CLASSIFICATION UES TERRAINS
divers points de vue d'où partent les personnes qui s’occupent de cette étude, laquelle d’ailleurs est encore fort nouvelle.
Le tableau suivant fait connaître la classification que nous suivrons dans cet ouvrage (1).
<4) Je ne répèlerai point ici tout ce que j’ai «lit dans les i'/émcHtn (Ut géologie pour expliquer et justifier la classification et la nomenclature que j’ai adoptées, d’autant plus qu’une partie de ces considérations est devenue maintenant sans objet, du moins en ce qui concerne la classification, mais je crois devoir dire quelques mots sur la nomenclature.
h y a encore, parmi les géologues, deux grands systèmes de nomenclature en présence : celui qui se sert de dénominations minéralogiques accompagnées d’indications tirées, soit de la position stratigraphique , soit de fossiles caractéristiques , soit d’une localité typique; l’autre qui donne aux diverses divisions des noms spéciaux, créés sons formes adjectives, mais qui s’emploient aussi comme substantifs.
Ces deux modes ont leurs avantages et leurs inconvénients.
Le premier était très bon lorsque l’on croyait, avec Wcraer, que chaque période chronologique avait donné naissance A des dépôts de nature particulière; mais depuis qu’il est reconnu que des dépôts faits à une même époque et de la même manière peuvent être de nature complètement différente, selon les lieux, ce système de nomenclature conduit à des idées fausses ; car, si je dis, par exemple, qu'un des plus puissants dépôts du Maine appartient A la craie chloritée, on ne se doutera pas que je veux indiquer des sables et des poudingue» ferrugineux.
Le second système a, au contraire, l'avantage de n’employer que des noms donnant l’idée que l’on attribue aux objets dont on parle ; ainsi, dan» l’exemple cité ci-dessus, lorsque je dis qu'il y a dans le Maine un puissant dépôt de sables et de poudingue» de l'étage crétacé moyen, on conçoit à l’instant qu’il s'agit de sables et de poudingue», et qu’en outre res sables et ces poudingue; ont été déposés pendant la période que j'appelle crétacée moyenne.
Toutefois, quels que soient les avantages de ce système, il a des inconvénients lorsqu'on le pousse trop loin. On sait en effet qu’une série de dépôts, qui se distinguent nettement par des caractères particuliers dans une contrée, peut être représentée ailleurs par un dépôt dans lequel on ne retrouve pas les distinctions que l’on a reconnues dan» la contrée plus favorisée. Je pense donc que l’on doit être très réservé dans l’adoption de ces divisions A noms spéciaux, et que l’on doit se borner A indiquer leurs subdivisions par des noms minéralogiques combinés avec la localité. C’est ainsi, par exemple, que, au lieu d’admellre plusieurs noms systématique», tels que turonien, céiioiuanicu,albien, aptien, etc., pour désigner les diverses parties de ce que j’appelle étage crétacé moyen, je dirai que, dans le bassin de Paris, les membres principaux de cet étage sont : le tuffeau de Touraine, le» sables du Maine, la marne argileuse du Perthois et les sables verts de Monliéremcy. Cette marche, qui fait mieux connaître ce dont il s'agit, a aussi l'avantage d’éviter des confusions lorsqu'il y a divergence ou changement dans la classification. Si, par exemple, j’avais décrit, dans mes éditions précédente», le calcaire de Purbeck ( l*ui'bfrk Lime- *tone) en le désignant uniquement sous le nom de calcaire veldien, cette description serait une cause d’erreur maintenant que l’on a reconnu qnc co calcaire doit être rangé dans le terrain jurassique ; niai», comme je l'ai décrit sous le nom de calcaire de Purbeck, la description peut toujours servir, et l’on verra facilement, en consultant un ouvrage plus nouveau, que le changement introduit se borne A faire pas>er la ligne qui sépare le terrain crétacé du terrain jurassique entre l’argile du Weald et le calcaire de Purbeck, au lieu de la faire passer entre celui-ci et le calcaire de Porlland.
Parmi les auteurs qui ont créé de» noms systématiques, l’un de» plu» heureux a été Alcide d’Orbigny, car beaucoup de géologues ont adopté les noms, en grande partie nouveaux, qu'il a donnés aux vingt-six étage» qu'il distinguait dans l’écorce du globe terrestre. Je n'ai pas cru devoir suivre la même marche. D'abord parce que, au lieu d’adopter des noms nouveaux, je croîs qu’il est plus convenable de se servir, autant que possible, de» noms antérieurs, lors mémo que l’on en modifie l’acception, de même que presque tous les naturalistes ont conservé les noms de genres de Linnéu», tout en donnanld’autres limites A ces genres. Je crois, d’un autre côte, que, au lieu de multiplier les noms systématiques, il est préférable, lorsque les circonstances s’y prêtent, de ne distinguer les divisions d’un étage que par les épithètes de supérieur, moyen et inférieur, On évite de cette manière de créer des noms nouveaux on de donner à des anciens noms nno acception differente de celle qu’ils avaient reçue originairement.
TERRAINS NEPTUNIENS. I CLASSES.
CÊOGNOSIE.
Tableau synoptique des terrains.