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ORDRE. — ROCHES FLUORL'RÉES

La fluorine, substance composée de fluorure calcique, fusible au chalumeau en une perle opaque, souvent décrépitante, forme , indépendamment de ses beaux cristaux, des filons et des rognons à texture laminaire, lamellaire, quelquefois grenue, compacte ou concrétionuée; elle cristallise dans le système cubique, pèse de 3.1 à 3.2, raye le calcaire, est rayée par une pointe d’acier. Elle est quelquefois limpide, d’autres fois, elle est de couleur blanche, violette, bleue, verte, jaune, rouge, etc. ; souvent ces couleurs sont très vives et réunies par bandes dans le même échantillon. On l’emploie pour faire des vases et d’autres objets d’ornements.

f ORDRE. - ROCHES CHLORURÉES.

Le selmarln est une roche à base simple, mais où le chlorure sodique est fréquemment mélangé de chlorures calcique et magnésique, de sulfates sodique, magnésique et calcique. Il est soluble dans l’eau, attire l’humidité et a une saveur salée. Il pèse de 2.12 à 2,30; il est fragile et rayé par le calcaire; il est ordinairement limpide ou blanc, mais quelquefois coloré accidentellement en rouge, bleu ou gris ; il forme des couches, des amas et des rognons à texture compacte, grenue, lamellaire, laminaire et fibreuse. On connaît ses nombreux usages dans l’économie domestique et dans les arts.

y ORDRE. - ROCHES SULFATÉES.

1" Genre. — Roches aluniques.

L’alunite ou pierre d'alun est une roche à base simple, composée d’acide sulfurique, d’alumine, de potasse et d’eau, mais qui est toujours mélangée de matières étrangères, surtout de silice et de silicate d’alu-

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mine. Elle devient en partie soluble par la calcination, pèse 2.69, raye difficilement le verre et forme des amas et des filons à texture compacte, celluleuse, bréchiforme et terreuse, quelquefois radiée et fibreuse. L'alunite est exploitée pour en retirer, par le grillage et le lavage, de l’alun qui est connu dans le commerce sous le nom d’alun de Rome, parce qu’on le prépare à la Tolfa, près de Civitu-Vecchia.

2e Genre. — Hoches bnrytiqacs.

La barytine est une roche à base simple, composée de sulfate de baryte difficilement fusible en émail blanc, pesant 4.7, rayant le calcaire, souvent blanche, quelquefois limpide, jaunâtre, rouge de chair, brunâtre, grisâtre, noirâtre; formant des amas, des filons, des concrétions, des fragments à texture ordinairement laminaire , quelquefois compacte, grenue, fibreuse, radiée et stratoïde; les variétés cristallines se clivent en prisme droit rhomboïdal de 101" 42’. Il y a des variétés fétide (sclncerleberspath) , quartrifère (* choharile ) et fluorinifère.

3e Genre. — Roches gy pieuses.

La kanslcnile ( anhydrile , gypse anhydre ) est une roche à base simple, composée de sulfate de chaux difficilement fusible en émail blanc, pesant de 2.5 à 2.9, rayant le calcaire, de couleur souvent blanche, quelquefois bleuâtre, violâtre, grisâtre, rougeâtre. Elle forme des amas, des couches et des filons à texture compacte, grenue, terreuse, saccharoïde, lamellaire, laminaire et fibreuse. Ixs variétés cristallines se clivent en prisme rectangulaire droit. Il y en a qui est mélangée de sel marin et d’autre de quartz. La karsténite est quelquefois employée comme pierre de décoration, tels sont le martre bleu de Wurtemberg et le marbre bardiglio de Vulpino, près de Bergame.

Le gypse est une roche à base simple, composée d’hydrosulfatc de chaux, donnant de l’eau par la calcination, difficilement fusible au chalumeau en émail blanc, pesant 2.33, rayée par l’ongle, de couleur souvent blanche, d’autres fois jaunâtre, grisâtre, verdâtre, formant des couches, des amas, des filons à texture compacte, grenue, grossière, terreuse, saccharoïdc, lamellaire, laminaire; il est quelquefois mélangé d’autres matières, notamment de calcaire. La variété laminaire se clive avec une grande facilité et ses lames sont quelquefois employées au lien

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de verre pour couvrir de petites images. Les variétés compacte et grenue servent, sous le nom A' albâtre gypseux, à faire des vases, des pendules, des figures et d’autres objets d’ornements. Le gypse calciné, réduit en poudre, porte le nom de pldtre; il est extrêmement utile pour la fabrication du stuc, le moulage des statues, pour faire des mortiers, lesquels toutefois ne doivent point être exposés à l’humidité. Il est aussi employé avec avantage pour favoriser la croissance des fourrages.

