‹ Abrégé de géologieChapitre 59 sur 175 · ÉLÉMENTS DES ROCHES ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DES ROCHES ÉRUPTIVES

à-dire à la première croûte qui a dû se former à la surface du globe originairement fluide, ou bien aux roches massives qui, à diverses reprises, se sont fait jour à travers les fissures de Técorce.

D'ailleurs les roches de la croûte primitive, si tant est qu'on les connaisse avec certitude, ne différaient des plus anciennes roches massives que par un arrangement particulier des éléments, trahissant un caractère mixte et sur lequel nous reviendrons plus loin. Telle est la raison pour laquelle ce court aperçu lithologique débutera par les roches éruptives, produits directs de l'activité interne.

Éléments des roches émptlTeB. — Toutes les roches éruptives proviennent de la partie superficielle du noyau igné, dont on peut dire qu'elles ont constitué l'écume. La grande densité moyenne du globe, supérieure à deux fois celle de la moyenne des roches de la terre ferme, et l'intensité des phénomènes magnétiques à sa surface, nous engagent à considérer le noyau interne comme formé par une masse métallique, où le fer domine.

On comprend que l'écume d'un tel noyau doive comprendre les plus légers et en même temps les plus réfractaires parmi les produits de son oxydation. C'est pourquoi, de même que, dans l'affinage de la fonte de fer, on voit flotter, à la surface du bain métallique, des scories qui résultent de l'union du fer avec la silice ou acide siliciqae; de même aussi que, dans la fabrication de la fonte, la partie supérieure du bain est occupée par des laitiers, qui ne sant autres que des combinaisons de silice avec la chaax employée comme fondant, l'oxyde de fer et divers autres produits ; ainsi toutes les roches éruptives sont, en majeure partie, formées de silicates. Ce sont des combinaisons de la silice ou acide silicique avec divers oxydes métalliques. Parmi ceux-ci figurent les oxydes des métaux légers, aluminium, potassium, sodium, calcium, lesquels, amenés les premiers à la surface à cause de la faiblesse de leur poids spécifique, ont naturellement dû se brûler à l'air en formant des oxydes, alumine, alcalis (potasse et soude), chaux. En outre, le fer et le magnésium, arrivant d'une profondeur un peu plus grande, sont venus se joindre

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(mélange de quartz et de silice fibreuse ou concrétionnée), enfin sous celle d'opale (silice gélatineuse), combinée avec de l'eau.

Par le fait, l'élément blanc est toujours plus riche en silice que Félément foncé. Il en résulte que les roches où il prédomine sont à la fois claires et légères, leur poids spécifique oscillant entre 2,6 et 2,7. D'autre part, comme la silice joue dans les combinaisons minérales le rôle d'un acide, on peut aussi les qualifier de roches acides. Une roche est franchement acide quand la proportion de silice y dépasse ce qui peut former un feldspath alcalin, c'est-à-dire 68 ou 69 p. 100.

Par opposition aux précédentes, les roches où prévaut l'élément ferro-magnésien sont à la fois foncées, lourdes et basiques. La proportion de silice combinée n'y atteint jamais 50 p. 100; le poids spécifique varie de 2,9 à 3,1. La couleur est d'un vert noirâtre. Tandis que, dans les roches acides, l'oxyde de fer se présente surtout au degré supérieur d'oxydation, en petits points de fer oligiste^ disséminés au milieu du feldspath auquel ils communiquent une couleur rougeâtre, on voit, dans les roches basiques, de nombreux grains noirs, attirables à l'aimant, de fer oxydulé magnétiquey parfois même du/er natif, et souvent de la pyrite ou fer sulfuré.

La transition est absolument continue des roches acides aux roches basiques. Entre les types extrêmes se placent les roches qu'on pourrait appeler intermédiaires ou neutres, celles où la silice n'est jamais en excès, variant de 50 à 65 p. 100, et où le poids spécifique va de 2,7 à 2,9. Mais cette classe, impossible à délimiter, ne saurait former une famille naturelle.

