PREMIÈRE PARTIE DE LA TERRE. El'ROPK
Position astronomique. — La portion continentale de l’Europe est située entre les 35' et 71' degrés de latitude boréale, et entre le 13e degré de longitude occidentale et le fi Ie degré de longitude orientale du méridien de Paris (1); mais, en y comprenant les îles qui en dépendent, cette partie de la terre s’étend jusqu’au 81e degré de latitude boréale et au 34' degré de longitude occidentale.
1. imites. — L’Europe est baignée, au nord, par l’océan Arctique; à l’ouest, par l’océan Atlantique; au midi, par la Méditerranée; elle est bornée, à l’est, par une ligne sinueuse qui traverse la mer de Candie, la mer Égée, le détroit des Dardanelles, la mer de Marmara, le détroit de Constantinople et la mer Noire. Les limites suivent ensuite les cours du Koubau et du Terek (2), une partie des côtes de la mer Caspienne
(N Comme presque toutes les cartes modernes écrites en français sont établies d’après le méridien de Paris, je crois» devoir m’en servir dans ret ouvrage, quoique je trouve qu’il eût clé préférable de continuer à compter d’après le méridien de Me de Per.
(2) Les géographes donnent ordinairement le faite du Caucase pour limite de l’Europe, mais il me parait que l'usage des chancelleries russes qui admettent h*s cours du Konban et du Terek est beaucoup plus convenable, car, outre que ces cours sont géographiquement plus faciles à déterminer que le faite d’une chaîne de montagnes, elles n’ont pas le désavantage de rompre les rapports géographiques, ethnographiques et politiques qui existent entre les deux versants du Caucase.
GÉOGRAPHIE
jusqu'à l’embouchure de l’iaïk ou fleuve Oural, puis, le cours de ce fleuve, le faîte de la chaîne de l’Oural, la rivière de Kara et la mer de même nom.
L’étendue de l’Europe n’est que de 101 100 myriamètres carrés, et sa portion continentale forme une grande péninsule, attachée à l’Asie du côté de l'orient. Un de ses caractères les plus remarquables, et qui a sans doute exercé une grande influence sur sa civilisation, est la quantité de mers intérieures qu’elle renferme, ainsi qu’on a pu le voir à l’article précédent.
Ces diverses mers ou bras de mer y déterminent l’existence d’un grand nombre d’îles et de presqu’îles. Parmi ces dernières , il y en a quatre très considérables, savoir : la péninsule Scandinave au nord, les péninsules Hispanique, Italique et Slacogrecque au midi. Dans le nombre de celles de moindre grandeur, nous citerons le Jutland, entre la mer du Nord et la mer Baltique, la Bretagne, entre la Manche et le golfe de Gascogne, lu Crimée, dans la mer Noire.
Parmi les lie», le groupe le plus important est celui des lies Britanniques, dans lesquelles se trouvent la Grande-Bretagne et l' Irlande , les deux plus grandes îles de l'Europe. On y distingue aussi beaucoup d’autres îles moins considérables ; les unes, comme celles de It'ight, d 'Anglesey, de Man, d 'Arran, d 'llla, de Muü, de Skye, etc., sont placées d’une manière plus ou moins isolée le long des côtes de la Grande-Bretagne; les autres sont réunies en groupes qui ont des noms généraux; telles sont les Hébrides, au nord-est, les Shetland et les Orcades ou Orkney au nord de la Grande-Bretagne.
Après les lies Britanniques, les îles les plus remarquables de l’Europe sont celles il' Italie, dans la Méditerranée, où se trouvent les trois grandes îles de Sicile, de Sardaigne et de Corse, ainsi que d’autres petites îles, parmi lesquelles on distingue 1 ’ile de Malte, l’ile d'Flbe, les îles Eoliennes.
Les des de la Slacogrèce sont aussi très importantes; on y distingue principalement la grande île de Candie, entre la mer de ce nom et la Méditerranée; les nombreuses îles de l'archipel Grec, dans la mer Egée; les i 'les Ioniennes, dans lu mer du même nom ; et les lies de Balmatie, dans la mer Adriatique.
Nous citerons encore, daus la Méditerranée, les îles Baléares, dépendantes de l’Espagne.
La mer Baltique renferme aussi beaucoup d’îles; les plus importantes sont les îles de Danemark, dont le3 principales sont Seeland, Fionie, et Lualand; on y remarque également Vile de Rugeti, près des côtes d’Allc-
EUROPE
magne; celles (le Bornholm, Œland, Gothland et l’ archipel de Stockholm, composé d’une grande quantité de très petites îles, près des côtes de Suède, l'ile i’Aland, l 'archipel tTAbo, l’ile A'fEsel et celle de llago, près des côtes de Russie.
Pans l'océan Arctique se trouvent l’île de Yaigat:, la Nonrelle-ZemMe, terres peu connues nu nord de la Russie, qui forment un archipel plutôt qu’une île unique, le Spitzberg , autre archipel situe entre les 77'' et 81' degrés de latitude et les île» qui bordent les côtes de la Norvège, dont les principales portent le nom d’iTes Lofoden.
Enfin nous citerons encore les lie s Feroe, petit archipel dans l’Atlantique, au nord des îles Britanniques, et les Açores, qui sont entre l’Europe et l’Amérique.
Le relief de l’Europe présente un caractère important, c’est l’existence d’une vaste plaine qui traverse à peu près le milieu de cette partie de la terre de l’ouest à l'est depuis la incr du Nord jusqu’à la mer Caspienne, où elle s’abaisse de manière que son altitude y descend à environ 20 mètres en dessous du niveau de l’Océan. Cette plaine e«t surtout très développée dans sa partie orientale, où elle s’étend de l’occan Arctique à la mer Caspienne, et il s’en détache des espèces de rameaux qui s’avancent, comme des golfes, soit au milieu des contrées plus élevées soit entre celles-ci et les mers. I,es plus importants de ces golfes terrestres sont la partie de la France souvent nommée bassin de Paris et la plaine de Valachie. Le sol de la grande plaine est loin d'ètrc parfaitement horizontal dans toute son étendue; il présente au contraire, quelquefois des collines ou des plateaux sillonnés par des vallons plus ou moins prononcés. On remarque, notamment parmi ces petites élévations, les collines ou plateau du Yuldai, au milieu de la Russie, que l’on décore souvent du nom de montagnes, parce que c’est le point de départ de grands cours d’eaux qui s’écoulent respectivement dans quatre mers différentes mais leur altitude paraît être moindre de 850 mètres. Nous citerons également les élévations qu’on a nommées monts de Finlande, monts Maanselha et monts A'Olonelz, qui constituent, dans le nord ouest de la Russie, un massif dont l’altitude ne paraît pas dépasser *100 mètres; et deux petites chaînes, dans le nord est de ln même région, lesquelles peuvent être considérées comme des dépendances de l’Oural et s’avancent dans la plaine en suivant la direction du nord-ouest. L’une désignée par le nom de monts Timons, s’étend des sources de la Petchora au cap Kanin sur l’océan Atlantique, l’autre est le Pae-Choi qui part du CS" degré de latitude et se prolonge dans l’île de Yaigatz, probablement même dans la Nouvelle-Zemble.
