DE L’INFLUENCE DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLO- . GIQUES SUR LE BAROMÈTRE
Observation préliminaire. — Quoique l’étude spéciale du baromètre et de ses usages appartienne à la physique, on s’occupe trop de cet instrument, à l’occasion des phénomènes météorologiques, pour que nou3 terminions ce livre sans dire quelques mots de ses variations.
division des variations barométriques. — Les variations qu’éprouve la hauteur de la colonne baromclrique peuvent se distinguer en deux catégories principales, selon qu’elles se reproduisent d’une manière constante ou d’une manière accidentelle. Les premières peuvent, de leur côté, sc subdiviser en quatre modifications, selon qu’elles sont déterminées par l’ altitude, par la latitude, par l 'heure de la journée et par la saison .
Variations d'altitude. — Lorsque l’on transporte un baromètre dans des stations successivement plus élevées, on remarque que l’élévation de la colonne de mercure diminue successivement, mais que l’élévation qui correspond à l’abaissement successif d’une même quantité de cette colonne diminue aussi successivement. Ainsi, tandis que le premier centimètre d’abaissement, à partir du niveau de la mer, annoncera une augmentation d’altitude de 103 mètres, le 10e centimètre correspondra à 118, le 20e à 139, le 30e à 168 et le 40e a 213 mètres. Ce phénomène, sur lequel est fondée la mesure des montagnes à l’aide du baromètre, découverte qui a rendu de si grands services à la géologie, sc conçoit facilement par la double considération que la colonne atmos-
MfcTÊOROI.OCIE.
phériquc qui presse sur le baromètre devient successivement plus courte à mesure que l’instrument se trouve à une plus grande hauteur, et que la densité de l'air, ainsi que nous l’avons déjà dit, est successivement moindre à mesure que l’on s’élève.
Variations de latitude. — L’observation a prouvé que la hauteur moyenne du baromètre au niveau de la mer n’est pas la même sous les diverses latitudes. On évalue cette hauteur à 758 millimètres à l’équateur; elle augmente vers le 101' degré de latitude, et atteint son maximum entre les 30e et 40e degrés, où elle s’élève de 762 à 764 millimètres; elle diminue ensuite, de manière que, vers le 50' degré, elle n’est que de 760 millimètres, et que, dans les contrées plus septentrionales, elle descend à 756 millimètres environ.
On comprend qu’à l’équateur, d’où l’air s'écoule sans cesse vers les pôles, la pression doit être moindre qu’à la latitude de 30", où la lutte du vent alizé supérieur du sud-ouest avec le vent alizé inférieur du nord-est doit déterminer une accumulation d’air; mais on ne se rend pas aussi facilement compte de la cause qui fait diminuer la pression dans les latitudes élevées. Probablement que cet cll'et est dû à l’influence qu’exerce la vapeur d’eau dans la pression atmosphérique, car la proportion de vapeur daus l’atmosphère diminuant de l’équateur au pôle, il y a, daus cette circonstance, une cause constante de diminution de pression.
Les vurialions horaires sont très sensibles dans la zone torride, où elles ne sont presque pas modifiées par des variations accidentelles; aussi Humboldt disait que l’on pourrait , en quelque manière, y déterminer l’heure à l'aide d’un baromètre. L’amplitude de ces variations diminue non seulement avec l’augmentation de la latitude, mais, dans nos contrées tempérées, clics sont tellement modifiées par les variations accidentelles, qu’on ne peut les y reconnaître que par les résultats moyens d’un grand nombre d’observations. M. Kæmtz évalue l’amplitude moyenne de ces variations à 2m®.2S sous l’équateur, à 0mm.67 sous le 48e degré, et il les considère comme nulles au nord du 63s degré de latitude boréale; cette amplitude décroît aussi assez rapidement avec l’altitude. M. Kicintz conclut également de scs recherches que les termes extrêmes des variations horaires sont dans l’hémisphère boréal à Q1' 37’ du matin, et 1 0'1 11’ du soir pour la plus grande élévation, et à 4h 5 du soir et 3'' 45' du matin pour le minimum.
La cause des variations horaires n’est pas facile à expliquer, car si elles résultaient du simple développement de la chaleur il n’y aurait qu’un seul maximum par jour au lieu de deux. Aussi quelques physi-