CLASSIFICATION DES MINÉRAUX
parce que l’on n'a pas encore été à même de caractériser ou de distribuer le reste de l'espèce en divisions correspondantes. Nous distinguons cette catégorie de variétés par l’épithète He principales pour les distinguer des variétés particulières à certains caractères qui s’associent nvce d’autres.
Il y a aussi des espèces minérales qui ont entre elles des rapports qui les ont fait réunir et désigner par un nom spécial qui ne peut s’appliquer qu’à une partie d’un genre ou d’un sous-genre, établi d’après les règles précédentes, et on désigne quelquefois ces petites divisions par le nom de tribus.
Nous allons maintenant donner le Inbleau des genres, sonsgenres, tribus, espères et sous-espèces de minéraux que l’application de ces principes nous a fait admettre (1). Nous y joignons l’indication du système cristallin pour les espèces où ce caractère est Connu et que nous indiquons par le signe f précédé du chiffre correspondant. Enfin , nous y ajouterons quelques mots sur les minéraux employés dans les arts, mais seulement pour ce qui concerne les substances qui ne figureront pas au tableau des roches pour lesquelles nous renvoyons au chapitre suivant.
première classe. — MÉTALLITES.
Substances contenant un métal proprement dit , c’est à dire qui ne se transforme pas en terre ou en alcali.
Ces minéraux sont beaucoup moins abondants que les kouphylites; ils sont ordinairement en filons, en veines et en cristaux disséminés, et forment rarement des couches. Ils sont à l’état solide sous la température ordinaire, à l’exception d’une espèce, le mercure, qui est liquide. Beaucoup sont opaques et présentent l’éclat métallique.
Familles dont le corps dénominateur est un métal proprement dit ordinairement électro-positif.
(i) On ne trouvera pas dans ce tableau les noms do toutes les espèces qui figurent dans les travaux de minéralogie, d'abord fnree qu'il y a un grand nombre de ces espèces que je considéra comme rentrant dans les espèces inscrites au tableau, et ensuite parce que ce dernier, étant extrait d'un travail fait en 1833, ne contient pas toutes les espèces qui ont été découvertes ou déterminées depuis lors.
MINERALOGIE.
lre Famille. — Aurldes.
Substances attaquables par l’eau régale et donnant une solution qui précipite en pourpre par le chlorure stannique.
1" Genre. Auridcs simple» 1+ Or.
î* — — tellururcs î t Sylvine.
L’or se trouve encore uni avec beaucoup d’autres métaux, notamment avec l’argent, le mercure, le platine, le palladium, le cuivre, le fer, le rhodium. On considère même quelques-unes de ces unions comme formant des combinaisons particulières, mais comme elles présentent des proportions variables et que tous ces métaux sont isomorphes, il paraît qu’il y a plutôt lieu d’y voir des mélanges. Nous considérons également comme accidentel l’or que renferme divers sulfures et d’autres tellurures que celui indiqué ci-dessus.
L’or se trouve en cristaux, en paillettes, en dendrites, en filaments, en grains et en fragments plus considérables que l’on appelle pépites, lorsqu’ils atteignent le volume d’une noisette. L’or naturel pèse de 12,66 à 14.85, purifié et travaillé il pèse 19.25; c’est le plus ductile des minéraux; mais sa dureté est moindre que celle du fer, du platine, du cuivre, de l’argent, plus grande que celle de l’étain et du plomb. Sa couleur est jaune, son éclat métallique. Son inaltérabilité, sa belle couleur le rendent très précieux et le font rechercher pour faire de la monnaie et pour l’employer dans plusieurs arts utiles ou d’agrément.
2e Famille. — Plntinîdes.
Substances attaquables par l’eau régale et dont la solution jaunâtre donne par la potasse un précipité jaune insoluble dans le carbonate potassique.
Genre unique. PlatinicJcs simples If Platine.
Le platine est presque toujours mélangé de fer, d’or, de palladium d’iridium, d’osmium ou de rhodium. Il est infusible au chalumeau, il cristallise en octaèdre ou en cube, et se trouve en fragments qui sont ordinairement des grains très petits, pesant 17.33. Son éclat est métallique; sa couleur un gris de plomb approchant du blanc d’argent. C’est
TABLEAUX DES MINÉRAUX
un métal précieux à cause de son inaltérabilité et de sa ténacité; il est très utile pour faire des instruments qui sont dans le cas d’étre altérés par la chaleur et par les autres agents chimiques.