6* ORDllE. - ROCHES CARBüNATÊES.

1" Genre. — Roches calcareuses.

Le calcaire est une des substances les plus abondantes et les plus variées du régne minéral ; il est notamment très remarquable par la grande quantité de scs formes cristallines qui s'élèvent à plus de 1500 et dérivent d’un rhomboèdre de 105° 5’. Cette substance pèse 2.723, raye le gypse, est rayée par la fluorine, donne de la chaux par la calcination et fait une effervescence plus ou moins vive dans l’acide nitrique. Elle présente un grand nombre de modifications dont nous allons indiquer les principales :

1° Le calcaire laminaire, qui se clive facilement en donnant le rhomboèdre primitif ; il est ordinairement limpide ou blanc, mais quelquefois coloré par des matières étrangères. C’est le minéral qui jouit au plus haut degré de la double réfraction.

2° Le calcaire lamellaire est ordinairement de couleur blanche ; il est, en général, susceptible de prendre un beau poli : tel est le marbre de Paras.

3° Le calcaire saccharoïde prend aussi un beau poli, et, lorsqu’il est de couleur blanche, on le considère comme marbre statuaire, parce qu’il est très propre à faire des statues : tel est le marbre de Carrare. D’autres fois, le calcaire saccharoïde est d’un gris bleuâtre nuancé, et alors on l’appelle marbre bleu turquin.

4° Le calcaire compacte est une des roches les plus abondantes de la nature, et qui fournit une grande quantité de matériaux de construction, des marbres de diverses nuances, des pierres à lithographier, etc. Il passe souvent au calcaire schistoide et à d'autres variétés de texture.

6° La craie est un calcaire écrivant, d’une texture grenue passant à la texture compacte, plus ou moins friable et de couleur blanche. On considère quelquefois comme craie des substances grises, vertes et noi-

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râlrcs, mais ces variétés appartiennent eu général au calcaire cblorité et à la marne. La craie est assez abondante dans la nature ; elle sert comme pierre à bâtir lorsqu’elle n’est pas trop friable ; on l’emploie aussi comme crayon pour tracer des traits ; on en fait usage pour les peintures grossières ; certaines variétés friables sont recherchées pour l’amendement des terres et confondues avec la marue par les cultivateurs.

6° Le tuffeau est un calcaire plus ou moins friable, d’une texture grenue passant à la texture grossière, non écrivant, ordinairement jaunâtre, quelquefois jaune-verdâtre. On l’emploie comme pierre à bâtir, et pour l’amendement des terres.

7° Le calcaire grossier a une texture très variable qui passe en quelque manière de la texture compacte aux textures conglomérées ; il est communément fort impur; sa couleur ordinaire est le jaunâtre, passant quelquefois ou blanchâtre, au brunâtre et au verdâtre. Sa cohérence varie depuis l’état arénacé jusqu'à celui de pierre très solide. Il est très favorable pour l’architecture et il a exercé une grande influence sur la beauté des monuments de Paris.

8° Les marbriers italiens ont donné le nom de lumacheUe à un calcaire presque entièrement composé de débris de coquilles, qui fournit quelquefois des marbres remarquables par leurs reflets nacrés; et, quoique ce calcaire ne soit qu’un accident dans ce qu’on appelle aussi calcaire coqnillier, calcaire madrtyoriqne, calcaire psendomorph ique, qui ne sont eux-mêmes que des accidents qui se reproduisent dans la plupart des autres variétés, nous avons cru devoir citer ici la lumachelle, parce que c’est une dénomination dont on se sert souvent dans les descriptions géognostiques.

9° Uoulite est un calcaire à texture oolitique, c’est à dire composée d’une agglomération de petits grains ou de petits noyaux de diverses grosseurs. On a donné le nom iVoolile miliaire à celle qui est formée de parties de la grosseur d’un grain de millet. On en fait d’excellentes pierres à bâtir ; les parties qui se trouvent au jour ont souvent beaucoup de tendance à se diviser en plaques, que, dans certaines contrées, on emploie à couvrir les toits.

10° La cargneule, ou calcaire celluleux, sc distingue par les petites cavités dont elle est plus ou moins criblée, ce qui ne l’empêche pas d’être souvent fort tenace. Elle passe fréquemment à la dolomie.