GÉOGRAPHIE
Les parties moût lieuses île l’Europe peuvent, jusqu’à un certain point, être divisées en seize groupes ou chaînes que, nous distinguons par les dénominations suivantes : Les Montagne* de* île* Aqore* , celles de» {les Feroe, celles du Spitzberg , les Bofrines, les montagne » des îles Britannique», les montagne » Hispanique» , les montagne » Sardo-Corses, celles de Sicile, les Apennins, les Alpes, les monts Hercynien» , les Karpathe », les montagne» Slacogrecqne» , celles de Crimée et l 'Oural. Nous allons indiquer les principaux traits des quinze premières de ces divisions , en laissant la dernière pour l’article suivant , parce qu’elle appartient plus à l’Asie qu’à l’Europe (1).
Les Açores, les îles Feroe et le Spitzberg, sont, comme on l’a vu ci-dessus, trois petits archipels éloignés du continent. Leur sol est très montueux : l’i?e Pico, dans le premier de ces groupes, atteint l’altitude de 2 412 mètres; la Pointe-Noire, au Spitzberg, celle de 1 372; mais les îles Feroe ne paraissent pas-dépasser beaucoup 600 mètres. Il est inutile d’ajouter que, vu sa latitude élevée , le Spitzberg est en grande partie couvert de glaces et de neiges perpétuelles.
Les Dofrinc* ou montagnes de Scandinavie , forment, une longue chaîne, dirigée du nord-est au sud-ouest, qui commence au Nord-Kin, l’extrémité la plus septentrionale du continent européen, pour se terminer au Skagcr-Hafc. Elles présentent le long de la mer du Nord une côte escarpée découpée par une multitude de bras de mer et de golfes étroits , nommés Fiord», qui s’avancent quelquefois comme des rivières dans l’intérieur des terres et déterminent l’existence d’une foule d’îles, de petites péninsules et de caps.
Le versant oriental se compose, au contraire, de pentes très douces qui se perdent dans les plaines qui bordent le golfe de Botnie. Il résulte de cette disposition que les parties les plus élevées sont raremeut au milieu de la chaîne, mais qu’elles sont souvent voisines de la mer du Nord et quelquefois même dans les îles qui bordent la côte. Ces montagnes se composent d’une série de plateaux ondulés, surmontés par des pics ou des crêtes et sillonnés par des vallées le plus communément transversales et quelquefois longitudinales ; celles-ci sont les plus étendues.
(i) La classification des montagnes est une chose d'autant plus difficile, que l’on est généralement louté de combiner avec les considération» orographiques proprement dites, celles hydrographiques, géognostiques et gèogéuiques; aussi règne-t-il beaucoup de divergence dans les divisions et les dénominations employées par les auteurs. Obligé de choisir entre ces diverses méthodes et ne me croyant pas les connaissances nécessaires pour créer une bonne classification des montagnes , j'ai pris pour règle de me conformer, autant que possible, à l'usage le plus ordinaire.
EtriOPE.
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La partie septentrionale des Dofrines a une largeur ordinaire de 10 à 14 mvriamètres , mais la chaîne s’élargit au sud du 63e degré de latitude où se trouvent les cimes les plus élevées, notamment l’ Ymesjield, sous le 61e degré, haut de 2 605 mètres.
Les neiges perpétuelles sont très communes dans les Dofrines, surtout dans lemilieude la chaîne. L. de Buch y fixait leurs limites inférieures à l’altitude d’environ 1 600 mètres sous le 61e degré de latitude, à environ 1 200 mètres sous le 67e degré, à environ 1 000 mètres sous le 70e et à 700 sous le 7 Ie. On y voit aussi des glaciers, et il en existe un, au pied du Kunnen, sous le 67e degré, dont les glaces sont baignées par les eaux de la mer.
Les montagnes ltrlliinntqiies couvrent la partie septentrionale et occidentale des îles de ce nom. Leur direction a beaucoup de rapport avec les Dofrines; elles s’abaissent aussi en pentes douces vers l’est, tandis que, du côté de l’ouest, elles forment des côtes escarpées et découpées par une multitude de golfes, de canaux et de bras de mer qui y déterminent un grand nombre d’îles et de presqu’îles. Leurs diverses parties sont désignées par un grand nombre de dénominations particulières. On y distingue notamment les moûts Gram pians, qui occupent la partie septentrionale de l'Ecosse, et les monts Cheviots , qui forment en partie la séparation de cette contrée et de l’Angleterre. Du reste, ce système n’atteint pas une grande élévation, et le sommet que l’on considère comme le plus haut de toutes les îles Britanniques est le Ben- Necis, dans les Grampians, haut de 1 344 mètres.
Les petites montagnes ou collines de la presqu’île Je Bretagne, • dont l’altitude atteint tout au plus 300 mètres, forment un intermédiaire entre les îles Britanniques et le plnlcuu rentrai «le France. Elles ne sont, en cfiet, séparées des premières que par la Manche, et du second que par une petite dépression du sol dans laquelle coule le Clain, et qui établit en quelque manière la communication du bassin de Paris avec la plaine de Gascogne.
La partie nord-ouest du plateau central est assez unie et d’une hauteur moyenne de 730 mètres; celle du nord-est, est, au contraire, fort entamée par des plaines : l’une des plus remarquables est la riche Limagued' Auvergne, séparée, par les montagnes du Forez, des plaines de Montbrison et Roanne, traversées par la Loire, et qui, en se réunissant à la Liinagne, forment la plaine du Bourbonnais, qui se lie à la partie sudest du bassin de Paris. Entre ces plaines et celles où coulent le Rhône et la Satine, s’étendent les montagnes du Lgonnais, du Beaujolais, du Morvan et de la Ctile-d' Or, dont l’altitude va successir cment en s’abaissant,
GÉOGRAPHIE
et que l’on peut considérer comme séparées des dépendances des monts Hercyniens par les cours de l’Aube et de la Vingeanne.
La partie sud-est du plateau présente des chaînes plus élevées connues sous les noms de montagne s d’rtnrergne et de Cécenurx.
On distingue dans les premières trois groupes principaux : les monts Dores, dont le sommet le plus élevé, nommé le Puy-de-Suncy, atteint la hauteur de I S8G mètres ; le Cantal, grosse masse conique, dont l’élévation est de L 857 mètres, et les monts Dômes, qui forment une chaîne de montagnes coniques, dont le point culminant est le Puy-de-Dôme, haut de 1 467 mètres.
