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l'.ÉOGNOSIE.
conservé leurs poils , leurs peaux et leurs chairs. Quelques géologues croient qu’il existe aussi avec ces débris des preuves de l’existence de l’homme et citent à l’appui de cette opinion des haches en silex , des ossements d’animaux portant des traces de l’action d’instruments tranchants et même quelques ossements humains. Mais la conséquence que l’on tire de ccs faits est encore contestée, parce que, en ce qui concerne les haches et les rares ossements humains, ces objets n’ont été trouvés jusqu’à présent, que dans un petit nombre de localités et toujours dans des cavernes ou dans des dépôts meubles qui n’étaient pas recouverts par des couches cohérentes; de sorte qu’ils pourraient y avoir été introduits par des circonstances postérieures à la formation du dépôt. Cette objection n’est point applicable aux ossements atteints par des instruments tranchnnts, puisque ces ossements appartiennent à des espèces évidemment quaternaires, mais la science ne s’est pas encore définitivement prononcée sur ce fnitquc M. Lartet a fait connaître ily a quelques mois (1).
Le groupe tertiaire se compose en général d’espèces qui n’existent plus , mais qui annoncent une distribution des types organiques analogue à celle qui a lieu maintenant dans les régions tropicales, car les différences selon les latitudes y sont moins prononcées qu’actuellement. Ces débris ont en général éprouvé des altérations considérables, il y en a même, surtout parmi les végétaux, qui sont tout à fait pétrifiés, mais le plus grand nombre conserve encore des matières organiques. C’est ainsi que l’on retrouve dans des ossements et dans des coquilles une partie de leurs principes gélatineux et que les bois passés à l’état charbonneux ont souvent conservé leur texture végétale.
On distingue ordinairement dans ce groupe trois subdivisions auxquelles on donne les noms de pliocène, miocène et tfocène.
Le groupe pliocène a tant de rapports avec le groupe quaternaire qu’il reste beaucoup d’incertitudes sur la ligue de démarcation. La plupart des espèces sc rangent encore dans des genres actuels , mais il y eu a aussi beaucoup qui appartiennent à des genres qui n’existent plus ; tels sont les mastodontes , grands pachydermes voisins des éléphants ; les hipparions , autres pachydermes voisins des chevaux ; les machairodes, carnassiers voisins des chats, etc.
Dans le groupe miocène le nombre de genres éteints est plus considérable, nous citerons, entre autres, les diuothères, les anthracothères, les hyénodons, les amphicyons, etc.
Dans le groupe èoeène ily a très peu de genres actuels et les mam-
(I) BibUolb. noir, de Genève, 1SG0, Vf!], 493.
ldi* de la vèirélalion pendant la période miocène d'après M. Unger.
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Idée de 11 végétation pendant la période jurassique, d'après M. Doser.
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mifères y sont principalement représentes par les paléothères, les lophiodons, les chéropotamcs , les anoplothèrcs, les diehobuues et d’autres pachydermes differents de nos animaux actuels et qui ne se rapprochent que de certains genres anomaux qui restent, en quelque manière, sur la terre pour lier les temps modernes avec les temps anciens.
Le groupe des grands sauriens, plus souvent appelé secondaire, présente des restes d’une nature vivante extrêmement différente de ce qui existe actuellement. Il se pourrait même qu’il ne contint point de mammifères monodelphes, car le petit nombre de débris d’animaux à sang chaud que l’on y a trouvé jusqu’à présent paraissent appartenir exclusivement aux didelphcs et aux oiseaux, mais les vertébrés s’y montrent principalement sous la forme de grands sauriens, tels que les mégalosaurcs , les téléosaures, les ichthyosaures, les plésiosaures, les iguanodons, les ptérodactyles, dont les uns ont des dimensions si gigantesques, qu’ils dépassent tout ce que la zone torride nous offre maintenant de plus développé, et dont les autres sont doués de formes si différentes de ce que nous voyons autour de nous, que, si dc9 squelettes presque entiers n’étaient venus confirmer les premières prévisions des anatomistes, on croirait que des imaginations malades pouvaient seules concevoir l’existence de semblables êtres; ces débris de reptiles sont accompagnés d’une immense quantité de coquilles , surtout de céphalopodes, dont quelques-unes, telles que les ammonites et les bélemnites , diffèrent tant de ce qui existe actuellement, que les naturalistes ont beaucoup de peine à être d’accord sur la manière dont leurs animaux les portaient. Les végétaux qui accompagnent ces débris d’animaux annoncent aussi un ordre de choses très différent de ce qui se passe maintenant, mais qui se rapproche benucoup plus de ce qui a lieu sur les côtes des mers équatoriales que de ce qui existe dans nos zones tempérées.
La composition de ces débris est aussi plus changée que celle des restes compris dans les groupes supérieurs ; les os et les coquilles ne présentent plus en général que des matières minérales, celles dites animales ayant presque entièrement disparu , et les substances végétales sont transformées en lignite et en houille, ou même remplacées par des matières terreuses.
Nous distinguons dans ce groupe trois grandes divisions que nous désignons par les épithètes de crétacée, jurassique et permienne.
Le groupe crétacé ne présente dans sa partie supérieure que peu de ces animaux extraordinaires que nous venons de signaler, mais ceux-ci deviennent plus communs à mesure que l’on s’enfonce; et l’on y trouve
quelques genres très remarquables qui n’ont pas été rencontrés ailleurs : tels sont les énormes sauriens nommés mo3asaure et iguanodon.
