‹ Abrégé de géologieChapitre 39 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DK. S FOSSILES.

Les fossiles ne sont pas répandus au hasard dans l’écorce du globe, et l’ctude comparative de leur nature, ainsi que de leur position, a fait connaître que leur distribution est soumise n certaines règles et qu’ils peuvent être divisés en groupes distincts, lesquels , lorsqu’ils sont en contact, sont toujours superposés dans un ordre constant, mais la science n’est pas encore assez avancée pour (pie l’on soit d’accord sur le nombre et l’indépendance de ces groupes , d’autant plus que, en supposant que cette indépendance ait lieu, on conçoit que des remaniements postérieurs aient pu mêler des débris d’êtres qui auraient vécu à des époques différentes. Aussi , tandis que quelques géologues croient que ces groupes forment une série dont les termes sont liés entre eux, beaucoup de paléontologistes pensent maintenant que les fossiles se divisent en groupes complètement indépendants les uns des autres, et l’on a été jusqu’à admettre une trentaine de faunes dont aucune espèce ne passerait de l’une dans l’autre (1). Ce qui est certain , c’est que quand on compare deux groupes , éloignés dans la série , on ne trouve aucune espèce commune , du moins parmi les animaux supérieurs aux infusoires.

Lorsque l’on examine la série des fossiles, telle que nous la connaissons maintenant, et après l’avoir rangée dans l’ordre des superpositions.

(I) Ou sait qne l'on appelle faune l'ensemble des mimant et flore l'ensemble des vé;étani qni vivent dans une contrée ou bien pendant une période données.

FOSSILES

ou remarque que la partie supérieure annonce, comme la nature actuelle, la présence de beaucoup de mammifère* ; que la partie moyenne se distingue par une grande quantité de sauriens qui prennent souvent des dimensions gigantesques; et qu’il existe dans la partie inférieure une famille de crustacés auxquels on a donné le nom de trilobites, famille qui ne se retrouve plus dans les assises supérieures.

Nous partons de cette état de choses pour établir trois divisions de premier rang que nous désignons par les dénominations de groupes de* mammifère s , des grands sauriens , et des trilobites , en ne prenant pas toutefois ces noms dans un sens exclusif, car il y a des sauriens dans les trois groupes et l’on trouve quelques mammifères dans le groupe des grands sauriens.

Nous subdivisons le groupe des mammifères en trois groupes de second rang que nous distinguons par les épithètes chronologiques de moderne , quaternaire et tertiaire.

Le groupe moderne ou actuel , qui est tout à fait superficiel se compose de débris qui, sauf un petit nombre d’exceptions, appartiennent à des espèces actuellement vivantes et qui sont accompagnées de restes de l’industrie humaine. Ces corps ont peu changé de composition , de manière que les os et les coquilles conservent encore leurs principes gélatineux et que les parties ligueuses des végétaux n’ont éprouvé qu’une faible altération. Nous ne nous occuperons pas des distinctions que l’on pourrait établir dans ce groupe, attendu qu’elles sont plutôt du domaine de l’archéologue que de celui du naturaliste, car les formes des êtres vivants n’ayant pas changé sensiblement dans cette période , c’est principalement par l'étude des monuments de l'industrie humaine que l’on parvient à établir ces distinctions.

Dans le groupe qunternuire , les coquilles et les autres débris d’animaux inférieurs sont encore généralement semblables à ceux des espèces actuelles , mais les débris d’animaux supérieurs annoncent un assez grand nombre d’espèces qui n’existent plus, mais qui, le plus ordinairement, du moins eu Europe, appartiennent à des genres actuellement existants. Les grands pachydermes, tels que les éléphants, les rhinocéros , les hippopotames , y étaient très abondants et s’étendaient dans des contrées où il ne s’en trouve plus maintenant. Ces débris, quoique plus altérés que ceux du groupe moderne, n’ont pas non plus éprouvé une transformation complète. Les bois conservent généralement leur tissu ligneux, les coquilles et les os retiennent encore une partie de leurs principes gélatineux. On a même trouvé dans les terrains glacés de la Sibérie des cadavres d'éléphants et de rhinocéros qui avaient

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