3e Famille. — Iridides.
Substances donnant, après avoir été fondues avec le salpêtre, de l'iridate potassique qui, traité par l’acide chlorhydrique, donne une solution semblable, au caméléon minéral, mais se colorant en jaunâtre sur les bords de la capsule.
1" Genre. Iridiées simples I | Iridium.
2" — — osmités IL Irile.
Plusieurs auteurs admettent ainsi l’existence d’osmiurcs d’iridium, mais d’autres ne voient que des mélanges dans ces substances.
L’iridium est un métal fort rare qui se trouve avec les grains de platine et qui est souvent mélangé avec ce métal.
4' Famille. — Osmldes.
Substances inattaquables par les acides, donnant par la calcination avec le nitrate potassique une odeur analogue à celle du chlore et un résidu attaquable par l’eau, dont la solution précipite en vert par l'acide nitrique.
L'osmium est un métal très rare qui n’a encore été trouvé qu’uni avec l’iridium, soit à l’état d’osmite indiqué ci-dessus, soit dans un état que l’on considère quelquefois comme un osmiurc, mais qui parait n’être qu’un mélange.
Genre unique. Osmides simples 2 i Osmium.
5* Famille. — Pnllndidcx.
Substances attaquables par l’acide nitrique et dont la solution, d’un rouge brunâtre, forme une gelée verdâtre avec le cyanure ferroso-potassique.
1" Genre. Palladides simples Palladium.
2* — — séleniurcs Séléniure palladique.
6* Famille. — K h od Ides.
Le rhodium, métal très rare, sc trouve dans des minerais de platine qui en contiennent un peu plus de 3 pour cent. On cite aussi de l’or qui en contiendrait 34 à 43 pour cent. Il paraît que dans l’un et l’autre cas l’association n’est qu’un mélange.
7' Famille. — Argcnlldc*.
Substances donnant de l'argent ou un alliage d’or et d’argent lorsqu’on les traite au chalumeau sur du eharbon avec du carbonate sodique. Attaquables par l'acide nitrique (à l’exception des chlorure, iodurc et bromure) et dont la solution donne un précipité blanc par l’acide chlorhydrique.
Genre. Argeulides simples
1 t Argent.
mcrcururés
J i t Moschélilc.
i ? Arqucrite.
tellururés
Hcssilc.
antimoniurcs
3 t Discrase.
arseni tirés
Arséniurc d'arj
scléniurds
1 f Naumanite.
sulfures \
1 1 f Arpyrose.
' 3 i Slcrnbergilc.
sulfarscniés
4 t Proustilc.
f 1 i Argyrilhrose.
L 5 t Mvarpyrilc.
sulfantimonics . *
; 2 f Pau tu ruse.
) ? Bronpniartite.
r ? Frrirslrbénite.
^ 3 t Polybasile.
chlorurés
1 t Kérargyre.
iodurés
lodite.
bromures
1 t Bromite.
On a aussi admis sous les noms d 'eleclrum ou goldxilber un aurure d’argent, mais cet alliage se présentant en toute proportion, il paraît que l’on ne doit y voir que le mélange de deux métaux isomorphes. L’argent entre encore dans la composition essentielle de quelques minéraux que nous indiquerons dans la famille des cuprides, et se trouve accidentellement dans quelques autres qui sont quelquefois considérés comme minerais d’argent, lorsque la quantité de ce métal est suffisante pour couvrir les frais d'exploitation. En effet, plusieurs sulfures et sulfosels d’argent pouvant sc substituer avec d’autres sulfures ou sulfosels,
TABLEAUX BBS MINÉRAUX.
notamment de cuivre et de plomb, ces matières se trouvent ordinairement mélangées et passent tellement de l’une à l’autre que l’on réunit souvent sous le même nom des substances que nos principes de classification nous forcent de distribuer dans des familles différentes; tel est le cas des minerais nommés fahlerz et giiltigerz par les mineurs allemands. Ce sont ces sulfures et sulfoscls qui forment les minerais d’argent les plus communs; cependant les chlorures et les mercurure3 ou amalgames donnent aussi lieu à de riches exploitations , notamment au Mexique et au Chili. On connaît l’utilité de l’argent, soit comme monnaie, soit pour faire des ustensiles d’économie domestique.
8' Famille. — Mereurlde».
Substances qui, étant soumises à l’action de la chaleur avec de la soude dans un tube fermé, donnent un sublimé qui se réduit par l’agitation en gouttelettes de mercure.