Le groupe jurassique présente au contraire une grande abondance sous le rapport des genres, des espèces et des individus de tous ces animaux extraodinaires ; c’est là que se trouvent principalement les ichthyosauros, les plésiosaures, les ptérodactyles, ainsi qu’une multitude d’ammonites et de bélemnitcs.
Dans le groupe permien les sauriens sont moins abondants, moins grands et appartiennent, à peu d’exceptions près, à des genres spéciaux. On n’y a pas encore rencontré de belemnites et les ammonites ne se montrent que dans les assises supérieures. Ce groupe, dans l’extension que nous lui donnons (1) sc partage en deux divisions, très distinctes, que nous désignons par les épithètes de Iriasique et de pAi/enne.
Parmi les genres du groupe trlnslque, qui ne se sont pas propagés dans les groupes supérieurs, nous citerons les nothosaures, les simosaures, les mastodonsaures chez les reptiles ; les célacanthes, les paléonisques, les saurichtys , les placodcs chez les poissons, les cératitcs chez les céphalopodes.
Le groupe pénéen renferme très peu de reptiles, lesquels appartiennent à des genres qui lui sont propres, tels que les protorosaures et les paléosaures. Quant aux animaux des autres classes, ils forment également, pour la plus grande partie des genres spéciaux, mais il y en a aussi que se sont perpétués dans les dépôts supérieurs et d’autres qui ne se retrouvent que dans les dépôts inférieurs. Parmi ccs derniers nous citerons les pygoptères et les acrolcpis pour les poissons ; les murchisonies, les productes, les chonètes et les fcucstelles pour les mollusques.
Le groupe des tribolites, ordinairement appelé primaire, présente une nature organique plus différente de la nature actuelle que tous les groupes supérieurs. Les restes de reptiles y sont excessivement rares et ceux que l’on a pu déterminer forment des genres voisins des poissons que l’on a nommés archegosaure , terlepcton et stagonolepis. Les poissons y appartiennent exclusivement aux plagiostomes et aux ganoides, il y en a dans le nombre qui sont si extraordinaires que ce n’est qu’avec hésitation qu’on les a rapporté à cette classe. Les crustacés s’y distinguent, ainsi que nous l’avons déjà dit, par l’importante famille des trilobites qui s’étend dans tout le groupe. Les céphalopodes y sont aussi très abondants et présentent beaucoup de genres qui ne se sont plus retrouvés dans les autres groupes; tels sont les ascocères, les cyrtocères,
(I) Voir, pour ce qui concerne l'extension cl le classement que j'attribue an groupe permien, la note placée ci-aprés à l’arliclo du terrain de ce nom.
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Idée de li végétation pendant la période houillère, d'après M. Unger.
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les lituites, les gyrocères, les baetrites, les clyménies. Les brachiopodes y ont un développement plus considérable que dans aucun autre groupe et beaucoup de leurs genres ne s’étendent pas au delà de celui-ci, tels sont les pentamères, les orthis, les strophomènes, les stringocéphales, les (incites, les calcéoles, les oboles, etc. Les crinoïdes et les anthozoaires présentent également un immense développement dans ce groupe; ils y appartiennent en général à des genres qui lui sont propres. Parmi ces genres il en est de si singuliers que l’on n’est point encore d'accord sur leur classement , tels sont les graptolites. On trouve avec ces débris d’animaux des restes d’une grande quantité de plantes qui annoncent une force de végétation bien supérieure à ce qui a maintenant lieu dans les savanes les plus chaudes de la zone torride, et qui présentent des espèces et des genres actuellement inconnus appartenant presque entièrement à la classe des cryptogames acrogènes, si peu nombreuse maintenant en comparaison des phanérogames. Rien n’annonce qu’il y ait parmi les faunes et les flores de ce groupe des différences déterminées par les latitudes, car les fossiles des contrées polaires ne diffèrent pas* plus de ceux des contrées équinoxiales que ceux-ci ne diffèrent entre eux.
Ces corps ont en général subi une transformation complète : tantôt ils sont passés à l’état de houille et d’anthracite, tantôt ils sont tout à fait pétrifiés, c’est à dire qu’ils ont la même composition que les pierres dans lesquelles ils sont renfermés, et que souvent l’existence des matières animales n’est plus annoncée que par une odeur fétide qui se dégage lorsqu’on brise la pierre.
Le nombre de» espèces fossiles est immense et les recherches paléonlologiques en font journellement découvrir de nouvelles. Alcide d’Orbigny les évaluait, en 1850, à 18000 pour les seuls animaux mollusques et rayonnés, si nous ajoutons 4000 pour le reste du règne animal et pour le règne végétal, ainsi que pour les découvertes faites depuis lors on aurait un total de 22000 que l’on pourrait répartir delà manière suivante :
( Quaternaire 200
Croupe des mammifères. . . . j i pliocène .... 200
( Tertiaire ! miocène .... 3.000
( éocène 3 000
f Crétacé 4.300
Groupe des grands sauriens . ) Jurassique 4.000
f Permien ! lri!,siT)l: • • • 1.000
1 Permien j pt.necn joo
Groupe des trilobitcs 3.800
Total 22.000