ORIGINE DES ROCHES
OÙ tous les éléments, largement et également cristallisés, se voient sans peine à ToBil nu : la texture porphyrique (flg. 27),
Fïg. 27. — Texture porphyriqae du porphyre diabasiquo des Vosges,
OÙ des cristaux bien développés semblent nager, en quelque sorte, au sein d'une pâte à grain plus ou moins fin; et la texture compacte, caractérisée par Textrême finesse du grain, qui ne devient discernable qu'avec le secours du microscope. Sigmfioation de la textu^. Cnstallisation intratellurique, — Le microscope révèle aussi dans les roches porphyriques ou compactes des différences fondamentales, suivant que la pâte, vue sous un grossissement convenable, se résout en individus cristallins distincts
/fia 2R\ ou bien en Fig. 28. -Porphyre quartzifère à pâte de microgra- (ng. 48), OU Dien en ^^^.^^ (gronulophyre). - l, quarti; 2, feldspath petits cristaux mal oligoclase } 3, mica (grossissement : 80 diamètres), formés et allongés,
dit inicrolithes (fig. 29), ou encore laisse voir une quantité plus ou moins considérable de matière vitreuse, c'est-à-dire non cristallisée.
DE LAPPARENT. — ADRÉOé, 6» ÉDIT. O
NOTIONS OISnÉRALES SUR L^ÉGORCE
Fig. 29. — Microlithcs de feldspath dans la p&te d'une porphyrite.
Or ces différences de texture portent avec elles leur enseignement. Ainsi, dans le granité, il est visible qu'il y a eu succession régulière dans la formation des divers éléments minéraux. Le mica s*est séparé le premier. Autour de lui se sont développés les cristaux de feldspath, et enfin la liqueur s'est trouvée ne plus contenir que de la silice, laquelle, sans doute à cause du lent départ des dissolvants qui la maintenaient à Tétat liquide, s*est isolée sous forme de quartz.
Aussi ce quartz a-t-il dû se mouler, comme une matière plastique, sur les faces déjà formées des précédents cristaux, sans pouvoir prendre les formes cristallines qui lui sont propres. Cette série de cristallisations a été, en général, régulière et ininterrompue. Quelque temps qu'elle ait embrassé, elle n'a pas subi de trouble ni d'arrêt. Enfin, chose remarquable, les lois de la chimie y sont seules intervenues; car, dans le granité, les minéraux les moins fusibles paraissent être précisément ceux qui sont restés le plus longtemps à l'état liquide.
Or l'expérience des laboratoires indique que de telles conditions n'ont pu être réalisées que dans une masse riche en dissolvants et soumise à une pression énergique, en même temps qu'à un refroidissement très lent; et l'observation géologique est d'accord avec cette conclusion ; car elle nous apprend que la plupart des granités n* ont jamais dû voir le jour, et représentent des masses injectées dans les crevasses et surtout dans les plis de l'écorce, sans avoir pu parvenir jusqu'à la surface. Ce sont donc, comme l'a défini M. Rosenbùsch, des roches de cristallisation intratellurique.
Roches à plusieurs stades de consolidation. — Au contraire, dans les porphyres, la pâte se résout souvent, au microscope, en cristaux de même nature, mais plus petits, que ceux qui se détachent à l'œil nu sur cette pâte. Il y a donc eu deux générations bien distinctes de la même espèce minérale.