Origine probable des diverses catégories. Influence de certains éléments. — Longtemps il a paru naturel d'imaginer que les diverses catégories de roches éruptives, selon qu'elles étaient plus ou moins basiques, devaient provenir de zones inégalement profondes appartenant à la périphérie silicatée du noyau igné. En effet les roches basiques, par leur teinte foncée, leur richesse en fer magnétique ou en sulfure de fer, témoignent que l'oxydation directe a eu peu de part à leur formation. Ce serait une raison d'y voir des produits plus voi-

oniOlNE DES HOCHES ili

sins que les autres du noyau métallique, où on a tout lieu de penser que les influences réductrices sont prédominantes.

Cependant cette conclusion ne saurait être admise dans tous les cas sans réserve. En effet, de même que, dans une roche acide donnée, il se sépare à la fois des minéraux clairs ou acides et des minéraux foncés ou basiques, de même on conçoit que l'élaboration naturelle d*un magma silicate puisse, selon les temps et les circonstances, donner des produits différents. Il s'accomplirait ainsi dans son sein quelque chose d'analogue à la liqaation qui, dans un mélange de métaux fondus, détermine la séparation successive de plusieurs alliages distincts. C'est ce qu'on nomme la différenciation des magmas.

Pour ce motif, il ne faut pas voir dans les diverses roches éruptives des espèces vraiment différentes et tranchées, comme sont les minéraux individuels qui les constituent, mais seulement des types variables, et susceptibles d'offrir entre eux toutes les transitions possibles. D'ailleurs, bon nombre de ces roches ont dû subir, postérieurement à leur consolidation, des modifications capables d'en altérer plus ou moins la constitution originelle.

Mais à travers la diversité qui peut résulter de la composition minéralogique, on remarque, chez les roches acides et neutres, une tendance à se grouper en familles naturelles, suivant que l'alcali dominant y est formé par la potasse ou par la soude.

L'expérience montre que quand la proportion de chaux dépasse celle des alcalis, la teneur en silice d'une roche s'abaisse au-dessous de 67 p. 100; elle descend plus bas que 50 p. 100 quand c'est la magnésie qui l'emporte sur la chaux, auquel cas, du même coup, l'alumine et les alcalis tendent vers zéro.

Rôle du silicium et du carbone. — Avant d'aller plus loin, il convient d'arrêter un moment notre attention sur le rôle comparé du silicium et du carbone dans l'écorce terrestre. Ces deux éléments, que les chimistes ont de tout temps classés dans la même famille naturelle et qui, Pun et l'autre, ont la propriété d'affecter trois états distincts, définis par le charbon

NOTIONS GÉNÉRALES SUR l'ÉCORCE

amorphe, le graphite et le diamant, sont vraisemblablement mélangés, d'une manière intime, avec le fer qui paraît constituer la masse du noyau interne. Mais dès leur arrivée à la surface, ils se séparent en s'oxydant, et tandis que Tun forme la base de l'écume réfractaire qui va devenir Técorce solide, caractérisée par sa stabilité mécanique et chimique, Tautre sera Faliment essentiel de la vie, dont il favorisera par sa mobilité les perpétuelles transformations. Il est intéressant de voir ces deux rôles opposés remplis par deux corps aussi étroitement alliés Fun à l'autre en raison de l'ensemble de leurs propriétés.

Types de texture. — • Une matière fluide de composition donnée engendre des roches très différentes, suivant la manière

Fig. 26. — Texture granitique (du granité égyptien). — Les surfaces couverte» de hachures fines représentent le quartz ; le mica est figuré en noir; le re&te correspond au feldspath.

dont se fait sa solidification et suivant la part plus ou moins grande que les dissolvants ypeuxeni prendre. Tantôt la cristallisation est complète, comme dans le granité ; c'est l'état granitoïde; tantôt la plus grande partie de la matière demeure amorphe à la façon du verre : c'est l'état vitreux des verres naturels ou obsidiennes; tantôt enfin des minéraux nettement cristallisés coexistent avec une pâte amorphe et vitreuse, comme dans les trachytes : c'est l'état trachytoïde.

Chacun de ces états est lui-même susceptible de variétés qui se traduisent extérieurement par le grain de la roche ou sa texture. Ainsi on distingue la texture granitique (fïg. 26),

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