11° La brèche, ou calcaire à texture bréchiforme, n’est, en général, qu’un accident des autres calcaires. Elle paraît être quelquefois le résultat de la fracture d’un calcaire préexistant dont les fragments ont été cusuite réunis par une pâte ; mais il paraît que le plus souvent sa

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texture provient (lu fendillement par retrait que les masses ont éprouvé, et du remplissage de ces fentes par des concrétions calcaires. Il y a des brèches dont on fait des marbres très estimés, telles sont celles de Villette en Tareutnise, de Scravezza eu Toscane, la brocatelle tT Espagne, etc.

12° Le calcaire poudingiforme est composé de parties qui sont ordinairement moins liées que celles de la brèche, et il se rencontre moins fréquemment; il forme cependant quelquefois des dépôts considérables au pied des montagnes.

13° Le calcaire concrétionné présente des textures très variées; tantôt il constitue des masses strato-compactes , strato-grenues , strato-lamellaires, strato-celluleuses ; d’autres fois, il se compose de parties mamelonnées, fistuleuses, coralloïdes, globuleuses, plus ou moins adhérentes entre elles; il y en a aussi de terreux ou d’arénacé. Sa couleur est ordinairement le jaunâtre. Il donne parfois d’excellentes pierres de construction, tel est le trarertin employé dans les monuments de Rome. Des variétés translucides sont susceptibles de servir à faire des statues et d’autres objets de décorations , on leur donne alors le nom d 'albâtre oriental.

14° Le calcaire charbonneux (1) est ainsi nommé parce qu’il renferme une certaine quantité de carbone dans un état qui paraît analogue à celui de l’anthracite, ce qui lui donne une couleur bleuâtre, passant au grisâtre et nu noirâtre, et qui se perd par la calcination. Cette variété fournit beaucoup de marbres noirs, noirs et blancs, gris et blancs, gris et rouges, gris, etc.

15° Le calcaire bituminifère est imprégné de matières bitumineuses qui manifestent leur présence par l’odeur qui s’exhale, soit naturellement, soit par le frottement, soit par réchauffement. Le bitume donne souvent à cette variété une couleur noirâtre, brunâtre ou grisâtre; d’autres fois clic est jaunâtre, verdâtre et même blanchâtre. On l’exploite quelquefois pour en retirer du bitume.

1G° Le calcaire fétide {pierre de porc, pierre puante) dégage par le frottement et par la percussion une odeur hépatique très prononcée, qui est probablement due à de l’acide sulfhydrique. Cette variété se confond quelquefois avec les deux précédentes, en ce que celles-ci sont souvent fétides; mais, comme il y a du calcaire fétide qui paraît ne contenir ni charbon ni bitume, on doit l’admettre comme variété distincte.

(I) J’ai préféré l'épithète de charbonneux , comme dénomination minéralogique, à celles à'anthraxifère el de carbonifère, parce que celles-ci sont souvent employées comme dénominations géopnostiques. Le calp et le luxutlite me semblent pouvoir être considérés comme appartenant au calcaire charbonneux.

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17° Le calcaire argileux est mélangé de matières argileuses qui se déposent au fond du vase lorsqu’on le fait dissoudre dans un acide. On peut ranger dans cette variété les substances que l’on appelle pierres à chaux hydraulique, parce qu’elles donnent une chaux très favorable pour les constructions hydrauliques.

18“ Le calcaire siliceux est mélangé de silex, soit d’une manière tout à fait intime, et alors il passe à une variété de silex que l’on désigne quelquefois sous le nom de silicicalce; mais souvent aussi les parties de calcaire et de silex, quoique unies intimement sur les bords, ne sont réellement qu’enchevêtrées l’une dans l’autre et se distinguent à l’œil nu. Ce calcaire passe de cette manière à la meulière, qui ressemble à certains calcaires siliceux dont les parties calcaires auraient été enlevées par un dissolvant.

19° Le calcaire sableux ou quart :ifère contient des grains de quartz. C’est une variété qui n'a rien de constant, mais qui est très commune, la nature présentant, presque partout où il y a du calcaire, des passages de celui-ci au grès, au macigno ou au psammite.

20° Le calcaire chlorilé, aussi nommé glauconie, est un calcaire plus ou moins mélangé de chlorite, laquelle se présente ordinairement sous la forme de grains verts ou noirs et se fond quelquefois dans la masse en lui donnant une couleur uniforme ou bigarrée. Sa texture est souvent grenue, d’autres fois compacte, grossière ou arénacée; d’où l’on voit que cette variété rentre dans plusieurs des précédentes, principalement dans le calcaire grossier , le tuffeau et la craie ; le calcaire chlorité est plus souvent friable ou meuble que tenace, et passe fréquemment à la marne, au macigno, nu psammite, au grès, nu sable, etc.

