‹ Abrégé de géologieChapitre 19 sur 110 · AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE

plus étroite. La péninsule méridionale a la forme d’un coeur très allongé, mais la péninsule septentrionale est beaucoup plus irrégulière et présente un grand nombre de péninsules de plus petites dimensions, dans le nombre desquelles, cependant, il y en a deux qui sont assez considérables , savoir : celle de Labrador, ou nord-est , et celle de la Béringie ou de l’ Amérique russe au nord-ouest. Parmi les autres , nous citerons la Vieille-Californie, V Yucalan, la Floride, la Nouvelle-Écosse, \a presqu’ile Melville, celle de Boothia Félix, qui est peut-être une île.

La partie septentrionale de l’Amérique comprend un grand nombre d’iles , surtout entre la mer Polaire et la mer de Badin , mais celles-ci sont peu connues et presque toujours entourées de glace ; telles sont la Terre de Grinnell, le Lincoln Septentrional , le Leçon Septentrional, Vile Comicallis , Vile Melville, Vile du prince Patrick, Vile de Banks , Vile Victoria , Vile du prince de Galles , le Sommerset Septentrional, les lies Cockburn, Vile Soulhanipton, Vile James, Vile de Cumberland, etc. A l’est de la mer de Badin, se trouve le Groenland, terres dont les limites septentrionales se perdent dans les glaces polaires et qui forment probablement un archipel considérable , mais qui pourraient aussi appartenir en partie à un continent polaire. Bans l’océan Atlantique se trouvent notamment V Islande, que l’on considère quelquefois comme appartenant à l’Europe; l’(7e du prince Édouard ou Saint-Jean ; Vile du cap Breton ; Rhode-Island ; Long- Island ; les petites (les Bermudes; le grand archipel des Antilles, qui forme trois groupes, savoir : les îles Lucayes ou de Bahama, composées d’un grand nombre de petites Iles; les grandes Antilles, dont les principales sont Cuba, qui a plus de 100 inyriamètres de long, Haïti, la Jamaïque, Porto-Rico; les petites Antilles, qui forment une chaîne de petites îles où l’on distingue, entre autres, la Guadeloupe et la Martinique. On considère aussi quelquefois comme une division des Antilles et l’on appelle alors Antilles sous le Vent quelques îles situées dans la partie méridionale de la mer des Antilles le long de la côte de l’Amérique méridionale et que, pour cette raison, nous considérons comme appartenant à cette division. Les principales de ces îles sont Trinidad, Tobago, Vile Marguerite, Curaçao.

La partie septentrionale de la côte occidentale de l’Amérique est aussi garnie d’une grande quantité d’îles parmi lesquelles nous citerons Vile Nunivok, dans la mer de Béring; les lies Alfoutes, longue chaîne entre cette mer et l’océan Pacifique; Vile Kodiak, Vile Sitka, Vile Baranov, Vile du prince de Galles, Vile de la reine Charlotte, Vile de Nootka ou Quadra et Vancouver sur les bords de l’océan Pacifique.

L’Amérique méridionale ne présente presque pas d'îles dans sa por-

GÉOGRAPHIE

tion du nord; mais vers le sud, nous citerons les archipels de Chiloé, de Chottos et de la Mère de Dieu, sur les côtes de Patagonie; V archipel de la terre de Feu ou Magellan , nu sud de cette dernière région ; les îles Falkland où Malouines, la Géorgie du Sud et les lies Sandicich du »ud , qui s’avancent jusque près du 6UC degrés de latitude australe.

Le trait le plus remarquable du relief de l’Amérique est l’existence d’une chaîne ou plutôt d’un système de chaînes de montagnes qui la traverse dans le sens de sa longueur du côté de t occident, en s’écartant peu de l’océan Pacifique, et qui atteint une élévation qui ne le cède presque pas aux plus hautes cimes de l’ancien continent. On peut aussi reconnaître un système oriental du côté de l’océan Atlantique; mais ce système est divisé par plusieurs interruptions, et ne se prolonge pas sur toute la longueur du continent.