Les Côrennes, qui forment la chute du plateau central vers le golfe de Lyon et le cours du Rhône, se présentent en général sous la forme de plateaux terminés par des escarpements plus ou moins prononcés et surmontés dans la partie orientale par quelques cjmînes ou sommités plus élevées. Leur point culminant est le mont Mézin près des sources de la Loire, qui atteint l’altitude de l 760 mètres. La chaîne de la Margueride, qui lie les Cévennes avec les montagnes d’Auvergne, s’élève à 1 500 mètres. Le prolongement oriental des Cévennes, ou chaîne du Pilas, atteint l’altitude de 1 072 mètres et se rattache aux montagnes du Lyonnais, dont il est séparé par le cours du (lier. Le prolongement occidental, dont le point culminant est le pic Nore, haut de 1 256 mètres, porte le nom de montagnes Noire et se perd dans la plaine de Gascogne.
Au sud de cette plaine s’élèvent les montagnes Hispaniques, vaste plateau d’une hauteur moyenne de 700 à 900 mètres qui occupe toute la péninsule Hispanique, et sur lequel s’élèvent des cimes plus élevées dans lesquelles on peut reconnaître cinq systèmes ou chaînes dirigées de l’ouest à l’est et qui se distinguent assez nettement dans la partie occidentale, où ils sont, i quelques exceptions près, séparés par quatre grands cours d’eau, mais qui, du côté de l’est, présentent une telle confusion, que l’on y a aussi admis l'existence d’un sixième système, dont la direction formerait un angle droit avec celle des cinq autres. Toutefois ce système pourrait bien n’ètre que la chute du plateau sur la plaine ou vaste dépression dans laquelle coule l’Èbrc (1). '
(I) Je veni parler ici iln système que linry île Saint-Vincent désigne par l'épithète d’/fctrique, cl qui se dirigerait, comme le cours de l'Êbrr, du nord-nord-ouest au sud-sud-ouest. Ne connaissant pas les liens , je suis hieri loin de vouloir nier l'existence de ce système: mais avant d'adopter une division qui se trouve en opposition complète avec l'uniformité ite direction qui caractérise les autres systèmes de montagnes de la Péninsule, j'aimerais de savoir si le savant auteur que je viens de citer n'a pas été influencé par l'importance que beauitvupde Kéopraphes attribuent aua bassins hydrographiques, et si de nouvelles observations ne feront |ias reconnaître que ce que ton a pris |>our une chaîne de moulagnes ne serait pas une simple
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Celui de ces systèmes qui est le plus au nord se compose des monts Cantabres et des Pyrénées. Les premiers forment la côte que borde le golfe de Gascogne nu midi ; leurs principales parties sont désignées par les noms de monts <T Aralar, Sierra de Arazazu, monts d' Allube, Sierra de Saleada, Sierra Angana, Sierra Sejos, Sierra Cabadonga, Sierra Penaralüéla, Sierra Constantina, Sierra de Meyra, Sierra de Troncedo, Sierra de Qaadramon, Sierra de Tecyra , etc. Le faîte de cette chaîne étant peu éloigné de la mer, son versant septentrional n’a pas beaucoup d'étendue , mais son versant méridional présente des rameaux plus ou moins prolongés, qui se rattachent à ceux du second système, dont on les considère comme sépares par le cours du Duero. La rime la plus élevée des monts Cantabres paraît être la Petta de Penaranda , haute de 3 2G2 mètres.
Les Pyrénées forment le prolongement des monts Cantabres, depuis le golfe de Gascogne jusqu’à celui de Lyon. C’est une chaîne fort remarquable, dont le versant septentrional sc détache nettement des contrées environnantes, du moins dans la partie occidentale qui est bordée par la plaine de Gascogne; car, dans la partie orientale, les contre-forts des Pyrénées, dont une portion prend le nom de Corbières, s’éloignent du faîte, et se terminent par des collines qui se lient avec les contre-forts des Cévennes, dont elles sont séparées par la dépression dans laquelle on a construit le canal de Languedoc. Les Pyrénées sont sillonnées par un grand nombre de vallées transversales, qui, en général, prennent naissance au faîte de la chaîne; les vallées longitudinales y sont peu étendues. Ou y voit beaucoup de cirques; l’un des plus remarquables par l’élévation et l’escarpement de scs bords, ainsi que par la beauté de la cascade qu’y forme le gave de Pau, est Y Ouïe de Garantie, ainsi nommé parce qu’il ressemble à une immense chaudière. Ces montagnes ne présentent en général que des crêtes étroites et des pics qui atteignent, dans le milieu de la chaîne, une hauteur considérable; tels sont \epie de Nélbott, haut de 3 401 mètres, et le Mont-Perdu, de 3 351. Les cols ou, comme disent les habitants des Pyrénées , les ports , par où l’on peut franchir cette partie de la chaîne, sont aussi très élevés; tels sont le port de la Paz, haut de 3 2U8 mètres; celui d’Oo, 3 002; celui de Garantie, 3 333, etc, ; mais la chaîne s’abaisse vers ses deux extrémités, et le col de Gorrity , que l’on considère comme formant la limite entre les
coupure dam le plateau de Castille, et s'il ne serait pas possible, ainsi que je l'indiquerai ci-après, de voir dans le Mont-Serrat une continuation de la Sierra de Guailarama ; dans la Sierra de Albaraein une continuation de la Sierra de Guadalupe; et dans la Sierra de Onil une continuation de la Sierra Moréna.
GÉOGRAPHIE
Pyrénées et les montB Cantabres, ne paraît pas avoir plus de 1 000 mètres de hauteur; neanmoins on trouve, dans la partie orientale, le Canigon, qui atteint encore une élévation de 2 785 mètres, quoiqu'il ne soit qu’à 7 myriamètres du point où la chaîne se termine.
Ijes hautes cimes des Pyrénées présentent des neiges perpétuelles, dont la limite inférieure est, d’après Ramond, à environ 2 700 mètres, du moins sur les pentes septentrionales, car il est rare que les neiges des pentes méridionales ne fondent pas entièrement pendant l’été. Il existe aussi quelques glaciers dans le milieu de la chaîne, mais ils sont restreints aux grandes hauteurs, et ne descendent pas dans les vallées profondes.
Le second système, que Bory de Saint-Vincent appelle Carpetano- Vettonique, porte dans la partie centrale, le nom de Sierra de Guadarama, d'où il se prolonge à l’ouest, sous diverses dénominations, telle» que Sierra de Avila, Sierra de Gredos , Sierra de Bejar, Sierra de Gata, Sierra de Estrella, et se termine à la mer par divers chaînons qui occupent l’espace entre les embouchures du Ducro et du l'âge. T -a plus grande élévation de ce système paraît être dans la Sierra de G redot, qui atteint la hauteur de 3 216 mètres. Les montagnes qui se prolongent à l’est de la Sierra de Gundarama portent les noms de Sierra de Ayllon, de Sierra de Pela et de Sierra de Miledos. A l’extrémité de celle-ci, la chaîne est interrompue par la dépression dans laquelle coule l’Èbre; mais, au delà de cette dépression, ou trouve, dans la même direction, les montagnes de la Catalogne, qui pourraient, sous certains rapports, être considérées comme une dépendance du système qui nous occupe, et qui se rattachent, vers le nord, aux Pyrénées. L’un des points les plus remarquables est le Mont-Serral, haut de 1 218 mètres.
