LE DÉVONIEN MOYEN EN EUROPE
Caire noduleux à trilobites et goniatites, que surmonte un givétien schisteux à stringocéphales.
En Pologne, Teifélien inférieur est encore littoral : c'est un grès avec ossements de poissons, notamment de Coccosteus, qui se retrouve dans toutes les provinces baltiques. Mais l'invasion marine se prononce ensuite, amenant des calcaires à calcéoles et des dolomies. Sur une grande partie de la Russie, les calcaires givétiens à Spirifer Anosoffi alternent encore avec des grès ou des marnes à Coccosteus, Il faut aller dans l'Oural pour voir se fixer le faciès franchement marin, dans les dolomies et les calcaires à stringocéphales de l'Oural méridional.
Europe occidentale. Régions méditerranéennes. — Le Boulonnais, comme le bassin de Namur, n'a été envahi par la mer qu'à l'époque eifélienne, de sorte que les schistes gothlandiens à graptolithes y supportent directement les schistes rouges et poudingues de Gafflers, équivalent probable du poudingue de Pairy-Bonny. Le caractère littoral de cette assise est affirmé par le grès à végétaux terrestres {Lepidodendron) qui la surmonte.
Là, comme au nord de Namur, la sédimentation calcaire a repris ensuite, en déposant le calcaire de Blacourt à Spirigera concentrica.
Il est probable que le dévonien moyen manque dans le nord de l'Angleterre, à moins qu'il ne soit représenté par la partie de Yold red qui renferme le poisson Osteolepis. Mais la formation existe dans le Devonshire et se retrouve en Bretagne, où la grauwacke du Fret et les schistes de Porsguen contiennent les fossiles de l'eifélien. Les calcaires de Montjean, de Chalonnes et de l'Ecochère appartiennent au givétien.
Représenté dans les Pyrénées, en Espagne et aux Baléares, mais sous une forme qui trahit le voisinage des côtes, le dévonien moyen est beaucoup plus pélagique dans les Alpes Carniques, où ses calcaires succèdent sans interruption à ceux des étages inférieurs. Enfin on en retrouve des traces sur le Bosphore.
Asie, Amérique, Afrique. — Assez étendu en Sibérie, où
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sa fauï^e offre des affinités à 1^ fois avec celle de la Russie (dont la mer se reliait alors à la Sibérie par l'Oural et par le Nord) et avec F Amérique du nord, le dévonien moyen, à stringocéphales ou à stromatopores, est connu au Tien Ghan et au Kouenlup, de même qu'en divers points de la Chine et de l'Australie sud-orientale.
En Amérique du Nord, la mer du dévonien moyen s'étendait largement des Appalaches au Pacifique, laissant seulement subsister quelques îles. Sa faune a peu de rapports avec celle 4^ l'Europe, si bien que, sans les goniatites, il serait assez difficile de reconnaître l'équivalence, avec l'eifélien et le givétien, du système formé par le calcaire cornijère, les schistes de Mareellu$ et les schistes d'Hamilton.
La première fougère arbor.escente d'Amériqup a été trouvée dans le cornifère de l'Ohio, et les schistes d'Ifamilton renferment les restes d'une flore terrestre à lépidodendrées, sigillaires et fougères, qui prépare ^avèneI^ent de la flore carboniférienne.
Deux brachiopodes, Vitulina pustulosa et Tropidoleptus carinatusj appartenant aux couches marines de l'assise d'Harailton, sont caractéristiques du dévonien moypn de l'Améfique. On les retrouve au Brésil, epi Bolivie et au Sahara. Mais, dans le Canada et l'Alaska, les affinités de la faune sopt plutôt européennes.
STSTÉSCE DÉyONIEN 30 DÉVONIEN SUPÉRIEUR OU SÉRIE NÉODÉVONIIlNIf É
Données générales sur le dévonien supérieur. — La
géographie de l'époque néodévonienne paraît avoir peu différé, en Europe, de celle du dévonien moyen. Seulement, tandis que, à cette dernière* époque, il y avait eu, en général, progrès continu de la sédimentation calcaire, l'inverse s'est produit avec le dévonien supérieur, presque partout terminé par un épisode schisteux ou arénacé, indice d'un mouvement du sol, favorable à la reprise de l'érosion.
LE DÉVONIBN SUPÉRIEUR ÇN EUROPE 175
Le premier étage, dit frasnien (à cause du calcaire de Frasjie), voi|< apparaître un genre (}e goniatites, Gephyroceras, qui ne lui survivra pas. C'est la zone à Gephyroceras {Manticoceras) intamescens. Un brachiopode, Rhymhoneïla cuboideSy en est également caractéristique.
