner en s'évaporant, sont aussi capables d'attaquer en partie les roches qui subissent une trituration dans leur sein, et de se charger ainsi de carbonate de chaux ou de silicates alcalins. De là résultent des dépôts chimiques.

Action des eaux météoriques. -— L'eau de pluie ou eaa météorique étant toujours chargée d'oxygène, son rôle principal consiste à oxyder les roches qu'elle traverse. Cet effet est surtout sensible sur les terrains qui contiennent du fer, et qui prennent, par la suroxydation de cet élément, une teinte rouge ou brune caractéristique.

Les calcaires sont attaqués par l'eau de pluie, à la faveur de l'acide carbonique qu'elle contient. Sous cette influence, les fentes naturelles du terrain s'élargissent par corrosion des parois. En débouchant à l'air, les eaux qui tiennent du calcaire en dissolution l'abandonnent par évaporation et ainsi se forment, surtout par incrustation progressive autour des mousses qui garnissent l'orifice des suintements, des tujs^ tantôt terreux, tantôt compacts, avec coquilles d'animaux terrestres.

Quand l'évaporation des eaux calcaires est très lente, ce qui a lieu sur les parois des grottes et autres cavités, il se fait un dépôt concrétionné de carbonate de chaux, qui, en s'accroissant par couches concentriques, donne naissance aux incrustations connues sous les noms de stalactites et de stalagmites. Descendant de la voûte en pendentifs et en colonnes, ces incrustations, chaque jour accrues par de nouveaux suintements, forment sur le sol des grottes des planchers stalagmitiques, où sont empâtés les ossements et les déjections des animaux qui fréquentaient les cavernes.

L'activité de l'accroissement de ces revêtements est en rapport avec la puissance des infiltrations, c'est-à-dire avec l'abondance des pluies, et peut être entièrement entravée, soit par la gelée, soit par l'établissement d'un régime sec. Dans toutes les grottes renommées pour leurs ornements stalagmitiques (et dont quelques-unes sont encore parcourues par des cours d'eau souterrains), non seulement la majeure partie "des

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incrustations est de très ancienne date, mais encore sa formation remonte certainement à une époque où l'humidité était beaucoup plus abondante qu'aujourd'hui.

Les roches granitiques elles-mêmes, malgré leur dureté et le peu de solubilité de leurs minéraux, n'échappent pas à Tactiori prolongée des eaux météoriques. Peu à peu les silicates alcalins qu'elles renfermaient sont entraînés, laissant un résidu argileux, analogue au Kaolin ou terre à porcelaine. En même temps la roche perd sa cohésion et se tranforme à la surface en un sable grossier meuble, qualifié d'arène. C'est surtout dans les régions tropicales, exposées à des pluies abondantes et chaudes, que cette altération des roches cristallines se produit sur une grande échelle. Elle engendre un dépôt superficiel très ferrugineux, qualifié de latérite.

Beaucoup de granités contenant des parties plus dures et plus résistantes que le reste de la masse, le progrès de l'altération à l'air isole ces parties sous la forme de gros blocs généralement arrbndis. Il en résulte parfois des apparences bizarres, notamment des superpositions de rochers en équilibre instable, où l'imagination populaire aime à reconnaître l'intervention des géants; tandis que la situation des blocs résulte simplement de ce que les eaux courantes ont enlevé peu à peu l'arène meuble au milieu de laquelle les parties dures étaient disséminées. Ces apparences sont donc un effet combiné de l'action chimique et du ruissellement.

Action de l'eau de mer. — Les eaux courantes enlèvent chaque année à la terre ferme, par simple dissolution, et amènent dans la mer, une proportion de matières minérales qui paraît n'être pas beaucoup inférieure à cinq kilomètres cubes. De ces substances dissoutes, les carbonates de chaux et de magnésie forment à eux seuls la moitié, et un dixième revient à la silice. Un autre dixième appartient aux sulfates de chaux, de soude et de potasse. La mer subirait donc un enrichissement continuel de ces matières, si quelques causes ne venaient contre-balancer l'effet d'un tel apport. La première de ces causes est l'évaporation dans les lagunes des pays chauds.

L'évaporation naturelle de l'eau de mer a pour conséquence

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