Le troisième système a pour partie principale la Sierra de Gnadelupe, située vers le centre de la Péninsule, et qui s’élève à l’altitude de 1 559 mètres; il se prolonge, à l’ouest, sous divers noms, tels que Sierra de Montanchèt, Sierra de San-Pedro, Sierra de San-Leon, Sierra de San-Mame», etc. Le prolongement oriental porte le nom de monta de Tolède; mais ensuite le système est moins bien dessiné, ou moins bien connu; il semble cependant que l’on pourrait y rapporter la Sierra de AUmracin en Aragon, et d’autres massifs qui s’étendent jusqu’à la Méditerranée.
Au sud de la Sierra de Guadalupe se trouve la Sierra Moreau ou monts Maria niques; grande chaîne de montagnes qui forme la chute du plateau central de l’Espagne vers la vallée du Guadalquivir, et qui se prolonge, à l’ouest, sous les noms de Sierra Constaatina et de Sierra de
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Arocbe. C’est dans cette dernière partie que se trouve la cime la plus élevée du système, le Cambre de Aracena, haut de 1 676 mètres. On peut aussi comprendre dans ce système la Sierra de Calderao et la Sierra de Monehique ou monte Cantique », qui se trouvent dans la même direction, et qui ne sont séparées des premières chaînes que par le cours de la Guadiana, rivière qui, après avoir coulé longtemps de l’est à l’ouest dans une dépression longitudinale, prend brusquement la direction du nord au sud pour passer entre la Sierra de Aroche et celle de Calderao. Il semble que l’on pourrait aussi voir un prolongement oriental de ce système dans la Sierra de A taira-, dans la Sierra de Onyl. et même dans les (le» liait areu, qui se trouvent sur la même direction, et présentent, entre autres, le puig de Torcella dans l’île de Majorque, dont l’altitude est de 1 463 mètres.
Enfin, entre le Guadalquivir et la mer se trouve la Sierra Necada , chaîne de montagnes qui doit son nom à la présence des neiges perpétuelles, et qui est la plus haute de l’Europe après les Alpes, l’une de ses cimes, le Mulahasen, atteignant la hauteur de 3 555 mètres.
Le prolongement occidental de la Sierra Nevada est connu sous les noms de Sierra de Antequera et de Sierra de Honda, et celui de l’est sous le nom de Sierra de Filabre ». Il se détache aussi de cette chaîne des rameaux ou contre-forts, dont l’un des plus remarquables porte le nom d’ Alpuxarra* .
Ce système, que Bory de Saint-Vincent désignait par l’épithète de Bétique, est peu découpé par des vallées, ce qui est cause que, malgré sa grande élévation, il présente des pentes assez douces.
La Nurdaigne et la Carte sont deux îles qui forment, dans la Mediterranée, une petite chaîne de montagnes, dirigée du sud au uord, interrompue par le détroit de Boniface, et dont il se détache des rameaux transversaux. Le point culminant paraît en être le Monte- Rotondo en Corse, haut de 2 672 mètres.
La Sicile est aussi une île moutueuse, séparée de la chaîne des Apennins par le phare ou détroit de Messine. Son point le plus élevé est l’ Etna, grosse montagne isolée, de forme conique, dont l’altitude est de 3 237 mètres.
Les Apennin» sont une grande chaîne de montagnes qui se détache des Alpes maritimes, vers le cours de la Ro'ia, en se dirigeant d’abord de l’ouest à l’est, à peu près parallèlement aux Alpc3 pennines et lépontiennes dont ils sont séparés par une plaine ou grande vallée arrosée par le Po, laquelle est, en quelque manière, le prolongement de la mer Adriatique. Les Apennins se recourbent ensuite vers le sud en traversant
GÊOUUriilK.
la péninsule italique dans le sens de sa longueur. Leur point culminant est le Gran Sasso d'Italia, dans l’Abruzze, haut de 2 925 mètres, mais la chaîne est en général beaucoup moins élevée, et se présente le plus ordinairement sous la forme de croupes arrondies; cependant le versant méridional de la partie qui longe le golfe de Gênes se compose d’escarpements qui s’élèvent brusquement le long de la mer.
On considère habituellement les Apennins comme se bifurquant vers l’extrémité de la péninsule de manière que les deux branches embrassent le golfe de Tarente, mais M. Ponzi (1) voit dans ces deux branches des portionsde deux chaînes latérales plus ou moins interrompues qui s’étendent des deux côtés de la chaîne principale; toutefois celle du versant septentrional ne serait représentée que par les montagnes <f Apulie et par le mont Gargano qui forme une espèce de cap dans la mer Adriatique, mais celle du versant méridional se composerait de toutes les montagnes qui bordent la côte de la péninsule le long de la mer Tyrrhénicnne et qui ne sont, en quelque manière, interrompues que par les petites plaines qui se trouvent aux embouchures des principaux cours d’eau tels que Y Amo, le Tibre et le Voltnrne. Parmi les groupes de cette chaîne nous citerons : les montagnes Aptiennes , celles de Pise , celles du Campiglese et le monte Amiala en Toscane, l’altitude de ce dernier est de 1 770 mètres, les monts Cimines et les monts d'Alàano aux environs de Rome, les montagnes de Gaite, le Chute près de Naples, les montagnes de Sorente, celles de Calabre qui se recourbent vers celles de Sicile dont elles ne sont séparées que par le phare de Messine. On peut aussi considérer comme dépendances de cette chaîne les îles qui bordent la côte, telles que l’îlc d’Elbe, l’île de Giglio, l’île Ponza, l’île d’ischia, etc.
Les llpes sont les montagnes les plus remarquables de l’Europe, tant sous le rapport de leur élévation que sous celui de leur étendue; elles forment une chaîne qui se prolonge du golfe de Lyon aux plaines de la Hongrie, en se dirigeant d’abord du sud au nord, et ensuite de l’ouest à l’est.
