COULÉES DE LAVES
magnésie, à la chaux, à Talumine et à des alcalis. Les coulées, en se refroidissant, donnent naissance à des roches solides.
Il y a des laves légères, riches en silice, et des laves lourdes, chargées d'éléments ferrugineux ; quelques-unes sont très fluides et d'autres seulement pâteuses.* Tantôt le refroidissement donne une roche compacte (laves lithoïdes) ou une roche vitreuse (laves vitreuses, obsidiennes) tout à fait analogue au verre à bouteilles; tantôt la lave solide est- entièrement cristallisée ou montre des cristaux nets qui se détachent sur une pâte compacte. D'autres fois elle est parsemée de cavités dues à l'échappement des gaz (laves scoriacées, laves celluleuses, laves amygdaloïdes).
Les laves vitreuses se solidifient à la manière des laitiers de forge, en replis ondulés (laves cordées). Les laves peu fusibles se couvrent, dès leur arrivée à l'air, d'une croûte de scories incohérentes, qu'elles poussent devant elles en les heurtant les unes contre les autres, à mesure que le front dé la coulée progresse, et qui donnent à la surface cet aspect raboteux et hérissé, si caractéristique descheires d'Auvergne.
Vitesse, température et dimensions des coulées. — La vitesse de progression des coulées de lave est extrêmement variable. Tandis que les laves remarquablement fluides des îles Sandwich parcourent plusieurs mètres par seconde, la vitesse des coulées du Vésuve varie ordinairement entre 2 mètres et 1 centimètre dans le même temps.
La température des laves liquides est considérable et dépasse certainement mille degrés. Cependant leur action calorifique ne s'étend pas au delà d'un rayon très restreint et il en est qui, débouchant dans un bois de sapins, se sont contentées de carboniser les troncs, en se moulant autour de l'écorce dont elles conservaient l'empreinte. Oh a vu, à l'Etna, des laves couler, sans les fondre, par-dessus des champs de neige, dont les séparait seulement une couche de petites pierres et de cendres. Ce fait est remarquable et rien ne démontre mieux la faible conductibilité des roches que cette impuissance calorifique des laves, comparée à leur énorme température.
L'une des plus grandes coulées des temps modernes est celle qui s'est échappée en 1855 et 1856 du Mauna Loa aux îles Sandwich. Elle avait 100 kilomètres de long, 4 800 mètres de largeur moyenne et, en certains points, jusqu'à 108 mètres d'épaisseur. Au Vésuve, la coulée de 1794 représentait plus de 23 millions de mètres cubes. A l'île Bourbon, on a observé des coulées de 68 et même de 86 millions de mètres cubes.
Relation des laves et des débris projetés. — Les pierres projetées par les volcans sont, ou bien des débris du cdne terminal, plus ou moins démoli par chaque explosion partielle, ou des morceaux de la croûte de scories qui recouvrait la lave dans le cratère, ou des fragments de la lave visqueuse qui remplit la cheminée de certains volcans d'une -^orte de pâte semi-fluide, ou enfin ce qu'on appelle improprement des cendres, qui ne sont autre chose que de la lave solidifiée dans un grand état de division. Dans ce dernier cas, c'est la vapeur d'eau qui, en faisant explosion à travers la masse fondue, la réduit en gouttelettes ; celles-ci, rapidement solidifiées à l'air, prennent, si la lave est vitreuse, cet état particulier qui caractérise les gouttes de verre fondu, brusquement refroidies par immersion, et qui les prédispose à éclater en menus fragments esquilleux. Les dimensions minimes de ces fragments et la force prodigieuse avec laquelle ils sont projetés leur permettent d'arriver dans les hautes régions de l'atmosphère, où les courants les emportent et leur font parcourir des espaces considérables.
Avec les laves très chargées de silice, les explosions de vapeur donnent naissance à des projections de pierre ponce, essentiellement poreuse et légère.
Formation des cratères. — Nous avons dit que la cheminée par laquelle ont lieu les projections principales et l'ascension des laves se termine ordinairement par un cratère. C'est une ouverture à peu près circulaire, qui, en général, tronque le cône de débris construit par le volcan lui-même à l'aide des matériaux rejetés. Ces matériaux, en effet, retombant autour de l'ouverture, y font naître une montagne conique, ordinairement très régulière, constituée de couches successives inclinées en moyenne de 35 à 10 degrés, et incessamment remaniée,