ÉRUPTIONS PRIMAIRES
granité dit de Vire a été injecté en longues bandes, avant la formation des poudingues pourprés. Cette injection a déterminéy dans les schistes encaissants, un métamorphisme qui en a fait des schistes maclifères, par développement de petits noyaux et même de cristaux de macle. Des faits analogues ont été observés en Alsace et dans bien d'autres contrées.
Éruptions siluriennes. — Le nord du pays de Galles, et spécialement la région du Snowdon, offrent d'incontestables exemples d'éruptions d'âge silurien, représentées par des porphyres, des porphyrites et des tufs^ même des cinérites^ qu'on trouve intercalés au milieu du silurien moyen.
En Bretagne, les assises de Tordovicien supérieur, dans la baie de Douarnenez, présentent de fréquentes intercalations de diabases, accompagnées de brèches et de tufs de projection, il est probable qu'il convient de rapprocher de ces nappes les grands liions de la même roche qui traversent le précambrien du Cotentin, et qu'on suit parfois sur plus de 12 kilomètres. La roche, d'un vert foncé, est compacte et fournit des matériaux recherchés pour l'empierrement.
Ce sont aussi des diabases, en nappes régulières, qui alternent en Bohême avec les premiers sédiments du silurien supérieur, ceux qui contiennent des graptolithes.
Éruptions dévoniennes et carbonifériennes. — Parmi les éruptions dont l'âge dévonien est incontestable, on peut citer les coulées de diabases^ avec tufs^ qu'on observe dans le Nassau et le Hartz, Il est probable que beaucoup de pegmatites et de granulites à tourmaline^ comme celles de Cornouailles en Angleterre et du mont Saint-Michel en France, datent de la même époque, bien que leur formation ait pu se poursuivre jusqu'au début de la période carboniférienne. C'est à cette dernière phase que doivent être rapportés la plupart des porphyres quartzifères ou granophyres de France, notamment ceux de la rade de Brest (dont l'éruption a été presque immédiatement suivie par la sortie de filons de Kersanton), et les porphyres du Morvan, ainsi que ceux du Plateau Central; car toutes ces roches se retrouvent en galets dans les conglomérats du terrain houiller supérieur.
Quant au granité de Flamanville, qui certainement a meta-
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morphosé le dévonien du Gotentiti, son éruption date, ou du dévonien supérieur, ou du carboniférien. '
Les granités postérieurs au silurien abondent en Bretagne. C'est ainsi que les schistes siluriens à calymènes des Salles de Rohan ont été changés eh êchisteé maclifères, contenant de très grands cristaux de macle, par l'influence de massifs granitiques ou granulitiques voisins. Un autre de ces massifs a fait subir le même métamorphisme aux schistes carbonifériens des environs de Carhaix. Le granité qui a produit cette action, celui d6 Rostreûen, est remarquable par la dimension extraordinaire de ses cristaux de feldspath. Du même âge est le beatl granité porphyroïde du Huelgoat, qtii forme de si pittoresques amoncellements de rochers.
Les peigmatites et les granalites jouent un rôle imiportant dans le Limousin et le Plateau Central de la France. Ces mêmes roches sont très développées en Angleterre, dans le pays de Cornouailles, où leur fréquente association avec des minerais d'étain leur a fait donner le nom de granité à étain. Ce qui distingue ces roches granulitiques, en général dévoniennes ou dinantiennes, c'est, avec la présence fréquente de la tourmctline (silicate d'alumine avec acide borique), l'abondance du mica blanc argentin et la présence de minéraux contenant du fluor.
Aux époques dont il vient d'être question, il devait y avoir de vrais appareils volcaniques, dont les projections engendraient des tufs, tels qUe les tufs porphyritiques du Morvan, subordonnés à la base du carboniférien.
Enfin la période houillère a été souvent marquée par la sortie de porphyres globulaires et par celle de roches basiques ou neutres, à texture compacte, de teinte verte foncée, connues sous le nom générique de trapps. Beaucoup de ces trapps sont des porphyrites riches en mica. Quelques-uns sont accompagnés de tufs qui ont beaucoup d'analogie avec les cinérites.
Éruptions petmiennes. — Les éruptions ont continué à l'époque permienne. Seulement nous ne connaissons pas, avec certitude, de roches granitiques datant de cette époque. Moine les porphyres, qui forment des coulées très nettes, par-