Il y a diverses manières de diviser les Alpes et de nommer leurs divisions. La partie occidentale, c’est à dire celle qui se dirige du sud nu nord, est souvent divisée en Alpes maritimes, qui s’étendent de la mer au mont Viso, près des sources du Po; en Alpes colliennes. qui se prolongent de ce point au mont Cenis, en Alpes graies, qui se terminent avec le Mont-Blanc. La partie orientale, c’est à dire celle qui se dirige de l’ouest à l’est devenant plus large, on y distingue ordinairement la
(I) IhlU. de lu Société gM. de France , 183*. Vit, VC1
KlIROPK.
série des chaînons septentrionaux de la série des chaînons méridionaux. Celle-ci se compose des Alpes pennines, qui s’étendent du Mont-Blanc au Mont-Rose; des Alpes lépontiennes, qui se prolongent jusqu’au Mont- Bernardin, près des sources du Rhin supérieur; des Alpes rlif tiques, qui se terminent au Monte-Croce, près des sources de la Piave; et des Alpes cantiques, que l’on pourrait considérer comme se prolongeant jusqu’à la partie inférieure du cours de la Mur, qui les séparerait des montagnes de Bakony, où l’on peut aussi voir une dépendance des Alpes, séparée des Karpathcs par le cours du Danube (1). Dans la série des chaînons septentrionaux se trouvent les Alpes bernoises, au nord de la vallée du Rhône; les Alpes de Saiat-Gall, au nord-ouest de la vallée du Rhin, et les Alpes noriques, que l’on considère ordinairement comme s’étendant du lac de Constance au Kahlenbcrg, près de Vienne. On distingue aussi, entre les Alpes noriques et carniqucs, sous le nom A’ Alpes syriennes, un chaînon intermédiaire commençant vers les sources de la Mur et se rattachant nu Leythagebirge, qui se prolonge entre la plaine de tienne et celle de Raah, en Hongrie, jusqu’au Danube, qui le sépare des Karpathcs.
D’autres fois on désigne simplement les portions des Alpes par les noms des contrées qu’elles traversent; c’est ainsi que l’on dit : les Alpes pi/montaises, les Alpes dauphinoises, etc. ; mais cette nomenclature a souvent l’inconvénient de séparer les deux versants d’un mémo chaînon.
Le Mont-Blanc, dont l’altitude est de 4 810 mètres, est la cime la plus élevée des Alpes et de l’Europe entière, lorsque l’on considère le Caucase comme appartenant entièrement à l’Asie. Parmi les autres cimes nous citerons le Motil-Bose, 4 636 mètres; Finsteraarhoru, dans les Alpes bernoises, 4 362; le mont V'tso, 4 214; YOrtler dans les Alpes rhétiques, 3 908; le Gross-Glochner, dans les Alpes noriques, près des sources de la Salzaeh, 3 791 ; le Terglou, dans les Alpes carniques, près des sources de la Save, 3 019 ; 1 ’Eisenhut, dans les Alpes styriennes, 2 493. Dans le nombre des passages les plus fréquentés des Alpes, nous citerous le col de Tende, dans les Alpes maritimes, élevé de
1 795 mètres; le mont Gericcre, dans les Alpes cottiennes, 3 592; le mont Cenis, 2 066; le grand Saint-Bernard, dans les Alpes pennines,
2 491; le Simplon, dans les mêmes Alpes, 2 005; le Sainl-Golhard , dans les Alpes léponticnnes, 2 075; \(s Spliigen, dans les Alpes rhé-
1 1) J *.u inséré dans les Èiïincnl* de Urologie une note pour jiislitlor l'extension que je donne aux Alpes comiques, pi faire connaître les motifs polir lesquels ]|- n'étends pas b dénomination d'Alpes aux montagnes de Slavogrèce.
GÉOGRAPHIE
ti([ues, 1 925; le Brenner , clans les mêmes Alpes, 1 430; le LoibUterg , dans les Alpes carniques, 1 309 ; le Semmering , dans les Alpes noriques, 1 413.
Les parties les plus élevées des Alpes sont couvertes de neiges perpétuelles, qui commencent vers l’altitude de 2 700 mètres. On y voit aussi, surtout dans les environs du Mont-Blanc, des glaciers très étendus. En général, les Alpes par leur élévation, leurs escarpements, les pics décharnés qui forment plusieurs de leurs cimes, les neigea et les glaces qui en décorent d’autres, les eaux qui se précipitent en cascades de leurs sommets, les forêts et les pâturages qui recouvrent leurs flancs, présentent les effets les plus imposants et les vues les plus pittoresques de l’Europe. On y remarque beaucoup de vallées longitudinales plus ou moins étendues, mais généralement barrées à leurs extrémités et communiquant par des défilés transversaux, communément fort étroits, et dont les flancs sont ordinairement plus escarpés que ceux des vallées longitudinales.
Le versant sud-est des Alpes occidentales , après s’être séparé des Apennins, présente des petites abruptes nettement détachées de la plaine du Po; mais à partir du lac de Garde les contre-forts s'élargissent et se rattachent à deux petits groupes de montagnes coniques nommées Monti-Beriei et tu un t s Eugan/rnx et ensuite aux montagnes Slavogrecques.
Le versant opposé comprend dans sa portion méridionale de puissants coutre-forts qui recouvrent la plus grande partie de la Provence et du Dauphiné, et dans le nombre desquels nous citerons, en allant du sud au nord, les Maure », 1 ’Etilerel, le Leberon, le mont l'entour. Il s’en détache ensuite, au nord du Rhône, un grand chaînon on chaîne particulière, nommée Jura, qui va se rattacher aux monts Hercyniens, dont elle est séparée par le Rhin et par la dépression où passe le canal qui communiqué de ce fleuve à la Saôuc. Le Jura atteint au Kent Ici l’altitude tle 1 717 mètres et est sillonné ù ses extrémités par un grand nombre de vallées longitudinales dirigées, comme la chaîne, du sud-ouest au nord-ouest.
Entre le Jura et la continuation des Alpes s’ouvre une contrée plus basse ou plaine inégale qui se prolonge le long des Alpes au travers Je la Suisse, de la Souabe et de la Bavière, jusque vers le confluent de l’Euns avec le Danube, où les Alpes ne sont plus séparées des monts Hercyniens que par le cours de ee dernier fleuve.
Nous entendons par nionls Hercynien* l’ensemble des pays monf ueux qui s’étendent du bassin de Paris aux plaines de Pologne. Ce
El'ROPK.
système forme un grand nombre de chaînes et de groupes portant des noms particuliers. La partie occidentale est dirigée du sud-ouest au nord-est de meme que le plus grand nombre des chaînes qui la composent, et, quoique cette direction se retrouve encore dans plusieurs des chaînes de la partie orientale, celle-ci peut être considérée comme ayant une direction générale du nord-ouest au sud-est, de sorte que 1 ensemble du système présente la forme d’un arc de cercle , du moins du côté méridional ou interne; car, du côté externe ou septentrional il se détache une longue chaîne dirigée vers le nord-ouest que l’on peut considérer comme le prolongement ou plutôt comme le commencement du massif oriental.
La partie méridionale du massif occidental est partagée, par la plaine où coule le Ithm de Bâle à Mayence, en deux groupes que 1 on envisage souvent comme deux chaînes dirigées du sud au nord. Celle de 1 ouest se compose des Votge», au sud de la Zorn ; de la Hardi ou banne* J osges, au sud de la Primm; et des Montagne» de la Nahe, au sud de la rivière de ce nom. Les Vosges sont un groupe de montagnes coniques qui atteignent, au ballon de Sulz, l’altitude de 1 430 mètres. La Hardt se compose d’une série de plateaux moins élevés, sillonnés par des vallées a lianes escarpés, semblables à des murs flanqués de grosses tours. Les montagnes de la Nuhe présentent, comme les Vosges, des élévations coniques, dont l’une, le Donnersberg , atteint l’altitude de 679 mètres. L’cnsemble de cette chaîne se dessine par des pentes rapides du côté de la plaine, mais sur le versant opposé elle s’abaisse lentement vers le bassin de Paris par l’intermédiaire des plateaux de la Lorraiue occidentale et se rattache par les monte Faucille * et le plateau de Lan g r en au plateau central de la France.