D’immenses plaine* séparent les montagnes occidentales des montagnes orientales. On pourrait voir dans celles de rts plaines qui sont au nord une communication de la mer Polaire avec la mer des Antilles et dans celles du midi une communication de la mer des Antilles avec l’océan Atlantique méridional. Les plaines du Nord se composent des plaines de la Nouvelle Bretagne avec leurs nombreux lacs qui versent leurs eaux dans la mer Polaire et des plaines du Mississipi dont les eaux s’écoulent dans le golfe du Mexique. Du reste, le sol de cette vaste dépression est loin d’être entièrement uni , il s’y trouve , au contraire , des inégalités plus ou inoius prononcées, tels sont notamment les Monts Ozarks qui forment, vers le bas Mississipi, une chaîne dirigée du nordest nu sud-ouest et qui paraissent atteindre quelquefois 300 mètres d’altitude. Les plaines méridionales se divisent également en deux parties par le renflement des montagnes orientales. L’une est arrosée par l’^mazone et l’autre par les affluents du Rio de la Plata. Celle-ci s’étend jusque vers l'extrémité du continent, c’est à dire beaucoup plus loin que le Rio de la Plata. Elle renferme de vastes pampas et des savanes, mais ces dernières sont surtout abondantes dans la plaine de l’Amazone.

Les montagnes occidentales, dont la partie méridionale est connue sous le nom A' Andes , forment , à partir de l’extrémité sud du continent, une chaîne d’abord assez étroite et dirigée du sud au nord. Cette chaîne ne paraît pas s'élever à plus de 2 000 mètres dans la Patagonie, mais elle atteint l’altitude de G 834 mètres, au motit cT Aconcagua dans le Chili et forme dans la Bolivie un vaste plateau d’une altitude moyenne de 4 000 mètres, sur lequel s’élèvent des cimes plus élevées, dont l’une, le Necado de Sorata, atteint G 4S8 mètres. Ce plateau se prolonge dans le Pérou en suivant une direction nord-ouest

A.MKHIQl K.

et reprend la direction du sud nu nord dans les Andes de Quito , sur lesquelles s’élèvent le Chimboraqo , cime de 6 530 mètres que l’on a longtemps considéré comme le point le plus élevé de la terre. Le plateau des Andes fléchit un peu vers l’ouest dans la Nouvelle Grenade et vient se terminer brusquement à la mer des Antilles.

Un rameau peu élevé, qui se détache des Andes, vers le S' degré de latitude boréale, eu se dirigeant à l’ouest, forme V isthme de Panama et rattache les Andes à la partie septentrionale du grand système. Celui-ci, reprenant la direction générale du nord-ouest , se relève et s’élargit avec le développement du continent en formant, dans le Mexique, un vaste plateau d’une altitude moyenne de 2 000 mètres sur lequel s’élèvent des cimes dont l'une, le Vopocatepelt, atteint 5 400 mètres. La série de ces élévations, que l’on considère comme la chaîne principale, se continue le long des plaines de l’Amérique du Nord sous les noms de Sierra Madré et de montagnes Rocheuses ou Rocky-mounlains et paraît se prolonger jusqu’à l’océan Arctique, mais elle s’abaisse beaucoup vers le 58e degré et n’est pas connue au delà. L’une des cimes les plus élevées paraît être le F renom ts peake qui atteint l’altitude de 4 500 mètres.

L’espace compris entre les montagnes Rocheuses et l’océan Pacifique est généralement montueux et élevé, du moins dans la partie méridionale, la seule qui soit connue et l’on peut y reconnaître plusieurs chaînes aussi dirigées du sud au nord, tels sont les monts Wahsatch et la Sierra Nerada, séparés par la vaste dépression du désert <T Utah dont les eaux s’écoulent dans le grand lac Salé. La Sierra Nerada, célèbre par ses mines d’or et dont l’altitude paraît atteindre G 000 mètres, est séparée, du côté de l’ouest, par de riches vallées, d’une chaîne peu élevée, connue sous le nom de Coast Range, et qui borde toute la côte des Californies jusqu’au eap Meudoeino. Il paraît qu’il existe aussi dans ce massif des chaînes qui auraient d’autres directions, telle sernit la Sierra de Mogoyon ou Sierra Blanca au nord du Rio Gila qui serait dirigée de l’est à l’ouest et atteindrait une altitude de 3 500 mètres.