21° On peut aussi indiquer des calcaires feldspalhique, grenalique, pyroxé 'nique, c’est à dire renfermant des cristaux de feldspath, de grenat, de pyroxène, etc.

Le clpolin est une roche à base phanérogène, composée de calcaire et de mica. Elle forme des couches, des amas, peut-être des filous. Le calcaire a ordinairement la texture sacchnroïde, quelquefois compacte; le mica forme souvent des veines ou des bandes minces; d’autres fois il est disséminé dans la masse. L’ensemble de la roche est fréquemment schistoïdc, d’autres fois bréchiformc. Le cipolin est ordinairement blanc avec des veines grisâtres; d’autres fois il est grisâtre, etc. Il est souvent susceptible d’un beau poli et employé comme marbre, quelquefois même comme marbre statuaire.

L’ophlenlcc est une roche à base phanérogène, composée de calcaire dominant et de talc ou autres substances confondues avec le talc. Elle

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forme des couches, des amas, peut-être des filons à texture saccharoïde, compacte, bréchiforme; quelquefois les matières talqueuscs forment des espèces de réseaux qui enveloppent des noyaux calcaires très rapprochés les uns des autres. La couleur des matières talqueuses est souvent verdâtre, et celle du calcaire blanche ; quelquefois celui-ci est rougeâtre.

L’ophicalce se confond, d’un côté, avec le calcaire, et, de l’nutre( avec les stéaschistes et les ophiolites. Elle est ordinairement subordonnée dans les stéaschistes, peut-être dans les ophiolites. Elle donne des marbres estimés, tels sont le vert antique, le marbre eampan, le pohevera, le teruncolin, etc.

Ou considère, minéralogiquement parlant, la dolomie comme une combinaison d’un atome de carbonate calcique avec un atome de carbonate magnésique ; mais , comme les masses sont rarement composées de cette manière, nous ne devons y voir ici qu’un mélange de calcaire et de giobertite. Celte roche se dissout lentement et souvent sans effervescence dans l’acide nitrique, elle pèse de 2.86 à 2.88, raye le calcaire, mais sa consistance varie de l’état tenace à l’état meuble; elle forme des couches, des amas, des liions à texture compacte, saccharoïde, lamellaire, grenue, celluleuse, arénacée et terreuse, de couleur souvent grise, quelquefois jaunâtre, blanchâtre, bleuâtre, noirâtre; ses masses ont souvent un aspect bouleversé et des formes déchiquetées qui rappellent celles des porphyres ; elle est employée pour la bâtisse, et les variétés tenaces sont recherchées pour faire des pavés.

2e Genre. — Hoche* globertiqucs.

La giobcrlile ou carbonate magnésique, ordinairement mélangée de silicates mngnésiques, mérite à peine de figurer dans la série des roches. Elle forme cependant des filons dans les ophiolites, et on l’a exploitée à Baldissero, en Piémont, pour faire de la porcelaine.

troisième classe. — ROCHES COMBUSTIBLES oc CHARBONNEUSES.

Les roches combustibles ou charbonneuses font partie de ces matières qnc nous avons déjà signalées comme se rapprochant plus des produits organiques que des minéraux proprement dits.

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L’anthraritc ou charbon éclatant est presque entièrement composée de carbone, auquel se joignent de petites quantités d’oxygène, d’hydrogène, quelquefois un peu de nitrogène, ainsi que quelques matières terreuses; mais cellcs-ci ne s’y trouvent que par voie de mélange. Elle se brise souvent en éclats par l’action du feu et brûle difficilement sans flamme ni fumée; sa poussière a une odeur de charbon. Elle forme des couches, des amas, des rognons, des grains, des enduits; sa texture est schistoïde, compacte ou terreuse; elle se divise quelquefois en prismes rhomboïdaux, que l’on a parfois assimilés à des solides de clivage, mais qui n’ont pas des angles constants. Elle pèse de 1.6 à 1.8; elle est tendre, opaque. Sa couleur est noire, son éclat est luisant, quelquefois métallique ou terne. Elle est employée comme combustible, mais elle ne peut, en général, s’allumer qu’au moyen d’autres matières, et plusieurs variétés ne peuvent servir que dans les fourneaux où il se produit une chaleur considérable ; aussi voit-on souvent des parties d’anthracite qui se trouvaient dans la houille sortir intactes des foyers ordinaires.