De l’autre côté de la plaine d’entre Bâle et Mayence se trouve, en face des Vosges, le Sckwarzwald ou forêt Noire, montagnes qui ont beaucoup de ressemblance avec les Vosges et dont le point culminant est le Feldberg, haut de 1 493 mètres. Il se détache de la partie sud-est de ce groupe une chaîne étroite que l’on appelle Jlauhe Alb ou Alpe de Hou aie ou Jura allemand parce qu’elle forme le prolongement du Jura. Elle atteint l’altitude de 1020 mètres au Ilohenberg, près de Rotweil.
Une dépression que le sol éprouve vers le cours de la Prints, au nord du Schwarzuald, sépare ce groupe de V Odentcald et du Speeeart, autres groupes placés dans la même direction, et dont les points culminants sont le Katzenbuckel et le Geiersberg, hauts de 625 et 617 mètres.
La partie septentrionale du massif occidental des monts Hercyniens commence par un vaste plateau qui s’étend des sources de 1 Oise à
GÉOGRAPHIE
celles de la Diemel, et qui n’est coupé que par des vallées étroites. La portion de ce plateau comprise entre les sources de l’Oise et celles delà Kyll porte le nom d 'Ardenne et atteint, aux haute s Fagnes, près de Malmedy, l’altitude de 695 mètres. Entre l’ Ardenne et le Rhin se trouve l’ Eifel, où le plateau est surmonté par des élévations coniques, dont l’une, le Uohen-Acht, près d’Adenau, a 760 mètres. La Moselle sépare l’Eifel du Hunitrück, qui se lie aux montagnes de la Nalie et dont une des crêtes, l’ Erbsenkopf, s’élève à 758 mètres. On peut également distinguer dans la partie du plateau situé sur la rive droite du Rhin, trois parties principales , savoir : le Tourna ou limite , entre le Mein et la Lahn, lequel atteint, au Gros*- Feldherg , l’altitude de S80 mètres. Le Westervald, entre la Lahn et la Sieg, et le Sauerlaud au nord, dont l’altitude ne paraît pas surpasser 563 mètres, qui est celle du Heinhery près Friedenvvald.
A l’est de ee grand plateau , le sol éprouve des dépressions plus ou moins étendues et qui séparent divers groupes de montagnes parmi lesquelles nous citerons le Vogehgebirge , le Rœhngebirge et Y llabirhts- Kald, qui se distinguent par une grande quantité de sommets coniques et qui atteignent, au Damniersfeld, dans le Rœhngebirge, l’altitude de 923 mètres.
Le massif oriental, prolongé comme nous l’avons indiqué ci-dessus, a la forme d’un triangle allongé, dont le sommet s’élève au milieu de la grande plaine vers le confluent de l’Ohre avec l’Ems, cl commence par une longue chaîne fort basse que l’on peut envisager comme formée de trois chaînons parallèles : le principal, au sud-ouest, est le Teutolurgertcald; le second, au milieu, qui est à peu près aussi étendu, est quelquefois désigné par la dénomination de montagnes du If'eser ou de chaîne de la Porta IFes/phalica, du nom d’une coupure traversée parle Weser; le troisième, au nord, n’est qu’un petit chaîuon, entre Mindcn et Hanovre, appelé Dealer. A la suite des montagnes du Weser s’élève le Har:, groupe à peu près isolé qui atteint au Brocken l’altitude de 1 140 mètres. Le Har/. est séparé par le plateau de la Thuringe, du Tlmringcnculd , chaîne qui se trouve sur le même alignement que le Teutoburgerwald et dont le point culminant est le Gross-Beerberg , élevé de 1 046 mètres. En continuant la même direction, on trouve le Frankenicald , puis le Fichtelgebirge , et enfin la grande chaîne du Bœhmertcald, qui, comme nous l’avons dit, n'est séparé des contre- forts des Alpes uoriques que parle cours du Danube, et qui atteint au Æac/ien’nltitude de 1 451 mètres.
Du côté nord-est du triangle, uuc espèce de golfe de la grande plaine interrompt, aux environs de Leipsick, la continuation du llarz avec les
Digifead tty-éàaogle
El'ROPE.
montagnes de la Lusace, qui sont suivies par le Riesengebirge ou montagnes des Géants , et ensuite par les Sudètes lesquels ne sont séparés des Karpathes que par le cours de l’Oder. Le point le plus élevé de cette chaîne, et en même temps de tous les monts Hercyniens est le Schneekoppe dans le Riesengebirge, haut de 1 60S mètres. Cette chaîue est liée avec la chaîne occidentale par deux chaînons dirigés du nord-est au sud-ouest : l’un, au midi, lie les Sudètes au Bœhmerwald, c’est le Moehrischegebirge ou monts Morares, séparés des Karpathes par lu Marsch, et qui atteint, au Fleckenstein , l’altitude de 1 340 mètres;
1 autre, plus au nord, est 1 ' Erzgebirge ou monts Métalliques , dont le point culminant est le KeiUierg , haut de 1 241 mètres et qui lie les montagnes de Lusace avec le Fichtelgebirge. Cette espèce de parallélogramme renferme un sol moins élevé, que l’on appelle souvent la Plaine de Bohême , quoiqu’il soit d’ailleurs fort inégal.
Les Karpallies ou monts Krapacks forment, comme on a déjà pu le voir, le prolongement des Alpes et des monts Hercyniens dont elles ne sont séparées que par les cours du Danube, de la Marsch et de l’Oder. Elles décrivent, entre les 14' et 24e degrés de longitude orientale, un arc de cercle dirigé de l’ouest à l’est, dont la convexité est tournée vers le nord. La partie occidentale se divise ordinairement eu deux portions : les petites Karpathes ou montagnes de Poesing , qui sont peu élevées et s étendent entre lu plaine de Moravie à l’ouest et celle de Raab, en Hongrie, à l’est ; les Beskides ou monts de Jaklunka qui se lient à l’ouest avec les Sudètes. Le reste de la chaîne est ensuite borné au nord et à à l’est par la grande plaine d’Europe, dont elle se détache d’une manière uniforme et nette, en présentant néanmoins des pentes assez douces. Mais le versant intérieur ou méridional est plus compliqué, et il s’en détache de puissants rameaux, ou plutôt la chaîue forme des renflements considérables qui s’avancent dans la plaine. Il y a notamment, vers le milieu de la chaîne, entre la Vaag et la Thciss, un massif considérable dont le groupe principal porte le nom de Taira, dans laquelle se trouve la pointe de Lomnilz, haute de 2 701 mètres. Ce massif se prolonge jusqu’au Danube, qui le sépare des montagnes de Bakony. Un autre massif, dans lequel se trouvent les montagnes de Bihar, sépare la plaine de lu Theiss de celle de Transylvanie, à l’est de laquelle la chaîne extérieure des Karpathes paraît atteindre sa plus grande élévation, au Budosch-lfegy ou montagne puante, haute de 2 924 mètres. Un peu au sud de cette cime, la chaîne se perd dans la plaine, ou plutôt elle se recourbe presque à angle droit pour former un grand chaînon, souvent appelé montagnes de Fagaras, et quelquefois Alpes bastarnigues, lequel est
GÊOGRAPUIR.
dirigé de l’est à l’ouest en se rattachant aux montagnes de Bihar, qui ne sont séparées de celles de Servie que par le cours du Danube.