Avec le second étage ou famennien (de la Famenne en Belgique) se montre une nouvelle famille d^ammonoïdés, exclusivepienjt cantonnée à ce niveau, celle des clyménies, dont les lignes de suture*s sont analogues à celles des goniatites, mais où le siphon est situé du côté interne. En fait de goniatites, le frasnien est la zone à Parqdoceras Verneuili.
Un brachiopode très variable de forme, Spirifer Verneuiliy caractérise tout le dévonien supérieur.
Ardemie, Eifel. — Le . frasnien de FArdenne est un ensemble schisteux avec lentilles calcaires. Celle de Frasne a 600 mètres d'épaisseur. Parfois le calcaire est bigarré de rouge et de vert (rouge de Flandre, marbre de Fromelennes). L'étage se termine par des schistes noirs finement feuilletés.
Le famennien est tantôt purement schisteux {schistes de la Famenne), tantôt arénacé, sous forme de grès micacés ou psammites du Condroz, C'est dans ces psammites qu'apparaissent des fougères des genres Archœopteris et Sphenopteris, qu'on retrouvera dans la flore du carboniférien inférieur. Dans tous les cas, l'étage se termine par une assise de passage, parfois à Tétat calcaire (calcaire d'Etrœungt), où les brachiopodes du dévonien supérieur coexistent avec des formes carbonifériennes.
Le frasnien de l'Eifel est calcarifère à la base et marnoschisteux en haut, où il contient Goniatites (Aganides) retrorsus. Il supporte un famennien schisteux où abonde un petit entomostracé, du genre Cypridina (C. serratostriata).
EurQp0 orientale. — Plus à l'est, en Westphalie, les schistes à cypridines ne forment que le sommet d'une assise schisteuse à nodules calcaires, souvent enlevés par décalcification et produisant une roche trouée (Kramenzel), avec clyménies.
Les deux étages se poursuivent, à travers le Hartz et la Silésie, jusqu'en Pologne, où ils sont beaucoup plus calcaires^
et le faciès calcaire domine exclusivement dans la Russie centrale. Mais les provinces baltiques laissent apercevoir, d'abord le mélange de formations marines avec des grès à poissons, ensuite, dès Saint-Pétersbourg, des grès rouges contenant les poissons de Vold red supérieur d'Ecosse, c'està-dire les genres Holoptychius, Pterichthys, Asterolepis,
Au contraire, dans le dévonien supérieur de l'Oural, à l'état de calcaires marins, se développent les goniatites, Gephyroceras intumescens et Aganides retrorsus, et les clyraénies. La mer était donc de ce côté, s'étendant loin dans l'est et le nord-est, mais n'atteignant pas le Donetz, où se trouvent à ce niveau des grès à flore terrestre.
Europe occidentale. — Il n'y a pas de doutes sur l'attribution au dévonien supérieur de la partie de Vold red écossais formée par les couches d'Elgin, puissantes de 600 mètres, avec poissons {Holoptychius, Pterichthys) et végétaux terrestres. En descendant au Sud, dans le Devonshire, on commence à retrouver les termes marins de la série ardennaise; et en Irlande, une couche gréseuse, celle de Kiltorkan, contient la flore du sommet des psammites du Condroz.
Dans le Boulonnais, le terme principal du frasnien est le calcaire de Ferques, abondant en brachiopodes (Spirifer Verneuili, Productella subaculeata). Mais le famennien ne laisse voir que des schistes rouges et verts, avec psammites rougeâtres contenant des mollusques acéphales du genre Cucullœa (C. Hardingii), Si cette assise est encore marine, du moins elle s'est déposée à faible distance d'un rivage.
Certainement la mer du dévonien moyen s'est étendue sur plusieurs parties de la Bretagne. Dans la rade de Brest, la formation est représentée par des schistes à Rhynchonella cuboîdes, que surmontent les schistes de Rostellec à Cypridines et Parodoceras Verneuili. On doit aussi lui attribuer le calcaire de Gop-Ghoux, près d'Ancenis.
Europe méridionale. — Dans la Montagne Noire, des calcaires à goniatites ferrugineuses [Aganides reirorsus) supportent les marbres griottes o. clyménies, bigarrés de rouge vif et de vert, et ramenant ainsi, dans le midi de la France, un faciès déjà constaté dans l'Ardenne. Les griottes se retrouvent