La houille ou charbon de terre contient plus d’hydrogène et d’oxygène que l’antliracite, mais sa composition est très variable, et M. Kegnault y distingue quatre modifications principales dans lesquelles la proportion de carbone diminue successivement de 0.89 à 0.76, et qu’il désigne par les noms de houilles grasses dures, de houilles grasses maréchales, de houilles grasses à longues flammes et de houilles sèches à longues flammes. La houille s’allume avec facilité et brûle en donnant une flamme plus ou moins longue, une fumée noire ; elle se gonfle et se fond pendant la combustion, de manière à ce que les morceaux se collent entre eux. Si on arrête la combustion, lorsque la houille cesse de flamber, et que l’on opère sur des variétés qui contiennent peu de matières terreuses, on obtient un charbon dur, léger, celluleux, à éclat métallique, que l’on appelle coke. La houille donnes la distillation des matières bitumineuses, de l’eau, des gaz, souvent de l’ammoniaque. Les matières bitumineuses, soumises, de leur côté, à la distillation, donnent de la naphtaline. La houille forme des couches, des amas, des rognons, des grains ; sa texture est schistoïde, compacte, terreuse ; elle se divise quelquefois en prismes rhomboïdaux, que l’on a aussi assimilés aux solides de clivage, mais qui, de même que ceux de l’anthracite, n’ont pas des angles constants. Elle pèse 1.3262; elle est plus tendre que l’anthracite, plus dure que le bitume; sa couleur est le noir plus ou moins foncé, rarement brunâtre ; elle est quelquefois irisée, ordinairement luisante, parfois terne, toujours opaque. La houille est très abondante dans la nature ; c’est une des substances minérales les plus

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utiles à l’homme; on s’en sert principalement comme combustible; on en retire aussi du goudron pour enduire les objets exposés à l’humidité et du gaz pour l’éclairage. Ce sont les houilles grasses à longues flammes de M. Begnault qui sont les plus propres à cet usage. Il y a aussi dans cette division une variété que les Anglais nomment catmel coal ou charbon chandelle, parce qu'elle brûle avec une flamme brillante, et qui est susceptible d’être taillée pour faire des vases et d’autres objets d’ornement.

Le lignite ( ’braunkohle ) a une composition qui diffère de celle de la houille par la présence d’une plus grande quantité d’oxygène et parce que le goudron que l’on en retire ne contient pas de napthaline; il s’allume et brûle avec facilité en donnant de la flamme, une fumée noire, une odeur bitumineuse, souvent fétide et sans boursouflement; il présente, lorsqu’il a cessé de flamber, un charbon semblable à la braise et qui conserve la forme des fragments. Il dégage par la distillation des matières bitumineuses et de l’eau chargée d’acide acétique. Il présente des couches, des amas, des rognons, des nids, des grains, ainsi que des formes d’arbres, de fruits, etc. Sa texture est compacte, terreuse, schistoïde, fibreuse et organique végétale; il se divise quelquefois en solides analogues à ceux de la houille. Sa couleur est ordinairement le brun noirâtre passant au noir, rarement au roussâtre; son aspect est quelquefois résineux, d’autres fois luisant, souvent terne. Le lignite est plus répandu, mais moins abondant dans la nature que la houille. Il est généralement employé comme combustible; plusieurs variétés sont même confondues avec la houille sèche et avec l’anthracite. Lorsqu’il est assez dur et assez compacte pour prendre le poli, et qu’il est d’un beau noir, on lui donne le nom d cjayel, et on le taille pour faire des bijoux de deuil et d’autres ornements. On emploie dans la peinture, sous le nom de terre d’ ombre de Cologne, un lignite terreux brun noirâtre. D’autres variétés de lignites ordinairement terreux sont employées à l’amendement des terres, soit après avoir été calcinées, et alors on les appelle cendres rouges; soit daus leur état naturel, et alors ou les appelle cendres noires.

La tourbe contient plus d’oxygène que les espèces précédentes de charbons, et sa composition se rapproche davantage de celle des végétaux. Elle brûle facilement avec ou sans flamme, donnant une fumée analogue à celle des herbes sèches ou du tabac et en laissant une braise très légère. Elle donne par la distillation de l’acide acétique, une matière huileuse et du gaz. Elle forme des amas, quelquefois des couches et des nids, à textures compacte, terreuse, végétale, ressemblant parfois à une

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espèce de feutre spongieux formé de fibres de végétaux. Sa pesanteur spécifique varie selon la texture ; elle est tendre et friable ; elle est opaque, de couleur brune passant au noirfttre et nu roussâtre. La tourbe est abondante dans les parties septentrionales de la zone tempérée; on l’emploie comme combustible, et elle est d’une grande ressource dans les contrées où le bois est rare ; mais, à cause de son odeur, on lui préfère ce dernier, ainsi que la bonne houille. Ses cendres sont très recherchées dans l’agriculture pour développer la végétation des fourrages.

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