Le prolongement de la Sierra Nevada, au nord du cap Meudoeino, prend le nom de monts cascades et fléchit ensuite vers l’ouest en s’étendant jusqu’au détroit de Bering, qui les sépare des monts de Tchoukotsk. Ces montagnes atteignent une grande hauteur et le mont Saint-Êlie, près de la baie de Bering, a 5 512 mètres d’altitude. Un peu plus nu nord, il se détache de cette chaîne un rameau dirigé vers le sud-ouest et qui forme la presqu’île A' Alaska et les îles aléoutes.

Les montagnes orientales de l’Amérique commencent dans le Groenland. On pourrait considérer V Islande, dont le point culminant

ec

CÊOCRAPUIE.

est le Snmjials-Jokull, haut de 1 559 mètres, la petite t le Jean Moyen, où se trouve le Beerenbery, dont l’altitude est de 2 085 mètres, et peut-être même le Spitzberg, dont il a été parle à l’article de l’Europe, comme étant de leurs dépendances. La portion de ce système qui s’étend sur la partie septentrionale du continent est souvent désignée d’une manière générale par le nom A' Alleghanis ou Apalaclie». Elle se compose de montagnes qui n’ont pas ordinairement plus de 800 à 900 mètres d’altitude et dont les plus grandes élévations se trouvent aux deux extrémités de la chaîne , notamment à l’extrémité septentrionale qui porte le nom de montagnes Blanches et renferme des sommets de plus de 2 000 mètres. Cette chaîne est en général formée de chaînons parallèles dont les principaux sont les montagnes Bleues, du côté de l’océan Atlantique, et les Alleghanis proprement dits, du côté opposé. Toute cette partie du système tend a converger vers l’ouest, mais ensuite on trouve les Antilles, qui reprennent vers l’est et que l’on peut considérer comme la continuation du système, car ces îles sont très montueuses, et le mont PotriUo , dans l’île de Cuba, paraît dépasser l’altitude de 2 700 mètres. Au sud des Antilles s’élèvent sur le continent les montagnes de la Guyane, qui atteignent à la Duida, dans la Sierra de Paritna, l’altitude de 2 500 mètres La plaine de l’Amazone forme une nouvelle interruption au sud de laquelle se trouvent les montagnes du Brésil; massif extrêmement puissant qui converge vers l’ouest et dont les rameaux occidentaux se rapprochent de la chaîne des Andes, s’ils ne se lient pas à ceux dépendants de cette dernière chaîne. Du reste, les montagnes du Brésil sont peu élevées en comparaison de celles des autres chaînes de l’Amérique, et le mont Jtacolumi , que l’on considère comme leur point culminant, n’a que 1 851 mètres d’altitude.

C’est dans la partie méridionale de l'Amérique que se trouve le plus grand des cours (Tenu connus : Y Amazone ou Maranon. Ce fleuve, qui se jette dans l’océan Atlantique, a un bassin immense et compte, parmi ses affluents, des cours d’eau très considérables ; tels sont le Rio-Xegro, Y Papura, le Napo, le Tunguragua, le Huallaga, YUeayale, la Madeira, le Topayos, le Xi agit. Parmi les autres fleuves de l’Amérique méridionale, nous citerons eucore le Rio de la Plata, le San-Francisco, le Parnabi ba, le Tocantin ou Para, VOrénoqne, qui se jettent aussi dans l’océan Atlantique, et la Magdalena, qui se jette dans la mer des Antilles. L’Orénoque présente cette particularité qu’il s’en détache un bras, nommé Cassiquiare, qui se rend dans le Rio-Xegro, et établit de cette manière une communication entre l’Orénoque et l’Amazone. Le Rio de la Plata n’est, pour ainsi dire, qu’un golfe d’eau douce, mais il

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