‹ Abrégé de géologieChapitre 57 sur 175 · FORMATIONS MASSIVES. TERRAINS DISLOQUES · texte numérisé non relu

FORMATIONS MASSIVES. TERRAINS DISLOQUES

Exemples de formationa massiyes. — L*allure des formations massives s'observe bien dans le Plateau Central de la France, notamment dans les profondes tranchées par lesquelles la voie ferrée d'Eymoutiers à Meymac traverse le noyau granitique de Millevaches en Limousin. Dans la roche, tantôt compacte, tantôt ameublie et transformée en arène d'un rose vif, on voit miroiter au soleil les paillettes de mica argentin, ainsi que les lamelles cristallines rosées du feldspath orthose et parfois les prismes noirs de tourmaline. Quelques veines, mieux cristallisées que le reste, serpentent à travers la masse et celle-ci est recoupée de temps à autre par des filons presque verticaux d'une roche verte compacte, également cristalline, ainsi que par des veines d'une roche pourrie, que des etïlores-

Fig. 35. — Coaches plissées dans une close du Jura bernois.

cences jaunâtres font reconnaître pour des têtes d'affleurement de filons à minéraux sulfurés.

Rien, dans ce massif aux formes extérieures remarquablement arrondies, ne trahit une stratificajtion quelconque. Mais à peine est-on entré dans le plateau que domine ce noyau de granité, qu'on voit apparaître des schistes régulièrement feuilletés, au milieu desquels des veines de la roche granitique précédente sont injectées en divers points, tranchant par leur couleur claire et rose sur la masse sombre des schistes.

Terrains disloqués. — A côté de ces deux types bien nets, formations sédimentaires en couches horizontales et formations massives à éléments cristallisés, la visite des pays disloqués, comme le Jura (fig. 25), nous en offre un autre, caractérisé par l'inclinaison et le contournement des strates. Là, des couches de calcaires, de marnes, d'argiles, en tout semblables à celles des pays à stratification régulière, se

montrent inclinées, ondulées en de nombreux replis, parfois renversées, fréquemment entrecoupées de cassures.

Il est visible que ce sont là de véritables sédiments, origi« nairement disposés en couches horizontales, mais dérangés plus tard de leur position primitive par les mouvements de Técorce qui ont donné naissance aux montagnes.

Définition des types de formations. — Ces constatations suffisent pour nous faire reconnaître, dans l'état présent de Técorce terrestre, le résultat du concours de trois ordres distincts de phénomènes : les phénomènes sédimentaires, par le jeu desquels s'est constituée, le long des anciens rivages, sous l'influence combinée de la chaleur solaire et de la pesanteur, une série de couches stratifiées, superposées par rang d'âge; les phénomènes éruptifs, dont l'efTet a été d'injecter à plusieurs reprises dans l'écorce ou de faire épancher à sa surface des matières fondues, formant par leur consolidation des roches cristallines; enfin les phénomènes orogéniques qui, en dérangeant périodiquement l'assiette de la croûte, ont, à diverses reprises, modifié la géographie du globe et ravivé l'activité de la sédimentation.

Pour déterminer lesquels de ces phénomènes sont intervenus dans la formation d'une masse minérale donnée, deux sortes d'observations sont nécessaires : celles qui ont pour objet de définir la nature même de la masse, et celles qui permettent de dire à quel type de structure générale elle obéit. La lithologie ou pétrographie répond aux premiers de ces besoins; la stratigraphie satisfait au second.

Page 1