Les montagnes que nous désignons par l’épithète de Slavogreeque* s’étendent sur presque toute la vaste région comprise entre la mer Adriatique et l’Asie. Elles se rattachent au nord-ouest aux Alpes camiques et aux montagnes de Fagaras, et ne sont séparées des montagnes du milieu de l’Asie, à l’est, que par des bras de mer plus ou moins étroits. Ces montagnes sont fort compliquées et peu connues, de sorte qu’il est didicile d’en donner une idée générale. Peut-être qu’il y a heu d’y distinguer une chaîne médiane dirigée du nord-ouest au sud-ouest avec des chaînes latérales, dirigées en divers sens et plus ou moins ramifiées.
On peut diviser ce que nous considérons comme la chaîne médiane en quatre parties, savoir : les montagne» Julienne» de l’Isonzo à la Dobra, les montagne» IHnarienne» de la Dobra à la Narenta, les montagne » Scordiennes de la Narenta à l’Iskcr (1), et les montagne» Rhodopiennes on Bespolo - Dagh de l’Iskcr au détroit des Dardanelles. Ces divisions paraissent avoir respectivement pour points culminants le SnistiUr ou Schneeberg , haut de 2 300 mètres, le Dinura 1 760, le Kom, 2 500, le Rüo-Dagh, 2 500.
Les montagne» Juliennes, resserrées entre la mer et les Alpes Canaques prolongées, ainsi qu’il est dit ci-dessus, n’ont pas un grand développement et se rattachent au nord-est aux montagne » de W arasdin qui forment un chaînon parallèle, lequel se détache également du prolongement des Alpes camiques , dont nous les considérons comme séparées par la dépression où coule la Draen, et se prolonge entre les plaines des bords de la Save et celles des bords de la IJ rave. Plus à l’est, dans la même direction, on trouve, vers le confluent de la Drave avec le Danube, le petit groupe de Phrousca - Gora , dont l’altitude est d’environ 800 mètres et qui s’élève au milieu d’une contrée basse et unie, dépendant de la grande plaine de la Theiss.
Le versant septentrional des montagnes Dinariennes et Scordiennes tend à se développer à mesure que l’on s’avance vers l’est et forme de puissants contre-forts, qui sont peut-être des rides parallèles à la chaîne médiane, mais que l’existence de vallées transversales fait considérer
(i) J'avais pendant quelque temps limite les montagne* stordiennes au’Drin, mais je considère celle tl limitation comme défectueuse, parce qu'elle laisse en dehors le Sehar, qui parait être le véritable Stwrdns ou Sc*irdut de* anciens; ensuite parce qu’elle fait avancer les montagnes Rhodopiennes beaucoup plus à l’ouest que le Hliodope et qu'elle ne concorde pas avec l'origine du Ilalkan. A la vérité, la démarcation que je propose ici a l'inconvénient do ne prendre aucun égard au* fortes dépression* dans lesquelles se trouvent Prisrind et Pristina.
EUROPE
comme des rameaux perpendiculaires dirigés du sud au uord ; ces rameaux de montagne» qui couvrent la plus grande partie du nord de la Botnie et de la Servie, se terminent aux plaines de la Drate et de ta Save, à l’exception du plus oriental qui se rattache aux montagnes de Fagaras, en séparant la plaine de la Morava de celle de la Bulgarie.
Vers le point où ce rameau se lie à la chaîne médiane, il s’en détache aussi une grande chaîne latérale, dirigée de l’ouest à l’est, connue sous le nom de Balkan on Himns. Sa partie occidentale ou grand Balkan, atteint l’altitude de 1 800 mètres, mais le petit Balkan s’abaisse successivement jusqu’à la mer Noire, où il se termine par le cap Emineh. Le versant septentrional de cette chaîne se compose de gradins qui s’abaissent lentement vêts la plaine de Valachie, mais le versant méridional présente des pentes plus rapides vers la plaine de Thrace.
Un rameau, quelquefois désigné sous le nom de Grand sia et dirigé du nord-ouest au sud-est, entre la mer Noire et la plaine de Thrace, s’étend du Balkan au détroit de Constantinople, qui le sépare des montagnes du milieu de l’Asie.
Le versant méridional des montagnes Dinariennes et de la partie occidentale des montagnes Scordienncs est beaucoup plus étroit que le versant septentrional, et forme, le long de la mer Adriatique, une côte escarpée, entamée par de nombreux golfes ou bras de mer qui donnent naissance à beaucoup d’îles et de presqu’îles ; mais ensuite ce versant, ainsi que celui des montagnes Rhodopierines, deviennent un vaste massif montueux qui couvre le sol de l’Albanie, de la Macédoine, de la Tliessalie et de la Grèce; on peut y distinguer une longue chaîne dirigée du nord au sud et des rameaux dirigés en divers sens, surtout de l’ouest à l’est et du nord-ouest au sud-est. La chaîne principale, qui s’étend des montagnes Seordiennes au cap Matapan ou Ténare à l’extrémité de la Morée, a pour point culminant le Pinde ou Mont-Mezzoro ou Monl- Granimos, dont l’altitude est d’environ 2 800 mètres.
Parmi les chaînes latérales nous citerons celles où se trouve \' Olympe ou Mont Lacha ou Tchélé Keschiseh, si célèbre dans l’antiquité et dont l’altitude est d’environ 2 000 mètres. Cette chaîne sépare la plaine de Thessalie de la mer Égée, et son prolongement forme Vile d" Enhfe ou de Xégrepont. Tout ce massif est aussi fortement entamé par les eaux de la mer Ionienne et de la mer Égée qui y déterminent l’existence d’un grand nombre de golfes, de presqu’îles et d’îles. Parmi ces dernières celles qui forment l 'archipel grec et Tile de Candie, où se trouve le Mont-Ida ou Psiloriti, haut de 2 339 mètres, peuvent être considérées comme établissant une liaison avec les montagnes de l’Asie.
GÉOGRAPHIE
Les montagne* qui occupent la partie méridionale de la presqu'île de Crimée forment, en quelque manière, l’intermédiaire entre les Karpatlies et le Caucase et ne sont séparées de 'ce dernier que par le détroit de Kertsch. Leur point culminant est le Tchatir-Dagh , dont l’altitude paraît être d’environ 2 000 mètres.
