CLASSIFICATION UES TERRAINS
que la ligne tic démarcation entre les dépôts qui ont subi l’action métamorphique et ceux qui ne l’ont pas éprouvée est à peu près impossible à tirer.
D’un autre côté, Dumont a proposé (1) d’établir, sous la dénomination de terrain» geiserien » (2), une classe particulière composée des matières qui forment les fdons cristallins et meubles, matières qui en effet ne peuvent se ranger convenablement dans les terrains plutoniens, neptuniens et métamorphiques. Mais, comme ces matières ne forment qu’une minime partie de l’écorce terrestre en comparaison des autres classes et qu’elles sont disséminées dans celles-ci, nous nous bornerons à les indiquer en parlant des masses dans lesquelles elles sont intercalées.
On divise aussi l’écorce du globe en terrains de sédiments et terrains de cristallisation, classification qui s’écarte très peu de celle que nous avons suivie, car presque tous les terrains de sédiments sont compris dans les terrains neptuniens et presque tous les terrains plutoniens sont compris dans les terrains de cristallisation. Mais il est à remarquer qu’une partie des terrains neptuniens qui ont subi l’action métamorphique doit aussi se ranger dans les terrains de cristallisation.
D’autres géologues établissent trois grandes divisions sous les noms de néozoîques, paléozoïques et azoïques c’est à dire qui recèlent des débris d’animaux, soit nouveaux, soit anciens ou qui n’en recèlent pas ; mais cette marche a l’inconvénient d'établir une division principale sur un caractère négatif dont l’application rigoureuse conduit à des résultats inexacts, puisqu’il est reconnu maintenant, ainsi qu’on le verra dans la Géogénie, que le métamorphisme fait disparaître les traces des corps organisés qui existaient dans les roches.
On a employé pendant longtemps des classifications uniquement fondées sur l’époque de formation et qui divisaient les terrains en primitifs et secondaires, c’est à dire antérieurs ou postérieurs à l’existence des corps organisés ; mais les difficultés d’application ont fait ajouter à cette division binaire, une troisième classe intermédiaire sous le nom de terrain de transition, qui comprenait des terrains postérieurs à l’existence des êtres organisés, mais qui avaient encore beaucoup de ressemblance avec ceux nommés primitifs. Du reste, comme nous employons l’épithète de secondaire pour désigner un ordre de nos terrains neptuniens, nous nous servirons des dénominations de terrains primordiaux
(t) Bulletin de l’Académie royale de Belgique 3 1852, t. XIX, p. 18.
(?) Lo nom de geiserien est tiré de la supposition que les filons ont été formés par des sources minérales de la même manière que les dépôts des geysers d’Islande.
ABRfcufc DR CtOLOGlI. U
GÊOCNOSIK.
et de terrain» secondions lorsque nous voudrons désigner l’ensemble des terrains tant ncplunitns que plutonieus considérés uniquement d’après leur époque de formation, en comprenant dans la première de ces classes les dépôts de l'âge des terrains primaires, et dans la seconde ceux de l’âge de nos terrains secondaires, tertiaires, quaternaires et modernes. On peut dire que distribués de cette manière les terrains primordiaux sont principalement composés de roches à texture cristalline, qu’ils sont souvent traversés par de nombreux filons, que quand ils sont stratifiés leurs couches sont fréquemment inclinées ou repliées, et que leurs fossiles, quand ils en contiennent, appartiennent exclusivement au groupe que nous avons indiqué ci - dessus comme caractérisé par la présence des trilobitcs. D'un autre côté, la partie neptunienne des terrains secondiaux renferme les fossiles des autres groupes, sa stratification est plus souvent horizontale; ses roches sont généralement calcareuses, quartzeuscs et argileuses. La partie plutonienne est principalement composée de roches feldspathiques et pyroxéniques, disposées en dykes, en culots et en coulées.
On a quelquefois divisé l'écorce du globe en (errrains coh/renls et en terrains meubles , ou en terrains en place et en terrain» de transport. Les deux premières de ces dénominations n’expriment à la rigueur que des modifications de texture; mais comme la partie la plus extérieure de l’écorec du globe est ordinairement formée d’une espèce de pellicule, composée de dépôts meubles, appartenant à divers modes et à diverses époques de formation, on est assez généralement dans l’habitude de désigner ces dépôts par la dénomination générique de terrains meuble» superficiel». Quant aux mots de terrain s en place et de terrain» de transport, ils se rapportent à l’idée qu’une partie de l’écorce du globe est composée de roches demeurées à la place où elles ont été formées, tandis qu’une autre partie est composée de fragments et de débris transportés d’un autre lieu (1).
(I) I,es dénominations de terrains ou de roches en place, et de teiTains ou de roches île transport, rapportées ci-dessus, et qui ont joué de grands râles dans la géologie, sont extrêmement vineuses. I.a première l'est sous le rapport grammatical aussi Sien que sous le rapport géologique ; car les corps transportes d'un lieu dans un autre se trouvent dans la place qui leur a été donnée par des phénomènes naturels, aussi bien que ceus qui sont demeurés dans la place od ils ont élê formés, li'un autre côte, les roches que l'on appelle en place sont rarement dans leur place originaire; car, ainsi qu'on le verra dans la (jéogénie, la plupart de ces roches, ootammenl toutes celles eu couches inclinées, ne sont pas demeurées dans la place où elles ont été consolidées ; sans compter que les éléments qui composent toutes les roches dites en plaee n'ont pas été formés sur la place où se trouvent ces roches, mais qu'ils y oui été transportes da distances plus ou moins éloignées ; de sorte qu'à ta rigueur loute la différence qu’il y a entre les roches dites en place et les dépôts dits de transport , c'est quo les matières qui composent ces derniers oui été transportés eu fragments assez volumineux pour que l’on reconnaisse leurs