VOLCANS. IRRUPTIONS
terre ferme et plus ou moins disloqués. Il faut donc qu'une cause soit intervenue pour troubler les états d'équilibre qui tendaient à s'établir.
Cette cause, qui agit encore manifestement de nos jours, a son siège dans les profondeurs du globe terrestre. Comme la dynamique externe consistait dans l'action des fluides extérieurs sur l'écorce, le principe nouveau dont l'analyse va nous occuper est l'effort que cette même écorce subit par suite de l'existence de fluides intérieurs, effort qui a pour résultat de modifier l'assiette et le relief de la terre ferme, ravivant sans cesse l'activité, prête à s'endormir, des puissances externes. Enfin, de même que le principe des phénomènes extérieurs est la chaleur solaire, de môme la source d'où dérivent les actions internes est V énergie calorifique propre au globe terrestre. La manifestation le mieux caractérisée de cette énergie s'ofifrant à nous sous la forme des phénomènes volcaniques j c'est par là que nous en aborderons l'examen.
Volcans. Éruptions. — Un volcan est un appareil par lequel la surface du globe est mise en communication, d'une manière continue ou intermittente, avec les matières ignées situées au-dessous de l'écorce, ou, pour mieux dire, avec les réservoirs d'énergie qu'abrite cette écorce.
Les volcans peuvent offrir des formes très variées; mais leur type le plus normal comporte une cheminée, ou canal d'ascension, qui vient déboucher, par une ouverture en forme de coupe ou cratère, au sommet d'une montagne conique. L'existence du foyer interne se traduit au sommet de la montagne par un dégagement de gaz, formant le panache de fumée, caractéristique des volcans actifs.
En temps ordinaire, le dégagement des fumées n'est accompagné que par d'insignifiantes explosions. Mais de temps à autre surviennent des éruptions violentes ou paroxysmes volcaniques. Tout d'abord, après quelques grondements préliminaires du sol, une colonne de vapeur d'eau s'élance verticalement avec une grande vitesse, jusqu'à une hauteur capable de dépasser onze mille mètres, entraînant avec elle des pierres et des cendres, qui retombent à droite et à gauche. Cette colonne est formée d'une rapide succession de nuages blancs ou gris,
qui montent Tun après Tautre vers le ciel, et dont chacun est le produit d'une explosion interne. Cette poussée gazeuse annonce toujours la montée de la lave dans la cheminée, et les cendres . qu'elle entraîne ne sont autre chose que des fragments de la masse liquide, pulvérisée par Texpansion des vapeurs qui Font traversée. Entre les cendres et les nuages de vapeur d'eau, il se fait un échange constant d'électricité, sous la forme d'éclairs.
A la suite de cette grande manifestation explosive, la lave atteint le sommet du volcan. Alors, ou bien elle se déverse par-dessus le cratère, ou, ce qui est le cas le plus fréquent, la
Fig. 14. — Le Vésuve en juillet 1895 (d'après un croquis de M. Heim).
pression de la colonne ignée disloque le cône, formé de matériaux peu consistants, et y ouvre une fente, pour mieux dire une zone de crevasses, par où la coulée trouve une issue (fig. 14). Dans ce dernier cas, il se forme sur la fente plusieurs centres secondaires d'éruption, dont chacun projette, pendant quelques heures ou quelques jours, des cendres et des scories. L'accumulation de ces débris édifie des cônes adventifs, pouvant atteindre jusqu'à 300 mètres dé hauteur.
Émission des laves. — Le fait capital des éruptions volcaniques est la sortie des laves. On appelle ainsi des coulées de matières fondues, de composition très variable, mais qui toutes sont formées de silicates^ c'est-à-dire de substances analogues à celles qui constituent les laitiers de hauts fourneaux et les scories de forge. La silice y est unie au fer, à la