‹ Abrégé de géologieChapitre 69 sur 110 · VARIATIONS DU BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

VARIATIONS DU BAROMÈTRE

ciens avaient cherché cette cause dans l’attraction de la lune qui déterminerait des mouvements atmosphériques analogues au flux et au reflux de la mer ; mais Laplace a démontré, par la théorie du mouvement des fluides, que cet effet ne pouvait produire sur le baromètre qu’une variation d’un dixième de millimètre; et, d’ailleurs, les heures de maximum ne coïncident pas, comme dans les marées, avec les positions de la lune qui pourraient produire cet effet. Voici l’explication que M. Hopkins a donnée de ce phénomène (1). ■ Le soleil en frappant la surface du sol le matin l'échauffe, augmente l’évaporation de l’humidité et cette vapeur accroît la pression de l’air et fait monter le baromètre. L’air chauffé s’élève eu même temps, monte en courants verticaux et gagne une élévation telle, qu’il se refroidit, et que la vapeur qu’il contient se condense. Il se forme alors un nuage que la chaleur dégagée par la condensation de la vapeur rend plus léger que l’air. Cette vapeur, ainsi condensée, cesse de presser sur le mercure, de nouvelle vapeur s’élève et va condenser le nuage, qui s’épaissit peu à peu, en échauffant la masse d’air environnante par la chaleur dégagée par la condensation , cela rend la colonne atmosphérique plus légère et diminue la pression sur le mercure, ce qui dure d’ordinaire de 10 heures à 4 heures où le nuage cesse de se former. Cette première chute du baromètre est donc due à la condensation de la vapeur dans les hautes régions de l’atmosphère. Bientôt la vapeur cessant d’arriver de la surface, le nuage lui-méme se vaporise, se refroidit, tombe , et l’air condensé fait de nouveau remonter le baromètre. Vers 10 heures du soir cet air saturé de vapeur arrive à la surface du sol refroidie par le rayonnement, une partie de la vapeur s’y condense sous la forme de rosée et l’atmosphère devenant un peu plus légère, le baromètre baisse légèrement jusque vers 5 heures du matin. »

Variation* de *ni*on*. — Les saisons exercent aussi une influence qui modifie plus ou moins les variations dont nous venons de parler. On remarque, en premier lieu, que la hauteur de la colonne barométrique est plus élevée en hiver qu’en été, et que l’amplitude de celte variation diminue avec l’accroissement de la latitude. C’est ainsi qu’à Calcutta la hauteur moyenne du baromètre est de 764mra.57 au mois de janvier, et de 747""”. 54 au mois de juillet; tandis qu’à Paris elle est de 758n"n.86 au mois de janvier, et de 754mm.42 au mois d’octobre. Le décroissement et l’accroissement entre ces termes extrêmes se font régulièrement dans la zone torride ; mais, dans la zone tempérée, il y a une double période, c’est à dire qu’il y a un nouveau relèvement vers

(t) bibliothèque unie, de Genève, i&Ui, 11, 58.

MÉTÉOROLOGIE

l’équinoxe, lequel, toutefois, est moindre que celui de l’hiver, et qui est suivi par un second affaissement.

Les termes extrêmes des variations horaires sont aussi modifiés par les saisons, et M. Kæmtz a reconnu qu’à Halle, en Saxe, ces termes sont de deux heures plus rapprochés de midi en hiver qu’en été, c’est à dire qu’ils ont lieu deux heures plus tard le matin et deux heures plus tôt le soir, et que l’amplitude de ces variations n’y est que de Ü","’.3G3 au mois de décembre, tandis qu’elle est de 0mm.5G9 au mois d’août.

On peut, en général, se rendre raison de ces diverses variations par les modifications que l’action calorifique du soleil sur l’atmosphère doit éprouver d’après les diverses positions de cet astre.

Les variations accidentelles sont beaucoup plus considérables que les variations constantes, du moins dans les zones tempérées, car nous avons déjà fait remarquer qu’elles sont presque nulles dans la zone torride. A l’observatoire de Paris , par exemple, le baromètre s’est élevé, en février 1S21, à 781 millimètres, et il est descendu, en décembre de la même année, à 719 : ce sont les deux termes extrêmes qui ont été observés de 1785 à 1821, et il est très remarquable que ces deux extrêmes aient eu lieu pendant la même année. Du reste, il est fort rare de voir des différences aussi fortes ; et, au lieu de celle de 62 millimètres que présente l’année 1821, les années ordinaires s’écartent peu du terme moyen, qui, pour les années 1810 à 1825, est de 43 millimètres, la hauteur moyenne du maximum de ces mêmes années étant de 773 et celle du minimum de 730.

Ces variations sont assez généralement en rapport avec les phénomènes météorologiques , et souvent même les devancent , ce qui est cause que l’on a pris l’habitude d’attribuer au baromètre la propriété de prédire le temps.

On remarque effectivement, dans nos climats, que le baromètre se tient plus élevé lorsque le temps est beau et doit demeurer beau, tandis qu’il baisse lorsqu'il doit pleuvoir. Quelquefois ce mouvement de baisse précède la pluie d’un, de deux ou de trois jours ; au contraire, lorsque la pluie doit cesser pour faire place à un beau temps fixe, le baromètre remonte lentement, quelquefois un, deux ou même trois jours avant que la pluie cesse. Si, au contraire, le baromètre remonte rapidement, on conclut que le beau temps ne durera pas.

On a remarqué aussi que l’approche d’une tempête fait descendre rapidement le baromètre, et qu’il éprouve de grandes oscillations quand ce phénomène météorologique a lieu.

La direction des vents exerce aussi une grande influence sur la hau-

Page 1