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SOURCES THERMALES

plutôt en évidence cette tendance générale au repos, que nous avons tant de fois signalée.

Geysers calcaires. Travertins. — Si le phénomène physique des geysers est indépendant de la nature du terrain traversé par les émanations, il n'en est pas de même du phénomène chimique. Lorsque la roche encaissante est un calcaire, c'est du carbonate de chaux que les eaux lui enlèvent, à la faveur de Tacide carbonique, et qu'elles vont déposer ensuite à leurs points d'émergence. Ainsi se forment, sur les bords du Yellowstone, de vrais geysers calcaires.

Dans la même famille, mais avec une moindre violence des émissions, doivent être rangées ces sources chaudes, en relation évidente avec l'action volcanique, qui, en déposant à l'air, surtout dans les cascades, le calcaire dont elles étaient chargées, donnent naissance à des dépôts concrétionnés de tuf dit travertin. Les travertins les plus connus sont ceux de Tivoli, en Italie, ceux des anciens bains d'Hiérapolis, près de Smyrne (fig. 22), enfin les dépôts formés à Clermont-Ferrand par la fontaine incrustante de Saint-Alyre, dernier écho d'une activité volcanique depuis longtemps endormie.

Sources thenuominôrales. — Après avoir passé des volcans aux solfatares, de celles-ci aux jets de vapeur et de ces derniers aux sources bouillantes, descendons encore d'un degré sous le rapport de l'énergie des émissions. Nous arriverons à une catégorie de dégagements, dont la liaison avec le volcanisme pourrait facilement échapper, si toute une série de types intermédiaires n'établissait une chaîne continue entre les deux ordres de faits. Nous voulons parler des sources thermales ou thermominérales, qui sortent en divers points, parfois avec une pression notable et une température assez élevée, entraînant en dissolution certains principes actifs, tels que des chlorures et des sulfates. Plusieurs de ces émanations sont d'ailleurs caractérisées par le rythme spécial, c'est-à-dire la périodicité, qui préside aux manifestations de leur activité, ce qui les rapproche des solfatares et des volcans.

Toutes ces sources se font jour par des fentes bien déterminées de Técorce et ne se trouvent que dans les régions particulièrement disloquées, où elles forment souvent des groupes

alignés. Si quelques-unes, comme celles de Plombières, sont assez éloignées de tout centre volcanique, même éteint, d'autres, telles que les sources de Vichy, de Royat, du Mont- Dore, de la Bourboule, etc., se relient sans doute possible à l'ancienne activité éruptive du Plateau Central de la France. Enfin il est des cas, comme au Sulphur Bank de Californie, où l'on peut s'assurer que les dégagements thermominéraux représentent l'état actuel d'une ancienne solfatare. En ce point, au-dessous d'une coulée de lave en partie décomposée,

Fig. 22.— Les terrasses calcaires Uo travertin crUicrapoliî

que recouvre une couche de soufre natif, on voit dans les profondeurs les fissures du terrain parcourues par des eaux chaudes ascendantes^ qui contiennent une forte proportion de sulfures alcalins, avec un excès d'acide carbonique et d'hydrogène sulfuré. Ces eaux déposent du cinabre^ c'est-à-dire du sulfure de mercure, ainsi que de la silice. Une certaine quantité d'huile minérale n'y fait jamais défaut.

Ces observations présentent une extrême importance, en permettant de prendre, en quelque sorte, sur le fait, la formation des minéraux métalliques sulfurés, au sein d'un milieu réducteur (puisque les hydrocarbures s'y rencontrent). On voit que ces minéraux émanent d'un foyer profond, certaine-

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ment volcanique dans Torigine, et qu'ils arrivent à la faveur de dissolutions, attaquant leurs canaux d'ascension pour y déposer plus haut, quand la pression et la température sont moindres, avec les sulfures métalliques, les gangues^ telles que la silice, qui proviennent delà décomposition du terrain traversé.

Salses. Mofettes. — Toutes les émanations dont nous avons parlé jusqu'ici sont chaudes et ne contiennent guère que des substances oxydées. Celles qu'il nous reste à mentionner sont plutôt froides (quoique souvent à une température supérieure à celle du terrain encaissant) et caractérisées par la présence constante des hydrocarbures gazeux ou liquides.

Le type en est fourni par les salses ou volcans de boue, petites éminences cratériformes, d'où «'échappe, parfois avec projections violentes, une boue salée, traversée par des bulles de gaz hydrocarbonés. Certaines salses, comme celles de Bakou, sur la Caspienne, donnent lieu à une ai)ondante récolte de pétrole. D'autres fournissent des jets de gaz susceptibles de s'enflammer à l'air, en formant des fontaines ardentes ou terrains ardents, La mer Morte paraît être une ancienne salse, où les dégagements d'hydrocarbures se font jour encore à l'état de bitume. S'il y a des salses qui se contentent de distiller des matières organiques renfermées dans l'écorce sédimentaire, beaucoup d'autres sont certainement de nature volcanique, comme les volcans de boue qui se sont formés en divers points après l'éruption de 1902 à la Martinique.

D'autres émanations froides, caractéristiques des régions où l'activité volcanique est depuis longtemps éteinte, comme l'Ëifel et les bords du Rhin, sont les Mofettes ou exhalaisons d'acide carbonique. On en compte plus de mille dans la région rhénane, et, quand le gaz se dégage dans l'eau, il en résulte des sources d'eau gazeuse comme celle de Selters.

On peut penser que les mofettes sont le produit de l'action oxydante de l'air sur des émanations d'hydrocarbures, ce qui les rattacherait étroitement aux salses en faisant, des unes et des autres, le dernier terme de la décroissance des manifestations éruptives.

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