L’Europe est arrosée par une multitude de cours d'rau dont l’existence a puissamment contribué au développement de sa population. Le plus grand de ses fleuves est le Volga, qui prend sa source dans la grande plaine de Russie et se jette dans la mer Caspienne. Cette mer reçoit nussi l ’laïk ou fleuve Oural, la Kouma et le Terek. Parmi les fleuves qui, comme le Volga, prennent naissance dans la grande plaine de Russie et coulent du nord au sud, nous citerons le Don, qui se jette dans la mer d’Azov, et le Dnieper, qui se jette dans la mer Noire. Cette mer reçoit également le Kuban, venant du Caucase; le Dniester, venant des Carpnthes; et le Danube, qui est le second fleuve de l’Europe pour l’étendue, et qui traverse tout le midi de l’Allemagne en présentant cette particularité qu’il est, avec ses affluents, le seul grand cours d’eau de cette région qui coule de l’ouest à l’est. Beaucoup de fleuves de l'Europe coulent du sud au nord; les uns, comme la Pelchora, le Mezen, lu Dvina, Y Onega, se jettent dans l’océan Arctique; d’autres, comme la Duna, le Niémen, la Fistule, Y Oder, se jettent dans la mer Baltique; d’autres, comme Y Elle, le 11'eser, YLms, le Rhin, la Meuse, Y Escaut , se rendent à la mer du Nord. Cette mer, et surtout la Baltique, reçoivent un grand nombre de cours P eau qui descendent des montagnes de Scandinavie. Parmi les cours d’eau de la Grande-Bretagne, on remarque la Tamise et YHumber, qui s’écoulent dans la mer du Nord; la Severu, qui, de même que le Shannon, en Irlande, se jette dans l’océan Atlantique. Ce dernier reçoit, sur les côtes de France, la Seine, la Loire, la Charente, la Gironde; et, sur celles d’Espagne, le Duero, le Toge, la Guadiana, et le G nadalguivir . La Méditerranée reçoit, sur les côtes d’Espagne, la Segura, le Xucar, 1 ’Èbre ; sur celles de France, le Rhône ; sur celles d’Italie, Y Artio et le Tibre. La mer Adriatique reçoit le Pu, qui est le principal fleuve de l’Italie, la Narenla, et le Drin, venant de la péninsule Slavogrecquc. Enfin , la mer Égée reçoit , entre autres, le Vardar ou Axius, le Strgmon ou Karassou, la Maritza ou Hebrus.
Parmi les nombreux affluents de ces fleuves, nous citerons seulement la Kama et YOka pour le Volga ; le Pruth, la Theiss, la Save, la Drave, Ylnn, pour le Danube; le Hong ou Ilypanis, pour le Dnieper; le Manitsch, le Doue!:, le Khoper, pour le Don ; le Vu g, pour la Vistule;
KUROI'K.
la If'artha, pour l’Oder; le Meiu et la Moselle, pour le Bliiu; la Garonne, pour la Gironde.
L’Europe renferme un grand nombre de lacs. Ces amas d’eau sont ■•urtout extrêmement abondants dans le nord-ouest de la Russie et dans la Suède, où ils couvrent une partie considérable du sol : c’est- là aussi que se trouvent les plus grands lacs, tels sont ceux de Ladoga, cT Onéga, de Peypus , dans la première; de Ifener, de Melar, de lf’elter, dans la seconde de ces régions. Les montagnes des Alpes renferment aussi plusieurs lacs importants; tels sont ceux de Geniee ou Léman, de Neuchâtel, de Thun, des quatre Cantons , de Zurich, de Constance ou Bodensee, en Suisse; les lacs Majeur, de Corne et de Garde, en Italie; les lacs Balaton et de Neusidler, en Hongrie. Nous citerons encore les lacs de Sculari, <P Occhrida, de Janina, dans la Slavogrcce.
Subdivision de l'Europe. — L’ Europe peut être partagée eu deux grandes portions : l’une occidentale, l’autre orientale (1), qui, de leur côté, peuvent se subdiviser en quinze régions; savoir : dans l'Europe occidentale , le Spitzberg , les lies Feroe, les îles Britanniques , les i les Açores, l’ Espagne, la France, V Italie, l 'Allemagne, le Danemark, la Scandinavie, et dans l’Europe orientale la Bussie, la Pologne, la Hongrie, la Dacie et la Slavogrèce (2).
il) On diviso souvent l'Europe en septentrionale, centrale et méridionale; mais la division en occidentale et orientale, employée par Balbi, me parait préférable; car elle est en partie tracée par la mer Baltique cl la mer Adriatique, et elle évite de partager la grande région entre la mer Blanche et la mer Noire, que l'usage réunit ordinairement sous le nom de Russie.
(ïi Les dénominations dont on se sert ordinairement pour désigner les diverses divisions de la terre, sont établies d'après deux principes différents et souvent opposes, le principe purement géographique et le principe politique. Le premier do ces princij>c» détermine seul la division de premier rang, c’est à dire en ciuq parties, et celles de deuxième rang, qui distingue dans chacune de ces parties deux ou trois portions; mais, lorsqu'il s'agit de divisions moins etendues, on fait ordinairement usage des démarcations politiques des Étals ou fractions d'Etats qui établissent des rapports dont les hommes s'occupent dans une foule de circonstances. Cependant, comme ces divisions rompent fréquemment les rapports naturels et varient a chaque instant par l'effet des guerres et des révolutions, on fait usage de divisions purement géographiques, lorsqu'il s’agit de contrées nettement dessinées par des circonstances géographiques ou de pays dans lesquels les sociétés politiques sont fort variables. C'est ainsi, par exemple, que, malgré le pouvoir que les Français et les Allemands ont exercé dans certaines parties de la région au sud de* Alpes, on a toujours vu l'Italie dans toute celte région. Il est résulté de cet état de choses que les géographes, obligés de choisir au milieu do ces usages contradictoires, se sont, en quelque manière, fait chacun un système particulier, qui tenait plus ou moins de l’un ou de l'autre principe, d’après leur point de départ on la tournure de leur esprit. Dan» ma manière de voir, il convient d'avoir des subdivisions de chaque partie de la terre en régions et contrées géographiques qui soient tout à fait indépendantes des divisions politiques, mais je pense en même temps que, pour se rapprocher autant que possible de l'usage ordinaire et pour éviter de créer des noms nouveaux ou de se servir de dénominations inusitées, on peut, lorsque les circonstances s'y prêtent, désigner ces régions par le nom de l'Étal dont le territoire eu forme le noyau, et lui donne, en quelque manière, ses caractères généraux. C'est d'après ces principes que j’ai établi les régions dont les noms sont indiqués ci dessus. Je crois, du reste, pouvoir me dispenser de rapporter ici les motifs que j’ai invoqués pour justifier quel-
GÉOGRAPHIE